mercredi 21 janvier 2015

Les étudiants étrangers boudent la Suède, trop chère


Depuis que la Suède a renoncé à proposer gratuitement l’accès à ses universités aux étudiants non européens, leur nombre a chuté de 80 % alors que de nombreux pays envisagent d’augmenter les frais de scolarité pour les étudiants étrangers.

Jusqu’en 2011, la Suède figurait parmi les rares pays à exempter de frais de scolarité tous ses étudiants, sans exception. Elle attirait ainsi des jeunes des quatre coins du globe.

Mais, austérité budgétaire oblige, les universités suédoises ont renoncé à la gratuité. Une politique qui a fait chuter de façon spectaculaire le nombre des étudiants non européens, pour qui les tarifs d’inscription s’élèvent de 11 000 à 25 000 € (15 000 $ à 34 000 $) par an. En 2014, la Suède ne comptait plus que 1 600 étudiants non européens, soit 80 % de moins que les 7 600 qui étudiaient dans le pays en 2011, d’après la Direction de l’enseignement supérieur suédois.

Les étudiants de l’Union européenne ne sont, en général, pas concernés, grâce aux programmes d’échanges Erasmus avec la Suède. Mais, pour les étudiants asiatiques et africains, le pays nordique est devenu un luxe presque inabordable. Leur quasi-disparition explique pour deux tiers la baisse du nombre d’étudiants en Suède depuis 2011.

Les universités suédoises, dont certains cursus ne font plus le plein, et les entreprises, qui estiment que la qualité des demandeurs d’emploi pourrait baisser, s’en inquiètent. Mais les études payantes sont la norme dans le monde, et « les étudiants suédois qui quittent leur pays sont bien placés pour le savoir », a expliqué un professeur d’économie de l’Institut royal de technologie, Eskil Wadensjö.

La Banque HSBC publie chaque année une évaluation sur le coût des études à l’étranger, en faisant la moyenne des frais d’inscription pour un non-résident dans les dix principaux établissements de chaque pays. « Il est inévitable que le coût de l’éducation supérieure grimpe partout, les subventions publiques diminuant », relevait en août 2013 Malik Sarwar, responsable du développement patrimonial chez HSBC, en publiant ses résultats. « Il deviendra difficile de faire face à ce coût, de sorte que les familles qui le souhaitent devront anticiper ce projet », ajoutait-il.

Le pays le plus cher du monde pour les étudiants est l’Australie, avec un coût de 28 700 € (40 800 $) par année d’études (frais universitaires plus coût de la vie), suivie des États-Unis (26 500 €, sans tenir compte des huit universités de l’Ivy League, beaucoup plus chères), et du Royaume-Uni (22 700 €).

En période d’austérité, chaque pays envisage de relever les frais d’inscription. Les règles communautaires interdisent d’augmenter de façon différenciée les droits d’inscription pour les étudiants de l’UE. En revanche, rien n’empêche de faire payer plus cher les Américains, les Australiens ou les Chinois… Les universités du Royaume-Uni fonctionnent sur ce modèle lucratif que les Pays-Bas ont aussi adopté. D’autres pays d’Europe, comme l’Espagne et la France où les frais d’inscription à l’université s’élèvent à 183 € (255 $) par an, y réfléchissent, sans avoir franchi le pas.




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Pays-Bas : fin des bourses d'étude gouvernementales généralisées


Dès la rentrée universitaire 2015, les « bourses universitaires de base », accordées jusqu’ici à tous les étudiants néerlandais, seront remplacées par un système généralisé de « prêt social », remboursable en 35 ans.


« Een studievoorschot », traduisez littéralement « une avance financière pour les études », soit un prêt à taux réduit, étalé sur une très longue période de remboursement. Voilà le nouveau régime auquel seront soumis, dès la prochaine rentrée universitaire, tous les étudiants néerlandais.

DÉMANTÈLEMENT DES BOURSES GRATUITES

Les sénateurs ont approuvé ce mardi le texte adopté mi-novembre par les députés. La deuxième­ chambre du Parlement avait en effet adopté plus tôt, par 97 voix contre 53, la proposition de loi visant à remplacer l’actuel dispositif d’aide au financement des études universitaires par un système généralisé de prêt étudiant.

Cette mesure était inscrite comme prioritaire au programme du gouvernement de coalition libérale-travailliste de Mark Rutte.

Étudiants néerlandais protestant en novembre 2014 contre le nouveau système de prêts.
Son adoption entérine un accord de compromis sur la question, scellé au printemps dernier entre quatre formations politiques – dont les écologistes – pour s’assurer d’une majorité parlementaire.

Le vote des députés n’a donc plus surpris personne aux Pays-Bas, mais chacun mesure pleinement la portée du texte adopté, qui démantèle le système actuel de bourses gratuites.

Stabilité financière et équité sociale

Ce système permettait jusqu’ici aux 670 000 étudiants néerlandais qui fréquentent les 13 universités et les 41 Écoles supérieures professionnelles (hogescholen) du pays de compenser des frais de scolarité académique relativement élevés – 1 900 € pour une inscription en premier cycle cette année – par un dispositif d’aides assez généreux. Mais, il ne s’agit là que d’un coût de base et comme le souligne le journal flamand De Standaard : « il n’est pas rare que des écoles supérieures et des universités aient des frais d’inscription de 15 000 euros » (20.000 $).

Tous les étudiants reçoivent notamment une « bourse de base » forfaitaire d’une durée de quatre ans, éventuellement prorogeable, et ce indépendamment du revenu de leurs parents. Pour cette année universitaire 2014-2015, par exemple, chaque étudiant a droit à 100,25 € (140 $) mensuels s’il vit chez ses parents et 279,14 € (390 $) s’il habite en dehors. Cette « bourse de base » était en réalité un prêt gouvernemental qui se convertissait en une subvention si l’étudiant obtenait son diplôme dans les dix ans.

Mais pour l’actuelle coalition au pouvoir, le système n’est plus ni tenable financièrement, ni juste socialement, car « il force l’ensemble des contribuables à investir pour la formation de jeunes qui, une fois leurs études terminées, bénéficieront de revenus élevés ».

Dégager plus d’un milliard de $

Aux yeux de la ministre de l’Éducation, Jet Bussemaker, « le système des bourses n’est plus de notre temps. Nous préférons investir dans des filières d’excellence qui permettront à nos jeunes de faire la différence. L’accès à un enseignement supérieur de qualité est une telle promesse de bénéfices pour l’avenir professionnel d’un étudiant que nous pensons qu’il peut payer pour cela. »


Le gouvernement table sur des recettes de 800 millions à un milliard d’euros. Il a promis d’investir la totalité des fonds pour perfectionner l’enseignement supérieur.

Exceptions et modalités

Seuls les étudiants dont les parents gagnent moins de 46.000 euros par an (64.000 $) ou refusent de payer continueront de recevoir une aide supplémentaire. Les étudiants dont le revenu des parents est inférieur à 30 000 € (42.000 $) recevront le montant maximum de cette bourse, soit 365 € (510 $) par mois. Le délai maximal de remboursement des prêts étudiants passera de 15 à 35 ans.

Dès le 1er septembre 2015, les « bourses de base » laisseront donc la place à des prêts sociaux, remboursables en trente-cinq ans. La formule retenue prévoit des taux d’intérêt « plafonnés à 4 % », mais calculés au cas par cas « selon les revenus mensuels des futurs diplômés et prélevés uniquement si ces revenus dépassent le salaire minimum » (actuellement 1,501 € bruts par mois, soit 2100 $).

Un diplômé ne devra pas consacrer plus de 4 pour cent de son revenu aux remboursements. Les invalides et les personnes souffrant d’une maladie chronique ne seront également pas tenues de rembourser la totalité de leur emprunt universitaire.

Endettement ou impulsion ?

Les associations étudiantes et les partis d’opposition n’ont pas manqué de dénoncer les failles et les risques du nouveau système : la sélection par l’argent, l’endettement généralisé des étudiants, et enfin des recettes finalement très incertaines et imprévisibles pour l’État. Une pétition contre la réforme a obtenu 28 000 signatures.

Mais le monde universitaire semble satisfait de la formule. Pour Karl Dittrich, porte-parole de l’association des universités néerlandaises (VSNU), « ce nouveau système de prêt social devrait à la fois garantir l’accès de tous à l’enseignement supérieur et donner à ce dernier une impulsion importante ».

Le Bureau central du plan (CPB) estime que la dette moyenne des étudiants néerlandais (aujourd’hui de 15.000 €, 21.000 $) devrait augmenter de 6000 à 9000 € (8.380 à 12.600 $).




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mardi 20 janvier 2015

Facteurs de réussite scolaire selon Hattie


John Hattie a fait des recherches sur plus de 800 méta-analyses qui résument plus que 50000 études individuelles. Il a publié sa synthèse dans un livre paru en 2009 : « Visible Learning ». En tout, 250 millions d’élèves auraient été concernés par ces recherches sur la réussite et l’apprentissage. Voici une partie des 138 facteurs d’influence que Hattie évalue dans son livre. En attendant la traduction française de ses livres, veuillez trouver la liste des 138 facteurs d’influence en anglais (ici) ou en allemand (ici) et un extrait en français ci-dessous.

Ce qui aide et ce qui nuit selon John Hattie (extrait)



Ce qui nuirait à l’apprentissage

• changer d’école/déménager (d=-0,34)
• trop de télévision (d=–0,18)
• le redoublement (d=–0,16)
• de longues vacances d’été (d=–0,09)

Ce qui ne nuirait pas, mais n’aiderait pas non plus

• l’enseignement « ouvert » p/r traditionnel (d=0,01)
• les classes multi-âges (d=0,04)
• instruction à la maison (d=0,16)
• l’enseignement et l’apprentissage basé sur internet (d=0,18)

Ce qui n’aiderait que peu

• de petites classes (d=0,21)
• l’équipement financier (d=0,23)
• école religieuse (d=0,23)
• les devoirs (d=0,29)

Ce qui aiderait davantage

• une offre plus grande pour les enfants doués (d=0,39)
• des mesures d’encouragement pré­scolaire (d=0,45)
• motivation (d=0,48)
• influence des camarades (d=0,53)
• un enseignement dirigé par l’en­seignant (d=0,59)
• lecture syllabique (d=0,6)

Ce qui aiderait vraiment

• rétroaction par l’enseignant (d=0,73)
• apprentissage par problèmes (d=0,61)
• formation continue des enseignants spécifique en la matière (d=0,62)
• les programmes encourageant la lecture (d=0,67)
• relation de confiance entre l’en­seignant et l’élève (d=0,72)
• clarté de l’enseignant (d=0,75)
• comportement de la classe (d=0,8)
• microenseignement (d=0,88)





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dimanche 18 janvier 2015

Ontario — Ministre de l’éducation : les écoles catholiques devront enseigner le nouveau programme d’éducation sexuelle


Les parents catholiques de l’Ontario qui espèrent que leurs enfants fréquentant une école catholique soient épargnés du programme explicite d’éducation sexuelle, qui prétendument enseignerait à leurs enfants à propos de la masturbation, à s’interroger sur leur identité sexuelle en tant qu’homme ou femme, et à propos des diverses structures familiales sont laissés pour compte.

La ministre de l’Éducation, Liz Sandals, a déclaré hier à l’émission « The Agenda » de TVO que les écoles catholiques ne seront pas en mesure de se retirer du programme qui est imposé aux écoles ontariennes par la Première ministre lesbienne, Kathleen Wynne.

« Il y a seulement un programme, et c’est notre espoir que les quatre systèmes [anglais et français catholiques ; anglais et français publics] utiliseront le même document du programme ».

La ministre a indiqué que même si le système scolaire catholique pourra fournir, à travers son propre programme de vie familiale, ses « commentaires » sur le programme d’éducation mandaté par le gouvernement, il ne lui sera pas permis de changer quoi que ce soit et devra « livrer » l’éducation sexuelle telle quelle.

Si le programme est à l’image de son prédécesseur, mis en veilleuse en 2010 en réponse à la réaction négative des parents, il contiendra probablement des éléments contraires à l’enseignement sexuel et moral catholique, tels l’approbation de la masturbation, du sexe anal et oral, de l’homosexualité et de la contraception.

La ministre a défendu la décision d’implanter le programme d’éducation sexuelle pour l’année scolaire 2015/16, en disant : « C’est le bon moment de le faire pour les enfants, car les enfants ont besoin de cette information ».

Lorsque l’animateur Steve Paikin a demandé à Mme Sandals de répondre directement aux préoccupations concernant le contenu du programme, lequel « encouragerait activement les enfants de 12 ans à la masturbation comme moyen pour connaître leurs corps et enseignerait aux enfants de huit ans qu’être un homme ou une femme est simplement un construit social », elle n’a pas nié le fait que le programme contiendrait ces composantes. Elle a plutôt éludé la question, disant que de telles informations seraient incluses dans les guides de l’enseignant en tant que « réponse appropriée » si les enfants posaient des questions sur le sujet.

À quelques reprises lors de l’entrevue, Mme Sandals a affirmé que le programme d’éducation sexuelle fournit aux enfants « de bonnes et précises informations » au sujet du sexe, sans dire à partir de quel point de vue ces informations ont été jugées « bonnes » et « précises ».

Le géant de l’avortement, Planned Parenthood, a une notion très différente de ce qui constitue une « bonne » éducation sexuelle par rapport à l’Église catholique. Par exemple, alors que Planned Parenthood considère que tuer un enfant à naître par avortement au nom des « droits reproductifs » est une action acceptable et socialement bénéfique, l’Église catholique soutient que l’avortement est toujours et partout intrinsèquement mauvais, car il détruit un être humain. Il ne peut jamais être justifié.

Mme Sandals a également confirmé que le programme enseignerait aux enfants ce que signifie donner son consentement à des relations sexuelles.

Rappelons qu’à une époque pas si lointaine, en 1992, les parents catholiques québécois avaient réussi à obtenir la possibilité de faire exempter leurs enfants des cours d’éducation sexuelle.

Source

Voir aussi

Cours à la sexualité — parent catholique obtient une exemption

« Je ne suis pas d'accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire »

Dans le cadre des assassinats odieux perpétrés dans les locaux de Charlie Hebdo, on a beaucoup entendu ces jours-ci cette phrase de Voltaire :
« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire ».
Phrase importante pour ce qu’elle représente sur le plan de la démocratie...

L’ennui c’est que Voltaire n’a jamais écrit ni prononcé cette phrase.

Celles et ceux qui ont décerné cette citation à Voltaire se basent sur une lettre datant du 6 février 1770. Voltaire se serait adressé à l’abbé Le Riche en ces termes : « Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire. » Si l’existence de cette missive a été avérée, la phrase n’y figure pas, ni même l’idée ! C’est ce qu’on appelle une citation « apocryphe », non authentique.

La paternité de cette sentence revient à l’Anglaise Evelyn Beatrice Hall qui, dans un livre, The Friends of Voltaire, publié en 1906 sous le pseudonyme de S. G. Tallentyre, utilisa la célèbre formule pour résumer la pensée voltairienne. « “I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say I”, was his attitude now », écrit-elle. Elle confirmera par la suite que c’était sa propre expression et qu’elle n’aurait pas dû être mise entre guillemets. Qu’elle soit due à la maladresse de l’auteur ou de l’éditeur, la citation a été rapidement traduite en français avant de connaître le succès que l’on sait.

Charlie Hebdo, partisan de la liberté d’expression ?

Laissons de côté la vulgarité répétitive de Charlie Hebdo, sa prédictibilité et sa perte de lectorat constante depuis quelques années à tel point que l’hebdomadaire « irresponsable » comme il titrait avait récemment fait appel à la générosité de ses lecteurs. Mais est-ce que Charlie Hebdo était vraiment un partisan de la liberté d’expression totale ou uniquement en faveur de pouvoir exprimer les opinions chères aux auteurs de Charlie Hebdo ?

Le 26 avril 1996, Cavanna, Val et Charb (trois piliers du journal Charlie Hebdo) débarquent en estafette dans une annexe du ministère de l’Intérieur. Dans leur coffre, des cartons remplis de signatures qu’ils apportent à un conseiller de Jean-Louis Debré. En huit mois, 173 704 personnes ont répondu à l’appel « pionnier » de l’hebdomadaire pour demander l’interdiction du Front national (FN). On peut mieux faire question défense de la liberté d’expression.

Il y a aussi l’affaire Siné en 2008 quand un des dessinateurs sera renvoyé pour « antisémitisme » (il y aurait donc bien des tabous modernes). Le vétéran de Charlie Hebdo avait écrit : « Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! » Propos très proches de ceux du président de la LICRA.



Mais rien n’y fera. « [Le rédacteur en chef] Val [promu peu après directeur de France Inter] voulait des excuses auprès de Jean Sarkozy et de la famille Darty. Je lui ai demandé s’il ne se foutait pas de ma gueule. Je préfère me couper les roubignoles », a déclaré Siné, qui collabore à Charlie Hebdo depuis la relance du titre en 1992. Âgé de 79 ans, le dessinateur et chroniqueur avait également participé à l’ancienne formule.

Les unes de Charlie Hebdo...
« Je reproche à Jean Sarkozy de se convertir par opportunisme. S’il s’était converti à la religion musulmane pour épouser la fille d’un émir, c’était pareil. Et un catholique, pareil, j’ai jamais fait de cadeau aux catholiques », a expliqué Siné. Il ne s’agirait pas des seuls actes de censure de la part de Philippe Val.

En décembre 2012, la société éditrice de Charlie Hebdo est condamnée par la cour d’appel de Paris à verser 90 000 euros de dommages et intérêts à Siné pour licenciement abusif.

L’« humour » de Charlie Hebdo,
caricature reproduite dans le numéro commémoratif du 15 janvier 2015

Après l’attentat qui avait frappé la rédaction de Charlie Hebdo en 2012, de nombreuses figures de la gauche française avaient fait connaître leur désapprobation par rapport à ce journal satirique.


Vidéo d’Humour de gauche (Charb s’y plaint des procès des « intégristes catholiques » : c’est une manière civilisée de contester, non ?)

Qu’en est-il de Voltaire ?

Voltaire défendait-il la liberté d’expression, la démocratie ? Le mieux est de le citer.

Voltaire méprisait le peuple et n’était pas démocrate. Dans Questions sur l’Encyclopédie, Voltaire écrit : « La multitude des bêtes brutes appelées hommes, comparée avec le petit nombre de ceux qui pensent, est au moins dans la proportion de cent à un chez beaucoup de nations. »

Voltaire
Sur ses vieux jours, Voltaire sera encore plus sélectif : « le genre humain pensant, c’est-à-dire la cent-millième partie du genre humain tout au plus » (dans Aventure de la mémoire). Voltaire encouragera son correspondant d’Alembert : « Portez-vous bien, éclairez et méprisez le genre humain » (lettre du 19 février 1757).

Pour Voltaire, « Ce monde-ci (il faut que j’en convienne) est un composé de fripons, de fanatiques et d’imbéciles, parmi lesquels il y a un petit troupeau séparé qu’on appelle la bonne compagnie ; ce petit troupeau étant riche, bien élevé, instruit, poli, est comme la fleur du genre humain ; c’est pour lui que les plaisirs honnêtes sont faits ».

Dans un sens, Voltaire voyait le monde divisé en deux, comme Charlie Hebdo, les sots (les cons et les beaufs de Charlie Hebdo) et les personnes éclairées. À Mme du Deffand, il vantera « le plaisir noble de se sentir d’une autre nature que les sots ». Oui, d’une autre nature. Or les sots sont légion. Les non-pensants, il le répète, sont l’écrasante majorité.

Diderot, quant à lui, n’est pas en reste : « Malheur à celui qui oublie que tout ce qui ressemble à un être humain n’est pas obligatoirement un être humain ». Pour Voltaire encore, « Le peuple est entre l’homme et la bête ». Pour Voltaire, les choses sont nettes : « nous n’avons de compatriotes que les philosophes, le reste n’existe pas. » L’élitisme de Voltaire est clair.

Les Français, si souvent des sots cons
Voltaire partage aussi la pensée hédoniste des vieux soixante-huitards octogénaires qui avaient fondé Hara-kiri devenu Charlie Hebdo : « il faut jouir, et que tout le reste n’est que folie » (à Frédéric II). Au duc de Richelieu, il conseille « Jouissez de votre gloire, de votre considération, et des plaisirs présents et des plaisirs passés ».

Contrairement à Chateaubriand qui conseillait de ne dispenser le mépris qu’avec parcimonie, à cause du grand nombre de nécessiteux, Voltaire n’aura pas de ces petitesses mesquines. Il distribuera libéralement son mépris : « L’essentiel est d’être bien avec soi-même, et de regarder le public comme des chiens qui tantôt nous mordent, et tantôt nous lèchent. » Chien, le mot reviendra. À un enfant anglais passant à Ferney avec ses parents, Voltaire fera en anglais cet aveu peu avant sa mort : « Vous serez quelque jour un Malborough ; pour moi je ne suis qu’un chien de Français. »

Nous passerons ici sur les descriptions peu amènes que Voltaire fait des « minorités ethniques » comme on dit aujourd’hui : « La lèpre, ainsi que le fanatisme et l’usure, avait été le caractère distinctif des Juifs. » Les juifs forment « de tous les peuples, le plus grossier, le plus féroce, le plus fanatique, le plus absurde. »

Le « beauf » de Charlie Hebdo (Cabu). Le Français modeste, le peuple de Voltaire : vulgaire, misogyne, « con », alcoolique, raciste et en plus il peut voter !
« Se battre jusqu’à la mort » ?

Écrivant à Helvétius, Voltaire dira : « faire plus de cas du bonheur de la vie que de la vérité ». Michel Hennin, résident de France à Genève, et familier de Voltaire, le présentera à Bertin comme « tenant plus que personne à son repos et à ses richesses » (lettre du 27 octobre 1774). Pour Voltaire, « persécution [est] abominable ; martyr, fou ». Il se confie à Argental : « Il y aurait de la folie à être martyr de la vérité ».

En 1736, il n’hésite pas à écrire à Thiérot : « Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours. » Évidemment, ce mensonge doit être pour la bonne cause et ne pas causer de mal...

Les partisans du châtelain de Ferney disent qu’il ne faut pas prendre cette citation hors contexte. Ces contemporains lui rendaient cependant justice : il pratiquait ce qu’il conseillait dans sa correspondance. La Beaumelle, un de ses adversaires, en 1753 dira ainsi : « [M]onsieur de Voltaire n’a pas de longues habitudes avec le vrai ». Un de ses amis, Hennin écrivant à Choiseul, dira en 1770 : « M. de Voltaire que son imagination trompe quelques fois sur les faits ». Frédéric II écrira à Voltaire le 6 décembre 1772 : « Vous savez mieux que personne que les mensonges font plus de chemin que les vérités. »

Voltaire fait arrêter ses adversaires…

Il faut ici rappeler deux affaires peu honorables pour Voltaire : les affaires La Beaumelle et Clément.

L’auteur protestant La Beaumelle (1726-1773) avait eu l’indécence de critiquer sévèrement Voltaire. Ce dernier s’activa par trois fois pour l’embastiller par lettre de cachet. Quels étaient les torts de cet auteur qui faisait ombrage à Voltaire ? Voltaire ne lui pardonne pas l’audace d’avoir jugé obséquieux son Siècle de Louis XIV et, notamment, l’indulgence de Voltaire envers la Révocation de l’Édit de Nantes. Voltaire en veut également à La Beaumelle de souligner son statut d’homme de lettres grassement subventionné chez Frédéric II de Prusse. Il a notamment écrit dans un gros ouvrage deux lignes assassines : « Le roi de Prusse comble de bienfaits les hommes à talents, précisément par les mêmes raisons » qui poussent d’autres princes à « combler de bienfaits un bouffon ou un nain » ou encore « Qu’on parcoure l’histoire ancienne et moderne, on ne trouvera point d’exemple de prince qui ait donné sept mille écus de pension à un homme de lettres, à titre d’homme de lettres ». Le roi de Prusse n’avait pas dit autre chose quand, après le premier séjour de Voltaire à Berlin, il écrivit : « C’est bien payer un fou ; jamais bouffon de grand seigneur n’eut de pareils gages ».

Ces deux griefs contre l’auteur protestant sont peu avouables, Voltaire se doit donc d’en inventer d’autres. Il fait ainsi croire que l’« insolent », dans son ouvrage, accuse le Régent d’avoir empoisonné plusieurs membres de la famille royale alors que l’écrivain cévenol s’est borné à indiquer que la faiblesse des arguments de Voltaire qui prétendait en disculper ce prince de sang. (Voir La Beaumelle, Un Protestant cévenol entre Montesquieu et Voltaire, par Claude Lauriol, pp. 355, 356) Crimes de lèse-majesté, injures des plus graves, Voltaire nourrit ce mensonge en les ressassant inlassablement contre La Beaumelle. Voltaire cite de travers, isole quelques phrases dans tout un volume, dénature le sens, méconnaît l’ironie d’un propos qu’il répète à outrance (Cl. Lauriol, pp. 597 et 600). Mais, pour le seigneur de Ferney, le jeu en vaut la chandelle : il s’agit d’emprisonner un impertinent qui a critiqué son amateurisme historique.

Publiquement, Voltaire a écrit ostensiblement contre les lettres de cachet. L’historien Quétel dans son livre De par le Roy, essai sur les lettres de cachet, a révélé que le philosophe avait contribué avec insistance à faire enfermer par lettre de cachet une tripière vulgaire et bruyante qui « blasphémait le saint nom de Dieu à outrance ».

Mais ce n’est pas la seule fois que Voltaire a cherché à faire enfermer des écrivains dont l’industrie le contrariait. Trois tentatives sont recensées à l’encontre du seul La Beaumelle. Deux essais seulement ont été couronnés de succès. Dans ces deux cas, l’écrivain protestant a été envoyé à la Bastille. Six mois d’abord en 1753. Selon l’historien Lauriol, La Beaumelle, alors âgé de vingt-sept ans, « a beaucoup souffert de sa détention, physiquement et moralement ». À sa sortie de prison, en 1754, Malesherbes, directeur de la censure, lui refuse l’autorisation de créer un journal et lui interdit même de rien imprimer pour sa défense contre Voltaire. Résigné, l’écrivain protestant s’exclame : « Il me semble qu’on craint Voltaire encore plus qu’on ne le méprise ».

La Bastille, Voltaire parviendra à y faire emprisonner par deux fois l'écrivain La Beaumelle

La Beaumelle est enfermé une seconde fois de 1756 à 1757. Voltaire y contribue en le dénonçant auprès de Mme de Pompadour et du duc de Richelieu sous le prétexte que les Mémoires de La Beaumelle pour servir à l’Histoire de Mme de Maintenon n’aurait été que d’horribles calomnies sur toutes les familles royales d’Europe, en montant en épingle « une note rapide perdue au milieu de deux mille pages », selon R. Pomeau dans De la Cour au Jardin, Oxford, 1991.

Élargi, la vigilance de Voltaire s’ajouta à la vigilance du Ministère et fit peser d’inquiétantes menaces pour l’empêcher d’obtenir la révocation de sa lettre d’exil et le condamner ainsi au silence.
Voltaire sembla déçu de l’élargissement de son contradicteur quand il s’enquit ainsi auprès d’Argental : « Dites-moi, je vous prie, à propos des arts que tant de coquins déshonorent, s’il est vrai que ce misérable La Beaumelle soit sorti de sa Bastille ».

La Beaumelle ne s’exprima plus, comme il l’écrivit à Maupertuis le 5 avril 1758, parce qu’« on craint une lettre de cachet, et avec quelque raison, quoiqu’on soit très sincèrement disposé à ne rien mettre dans ces notes qui blesse autre homme que lui [Voltaire] ».

Voltaire méprisant (bis)

Voltaire, quant à lui, avait décrété : « Les La beaumelle et les insectes de cette espèce pourraient nous faire prendre le genre humain en haine ».

Voltaire, il faut le rappeler (il l’a également dit dans l’affaire Calas) n’aime guère les protestants (sauf quand ils peuvent servir à abattre l’infâme). Dans le cas de La Beaumelle, il se confiera à ses correspondants : « Je n’aime point ces maudits huguenots ». « Nous ne valons pas grand-chose, mais les huguenots sont pires que nous ». Hargne constante et noire contre « ce petit huguenot qui a été apprenti prédicant à Genève ». Voltaire invente ce détail pour aggraver le cas de l’écrivain protestant, car Voltaire déteste « des prédicants la dure et morne espèce ». La Beaumelle, c’était pour le seigneur de Ferney, « un chien qu’on ne pouvait plus laisser dans les rues ». Le parangon de la tolérance était donc un persécuteur teigneux qui se réjouit des tourments qu’il fait infliger.

Voltaire, militant embastilleur récidiviste

La Beaumelle ne fut pas la seule victime de l’amour-propre de Voltaire. En effet, Jean-Marie-Bernard Clément (1742-1812) eut le front de publier des Observations critiques contre quelques poètes qui ont pignon sur rue, sans omettre Voltaire. Le héros moderne de la tolérance est exaspéré. Son courroux le domine. Clément n’est qu’« un gredin de la littérature », « un misérable », « un scorpion », « ce petit serpent de Dijon », « un maroufle », « cette petite canaille ». Il recommande à d’Alembert en 1771 : « [J]e crois qu’il ne serait pas mal qu’il fît deux ans de noviciat à Bicêtre ». Deux ans de prison dans un lieu particulièrement infamant, car l’endroit accueillait alors la lie de la société, mélangeant indifféremment les indigents, les malades et les criminels : aliénés, escrocs, syphilitiques, assassins, vagabonds et délinquants de toute sorte.

Voltaire s’en explique : « La critique est permise, sans doute, mais la critique injuste mérite un châtiment ». Voilà qui est intéressant. La liberté d’expression est permise pour autant que la critique ne s’attaque pas aux auteurs confirmés. Sinon, deux années d’emprisonnement sans jugement, car c’est cela la lettre de cachet !

Clément a l’outrecuidance de faire publier en 1773 des Lettres à M. de Voltaire. Pour ce dernier, cette parution est la preuve des failles de la censure : « S’il a fait imprimer un libelle, il faut que quelque petit censeur royal, quelque petit fripon de commis à la douane des pensées ait été de concert avec lui. Je tâcherai de découvrir cette manœuvre ».

Il suffit, Arouet de Voltaire, comte de Tournay, seigneur de Ferney, ne peut en souffrir mais. Outré, l’aristocrate, défenseur de la liberté d’expression, alerte le second personnage du royaume, à savoir le chancelier Maupeou en personne. Le tout pour se plaindre de ce que Clément se trompe dans sa généalogie et lui donne un oncle pâtissier... C’est selon Voltaire une petite calomnie qui jette sur lui un grand ridicule ! Il fait savoir ce qu’il pense de ce Clément : « chassé de Dijon et demeurant à Paris, a déjà été mis en prison par la police ». Précision sournoise glissée à toutes fins utiles. Dix-huit mois plus tard, l’empêchement infligé à Clément d’imprimer sera accueilli avec satisfaction : « un premier châtiment bien dû à ce misérable, en attendant que la police ses grossières insolences ». Il ne s’agit après tout que d’« écrase[r] un [jeune] scorpion », d’« assommer dans la boue un crapaud qui croasse ».

Qu’il s’agisse de La Beaumelle ou de Clément, ses jeunes confrères, le polémiste-philosophie ne plaisante point. Il les insulte copieusement et s’active pour les faire emprisonner et interdire de publication. Force est de constater que Voltaire ricanerait à voir aujourd’hui ceux qui aujourd’hui l’ont transformé en militant passionné de la liberté d’expression, quitte à se battre jusqu’à la mort ! À son habitude, il les mépriserait sans doute. Lui qui écrivait au duc de Richelieu : « Nous avions besoin autrefois qu’on encourageât la littérature et aujourd’hui il faut avouer que nous avons besoin qu’on la réprime. » Il faut réprimer la littérature, c’est signé Voltaire. Mais qui le cite ?


La France, patrie des droits de l’homme et de la liberté d’expression ?

On a beaucoup entendu dire que la France, digne héritière de Voltaire, est la patrie des droits de l’homme et de la liberté d’expression. Peut-être est-ce le cas, mais pas pour des raisons moins honorables que celles de la légende de France patrie de la liberté et de Voltaire défenseur jusqu’à la mort de la tolérance.

Pour l’avocat Emmanuel Pierrat, spécialiste du droit de la presse, interrogé par Le Point, la liberté d’expression est nettement plus encadrée en France qu’aux États-Unis.

En France, la liberté d’expression figure dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui a valeur constitutionnelle. L’article 11 dispose que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement »... Mais une restriction est immédiatement apportée à ce principe, après une virgule : « Sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Les États-Unis, eux, n’ont jamais ajouté de virgule à leur « 
freedom of speech » garanti par le premier amendement de la Constitution. La Convention européenne des droits de l’homme reprend la liberté d’expression, mais y met elle aussi des bémols. Dans la patrie de Voltaire, selon Emmanuel Pierrat, quelque 400 textes portent atteinte à la liberté d’expression...


Voir aussi

Voltaire, cet inconnu, ce mythe, ce sectaire

Le côté sombre des Lumières

Canada : Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » quand elles peuvent heurter les sentiments de minorités protégées

La vision pessimiste de l’homme développée par les Lumières

Condorcet : L’éducation publique doit-elle se borner à l’instruction ?

« Le pacte de confiance entre l'État, la famille et l'école a été rompu »

Le cours ECR « pour former des citoyens complets » (leurs parents étant incomplets&nbs;?)

samedi 17 janvier 2015

Bien citer Bossuet




On cite beaucoup ces temps-ci (Zemmour la répète souvent même) une phrase de Bossuet particulièrement bien adaptée aux circonstances. Mais on la cite mal. En réalité, la véritable phrase est la suivante :
« Mais Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit. »

C’est, il est vrai, plus long. On trouve la citation au livre IV de l’Histoire des variations des églises protestantes, Œuvres complètes, tome IV, éd. Didot, 1870, p. 54).






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vendredi 16 janvier 2015

France — raidissement contre les élèves instruits à la maison et traitement des « Je ne suis pas Charlie »


La ministre socialiste Belkacem
La ministre socialiste de l’Éducation en France a déclaré le 13 janvier :

« Je veux rappeler ici la nécessaire fermeté et le nécessaire travail d’éducation face aux propos et attitudes racistes et antisémites, face à la remise en cause du principe de laïcité et des principes et valeurs de la République. L’École de la République et ses fonctionnaires ne tolèrent pas l’intolérable. Ils réagissent immédiatement, avec fermeté, souci d’éducation et conformément au droit, c’est-à-dire dans le cadre des règlements intérieurs des écoles et établissements. Lorsque les faits nécessitent des sanctions, celles-ci sont proportionnées aux fautes commises, et systématiquement accompagnées d’un travail éducatif vis-à-vis des élèves, et d’une association des parents au caractère éducatif de la sanction. Notre rôle est de maintenir ces élèves, au même titre que tous les autres, dans le système éducatif. Je souhaite d’ailleurs que nous ayons une vigilance renforcée à l’égard des élèves instruits à domicile. »

Ces propos font suite à ceux de Nathalie Saint-Cricq, journaliste, responsable, depuis juin 2012, du service politique de la chaîne France 2. Elle déclarait au journal de 20 heures du 12 janvier 2015 « C’est justement ceux qui ne sont pas “Charlie” qu’il faut repérer, ceux qui, dans certains établissements scolaires ont refusé la minute de silence, ceux qui “balancent” sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Eh bien, ce sont eux que nous devons repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale. »









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Enfants précoces, doués ou surdoués ?


Arielle Adda, psychologue, a expliqué au Collège Latin le fonctionnement des enfants doués, également appelés précoces ou à hauts potentiels.





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jeudi 15 janvier 2015

Un des plus grands éditeurs britanniques appelle ses auteurs à ne pas parler de cochons...


L’éditeur britannique Oxford University Press conseille à ses auteurs de tenir compte d’autres cultures et de ne pas mentionner de cochons dans leurs livres.

L’appel de la maison d’édition d’éviter les mots liés aux cochons afin de ne pas offenser les musulmans et les juifs a été l’objet d’un débat sur la liberté d’expression dans l’émission de radio de la BBC Radio 4 Today. Les intervenants ont mentionné une lettre de l’éditeur demandant de ne pas utiliser les mots « cochon », « viande de porc » et « lard ».

Selon un porte-parole d’Oxford University Press, qui fait partie de l’université d’Oxford, les livres concernés sont destinés à l’étranger. « Le matériel éducatif publié au Royaume-Uni se vend dans 150 pays et c’est pourquoi nous devons tenir compte de toute une série de sensibilités et de différences culturelles ».



« Du politiquement correct insensé »

La décision de la maison d’édition a suscité un flot de voix critiques qui estiment qu’elle pratique « un politiquement correct insensé » et qui exigent que la liberté d’expression soit maintenue. Elles mettent également en doute que les musulmans et les juifs soient effectivement offensés par la mention d’animaux de la ferme dans un livre pour enfants.

Le monde compte environ 1,5 milliard de musulmans. La majorité des 49 pays à majorité musulmane possèdent une population jeune, ce qui selon le quotidien britannique The Independent en fait un marché important de matériel éducatif.

Oxford University Press, qui publie près de 6.000 nouveaux livres par an dans plus de 150 pays, est le plus grand éditeur universitaire du monde.




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mercredi 14 janvier 2015

J.-F. Lisée : pour moins de libertés dans des écoles de plus en plus « laïques »


Selon le Journal de Québec, Jean-François Lisée n’a pas l’intention de laisser le monopole du débat identitaire à Bernard Drainville et il peaufine sa position sur la laïcité.

Depuis la France, où il a passé les dernières semaines à s’occuper de son nouveau-né, le député de Rosemont milite pour que le Québec affirme la primauté de la norme sociale sur la religion. «Hors du temple, c’est la norme sociale, laïque, qui doit avoir préséance», plaide-t-il, dans un document obtenu par le Bureau parlementaire. Gageons que cette norme sociale sera bien à gauche, bien « progressiste ».

Mais le Québec ne doit pas refaire les erreurs commises par le gouvernement Marois, qui est allé trop vite en voulant bannir en bloc les signes religieux dans l’ensemble de la fonction publique, prévient l’aspirant chef péquiste.

Selon le député péquiste, les attentats perpétrés contre le journal satirique Charlie Hebdo à Paris constituent un tournant dans le débat sur la laïcité. «Il y a un avant et un après-Charlie.»
Et, pour respecter «l’esprit Charlie», la primauté de la norme sociale sur la religion devrait être au menu des cours d’Éthique et de culture religieuse que suivent les jeunes Québécois et être communiquée clairement aux nouveaux arrivants. Quelle est cette norme ? Qui la déterminera ?

Jean-François Lisée propose d'éteindre graduellement, sur une période de 15 ans, le financement public d’écoles à vocation religieuse. Pourquoi ? L'article du Journal de Montréal ne le dit pas. En outre, M. Lisée veut « Baliser strictement les écoles non subventionnées à vocation religieuse ».

De moins en moins de libertés dans des écoles de plus en plus « laïques ».... Afin d'intégrer les « immigrants » ? Les catholiques et protestants du Québec écoperont-ils encore ?





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