mercredi 9 mars 2016

(Vidéo) La Petite histoire des femmes au Moyen-Âge

Notre époque nous présente souvent le Moyen Âge comme une période terrible pour la gente féminine. Les femmes auraient été soumises à leur mari, écartées de la sphère publique et économique, et on raconte même qu’on y considérait qu’elles n’avaient pas d’âme. Comme toujours à propos de cette période historique, les contre-vérités sont légions. Dans ce nouvel épisode de La Petit Histoire, Christopher Lannes s’intéresse à cette légende noire totalement injustifiée.





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mardi 8 mars 2016

Martin Lemay s’en prend au mythe anti-duplessiste (m-à-j débat avec Lucia Ferretti)

L’ancien député de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Martin Lemay, publie l’essai À la défense de Maurice Duplessis chez Québec Amérique, un plaidoyer pour réhabiliter l’ex-premier ministre originaire de Trois-Rivières dans l’opinion populaire.

L’auteur valorise le nationalisme, la stratégie de développement économique grâce à l’investissement privé, la prudence financière et le combat contre les idées subversives de l’ex-député de Trois-Rivières, qui a été premier ministre de 1936 à 1939, puis de 1944 à 1959. Il déplore qu’aujourd’hui les gens ne retiennent de Maurice Duplessis que le fait qu’il représente la prétendue Grande Noirceur, cette période de l’après-guerre au Québec qui a été suivie par la Révolution tranquille.


Débat contradictoire entre Martin Lemay et Lucia Ferretti

Pour Martin Lemay, la plupart des analyses de la vie et de l’héritage de Duplessis ont simplement repris le discours de ses détracteurs, comme Jean Lesage, Jacques Hébert, Pierre Elliot Trudeau et Gérard Pelletier. « Ses anciens opposants sont arrivés au pouvoir après son décès, dans les années 60, rappelle l’auteur. Ils avaient pour la plupart combattu Duplessis ; il n’était donc pas question pour eux de lui faire un beau portrait ! Je ne dis pas qu’il y a eu complot, mais c’est tout comme : il y a eu unanimité pour dénoncer » cet adversaire qui venait de s’éteindre. En outre, la plupart des biographes de Duplessis ont, jusqu’à récemment, eu comme sources les seuls adversaires de celui qu’on a appelé le « Chef ». Cela traçait des portraits uniquement à charge. C’est ainsi, selon M. Lemay, « que le mythe de la Grande Noirceur, le mythe d’un dictateur, d’un régime corrompu se sont propagés et se sont rendus jusqu’à nous. »


Pour Martin Lemay, tout ce qu’on a reproché à Maurice Duplessis n’est pas faux, mais les accusations sont exagérées. Ses adversaires ont créé une légende noire grâce à la « stratégie de l’hyperbole ».

À la défense de Maurice Duplessis a pour objectif avoué d’ébranler les certitudes, le mythe. L’auteur s’en prend d’ailleurs au passage à certains historiens modernes qui reprennent l’idée que l’ex-premier ministre tenait du monstre.

Quant à la connivence entre l’Église catholique et le régime Duplessis, Martin Lemay écrit que l’Église était forte parce que les gens y étaient attachés. Dans le même ordre d’idée, il soutient que Maurice Duplessis ne pouvait pas être « si pire que ça », puisque les gens l’ont réélu à plusieurs reprises après une éclipse. Éclipse de 1939 à 1944 due à son manque de « sérieux » lors de ce premier mandat. Mais, après cette déconfiture, il est revenu au pouvoir à la suite d'une analyse politique de sa défaite pour quatre mandats successifs. Les gens savaient à qui ils avaient affaire : Duplessis représentait la stabilité, le calme et le sérieux dans les affaires publiques.

L’essayiste convient que certaines critiques répandues à l’encontre de l’ancien premier ministre sont méritées. « Il aurait pu convaincre l’État d’investir plus dans l’éducation et défendre plus le fait français », dit-il, notamment en parlant du Montréal anglicisé de l’époque. Il aurait aussi pu favoriser un peu plus les entreprises québécoises. Sur l’éducation, Martin Lemay admet que le régime Duplessis a beaucoup investi dans l’éducation (lire à ce sujet Baisse relative du nombre de diplômés québécois par rapport à l’Ontario après la Grande Noirceur), mais que celle-ci aurait été mal organisée.

Martin Lemay affirme néanmoins que Maurice Duplessis « a construit le pont qui nous a amenés ensuite à la Révolution tranquille. »

La Grande Noirceur et les fruits de la Révolution tranquille dans un cahier d’activités ECR
 Page 56 — cahier-manuel d’éthique et de culture religieuse Entretiens II pour la 1re secondaire des éditions La Pensée (autres pages ici)

« En politique, on est toujours revanchard »

Le chroniqueur et amateur d’histoire François Roy est plutôt d’accord avec la démarche de l’auteur d’À la défense de Maurice Duplessis. Il rappelle d’ailleurs que Trois-Rivières a fait la paix avec son ex-député lors de l’événement Duplessis, en 1999, et par le biais des travaux de l’historienne de l’UQTR Lucia Ferretti.

Pour François Roy, on a beaucoup noirci le régime Duplessis, mais on aurait pu en faire autant des gouvernements Taschereau, mais on ne l’a pas fait : pourtant le régime Taschereau partageait les mêmes mœurs électorales, le même financement occulte. C’était sans doute pire puisqu’à l’époque tout allait aux grandes entreprises, aux grandes villes. « C’était le règne de la lampe à l’huile, les campagnes n’avaient pas d’électricité. C’était aussi une grande noirceur le régime Taschereau, mais il n’y a pas d’émotion ; on va analyser le régime Taschereau avec un certain détachement. »

« Martin Lemay s’attaque à un mythe, à un monstre qu’il faut démonter morceau par morceau. »
— François Roy


François Roy convient que Maurice Duplessis est un personnage de son époque. « D’autres n’ont pas été mieux : si on les sortait de leur contexte, ils pourraient aussi passer pour des monstres. »

Il rappelle entre autres que l’opinion populaire a tendance à penser que la corruption est arrivée au Québec avec Duplessis. « C’est le génie du Parti libéral d’avoir fait croire [ça] ; après Duplessis, c’était juste plus subtil. »


Présentation de l’éditeur

Si le Québec de l’ère Duplessis n’était pas le paradis, il n’était pas non plus l’enfer que l’on s’est trop souvent plu à décrire, soutient Martin Lemay. Il faut déboulonner le mythe de la Grande Noirceur trop souvent associé aux années 1930, 1940 et 1950. Aux yeux de l’auteur, Maurice Duplessis a été le plus grand premier ministre de l’histoire du Québec. Plus grand qu’Honoré Mercier, Louis-Alexandre Taschereau, Jean Lesage, Robert Bourassa et même René Lévesque. Or, la mémoire de Duplessis a été ternie, enfouie sous un amas de fabulations, déplore Martin Lemay. Voilà pourquoi il propose une autre lecture de l’histoire du Québec, un autre regard sur celui qui a si longtemps dirigé la province.

Farouche défenseur des Québécois, Maurice Duplessis a été élu premier ministre à cinq reprises, soit en 1936, puis en 1944, 1948, 1952 et 1956. Depuis, aucun chef de parti n’a pu accomplir pareil exploit. Comme les électeurs du temps n’étaient ni des idiots ni des ignorants, et comme ils l’ont élu et réélu si souvent, Duplessis devait bien posséder quelques qualités... Ce sont celles-ci que tente de retracer Martin Lemay. Sans verser dans le panégyrique, il analyse l’homme, son œuvre et son époque, dans l’espoir de le réhabiliter et de lui rendre enfin justice. Bien qu’il reconnaisse d’emblée que Maurice Duplessis n’était pas un ange, l’auteur reste néanmoins d’avis que l’œuvre de l’homme politique et sa mémoire ont été injustement traitées. En politique comme en tant d’autres domaines, une médaille a deux côtés.


Détails bibliographiques

À la défense de Maurice Duplessis
par Martin Lemay
Paru en mars 2016
Chez Québec-Amérique
à Montréal
168 pages
ISBN : 9 782 764 430 699 (2 764 430 698)

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dimanche 6 mars 2016

La sexologue Thérèse Hargot : « La libération sexuelle a asservi les femmes »

Diplômée d’un DEA de philosophie et société à la Sorbonne puis d’une maîtrise en Sciences de la Famille et de la Sexualité, Thérèse Hargot (ci-contre) est sexologue. Elle tient un carnet et publie Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque) chez Albin Michel.

Pour Thérèse Hargot, nous croyions avoir été libérés par la révolution sexuelle. Pourtant, entre le culte de la performance imposé par l’industrie pornographique et l’anxiété distillée par une morale hygiéniste, jamais la sexualité n’a été autant normée.

— Dans votre livre Une jeunesse sexuellement libérée, vous vous interrogez sur l’impact de la libération sexuelle sur notre rapport au sexe. Qu’est-ce qui a changé, fondamentalement ?

Thérèse Hargot — Fondamentalement, rien. Si la norme a changé, notre rapport à la norme lui est le même : nous restons dans un rapport de devoir. Nous sommes simplement passés du devoir de procréer à celui de jouir. Du « il ne faut pas avoir de relations sexuelles avant le mariage » à « il faut avoir des relations sexuelles le plus tôt possible ». Autrefois, la norme était donnée par une institution, principalement religieuse, aujourd’hui, elle est donnée par l’industrie pornographique. La pornographie est le nouveau vecteur des normes en matière de vie sexuelle.
Enfin, alors qu’autrefois les normes étaient extérieures, et explicites, aujourd’hui elles sont intériorisées et implicites. Nous n’avons plus besoin d’une institution qui nous dise ce que nous devons faire, nous l’avons très bien intégré par nous-mêmes. On ne nous dit plus explicitement quand est-ce que nous devons avoir un enfant, mais nous avons toutes très bien intégré le « bon moment » pour être mères : surtout pas trop tôt, et lorsque les conditions financières sont confortables. C’est presque pire : comme nous nous croyons libérés, nous n’avons plus conscience d’être soumis à des normes.




— Quels sont les nouveaux critères de cette normativité sexuelle ?

— La nouveauté, ce sont les notions de performance et de réussite, qui se sont introduites au cœur de la sexualité. Que ce soit pour la jouissance, mais aussi dans notre rapport à la maternité : il faut être une bonne mère, réussir son bébé, son couple. Et qui dit performance, efficacité, dit angoisse de ne pas y arriver. Cette angoisse crée des dysfonctions sexuelles (perte d’érection, etc..). Nous avons un rapport très angoissé à la sexualité, car nous sommes sommés de la réussir.

— Cela touche-t-il autant les hommes que les femmes ?

— Les deux, mais de manière différente. On reste dans les stéréotypes : l’homme doit être performant dans sa réussite sexuelle, et la femme dans les canons esthétiques.

La norme semble aussi passer par un discours hygiéniste, qui a remplacé les morales d’antan…

Le sida, les MST, les grossesses non désirées : nous avons grandi, nous, petits enfants de la révolution sexuelle, dans l’idée que la sexualité était un danger. À la fois on nous dit que nous sommes libres et en même temps que nous sommes en danger. On parle de « safe-sex » de sexe propre, on a remplacé la morale par l’hygiène. Culture du risque et illusion de liberté, tel est le cocktail libéral qui règne désormais, aussi, dans la sexualité. Ce discours hygiéniste est très anxiogène, et inefficace : de nombreuses MST sont toujours transmises.

— Vous êtes sexologue au collège. Qu’est-ce qui vous frappe le plus chez les adolescents que vous fréquentez ?

— La chose la plus marquante, c’est l’impact de la pornographie sur leur manière de concevoir la sexualité. Avec le développement des technologies et d’internet, la pornographie est rendu extrêmement accessible, et individualisée. Dès le plus jeune âge, elle conditionne leur curiosité sexuelle : à 13 ans, des jeunes filles me demandent ce que je pense des plans à trois. Plus largement, au-delà des sites internet pornographiques, on peut parler d’une « culture porno », présente dans les clips, les émissions de téléréalité, la musique, la publicité, etc. [...]


— « Être libre sexuellement au XXIe siècle, c’est donc avoir le droit de faire des fellations à 12 ans ». La libération sexuelle s’est-elle retournée contre la femme ?

— Tout à fait. La promesse « mon corps m’appartient » s’est transformée en « mon corps est disponible » : disponible pour la pulsion sexuelle masculine qui n’est en rien entravée. La contraception, l’avortement, la « maîtrise » de la procréation ne pèsent que sur la femme. La libération sexuelle n’a modifié que le corps de la femme, pas celui de l’homme. Censément pour la libérer. Le féminisme égalitariste, qui traque les machos, veut imposer un respect désincarné des femmes dans l’espace public. Mais c’est dans l’intimité et notamment l’intimité sexuelle que vont se rejouer les rapports de violence. Dans la sphère publique, on affiche un respect des femmes, dans le privé, on regarde des films pornos où les femmes sont traitées comme des objets. En instaurant la guerre des sexes, où les femmes se sont mises en concurrence directe avec les hommes, le féminisme a déstabilisé les hommes, qui rejouent la domination dans l’intimité sexuelle. Le succès de la pornographie, qui représente souvent des actes violents à l’égard des femmes, du porno vindicatif, et de Cinquante nuances de Grey, roman sadomasochiste, sont là pour en témoigner.

— Vous critiquez une « morale du consentement » qui fait de tout acte sexuel un acte libre pourvu qu’il soit « voulu »…

— Avec nos yeux d’adultes, nous avons parfois tendance à regarder de façon attendrie la libération sexuelle des plus jeunes, émerveillés par leur absence de tabous. En réalité, ils subissent d’énormes pressions, ils ne sont pas du tout libres. La morale du consentement est au départ quelque chose de très juste : il s’agit de dire qu’on est libre lorsqu’on est d’accord. Mais on a étendu ce principe aux enfants, leur demandant de se comporter comme des adultes, capables de dire oui ou non. Or les enfants ne sont pas capables de dire non. On a tendance à oublier dans notre société la notion de majorité sexuelle. Elle est très importante. En dessous d’un certain âge, on estime qu’il y a une immaturité affective qui ne rend pas capable de dire « non ». Il n’y a pas de consentement. Il faut vraiment protéger l’enfance.

— À contre-courant, vous prônez la contraception naturelle, et critiquez la pilule. Pourquoi ?

— Je critique moins la pilule que le discours féministe et médical qui entoure la contraception. On en a fait un emblème du féminisme, un emblème de la cause des femmes. Quand on voit les effets sur leur santé, leur sexualité, il y a de quoi douter ! Ce sont elles qui vont modifier leurs corps, et jamais l’homme. C’est complètement inégalitaire. C’est dans cette perspective que les méthodes naturelles m’intéressent, car elles sont les seules à impliquer équitablement l’homme et la femme. Elles sont basées sur la connaissance qu’ont les femmes de leurs corps, sur la confiance que l’homme doit avoir dans la femme, sur le respect du rythme et de la réalité féminines. Je trouve cela beaucoup plus féministe en effet que de distribuer un médicament à des femmes en parfaite santé ! En faisant de la contraception une seule affaire de femme, on a déresponsabilisé l’homme.

— Vous parlez de la question de l’homosexualité, qui taraude les adolescents….

— « Être homosexuel », c’est d’abord un combat politique. Au nom de la défense de droits, on a réuni sous un même drapeau arc-en-ciel des réalités diverses qui n’ont rien à voir. Chaque personne qui dit « être homosexuelle » a un vécu différent, qui s’inscrit dans une histoire différente. C’est une question de désirs, de fantasmes, mais en rien une « identité » à part entière. Il ne faut pas poser la question en termes d’être, mais en termes d’avoir. La question obsède désormais les adolescents, sommés de choisir leur sexualité. L’affichage du « coming out » interroge beaucoup les adolescents qui se demandent « comment fait-il pour savoir s’il est homosexuel, comment savoir si je le suis ? » L’homosexualité fait peur, car les jeunes gens se disent « si je le suis, je ne pourrais jamais revenir en arrière ». Définir les gens comme « homosexuels », c’est créer de l’homophobie. La sexualité n’est pas une identité. Ma vie sexuelle ne détermine pas qui je suis.

— Que faire selon vous pour aider la jeunesse à s’épanouir sexuellement ? Est-ce un but en soi ? Les cours d’éducation sexuelle sont-ils vraiment indispensables ?

— Il ne faut pas apprendre aux adolescents à s’épanouir sexuellement. Il faut apprendre aux jeunes à devenir des hommes et des femmes, les aider à épanouir leur personnalité. La sexualité est secondaire par rapport à la personnalité. Plutôt de parler de capotes, de contraception et d’avortement aux enfants, il faut les aider à se construire, à développer une estime de soi. Il faut créer des hommes et des femmes qui puissent être capables d’être en relation les uns avec les autres. Il ne faut pas des cours d’éducation sexuelle, mais des cours de philosophie !

Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque)
de Thérèse Hargot
paru le 3 février 2016
aux éditions Albin Michel
à Paris
224 pages
ISBN-10: 2226320121
ISBN-13: 978-2226320124

Source

samedi 5 mars 2016

France — Les écoles indépendantes (vidéo)

Trois écoles en France sont mises à l’honneur dans cette vidéo : l’école Saint-Dominique, l’école Sainte-Anne et une maternelle Montessori. Leur point commun ? Elles sont toutes les trois indépendantes !


mercredi 2 mars 2016

Québec — Plus bas nombre de naissances depuis 8 ans, record de décès

En 2015, 86 800 enfants sont nés au Québec. C’est le plus bas chiffre (prévisionnel) depuis 2007 alors que le nombre de naissances était de 84 453.

Entretemps, la population du Québec a crû principalement à cause de l’immigration ; le taux de natalité — calculé par rapport à 1000 habitants — a donc diminué davantage que le nombre absolu de naissances pour cette même période. Le taux de natalité en 2015 devrait donc être de 10,5 ‰ alors qu’il était encore de 10,7 ‰ en 2014. Il était encore de 14 naissances pour 1000 habitants en 1990 et de 27,5 ‰ (27,5 naissances pour 1000 habitants) en 1960.



Notons aussi que les dépenses en « politique familiale » ont augmenté pendant cette même période (en réalité il s’agit principalement des mesures destinées au retour des femmes au travail puisque les femmes qui restent à la maison pour élever leurs enfants sont en pratique exclues de ces dépenses).



Le nombre de décès en 2015 atteint un nouveau record : 64 050, soit une augmentation de 1,67 % par rapport à 2014 et de 14,4 % par rapport à 2005.

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Selon les prévisions du gouvernement, à ce rythme, la population pourrait chuter de plus de moitié pour atteindre 52 millions d’individus d’ici à 2100.

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mardi 1 mars 2016

Bébé vendu aux Pays-Bas : le père biologique débouté, il restera aux plus offrants

Autre époque — Le jugement de Salomon
Fresque de Raphaël en 1518, 
Loggia de Raphaël au Vatican
Née d’une mère porteuse belge, Donna, vendue par Internet, restera aux parents les plus offrants.

Pour trancher un conflit entre deux femmes à propos d’un bébé, le roi Salomon avait laissé parler l’instinct maternel. Pour régler le sort d’une fillette de trois ans, réclamée par deux couples, le tribunal d’Utrecht a donné raison… au plus offrant. La petite Donna, née d’une mère porteuse belge qui l’avait revendue à un couple de Néerlandais, après l’avoir « promise » au Belge Bart Philtjens, son père biologique, et à sa compagne stérile, restera donc aux Pays-Bas.

« D. est un petit enfant qui a besoin de protection afin de bien se développer. Pour D., la relation la plus importante de sa vie est celle avec ceux qui l’élèvent, ses parents adoptifs. Elle n’a jamais connu d’autres parents qu’eux », a estimé le tribunal.

Les juges n’ont même pas accordé de droit de visite au père biologique… Ils ont cependant permis que les services de protection de l’enfance puissent organiser une éventuelle rencontre. Le tribunal a également ordonné que les parents adoptifs soient placés sous surveillance de ces services pour un an, précisant qu’ils avaient donné « l’impression » de ne pas être « assez conscients des exigences que l’histoire particulière de D. leur pose en tant qu’éducateurs ».

La partie adverse étudie la possibilité de contester le jugement. « Nous ne comprenons pas qu’un enlèvement d’enfant, que représente la vente de ma fille sur Internet, puisse être avalisé dans un pays européen », se lamente Bart Philtjens.

Mais, en novembre 2005 puis octobre 2007, la justice néerlandaise avait déjà estimé que Donna devait rester aux Pays-Bas : « L’enfant est bien traitée par ses parents » adoptifs, avait-elle tranché, tandis que Bart Philtjens et sa compagne n’ont « jamais connu de vie de famille » avec elle.

Cette sordide histoire commence en avril 2004 lorsque Anne Blomme, une jeune Flamande, entre en contact via Internet avec Bart Philtjens et Geertrui Praet, en mal d’enfant. Elle leur propose de porter leur bébé, contre un défraiement de 8 000 euros. En juin, Anne Blomme se retrouve enceinte, à la suite d’une insémination artificielle avec le sperme de Bart. La paternité sera ensuite établie grâce à une expertise d’ADN.

Commercialisation du corps humain

Jusqu’au septième mois, la grossesse se déroule normalement. Les échographies révèlent une petite fille, que les futurs parents choisissent d’appeler Donna. Mais, en décembre, ils reçoivent un terrible courriel : « À cause du stress, j’ai perdu l’enfant ! » En fait, n’ayant pas réussi à soutirer une somme d’argent supplémentaire à Bart et à Geertrui, la mère porteuse aurait entrepris de démarcher, sur lnternet, un couple d’homosexuels, puis des Néerlandais qui viennent de perdre un enfant… Finalement, ce sont ces derniers qui « remporteront le marché », pour 15 000 euros ! Le 26 février 2005, Anne Blomme accouche, et entame aussitôt la procédure d’adoption au bénéfice des Néerlandais, Wim et Nathalie Janssen.

Ayant appris le mensonge, Bart et Geertrui tentent immédiatement de récupérer Donna. Le couple d’homosexuels, compatissant, leur fournit toutes les preuves nécessaires. Dans un premier temps, un juge belge donne raison au père biologique, s’appuyant sur une loi réprimant le trafic d’êtres humains. Mais la cour d’appel contredira ce premier jugement, estimant qu’il appartient à la justice néerlandaise de statuer…

En France, avoir recours à une mère porteuse est interdit. En Belgique, c’est possible, mais aucune loi n’encadre le statut de la mère porteuse, ni le droit des parents « commanditaires ». La terrible histoire de Donna a néanmoins ouvert le débat : certains veulent interdire les mères porteuses, d’autres proposent de réglementer sévèrement la pratique, de façon à empêcher toute commercialisation du corps humain. Pendant ce temps aux Pays-Bas, Anne Blomme, qui a l’an dernier tenté en vain de récupérer la petite Donna, continue, semble-t-il, à proposer ses services sur Internet.

Entretemps, l'indignation croît du côté pro-avortement


Source : Le Figaro

France — Manuels scolaires : une vision idyllique, orientée et tronquée de l'immigration

Deux chercheurs en anthropologie de l’EHESS ont épluché 21 manuels d’histoire-géographie pour reconstituer la conception de l’immigration proposée aux collégiens français. Leur conclusion : ces ouvrages en relaient une vision positive et rassurante, pour les migrants comme pour les pays d’accueil, loin des drames migratoires actuels et de l’hostilité croissante de la population.
Image extraite d’un manuel d’Histoire-Géographie de 3e (14-15 ans), Paris, Magnard, 2014, p. 179
(Le Film Indigènes est pourtant un film très peu historique† qui valorise le rôle des soldats maghrébins et tend à dévaloriser celui des soldats européens)

[...] Afin de reconstituer la conception de l’immigration proposée aux enfants scolarisés en France, nous avons analysé vingt et un manuels d’histoire-géographie, parus de 1999 à 2014 et destinés aux classes de quatrième et de troisième du collège.

Le discours de tous les manuels présente un haut degré de cohérence et de constance. En même temps, il donne à voir un certain nombre de contradictions qui semblent révélatrices non seulement d’une représentation de l’immigration, mais aussi d’une image que la société française cherche à construire d’elle-même, tout en l’inscrivant dans les cadres d’une véritable vision du monde, inculquée aux enfants par le truchement de l’enseignement scolaire.

lundi 29 février 2016

Abus par la DPJ et par le personnel de l'hôpital pour enfants Sainte-Justine

Les droits de plusieurs parents et jeunes patients de l’hôpital Sainte-Justine ont été lésés lorsque leurs parents ont été soupçonnés à tort de maltraitance par des professionnels de cet établissement, conclut un rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Une majorité de ces parents ont par la suite été lavés de tout soupçon.

Sur 13 plaintes déposées il y a plus de 2 ans, le comité des enquêtes de la Commission identifie 8 lésions de droits dans 6 dossiers. La Commission cite plusieurs articles de la Loi de la protection de la jeunesse « enfreints » par le personnel de Sainte-Justine ou par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Dans au moins trois cas, la Commission précise que le personnel de Sainte-Justine a outrepassé sa juridiction en effectuant une partie du travail d’évaluation des signalements, une responsabilité pourtant exclusive à la DPJ. Par exemple, le personnel a fait subir à des enfants de nombreux examens uniquement destinés à confirmer la maltraitance. « Dans ces cas, le personnel du CHU Sainte-Justine a outrepassé son rôle et empêché [le Directeur de la protection de la jeunesse] de jouer le sien », estime la Commission.

Catherine Major et Jean-François Morand, un couple de musiciens, font partie des plaignants.

« On parle de 50 % des cas où les droits n’ont pas été respectés, que ça soit des parents ou enfants. C’est énorme, il me semble que c’est gigantesque. »

— Jean-François Morand

Bandes dessinées — Quand Hergé expurgeait un missionnaire chez les Esquimaux

Nous sommes en 1971. À la demande de ses éditeurs scandinaves, Hergé se voit contraint de transformer son merveilleux album Destination New York. Jo, Zette et Jocko pris dans les glaces de l’Arctique ne rencontrent plus le père Francœur, mais le professeur Henrik Nielsen, ethnologue !

Barbu comme un missionnaire pouvait l’être. Dès la page 21, le brave père Francœur a disparu. Depuis 1971, les lecteurs de 7 à 77 ans ne savent plus que des missionnaires (souvent francophones) aidaient les Esquimaux à survivre dans le désert de glace.

L’avion du brave prêtre baptisé Santa Maria II perdra son nom et sa « mission » surmontée d’une croix sera tout simplement effacé d’un coup de gomme de la part d’Hergé…

Le remplacement de la figure d’un père missionnaire catholique francophone par un ethnologue suédois mène parfois à des incohérences scénaristiques : pourquoi les Esquimaux parlent-ils français comme Jo et Zette ? Pourquoi Jo et Zette sont-ils obligés de piloter eux-mêmes l’avion dans le cas de l’ethnologue (quels soins cet intellectuel peut-il prodiguer ?) alors que le missionnaire a un rôle spirituel essentiel pour ses ouailles esquimaudes.

La version de 1949 — Un missionnaire francophone, le père Francœur, la soutane
La version post-1971, un ethnologue scandinave « Nielsen », plus de soutane
Les Esquimaux continuent mystérieusement de parler français après 1971


1949 — Les postes de la mission, l’avion Santa Maria II
Post-1971 — L’avion n’a plus de nom, de simples « déplacements »


1949 — La mission
1971 — Le camp

1949 — La croix sur la mission, le père Francœur (et pour la graphie « iglou† »)
La croix disparaît, le professeur (et au passage pour la graphie, « iglou† »)


1949 — La croix bien visible sur la mission, le baptême à l’article de la mort, la nécessité de la mission
Version d’après 1971 — La croix (?) évidée, plus de baptême, on ne sait pas trop comment cet ethnologue pourra aider ces malades

Missions catholiques de l'arctique canadien

Parmi les missions du monde, celles du Grand Nord canadien ont souvent été considérées comme héroïques. Les Oblats s’y sont dévoués pendant plus de quarante ans. C’est en 1910 que Mgr Breynat décida de reprendre l’évangélisation des Esquimaux en la confiant au jeune Père Rouvière, âgé de trente ans. Le missionnaire partit l’année suivante pour le nord-est du Grand Lac de l’Ours où il avait appris que les Esquimaux du cuivre venaient commercer avec les Indiens. Lire sur ce sujet par exemple « La conquête missionnaire de l’Arctique ».





† Les dictionnaires Petit Robert et Larousse (« l’usage » comme disent certains) privilégiaient à l’époque « igloo » bien que l’on retrouvât depuis 1880 « iglou » (voir la traduction en français de Deux ans chez les Esquimaux de C. F. Hall). Le Dictionnaire de l’Académie (9e édition, 2005) n’écrit qu’« igloo ». Depuis 1990, la réforme orthographique préfère « iglou » (voir aussi ici). Sur le sujet de ces corrections orthographiques, voir Nénufar peut s’écrire ainsi depuis le XVIIe siècle.


Voir aussi

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