samedi 15 mars 2014

Une école à la française séduit des parents californiens

À l’école à charte Santa Rosa, les élèves suivent les programmes de l’Éducation nationale fran­çaise.

École à charte

Il s’agit d’une école publique de l’État de Californie. Elle reçoit de l’État appro­xima­ti­vement 7 000 dollars par élève et par an du Trésor public. Elle doit rendre des comptes précis à l’admi­nis­tration. Les professeurs et le directeur sont en disponibilité de l’Édu­cation natio­nale française. Ils sont payés par l’admi­nis­tra­tion cali­for­nienne, en moyenne 55 000 dollars par an, avec deux ans sans impôt sur le revenu.

L’école accueille les enfants de la maternelle (4/5 ans) au collège (15 ans). Les parents apprécient la rigueur des appren­tissages, dans un État où l’écriture cursive n’est plus enseignée.

Reportage du Point du 6 mars 2014. En cette journée hivernale, le soleil brille sur la vallée de Sonoma, haut lieu de la viticulture californienne. Parents et enfants bavardent à l’entrée de l’école avant la sonnerie de 8 h 30. En anglais. Normal, la scène se passe à 85 kilomètres au nord de San Francisco. Dans la salle des professeurs, les discussions vont bon train autour d’un café. En français. Tout le monde est arrivé il y a moins de deux ans7 : l’un était dans l’académie d’Orléans, l’autre en Seine-Saint-Denis. Dans le couloir, les élèves saluent le principal en français : « Bonjour, Pascal. » Pascal Stricher, 52 ans, s’est occupé d’une branche du lycée français de Los Angeles, puis de l’école internationale de Toronto, avant de s’enthousiasmer pour cette expérience unique.

Dans les grandes villes des États-Unis, notamment à New York, les écoles d’immersion ont le vent en poupe. Le programme américain y est enseigné en français.

Enseignement en français, programme français

Ici, à l’école Santa Rosa, il est au contraire recommandé à chaque enseignant de suivre scrupuleusement la cohérence du programme français. Dans un pays où chaque État, chaque comté détermine ce que les élèves doivent apprendre, facteur terrible d’inégalité, un enseignement concocté à l’échelon national, avec des exigences académiques importantes, est perçu à la fois comme exotique et rassurant. C’est une histoire extraordinaire qui devrait redonner du baume au cœur, dans l’Hexagone, à tous ceux qui ont la vocation d’instruire chevillée au corps. D’autant plus incroyable que 10 % seulement des élèves sont issus d’une famille francophone.

Comme Roger, un cardiologue d’origine libanaise installé en Californie depuis vingt-cinq ans. Il avait envoyé ses aînés étudier un an dans son pays natal pour être bien sûr qu’ils maîtrisent la langue de Molière. Les cadets, eux, n’ont que la rue à traverser. Cette école publique à nulle autre pareille a ouvert ses portes en septembre 2012. À la fin de la première année scolaire, il a déjà fallu organiser une loterie, faute de pouvoir accueillir tous les postulants.

L’année prochaine, la liste d’attente va encore s’allonger, vu la pile de dossiers de candidature déposés avant la date butoir du 14 février 2014. Le bouche-à-oreille fonctionne aussi parmi les enseignants américains : « Nous avons reçu plus de cent candidatures pour pourvoir trois postes de professeurs d’anglais », se réjouit Pascal Stricher.

80 % des cours sont en français, 20 % en anglais. La cloche a retenti. De la maternelle au collège, tout le monde se range sagement. Une fois installés, les élèves de grande section [de maternelle] viennent reconnaître leur prénom. L’enseignante ne leur parle qu’en français. Dans la classe de CP [1re année du primaire], les enfants s’appliquent sur des cahiers [Seyès] de marque française : à l’école américaine, ces objets avec des lignes spéciales n’existent pas, puisque l’écriture cursive n’est pas enseignée.

Dans la salle d’à côté, en CE1 [2e année du primaire], les rayonnages de la bibliothèque sont remplis d’albums français flambant neufs payés par l’État de Californie : Jambes-Rouges l’apprenti pirate, Moi, j’adore, la maîtresse déteste, Georges le dragon… « Les manuels américains coûtent très cher, note Pascal Stricher, cela nous laisse une marge pour acheter plus de livres. »

Les CE2 [3e primaire] découvrent les joies de l’adjectif qualificatif épithète. Sandrine, arrivée de Tours au début de l’année scolaire, trouve ses élèves plus indisciplinés et plus créatifs qu’en France. « Tous mes élèves sont anglophones, ils ont été habitués à être valorisés, quelles que soient leurs performances, explique-t-elle. J’en tiens compte, et je pense qu’on devrait plus le faire en France. » Il faut aussi s’adapter aux particularités locales : en Californie, la loi autorise par exemple les parents à venir s’asseoir dans la classe pour observer. Autre sujet d’étonnement : au pays de l’initiative individuelle, l’adhésion au syndicat des enseignants est obligatoire, avec cotisation mensuelle de 90 dollars. Cet établissement, qui réunit école élémentaire et collège, était classé avant-dernier de tout le district il y a deux ans. Les familles le fuyaient et l’administration envisageait de le fermer.

Des parents du quartier s’en désespéraient. Surtout ceux qui avaient eu recours au jardin d’enfants francophone créé en 2006 par une Française mariée à un Américain, Emmanuelle Benefield, et baptisé Ma petite école. Parmi eux, Najine et Nas. Ce couple d’origine iranienne voulait une éducation française pour sa fille. Nas, ingénieur en informatique, a grandi à Montréal. Il parle avec un délicieux accent québécois, fabrique dans sa boulangerie au fond du jardin un pain digne des meilleures enseignes parisiennes et se montre imbattable sur les crus de sa région. « Nous avons entendu parler du système d’école à charte, explique-t-il. Il s’agit d’écoles publiques, mais fonctionnant avec une orientation particulière. C’est une fonctionnaire de l’Éducation qui nous en a parlé. Nous avons donc proposé de créer un établissement où tout se passe comme dans une école publique française. » « Le document que nous avons rédigé et qui constitue la charte fait plus de 300 pages », renchérit Najine.

Pour que l’administration les prenne au sérieux, il fallait qu’ils recueillent le maximum de signatures de parents des environs. « Un de nos amis possède le cinéma du centre-ville, poursuit Najine. Je ne sais pas si c’est parce que Nas avait cuisiné de délicieuses gougères, mais nous avons fait salle comble dès la première réunion. » Face à la longueur de la pétition, l’administration se laisse convaincre. Elle propose aux signataires de tenter l’expérience dans cette école publique à mauvaise réputation qu’elle envisage de fermer.

Mais les habitants du quartier fortement hispanique n’apprécient pas tous cette initiative. Ceux qui veulent conserver l’établissement en l’état intentent un procès pour empêcher l’ouverture de l’école à charte franco-américaine Santa Rosa. Le raffut médiatique remplace une campagne de publicité : de nombreux parents accourent pour inscrire leurs enfants à la nouvelle école française.

Certains, comme Jackie, sont si motivés qu’ils effectuent chaque jour une heure et demie de trajet aller-retour entre la maison et l’école. « C’est un laboratoire très intéressant, observe Christine Paugam, conseillère pédagogique au consulat général de France à San Francisco. Ce projet unique en son genre a permis au secteur public de Santa Rosa de récupérer des élèves qui s’étaient tournés vers le privé. »

Motivations des parents

Pourquoi des familles qui n’ont aucun lien avec la France choisissent-elles cette école différente, où l’on ne parle pas la même langue qu’à la maison et où les programmes scolaires sont concoctés à plus de 10 000 kilomètres ? L’argument de la rigueur académique arrive en tête : « Pour moi, il ne s’agit pas simplement d’apprendre à penser dans une autre langue, explique Cindy. Je pense que ce système est plus sérieux, plus solide, plus cohérent. » Le fait qu’il y ait des cahiers, des devoirs, des efforts pour apprendre l’écriture cursive est déterminant.

Deuxième motivation, l’ouverture au monde : « Leur champ d’apprentissage ne se cantonne pas aux frontières de notre pays, explique Rachel, une Californienne de toujours. Je souhaitais pour mes deux enfants une école qui leur ouvre l’esprit. » C’est ce que cherchait aussi ce diplomate, dont le dernier poste a été Bruxelles : « Nos trois enfants étaient dans une école francophone. Quand nous sommes rentrés, nous voulions nous installer sur la côte Ouest, n’importe où entre San Francisco et l’Alaska. Nous avons choisi Santa Rosa uniquement parce qu’il y a cette école publique française. » L’élément financier compte aussi : « Nous avons quitté San Francisco quand notre quatrième enfant est né, raconte Alice. Il était impossible de payer 20 000 dollars par tête pour l’école, tout au long de leur scolarité. » Et puis il y a Élisa, lourdement handicapée, qui n’a pas le choix pour l’école de sa fille. Elle habite juste en face. « J’étais très inquiète quand j’ai entendu les rumeurs de fermeture. Et sceptique quand j’ai appris qu’une école française s’installait ici. Deux ans plus tard, ma fille parle français couramment, et ça m’impressionne beaucoup. »

Parce qu’ils n’ont pas d’attache particulière avec la France, beaucoup d’élèves réintégreront le système scolaire américain au lycée. Avec un bagage français qui leur aura apporté une autre approche de l’enseignement.

Financement d’appoint

Une fondation composée de parents et de personnalités veille au respect de la charte signée par Santa Rosa avec l’administration californienne. La fondation détient une cagnotte de 110 000 dollars. « C’est une habitude pour les parents de donner de l’argent, ici, remarque Pascal Stricher. Mais les sommes réunies sont exceptionnelles. » Un parent d’élève explique qu’il ne donnera jamais assez : « Nous sommes si agréablement étonnés d’avoir cette qualité d’enseignement dans une école publique. Nous ne payons rien, pas même les cahiers. Cela nous incite à aider beaucoup la fondation, en remerciement. »

Le latin et le grec traversent l’Atlantique

Quelle ironie ! Alors que la France, qui se croit moderne, éradique l’enseignement du latin et du grec, jugé « peu rentable », « élitiste », « coupé du monde », les États-Unis, qui le sont vraiment, modernes, ne cessent de développer les humanités, dénommées là-bas « Classics ». La raison ? Les élèves habitués à penser des mondes anciens se révéleraient excellents pour penser les mondes à venir et les grandes entreprises font leur miel de ces esprits nourris aux sources antiques. Martha Nussbaum, professeur de droit et d’éthique à l’université de Chicago, a montré récemment, et concrètement, comment « le savoir technique n’est utile qu’à court terme et ne nourrit pas une compréhension économique à long terme » et pourquoi il faut encourager ce que Socrate appelle le « libre examen de la vie ». Et pendant ce temps, la France se ringardise un peu plus…

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Washington — Enseignants payés au mérite

À Washington, les enseignants sont payés au mérite… avec approbation syndicale. Selon leurs performances, leur rémunération peut varier du simple au double. Le salaire de base de 51 000 dollars par an est assorti de primes substantielles et peut atteindre plus de 130 000 dollars [!!!] au bout de neuf ans de bons et loyaux services.

Un quart des professeurs atteint le « niveau maximum », le niveau supérieur de l'évaluation. L'administration en a décidé ainsi en 2009, lorsqu’elle a réalisé que la capitale américaine avait un des budgets les plus hauts par élève pour un des résultats les plus nuls.

Contrepartie : ceux dont les classes obtiennent les plus mauvais résultats ont un an pour se ressaisir. Sinon, c’est la porte pour une centaine d’entre eux chaque été. Le niveau scolaire moyen, lui, s’est sensiblement amélioré en quatre ans.

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jeudi 13 mars 2014

France — retrait de la proposition de loi visant à interdire l'instruction à la maison

D'après le site du Sénat français, la proposition de loi en France visant à limiter l'enseignement à la maison dans les seuls cas d'incapacité à fréquenter l'école, a été retiré. C'est l'auteur lui-même, Hugues Portelli, qui l'aurait retirée hier.



Les informations que nous détenons suite à nos contacts avec certaines associations en France nous indiquent que l'intention de cette proposition de loi était d'arrêter l'affluence de regroupements de parents qui établissent ce que le gouvernement considère être de petites écoles privées qui échappent au contrôle de l'État. M. Portelli aurait-il compris l'ampleur qu'aurait pu prendre une loi telle qu'il la proposait et ses impacts sur les familles ayant choisi de faire l'instruction en famille ?


Nous ne pouvons qu'espérer qu'en France et ailleurs, on reconnaisse ce que de nombreuses chartes proclament: que la responsabilité de l'éducation d'un enfant revient d'abord et avant tout à ses parents.

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RitalinMC — nouveaux records de consommation et de vente en 2013 au Québec

Le Journal de Montréal nous apprend que, malgré les craintes exprimées par plusieurs experts, la consommation de Ritalin a explosé au Québec, depuis cinq ans, pour atteindre un niveau record il y a quelques mois.

Quarante pour cent de pilules supplémentaires auraient été vendues en cinq ans. On trouvera ci-dessous le nombre de pilules vendues au Québec (en millions) :
2009  29,0
2010   32,0
2011   34,9
2012   37,4
2013   40,6
« Champion du Ritalin » depuis une décennie, le Québec domine plus que jamais les autres provinces canadiennes dans ce palmarès. Alors qu’elle compte pour moins du quart de la population, la Belle Province a engendré la vente de 38 % des méthylphénidates au Canada, un seuil inégalé.

« Notre société est en détresse, soupire le docteur en neurosciences Joël Monzée, interrogé par le Journal de Montréal. Il y a un problème au niveau des parents, des enseignants et du personnel psychosocial qui ne savent pas comment aider les enfants à grandir dans de bonnes conditions, sans avoir recours à la médication », tranche-t-il.

M Monzée, comme plusieurs experts, s’inquiète de cette situation et pointe du doigt la multiplication des « stresseurs » au sein de la société, en particulier les jeux vidéo, pour expliquer le phénomène. Aucun des experts retenus par le Journal de Montréal ne mentionne l’absence des parents au foyer, les deux parents travaillant à l’extérieur.

Selon la psychiatre Annick Vincent, une multitude de facteurs peuvent être reliés à la consommation grandissante de médicaments de la famille du Ritalin, dont l’amélioration du traitement et du diagnostic des troubles de l’attention.

Cette augmentation n’est pas le seul fait des Québécois. Selon le New York Times, un nouveau rapport indique que le nombre de jeunes adultes américains, âgés de 26 à 34, recevant un traitement médicamenteux pour les troubles de l’attention (TDAH) a presque doublé entre 2008 et 2012, de 340 000 à 640 000.

On a également constaté que le nombre total d’adultes américains qui prennent des médicaments pour le TDAH a augmenté de 53 pour cent pendant cette période, d’environ 1,7 à 2,6 millions.

L’utilisation de médicaments contre le TDAH chez les enfants a augmenté de 19 pour cent au cours de ces quatre années. En 2012, aux États-Unis, 7,8 pour cent des garçons et 3,5 pour cent des filles âgées de 4 à 18 ans ont été prescrits de ces médicaments. Les taux chez les jeunes âgés de 12 à 18 ans étaient de 9,3 pour cent pour les garçons et 4,4 pour cent pour les filles.

Par ailleurs, on apprend que certains dosages de Ritalin sont actuellement en rupture de stock, laissant présager une pénurie dans les pharmacies. Une situation qui cause bien des maux de tête aux professionnels et inquiète les parents.

Le Ritalin est un médicament souvent prescrit dans le traitement du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), particulièrement chez les enfants.

Or, le fabricant Novartis confirme une rupture d’approvisionnement en comprimés de 10 mg. « Nous sommes en pénurie temporaire [...] causée par une hausse inattendue de la demande en raison de l’indisponibilité de la version générique du médicament méthylphénidate », explique la responsable des communications chez Novartis, Andrea Gilpin, par voie de communiqué.
 




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lundi 10 mars 2014

Et certains prétendent que l'école d'État est neutre...

Lu dans le Point du 6 mars 2014 une critique exaltée du documentaire « La Tour de Babel ». Dans celui-ci, l’on montre de jeunes immigrés qui viennent d’arriver en France. Ils sont Irlandais, Serbes, Brésiliens, Tunisiens, Chinois ou Sénégalais... Pendant un an, Julie Bertuccelli a filmé les échanges, les conflits et les joies de ce groupe de collégiens âgés de 11 à 15 ans, réunis dans une même classe d’accueil pour apprendre le français.

Dans ce petit théâtre du monde s’expriment l’innocence, l’énergie et les contradictions de ces adolescents qui, animés par le même désir de changer de vie, remettraient en cause beaucoup d’idées reçues sur la jeunesse et l’intégration. Ce documentaire qui joue sur les sentiments se veut résolument optimiste.

Selon le Nouvel Obs, la militante réalisatrice Julie Bertuccelli voulait aussi montrer que « cette différence est une grande richesse, surtout aujourd’hui avec tous les discours nauséabonds qu’on entend ».


« Dieu n'est pas dans la classe », de dire la prof comme dernière remarque...

Dans ce creuset miniature, on suit de jeunes gens désireux de « faire un futur en France ». Xin, petite Chinoise mutique en septembre, se montre de plus en plus souriante et épanouie au fil de l’année. Les frictions et les sujets délicats comme la religion ne sont pourtant pas éludés. Les élèves débattent et s’écharpent autour des religions, du big bang et même des extraterrestres.

Mais, selon Le Point, « le doute cartésien finit par l’emporter sur les croyances, et Djenabou peut conclure par un « On ne sait même pas si Dieu il existe ! », preuve que l’école de Jules Ferry a encore un sens. »

En quoi cette école est-elle alors neutre sur le plan des croyances des enfants, si le scepticisme religieux ou l’agnosticisme s’y impose et que par là elle montre que l’école de Jules Ferry a encore un sens ?






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Rémi Brague : « Notre modernité n’ose pas revendiquer ses racines chrétiennes »

Pour le philosophe, notre modernité, dont les idoles se nomment Progrès et Droits de l’homme, n’ose pas revendiquer ses sources chrétiennes. Il s’en explique dans « Modé­rément moderne » (Flam­marion). Rémi Brague est philo­sophe. Membre de l’Institut, il est professeur de philo­sophie médié­vale à l’université de Paris-I.

Pour le journaliste Jérôme Cordelier du Point (27 février 2014), ce livre va secouer. Pour décortiquer les Temps modernes – après avoir étudié l’Antiquité et le Moyen Âge dans deux précédents ouvrages –, le philosophe Rémi Brague agite dans son mélangeur les plus grands concepts qui, parfois, passent dans notre époque désabusée pour des gros mots. Et il ne craint pas d’y mettre des majuscules.

S’affirmant comme chrétien, allant même jusqu’à souligner, longs arguments à l’appui, que « c’est le christianisme qui a inventé la culture », cet intellectuel iconoclaste n’hésite pas à aborder les questions qui fâchent – « La culture supporte-t-elle l’idée de vérité ? » – ni à attaquer des positions établies – le « Comment on écrit l’Histoire », de Paul Veyne, par exemple.

Le philosophe ne comprend pas que la Modernité s’échine à « déconnecter » (mot à la mode) l’Histoire en marche du passé, et l’homme de foi ne se résout pas à ce que l’Europe se soit coupée – du moins en théorie – de ses racines chrétiennes. En maniant son stylo comme un stylet, Brague pourfend quelques manichéismes solidement ancrés dans notre Histoire, en premier lieu l’antagonisme fondateur entre esprit des Lumières et obscurantisme. C’est brillant, provocateur, drôle, parfois de mauvaise foi (sans jeu de mots), mais souvent décapant.


Extraits de « Modérément moderne » :

Les idées modernes sont des idées prémodernes. Seul le nom est nouveau. La Modernité met en œuvre une stratégie pour laquelle la négation est indispensable. Le choix d’une désignation nouvelle correspond au besoin de dissimuler l’origine de ce que l’on emprunte, à la façon dont un receleur maquille une marchandise volée. Les exemples abondent à l’époque dite des Lumières, qui a renommé les vertus chrétiennes traditionnelles.

C’est ainsi que la première vertu théologale de la charité est devenue la « bienfaisance », alors que la seconde, l’espérance, devenait l’« optimisme ». Le nom même de l’Europe, pour désigner non plus une direction ou un espace géographiquement limité, mais une civilisation, permettait surtout de se dispenser de parler de la Chrétienté. Comme exemple clé, on pourrait citer les « droits de l’homme » tant chantés. Les conduites qui violent ces prétendus « droits » et qui, en conséquence, sont dûment et à juste titre clouées au pilori par les déclarations qui les énumèrent, sont, quant au contenu, exactement les mêmes que celles qu’interdisaient le Décalogue ou encore les maîtres de vertu païens de toutes les écoles. La seule différence tient à ce que ces contenus, dont on cherchait jadis l’origine en Dieu ou dans la Nature, sont désormais passés sous le joug de l’« homme ». Cet homme qui a des droits et qui est conscient d’en avoir est donc l’« homme moderne », dont on parle de façon répétée. Au point, parfois, d’en faire un critère : il y a des choses, nous dit-on, que l’homme moderne ne peut plus accepter, les miracles, par exemple. N’y aurait-il pas là quelque outrecuidance ? […]

Les sophismes du progrès

L’esprit public des sociétés occidentales a fait de l’adhésion au progrès le critère du bien, le soupçon de le rejeter ou de s’y opposer devenant le blâme par excellence, capable de discréditer sans appel celui qui en est accusé. En témoigne l’apparition de l’adjectif « progressiste », connoté positivement dans les langues européennes. Il est attesté en anglais dès 1848 et a gagné depuis toutes les autres langues. L’adjectif a fait florès dans les gauches européennes, où il ne cesse d’être menacé par des adversaires toujours renouvelés (« conser­vateur », « réaction­naire », « intégriste », « fonda­men­taliste ») et toujours pourfendus. On oublie trop souvent la version hitlérienne de l’idée de progrès. L’élimination des juifs planifiée par l’État national-socialiste avait pour but, elle aussi, selon ce que déclare très explicitement « Mein Kampf », d’écarter un obstacle à un progrès conçu non plus comme social, mais comme racial.

L’allemand de Hitler est très laid, mais il me faut ici traduire ces passages trop peu connus : « L’homme qui méconnaît les lois de la race et qui les méprise se prive vraiment du bonheur qui lui semble destiné. Il empêche la marche victorieuse de la meilleure race et aussi, de ce fait, la condition préalable de tout progrès humain. » En revanche, « l’Aryen fournit les imposantes pierres et les plans pour tout progrès humain ». Quand il dégénère en se mêlant aux races inférieures, « de même que le conquérant effectif et intellectuel s’est perdu dans le sang des [peuples] soumis, c’est aussi le combustible pour le flambeau du progrès de la civilisation (Kultur­fort­schritt) humaine qui se perdit ». Quant au juif, « ce n’est pas grâce à lui qu’a lieu un quelconque progrès de l’humanité, mais malgré lui ».

Cette bouillie verbale et mentale a au moins le mérite de montrer que l’idée de progrès, et de progrès de la civilisation, se laisse aussi mettre au service du crime. […] Le christianisme, héritier de l’Ancien Testament, a introduit dans la conscience occidentale la représentation biblique d’une histoire non plus cyclique, mais linéaire, tendue entre une origine et un accomplissement. C’est pourtant seulement avec la Modernité que l’idée de progrès s’enracine dans la conscience européenne. Elle s’installe d’abord à la suite de faits incontestables comme les Grandes Découvertes, rendues possibles par certaines inventions décisives. La liste de ces conquêtes, comme la boussole, l’imprimerie et même la poudre à canon, revient sans cesse sous la plume des écrivains de cette époque, à partir de Francis Bacon. Au siècle des Lumières, l’idée de progrès apparaît dans toute sa netteté et désormais privée des représentations qui la nuançaient encore. Là aussi, c’est un fait très réel, une victoire spectaculaire de la science, l’astrophysique newtonienne, qui lui donne sa plausibilité. Du fait de l’accroissement des connaissances et des techniques, les Lumières glissent à l’idée d’une amélioration du genre humain quant à la morale et à la civilisation. Une vision de l’Histoire animée d’un mouvement quasi spontané vers le meilleur se met en place à partir du milieu du XVIIIe siècle avec Turgot (1750) puis Condorcet (1794) […] Au début du XIXe siècle, et jusqu’à la ligne de partage des eaux que je vais dire, le progrès devient l’objet d’une croyance, d’une sorte de religion. Ainsi, le positivisme d’Auguste Comte fait du progrès le « dogme vraiment fondamental de la sagesse humaine, soit pratique, soit théorique ».

Une étape capitale est franchie au milieu du XIXe siècle, avec Darwin. Le progrès est censé devenir un fait constatable, car la théorie de l’évolution fournit une base scientifique. […] En enracinant le progrès dans l’évolution spontanée de la nature, on s’engage dans une dialectique ambiguë. D’une part, on gagne en sûreté : il n’est plus besoin d’espérer, à la limite il suffit d’attendre, même s’il vaut mieux aider l’évolution à accoucher de ce dont elle est grosse en poussant dans la bonne direction, voire en dégageant la route des obstacles qui l’encombraient. Mais, d’autre part, les résultats ne peuvent plus guère être mis au crédit de l’homme, entraîné qu’il est par un courant dont il n’est pas le maître et qui le dépasse. Au point qu’on peut se demander si le fleuve qui vient de plus en amont que lui ne le laissera pas un jour sur le rivage, comme une coquille vide. Nous en sommes là.

L’homme de la rue, que nous sommes tous par une dimension de nous-mêmes, ainsi que les sophistes qui lui vendent leur prêt-à-penser, croient encore au progrès ; les gens qui réfléchissent sont plus prudents.



« Modérément moderne »
par Rémi Brague
paru le 5 mars,
chez Flammarion,
à Paris,
382 pages.
ISBN-13: 978-2081331112



Italie — Pas de bonnes notes, pas de foot

En Italie, certaines écoles ont passé un accord avec les clubs de foot locaux. L’école leur communique les bulletins scolaires et seuls les bons élèves sont sélectionnés pour jouer les matchs. Venue du monde enseignant, l’initiative a séduit les clubs.

Ainsi, l’AS Roma a étendu la pratique à tous ses viviers de jeunes joueurs. Si certains pères persuadés d’avoir un Maradona à la maison ont refusé la sanction, la grande majorité des mères applaudissent. « Non seulement mon fils ne délaisse plus les études pour le foot, mais désormais il travaille mieux que ceux qui ne jouent pas », affirme une maman.

Un viatique pour l’avenir alors que, sur les 300 000 enfants qui jouent au foot dans la péninsule, seulement 7 feront une carrière de footballeur.




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À Sudbury Valley, fais ce qui te plaît !

À l’école Sudbury Valley, dans le Massachusetts, les élèves font ce qu’ils veulent. Certains pêchent à la ligne, d’autres jouent à des jeux vidéo ou font la cuisine. Il n’y a pas de cours, ni devoirs, ni salles de classe. Les élèves, âgés de 4 à 19 ans, peuvent demander à la dizaine d’instructeurs de leur parler d’un sujet. La philosophie de l’école, c’est que les enfants sont curieux de nature et apprennent mieux quand ils le veulent que lorsque l’enseignement est imposé. L’apprentissage de la lecture, par exemple, aura lieu lorsqu’un gamin qui désire faire des gaufres va devoir lire la recette et donc demander une aide.

L’établissement est dirigé par un conseil des élèves qui décide de tout. Près de 80 % des élèves intègrent une université à leur sortie. Trente-cinq écoles se sont créées sur le même modèle, dont 2 en Belgique.

Source : Le Point, 6 mars 2014.




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samedi 8 mars 2014

Nous, on a école à la maison !

Extraits d’un article paru dans Le Point du 6 mars 2014 :

Instruire ses enfants soi-même ? Certains le font.

Valérie Vincent habite en banlieue parisienne avec son mari et ses sept enfants. Deux de ses petits ne sont jamais allés à l’école et n’iront jamais. Quant aux cinq autres, ils n’y vont plus. D’un commun accord avec eux, elle a décidé de les retirer de l’école de la République. Une décision prise à la suite d’un drame ? Pas du tout.

L’argument de Valérie tombe comme une évidence : « C’est mieux pour eux ! » Elle ne regrette pas une seconde son choix : « Je voulais nourrir leur curiosité en fonction de leur demande plutôt qu’on me parle de leur niveau par rapport à une classe. » Valérie passe ses journées avec sa marmaille à visiter des musées, jouer ou lire en famille. « J’ai appris à me connaître avec mes enfants », révèle-t-elle.

Valérie a choisi de ne pas suivre de programme scolaire, optant pour « l’apprentissage autonome » : contenus et horaires libres. Pour que cela fonctionne, il faut que les parents aient une confiance absolue en la capacité qu’auront leurs enfants à savoir trouver ce qui les intéresse. À charge pour les adultes de leur donner les moyens de satisfaire leur appétit de savoir. Ce qui passe parfois par des apports extérieurs comme la participation à des ateliers de dessin ou des cours de musique.

Image extraite du documentaire « Être et devenir », de Clara Bellar,
 qui a filmé des familles ayant choisi l’instruction à la maison plutôt qu’à l’école.
En France, quelque 30 000 enfants ne fréquentent pas l’école, dont 90 % scolarisés au CNED (le Centre d’enseignement à distance du ministère de l’Éducation nationale) ou dans des écoles privées à distance. Mais seuls 3 000 enfants sont déclarés en IEF, l’Instruction en famille. Et c’est tout à fait légal : c’est l’instruction qui est obligatoire de 6 à 16 ans, et non la scolarisation. Depuis quelques mois, l’enseignement par les familles est pourtant menacé. Une proposition de loi vise en effet à « limiter la possibilité d’instruction obligatoire donnée par la famille à domicile aux seuls cas d’incapacité ». Passée inaperçue depuis son dépôt en décembre, la proposition de loi est à nouveau sur le devant de la scène depuis que fait rage le débat sur l’enseignement [de la] théorie du genre à l’école, ce qui pousse certains parents inquiets à envisager d’en retirer leurs enfants.

« Désocialisation ».

L’enseignement par les familles est souvent incompris [...].

[...]

Mais pour beaucoup de parents qui se sont organisés, financièrement et professionnellement, pour pouvoir instruire à domicile, l’essentiel est de voir leurs enfants est de voir leurs enfants s’épanouir, animés par une curiosité qui suscite l’envie d’apprendre. Ils rejettent l’idée qu’une connaissance soit imposée à un moment précis, sans savoir si elle sera comprise ou retenue à long terme.



Suivre le rythme des enfants pour qu’ils en retirent le meilleur : c’est ce que font la plupart des parents partisans de l’IEF, filmés dans le documentaire « Être et devenir », de Clara Bellar (sortie en salles en mai). On y voit des petits de 3 ans jouer à merveille du piano ou des jeunes de 12 ans qui viennent tout juste d’apprendre à lire en famille.

Avec cette recette : le jour où l’envie d’apprendre naît, ces enfants savent comment s’y prendre et leur appétit est sans limite. Et le film, très militant, d’expliquer que beaucoup des enfants passés par l’enseignement en famille s’orientent vers une profession artistique, disposant du temps nécessaire pour aller au bout de leur passion.

L’instruction en famille n’est pas pour autant laissée sans encadrement [c’est la France après tout] : chaque année, les familles qui ne suivent pas les programmes scolaires sont soumises à un contrôle social et éducatif.

« Les inspecteurs de l’Éducation nationale viennent vérifier que les enfants reçoivent une instruction. Alors, je leur montre ce qu’on fait. Mais ça s’arrête là », explique Valérie, qui a le sentiment que « la lumière s’est éteinte le jour où [elle] est entrée à l’école » et qui ne voulait pas que ses enfants vivent la même déception. Les détracteurs de l’IEF critiquent le défaut de socialisation des enfants, auxquels les codes de la vie en collectivité sont inconnus. Un argument balayé par les adeptes de ce système alternatif : « On participe quotidiennement à des ateliers et des activités culturelles, artistiques ou sportives dans lesquelles mes enfants rencontrent aussi bien des “sco” que des “non-sco” [pour « non scolarisés »] ! » se défend Valérie, qui dénonce la mesquinerie des professeurs et la méchanceté des élèves au sein de l’école. Si la loi obligeant les enfants à être scolarisés vient à passer, les siens n’iront pas à l’école. « Quoi qu’il m’en coûte », tranche-t-elle. Pas négociable.

Voir aussi

France — Restriction de l’accès à l’enseignement à distance public

La famille Romeike peut rester aux États-Unis !

France — Projet de loi interdisant l’instruction à domicile sauf cas de force majeure
 




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Un revenu universel pour mettre fin à l'État-providence

Le sociologue Julien Damon analyse la proposition de Charles Murray dans son livre In our Hands (Dans nos mains), jamais traduit en français.
L’idée d’un revenu universel apparaît ponctuellement dans les réflexions et propositions politiques.

Ses formes varient selon les projets.

Avec un tel outil, certains veulent compléter le système public de redistribution. D’autres y voient un recours pour supprimer l’État-providence. C’est le cas de Charles Murray, un important penseur américain, aux inclinations à la fois libertariennes et conservatrices.

Ses thèses, honnies, mais très rarement lues en France, consistent en une offensive générale contre l’État-providence. Cinquante ans exactement après le lancement, en 1964, de la guerre contre la pauvreté aux États-Unis, il compte parmi ceux qui estiment que c’est la pauvreté qui a gagné. Il constate que la population américaine n’a jamais été aussi riche. Chaque année, les pouvoirs publics organisent la redistribution de plus de 1 000 milliards de dollars afin de financer des systèmes collectifs de retraite, d’assurance-maladie et de lutte contre la pauvreté.

Or il y a toujours des millions de pauvres, de retraités à très faibles pensions et de personnes qui n’accèdent pas aux soins. Pour Murray, seul un gouvernement peut dépenser autant d’argent de manière aussi inefficace. Et à la déresponsabilisation individuelle s’ajoute la déréliction collective.

La solution, simple, apparaît : il faut donner cet argent aux gens ! En résumé : « Voilà l’argent. Faites-en ce que vous voulez. Votre vie est entre vos mains. » Concrètement, le plan de Murray est de convertir tous les transferts sociaux en une allocation unique, forfaitaire et uniforme. Le montant des impôts serait divisé par le nombre d’adultes et une prestation serait versée directement à chaque Américain. [Note du carnet : Murray exclut tout paiement aux immigrés non naturalisés.] Au total, Murray imagine qu’il est possible de transférer annuellement à chaque citoyen américain de plus de 21 ans (sauf en cas d’incarcération) 10 000 dollars, 2 000 étant préaffectés à des fonds de pension et 3 000 à des compagnies d’assurances. Si l’on devait transcrire ce programme en France, on pourrait diviser les 650 milliards d’euros de dépenses sociales par le nombre de personnes vivant en situation régulière en France (adultes et mineurs), soit environ 66 millions de personnes.

On aboutirait de la sorte à environ 10 000 euros (15 000 dollars) annuels de dotation individuelle. Dans un schéma qui ne placerait pas de barrière d’âge, deux parents avec deux enfants toucheraient ainsi 40 000 euros (60 000 dollars), à charge pour eux de se prémunir contre tous les risques sociaux, de s’assurer pour leur santé et leurs vieux jours. Les retraités, en moyenne, y perdraient beaucoup. Il faut dire que presque la moitié des dépenses sociales sont constituées de pensions.

Naturellement, une telle option, qui aurait l’immense double mérite de la simplification radicale et de la responsabilisation intégrale, n’a certainement aucune chance de voir le jour. Au moins à court terme. Elle a cependant le grand intérêt de montrer ce que sont, proportionnellement, les masses financières de la protection sociale.

In Our Hands. A Plan to Replace the Welfare State,
de Charles Murray
publié aux AEI Press,
en 2006,
214 pages,
ISBN-13: 978-0844742236.

Voir aussi

Pourquoi les filles sages réussissent-elles ?

Mark Steyn sur le mariage homo, la mort de la famille et l'État-providence obèse

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Idées reçues sur les blancs américains, écart moral et culturel croissant des classes sociales

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