mardi 19 août 2008

« Les enseignants d'ECR ne seront pas prêts »... euh... avant une génération ?

Le Devoir, connu pour être partisan du nouveau programme d'éthique et de culture religieuse imposé à tous les élèves québécois par le Monopole de l'Éducation, publie une lettre d'opinion où une fois de plus on rappelle les craintes de Jean-Pierre Proulx — omniprésent dans les décisions entourant ce cours et dans sa défense — les enseignants québécois ne pourront rendre justice à cette nouvelle merveille pédagogique selon ses partisans : le cours d'éthique et de culture religieuse qui ferait enfin du Québec une société tolérante, diverse et ouverte. Excusez du peu.

Citons quelques extraits de la lettre d'opinion (les intertitres sont de nous) :

Formation indigente née de la précipitation

La principale information que nous devons retenir de ce dossier, c'est que les enseignants et les enseignants qui seront responsables de cette matière en septembre 2008 n'auront pas la formation (ou la compétence) nécessaire pour bien appliquer ce nouveau programme, pour être en mesure d'aménager et de faire vivre des apprentissages significatifs et durables.
C'est une litote. La formation a été indigente : environ deux jours en moyenne pour chaque enseignant pour six religions et une nouvelle culture du dialogue et d'éthique !
Dans l'exposé éditorial, le professeur Jean-Pierre Proulx, rédacteur délégué, postule que « la formation des quelque 26 000 enseignants du primaire et de plus de 8000 du secondaire sera, au mieux, minimale, malgré les efforts qui sont menés cette année» (en 2007-2008). Si la formation est ici jugée «au mieux, minimale », c'est dire que dans plusieurs cas particuliers, voire la majorité, la formation n'atteindra pas ce stade qui permette de maîtriser suffisamment le domaine, d'intervenir avec une assurance convenable en suscitant l'indispensable confiance des élèves, des collègues et des parents... Plus loin, la contribution de deux universitaires associées à la formation des formateurs d'enseignants s'avère très éloquente sur le déficit de préparation des enseignants qui seront chargés de ce programme.
Pourquoi cette précipitation dans la mise en place de ce cours alors ? Et si M. Jean-Pierre Proulx essayait de désamorcer les critiques qui accompagneront ce nouveau cours ? De neutraliser les dénonciations des dérives prévisibles de ce cours ?
Ainsi, Mireille Estivalèzes, de l'Université de Montréal, en vient à dire qu'il « est évident que ni les nouveaux enseignants ni ceux qui sont déjà en fonction n'auront complété leur formation à temps. Ils ne seront donc pas complètement prêts pour la rentrée de septembre 2008 ».
Le bel euphémisme : nous connaissons même des enseignants du primaire dans des écoles privées qui n'ont pas du tout été formés !

Des enseignants réellement aptes en Éthique et culture religieuse dans une génération...

De son côté, Suzanne Rousseau, de l'UQTR, livre un article au titre des plus significatifs: «La formation des enseignants: le défi d'une génération». Déplorant le manque de ressources allouées, elle mentionne que «les 45 heures offertes aux enseignants-formateurs [sur les premiers thèmes] et déjà considérées insuffisantes par tous ont été réduites à une journée et demie» par la suite... Forte de son expertise, elle fait état de difficultés majeures, telles que des «carences importantes sur le plan des savoirs pertinents, tant en éthique qu'en culture religieuse, la complexité de la formation au dialogue au niveau tant de la maîtrise du contenu que de l'évaluation, notamment aux premiers cycles du primaire», la préparation quasi irréalisable de «situations d'apprentissage et d'évaluation» qui traitent à la fois deux ou trois compétences disciplinaires, alors que cette approche promue par le renouveau pédagogique n'est pas encore assimilée par le personnel... L'auteure évoquera même en conclusion que c'est seulement lorsque des jeunes qui auront suivi ce programme depuis l'élémentaire s'inscriront à un baccalauréat en enseignement que nous pourrons espérer disposer enfin d'enseignants réellement aptes en Éthique et culture religieuse...
Euh, des enseignants enfin programmés formés depuis leur plus tendre enfance dans le relativisme et le pluralisme normatif par décision de l'État sans que jamais on ne consulte vraiment les parents ? L'Étatisme québécois est vraiment émouvant.

Où sont les preuves que le cours d'ECR va résoudre quoi que ce soit ?

Et ces gens croient vraiment que tout cet agent investi à ébranler l'identité trop massive des Québécois pure laine, comme dirait Fernand Ouellet, va résoudre quoi que ce soit ? Que des troubles comme ceux de Montréal-Nord pourront être évités alors que la religion n'intervient pas dans la plupart des problèmes ethniques  ou sociaux qui sont ceux que connaît le Québec ! Rappelons que les Latinos et Haïtiens de Montréal-Nord sont chrétiens et même le plus souvent catholiques.

Mais le Monopole de l'Éducation fait fi des désirs des parents — ils œuvrent pour le bien n'oublions pas ! — les libertés éducatives pèsent donc peu pour ces missionnaires qui se sentent pressés car le Québec devient de plus en plus divers (qui décide de l'immigration au fait, si ce n'est ce même gouvernement ?) et il faut donc former les enfants de tous au « dialogue » et « au vivre-ensemble ».

Mais croient-ils vraiment qu'un Québec avec plus de jeunes relativistes et rebelles (si Dieu n'existe pas, tout est permis !) vont être plus tolérants parce qu'on les aura dressés sensibilisés aux règles du dialogue et de la tolérance ? Pourquoi ? Par automatisme ?

Pourquoi cela marcherait-il mieux qu'avec l'Église catholique qui avait aussi enseigné un message de charité avec des sanctions et bienfaits célestes supplémentaires à la clé ?

Aucune preuve donc que ce cours imposé donnera des résultats positifs (il pourrait bien être négatifs), mais moins de liberté bien tangible. Quid de cette ancienne vertu : la prudence ?

Difficile de reformater les maîtres en animateurs censément neutres

Pour assurer la réalisation des apprentissages visés, le programme exige que le personnel enseignant adopte la « posture professionnelle » appropriée. L'expression fait référence au besoin d'ouverture à l'échange avec les élèves, d'objectivité et d'impartialité dans ses propos, d'engagement dans une communauté de recherche, etc. Selon les auteurs du dossier, le développement de ces attitudes indispensables « ne va pas de soi chez les enseignants ». Si l'acquisition des connaissances nouvelles représente un défi accessible lorsqu'on y consacre temps et efforts, ce à quoi les enseignants sont habitués lorsqu'ils sont chargés d'un nouveau programme (quitte à meubler ainsi une partie de leurs vacances), il en va tout autrement en ce qui concerne cette «posture», qui fait appel à des habiletés psychosociales et communicationnelles.
Bref, le maître a du mal à devenir un animateur censément neutre.

Cette carence de formation pourrait avoir des effets négatifs graves

[...]
Sans cette « posture professionnelle », les élèves risquent non seulement de rater les compétences disciplinaires escomptées, mais aussi de faire la malheureuse expérience de situations à l'inverse de ce que promeut le programme : le non-respect des personnes et de leur position, l'ancrage de préjugés à l'égard de tels types de croyants ou de non-croyants, la banalisation du fait religieux et des questions éthiques, le repliement sur ses opinions personnelles au lieu d'une maturation conceptuelle des questions religieuses et morales...
Quand on parlait des effets négatifs potentiels, du manque de prudence...

Parents soucieux ou parents intégristes et extrémistes ?

Le constat du manque de formation révélé par le dossier du GRIFPE ne peut laisser indifférent, d'autant plus qu'aucune évaluation globale n'a été rendue publique par les responsables ministériels ou autres. Il ne faut pas s'étonner que des parents qui suivent de près ce qui se passe à l'école redoutent les effets possiblement nuisibles sur le développement de leurs enfants et sur leur perception de la religion et de l'éthique.
L'auteur de cet article ne connaît pas le langage de la ministre de l'Éducation : pour elle les parents qui suivent de près ce qui se passe à l'école — lesquels devraient être considérés comme des parents vertueux — « sont des groupes qui se situent aux extrêmes ». Extrémistes donc. Notez que dans son refus d'exemption, daté de juin 2008, la Commission scolaire de Montréal déclarait que son cours n'était pas relativiste mais qu'il empêchait plutôt l'« intégrisme » !? Extrémistes et intégristes donc ceux qui résisteraient aux diktats des pédagoguesMC, expertsMC toujours cooptés du Monopole, payés depuis des années à penser à l'implantation de leur dernière marotte pédagogique : l'interculturalisme ? Le culot de ces gens qui décident de la formation spirituelle des autres alors qu'on ne puisse pas dire que le Monopole de l'Éducation du Québec ait prouvé la qualité de ses choix ou des fruits de son enseignement imposé d'en haut et décidé pour tous !

lundi 18 août 2008

Qui est Fernand Ouellet, père du cours d'éthique et de culture religieuse selon Jean-Pierre Proulx ?

Les lecteurs de ce carnet se rappelleront que le 8 janvier 2008 à 18 h 45 M. le professeur Jean-Pierre Proulx, auteur du rapport « Laïcité et religions: perspective nouvelle pour l'école québécoise », avait laissé le commentaire suivant :
« Vous me faites par ailleurs trop d'honneurs en me qualifiant de "père" du cours d'éthique et de culture religieuse.

Le groupe de travail que j'ai présidé de 1997 à 1999 a repris une idée qui avait déjà été proposée par le professeur Fernand Ouellet de la faculté de théologie de l'Université de Sherbrooke, spécialiste des religions des Indes au début des années 80. Son idée fut d’ailleurs mise en œuvre pendant un certain temps avec l'approbation du Comité catholique du CSE dans les années 1980. L'idée fut reprise par le Conseil supérieur de l'éducation dans un de ses avis de la décennie 1990 puis par les États généraux sur l'éducation de 1995-96. »
Qui est ce Fernand Ouellet et quels sont donc les principes qui devraient guider un cours de culture religieuse ou d'éducation à la citoyenneté (intégré désormais au cours d'histoire) selon lui ?

Selon André Couture du consortium Érudit, Fernand Ouellet est professeur à la faculté de théologie, d’éthique et de philosophie de l'Université de Sherbrooke, il est spécialiste en éducation interculturelle et y aborde diverses questions relatives à l’Inde moderne et à l’hindouisme.

Spécialiste de l'Inde et de l'hindouisme

Fernand Ouellet est un spécialiste de l'Inde et de l'hindouisme, il lit couramment l'hindi :

— Premchand, Délivrance, traduit du hindi par Fernand Ouellet, Paris-Montréal-Turin, L'Harmattan, coll. « Lettres asiatiques », 2000, 248 pp.

Premchand, Deux amies et autres nouvelles, traduit du hindi par Fernand Ouellet, Paris, L'Harmattan, coll. « Lettres asiatiques », 1996, 239 pp.

Premchand, Godan : le don d'une vache, traduit du hindi par Fernand Ouellet avec une préface de Kiran Chaudhry et une introduction d'André Couture, Paris-Montréal-Turin, L'Harmattan, coll. « Lettres asiatiques », 2006, 364 pp.

H. Daniel Smith, Inde-hindouisme, traduit de l'anglais par Fernand Ouellet, Visual Education Service, Yale Divinity cité dans Ressources sur les grandes traditions spirituelles et religieuses.

Relativisme

Fernand Ouellet a consacré plusieurs articles au relativisme, tel que l'indique son curriculum vitae, notamment :

— Relativisme, tolérance religieuse et compréhension interculturelle, Sciences religieuses 14/3, 1985, pp. 355-369.

— Pour éviter les pièges du relativisme culturel, Communication présentée au colloque Minorités ethniques : entre les particularismes et l'universalisme, 61e Congrès de l'ACFAS, Rimouski, mai 1993.

— Relativisme cognitif, croyances traditionnelles et sciences modernes, dans M.A. Hilly (dir.), Pluralité des cultures et dynamiques identitaires. Hommage à Carmel Camilleri, Paris, L’Harmattan, 1999, pp. 141-165.

— Tolleranza e Relativismo. Saggi sull’intercultura, (Traduction de F. Ouellet, Essais sur le relativisme, Québec, PUL, 2000 par Amina de Girolamo Sinna) Milano, Editioni
Unicopli, 2002.

En l’an 2000, Fernand Ouellet publiait un livre de 237 pages sur le sujet : Le relativisme et la tolérance, dont le journal de l'Université de Sherbrooke résumait ainsi le contenu :
« La question du relativisme soulève des problèmes très complexes qui recoupent plusieurs des enjeux fondamentaux à la coexistence, dans un même espace social, de plusieurs visions du monde, conceptions de la connaissance et systèmes de valeurs différents. Le débat sur ce sujet est très vif. Certains voient dans le relativisme une doctrine dangereuse; d’autres le considèrent comme un acquis important de l’anthropologie moderne. Fernand Ouellet apporte ici un éclairage nouveau en examinant trois questions centrales :
  • Le relativisme met-il sur le même pied les croyances traditionnelles et la science moderne ?
  • Le relativisme est-il une position moralement défendable, puisqu’il semble accorder la même valeur à toutes les conceptions du bien ?
  • Le relativisme culturel peut-il servir de point d’appui à un aménagement viable des relations interculturelles dans des sociétés pluriethniques et plurireligieuses ? »
On notera le style cauteleux universitaire qui procède par interrogatives.

Postmodernité

Fernand Ouellet a également publié sur la postmodernité, dont le relativisme est l’un des dogmes :

— Éduquer à la citoyenneté, à la religion et aux valeurs dans la postmodernité Communication présentée au congrès de l’Association pour la recherche interculturelle (ARIC), Alger, mai 2005, 20 pages.

— L’éducation au religieux dans les sociétés postmodernes, Communication présentée au colloque « La dimension religieuse de l’éducation interculturelle », Oslo, 6-8 juin 2004.

— Racisme, inégalités et postmodernité, 20 pp. Communication présentée au Symposium sur « La question raciale », IRFIQ, Québec, 28-30 octobre 1998.

— Racisme, inégalités sociales et postmodernité. Collectif interculturel, vol. IV, n° 2, pp. 69-87.

Pédagogie du conflit

Dans l’article intitulé « L’enseignement du fait religieux dans l’école publique ? », Fernand Ouellet commente ainsi les assertions d’un autre auteur sur les pratiques pédagogiques à privilégier dans le cadre d’un tel cours :
« Dans le contexte actuel, il ne suffit pas d’éduquer à la reconnaissance et au respect de l’autre. Il faut aussi apprendre à ébranler la « suffisance identitaire » et à s’intéresser à l’autre par delà les divergences et les conflits de valeurs :
« On saisit à partir de là les principes de ce que pourrait être une éducation à la citoyenneté et à la responsabilité. Le problème n’est pas d’inculquer telle valeur ou ensemble de valeurs plutôt que tel autre. Il est de permettre l’émergence d’un questionnement, d’une inquiétude qui arrache l’enfant ou l’adolescent au confort d’un plein et serein accord avec soi-même et de l’acceptation passive de l’altérité d’autrui : « Lui, c’est lui, moi c’est moi ». Il est donc moins de « construire une identité » que, à l’inverse, d’ébranler une identité trop massive et d’y introduire la divergence et la dissonance; il n’est pas de préparer à la coexistence et à la tolérance, mais au contraire, de mettre en scène l’incommensurable abîme qui me sépare d’autrui et m’oblige (au sens moral du terme) à m’intéresser à lui. C’est donc une « pédagogie du conflit » à la fois entre les individus mais aussi en chacun. » (p. 146)

La pédagogie du conflit que propose ici Galichet comme solution à la crise de légitimité des valeurs dans les sociétés contemporaines s’inscrit dans une conception de l’éducation à la citoyenneté où « l’enseignement des questions controversées » (Crick, 1998; Lorcerie, 2002, p.181-182) occupe une place centrale. Une approche de l’éducation à la citoyenneté apparaît particulièrement bien adaptée à la situation de tension entre plusieurs conceptions légitimes de la citoyenneté qui a été évoquée plus haut. »

dimanche 17 août 2008

Manuel d'histoire agréé par le Monopole de l'Éducation du Québec : pas moins de cinquante erreurs !

Nous en avions déjà parlé, les manuels d'histoire du Québec sont d'un affligeant correctivisme politique, on apprend que certains fourmillent aussi d'erreurs grossières.

On a ainsi relevé plus de cinquante erreurs dans le manuel d'histoire de deuxième secondaire intitulé « L'Occident en douze évènements » pourtant approuvé par le Monopole de l'Éducation. La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne — qui semble devoir éteindre de nombreux feux ces jours-ci — a assuré qu'elle allait se pencher sur le dossier.

Petit florilège :

— « D'autres peuples vivent encore aujourd'hui sous la domination d'un pays étranger. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis, entre autres, possèdent encore quelques colonies. Les Antilles françaises (Martinique et Guadeloupe), par exemple, appartiennent encore à la France. ». La Martinique et la Guadeloupe sont des départements qui élisent démocratiquement leurs représentants.

— Un antisémite est quelqu'un qui déteste les Juifs « de manière irrationnelle ». En réalité, le Petit Robert définit le terme comme un « racisme dirigé contre les Juifs ».

— Copernic a précisé sa théorie astronomique 117 ans après sa mort.

— L'expédition française Fachoda (1898 ou 1899) ! Pourquoi ce doute alors qu'un dictionnaire comme le Petit Robert indique que cet évènement s'est déroulé en 1898 ?

— Les Blacks Panthers et les Black Muslims seraient nées, selon ce manuel, après l'assassinat de Martin Luther King en 1968. Or, les deux mouvements ont été créés respectivement en 1966 et en 1930.

— Les cartes portent des noms en graphie « internationale » comme Ulaanbaatar pour Oulan-Bator (la capitale de la Mongolie), ou encore Addis-Ababa plutôt qu'Addis-Abeba (capitale de l'Éthiopie). On note le même phénomène dans les manuels d'éthique et de culture religieuse où les graphies pédantes (Muhammad, Pangu, Sukkoth) sont privilégiées aux graphies françaises (Mahomet, Pankou, Souccot) même quand on s'adresse à des enfants du primaire

—  « Adolf Eichmann convoque la conférence de Wannsee. Adolf Hitler, Reinhard Heydrich et Heinrich Himmler y mettront au point les procédures d'extermination de toute la population juive d'Europe. » En réalité, ni Hitler ni Himmler n'ont participé à cette conférence ; Heydrich l'a convoquée.

Visiblement, le Monopole s'intéresse plus à la représentation « inadéquate » des rôles masculins et féminins et des ethnies dans les manuels québécois qu'à la précision de ses manuels d'histoire ou même d'éthique et de culture religieuse.

On envoie les enfants à l'école pour les matières de base, pas pour que l'État fasse évoluer leur spiritualité

Extrait de la Voix de l'Est de ce samedi (dans sa version papier) :
« Pour ce qui est de Granby, la présidente de la CLÉ, Marie-Josée Croteau [...] affirme ne pas être rendu [au stade du boycottage], mais la situation pourrait changer. « Je vais voir avec les commentaires des parents qui me parviendront à la réunion de Valcourt, s'il y a des besoins. On pourrait opter pour le boycott, mais mon approche repose plus sur une base individuelles, c'est-à-dire que chaque parent s'organise avec ses propres moyens », souligne-t-elle.

Toutefois, elle assure que de nombreux parents de la région lui ont manifesté leur opposition. « Il y en a beaucoup qui me disent que leurs enfants n'iront jamais à ce cours. Ils craignent que ce programme amène trop de confusion dans la tête des enfants, s'ils doivent démêler les religions. On envoie les enfants à l'école pour leur apprendre les matières de base et non faire évoluer leur spiritualité », termine-t-elle. »


Le Monopole de l'Éducation remercie La Presse de lui servir de porte-voix

Encore un article de haute volée professionnelle de la part des médias québécois. Ici La Presse semble simplement avoir reproduit ce que le Monopole de l'Éducation lui a dicté :
« Le cabinet de la ministre Courchesne n'a pas été en mesure de préciser si les enfants qui n'assisteront pas au cours d'éthique et de culture religieuse risquent des sanctions. Le Ministère privilégie l'information plutôt que l'affrontement. »
Comment ça « le Ministère privilégie l'information » ? La Presse nous assène cela comme un fait ! Aucun guillemet, aucune distance, aucun conditionnel, de verbe introducteur (« dit privilégier »).

La Presse voulait probablement dire que le Ministère privilégie — puisqu'il a le gros bout du bâton — la répétition de ses slogans au dialogue qui est pourtant tant vanté par ce même cours d'ECR ?

Mais cet entêtement mène justement à l'affrontement. La Presse le soulignait d'ailleurs dans le reste de l'article : parents outrés de l'imposition à tous (pas de diversité ici!) de ce cours décidé en haut lieu, boycottage et recours judiciaires.

Et enfin rappelons ces mesures de contrôle supplémentaires subites là où les parents ne se soumettent pas au diktat de l'État. Mais on suppose que ces mesures font partie de l'information privilégiée par le Monopole de l'Éducation du Québec ?

samedi 16 août 2008

Contrôle renforcé des enfants qui pourraient ne pas assister à leur cours obligatoire de dialogue et de diversité religieuse

Le Soleil rapporte dans son édition (papier) de ce samedi que la Commission scolaire des Sommets veut subitement mettre en place des mesures pour contrôler la présence des élèves en classe.

Pour mieux lutter contre le décrochage scolaire et l'école buissonnière ? Il n'était que temps !

Pas du tout.

Pour imposer le nouveau cours de tolérance, de dialogue et de diversité religieuse aux enfants des parents récalcitrants qui n'ont jamais été consultés et dont on a supprimé le droit à l'enseignement de leur religion à l'école pour imposer un cours d'éthique et de culture religieuse décidé par le Monopole de l'éducation et ses experts cooptés. Oubliant de la sorte que l'école publique est un service rendu aux parents, que ses professeurs sont des tuteurs temporaires de l'autorité parentale mandatés par les parents et que les enfants n'appartiennent ni à l'État ni aux commissions scolaires.

M. Provencher directeur adjoint à la commission scolaire des Sommets déclare que chaque école devra mettre en place des mesures appropriées pour contrôler les allées et venues des élèves.

Et certains journalistes oseront encore répéter que le Monopole de l'éducation ne veut pas intimider les parents, mais qu’il privilégie l’information !

Notons que M. Provencher qui doit bien connaître le français et qu'on ne peut imaginer commettre un anglicisme dit bien « contrôler » c'est-à-dire « vérifier » et non pas comme en anglais « limiter » les allées et venues. (Les amateurs d'histoire se rappeleront les conséquences tragiques à Mers-el-Kébir d'une mauvaise traduction de ce mot.)

Il sera intéressant de voir ce qui se passera quand les parents se présenteront pour retirer leurs enfants lors de ces cours pour les ramener l'heure suivante.

Quelles pressions l'établissement scolaire exercera-t-il sur ces enfants pour qu'ils se conforment et se désolidarisent de leurs parents ?

mercredi 13 août 2008

Soirée d'information le 19 août à Valcourt sur le boycott des cours d'ECR

Le mardi 19 août 2008 à 19 h 00

À l’église de Valcourt



L’État veut imposer de force le cours d’éthique et de culture religieuse, le gouvernement va trop loin : ce cours fragilisera la foi de nos enfants. C’est pourquoi la CLÉ envisage de s’organiser pour que les enfants s’absentent pendant ce cours au primaire comme au secondaire. C’est une façon concrète de montrer notre opposition, car nous n’avons pas été consultés ni n’avons donné notre approbation à ce cours.

Cette soirée d’information de CLE aura pour but de répondre aux questions des parents qui veulent sortir leurs enfants de ce cours. On y discutera comment les encadrer durant la période de ce cours dès le début des classes en septembre 2008. On pourra poser des questions et partager ses idées ; votre présence est très importante pour la réussite du boycott, soyons persévérants. Plus nous serons à contester et plus grande sera notre pression sur le gouvernement.

Tous ensemble, nous vaincrons pour la liberté de choix

Quelques-uns des sujets à l’ordre du jour de cette soirée d’information :
  1. Lieu où nos enfants iront durant la période de ce cours;
  2. Demande de bénévoles pour encadrer et superviser les enfants au besoin;
  3. Parents intéressés en vu des élections pour faire parti du Conseil d’Établissement au primaire et secondaire et participation aux votes, etc.;


Pour information : Sylvain Lamontagne au 450-532-5606

Venez en grand nombre – Bienvenue à tous !

Soirée d'information le 19 août à Sillery

Lors de la rencontre au Montmarte Canadien, le 9 juin, la CLÉ avait réussi à rassembler 350 personnes. La CLÉ organise une autre réunion d'information le 19 août où se prononceront les orateurs suivants :
  • Me Jean-Yves Côté,
    avocat spécialisé en jurisprudence ;

  • M. Gary Caldwell par vidéo,
    Commissaire dissident aux États généraux,
    il nous dévoilera les revers de ce cours ;

  • Mme Carole Cardinal,
    vice-présidente de l'ACPEQ,
    assistante juridique de Home School Defence Association of Canada ;

  • Dre Jean Morse-Chevrier par vidéo,
    Psychologue et présidente de l'APCQ,
    Les effets du cours ECR sur les enfants.

Mardi le 19 août 2008 à 19 h 30

Sous-sol de l'église St-Charles Garnier

1215, Chanoine-Morel (coin boul. Laurier), Sillery


Le gouvernement a modifié l'article 41 de la charte québécoise des droits et liberté de la personne. Cela réduit considérablement votre rôle de parent. Par ce changement à la charte, c'est l'État qui, désormais, décidera ce qui est bien pour votre enfant et le lui imposera. L'État peut donc obliger nos enfants de suivre des matières qui vont à l'encontre de nos principes ou de notre religion.

www.coalition-cle.org ou infos@coalition-cle.org ou (418)  839-6236


Entrée libre, Stationnement gratuit, bienvenue à tous et toutes

mardi 12 août 2008

Garderies — plus de places pour les femmes modernes, rien pour les femmes qui gardent elles-mêmes leurs enfants

Le Parti libéral poursuit la mise en place des garderies subventionnées, idée lancée par le Parti québécois, et néglige une fois de plus les femmes qui gardent elles-mêmes leurs enfants à la maison.

Remarquons que ce programme a sans doute très peu avoir avec le « mini-baby-boom » que connaîtrait le Québec, il est tout aussi probable que les baisses d'impôts et de taxes, l'allocation universelle pour jeune enfant et l'embellie économique de ces dernières années aient été responsables de la très petite hausse du taux de natalité québécoise toujours catastrophiquement bas : 1,65 enfant/femme. Rappelons que pendant la même période, sans système de garderie ruineux, la fécondité du Canada (avec en tête l'Alberta) a augmenté et que les chiffres de 2005 (1,54 enfant/femme) étaient les plus élevés depuis 1998...

Revenons un peu en arrière : garderies et natalité

En ce qui concerne la natalité, il est intéressant de remarquer que l'introduction du programme des garderies ne s'est pas accompagné d'un regain de fécondité, contrairement à ce qui s'était produit lors du lancement du programme de primes à la naissance. C'est ainsi que le taux de fécondité passa de 1,37 en 1986 à 1,66 en 1992. Que se passe-t-il depuis 1997 ? Le taux de fécondité a baissé par rapport à la dernière année du « lamentable échec » et il a gravité pendant 4 ans après l'introduction des garderies autour de 1,45. Le ministre d'État à la population de l'époque, M. Trudel, remarquait lui-même récemment « qu'en 2001, seuls 73 500 nouveau-nés avaient vu le jour chez-nous, alors qu'il y a à peine cinq ans, on en comptait 85 000. » Notons que cette inefficacité sur plan de la natalité du nouveau programme-phare du gouvernement québécois ne devrait pas surprendre puisqu'il n'incite pas les femmes à avoir plus d'enfants mais à retourner le plus rapidement possible au travail, ce qui pourrait bien être contradictoire.

Le fameux baby-boom que vivrait le Québec

Les médias québécois ne peuvent s'empêcher de parler de « baby-boom » actuellement. Or celui-ci est équivalent (1,65 enfant/femme) que l'indice synthétique de fécondité en 1992 (1,66), mais avec nettement plusen 2008 d'immigrantes et d'Améridiennes (plus fécondes que les Québécoises francophones de naissance) qu'en 1992. Rappelons que ce 1,66 de 1992 avait été décrié par le PQ de l'époque comme un « lamentable échec »...

Ce programme semble non seulement inefficace dans le domaine de la natalité, il l'est très probablement dans sa dimension économique. En effet, le gouvernement semble vouloir nationaliser le système de garderie alors que les garderies privées et le milieu informel de garde (assuré, par exemple, par la famille ou les voisins) s'avèrent nettement moins coûteux et plus souples. Il faut se méfier des systèmes qui sont basés sur la gratuité (déguisée ici) : ils sont sources de blocage économique, ont un effet boomerang sur la distribution et limitent le libre choix. Il aurait été plus efficace de simplement transférer les sommes considérables en jeu à toutes les familles et de leur laisser le choix du mode de garde de leurs enfants.

Garderies subventionnées - Inéquitable

Contrairement au programme d'allocation à la naissance, le programme des garderies à 7 $ n'est pas un programme universel : il pénalise les familles qui n'utilisent pas le système. Une jeune famille traditionnelle de la classe moyenne avec un seul revenu (l'autre parent garde les enfants) ne reçoit aucune allocation familiale de Québec . Pourquoi, alors qu'un des parents fournit un travail de garde à la maison, ce parent-il n'est-il pas en droit de recevoir les mêmes subsides que les familles qui confient leurs enfants à l'État ? Où envoyer la facture avoisinant les 25$/jour/enfant correspondant à la subvention perçue par les familles « modèles » dont les mères retournent au plus vite au bureau et laissent d'autres s'occuper de leurs enfants ?

« Penser famille », toutes les familles

Les gouvernements successifs ont mis beaucoup de zèle à modifier des pans entiers de la législation pour y inscrire les revendications de certains groupes de pression et concrétiser ou précéder les transformations de notre société. Des mesures fiscales ou subventions ont été consenties dans ce sens. Le programme de garderie à 7 $ est à ce titre emblématique. Des campagnes de sensibilisation ont été entreprises régulièrement pour répondre aux sensibilités de ces groupes de pression : campagne contre la violence faite aux femmes, contre la discrimination faite aux femmes, contre le racisme, contre l'homophobie, pour encourager les jeunes filles à opter pour des carrières masculines, pour la planification familiale, la parité salariale, etc.

On n'a jamais vu le même zèle dans la promotion de la famille comme lieu d'épanouissement, de campagne sur l'importance de la stabilité dans le couple, sur le besoin d'avoir plus d'enfants, sur la possibilité de rester une mère au foyer pendant quelques années. Et pourtant, il faut créer une mentalité d'accueil de plusieurs enfants au sein d'une même famille. Ces campagnes ne suffiraient pas, bien sûr, et il faudrait les accompagner de mesures fiscales qui encourageraient véritablement les familles (en mettant en œuvre un réel transfert de richesse entre les couples sans enfants et ceux ayant cette charge supplémentaire). Une telle fiscalité serait non seulement plus juste, elle aurait en outre des vertus pédagogiques certaines. Il est important de susciter un choc, un choc psychologique et financier en faveur de la famille plutôt que de distiller au compte-gouttes des mesures au fil du temps.

Il ne s'agit pas ici de vouloir exclure les mesures favorisant la réconciliation du travail et de la maternité, mais plutôt de vouloir s'ouvrir à toutes les formes de maternité et, plus généralement, d'encourager la famille et non plus seulement l'émancipation de la femme comme cela semble trop souvent le cas aujourd'hui. Il s'agit de « penser famille » constamment, de penser à toutes les familles sans cet esprit sectaire qui ne favorise qu'une configuration jugée moderne tout en pénalisant celles péremptoirement considérées comme « rétrogrades ».

Espérons qu'un gouvernement saura agir avec discernement sans persévérer par dogmatisme dans la mise en œuvre de solutions à la fois inefficaces et iniques. Il est, en effet, vain d'opposer la mère au foyer et la mère salariée, comme on semble le faire à dessein aujourd'hui, car chacun de ces choix peut se justifier et, surtout, parce que le Québec a besoin des enfants des unes comme des autres.

dimanche 10 août 2008

Les catholiques québécois doivent-il suivre leurs évêques dans leur résignation molle face au cours d'éthique et de culture religieuse ?

Les parents catholiques doivent-ils suivre leurs évêques québécois qui, résignés, estiment que les catholiques ne doivent exercer leur droit d'objection de conscience qu’avec circonspection et qui aimeraient plutôt qu’on fasse confiance à l’appareil bureaucratique qui a concocté le nouveau cours ?

Les évêques en communion avec le Pontife romain

Faut-il en toutes circonstances que les catholiques suivent leurs évêques ? La doctrine catholique est très claire à ce sujet : uniquement si les évêques enseignent en communion avec le Pontife romain. Voir la constitution dogmatique sur l'Église, Lumen Gentium, n° 25, § 1 :
« Les évêques quand ils enseignent en communion avec le Pontife romain, doivent être respectés par tous comme les témoins de la vérité divine catholique; et les fidèles doivent accepter l'avis donné par leur évêque au nom de Jésus-Christ en matière de Foi et de morale, et y adhérer avec un respect religieux. Mais cette soumission religieuse de la volonté et de l'intelligence, on doit tout particulièrement l'offrir au magistère authentique du Pontife romain ».
Saint-Siège contre le relativisme mais pour la concurrence scolaire

Or que dit le Saint-Siège au sujet des écoles qui enseignent que plusieurs religions et systèmes philosophiques sont d’égales valeurs ?

La question avait déjà été abordée à plusieurs reprises.

Le pape Léon XIII s'était exprimé dans l'encyclique Affari Vos en 1897 sur la question scolaire au Canada. Il y dit qu'
« Il est nécessaire d’éviter à tout prix, comme étant les plus dangereuses, les écoles dans lesquelles toutes les croyances sont bienvenues et traitées comme des égales, comme si, en ce qui concerne Dieu et les choses divines, il n’était d’aucune importance que ce qui est cru par quelqu’un soit correct ou non et qu’il s’engage du côté de la vérité ou de l’erreur. »
Benoît XVI a réitéré le même point de vue alors qu'il s’exprimait récemment devant la Conférence des évêques italiens (CEI).

Le Pontife a insisté sur la priorité éducative, dont il a donné cette définition, très précise :
« Il s’agit de transmettre la foi aux nouvelles générations et, pour cela, il faut réagir au relativisme d’une culture qui met Dieu entre parenthèses et l'écarte de toute décision et de tout débat, notamment en ce qui touche aux questions définitives, au profit d’affirmations et de solutions de l’instant. »
Le Pape s’est également déclaré en faveur d’une saine concurrence de plusieurs réseaux scolaires soutenus par l’État :
« Comment ne pas avoir, dans ce contexte, une parole en faveur de ces lieux spécifiques de formation que sont les écoles ? Dans un État démocratique, qui s’honore de promouvoir la libre initiative dans tous les domaines, l’exclusion d’un soutien adéquat aux efforts des institutions de l’Église dans le domaine de l’école ne semble pas se justifier. Il est bien légitime de se demander si la qualité de l’enseignement ne serait pas stimulée par la mise en présence de différents centres de formation suscités, dans le respect des programmes définis par le ministère et valables pour tous, grâce aux initiatives populaires multiples, ayant pour préoccupation de se faire les interprètes des choix éducatifs des familles elles-mêmes. Tout laisse penser qu’une telle confrontation ne manquerait pas de produire des effets bénéfiques. »