lundi 9 mars 2026

Enseignements clés des statistiques de fécondité par municipalité canadienne

Tableau des extrêmes des taux de fécondité (TFT ou ISF) en 2024 par aire métropolitaine – données Statistique Canada 2025

Rang (bas → haut) Ville / Aire métropolitaine TFT 2024 Province Facteurs clés expliquant l'extrême
1 (plus bas) Canmore 0,7 Alberta Tourisme, population aisée/retraitée, faible immigration, mode de vie sans enfants
2 Victoria 0,8 C.-B. Capitale âgée, retraités, coût élevé, densité modérée mais vieillissement prononcé
3 Vancouver 0,9 C.-B. Immigration asiatique éduquée (Chine, Inde) à faible natalité, coût logement extrême, densité haute, priorisation carrière
4 Saint-Jean 1,0 T.-N.-L. Économie en déclin, vieillissement, faible immigration, coût de vie élevé
5 Halifax 1,0 N.-É. Ville côtière, coût logement en hausse, population étudiante/jeune mais report des naissances
6 Charlottetown 1,0 Î.-P.-É. Petite île, vieillissement, tourisme, faible croissance démographique
7 Kingston 1,0 Ontario Ville universitaire, population âgée, faible immigration familiale
8 Toronto 1,1 Ontario Mégapole diversifiée, 47 % immigrés (asiatiques éduqués à faible natalité), coût extrême, convergence vers bas TFT urbain
9 Moncton 1,1 N.-B. Vieillissement, économie modérée, faible immigration
10 Fredericton 1,1 N.-B. Capitale provinciale, population éduquée, report des naissances
- Montréal 1,3 Québec Aides provinciales (garde abordable), mais chute urbaine due à coût logement et immigration mixte
- Québec 1,3 Québec Capitale, aides généreuses, mais vieillissement et coût en hausse ; TFT légèrement plus haut que Montréal
- Calgary 1,3 Alberta Économie pétrolière volatile, immigration mixte (32 %), densité moyenne
- Edmonton 1,3 Alberta Capitale provinciale, immigration diversifiée, coût modéré mais report des naissances
- Ottawa 1,2 Ontario Fonction publique stable, mais coût élevé, immigration éduquée et à faible natalité
- Winnipeg 1,2 Manitoba Ville des prairies, immigration mixte (asiatique), mais vieillissement et économie modérée
- Granby 1,5 Québec Rurale/industrielle, coût bas, familles québécoises traditionnelles
- Drummondville 1,6 Québec Zone industrielle, aides QC, démographie jeune, coût modéré
142 (haut) Campbellton  1,9 N-B. Rurale, traditions familiales (acadiennes), faible urbanisation
143 Cowansville 1,9 Québec Économie stable, maison de maternité attractive, démographie rurale conservatrice, n coût de vie modéré favorisent les familles, l'âge moyen à la maternité est plus bas (29 ans p/r 33 à Montréal). 
144 Steinbach 1,9 Manitoba Forte communauté mennonite (majoritaire), familles nombreuses religieuses
147 Ingersoll 2,0 Ontario Rurale, agriculture, démographie familiale
149 Thompson 2,1 Manitoba Zone minière nordique, population autochtone jeune
150 Winkler 2,4 Manitoba Communauté mennonite dominante (60-70 %), valeurs pro-famille religieuses
151 (plus haut) Brooks 2,8 Alberta Immigration massive (Somalie, Philippines) pour usine de viande, familles très nombreuses
Le Canada est en  zone de fécondité ultra-basse (sous 1,3), comme l'Italie, le Japon ou la Corée du Sud. Les poches à haut TFT (Brooks, Winkler) sont des exceptions culturelles/religieuses/immigrées spécifiques, pas reproductibles à grande échelle. Les politiques (même les plus généreuses au Québec) ne suffisent pas à inverser la tendance sans s'attaquer au logement, au coût de la vie et aux valeurs sociétale qui mène à une absence ou un report massif des naissances.

La baisse touche presque tout le pays

Neuf provinces et territoires sur 13 ont enregistré un ISF historiquement bas en 2024 :  
  • Colombie-Britannique : 1,02 (le plus faible, même si légère hausse p/r à 2023 à 1,00)  
  • Nouvelle-Écosse : 1,08  
  • Île-du-Prince-Édouard : 1,10  
  • Ontario : 1,21  
  • Québec : 1,34  (la baisse a probablement continué en 2025)
  • Territoires du Nord-Ouest : 1,39  
  • Alberta : 1,41  
  • Manitoba : 1,50  
  • Saskatchewan : 1,58  
  • Nunavut : 2,34 (le seul vraiment élevé, grâce à la population esquimaude/autochtone)
Seuls le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador échappent au record bas absolu, mais ils restent très bas.

L'immigration compense (à peine) la chute

Près de 42 % des naissances en 2024 venaient de mères nées à l'étranger. Sans cet apport (souvent de pays où la fécondité est plus élevée au départ), l'ISF des Canadiens de souche serait encore plus catastrophique. Les immigrées ont plus d'enfants au début, mais la 2e génération converge vite vers le bas niveau canadien.

De plus en plus de femmes sans enfants

En 2024 :  51,5 % des femmes de 20-49 ans n'ont pas (encore ?) d'enfants.  
Chez les 40-49 ans : environ 1 sur 4 (23,6 %) n'en a aucun.  
Âge moyen à la maternité : 31,8 ans (record historique).

Beaucoup reportent, certaines choisissent de ne pas en avoir (enquête 2024 : 31 % des femmes sans enfants disent « probablement » ou « définitivement » non).

Les politiques aident un peu, mais pas assez

Le Québec reste au-dessus de la moyenne nationale (1,34 p/r à 1,25), grâce à la garde subventionnée et aux allocations, mais même là c'est un creux historique (1,33 selon l'Institut de la statistique du Québec pour 2024). Les aides ralentissent la chute, mais ne l'inversent pas face au coût du logement, à l'insécurité économique des 25-40 ans et au changement culturel (priorité carrière, individualisme, report des naissances).

Les villes dépriment : aimants de l'immigration, leur natalité est en fort déclin

Statistique Canada ne publie plus systématiquement l'ISF par aire métropolitaine (CMA) pour 2024 de façon publique et détaillée, mais les tendances montrent que les grandes villes côtières (Vancouver, Victoria, Toronto, Montréal) sont toujours plus basses (souvent <1,1-1,2). Les poches élevées restent très localisées (communautés autochtones au Nord, certaines zones industrielles avec immigration récente d'Afrique ou Philippines).

« C'est stupéfiant », a déclaré Don Kerr, démographe au King's University College de l'Université Western, avec qui le Globe and Mail de Toronto a partagé ces données. Dans son analyse, il a indiqué que sur les 42 villes pour lesquelles Statistique Canada avait fourni des informations sur le taux de fécondité, 29 d'entre elles affichaient probablement de nouveaux records à la baisse.

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