jeudi 14 novembre 2013

Le Portugal sur la voie du chèque scolaire

Le Portugal se met sur la voie de la liberté scolaire. Sofia Reis (ci-contre), trésorière de l'ECNAIS, a répondu aux questions d’Anne Coffinier. Elle nous explique comment ce pays a pu changer de cap en matière d’éducation.

Comment se présente la liberté scolaire au Portugal : quel est le pourcentage d’enfants dans le privé ?

Au Portugal, environ 20 % des élèves sont inscrits dans des écoles privées. Celles-ci ont une bonne réputation. Le secteur des écoles privées est très varié. Il y a des écoles catholiques, des écoles à but lucratif, des écoles dirigées par des coopératives de parents ou de professeurs, ou encore des écoles tenues par des associations. Ces écoles offrent aux choix un cursus général, professionnel, un baccalauréat international, des cursus étrangers. 47 % de ces élèves bénéficient d’aides financières de l’État pour financer leur scolarité dans ces écoles privées.

Le privé est-il réellement libre par rapport au public (plan, horaires, programme, spirituel, pédagogique, diplôme, manuels scolaires) ?

Jusqu’à présent, les écoles privées sont contraintes en théorie de suivre le programme fixé par l’État, d’adopter les manuels scolaires et rythmes scolaires officiels. Beaucoup d’écoles les suivent. Quelques écoles ont une approche plus souple et peuvent ne pas les remplir intégralement (en adaptant le cursus, les programmes ou en utilisant leurs propres livres). Les nouveaux statuts des écoles privées qui doivent être publiés ce mois-ci changent considérablement la donne. Les écoles privées vont être libres de définir leur cursus avec une certaine latitude (30 %); elles seront libres de choisir leurs programmes, leur rythme scolaire, etc.

Comment est financé le privé, pareil que le public ? Est-il coûteux pour les parents ?

Autour de 47 % des élèves des écoles privées bénéficient d’une aide de l’État. Cette aide varie selon les types de contrats des écoles les liant à l’État. Il y a :
  • (i) les contrats simples – l’État prend en charge les frais de scolarité. Cette aide est destinée aux élèves pauvres et ne couvre pas plus de la moitié des frais de scolarité – c’est pour le cursus général ;
  • (ii) les contrats d’association – les élèves ne paient pas de frais de scolarité. L’État paie un montant fixe par classe à l’école pour couvrir toutes les dépenses – c’est pour le cursus général ;
  • (iii) les contrats de parrainage – les élèves ne paient pas de frais de scolarité. L’État paie un montant fixe par élève à l’école pour couvrir toutes les dépenses – c’est pour les écoles de musique ;
  • (iv) financés par le fonds social européen – les élèves ne paient pas de frais de scolarité. Les écoles perçoivent un montant fixe par classe qui couvre toutes les dépenses – c’est pour les formations professionnelles.
A contrario, 53 % des élèves des écoles privées paient l’intégralité des frais de scolarité.

Dans les écoles détenues et dirigées par l’État, le ministère de l’Éducation paie directement les professeurs et donne de l’argent à l’école pour les autres dépenses.

Quel est l’argument gouvernemental pour justifier que les écoles privées soient payantes ?

Au début des années 70, il y a eu un “boom” d’écoles. L’État a construit des écoles dans tout le pays et a embauché des professeurs. Même là où il y avait une école privée, où les élèves auraient pu aller dans la mesure où l’État payait leur scolarité (il s’agissait d’enfants pauvres).

De nos jours, les gouvernements disent que si l’État aide les parents d’écoles privées, il paierait deux fois, car il doit, de toutes les manières, payer les professeurs de l’État (les fonctionnaires ne pouvant être licenciés). De plus, les partis de gauche sont puissants au Portugal et ils défendent l’idée que l’État a l’obligation de scolariser tout le monde, et rien de plus. Ainsi, les parents souhaitant scolariser leurs enfants dans le privé n’ont qu’à payer.

Quels sont les résultats des écoles privées aux tests de référence nationaux et internationaux (type PISA) ?

Les écoles privées ont de très bons résultats dans les examens nationaux et internationaux. Même les écoles privées avec un contrat d’association (ces écoles privées doivent se soumettre aux mêmes règles que les écoles publiques concernant la sélection des élèves) ont de meilleurs résultats que les écoles publiques.

Le débat sur le chèque-éducation s’est-il imposé ces derniers mois comme le sujet majeur en matière de politique scolaire ?

Le libre choix scolaire et des chèques éducation ont été au centre des débats depuis août. Le Gouvernement, qui s’appuie sur une majorité de deux partis de droite et centre droit, a introduit le débat à travers la révision des statuts de l’école privée ainsi que la réforme de l’État. De même, le FMI et la Banque mondiale, en lien avec le programme d’ajustement du Portugal, ont mis en lumière les avantages de l’élargissement du choix scolaire et des contrats d’association.

Comment cela se fait-il ?

Étant donné que nous n’avons pas d’autres informations, à part la parole du gouvernement de faire quelque chose, tout le monde débat – pour ou contre – avec des arguments basés sur des suppositions. Le débat est important, car il crée une prise de conscience, mais il ne mène nulle part, car il manque trop d’informations.

Qui propose l’introduction du bon scolaire ? En quoi consisterait-il ?

Le Gouvernement, mais jusqu’à présent seulement à titre d’expérimentation.

À quel horizon pourrait-il être introduit ?

Nous ne le savons pas encore. Pour l’heure, nous n’avons que l’engagement de cette introduction, à l’essai.

Quels sont les arguments contre ?

L’argument le plus courant est que les écoles financées par des chèques éducation vont créer une ségrégation, que ce qui compte c’est de donner aux écoles en échec, que les chèques éducation sont seulement un moyen de privatiser l’école. Tous les arguments connus du statu quo. Un système scolaire basé sur le choix doit être régulé ; le ministère doit s’assurer que les lois sont appliquées et que les élèves non privilégiés ne sont pas oubliés. Les opposants les plus farouches au choix scolaire sont les syndicats d’enseignants de gauche. Mais ils s’opposent également à l’autonomie scolaire et à tout autre outil permettant de donner plus de pouvoirs aux professeurs (parce qu’ils évolueraient d’une position de fonctionnaires vers celle de professionnels et bénéficieraient ainsi d’une plus grande liberté).

Quel modèle de chèque-éducation visez-vous ?

Nous pensons qu’un système avec un seul type de chèque éducation risque d’être décevant. Notre expérience montre qu’en disposant de plusieurs instruments, il est plus facile de s’adapter aux différents besoins (ceux des parents et des écoles).

L’OCDE dit que seul le bon scolaire ciblé sur les enfants défavorisés et non un chèque universel est socialement efficace : qu’en pensez-vous ?

Les comparaisons internationales sont difficiles à conduire valablement. Les informations ne sont pas complètes, les contextes culturels et historiques peuvent mener à des conséquences différentes alors même que les instruments utilisés sont les mêmes, aucun pays n’a le même “marché éducatif” (avec des conditions d’entrées claires et accessibles, avec des écoles qui ne sont pas réellement choisies par les parents, etc.) Ainsi, les conclusions faites sur ce sujet doivent toujours être maniées avec précautions.

Cependant, nous pensons que l’essentiel est qu’il y ait plus de choix. Ainsi, nous sommes très favorables et soutenons les chèques éducation qui permettent de couvrir tous les frais pour les élèves défavorisés. Beaucoup de nos écoles ont un caractère religieux et désirent recevoir des élèves défavorisés. Ce sont ceux-là qu’elles veulent instruire. C’est le monopole de l’État en matière d’éducation qui a maintenu les élèves défavorisés en dehors des bonnes écoles !

Propos recueillis par Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école.

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Afrique du Sud — Déconfiture de l'école publique, succès de l'école privée

De nombreuses écoles privées voient le jour en Afrique du Sud ces jours-ci.

L'augmentation précise est difficile à estimer. Le ministère de l'Éducation estime que le nombre d'élèves inscrits dans les écoles privées a augmenté de 76 % entre 2000 et 2010, une époque où de nombreuses écoles publiques étaient fermées pour des raisons de contestations syndicales. Le ministère évaluait le nombre de ces écoles en 2012 à 1.571, soit 6 % du total. Selon Ann Bernstein du Centre pour le développement et l'entreprise (CDE), ce chiffre est certainement trop bas. Le CDE, un réseau pensant, vient de publier un rapport sur les écoles privées abordables. Umalusi, une agence d'accréditation, a déclaré récemment qu'elle avait la responsabilité d'accréditer 3.500 de ces écoles privées. Beaucoup d'autres écoles ne s'inscrivent pas pour éviter les frais d'accréditation.

La raison pour laquelle les écoles privées prolifèrent ne fait pas de doute. Bien que l'Afrique du Sud soit un pays à revenu intermédiaire, son système d'éducation est loin d'être dans la moyenne mondiale. Le Forum économique mondial basé en Suisse l'a classé en 146e positon sur 148 pays — et dernier en mathématiques et en sciences. Ce n'est pas faute d'argent. L'éducation engloutit un cinquième du budget de l'État, un des plus hauts pourcentages au monde. Les enseignants sont relativement bien payés. Mais les normes sont peu élevées et les résultats lamentables. Seuls quatre élèves sur dix qui commencent l'école obtiennent le diplôme d'études secondaires même si la note de passage n'est que de 30 %, déclare le CDE. Seuls 12 % des élèves obtiennent des notes suffisamment élevées pour entrer à l'université. Et seuls 11 % obtiennent une note de 40 % ou plus en mathématiques.

Selon l'étude internationale Tendances de l'étude des mathématiques et des sciences (TEIMS) en 2011, les enfants sud-africains se plaçaient en dernière position parmi les 21 pays à revenu intermédiaire. L'enseignement des mathématiques est souvent très médiocre avec des enseignants qui souvent ne sont même pas en mesure de répondre aux questions dans les programmes qu'ils doivent enseigner... Une étude antérieure portant sur les enseignants de 6e année, seuls 23 % d'entre eux étaient parvenu à répondre correctement à une question précise.  Pour Nick Taylor, chef du service au centre d'évaluation nationale (Needu), de nombreux enseignants ne sont pas nommés au mérite, se reposent sur leurs lauriers et sont trop confiants quant à la manière dont ils enseignent leur matière. C'est ce qui ressort d'un sondage du TEIMS de 2011 parmi les professeurs de mathématiques de 9e année : 89% des enseignants sud-africains s'y déclaraient très confiants pour ce qui était de donner leur cours, comparés à 69 % des enseignants finlandais, 59% des professeurs de mathématiques de Singapour et 36% des professeurs en Chine.

Les syndicats d'enseignants ont interdit par leurs pressions l'inspection des écoles et toute évaluation du rendement des enseignants.

C'est pourquoi même les parents moins bien nantis sont prêts à payer pour envoyer leurs enfants dans des écoles privées, de ces écoles qui perdent de l'argent et leur clientèle si leurs élèves ont de mauvais résultats.

Vuleka, une chaîne de sept écoles primaires et maternelles à Johannesbourg facture des frais de 14.000 rands par an (environ 1.400 $/an). Ses résultats en lecture et en mathématiques sont bien au-dessus de la moyenne, mais elle paie ses institutrices un peu moins que l'école publique pour garder les frais d'inscription bas. « Les enseignants qui veulent enseigner savent qu'ils seront soutenus ici », précise Melanie Sharland, directrice générale. Mais Vuleka doit encore trouver 2.400 rands (240 $) par élève pour couvrir les frais d'enseignement. Un cinquième des élèves bénéficie d'une réduction des frais d'inscription. Beaucoup sont orphelins. Les bailleurs de fonds doivent donc contribuer encore plus.

Vuleka reçoit également une subvention équivalant à 25 % des 11.000 rands (1.100 $) que l'État considère comme le coût pour éduquer un enfant. Les écoles privées dont les frais d'inscription sont assez bas peuvent obtenir une subvention pouvant aller jusqu'à 60 % de ce montant. Selon Mme Bernstein du CDE, cette proportion devrait atteindre au moins 90 % comme au Pakistan et au Chili. Pourtant, de nombreuses écoles refusent de dépendre de ces subventions gouvernementales qui arrivent souvent en retard quand elles arrivent.

Le Congrès national africain (ANC), dont les dirigeants étaient des adeptes du marxisme[1] avant la fin de l'apartheid, ne se félicitera sans doute pas de l' essor de ces écoles privées pour pauvres. Mais aujourd'hui, il serait malvenu qu'il les condamne.

Sources : The Economist du 26 octobre 2013, The Sunday Times (Johannesbourg) du 27 octobre 2013 et Die Beeld (Johannesbourg) du 28 octobre 2013.

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[1] Le président de l'ANC et de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma, n'a pas perdu certains réflexes de cette époque. Il a ainsi déclaré le 15 mars 2004 : « L'ANC dirigera l'Afrique du Sud jusqu'au retour de Jésus ». Le 4 février 2011, il ajoutait : « Quand vous avez une carte de membre de l'ANC, vous êtes béni. » Et le 12 janvier 2013, il précisait : « J'ai toujours dit qu'un homme d'affaires avisé soutiendrait l'ANC... parce que soutenir l'ANC signifie que vous investissez à très bon escient dans vos affaires. »

mercredi 13 novembre 2013

Corée du Sud : la surchauffe éducative, l'implosion démographique

Avant 1971, la journée scolaire en Corée du Sud était divisée en deux par manque de places. Une partie des écoliers fréquentait l'école le matin, l'autre l'après-midi. En 1980, presque tous les écoliers ayant terminé leur école primaire allaient à l'école secondaire.

Longtemps, le gouvernement sud-coréen a strictement réglementé l'admission à l'université et le nombre d'étudiants inscrits à chaque institution. Mais, en 1995, le gouvernement promit de mettre en place une « édutopie » et encouragea l'inscription massive d'étudiants aux universités privées.

En conséquence, le nombre d'étudiants explosa. La proportion d’élèves diplômés du secondaire qui poursuivent leurs études est passée de 40 % au début des années 1990 à près de 84 % en 2008. Mais depuis lors, fait remarquable, ce taux a diminué (voir graphique ci-dessous). L'obsession nationale de la Corée du Sud avec des niveaux sans cesse plus hauts d'inscription à l'université semble avoir atteint un plafond.


Par le passé, les parents poussaient leur enfant à s'inscrire à l'université quelles que soient son aptitude ou son inclination, de déclarer Seo Nam-Soo, ministre de l'Éducation. Certains voulaient que leur enfant aille à l'université parce qu'ils n'avaient jamais eu la chance d'y accéder eux-mêmes. Mais un nombre croissant pense désormais que leur enfant devrait faire ce qui le rend heureux, d'ajouter le ministre.

Les parents sont sans doute également dissuadés par le coût associé aux études universitaires. Tout au long de la scolarité de leur enfant, ils dépensent des sommes exorbitantes pour le préparer au très concurrentiel examen d'entrée à l'université, le suneung. Au total, l'éducation a représenté près de 12% des dépenses de la consommation l'année dernière.

Une grande part de ces dépenses est consacrée aux cours particuliers d'anglais. L'apprentissage de cette langue est devenu une « névrose collective », selon un professeur cité par The Economist. Certaines mères déménagent avec leur progéniture dans un pays anglophone. Une alternative moins coûteuse est de passer un été dans un simulacre de village anglais en Corée du Sud, comme le Gyeonggi English Village où les cabines téléphoniques sont rouges et où l'on ne parle que l'anglais. Rappelons que la Corée est voisine de la deuxième puissance économique au monde, la Chine, où plus d'un milliard de personnes parle le mandarin...

Le coût de l'éducation semble être la raison principale pour laquelle les Sud-Coréens ont si peu d'enfants. Les sondages indiquent que les Coréens citent les charges financières comme le principal obstacle à avoir plus d'enfants et ils identifient l'éducation comme l'une des composantes qui grèvent le plus leur budget. Thomas Anderson et Hans-Peter Kohler de l'Université de Pennsylvanie ont montré que les provinces en Corée du Sud avec les taux de fécondité les plus bas sont celles où les parents dépensent le plus en éducation .

La femme moyenne sud-coréenne attend désormais d'avoir 29 ans avant de se marier et plus de 30 ans pour fonder une famille. Certaines femmes ne font ni l'un ni l'autre. La proportion de femmes célibataires est passée de 9 % en 2000 à 15 % aujourd'hui. Et le taux de fécondité de la Corée du Sud, actuellement à 1,3 enfant par femme, reste obstinément bas.

Le problème fondamental de l'éducation des enfants en Corée du Sud, c'est trop peu d'enfants et trop d'éducation de résumer The Economist.
À peine plus d'un enfant
par femme coréenne

Beaucoup de Coréens du Sud disent vouloir plus d'enfants. Selon un sondage réalisé par l'Institut de recherche Hyundai, 58% des adultes veulent deux enfants et 13,5% en veulent trois. Si les souhaits de ces parents se réalisaient, le taux de fécondité de la Corée du Sud serait de 1,8 plutôt que l'abyssal 1,3. Mais la plupart des parents ne peuvent pas se le permettre.

Ces dépenses en éducation ne sont aujourd'hui plus rentables. Aller à l' université augmente les frais de scolarité et éloigne les jeunes du marché du travail pendant quatre ans. Après leurs études, il faut en moyenne onze mois pour qu'un jeune diplômé trouve un premier emploi. Une fois trouvé, les emplois des universitaires restent mieux payés et plus sûrs que les postes accessibles aux diplômés du secondaire, mais l'écart se rétrécit. Le McKinsey Global Institute estime que la valeur supplémentaire accumulée pendant la durée de la vie professionnelle associée à un diplôme d'université ne justifie plus la dépense nécessaire à l'obtention de ce diplôme. Le Coréen moyen ferait mieux de fréquenter une école secondaire publique et d'entrer ensuite directement sur le marché du travail.

Sans surprise, les jeunes Coréens du Sud ambitieux espèrent obtenir un emploi dans les secteurs en plein essor de l'économie. La médecine, le droit, la finance et le secteur public restent populaires, mais les grands conglomérats industriels, les chaebol (prononcé [tɕɛːbəl] soit tchêbeul), sélectionnent de plus en plus les meilleurs candidats. Comme la fonction publique et les professions libérales, Samsung, Hyundai et leurs pairs ont tendance à embaucher les jeunes diplômés dès leur sortie des meilleures universités. Rares sont ceux qui sont embauchés par les chaebol plus tard dans leur vie. Cela crée un double goulot d'étranglement sur ​​le marché du travail. Il n'y a que quelques employeurs intéressants parmi lesquels choisir et il n'existe qu'une seule chance réaliste de les rejoindre. En conséquence, les jeunes passent des années à bourrer leur CV et à se préparer pour les examens, surtout pour l'examen passé à 18 ans qui décide de l'université où ils pourront étudier.

Les jeunes coréens consacrent beaucoup d'efforts à une diplômanie coûteuse plutôt qu'à un apprentissage en profondeur. Le système exclut les talents à développement tardif : épanouissez-vous à 25 ans et il est trop tard. Et à très long terme, le poids de l'éducation est l'une des principales raisons pour lesquelles les femmes sud-coréennes donnent naissance à si peu d'enfants. Avec le taux de fécondité le plus faible des pays riches de l'OCDE, le vieillissement de la Corée du Sud risque d'être aussi rapide que sa croissance ne fut fulgurante.

Dans le passé, le gouvernement de la Corée du Sud a essayé d'aider les parents en interdisant les leçons particulières après l'école. (Le président de l'Université nationale de Séoul a dû démissionner après qu'on ait appris que son enfant prenait de telles leçons.) Mais de telles interdictions sont liberticides, elle a d'ailleurs été déclarée inconstitutionnelle en 2000. La réponse ne réside pas dans les écoles, mais dans l'économie en général et dans la création d'un marché du travail plus ouvert où plus d'entreprises sont intéressées à embaucher des personnes plus tard.

Pour The Economist, le gouvernement sud-coréen devrait faire trois choses. Tout d'abord, éliminer la réglementation qui divise le marché de l'emploi en employés permanents, payés plus que ce qu'ils valent, et les travailleurs temporaires, moins bien payés. Deuxièmement, il devrait encourager davantage d'entreprises, y compris étrangères, à investir les secteurs industriels dominés à l'heure actuelle par les chaebol, pour élargir de la sorte le nombre d'employeurs potentiels. Et troisièmement, il faut encourager les chaebol à se développer dans les services ce qu'ils se sont diplomatiquement abstenus de faire jusqu'à aujourd'hui. Commerce de détail, tourisme, transport local : tous ces secteurs bénéficieraient de l'influence et de l'efficacité des chaebol.

Le journal britannique conclut en écrivant que la Corée du Sud a étonné le monde par son rapide développement, mais pour les parents aux abois et des jeunes qui triment dur, il faudrait qu'elle décompresse un peu.

Notons qu'il est quand même étonnant de voir un journal de culture libérale prôner tant d'interventions de l'État...


Source




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L'éducateur Normand Baillargeon n'est pas content...

 Le professeur Normand Baillargon n'est pas content de la réponse de la ministre de l'Éducation à une pétition qui demandait l’interdiction, dans les écoles du Québec, des pédagogies et des techniques aux effets non encore éprouvés ou présumés néfastes :
« On ne peut donc absolument pas s’en laver les mains, fut-ce avec le formulaire B-12. On ne le peut pas, parce que les décisions prises aboutissent possiblement, dans le cas présent, à ce que des gens qui n’y connaissent sans doute pas grand-chose cautionnent de somptueuses bêtises – la Brain Gym, la programmation neurolinguistique et tutti quanti – qui sont coûteuses au trésor public, nuisibles aux enfants et malsaines dans un milieu voué au savoir et où des apprentis sorciers vendeurs de potion magique n’ont pas leur place, même s’ils semblent s’y multiplier. Devant cela, Madame la Ministre, le MELS ne peut se soustraire à ses responsabilités quant à la dispensation d’un enseignement de qualité dans nos écoles. »




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L'éducation religieuse remplacée par l’« animation spirituelle » dans les écoles publiques québécoises

Traduction d’un article qui n’est paru que dans les journaux en anglais de Québécor (The Expositor, 24 Hours Toronto, The Kingston Whig Standard, Niagara Falls Review, North Bay Nugget, Packet and Times, The Sun Times, The Daily Observer).

L’instruction religieuse catholique et protestante a été supprimée depuis plus de 15 ans des écoles québécoises, mais les religieuses et les prêtres sont désormais remplacés par des « animateurs à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire » dont certains dirigent les écoliers dans des séances de méditation et de respiration rythmique.

Séance de méditation tenue le 6 octobre 2013 dans une école du Nord de Montréal (photo QMI)

Le programme de spiritualité, prévu par la Loi sur l'éducation de la province, a sonné l’alarme dans l'église catholique qui s’oppose publiquement aux plans du Parti québécois visant à interdire le port de symboles religieux par les travailleurs en éducation et d'autres fonctionnaires.

Le PQ a aboli les commissions scolaires religieuses en 1997, la dernière fois qu'il était au pouvoir, dans le cadre d'un plan visant à mettre en place ce qu'il appelle la « neutralité de l'État » sur la question religieuse.

En 2000, toutes les commissions scolaires avaient été forcées d’embaucher des animateurs spirituels afin de mener des campagnes anti-intimidation, de structurer les efforts humanitaires et de « se concentrer sur la recherche de sens des jeunes », selon une directive du ministère de l'Éducation.

Dans un rapport de 2006, intitulé Pour approfondir sa vie intérieure et changer le monde, le ministère a déclaré que ses activités jouent un rôle complémentaire à la religion et « ne présentent aucune croyance particulière comme étant supérieure à d’autres. » [Ce qui est très peu probable, sinon ces activités seraient inutiles. Il est ainsi fort probable que tout l’engagement communautaire soit teinté de correctivisme et de conformisme politique aigu. Sur le plan religieux, ces activités inculquent aux enfants que la spiritualité même coupée d'un être divin ou d'une religion est une bonne chose. On n'échappe pas aux prises de position dans ce domaine.]

Parmi les « zones d'opération » du programme de spiritualité : « l’intériorité, le silence et la méditation. »

Elizabeth Pellicone dirige des séances de méditation avec des écoliers fréquentant la Commission scolaire English Montreal. Elle affirme que la plupart de ses collègues font de même.

L'Agence QMI a pu observer une telle séance la semaine dernière dans une école primaire du nord de Montréal. Pellicone faisait résonner une cloche tandis qu'un groupe d'élèves de 2e année étaient tranquillement assis, les mains sur leur pupitre.

Elle a déclaré que la méditation a un effet particulièrement puissant sur les enfants en maternelle et en 1re année.

« Ils comprennent assez facilement et assez vite », ajouta-t-elle. « Ils disaient sentir que "le son se déplaçait autour de ma tête ou que je me soulevais de ma chaise" ».

« Ils avaient l'une de ces — pas une expérience extra-corporelle  — mais l'une de ces expériences où leur esprit est tellement concentré sur quelque chose qu'ils ne prêtent plus attention à quoi que ce soit d’autre. »

Pellicone a nié que ces séances aient un rapport avec le Nouvel Âge.

« Je ne considère pas cela comme religieux », dit-elle. « Je considère cela de la spiritualité et je vois une différence entre les deux. »

Elle a défini la spiritualité comme « ce sens que tous les êtres humains... ont une essence. Et que nous sommes reliés par un fil invisible qui relie tous les êtres humains. » [Ce qui est une croyance de type religieux.]

Un autre animateur, dans un rapport à une autre commission scolaire de Montréal, a écrit qu’elle dirige ses élèves dans des séances de respiration rythmique où les enfants sont invités à compter leurs respirations.

La commission scolaire s’est fait dire que « le souffle est le centre vers lequel nous pouvons nous tourner quand les choses vont mal. » [...]

Les parents ont le droit de retirer leurs enfants du programme de spiritualité du Québec, il ne fait pas partie du programme obligatoire.

« La possibilité d’être exempté est absolument essentielle », a déclaré Andrea Mrozek, directrice de l'Institut du mariage et de la famille Canada.

« Parfois, en Ontario, par exemple, l’école dit : « Non, vous ne pouvez pas retirer votre enfant pour tel ou tel cours. »

Quant à l'affirmation du Québec que son programme spirituel est religieusement neutre, Mrozek s’est montrée sceptique.

« Vous ne pouvez pas réellement enseigner ce genre de choses dans le vide », a dit Mrozek. « Après avoir complètement éliminé (la religion), ils ne peuvent quand même pas en introduire maintenant un ersatz pseudo-spirituel post-moderne ».

Le Ministère de l'Éducation du Québec a refusé de commenter ses directives spirituelles et a renvoyé toutes les demandes d’information vers les commissions scolaires.

Voir aussi

L’« animation spirituelle » à l’école québécoise (déjà en 2009)

L'animation de la vie spirituelle et d’engagement communautaire dans les écoles québécoises

Sortir le religieux de l'école pour y laisser entrer l'ésotérisme et les gourous (2012)

Scène de classe en ECR : ambivalence, ambivalence ?

Trois ans d'ECR, son relativisme, ses cérémonies chamaniques, les parents réduits au silence

Le yoga : troisième volet du triptyque spirituel de la Nouvelle École québécoiseMC ?

À l'école des gourous dès 4 ans

« Un cours qui viole la liberté de conscience des hassidim »

4.1 — « L’enfant a refusé de méditer et de laisser entrer un animal en lui »

« Hare Krishna ! Hare Krishna ! » en visite au cours d'ECR






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Les filles aux parents lesbiennes sont 45% moins susceptibles d'obtenir un diplôme d'enseignement secondaire

Selon une nouvelle étude publiée dans Review of the Economics of Households (revue de l'économie des ménages), les enfants élevés par des parents mariés de sexe opposé sont plus susceptibles d'obtenir leur diplôme d'études secondaires que leurs pairs dont les parents vivent en concubinage, ceux aux parents isolés ou ceux de même sexe.

Ce résultat confirme ceux de recherches effectuées ces dernières décennies sur les résultats scolaires des enfants et la structure de leur famille. Cependant, cette étude se démarque par la taille de son échantillon (20 pour cent du recensement canadien de 2006). Il utilise un corpus suffisamment grand et représentatif d'enfants (âgés de 17 à 22 ans) élevés dans des foyers de parents homosexuels. Jusqu'à ce jour, seules quatre études analysant trois ensembles de données aux États-Unis offraient des données similaires (deux en se basant sur le recensement américain de 2000, l'une sur l'Étude longitudinale sur la petite enfance, et une autre sur la Nouvelle Étude de la structure familiale).

La conclusion de cette enquête ayant donc comme base 20 % des Canadiens recensés en 2006 est pour le moins significative. Les enfants ayant grandi au sein de foyers gays ou lesbiens sont 35 % moins susceptibles d'obtenir leur diplôme équivalent au D.E.C (baccalauréat en France) par rapport à ceux élevés dans une famille avec un père et une mère mariés. Et parmi les enfants de foyers homosexuels, les filles s'en sortent encore nettement moins bien que les garçons.

L'étude a été menée par Douglas W. Allen et publiée le 10 octobre par la Review of Economics of the Household. Elle a identifié les personnes qui se déclarent elles-mêmes comme élevées dans un foyer homosexuel au sein de cet échantillon de 20 % de la population recensée en 2006, suffisamment grand pour distinguer le statut matrimonial, les différences selon le sexe des parents et celui des enfants qu'ils élèvent.

Les données canadiennes présentent plusieurs avantages par rapport aux échantillons américains pour étudier le sujet, notamment :
— Au Canada, les avantages fiscaux et sociaux sont disponibles aux couples de même sexe depuis 1997 et la loi canadienne reconnaît le mariage homosexuel depuis 2005.

— Les enfants s'identifiaient d'eux-mêmes comme vivant avec des parents de même sexe.
Plus précisément, l'étude se penche sur la probabilité d'obtenir un diplôme d'études secondaires. Il identifie six types de famille : marié de sexe opposé (ce qui peut inclure des parents remariés), le concubinage hétérosexuel, les parents homosexuels mâles (deux pères, mariés ou en union civile), les parents lesbiens (deux mères, mariées ou en union civile), les mères célibataires et, enfin, les pères célibataires. Elle prend également en compte des caractéristiques importantes des enfants et des parents.

En somme, l'étude constate que, par rapport à leurs pairs vivant avec des parents mariés de sexe opposé (taux de référence à 100 %), les enfants élevés par des pères homosexuels avaient moins de chances d'obtenir un diplôme d'études secondaires (69 %) et que ceux qui vivent avec des parents lesbiens encore moins (60 %). Cependant, la différence entre les enfants de parents mariés de sexe opposé et ceux qui vivent avec des parents lesbiens n'était pas statistiquement significative (c'est-à-dire que l'étude ne permet pas d'exclure avec un degré de certitude statistique suffisamment grand la possibilité que la différence observée dans ce cas particulier s'explique par le hasard et pas nécessairement par de réelles différences).

Fait intéressant, à la fois le sexe des enfants et celui des parents semblent avoir de l'importance. Lorsque l'étude a examiné les garçons et les filles séparément, il a constaté que les filles qui vivent avec des parents lesbiens étaient 45 pour cent moins susceptibles d'obtenir leur diplôme que celles qui vivent avec des parents mariés de sexe opposé et que les filles qui vivent avec des pères homosexuels étaient 15 pour cent moins susceptibles de l'obtenir.

Les niveaux de fréquentation scolaire n'expliquent pas pourquoi les enfants vivant avec des parents mariés de sexe opposé avaient plus de chances d'obtenir leur diplôme. En outre, l'étude tenant compte de l'état d'invalidité des enfants et si elles sont de la même race que leurs parents, elle explique en partie la nature de la relation enfant-parent, par exemple, si les enfants sont adoptés.

Ces nouvelles données fondées sur des échantillons solides renforcent la recherche actuelle : le bien-être des enfants est lié au type de famille, à la stabilité de ce foyer et aux caractéristiques des parents. Ces résultats ne permettent pas d'affirmer qu'il n'existe « aucune différence » perceptible dans les résultats chez les enfants soumis aux nouvelles structures familiales. Non, les enfants tendent à mieux réussir quand ils sont élevés par leur père et mère biologiques.

mardi 12 novembre 2013

Mémoire de Loyola auprès de la Cour suprême du Canada

On trouvera ici le mémoire (en anglais) que le collège Loyola a déposé auprès de la Cour suprême du Canada en prévision de son audience qui devrait se tenir le 24 mars 2014 à Ottawa. Cette date avait précédemment été fixée provisoirement au 23 avril 2014.






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Calgary Herald sur Loyola : la Cour suprême doit mettre fin aux empiètements de Québec

Extraits de l'éditorial du Calgary Herald de ce jour sur l'affaire qui oppose le collège Loyola au Monopole de l'Éducation du Québec (MELS).


« Le recours, introduit par l'école secondaire Loyola de Montréal, une école privée jésuite pour garçons, conteste le droit que la province de Québec s'est arrogé qui interdit aux écoles religieuses d'enseigner le programme scolaire à partir de leurs perspectives confessionnelles. Le cours en question se nomme Éthique et culture religieuse. Le gouvernement du Québec l'a imposé à toutes les écoles il y a cinq ans. Une vive opposition s'était élevée dans la province à l'introduction du cours parce que certains parents estimaient que le cours malmenait leur liberté de religion protégée par la Charte. Le cours a été décrit comme un genre de cours de religion comparée. On a dénoncé son zèle égalitaire envers toutes les croyances qui impose, notamment, qu'on y traite avec les mêmes égards et le même sérieux la délirante secte Raël et les trois religions abrahamiques. La Cour suprême a statué plus tôt que le gouvernement du Québec a le droit constitutionnel d'imposer ce programme dans les écoles publiques.

Toutefois, l'affaire Loyola contient un élément inquiétant qui est directement lié aux principes de la controversée Charte des valeurs déposée à l'Assemblée nationale jeudi dernier. La province interdit à cette école catholique d'enseigner le cours ECR d'un point de vue catholique, même si les parents ont bien évidemment inscrit leurs enfants à Loyola — fondée en 1896 — parce qu'ils veulent qu'ils reçoivent une éducation catholique.

Si la Cour suprême devait pencher en faveur du gouvernement québécois, elle légitimerait le point de vue de la province selon laquelle la religion est un simple choix de vie et non une question d'identité personnelle profondément enracinée, selon Peter Stockland, directeur des publications et des médias Cardus, un réseau pensant de Hamilton qui se penche sur le croisement entre la foi et la vie quotidienne des Canadiens. Cardus soutient Loyola dans son combat. Deux de ses membres, accompagnés du directeur de Loyola Paul Donovan, ont récemment rencontré le comité de rédaction du Herald dans le cadre d'une tournée de sensibilisation à travers le Canada.

Stockland a expliqué que l'attitude du gouvernement du Québec consiste à écarter toute la richesse intellectuelle que les religions ont accumulée au fil des siècles, les réduisant à une question superficielle de mode de vie. Il agit comme si les croyances religieuses, au lieu d'être ancrées au plus profond de l'homme et une part essentielle de son identité, n'avaient guère plus d'importance que le choix de garnitures proposées dans un buffet à salades.

Le droit à la liberté de religion n'est pas unilatéral, il n'équivaut pas à la laïcité [...]. Les écoles religieuses doivent enseigner le programme provincial — Loyola ne conteste pas ce point —, mais elles doivent également bénéficier totalement de la liberté de religion. Cela signifie liberté d'enseigner leurs préceptes religieux, sans ingérence déraisonnable de l'État, aux enfants dont les parents les y ont inscrits pour cette raison précise.

La liberté de religion garantie par la Charte est attaquée de maintes façons ces jours-ci au Québec. Cette liberté doit être rétablie. Nous espérons que, dans sa sagesse la Cour suprême la restaurera.


Allemagne — juge interdit l'émigration de parents qui veulent éduquer leurs enfants à leur guise

Les cadettes Wunderlich à leur rentrée
des classes
Un juge allemand qui avait ordonné en août que la police enlève les enfants d'une famille qui les instruisait à la maison a refusé à cette famille qu'elle puisse émigrer vers un autre pays européen où l'instruction à domicile est permise, selon l'association américaine de défense juridique pour l'instruction à la maison (HSLDA). Le 29 août 2013, un peloton de 20 travailleurs sociaux, de policiers et d'agents spéciaux a pris d'assaut la résidence de la famille Wunderlich près de Darmstadt, en Allemagne, pour en extraire par la force les quatre enfants de la famille, âgés de 7 à 14 ans.

Le prétexte invoqué pour cette action violente : les parents, Dirk et Petra Wunderlich, avaient continué d'instruire leurs enfants à la maison malgré une interdiction complète de cette forme d'instruction en Allemagne (sauf cas de force majeure, notamment, pour un enfant grabataire). Les autorités allemandes — y compris la Haute Cour du pays — ont exprimé à plusieurs reprises leur ferme détermination d’éradiquer les « sociétés religieuses ou philosophiques parallèles » et ceci comprend pour elles l’éducation à la maison.

Les enfants ont été rendus à leurs parents trois semaines après leur enlèvement, à la suite de protestations internationales.

Le tribunal n'a rendu les enfants qu'à l'expresse condition que les parents promettent que leurs enfants fréquenteraient l'école gouvernementale.

Dirk Wunderlich a déclaré que ses avocats demandèrent alors que les travailleurs sociaux confirment que ceux-ci n'interviendraient pas si sa famille décidait d'émigrer dans un pays voisin où l'instruction à domicile est légale. Mais le juge a fait savoir aux avocats de la famille que, si elle quittait l'Allemagne avant une audience prévue en décembre, il s'assurerait qu'elle y serait ramenée pour faire face à des sanctions pénales.

Les deux aînés de la famille devant l'école
que le gouvernement les oblige à fréquenter

Les parents ont précisé qu'ils n'avaient d'autre choix que d'accepter. « Quelle autre option avions-nous ? », de demander Dirk Wunderlich. « Ils avaient nos enfants. Nous étions ébranlés par l'action du gouvernement. Nous ne voulons pas que nos enfants aillent à l'école gouvernementale, mais nous n'avons pas le choix, nous ne pouvons pas partir et si nous ne nous conformons pas à leurs demandes ils enlèveront nos enfants. Nous allons faire de notre mieux parce que nous savons que si nous essayons de partir, les autorités nous sépareront de nos enfants et nous pourrions ne les revoir que dans beaucoup de temps. Nous avons une audience prévue en décembre et nous espérons alors obtenir à nouveau la garde complète de nos enfants et d'être permis de déménager dans un pays où l'instruction en famille est tolérée », a déclaré le père de famille.


Écrire à l'ambassade d'Allemagne

Au Canada :

L'Ambassade de la République fédérale d'Allemagne
C.P. 379,
SUCC. A
Ottawa (Ontario)
K1N 8V4

Télécopieur: +1 613 594 9330

En France :

Ambassade de la République fédérale d’Allemagne,
13-15, avenue Franklin D. Roosevelt,
75008 Paris.
Télécopieur: +33 (0)1 53 83 45 02

En Belgique :

Ambassade de la République fédérale d'Allemagne
Rue J. de Lalaing, 8 - 14
1040 Bruxelles
Télécopieur: 02/787.28.00


Voir aussi

Police allemande enlève les enfants d'une famille instruits à la maison

École à la maison en Allemagne — « Accompagnez-nous maintenant de gré ou plus tard de force »

Juge américain accorde le statut de réfugiés politiques à des parents-éducateurs persécutés en Allemagne

Famille allemande exonérée de négligence criminelle envers ses enfants qu'elle enseignait à la maison

École à la maison : les familles fuient l’Allemagne

Allemagne — Mère de douze enfants emprisonnée : elle refuse pour ses enfants le cours d'éducation sexuelle au primaire

Marie Geiss-Galimard : « Pour les Allemands, les enfants sont la propriété de l’État »

Parents allemands demandent l’asile au Canada.








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lundi 11 novembre 2013

Lecture — la catastrophe québécoise

Chronique d'Alain Dubuc dans la Presse:

« Environ 1,2 millions de Québécois ont une maîtrise si faible de la lecture, ce qu'on appelle maintenant la littératie [alphabétisation naguère], qu'ils ne peuvent pas fonctionner normalement. Un autre 2,2 millions n'a pas le niveau de littératie suffisant pour pleinement se développer.

C'est une catastrophe. Pour les individus eux-mêmes, dans leur vie personnelle et dans leur travail. Pour la société, qui a besoin de travailleurs qualifiés mais aussi de citoyens bien adaptés à un environnement de plus en plus complexe.

Et pourtant, un avis du Conseil supérieur de l'éducation sur la littératie, en septembre, est passé largement inaperçu. [Pas sur ce carnet.] Tout comme les résultats d'une vaste étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques en octobre.

Cette étude, le Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), réalisée par l'OCDE dans 22 pays, mesure les aptitudes des personnes de 16 à 65 ans en lecture, la littératie, dans le maniement des chiffres, la numératie [notions de calcul], et dans la maîtrise des nouvelles technologies.

Le Canada, avec un score de 273,5 sur 500 aux tests de compétence en lecture, est très légèrement au dessus de la moyenne de l'OCDE et se classe 10e sur 22 [ce qui n'est pas glorieux!] Mais au Canada, le Québec, avec 268,6, est la 8e province sur 10, ne devançant que le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve. Le Québec se retrouverait ainsi au 17e rang du classement international, tandis que l'Alberta serait au 7e rang. Ce sont des résultats extrêmement troublants. [Quoi des rednecks conservateurs en tête ?]

Mais il ne s'agit pas d'un concours. L'étude, à travers une série de tests, a pour but d'évaluer la capacité « de comprendre, d'évaluer, d'utiliser et de s'approprier des textes écrits pour participer à la société, réaliser ses objectifs et développer ses connaissances et son potentiel ».

Les résultats permettent de classer les citoyens d'un pays selon leur niveau de compétences. On découvre alors que ceux dont les aptitudes en littératie sont trop faibles pour fonctionner normalement, les niveaux 1 ou inférieur à 1 dans le jargon de l'étude, sont plus nombreux au Québec que partout ailleurs au Canada, à l'exception de Terre-Neuve.

19 % des Québécois sont au bas de l'échelle, ce qui donne 1,2 millions d'adultes qui, sans être analphabètes, ne peuvent décoder que des textes extrêmement simples. Cette proportion est très élevée. Elle n'est que de 15 % en Ontario, de 12,8 % en Australie, de 11,9 % aux Pays-Bas, ce qui place le Québec 20e sur 22 à l'échelle internationale, devant l'Italie et l'Espagne.

On retrouve aussi au Québec une proportion élevée de citoyens, 34 %, qui sont au niveau 2, fonctionnels mais pas assez pour vraiment s'épanouir dans une société moderne. C'est ainsi que le Québec compte 53 % de ces citoyens qui n'ont pas les compétences souhaitables, soit 3,4 millions de personnes. Encore là, en tête de queue canadienne.

Même chose pour la maîtrise des outils technologiques, où le Canada fait un peu mieux, mais où le Québec est également parmi les dernières provinces. Pour la numératie, toutefois, le Québec est dans la moyenne canadienne.

Comparaison des résultats autochtones/immigrés dans l'ensemble de l'OCDE
 Qu'est ce qui fait que le Québec se trouve dans le camp des provinces démunies? En partie l'immigration, quoiqu'il y a encore plus d'immigrants dans les provinces qui font mieux. En partie, les lacunes passées du système scolaire, quoique l'étude porte sur les 65 ans et moins. Mais il faut surtout regarder du côté d'un bagage scolaire insuffisant, notamment à cause du décrochage. Mais aussi la déperdition progressive des aptitudes après la sortie de l'école, parce que les Québécois lisent trop peu, qu'il n'y a pas assez d'éducation permanente pour les stimuler. »

Comparaison des résultats autochtones/immigrés pour le Canada : malgré sa politique déclarée d'immigration choisie les résultats des immigrés qui n'ont pas comme langue maternelle le français ou l'anglais sont très deçà de ceux des Canadiens de naissance ou des francophones ou anglophones de naissance.
 Alain Dubuc prend les choses à l'envers et ignore la question culturelle : quels immigrés, quelle est la valeur de la lecture chez les immigrés et les Québécois, plutôt quels sont les  programmes gouvernementaux d'éducation permanente en place...

Et Alain Dubuc de conclure par un poncif obligatoire : « Mais derrière, on retrouve un problème de valeurs d'une société qui ne valorise pas la lecture et qui, 50 ans après la Révolution tranquille, n'a toujours pas réussi à complètement effacer le poids du passé. » Rappelons que le nombre de grands lecteurs diminuent en Occident, que l'immigration actuelle n'a rien à voir avec la Grande Noirceur et que le Québec a, par exemple, reculé sur le plan de la diplomation par rapport à l'Ontario après la Révolution tranquille alors qu'il le rattrapait sous l'ère Duplessis... Eh, non ! Tout ne s'explique pas par la Grande Noirceur et son ombre rétrograde sans cesse brandie.

Source

Voir aussi

Nombre de « grands lecteurs » en baisse

Baisse relative du nombre de diplômés par rapport à l'Ontario après la Grande Noirceur

Québec — Près de la moitié des adultes ne sauraient pas lire de manière fonctionnelle

Europe — lecture des moins de 15 ans, une « situation alarmante »

Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010


30% d'illettrés et de semi-illettrés de lecteurs inefficaces et lents en France ?


Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »

Le « mythe » de la Révolution tranquille





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