vendredi 16 août 2013

L’Association étudiante rembourse un étudiant victime du boycott étudiant (m.-à-j.)


Mise à jour (Radio-Canada se réveille après les radios rebelles) :

Les associations étudiantes préoccupées

La situation est préoccupante, dit Antoine Genest-Grégoire, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Les associations étudiantes craignent que cette décision n'établisse un précédent.

« On analyse le procès. Évidemment, c'est alarmant. Ça met en cause certaines choses qui ne sont pas nécessairement couvertes dans la loi. Ça fait beaucoup référence à la Loi 32 sur les associations étudiantes. C'est une loi qu'on est en train d'étudier en ce moment pour voir ce qui peut être changé à l'intérieur. C'est quelque chose sur lequel on va se pencher au cours des prochains mois », dit-il.

De son côté, Jean-François Morasse, un étudiant qui avait fait appel aux tribunaux durant la grève pour pouvoir assister à ses cours, estime que plusieurs étudiants dans la même situation pourraient être tentés d'avoir recours aux petites créances.

« Il y a des pertes de session, des pertes de diplômes, des retards sur le marché du travail. Moi-même j'ai été retardé même si j'ai pu obtenir mon certificat en arts plastiques, j'ai été retardé d'un mois », souligne-t-il.

Il examine actuellement la possibilité d'inscrire son dossier à la cour des petites créances.


Billet originel de jeudi 15 août 2013

Marc-Antoine Dumas, étudiant en histoire à l'Université Laval, a poursuivi son association étudiante à la suite du boycott du « Printemps érable ». Il vient de gagner sa cause devant les tribunaux et l'association syndicaliste-étudiante doit lui rembourser ses frais de scolarité.

Émission radio.

Silence radio dans les médias conformistes.

Voir aussi

Deux étudiants en justice pour mettre fin au « monopole » des associations étudiantes

Pourquoi toutes les cartes du monde sont-elles fausses ?




Les cartes du monde en deux dimensions sont toutes faussées : il y est impossible de respecter à la fois la surface et les distances de la Terre qui est un objet en trois dimensions. La projection la plus commune est celle de Mercator, il s'agit d'une représentation qui favorise les pays du Nord. Les échelles sont modifiées et le placement des continents se fait selon une vision particulière, résultat : l'Afrique est, par exemple, bien plus grande que celle perceptible sur les planisphères de Septentrionaux.

Planisphère du monde selon la projection de Mercator.

La projection de Peters est une projection cartographique, qui contrairement à la projection de Mercator, tente de prendre en compte la taille réelle des continents.

La projection de Mercator, du fait qu'elle est perspective, a tendance à faire apparaître plus grands les pays et continents des zones tempérées aux pôles. Ainsi, dans la projection de Mercator, le Groenland apparait plus grand que le continent africain, alors qu'il est de 14 à 15 fois plus petit.

Planisphère du monde selon la projection de Peters de la Terre
 
 





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Québec — Établissements privés songent à supprimer les épreuves d’admission peu fiables

Selon le journal de Montréal, les épreuves d’admission pratiquées dans certaines écoles secondaires privées pourraient bientôt être chose du passé. De plus en plus d’institutions abandonnent cette pratique, découragées par le nombre élevé d’enfants trop préparés qui échouent ensuite en cours d’année. De nombreux collèges privés dénoncent le «marché» qui entoure les examens d’admission. Tuteurs, cours particuliers, manuels de préparation, des parents déboursent des centaines de dollars pour s’assurer que leur enfant réussisse haut la main l’examen d’entrée des collèges les plus réputés. Une rapide recherche effectuée sur la Toile a permis au Journal de dénicher plusieurs cours de préparation à l’examen d’admission des collèges privés se détaillant jusqu’à 300 $. De plus en plus de manuels et de cahiers de préparation font aussi leur entrée dans les librairies chaque année. « Les enfants sont surpréparés. Cela ne donne pas un portrait juste lors de l’examen d’admission. C’est la course aux tests », déplore le président de la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) et directeur général du Collège Bourget à Rigaud, Jean-Marc Saint-Jacques.

Plutôt un test de classement


La Fédération des établissements d’enseignement privés milite activement auprès de ses membres pour qu’ils mettent fin à cette pratique. « », Beaucoup d’écoles ont abandonné le test d’admission et l’ont remplacé par un test de classement qui permet de mieux équilibrer les groupes, par exemple en anglais. Pour ce qui est de l’admission, les bulletins du primaire sont de plus en plus importants et donnent une meilleure vue d’ensemble », », explique M. Saint-Jacques. La FEEQ propose aussi qu’une seule épreuve soit mise sur pied, valide pour tous les collèges privés du Québec. « Un même test en même temps pour tout le monde. Ça enlèverait beaucoup de pression sur les enfants et ça règlerait le problème des élèves qui deviennent super performants après avoir passé trois ou quatre tests dans différentes écoles », plaide M. Saint-Jacques.

Ils ont abandonné l'épreuve d’admission :
  • Fondé en 1957 à Montréal, le Collège Mont-Royal a décidé d’éliminer les tests de sélection pour la prochaine année scolaire. Les élèves seront évalués à partir de leurs bulletins de 4e et de 5e année.
  • Le Collège Reine-Marie, à Ahuntsic, sélectionne ses élèves sur la base des bulletins et d’une rencontre individualisée entre la famille et la direction.
  • Au Collège Letendre, à Laval, les candidats sont retenus selon l’ordre chronologique de l’arrivée de leur demande d’admission.






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jeudi 15 août 2013

Histoire de la science — Tout est relatif, monsieur Poincaré !




Le film Tout est relatif, monsieur Poincaré ! propose un voyage en images vers un passé à la fois proche et lointain : l'époque d'Henri Poincaré, époque qui a vu naître, dans un même mouvement notre science et notre monde modernes. Il nous raconte le parcours d'un génie exceptionnel, mathématicien, physicien et philosophe, le dernier sans doute à avoir pu embrasser le savoir de son époque, le premier à jouer un rôle clef dans l'avènement de la science moderne.

Henri Poincaré, reconnu par ses pairs, domine de la tête et des épaules le monde scientifique de son époque et dialogue avec le public... Comment se fait-il que Poincaré fut éclipsé par Albert Einstein ? L’apport exact d’Einstein par rapport à Henri Poincaré et quelques autres physiciens est aujourd’hui assez disputé (Wiki) ou Vidéo Youtube.




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mercredi 14 août 2013

Jacques Brassard, sa carrière de ministre conformiste, puis sa rupture avec le prêt-à-penser


Extraits du n° 40 d'Égards — Notes de lecture du livre Hérésies de Jacques Brassard

Jacques Brassard fait partie de ces rares ex-élus québécois (1976-2002) qui vieillissent bien.

Son livre, Hérésies, témoigne de l’évolution de cet homme politique formé en histoire et en pédagogie dans les officines de la Révolution tranquille.

Il ne faut donc pas s’étonner que la préface soit de Mathieu Bock-Côté, qui combat lui aussi les « dogmes officiels de la rectitude politique ». C’est dans ses chroniques hebdomadaires de 2003 (au journal Le Quotidien de Chicoutimi) à nos jours (au Journal de Québec depuis 2012) que Jacques Brassard a trouvé son chemin de Damas. Il avoue d’ailleurs candidement aujourd’hui, à propos de l’idéologie « réchauffiste » – mais cela s’applique également, comme on le verra, à toute l’idéologie socialo-libérale imposée par la haute fonction publique et la « ligne de parti » – que durant sa carrière de député et de ministre, peut-être étourdi par « les briefings » qui « se succèdent », il n’avait pas mis en doute les articles de foi des médias et des politiciens : « Me suis-je posé des questions sur le bien-fondé de ce credo ? Pas le moins du monde. Je l’avoue honteusement. »


À une époque où l’idéologie soixante-huitarde pouvait se servir, comme repoussoir du conservatisme traditionnel, de la figure honnie, caricaturée et encore vive dans les mémoires d’un Maurice Duplessis, il était difficile de contester les dogmes progressistes. Stimulée et justifiée par le projet souverainiste, la carrière politique partisane d’un Jacques Brassard, qui a duré plus de vingt-cinq ans, s’est passée trop à gauche pour lui permettre de saisir sur-le-champ l’ampleur du marasme politique dans lequel le Québec allait s’enliser.

En 2013, M. Brassard se dit « en rupture de ban avec une bien-pensance oppressante », qu’il désigne avec Ivan Rioufol « sous le nom de tyrannie du politiquement correct », cette « Pensée Unique obligatoirement de gauche ». Il aime à dire que depuis son retrait de la vie politique partisane, il a le bonheur de lire, et de réfléchir aux causes de l’hégémonie actuelle de l’État dit progressiste, qui est en fait plus ou moins socialiste et donc « étatiste ».

Comprenant qu’il a été manipulé pendant plusieurs années, il reproche aux intellos et aux technocrates de s’être acharnés « à faire du peuple québécois une nation sans racine et sans héritage, dont l’identité doit être rapetissée pour faire place au multiculturalisme ». Jeune septuagénaire, M. Brassard comprend que les quatre cents ans d’histoire de ce peuple français en terre d’Amérique ont été balayés du revers de la main par une technocratie qui veut abolir les valeurs judéo-chrétiennes, « patrimoine, traditions, culture, tout ce qui fait notre substance identitaire », des valeurs repoussées « dans les marges pour cause d’archaïsme et de désuétude ». De l’écologisme au multiculturalisme, en passant par l’islamisme et la dictatoriale imposition du cours Éthique et culture religieuse (ÉCR), cette « nouvelle religion, qui s’enseigne déjà dans nos écoles, consiste en une macédoine socialo-écolo-pacifiste assaisonnée d’altermondialisme et de haine de soi », une haine allant jusqu’à l’« exécration de la civilisation occidentale ».

M. Brassard demeure convaincu que « la solution pour le Québec […], c’est l’indépendance ». Je crois plutôt qu’à l’ère de la mondialisation, inéluctable, l’indépendance politique du Québec n’est pas une fin en soi (si elle le fut jamais). Il reste qu’on peut se réjouir de compter Jacques Brassard parmi la poignée de conservateurs québécois encore actifs dans l’espace public.

Pour lire la suite, procurez-vous la revue en ligne




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vendredi 9 août 2013

Instruction et éducation...


« Moi, je crois qu’il faut revenir à des choses simples. Il faut distinguer entre l’instruction (c’est-à-dire le rôle des profs c’est d’instruire, c’est de transmettre le savoir) et l'éducation qui n‘est pas le rôle des profs. Je crois que ça a été une grave erreur d’appeler ministère de l’Éducation nationale. En 45 il fallait garder le titre: l’Instruction publique. Ce n’est pas aux profs d’éduquer, c’est aux parents. »

Éric ZEMMOUR


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« Ce n'est pas par hasard que Napoléon Bonaparte a créé le Monopole de la presse à trois ans d'écart du Monopole de l'éducation. »


Pic de natalité en Grande-Bretagne, les enfants coûtent trop pour les Allemands (m.-à-j. vidéo)


« L'Angleterre du baby-boom », titre l'Independent qui explique que « la population du Royaume-Uni augmente plus rapidement que partout ailleurs en Europe, après que le taux de natalité soit monté en flèche, au plus haut depuis 40 ans ».

Les raisons ? Davantage de mères d'une vingtaine d'années, l'immigration et la récession.

Mieux que la France, beaucoup mieux que l'Allemagne

L'année dernière, le Royaume-Uni a vu sa population augmenter de 419 000 personnes, pour atteindre 63,7 millions d'habitants. C'est plus que la France, habituellement championne du taux de natalité, mais dont la population n'a augmenté que de 319 000 personnes (65,48 millions au total) en 2012. Et plus que l'Allemagne, avec 166 000 nouveaux habitants (80,39 millions).

Pour le quotidien, ces centaines de milliers de nouveaux bébés « sont les abeilles ouvrières du futur ». « Bien sûr, ils vont augmenter la pression sur les places à l'école, les services de santé, le logement, les transports, la campagne... Mais sans eux, notre système de retraite court à sa perte, l'État-providence semble bancal et le financement des services publics va se ratatiner , note le I, la version allégée du Independent.

Avant d'ajouter : « Et de toute façon, les bébés sont drôles. Parfois. »

Un enfant sur quatre né d'une immigrante

L'immigration paraît être la première raison de cette explosion des naissances : un enfant sur quatre né l'an passé a une mère née à l'étranger (contre un sur six, il y a dix ans). L'autre facteur, c'est la crise économique. « Est-ce que les gens font plus souvent l'amour quand on est en récession ? » s'interroge le quotidien. Avec la crise, l'évolution du taux de natalité aux États-Unis et en Europe continentale a plutôt été à la baisse, en partie parce que mes familles ont moins d'argent. « Mais pas au Royaume-Uni, cependant », note le I : « Ici, certaines femmes privilégient la maternité à l'emploi. » Eh, oui, c'est une question de priorité, pas uniquement de politiques gouvernementales.

Pendant ce temps en Allemagne

Une étude allemande menée par la Stiftung für Zukunftsfragen révèle que la charge financière d’un enfant est la première raison pour laquelle les Allemands ne font pas plus d’enfants. Faire un enfant coûte cher et ce serait principalement pour cette raison que les Allemands choisissent de ne pas en faire. C’est en tout cas ce que révèle une étude publiée dernièrement par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Alors qu’ils n’étaient que 58 % en 2011, aujourd'hui 67 % des personnes interrogées, hommes et femmes confondus, ont en effet avancé le coût trop élevé de la charge d’un enfant comme la principale raison de ne pas fonder une famille.

La chancelière Angela Merkel (à gauche) a pris des mesures pour augmenter le nombre de places, mais aussi mettre en place des allocations pour les parents qui choisissent d'élever leur enfant eux-mêmes.

Un vieillissement accéléré de la population

Cette tendance à la stérilité volontaire inquiète le gouvernement qui constate un vieillissement accéléré de la population allemande, en raison d’un taux de natalité extrêmement bas depuis de nombreuses années : 1,36 enfant par femme contre 2 en France en 2012.

Deux mesures ont pourtant été mises en place par le gouvernement allemand, visant à alléger légèrement le coût pointé du doigt par les parents : une nouvelle allocation de 140 euros par mois pour un enfant de moins de trois ans et une place garantie à chaque enfant de 1 ou de 2 ans dans les jardins d’enfants. Les parents allemands ne bénéficient en effet pas d’écoles maternelles, mais de jardins d’enfants payants dont le coût est estimé 250 et 500 dollars pour 45 heures de garde. Cette solution reste cependant l’alternative préférée à l’embauche d’une nourrice, trop onéreuse pour la plupart des parents. Ces derniers choisissent le plus souvent de poursuivre leur activité professionnelle malgré la naissance du bébé, afin de pouvoir assumer cette charge financière.

L’argent n’est pas la seule raison En outre, 813 000 nouvelles places dans les jardins d’enfants seront donc disponibles d’ici la rentrée 2013. Les couples allemands pourraient cependant ne pas être séduits : avoir des enfants coûtent nettement plus cher que 140 dollars alors que n'avoir pas d'enfant n'a aucun impact direct sur le montant de sa retraite personnelle, si ce n'est sans doute de pouvoir gagner plus d'argent et donc de bénéficier d'une plus haute retraite potentielle payée par les enfants des autres puisque le système de retraite allemand en est un par répartition. La charge financière d’un bébé n’est bien sûr pas l’unique raison avancée pour ne pas enfanter. L’incompatibilité entre carrière et famille, la peur de perdre son indépendance, de voyager (Deutschland ist eine Urlaubsgesellschaft) et bien sûr le fait de ne pas avoir trouvé le bon partenaire ont souvent été cité par les personnes interrogées comme d’excellentes raisons de ne pas avoir de descendance.

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Reportage sur une ville allemande qui se vide (Illingen en Sarre, près de la France, 16.000 habitants)

Le poids des retraites des enseignants dans le secteur public

Dans l'État d'Illinois (dont le président Barack Obama fut un sénateur) :
« pour chaque dollar consacré à l'éducation publique dans l'Illinois au cours des cinq dernières années, pas moins de 71 cents servent à financer les retraites des enseignants. »
Source

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Combien gagne un enseignant au Québec ?

Québec — Les coûts de gestion scolaire grimpent plus vite que ceux de l'enseignement

Québec — Dépenses par élève en hausse constante

Québec — Le gouvernement aurait minutieusement orchestré la forte hausse des taxes scolaires

Hausse des taxes scolaires dans presque tout le Québec

Moins de liberté scolaire, mais hausse importante des taxes scolaires

Syndicats satisfaits : taux du nombre d'élèves par enseignant en baisse constante au moins jusqu'en 2015, coûts en hausse





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Le RitalinMC n'améliore pas les résultats scolaires, il semble parfois empirer les choses

 En 1997, une réforme politique a élargi la couverture d’assurance-médicaments au Québec. Elle a été accompagnée par une augmentation spectaculaire chez les adolescents par rapport au reste du Canada de l’utilisation du Ritalin, l'un des stimulants couramment prescrits pour traiter les troubles de l’attention (TDAH), augmentation également observée pour d’autres médicaments similaires. En théorie, plus de médicaments devraient signifier de meilleurs résultats dans des domaines tels que l’éducation où les enfants atteints de TDAH connaissent souvent des difficultés.

Janet Currie, professeur d’économie et d’affaires publiques à Princeton, au New Jersey, avec des collègues de l’Université de Toronto et de Cornell ont suivi 15 000 enfants et leur famille au Québec et ailleurs au Canada pendant 14 ans. Ils ont notamment étudié les résultats scolaires des élèves qui prenaient du Ritalin.

Cette étude estime que le Ritalin n’améliore pas les résultats scolaires des enfants à qui il est prescrit pour lutter contre leurs troubles de l’attention. Ils ont conclu que, non seulement il n’y a pas d’amélioration, mais qu’il y aurait une régression des résultats scolaires chez certains élèves.

À noter que 44 % du Ritalin prescrit au Canada est consommé au Québec, qui connaît par ailleurs l’un des taux de décrochage scolaire les plus élevés au pays. Les ordonnances de Ritalin auraient d’ailleurs triplé au Québec après l’adoption du régime public d’assurance-médicaments.



Dans le cas des enfants hyperactifs, cette augmentation de la consommation du médicament nuirait en effet à leur développement. En effet, plus les symptômes du TDAH sont aigus chez un enfant, pire sont ses résultats, quelle que soit la mesure. Mais même si les auteurs confirment une augmentation de l’utilisation du Ritalin, surtout parmi les enfants les plus affectés par le TDAH, les chercheurs n’ont constaté que « peu d’amélioration globale des résultats » dans le court terme. Après le changement de politique, les enfants à fort TDAH étaient encore plus susceptibles de connaître des difficultés à l’école, de redoubler une année et d’avoir des résultats inférieurs aux épreuves normalisées de mathématiques. Cet effet négatif se faisait plus sentir chez les garçons que chez les filles — les garçons étant également plus susceptibles d’abandonner l’école. Les enfants présentant des symptômes moyens du TDAH, en particulier les filles dans ce cas, ont connu une augmentation de 24 pour cent de leur mécontentement, une fois que le Ritalin a été plus couramment utilisé.

Au Québec, 70 % de toutes les prescriptions de Ritalin sont pour des garçons.

« Pourquoi autant de gars ? Est-ce que le fait d’être un gars est en soi un problème pédopsychiatrique qui implique d’avoir une médication ? Posez-vous la question, a ajouté Gérald Boutin, qui suggère plus de tolérance. C’est normal de bouger. On ne peut pas rester comme ça, à 7 ou 10 ans, assis sur son petit derrière. C’est affolant, ce serait inquiétant.

Trop souvent administré

Des spécialistes de la question déplorent que le médicament soit trop souvent administré au détriment d’autres formes d’aide comme le soutien à l’apprentissage de la lecture ou de l’écriture, ou encore l’amélioration de la sociabilité en classe.

L’étude souligne également qu’il y a énormément de pression sur les parents pour qu’ils donnent du Ritalin à leurs enfants.

« On a la détente beaucoup trop rapide pour identifier les troubles déficitaires d’attention et d’hyperactivité. La deuxième chose, c’est qu’on y va beaucoup trop rapidement, on surmédicalise cette question-là présentement » a commenté au Journal de Montréal Égide Royer, professeur à la Faculté de l’éducation de l’Université Laval.

Effets secondaires

Les spécialistes de l’éducation ne sont pas surpris. Le médicament seul ne suffit pas. Et il a des effets secondaires reconnus. Ils ressentent « une certaine fatigue, un certain sentiment d’incomplétude. L’élève ne se sent pas non plus toujours très bien dans sa peau », selon Gérald Boutin, professeur à la Faculté de l’éducation de l’UQAM.

« Ça augmente la tension, mais ce n’est pas ça qui apprend à écrire et à lire à un jeune, a ajouté M. Boutin. Ce n’est pas ça non plus comme tel qui permet à un jeune de développer certaines habiletés sociales, à fonctionner avec les autres. »

Et les autres études ?

Il est difficile de concilier ces résultats avec la montagne d’études probantes qui tendent à démontrer que les médicaments contre le TDAH améliorent l’attention et la performance des élèves. Mais ces études portaient toutes sur des périodes relativement brèves, tandis que l’étude de Currie est l’une des premières à se pencher sur des années de résultats scolaires. Par ailleurs, l’attention extrême causée par le Ritalin peut aussi bien être néfaste que bénéfique. Bien que ces pilules vous aident à vous concentrer, elles ne déterminent pas l’objet de cette concentration. Des anecdotes abondent au sujet d’étudiants drogués au Adderall qui, impuissants se mettent à ranger leurs placards à 2 heures du matin plutôt que de travailler sur ce rapport à rendre le lendemain.

Currie et ses coauteurs spéculent que quelque chose de semblable pourrait se produire en classe. Du Ritalin peut calmer un enfant hyperactif, mais il peut tout aussi bien le laisser dans un état de transe en train de compter compulsivement des bonbons dans son coin. « Il se pourrait qu’on ait affaire des enfants ‘loin des yeux, loin du cœur’ qui ne reçoivent pas l’aide supplémentaire dont ils ont besoin », a déclaré Currie.

Une explication plus inquiétante serait que ces médicaments aggravent les symptômes du TDAH en provoquant des changements à long terme dans le cerveau. Les scientifiques pensent que le TDAH est causé par de faibles niveaux d’une substance chimique appelée la dopamine. Les médicaments comme le Ritalin agissent en ralentissant la vitesse à laquelle le corps élimine la dopamine dans le cerveau. Mais une étude publiée en mai a révélé que, après douze mois de prise de Ritalin, le corps des sujets s’était adapté et éliminait plus de dopamine, contrecarrant partiellement les effets du médicament.

Leçons à tirer

Il semble que l’on puisse tirer deux leçons. Tout d’abord, il existe un risque moral important, surtout pour un médicament prescrit après un processus particulièrement subjectif et permissif. Au cours de leurs recherches, Currie et ses collègues ont comparé le nombre d’ordonnances de Ritalin et de médicaments contre l’asthme. Seul le nombre de prescriptions de Ritalin a grimpé au Québec après l’adoption du régime public d’assurance-médicaments. Le taux d’ordonnances contre l’asthme est resté le même que dans le reste du Canada. Il devient évident que plus d’enfants au Québec prennent des médicaments contre le TDAH qu’ils ne devraient — simplement parce que ceux-ci étaient désormais plus accessibles — et que ces médicaments ne leur ont pas fait du bien.

L’autre leçon est que les sceptiques au sujet du Ritalin ont eu raison de se demander pourquoi tant d’enfants devaient prendre ce médicament, alors que leur santé ne posait pas de problème, simplement leur comportement. Et l’hyperactivité et le manque de concentration sont-ils une maladie, ou tout simplement la manière dont certains cerveaux fonctionnent ? Il se peut que la classe idéale calme et organisée soit contraire à la manière dont les enfants sont programmés. Créer cette classe idéale à doses de médicaments, surtout si ces médicaments ne semblent pas fonctionner à long terme, prive les enfants des compétences et de comportements dont ils ont besoin pour rester concentrés par eux-mêmes.




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mercredi 7 août 2013

Bouddhisme : les bonzes birmans veulent limiter les mariages interreligieux

Du quotidien La Croix :

« Une dizaine d’activistes opposés aux mariages interreligieux hèlent les jeunes à la sortie des cours pour leur faire signer une pétition. Beaucoup acceptent d’apposer leur paraphe au projet de loi des bonzes, qui vise notamment à restreindre les mariages entre musulmans et bouddhistes.

« Le but de cette législation est de permettre à notre religion et à notre ethnie de ne pas disparaître », explique Thura, 19 ans, étudiant en biochimie, signataire de la pétition. « Nous nous sentons responsables de la protection du bouddhisme », renchérit son ami Aung. En quelques heures, les bonzes qui organisent l’événement recueillent 2 600 signatures, disent-ils.

S’il était adopté en l’état, leur texte obligerait les hommes musulmans à se convertir au bouddhisme pour se marier à une bouddhiste. De son côté, la future épouse devrait obtenir l’autorisation de ses parents et de l’administration pour valider l’union. Les contrevenants s’exposeraient à dix années de prison. Le projet de loi émane du groupe de moines radicaux « 9-6-9 », qui a pris cette dénomination en référence aux neuf attributs du Bouddha, aux six du dhamma (ses enseignements) et aux neuf de la sangha (le clergé).



Policiers birmans restent impassibles alors que des moines bouddhistes attaquent des musulmans
(avec commentaires un peu simpliste du présentateur américain sur les religions)

Ce mouvement appelle au boycott des commerces tenus par les musulmans. Il considère que leur pression démographique est trop importante. Elle mettrait en péril la culture bouddhiste en Birmanie. « Ils font exprès de se marier à des bouddhistes pour les convertir, pas par amour, accuse Achin Dhama Pala, un moine posté sous un haut-parleur qui crache des airs entraînants, à la sortie de l’université de Mandalay. Les bouddhistes, les chrétiens et les hindous peuvent s’aimer. Je ne pense pas qu’un musulman puisse tomber amoureux d’une bouddhiste. »

Les relations entre les deux communautés ne cessent de se détériorer depuis un peu plus d’un an. Mi-2012, les affrontements entre musulmans et bouddhistes ont forcé plus de cent mille villageois à fuir leurs habitations à l’ouest du pays. Les violences se sont lentement étendues à d’autres régions. À ce jour, elles ont entraîné la mort de plus de deux cents personnes selon des bilans officiels. »

Voir aussi

Complément au cours d'ECR — le bouddhisme militariste

« J'aimerais mieux être bouddhiste, parce qu'ils ont cinq vies » dit l'enfant de 7 ans à son grand-père




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