samedi 11 mars 2017

Timbre célébrant un inconnu émis par Postes Canada pour le mois de l’Histoire des Noirs

On voit ainsi les pouvoirs publics sortir des inconnus de l’obscurité historique la plus totale afin d’étayer une conception moderne et souvent importée de l’histoire du pays (par exemple, le mois de l’Histoire des Noirs importé des États-Unis).

À tel point, par exemple, que Postes Canada «  a voulu mettre en avant un personnage historique qui a captivé et émerveillé les esprits, dont l’auréole continue d’étonner les chercheurs, historiens et autres auteurs. » L’émerveillement et l’auréole sont tels qu’il s’agit d’un personnage, Mathieu Da Costa, dont on ne connaît en pratique quasiment rien (on ne sait pas, par exemple, s’il est même venu au Canada, ni s'il était métis plutôt que noir). On comprend l'étonnement... On n’a pour tous documents que de très courtes et vagues mentions à cet homme.

Selon L'Encyclopédie canadienne, «[l]e seul fait connu et vérifiable sur Mathieu da Costa est un document révélant qu’il se trouve en Hollande en février ou mars 1607. » Par un autre document, « plusieurs historiens ont spéculé que da Costa accompagne Pierre Dugua de Mons et Samuel de Champlain lors d’un ou de plusieurs de leurs voyages en Acadie et dans la région du Saint-Laurent. Cette hypothèse est plausible, mais dans les premiers mois de l’exécution de son contrat, il est certain qu’il n’est pas à bord d’un navire à destination de l’Amérique du Nord. Au printemps 1609, il se trouve plutôt à Rouen en Normandie et le 15 juin de cette même année, Bauquemare met fin à son contrat sous prétexte « que ledict n---- s’est deffaict de moi ». En conséquence de quoi « certains historiens remettent en cause sa venue au Canada en raison du manque de preuves historiques ». C'est bien maigre pour un timbre, mais bon il fallait bien trouver quelqu'un pour illustrer l'histoire des minorités ethniques en Nouvelle-France...

Voir comment Radio-Canada décrit cette initiative difficile de Postes Canada de rendre hommage en 2017 à ce personnage historique « énigmatique ». On attend le timbre commémoratif historique sur le 375e anniversaire de la fondation de Montréal de la part de Postes Canada, plutôt qu’un timbre qui célébrerait par exemple le multiculturalisme moderne. À notre connaissance, aucun timbre à caractère historique n’est prévu pour ce 375e anniversaire.


Portrait imaginaire de Mathieu da Costa.

Bien que l’histoire de Mathieu Da Costa demeure incomplète [grand prix de l'euphémisme], l’intérêt pour sa vie et pour le lien unique qu’il avait noué avec notre pays nous rappelle les valeurs de respect, de tolérance et de diversité que les Canadiens chérissent tant.

– Deepak Chopra, Président-directeur général de Postes Canada

L'école doit-elle faire connaître une histoire honnête du pays ou du monde ou former des historiens ?

Extraits d’une chronique intéressante de Louis Corneiller (que nous avons éreinté pour ses dérives d’un étatisme crispé par ailleurs) sur les objectifs du cours d’histoire à l’école. Nous sommes d’accord avec lui que l’école ne doit pas d’abord chercher à former des historiens, mais d’abord à faire connaître une histoire honnête du pays ou du monde où les élèves grandissent. Notons également que nous ne sommes pas non plus pour un cours d’histoire dont la méthodologie ou les moindres lignes seraient prescrites par l’État. Il est légitime de demander aux écoles d’apprendre les grandes lignes de l’histoire du pays où elles se trouvent, mais pas de leur dire comment l’enseigner en détail. 

[...]

« L’enseignement de l’histoire à l’école publique sème la controverse depuis plus de cent ans un peu partout dans le monde. Le Québec ne fait pas exception à cette règle », écrivent justement Marc-André Éthier et David Lefrançois dans l’introduction de Quel sens pour l’histoire ?, un ouvrage collectif qui se penche sur le nouveau programme (2016) d’histoire du Québec et du Canada au secondaire.

Les six didacticiens ou enseignants qui signent ce manifeste aiment l’histoire autant que moi et souhaitent, eux aussi, que cette matière occupe une place centrale à l’école. Toutefois, sur la manière, nos conceptions divergent.

Un enseignement scientifique

Éthier, Lefrançois et leurs collègues plaident pour un enseignement scientifique de l’histoire. Pour eux, il importe surtout d’apprendre aux élèves à « penser un peu comme le font les historiens », c’est-à-dire, ainsi que le résument Yelle et Déry, « à faire un travail d’analyse critique des sources selon une question posée pour établir des faits historiques et les organiser afin de mieux répondre aux questions d’aujourd’hui » dans une démarche d’enquête. Pour Éthier et Lefrançois, « c’est en faisant de l’histoire que l’on devient historien ».

Cette approche, plus axée sur les compétences que sur les connaissances, s’oppose à l’enseignement traditionnel de l’histoire nationale, fondé sur la transmission d’un récit chronologique des grands événements du passé. Cette histoire-récit, selon les didacticiens, aurait pour défauts d’être anecdotique, d’imposer une banale mémorisation et de reposer « sur la soumission à l’autorité extérieure », alors que la pratique de la pensée historienne qu’ils prônent permettrait le développement de l’esprit critique et de l’autonomie.

Boutonnet déplore d’ailleurs que le nouveau programme reproduise « des formes traditionnelles, conservatrices et obsolètes de l’enseignement de l’histoire nationale qui ne s’appuient sur aucune donnée probante de la recherche récente en didactique ». Demers, quant à elle, s’inquiète du tour nationaliste que prend ce programme aux allures de « roman national ».

Dans Le bonheur d’apprendre (Points, 1997), le journaliste français François de Closets exprimait son désaccord, que je partage, avec cet enseignement scientifique de l’histoire, qui veut faire acquérir aux élèves « les fondements d’un savoir universitaire dans une pure logique de chercheur ».

L’histoire-récit traditionnelle, reconnaissait-il, a des défauts (elle véhicule quelques clichés), mais elle a « le double mérite de passionner les enfants et de leur fournir d’indispensables repères chronologiques ». Elle s’est d’ailleurs bonifiée, depuis, en intégrant à sa narration principalement politique des thèmes relevant de l’histoire sociale (économie, religion, classes sociales, histoire des femmes et des minorités [Note du carnet : ce n’est pas nécessairement une bonification, car on voit bien l’exploitation politique qui en est faite...†]) et en reconnaissant le pluralisme interprétatif (au sujet de la Conquête, des patriotes, de la Confédération).

Éthier et Lefrançois ont peut-être raison de dire que c’est en faisant de l’histoire que l’on devient historien. Toutefois, on peut penser que le rôle de l’école n’est pas de former des historiens, mais des citoyens qui ont une connaissance honnête de l’histoire, comme on n’enseigne pas la littérature pour former des écrivains, mais des lecteurs.

De même, avoir un regard critique sur notre histoire nationale est certes nécessaire, mais encore faut-il d’abord avoir une bonne connaissance de cette dernière avant de la déconstruire, pour ne pas se complaire dans un procès intempestif du passé.





† On voit ainsi les pouvoirs publics sortir des inconnus de l’obscurité historique la plus totale afin d’étayer une conception moderne et souvent importée de l’histoire du pays (par exemple, le mois de l’Histoire des Noirs importé des États-Unis).

À tel point, par exemple, que Postes Canada «  a voulu mettre en avant un personnage historique qui a captivé et émerveillé les esprits, dont l’auréole continue d’étonner les chercheurs, historiens et autres auteurs. » L’émerveillement et l’auréole sont tels qu’il s’agit d’un personnage, Mathieu Da Costa, dont on ne connaît en pratique quasiment rien (on ne sait pas, par exemple, s’il est même venu au Canada, ni s'il était métis plutôt que noir). On comprend l'étonnement... On n’a pour tous documents que de très courtes et vagues mentions à cet homme.

Selon L'Encyclopédie canadienne, «[l]e seul fait connu et vérifiable sur Mathieu da Costa est un document révélant qu’il se trouve en Hollande en février ou mars 1607. » Par un autre document, « plusieurs historiens ont spéculé que da Costa accompagne Pierre Dugua de Mons et Samuel de Champlain lors d’un ou de plusieurs de leurs voyages en Acadie et dans la région du Saint-Laurent. Cette hypothèse est plausible, mais dans les premiers mois de l’exécution de son contrat, il est certain qu’il n’est pas à bord d’un navire à destination de l’Amérique du Nord. Au printemps 1609, il se trouve plutôt à Rouen en Normandie et le 15 juin de cette même année, Bauquemare met fin à son contrat sous prétexte « que ledict n---- s’est deffaict de moi ». En conséquence de quoi « certains historiens remettent en cause sa venue au Canada en raison du manque de preuves historiques ». C'est bien maigre pour un timbre, mais bon il fallait bien trouver quelqu'un pour illustrer l'histoire des minorités ethniques en Nouvelle-France...

Voir comment Radio-Canada décrit cette initiative difficile de Postes Canada de rendre hommage en 2017 à ce personnage historique « énigmatique ». On attend le timbre commémoratif historique sur le 375e anniversaire de la fondation de Montréal de la part de Postes Canada, plutôt qu’un timbre qui célébrerait par exemple le multiculturalisme moderne. À notre connaissance, aucun timbre à caractère historique n’est prévu pour ce 375e anniversaire.


Portrait imaginaire de Mathieu da Costa.

Bien que l’histoire de Mathieu Da Costa demeure incomplète [grand prix de l'euphémisme], l’intérêt pour sa vie et pour le lien unique qu’il avait noué avec notre pays nous rappelle les valeurs de respect, de tolérance et de diversité que les Canadiens chérissent tant.

– Deepak Chopra, Président-directeur général de Postes Canada

jeudi 9 mars 2017

Deux fois plus de dépressions chez les femmes qu'il y a 40 ans. Rançon de la « libération » de la femme ?

La prévalence de la dépression chez les femmes a doublé en 40 ans, selon une vaste étude publiée par le Collège européen de neuropsychopharmacologie (ECNP) à l’occasion de son congrès annuel qui s’est tenu à Paris en 2011.

Cette étude, menée par Hans-Ulrich Wittchen de l’Université de Dresde (Allemagne) et ses collègues pendant 3 ans dans 30 pays (ceux de l’Union européenne plus la Suisse, l’Islande et la Norvège) montre que le taux de dépression chez les femmes, âgées de 16 à 42 ans, a doublé depuis les années 1970. La plus grande partie de cette augmentation s’est produite dans les années 1980 et 1990. Les taux sont maintenant stables.

Les femmes ont un risque de dépression évalué de 10 % à 13,4 %, soit deux fois plus élevé que les hommes.

Les chercheurs attribuent cette augmentation aux changements sociaux : cumul du travail extérieur au foyer et de la famille, divorce... Ce serait celles qui sentent qu’elles ne réussissent pas bien à s’occuper de leurs enfants qui seraient plus susceptibles de vivre la dépression. (Étape suivante : une campagne gouvernementale pour déculpabiliser les femmes qui s’occuperaient mal de leurs enfants ?)

Les enfants dont la mère reste à la maison ont de meilleurs résultats à l’école

Rappelons qu’une métaétude, publiée à la fin 2010 par le Macalaster College au Minnesota et l’Université de Californie à partir de 69 enquêtes menées dans le monde entier depuis les années 1960, révèle que les enfants ont tendance à moins bien réussir à l’école si leur mère retourne au travail moins d’un an après leur naissance.

La recherche tendait à affirmer jusqu’ici que la garde non maternelle de l’enfant — quoiqu’ayant un impact négatif sur son bien-être émotionnel et pour son comportement — avait néanmoins des aspects positifs quant au développement cognitif.

La métaétude citée par le Daily Mail de Londres contredit cette affirmation et montre en même temps que les résultats varient selon la classe sociale et la structure familiale.

Ainsi, les enfants de classes moyenne et supérieure qui vivent avec leurs deux parents ont même, en moyenne, de moins bons résultats scolaires que leurs congénères de même classe sociale si leur mère retourne au travail dans les trois ans après leur naissance.

Peu de Hollandaises travaillent à plein temps, elles se disent très heureuses

En 2001, près de 60 pour cent des femmes néerlandaises qui travaillent travaillaient à temps partiel, contre seulement 20 pour cent des femmes canadiennes. Aujourd’hui, le nombre est encore plus élevé, oscillant autour de 75 pour cent. Certaines y voient un progrès, la preuve d’un supplément de liberté personnelle et l’adoption d’un mode de vie équilibré.

Pour d’autres, toutefois, il s’agirait d’une statistique alarmante puisqu’elle tend à indiquer que les femmes hollandaises ont abandonné la lutte à l’égalité dans le domaine de l’emploi salarié. L’économiste Heleen Mees prétend ainsi que la Néerlandaise typique se satisfait désormais de son sort : « Même à l’Université d’Amsterdam, l’université la plus “progressiste” que nous ayons, un de mes étudiants de 22 ans m’a déclaré : En quoi ça vous concerne si ma femme veut préparer des biscuits ? Et les étudiantes étaient d’accord avec lui ! Mais qu’est-ce qui se passe ici ? »

Mme Mees dirige une organisation qui s’appelle Les femmes au sommet dont le but est de pousser les Néerlandaises à entreprendre des carrières ambitieuses. Son slogan : « En finir avec le féminisme à temps partiel ! » Mme Mees souligne que le travail à temps partiel est un des principaux facteurs dans l’écart salarial persistant entre les hommes et les femmes. Notons qu’il n’y a écart qu’à travail égal, ce n’est pas le cas ici, comme le rappelait le Wall Street Journal : « Il n’y a pas d’écart salarial hommes-femmes ». Pour Heleen Mees, il s’agit également d’une question de principe : « Je pense que les femmes instruites ont une obligation morale d’assumer des positions importantes, pour donner l’exemple à leurs filles. »

Mais les Hollandaises semblent rester sourdes à l’appel des sirènes de l’entreprise. Interrogées pour savoir si elles aimeraient augmenter leurs heures, seuls quatre pour cent d’entre elles ont répondu oui, comparées à 25 pour cent pour les Françaises.

Pour Ellen de Bruin, auteur du succès de librairie Ces Hollandaises qui ne ne dépriment pas... Comment font-elles ? (Un clin d’œil au Ces Françaises qui ne grossissent pas... : Comment font-elles ? de Mireille Guiliano) la Néerlandaise typique est naturellement belle, n’est pas esclave de la mode, enfourche son vélo pour faire ses courses, passe beaucoup de temps avec ses enfants et son mari, suit des cours d’art en milieu de semaine, passe avec décontraction l’après-midi à boire du café avec ses amies. Elle aime travailler à temps partiel, gagne moins que son mari, mais ça lui va parfaitement : il paie les factures.

Le livre d’Ellen de Bruin soulignait ensuite que les femmes néerlandaises, comparées aux autres femmes occidentales, se retrouvent constamment au bas des palmarès qui classent les pays en fonction du taux de femmes qui occupent des postes supérieurs dans les entreprises et l’administration, mais qu’elles sont systématiquement classées en haut de ces listes sur le plan du bonheur et du bien-être. En fait, presque tout le monde aux Pays-Bas semble content du statu quo. En 2009, les Pays-Bas arrivaient en tête de tous les pays de l’OCDE pour ce qui est du bien-être global...


Voir aussi

Épidémie de détresse chez les enfants en CPE et chez les enfants de familles nanties

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Lien avéré entre les femmes qui travaillent hors du foyer et l’obésité de leurs enfants

Étude — Le divorce affecte grandement la santé mentale des enfants.





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mercredi 8 mars 2017

Wall Street Journal : « Il n'y a pas d'écart salarial hommes-femmes »

D’après un important groupement féministe pour l’égalité des salaires des femmes, le National Committee for Pay Equity, le 12 avril est la date jusqu’à laquelle les femmes doivent travailler en plus de l’année précédente pour avoir un salaire égal à celui des hommes sur un an : d’après les associations féministes représentées par ce Comité, les femmes touchent 20 % de salaires en moins qu’un homme à travail égal… Les faits et la logique montrent pourtant, de façon répétée, qu’il n’en est rien.

À cette période de l’année, on retrouve un peu partout le même genre d’articles, consacré à l’abhôminable différence de salaire entre les hommes et les femmes.

Pour une école libre avait déjà mentionné, en décortiquant les pages d'un cahier d'activités d'ECR particulièrement féministe, des faits peu connus sur le salaire des femmes et des erreurs de méthode qui conduisent à caricaturer les différences salariales entre les sexes.

Une des erreurs de calcul (« les manipulations » si on n'est pas charitable) est simple, elle consiste à prendre, pour un secteur donné, toute la masse salariale des femmes et de la diviser ensuite par leur nombre. On fait de même côté masculin et on compare les deux. On compare et la comparaison ne laisse aucun doute : les femmes gagnent moins que les hommes « en moyenne ».

Il s'agit là d'un procédé très discutable puisqu’on n’a pas tenu compte des anciennetés, des parcours professionnels, des différences de temps de travail à la journée et dans l’année, des éventuels barèmes…

Cette année, un intéressant article du Wall Street Journal nous fournit quelques éléments supplémentaires de réflexion à ce sujet, nourris par la crise récente qui traverse le monde en général et les États-Unis en particulier.

On note ainsi que les taux de chômage actuel aux États-Unis sont plus haut pour les hommes (9,3 %) que pour les femmes (8,3 %). De plus, le taux d’hommes employés a plus chuté pendant l’année (de 71,4 % à 70,4 %) que pour les femmes (de 58,8 % à 58,3 %). Ces chiffres montrent que plus d’hommes sont découragés dans leur recherche d’emploi que de femmes.

La raison structurelle, au moins en cette période de crise, peut être à chercher du côté des secteurs qui emploient traditionnellement les hommes, comme la construction, le BTP ou les transports, secteurs qui ont subi de plein fouet la crise actuelle.

Or, si l’on accepte que les hommes et les femmes travaillent globalement dans des secteurs différents, on ne devrait pas s’étonner de trouver des différences aussi au niveau des salaires. Tout est, finalement, dans la raison invoquée pour expliquer ces écarts.

Si l’on choisit la version féministe, on mettra rapidement ces disparités sur le dos d’une méchante discrimination ardemment défendue par les vilains patrons, majoritairement « turbolibéraux », donc « acoquinés » avec le Démon moyennant un pacte signé avec leur sang ou celui d’une victime tenue en esclavage dans une cave sombre.

Si l'on s’en tient aux éléments statistiques recueillis avec soin, on se rend compte que la thèse Méchants Patrons et discrimination sexiste … ne vaut rien : les femmes employées à temps complet travaillent en moyenne 8,01 heures par jour, à comparer au 8,75 heures pour les hommes … Et cette différence de 9 % pourrait expliquer, au moins en partie, une différence salariale.

Un autre élément à prendre en compte et très vite oublié par certaines activistes est le type de travail qu’occupent les hommes et les femmes. Et voilà !, statistiquement aussi, un nombre de femmes — suffisant pour être visible sur les grandes masses de populations observées — choisit un travail un peu moins bien rémunéré, mais aux horaires plus réguliers et aux conditions mieux adaptées à leurs demandes. Les hommes, a contrario, choisissent des boulots un peu plus risqués, un peu mieux rémunérés, mais plus contraignants. Cela se traduit d’ailleurs directement dans les accidents sur les lieux de travail, avec une surreprésentation masculine.

Mais le pompon, c’est que la différence salariale homme/femmes tend à diminuer voire s’inverser au détriment de l’homme lorsqu’on tient compte de tous les facteurs définissant un poste donné. Une étude faite en 2010 par Reach Advisor a montré que parmi les travailleurs célibataires et sans enfant de 22 à 30 ans, les femmes gagnaient en moyenne 8 % de plus que les hommes. Si l’on se rappelle que le taux d’instruction et la qualité des diplômes est notoirement meilleure chez les femmes que chez les hommes et que l’ensemble des économies occidentales font de plus en plus appel — par tertiarisation — à des travaux plutôt intellectuels, cet écart ne surprend pas tant que ça.


Le professeur Thomas Sowell sur les idées fausses
en matières de différences salariales entre hommes et femmes


Enfin, à ces éléments statistiques s’ajoute un élément de logique : puisqu'il semble de notoriété publique que les femmes touchent donc systématiquement moins que les hommes à travail égal, pourquoi diable les patrons continuent-ils d’employer des hommes, plus cher de 20 à 30 % ? Les employeurs seraient donc assez malins pour discriminer activement les femmes et les empêcher d’accéder aux postes mieux rémunérés, mais trop sots pour le faire avec les hommes. Sauf à rentrer dans le mécanisme intellectuel douteux du complot mondial, on n’explique guère un tel comportement.

Mais ceci est sans importance puisque le mantra principal, qui pose la discrimination sexuelle comme préalable à toute analyse des différences salariales, est devenu absolument indiscutable au point qu’on ne retrouve plus que lui dans tous les articles de la Grosse Presse et des médias conformistes.






Via (en partie de) Contrepoints





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Discrimination — Les lesbiennes gagnent plus que les hétérosexuelles

Marieka Klawitter de l’Université de Washington s’est penchée en 2015 sur 29 études portant sur les salaires et l’orientation sexuelle. Elle a publié un compte rendu de sa recherche dans Industrial Relations : A Journal of Economy and Society.

En moyenne, ces études révèlent que les lesbiennes bénéficient d’une prime salariale de 9 % par rapport aux femmes hétérosexuelles. Cet écart a été confirmé par des recherches aux États-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada, en Allemagne et aux Pays-Bas. L’écart persiste même en ajustant les résultats pour prendre en compte le fait que les lesbiennes sont en moyenne plus instruites que les femmes hétérosexuelles, et moins susceptibles d’avoir des enfants.

Ces résultats semblent battre en brèche l’idée que les lesbiennes seraient discriminées en raison de leur orientation sexuelle. Notons que les hommes homosexuels gagnent en moyenne 11 % moins que les hommes hétérosexuels.

L’étude ne donne pas de raisons à cet avantage salarial pour les lesbiennes. Plusieurs hypothèses circulent.

Certains auteurs supputent que les femmes qui se déclarent ouvertement lesbiennes sont plus compétitives que leurs consœurs hétérosexuelles. Des études révèlent que les hommes sont plus compétitifs que les femmes, ce qui pourrait expliquer, selon certains, une partie de l’écart salarial entre les sexes. Mais un document de travail publié l’an dernier a révélé que, alors que les hommes homosexuels se comportent de façon moins compétitive que les hommes hétérosexuels et que ceci expliquerait environ 40 % de leurs écarts salariaux, il n’y avait aucune différence sur le plan de la compétitivité entre les lesbiennes et les autres femmes.


Mais les lesbiennes n’ont pas nécessairement besoin de se comporter différemment pour gagner plus. Elles pourraient bénéficier de discrimination positive, si les employeurs leur donnent plus de responsabilités en faisant l’hypothèse qu’elles n’auront pas d’enfant et qu’elles pourront ainsi consacrer plus de temps à leur carrière que leurs collègues hétérosexuelles.

Enfin, il se pourrait que les couples de lesbiennes ne se sentent pas obligés de consacrer autant de temps aux tâches ménagères et à la garde d’enfants (qu’elles ont très rarement, voir le graphique ci-contre), ce qui leur donnerait plus de latitude pour réaliser leur potentiel dans le milieu professionnel. Les couples de lesbiennes ont tendance à travailler plus d’heures par semaine, même quand elles ont des enfants, et plusieurs études montrent que les ménages de même sexe partagent les tâches ménagères plus uniformément que les ménages hétérosexuels.


Voir aussi

Wall Street Journal : « Il n'y a pas d'écart salarial hommes-femmes »

Le Petit Chaperon rouge serait trop sexiste

Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes

« Les femmes aussi violentes que les hommes »

La place des femmes au Moyen-Âge : elles votaient, elles ouvraient boutique sans autorisation maritale


Le féminisme est mort, vive les femmes !

Extraits d’un article de Valeurs actuelles du 7 avril 2016 :

[...]

« Il serait temps que ces militantes qui n’ont été mandatées, que l’on sache, par aucune espèce de “peuple féminin” qu’elles auraient seules vocation à représenter, aient l’obligeance d’exprimer leur ressentiment haineux en leur nom propre et non en celui de toutes les femmes de France et de l’univers qui ne leur ressemblent heureusement pas », écrivait pourtant Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l’université Rennes-I. Tel est, en effet, le point crucial : des milliers de femmes ne se sentent pas représentées, ni même seulement concernées, par les combats des féministes. Des milliers de femmes ont envie de leur crier « pas en mon nom ».

C’est à toutes ces femmes (mais aussi aux hommes) que s’adressent trois ouvrages récemment parus, trois ouvrages consacrés chacun à sa manière à la question du féminisme et qui font souffler sur ce sujet un air profondément rafraîchissant.

Il y a Adieu Simone !, de la journaliste Gabrielle Cluzel, dont le titre dit assez bien qu’il s’agit de solder l’héritage du féminisme incarné par Simone de Beauvoir, « une femme rompue, à la plume talentueuse, mais qui donnait la nausée ».

Sous une étonnante similitude de titre, on trouvera aussi Adieu mademoiselle, d’Eugénie Bastié (ci-contre), journaliste au Figaro, déjà épinglée par le magazine l’Express comme nouvelle jeune figure de la « droite réac » et qui se propose d’analyser en quoi la situation présente procède « de ces idées féministes devenues folles ». Enfin, se centrant davantage sur la question de la sexualité, en particulier la sexualité des jeunes, l’une des grandes « conquêtes » de la révolution initiée par Mai 68, on lira Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque) de la philosophe et sexologue Thérèse Hargot (lire ci-dessous).

Trois ouvrages. Trois regards de femmes. Un même constat : ce qu’on appelle couramment le féminisme a mené les femmes, les jeunes, la société en général dans une impasse mortifère. « Qu’en est-il réellement de la femme européenne, attaque Gabrielle Cluzel. Qu’a-t-elle vraiment gagné depuis cinquante ans ? Qu’a-t-elle surtout perdu ? Quelles sortes de lendemains qui ne chantent pas se prépare-t-elle ? » Pour répondre à cette question, les principaux articles du catéchisme féministe et progressiste en vigueur sont passés au crible d’une analyse lucide, incarnée, souvent drôle malgré la gravité du sujet.



Le travail des femmes, par exemple. Pour Cluzel, il s’agit d’un combat « plein de bonnes intentions, mais qui se révèle étrange, rigide, coercitif, visant à changer en profondeur la femme. Dans ses habitus et sa nature ». Après la servitude volontaire, la libération forcée. « Plutôt que d’adapter l’économie au destin physiologique des femmes, la potentialité d’être mères, la préoccupation des féministes est d’adapter les femmes à la technostructure de l’économie », reprend Eugénie Bastié qui rappelle la phrase de Chesterton : « Le féminisme pense que les femmes sont libres lorsqu’elles servent leurs employeurs, mais esclaves lorsqu’elles aident leurs maris. »

Le contrôle de la fertilité, ensuite. Si les auteurs concèdent volontiers que pouvoir éviter les grossesses multiples a permis de préserver le corps des femmes et leur a offert de davantage disposer d’elles-mêmes, la banalisation des outils de contrôle - pilule, stérilet - a beaucoup nui à la femme. « Le féminisme a voulu libérer la femme d’elle-même : et ce faisant, il l’a niée », écrit Gabrielle Cluzel. Aujourd’hui près d’une jeune fille de 15 à 19 ans sur deux a déjà pris la pilule du lendemain — une prise de risque étonnante, surtout à l’époque du principe de précaution, et à laquelle de très jeunes personnes se soumettent, totalement à l’insu de leurs parents.

Hier considéré comme une réponse douloureuse donnée à un échec, l’avortement est aujourd’hui le droit « féministe » par excellence, un combat sur lequel il faudrait avancer toujours plus loin, quand bien même il s’en pratiquerait déjà plus de 220 000 par an [en France]. Revenant sur la décision récente visant à supprimer tout élément de réflexion, comme si l’IVG était « le seul acte de la vie d’un être humain pour lequel la réflexion serait une régression », Eugénie Bastié analyse : « Il faut donc à la fois ériger l'avortement en principe fondamental et le fondre dans la pure banalité, les deux objectifs n'étant pas antithétiques, puisque le droit n'a désormais d'autre fonction que de canoniser la tendance. »

Ce que nos deux auteurs pointent aussi du doigt avec un mélange d'humour et de commisération, c'est le caractère dérisoire de toutes ces luttes : voilà un féminisme qui forme des comités, rédige des dépêches, fomente des « actions coup de gueule » pour corriger une langue jugée toujours trop sexiste ou faire interdire des jouets encore trop "genrés", mais ne se soucie pas du sort des femmes en terre d'islam, sauf pour dénoncer une improbable "extrême droite musulmane" responsable, par exemple, des agressions de Cologne. Un féminisme qui lutte contre la publicité. Contre les "violences symboliques" (et assez peu contre les violences réelles, comme l'excision ou les mariages forcés, trop exotiques). Qui traque "le sexisme bienveillant" de la politesse, de la galanterie, de la phrase "les femmes et les enfants d'abord", qui veut débaptiser les écoles maternelles...[...]

Mais une ère nouvelle s'ouvre. Comme l'écrivait déjà Élisabeth Lévy, qui exerce son talent critique sur ce sujet depuis longtemps déjà : « Le prochain combat féministe, c'est celui qu'il faut livrer à ce faux féminisme qui, sous couvert de défendre les femmes, veut les assigner à une norme. » La voilà désormais entendue.


Presse féminine Zélie contre la pensée unique

[...] Pour Solange Pinilla, littéraire passée par le journalisme, aujourd'hui jeune mère de famille, rien dans la presse dite "féminine" n'était à même de saisir la femme de manière plus globale : dans ses dimensions physique, intellectuelle, affective, spirituelle. De fait la lecture, même superficielle, de cette presse est édifiante. Son credo tient en trois mots : consommation, hédonisme, air du temps. Ou en "3M" : mode, maquillage, mecs. « Hé, les gars ! C'est comment d'avoir un pénis ? » (Biba, mars 2016). « Sexe : oublier un bon coup... c'est possible ? » (Cosmopolitan, mars 2016), « Bisexualité des stars, la fin d'un tabou » (Elle), etc. Comment changer les choses ? « Je ne voulais pas mener une réflexion théorique sur la femme, reprend Solange Pinilla, mais proposer des sujets qui concernent les femmes d'aujourd'hui et d'hier, des sujets incarnés, avec des exemples concrets. » Ce sera Zélie, un magazine "100 % féminin, 100 % chrétien", sous forme d'un mensuel gratuit sur Internet. Zélie, en hommage à Zélie Martin, la mère de sainte Thérèse, récemment canonisée avec son époux Louis. Zélie, mère de famille, mais également chef d'entreprise et qui fit même travailler son mari - comme une façon d'échapper à tout cliché. Après sept numéros, le magazine compte déjà plus de huit mille lectrices (et sans doute quelques lecteurs). On y parle de tout : de femmes  n politique, de décoration, des méthodes naturelles, des dominicaines, de l'accueil de l'enfant, des chrétiennes d'Orient, de la relaxation... Pour une autre image de la femme. www.magazine-zelie.com

Sexualité Une jeunesse libre et perdue

Il faut lire l'ouvrage de Thérèse Hargot (ci-contre en classe). Non parce que l'auteur est qualifiée de « nouveau visage du puritanisme » par l'hebdomadaire [très bobo] Les Inrockuptibles, ce qui serait déjà l'indication d'une personne de qualité, mais parce que ce livre donne parfaitement à voir le désarroi dans lequel la libération sexuelle voulue par Mai 68 a jeté la jeunesse d'hier et d'aujourd'hui.

Avec énormément d'empathie, Thérèse Hargot, elle-même enfant de la pilule,du divorce, de l'avortement de masse (elle est née en 1984), et maintenant mère de famille, donne à voir et à comprendre les questions, les angoisses, les névroses de jeunes hommes et de jeunes femmes que l'on a voulu, depuis trois générations, "libérer"des "tabous" liés à la sexualité. Elle les a écoutés, elle est intervenue auprès d'eux dans les classes, elle raconte : la banalisation de la culture porno, l'obsession de l'orientation sexuelle, la confusion identitaire, la déshérence affective et, malgré tout, l'aspiration du plus grand nombre à l'amour, au couple, à l'équilibre. Édifiant et salutaire.

À lire

Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque), de Thérèse Hargot, Albin Michel, 224 pages, 16 €.

Adieu mademoiselle, d'Eugénie Bastié, Les Éditions du Cerf, 224 pages, 19 €.

Adieu Simone ! , de Gabrielle Cluzel, Le Centurion, 128 pages, 11,90 €.

Voir aussi

La sexologue Thérèse Hargot : « La libération sexuelle a asservi les femmes »

Rediffusion : Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes

Discrimination — Les lesbiennes gagnent plus que les hétérosexuelles.


lundi 6 mars 2017

Conférence à Montréal sur l'impératrice Zita qui vécut 8 ans au Québec (10 mars à 19 h 30)


L'essayiste, historien et journaliste au Figaro de Paris donnera une conférence le vendredi 10 mars à 19 h 30 à Montréal sur le couple impérial Charles et Zita d'Autriche-Hongrie.

La dernière impératrice d'Autriche, Zita, de son nom de naissance Zite princesse de Bourbon-Parme, une francophone de naissance, a vécu en exil au Canada une dizaine d'années, dont huit à Sillery, Québec. Son fils, Otto de Habsbourg, est mort il y a quelques années.


Monsieur Sévillia pourra autographier ses livres qui seront disponibles


L'impératrice Zita et ses enfants


Vendredi, le 10 mars à 19h30

Grand Séminaire de Montréal

2065, rue Sherbrooke ouest, Montréal

Entrée gratuite et stationnement gratuit

Pour toutes questions, veuillez contacter :
Sébastien Froidevaux
Directeur général
Fondation du Grand Séminaire de Montréal
Tél.: 514 925-0005

Voir aussi

Zita dernière impératrice d'Autriche au Québec, conférence de son petit-fils S.A.I.R. l'archiduc Rudolf



Colloque pour une guérison de la mémoire au Québec



L’Observatoire Justice et Paix est fier de vous convier à la deuxième édition de ses journées Guérison de la mémoire, qui aura lieu :

Samedi 11 mars 2017 à 9 h
Grande Bibliothèque de Montréal
475, boulevard De Maisonneuve Est
Montréal QC H2L 5C4
Métro station Berri-UQAM

Après le succès du colloque de 2016 à Québec où huit conférenciers ont pris la parole pour réfléchir et échanger sur l’état de notre mémoire collective, nous nous rassemblerons cette fois à Montréal autour d’une formule renouvelée.

Deux conférences principales, données par M. Jean Sévillia, écrivain et chroniqueur au Figaro, et M. Mathieu Bock-Côté, essayiste et chroniqueur au Journal de Montréal. Une table ronde, intitulée L’Église et la question des mœurs, animée par Marie-Andrée Lamontagne, éditrice et journaliste, avec Brigitte Bédard, écrivaine et journaliste, Serge Gagnon, historien et la participation de Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal.

Programme

9 h
Accueil

9 h 30
Ouverture
Présentation du projet de la guérison de la mémoire

10 h
Conférence « L’historiquement correct : l’histoire trahie,
la mémoire manipulée — Comment en sortir ? »
M. Jean Sévillia

11 h 30
Conférence de « Pour une mémoire de la réconciliation » .
M. Mathieu Bock-Côté

12 h 30
Dîner libre

14 h
Table-ronde « L’Église et la question des mœurs au Québec »
Mgr Christian Lépine, Mme Brigitte Bédard et M. Serge Gagnon

15 h 30
Fin


Inscription : Régulier 20 $ ; étudiant 10 $

Des périodes de questions seront prévues tout au long de la journée.

Renseignements sur internet

Pour s'inscrire en ligne.

Québec — 15 000 élèves en difficulté de plus en deux ans

Le nombre d’élèves en difficulté ne cesse d’augmenter dans les écoles québécoises. En deux ans seulement, on en compte 15 000 de plus, a appris Le Journal de Québec. Au secondaire, près de 30 % des élèves font maintenant partie de cette catégorie dans le public.

En 2015-2016, le ministère de l’Éducation a recensé 207 016 élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) dans les écoles publiques et privées, comparativement à 191 747 deux ans auparavant. Depuis au moins une dizaine d’années, le nombre d’élèves en difficulté ne cesse d’augmenter dans les écoles de la province.

L'article du Journal de Québec ne semble pas se demander pourquoi ce nombre ne cesse d'augmenter (si ce n'est pour dire qu'il faut consacrer plus d'argent dans un dépistage précoce).

Ses enfants viennent-ils de familles plus « fragiles » qu'avant ? Les diagnostics sont-ils devenus plus sensibles ? Diagnostique-t-on trop ou mieux ? Y a-t-il un intérêt financier à déclarer des enfants en difficulté pour les écoles, les enseignants ? Plus de budgets, plus de postes à pourvoir ?

On apprend aujourd'hui que le gouvernement de Québec soutient que ce nombre est attribuable à la hausse des dépistages, des professionnels du milieu de l'éducation avancent qu'il est plutôt le résultat des compressions dans le réseau.

C’est le cas de Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, qui déplore que les services offerts aux jeunes en difficulté aient été réduits à la suite des compressions des dernières années. Sa position vient contredire celle du ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Sébastien Proulx.

Pour le ministre, qui dit ne pas être surpris par les chiffres, l’augmentation du nombre de jeunes en difficulté s’explique plutôt par la hausse des diagnostics précoces et par le fait que ces derniers sont plus précis.

Brigitte Dubé, porte-parole de la Coalition des parents d’enfants à besoins particuliers du Québec, abonde dans le même sens. « Il y a une meilleure compréhension de ces problématiques-là. Il y a un meilleur dépistage des conditions neuro-développementales », confirme-t-elle.

Mais Sébastien Proulx soutient qu’il y a plus de ressources que jamais malgré les compressions.

« Il y a plus de professionnels auprès des enfants qu’il y en a jamais eu. Et ce qu’il y a en plus aujourd’hui : une concertation entre le milieu de la famille, le milieu de la santé, le milieu communautaire, les services de garde et l’école. Vous pouvez compter sur moi pour que cette concertation soit encore plus grande à l’avenir », conclut-il.

vendredi 3 mars 2017

Démographie — Nouvelle chute de la natalité en 2016

D’après les statistiques préliminaires de l’Institut de la statistique du Québec, il est une nouvelle fois né un peu moins d’enfants au Québec en 2016 (86 400) par rapport aux sept années précédentes (88 891 en 2009). Ceci alors que la population du Québec a continuellement crû et qu’il y a en 2016 environ un demi-million de personnes de plus au Québec par rapport à 2009. Mais bon, aucun parti politique ne semble s’intéresser à la démographie depuis longtemps, l’immigration devant magiquement résoudre tous les problèmes apparemment.

D’après les chiffres complets (mais préliminaires) publiés par l’Institut de la Statistique du Québec, le taux de natalité du Québec s’établit à 10,4 naissances pour mille habitants (10,4 ‰) en 2016 alors qu’il était de 10,5 ‰ l’année passée et encore de 11,3 % en 2009. Le lent déclin démographique du Québec semble bien se confirmer malgré les énormes sommes d’argent investies dans ce que les gouvernements successifs du PLQ et du PQ nomment la « politique familiale » qui vise principalement non la natalité, mais l’accès au travail des femmes malgré une naissance (les femmes restant à la maison ne recevant rien).


Cette natalité déprimée (elle l’est encore plus pour les francophones de naissance !) explique avec l’immigration importante que connaît le Québec (un des plus hauts taux par tête d’habitant au monde...) le changement démographique rapide en cours.

Selon les projections du document Projections linguistiques pour le Canada, 2011 à 2036, le poids démographique de la population de langue maternelle française au Québec devrait passer de 78 % en 2011 à une proportion oscillant entre 69 % et 72 % en 2036. À notre connaissance, aucun parti politique québécois n’a commenté officiellement ces prévisions ni le déclin déjà observé dans le nombre de francophones de naissance (81 % en 2001, 83 % en 1986).

Pendant ce temps, l’anglais continuera de progresser dans la province. La population de langue d’usage anglaise au foyer grimpera à 13 %.




Source : Institut de la statistique du Québec


Voir aussi

Chute importante prévue du français dans les foyers québécois

Québec — Trois nouveau-nés sur dix ont au moins un parent né à l’étranger

La fécondité continue de chuter au Québec

Québec — Plus bas nombre de naissances depuis 8 ans, record de décès [mars 2016]

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Pologne — Allocation familiale universelle pour lutter contre l’implosion démographique

Le coût des garderies québécoises

Québec — La valeur marchande des garderies subventionnées est en baisse

Hara kiri

La famille nombreuse, antidote au vieillissement [personnel, non seulement sociétal] ?

La peur de l’avenir saisit les Allemands, la natalité remonte surtout grâce aux immigrés

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Les femmes auraient peu d’enfants au Japon car elles se marient de moins en moins

La croissance de la population du Québec ralentit pour une cinquième année consécutive, malgré une immigration très importante

Québec (bizarre) — Hausse de 17 % du nombre d’élèves d’ici 2029 grâce « l’augmentation du nombre de naissances observée » ? selon le ministre de l’Éducation !