mercredi 10 mars 2021

Tribunal chinois : manuel peut qualifier l'homosexualité de trouble psychologique, que feront les sociétés américaines wokes ?

Un tribunal vient, pour une seconde fois, de débouter une militante chinoise et de permettre qu’un manuel de psychologie qualifie l’homosexualité de trouble psychologique. Voir article ci-dessous, après le filet horizontal.

Comment réagiront toutes les entreprises américaines qui y ont des intérêts commerciaux ? Toutes ces sociétés et médias qui font la chasse aux stéréotypes dans les dessins animés pour en bannir un putois (en réalité une moufette) trop entreprenant (et à l’accent caricatural français dans la VO) ou les souris trop rapides et trop mexicaines...?

En 2016, tous les studios de cinéma américains, les ligues sportives, etc., ont boycotté la Caroline du Nord à cause de ce projet de loi censément transphobe sur les toilettes (les personnes prétendant être trans devaient utiliser la salle de bain de leur sexe biologique). Feront-elles de même avec les Chinois dont le marché intérieur les fait saliver. C’est fort peu probable. La Chine est trop puissante, n’a pas besoin des Disney de ce monde et se désintéresse de plus en plus de la production culturelle occidentale.

Prenons l’exemple du marché cinématographique chinois. Celui-ci a explosé pendant le Nouvel An chinois (12 au 26 février 2021), avec deux superproductions rapportant plus de 650 millions de dollars. Les Occidentaux qui désirent faire distribuer leurs films étrangers sont confrontés à une myriade de défis, notamment l’évolution des goûts locaux et une censure plus tatillonne.

Pendant les récentes vacances du Nouvel An lunaire en Chine, les cinémas ont encaissé des recettes record de 1,2 milliard de dollars. Depuis lors, une procession de superproductions a continué d’engendrer d’énormes bénéfices. En tête, la comédie dramatique Salut, maman ! avec plus de 750 millions de dollars de recettes, suivie par Détective Chinatown 3 avec 670 millions de dollars et L’Odyssée d’un écrivain à 140 millions de dollars. Au cours de la même période, le plus grand film états-unien, Tom et Jerry de la Warner, n’a réussi à récolter que 13,7 millions de dollars sur le marché chinois (soit un peu plus d’un 1 % de la recette de cette longue semaine faste).

Scène de Détective Chinatown 3

Le plus inquiétant pour les Occidentaux, cependant, disent les initiés interrogés par The Hollywood reporter, est le changement notable des goûts du public chinois qui se détourne des récits étrangers pour se tourner vers le cinéma nationaliste chinois. Même avant la pandémie, les films qui entraient en résonance avec les spectateurs chinois étaient devenus de plus en plus patriotiques — des locomotives comme Mon Peuple, mon pays et Le Plus Courageux — avec moins d’attention accordée aux diverses productions internationales, même dans des petites niches de marché. Ce schéma s’est poursuivi tout au long de la pandémie — voir le rare succès populaire de l’épopée martiale située lors de la Seconde Guerre mondiale Les 800 l’été dernier. Succès confirmé dans le secteur de la diffusion sur internet en Chine qui a été stimulé plutôt que bridé par les confinements liés à la COVID. « Même les plateformes [internet] ne valorisent pas les films indépendants étrangers pour le moment », de déclarer Cindy Mi Lin, PDG du distributeur Infotainment China Media.

La réalisation de films sur un thème chinois qui séduit à la fois le public américain et chinois a toujours été une gageure. Rappelons que la production Disney Mulan destinée au marché Chinois avait aussi été un four, tout comme La Grande Muraille en 2016 avec Matt Damon.

Le ralentissement du marché de l’importation de films en Chine sera également exacerbé par une forte augmentation du contrôle réglementaire en 2021. Le scandale censément xénophobe qui a coulé l’adaptation du jeu vidéo Monster Hunter l’année dernière a incité l’administration cinématographique chinoise à resserrer considérablement le processus de censure pour tous les films importés.

Réalisé par Paul WS Anderson (Resident Evil, Les créatures maléfiques) et produit par l’allemand Constantin Films, le japonais Toho et le géant chinois de la technologie Tencent, Monster Hunter a été brutalement retiré des cinémas chinois un jour après sa sortie en décembre dernier. En cause une brève scène qui a attiré l’attention des cinéphiles et a causé tout un ramdam sur les réseaux sociaux. La séquence de 10 secondes qui a déclenché le tollé met en scène un personnage américano-asiatique (joué par le rappeur/acteur MC Jin) où il dit à un autre personnage : « Regarde mes genoux [my knees] ». « De quel genre de genoux s’agit-il ? », demande son compagnon blanc. « De chinois [Chi-nese] », ironise Jin. Plusieurs ont interprété ce jeu de mots comme une référence à la rime de cours de récréation communément utilisée autrefois (« Chinese, Japanese, dirty knees ») pour insulter les personnes d’origine asiatique — et les médias sociaux chinois ont été pris d’assaut par des critiques incendiaires à l’égard des censeurs du pays qui n’avaient pas su repérer le « mépris » dans cette réplique.

« Cette réplique a torpillé la sortie du film en entier. Désormais, les censeurs sont beaucoup plus prudents avec tous les films importés et passent à la loupe chaque ligne de dialogue », explique un distributeur chinois chevronné de films importés (qui a demandé à ne pas être nommé en raison de la sensibilité liée au sujet de la censure).

Les sociétés wokes des États-Unis sont très mal placées pour s’insurger contre la censure chinoise. Gageons qu’elles se plieront diligemment aux exigences conservatrices sur le plan moral des autorités et du public chinois, là où elles imposent leur ordre du jour progressiste et radical en Occident.

 


Un tribunal chinois a confirmé une décision selon laquelle une description dans un manuel de l’homosexualité comme « un trouble psychologique » n’était pas une erreur factuelle, mais simplement une « opinion universitaire ».

La communauté LGBT chinoise et la femme de 24 ans qui a déposé la plainte ont exprimé leur déception face à la décision rendue la semaine dernière par le tribunal populaire intermédiaire de Suqian (Sou-k’ien, 4,7 millions d’habitants) dans la province orientale du Jiangsu (Kiang-sou en transcription traditionnelle française).

Ou Jiayong, qui utilise également le nom Xixi (prononcé quelque chose comme Hsi-hsi), a déclaré que la décision du tribunal sur ce qui constituait une « erreur factuelle » était « aléatoire et sans fondement ».

En 2016, au cours de sa première année d’études à l’Université d’agriculture de Chine du Sud à Guangzhou (Kouang-Tchéou), dans la province du Canton, Xixi est tombée sur un manuel de psychologie décrivant l’homosexualité comme un trouble mental.

Xixi et ses amis protestant contre le manuel devant les bureaux de l’éditeur à Guangzhou (Kouang-Tchéou), dans la province de Canton en juillet 2016.

L’édition 2013 du Manuel d’éducation en santé mentale pour les étudiants universitaires, publiée par les presses universitaires de Jinan (Tsinan), classait l’homosexualité sous « troubles psychosexuels courants » en compagnie du travestissement et du fétichisme. Le manuel déclarait que l’homosexualité « était considérée comme une perturbation de l’amour et du sexe ou une perversion du partenaire sexuel ».

Le manuel est utilisé par un certain nombre d’universités chinoises.

En 2017, Xixi a poursuivi l’éditeur du manuel et le détaillant en ligne JD.com qui le stocke, exigeant qu’il supprime la référence et s’excuse publiquement. Elle a dit que le livre était « un travail de mauvaise qualité », car ces affirmations étaient fausses, sans aucune base scientifique pour les étayer.

À la fin de l’année dernière, le tribunal populaire du district de Suyu (Soyou) à Suqian (Sou-k’ien) s’est prononcé en faveur de la maison d’édition, affirmant que les opinions opposées de Xixi et de l’éditeur étaient dues à des divergences d’opinions plutôt qu’à une erreur factuelle.

Sources : Hollywood Reporter, South China Morning Post.

Voir aussi 

Cinéma — le marché chinois a dépassé le nord-américain, part d’Hollywood s’effondre en Chine (novembre 2020)

Chine dit libérer les femmes Ouïgoures de la maternité en les émancipant et en les rendant plus autonomes

Chine — Plus besoin de faire des études aux États-Unis

Chine : le nombre croissant de diplômés sans emploi inquiète les autorités  

Chine — Malgré la fin de la politique de l’enfant unique, la natalité continue de baisser

Chine — Instruction à domicile en pleine croissance et pourtant mal vue par les autorités

Seuls 6 % des enfants d’homosexuels seraient élevés par des couples homosexuels 

Mark Steyn sur le mariage homo, la mort de la famille et l’État-providence obèse

Plaintes d’abus sexuels auraient été ignorées, car les parents adoptifs étaient homosexuels

Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté

Après les drogues et le SIDA, le tabou des violences dans les couples homosexuels

Étude suggère des risques pour les enfants élevés par des couples homosexuels

Étude révèle que les enfants vivant avec des homosexuels accusent un retard scolaire 

Aucun commentaire: