mercredi 25 avril 2018

Californie — vers une interdiction de livres prônant une sexualité traditionnelle ?

Dans la série « admettre avec tolérance les LGBTQ2SAAI+ ne changera rien à votre vie », considérons le projet de loi californienne AB-2943 Unlawful [goods and] business practices : sexual orientation change efforts (Pratiques commerciales [et biens] illégales : efforts de changement d’orientation sexuelle). Le projet de loi a été approuvé en commission bicamérale. Nous avons ajouté « [et biens] », car même si ces deux mots n’apparaissent pas dans le libellé du projet de loi, le texte du projet de loi les mentionne très clairement (plus de détails ci-dessous).

De quoi s’agit-il ? L’Assemblée législative de l’État de Californie est sur le point d’approuver un projet de loi qui interdirait, entre autres choses, la vente de livres qui viseraient à convaincre ses lecteurs de la justesse des croyances chrétiennes orthodoxes au sujet de la moralité sexuelle. Ils visent aussi à interdire, et c’est surtout cet aspect qui est mis en avant par les partisans de ce projet de loi, les controversées thérapies de conversion pour homosexuels, aussi appelées thérapies de réorientation sexuelle. Ces « thérapies de conversion » ont été interdites en Ontario par le gouvernement de la militante LGBT Kathleen Wynne en juin 2015.

Il reste que ce projet de loi interdirait la vente de tout bien lié à tout effort de changement d’orientation ou de genre. Et donc qu’il peut logiquement, selon le National Review, mener à interdire la vente des livres. Oui, interdire la vente de livres.

Le projet de loi AB 2943 de l’Assemblée législative assimilerait à une « pratique commerciale illégale » le fait d’effectuer « une transaction destinée à aboutir ou qui aboutit à la vente ou à la location de biens ou de services » qui fait de la publicité, offre de s’efforcer ou s’efforce de modifier « l’orientation sexuelle d’une personne ».

Le projet de loi définit ensuite les « efforts de changement d’orientation sexuelle » comme « toute pratique visant à modifier l’orientation sexuelle d’une personne. Cela comprend les efforts visant à changer les comportements ou les expressions de genre, ou à éliminer ou à réduire les attirances ou les sentiments sexuels ou romantiques envers les personnes du même sexe. » [Nous avons ajouté le gras.]

Nombre d’enfants référés à la clinique du genre (GIDS) en Angleterre par année et par sexe
Lire prof. Jordan Peterson : «  Nous sommes en pleine épidémie psychologique. Cela se produit régulièrement. »


Ce projet de loi est radical et contraire à la tradition occidentale. L’orthodoxie chrétienne est simple — indépendamment des désirs d’une personne (leur « orientation »), la norme de conduite correcte est limpide. Le sexe est réservé au mariage entre un homme et une femme. Quant à « l’expression du genre », il n’y a pas de différence entre « sexe » et « genre », et la réponse chrétienne à la dysphorie du genre est la compassion et le traitement, et non l’indulgence et la mutilation chirurgicale (voir le cas de Thomas illustré ci-dessous).

Thomas entre Pauline Moreno et Debra Lobel (ses deux « mères » lesbiennes)
qui affirment qu’il n’a pas subi de pressions
dans sa décision de devenir une fille



En d’autres termes, il existe une différence fondamentale entre la tentation et le péché. La loi californienne s’immiscerait directement dans cet enseignement en interdisant même l’argument selon lequel, quel que soit le désir sexuel, le comportement sexuel d’une personne devrait être conforme aux normes bibliques. Notons que la Cour suprême du Canada va dans le même sens que le projet de loi californien affirmant que l’orientation sexuelle est en quelque sorte consubstantielle à l’identité des personnes et que s’y attaquer est analogue à la couleur de la peau des gens. Voir entre autres sur le sujet le sidérant arrêt Whatcott. Notons, incidemment, la contradiction des points de vue des partisans de la théorie du genre (pour qui la sexualité et l’identité de genre sont très fluides et changeantes) et de ceux pour qui l’identité homosexuelle est en quelque sorte innée (je n’y peux rien, je suis né ainsi).

Les chrétiens trouvent leur identité dans le Christ, pas dans leur genre et pas dans leur orientation sexuelle. L’État de Californie s’oppose à cette vision. Votre sexe et votre orientation sont votre identité, et vous devriez vous engager dans des actions qui célèbrent et confirment cette prétendue essence. Pour les religieux conservateurs, l’État est en train de créer une nouvelle religion de libertinage sexuel, déclarant que les religions qui s’y opposent sont non seulement fausses, mais nuisibles et qu’il faut donc interdire « les biens et les services » qui viseraient à lutter contre cette nouvelle religion libertine.

Entre-temps à l’école québécoise
Personne ne doute que l’orthodoxie chrétienne soit controversée aujourd’hui. Personne ne doute que ses enseignements sur la morale sexuelle soient de plus en plus impopulaires. Mais ils restent constitutionnellement protégés aux États-Unis (c’est moins sûr au Canada), et aucune législature d’État ne devrait être autorisée à interdire un « bien » (comme un livre) ou un « service » (comme le conseil) qui défend cette vision conservatrice et les fournit à des consommateurs consentants. En fait, la loi de l’État promulguerait une nouvelle orthodoxie sexuelle officielle en interdisant sa contestation. Elle y enfermerait aussi des jeunes qu’elle prétend pourtant vouloir protéger.

Pour ne prendre qu’un exemple, un grand nombre d’enfants qui présentent une dysphorie de genre finissent naturellement par revenir à la norme. Leur dysphorie disparaît avec l’âge. En effet, une étude sérieuse indique qu’il s’agit-là du « résultat le plus probable » pour un enfant atteint de dysphorie de genre. En vertu du projet de loi AB 2943, le simple fait de communiquer cette vérité porteuse d’espoir pourrait très bien mener à être poursuivi...

Malgré les problèmes constitutionnels évidents et malgré son intolérance patente envers l’éthique chrétienne de millions de ses citoyens, le projet de loi est en passe d’être adopté — il a été approuvé deux fois en comité bicaméral à 8 contre 2 puis 8 contre 1. Il pourrait être soumis aux voix à l’Assemblée législative californienne dès demain, jeudi.

Et bien sûr, la Californie est loin d’être un État marginal. Il est considéré comme le centre de l’opposition à Trump et appelé « l’avenir de la politique américaine ». C’est le modèle progressiste, même pas celui de l’extrême gauche.


Voir aussi

Détourner la lutte contre l’intimidation et intimider les hétérosexistes

Angleterre — Au moindre soupçon, des écoles considèrent les élèves comme transgenres

Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci)

Priorité éducative du Québec — Urgence : « Adapter [sic] l’école aux écoliers transgenres »

Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » (arrêt Whatcott)

Tribunaux suprémacistes (arrêt Whatcott, suite)

Le syndicat (majoritaire dans l’enseignement) CSQ suggère des livres homosexuels et transgenres aux garderies et écoles primaires

Le Québec « en avance » dans la formation des enseignants à la lutte contre l’hétérosexisme

À l’école, la lutte contre « l’homophobie » doit-elle se faire par la promotion de l’homosexualité ?

Intimidation à l’école : insultes sur le physique, les notes, l’origine culturelle et linguistique bien avant « l’homophobie »

Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l’hétérosexisme en classe de français, d’anglais, d’histoire et de mathématiques

Conférencier anti-intimidation insulte et intimide des élèves chrétiens

Couple homosexuel invité en cours de mathématiques, euh ECR, exercice de « français » sur le « mariage homosexuel »


Jordan Peterson sur Trudeau et son « peoplekind », les danses père-fille annulées et les enfants de 3-4 ans à qui ont dit qu'ils peuvent choisir leur genre


Pétition pour amender le nouveau programme québécois d'éducation à la sexualité (m-à-j)

Une association de parents inquiets du nouveau programme obligatoire (et unique) du gouvernement québécois a lancé une pétition en ligne après avoir rassemblé plus de 3000 signatures sur des formulaires papier. Plus de 9240 Québécois ont signé cette pétition à ce jour (25 avril 2018). Le Journal de Montréal et TVA Nouvelles ont évoqué cette pétition aujourd'hui.





Pour signer la pétition, allez ici.
Pétition pour amender le nouveau programme québécois d’éducation à la sexualité
ATTENDU QUE le Gouvernement du Québec compte introduire, en Septembre 2017, un nouveau programme d’éducation à la sexualité, à caractère explicite et obligatoire, débutant dès la maternelle et ce, sans possibilité de droit de retrait de l’élève;
ATTENDU QUE ce programme ne s’inscrira pas à l’intérieur d’un cours spécifique, mais sera intégré dans la grille horaire des matières déjà existantes;
ATTENDU QUE ce programme est silencieux quant à la méthode d’enseignement à utiliser, permettant à quiconque de l’enseigner, en fonction de leurs interprétations personnelles, opinions subjectives, et choix de techniques « innovatrices »;
ATTENDU QUE ce programme est ni neutre ni impartial, et qu’il porte atteinte aux droits des parents à fournir à leurs enfants une éducation sexuelle compatible avec leurs valeurs familiales, croyances et mœurs;
ATTENDU QUE ce programme fait la promotion de l’ « exploration de nouvelles valeurs et normes en matière de sexualité, au-delà de celles de la famille » (Apprentissages en éducation à la sexualité au secondaire, page 3);
ATTENDU QUE ce programme ne fournit aucune flexibilité permettant de s’adapter aux besoins ou au développement propre à chaque enfant;
ATTENDU QUE ce programme fait présentement l’objet d’un projet pilote dans des écoles situées principalement en dehors de la région de Montréal, représentant ainsi inadéquatement la diversité culturelle et religieuse de la société québécoise;
Pour ces motifs, NOUS, soussignés, demandons au gouvernement du Québec ainsi qu’au Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, de retarder l’implantation du nouveau programme d’éducation à la sexualité et d’y apporter les amendements suivants;
1) Réviser le contenu du programme afin d’y refléter la diversité des valeurs, croyances, cultures, et religions de la société québécoise pluraliste;
2) Introduire l’éducation à la sexualité à l’intérieur d’un cours spécifique, inscrit dans une plage horaire définie, et qui n’affecterait d’aucune façon le temps alloué à l’enseignement des autres matières;
3) Exiger que les personnes appelées à enseigner le contenu du programme soient des professionnels certifiés en la matière;
4) Informer les parents par écrit, avant qu'un tel cours soit donné, du contenu et thèmes d'apprentissage, en spécifiant la date et l’heure auxquels ils seront enseignés, par qui, où, utilisant quels matériel et outils pédagogiques, et permettre l’accès aux parents à ce matériel et outils pédagogiques;
5) Permettre aux parents d’exercer le droit de retrait de leur enfant pour le cours, ou pour l’un de ses thèmes, par simple avis écrit, et ce sans devoir justifier quelconque motif ou rencontrer quelconque critère, tel droit existant dans d’autres juridictions canadiennes et américaines, et prévoir un cheminement ou une activité alternative pour cet élève;  
(Références:
Voir aussi

Éducation à la sexualité : pourquoi aucune école pilote dans la ville de Montréal ?

Québec — Le nouveau programme d’éducation sexuelle prônerait l’exploration sexuelle...?

L'éducation à la sexualité imposée à la maternelle

Projet pilote d'éducation sexuelle : aucune exemption du cours ne sera tolérée

Pape condamne les écoles qui enseignent qu'on peut choisir de devenir homme ou femme

Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède

« L’éducation sexuelle : une autre intrusion de l’État »

Enfants élevés par des couples homos deux fois plus susceptibles d'être déprimés et obèses

Étude suédoise : les « mariés » de même sexe sont trois fois plus susceptibles de commettre un suicide

Dizaines de parents de Montréal retiennent leurs enfants pour protester contre futur cours d’éducation à la sexualité

Selon TVA Nouvelles, des dizaines de parents de la région de Montréal ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école lundi afin de protester contre le futur cours d’éducation à la sexualité. Certains critiquent son manque de clarté, d’autres son aspect « pornographique ».

« C’est trop vulgaire pour de jeunes enfants, trop explicites », explique Omar, père de deux enfants de 6 et 10 ans qui ne sont pas allés à l’école lundi. L’homme, qui préfère taire son nom de famille, en a contre le programme d’éducation à la sexualité, qui sera implanté dans tous les établissements du Québec dès l’automne prochain.

Omar a décidé d’embarquer dans un mouvement qui s’intitule « Sex Ed Sit Out », qui a consisté à retirer les enfants de l’école le temps d’une journée, soit le 23 avril, en envoyant une note à l’école pour montrer son désaccord.

Le Journal de Montréal s’est entretenu avec quatre parents hier qui avaient pris cette décision. Les commissions scolaires de Montréal, de Laval et Lester B. Pearson ont confirmé avoir reçu des lettres et noté des absences qui pourraient être reliées au mouvement. Elles n’étaient toutefois pas en mesure de chiffrer le phénomène hier.

« Cause importante »

« C’est sûr qu’ils ont manqué de l’école et qu’ils ne pourront pas reprendre ces matières, mais c’est pour une cause que je crois qui est importante. C’est pour leur éducation », explique un père de Laval qui a préféré taire son nom.

Selon lui, le principal problème du futur programme est le manque de précision sur le contenu et la façon dont il sera enseigné. « Les enseignants disent qu’ils ne seront pas prêts à donner le cours, et on balaie ça », soupire-t-il.

Pour justifier l’absence de ses deux enfants, il a donc envoyé une lettre qui demande à ce que le programme soit donné par des « professionnels certifiés en la matière ». Ces parents réclament aussi un droit de révocation pour que leurs enfants soient retirés de la classe lorsque le programme sera enseigné.

Une autre lettre obtenue par Le Journal de Montréal et qui aurait été envoyée par des parents semble avoir été calquée sur un modèle en anglais trouvé sur le site internet de « Sex Ed Sit Out ».


Extrait d’une allocution de Jordan Peterson tenue à l’université de Toronto le 19 novembre 2016 qui décrit la véritable chape de plomb qui s'abat désormais à l'université quand il s'agit de parler de la théorie du « genre »

Endoctriner ou éduquer ?

Elle reproche au programme de chercher à « endoctriner » les enfants et de les pousser à « remettre en question leur genre ».

Ces affirmations ne sont toutefois pas fondées, a affirmé le ministère de l’Éducation hier. Faisant appel au « sophisme d’appel à l’autorité » ou ad verecundiam pour les latinistes, Bryan Saint-Louis, responsable des relations de presse auprès du Monopole de l’Éducation, a indiqué que le programme se base sur les recommandations de l’UNESCO, de l’Organisation mondiale de la santé et d’« experts universitaires ». On ne voit pas en quoi cela empêcherait le programme d’avoir un biais idéologique bien particulier !

Plusieurs personnes s’insurgent contre ces recommandations de l’UNESCO et de ces « experts universitaires » et pas uniquement au Québec :



Les « connaissances » (pourtant fort débattues) en matière de genre qui seront présentées « n’orientent pas les choix des enfants » et sont adaptées à leur âge, d’avancer le relationniste.

Quant à savoir si des parents pourront demander une révocation pour leur enfant, le ministère refuse de répondre indiquant « qu’aucune demande n’a été formulée à cet égard pour l’instant ». Rappelons qu’en 1992, à la suite de la mise en place d’un cours d’éducation à la sexualité par le monopole de l’Éducation du Québec, des parents avaient obtenu, par écrit, de la part du Ministère, la possibilité de voir leurs enfants dispensés de ce programme pour peu qu’ils reçoivent un cours équivalent à la maison. Voir ce billet.



Ce que des parents ont dit
« Le gouvernement doit prendre en considération l’avis des parents [...] peut-être qu’on est mal informés, mais qu’on nous donne des séances d’information »
Amina Souldi, une mère de Montréal
« Est-ce vraiment nécessaire de l’introduire [les notions de conception et de grossesse] à la maternelle ? [...] Comment elle va expliquer la conception à un enfant de 5 ans ? »
Lilia, une mère de Laval
« Il y a un manque de transparence dans le contenu du cours. C’est l’an prochain et ce n’est pas clair [...] Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement est si pressé »
Omar, un père de deux enfants



L’avis de Jordan Peterson aux parents (en anglais) : retirez vos enfants des classes où l’on aborde la diversité, l’inclusivité, l’équité, le racisme systémique ou le genre (ou cette licorne du genre). « Certains partisans de l'inclusivité et de l'équité vont être plus raisonnables que d'autres, mais cela ne change rien au fait que la philosophie qui sous-tend la volonté de discuter [à l'école] de ces sujets est essentiellement idéologique et propagandiste. »

Deux lettres et une pétition contre le cours

Deux lettres à adresser aux autorités scolaires pour justifier les absences des enfants circulaient sur les réseaux sociaux, de même qu’une pétition en ligne qui dépassait les 9000 noms ce matin.



« Nous envoyons nos enfants à l’école [...] pour que ceux-ci apprennent la lecture, l’écriture, la science et l’histoire, et non pour remettre en question leur genre », peut-on lire dans la première lettre du mouvement « Sex Ed Sit Out » qui a circulé dans plusieurs écoles de la région de Montréal.

« Sex Ed Sit Out » [« ne pas prendre part au cours d’éducation sexuelle »] a germé récemment aux États-Unis et s’est étendu en Ontario et en Australie.

Le mouvement estime que le « programme dangereux » serait « mis de l’avant à travers le monde pour endoctriner nos enfants ».

« Nos enfants [...] méritent d’être protégés contre des corporations sataniques et des activistes radicaux », lit-on également.

Amendements

La seconde lettre qui accompagne la pétition contient quant à elle des demandes plus précises :

  • Révision du programme reflétant la diversité des valeurs, des croyances et des cultures ;
  • Mise en place d’un horaire spécifique qui n’empiéterait pas sur le temps alloué aux autres matières ;
  • Obligation d’informer les parents de l’heure et du contenu de chacun des cours du programme ;
  • Possibilité pour les parents de ne pas envoyer leurs enfants au cours par un simple avis écrit, entre autres ;
  • Exigence que les personnes appelées à enseigner le contenu du programme soient des professionnels certifiés en la matière. (Le Journal de Montréal omettait cette demande dans son article...)

Ce qui achoppe avec le futur programme

Le bilan de la première année du projet pilote implanté dans de nombreuses écoles a révélé plusieurs écueils officiels : manque de formation et de ressources, malaise vis-à-vis du contenu chez certains formateurs. Apparemment, l’opinion des parents plus prudes ou conservateurs n’est pas un écueil officiel, la machine bureaucratique doit avancer selon ses propres critères.

Le matériel pédagogique n’est pas prêt.

Des enseignants ne se sentent pas outillés pour enseigner cette matière et craignent que des écoles peinent à trouver des volontaires.

Le Journal de Montréal a obtenu les canevas pédagogiques fournis aux enseignants en février. La réalité des transgenres et l’avortement n’apparaissaient pas dans les documents du secondaire. Le ministère a depuis précisé au « Journal de Montréal » que ces deux thèmes seront inclus. Voilà qui va vraiment rassurer les parents les plus conservateurs...

Ce carnet dénonce une fois de plus le manque de choix dans la mise en œuvre de ce programme, l’idée d’une taille unique pour tous les parents et leurs enfants.

Voir aussi

Québec — éducation sexuelle : dispense en 1992, aucune exemption en 2015.

Québec — Hypersexualisation des romans à l’école primaire, des parents sonnent l’alarme

Cours d’ECR : les enseignants « marchent sur des œufs » (projection du film [LGBTQ] CRAZY suscite de vives réactions dans les classes multiethniques face à l’homosexualité valorisée à l’écran).

Éducation à la sexualité — les professeurs et syndicat hésitants auraient raison

Québec — Le prochain programme d’éducation à la sexualité sera-t-il obligatoire ou facultatif ?

Du grand journalisme : « Les Ontariens et le sexe » 

Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l'augmentation de ceux-ci)

Jordan Peterson sur l'écart salarial, l'imposition des pronoms trans et la gauche radicale


Le genre et l'université : une chape de plomb s'abat

25 avril 1849 : Incendie du Parlement de Montréal


Incendie du Parlement
à Montréal en 1849
Capitale du Canada-Uni depuis 1843, Montréal abrite le siège du gouvernement. Le Parlement se situe alors sur l’actuelle Place d’Youville, dans le Vieux-Montréal. Lord Elgin, gouverneur du Canada-Uni, vient de donner son accord à la proposition des députés pour indemniser les habitants du Bas-Canada ayant subi des pertes matérielles lors des rébellions de 1837-1838.

Certains que cela confirme la domination politique des Canadiens français, les anglophones voient rouge ! À l’initiative du journal The Gazette, une manifestation est organisée le 25 avril 1849 sur le Champ-de-Mars. Réunissant plus de 1 500 personnes, le « cortège » gagne finalement le Parlement. On assiste alors à des jets de pierres sur le bâtiment et d’œufs pourris sur les députés… Puis l’incendie se déclare soudainement. Il détruira totalement l’édifice. Sur 25 000 livres, archives et documents, seuls 200 seront sauvés des flammes. L’historien François-Xavier Garneau parle de notre « désastre d’Alexandrie », faisant référence à la disparition de l’antique bibliothèque d’Alexandrie, en Égypte.

En 2011, des fouilles archéologiques importantes ont permis de trouver nombre de vestiges liés à cet événement.

La colère des incendiaires

Les excès de colère qui mèneront à l’incendie du Parlement sont dus à des circonstances bien particulières. D’abord, après avoir instauré le Canada Corn Act (Loi sur les céréales) en 1843 qui garantissait sur les marchés britanniques un tarif favorable à la farine et au blé canadien, l’Angleterre met fin à sa politique protectionniste en 1846, résultat de l’effervescence économique en Europe. La réaction de la classe marchande de Montréal (presque exclusivement britannique) est forte et négative : on craint l’abandon de l’Angleterre et l'on propose même l’annexion aux États-Unis. Le parti de la classe marchande montréalaise, les Tories, favorise des liens étroits avec la couronne britannique. Depuis la Conquête, le pouvoir politique était exercé par le gouverneur général et le conseil exécutif, où les Tories sont bien présents. Forts des liens étroits qu’ils entretenaient avec ce dernier, plusieurs Tories s’y voyaient nommés. L’avènement de l’Acte d’Union en 1840 et de la responsabilité ministérielle en 1848 brisent cette suprématie. L’alliance entre les réformistes du Haut-Canada et ceux du Bas-Canada les a mis en minorité. Plus encore, les décisions et les lois votées et adoptées à la chambre d’assemblée n’auront plus à recevoir l’assentiment du gouverneur pour entrer en vigueur.

Louis-Hippolyte Lafontaine
Lorsque le gouverneur du Canada-Uni, lord Elgin, donne son accord au projet de loi d’indemnisation, il met bien malgré lui le feu aux poudres. Ce projet de loi d’indemnisation visait à indemniser les habitants du Bas-Canada ayant subi des pertes matérielles lors des rébellions de 1837-38. Il s’agit d’une loi qui s'inspire d'une mesure semblable votée au Haut-Canada et elle se fonde sur un rapport de réclamations approuvé en principe en 1846. La Fontaine voit en ce projet un moyen symbolique de panser les blessures de la rébellion et de reconnaître les droits des Canadiens français à l’égalité dans les deux Canadas. Déjà échaudés, les Tories voient l’acceptation de ce projet de loi comme une confirmation de la domination politique des Canadiens français. Tout cela est, pour eux, intolérable.

Ainsi donc, à la demande du journal The Gazette, plus de 1 500 personnes se réunissent sur le Champ-de-Mars en ce début de soirée du 25 avril 1849. Le ton employé par les orateurs est menaçant. On y parle de trahison du gouverneur Elgin, d’une domination politique canadienne-française, de l’abandon de l’Angleterre. On rejette le projet de loi sur l’indemnisation, car, selon les Tories, il vise à aider les assassins d’hier : les Rebels de 1837-38. Bien qu’une loi semblable ait été votée et adoptée au Haut-Canada quelques années plus tôt dans le calme, la situation à Montréal s’envenime d’heure en heure. Au bout d’un moment, la foule réunie au Champ-de-Mars prend bruyamment la direction du Parlement par la rue Saint-Paul. Les résidents effrayés préfèrent la quiétude de leur demeure à la colère des Tories qui emplissent les rues. Sitôt arrivés devant le Parlement, les Tories et leurs sympathisants se joignent aux chahuteurs qui lancent déjà des pierres sur le bâtiment. Plusieurs émeutiers iront jusqu’à entrer dans la Parlement pour poursuivre le saccage. Les députés de l’assemblée tentent de sortir à la dérobée. Peine perdue, on leur lance des œufs pourris (le même traitement a été réservé à lord Elgin plus tôt cette journée-là), certains seront même pris à partie par les émeutiers.

La disgrâce de la Grande-Bretagne consommée !

Le Canada vendu et abandonné !

La loi sur les pertes de la rébellion approuvée !!

Œufs pourris lancés sur le gouverneur !!!

The Gazette, 25 avril 1849

Cet après-midi, il circulait une rumeur en ville que le gouverneur général se rendrait à la Chambre et donnerait sanction à certains projets de loi ; mais on ne pouvait pas supposer que le projet de loi sur l’indemnisation des pertes de la rébellion serait du nombre.

Honteux du rôle qu’il allait jouer, et espérant en imposer au sentiment public, lord Elgin vint ramper dans la Chambre une heure après le temps marqué et, quand on put croire qu’il avait changé d’intentions, il se montra dans la Chambre du Conseil législatif. Après la lecture de plusieurs projets de loi de peu d’importance, le greffier lut d’un ton qui n’annonçait pas le désir d’attirer l’attention du public :

LE PROJET DE LOI SUR LES PERTES DE LA RÉBELLION.

Et, à la honte éternelle de la Grande-Bretagne,

LA RÉBELLION EST LA LOI DU SOL.

Le bruit de ce fait a été accueilli par des cris de rage et des battements de pieds. Plusieurs autres projets de loi ont reçu la sanction royale après cela, mais les galeries se vidèrent par dégoût, « murmurant et maugréant tout haut et tout bas » des malédictions qui auront effet quelque autre jour.

Les personnes qui s’étaient assemblées dans les environs, apprenant ce qui venait de se passer, éclatèrent en hurlements, cris de rage et d’indignation contre le « dernier gouverneur du Canada ». Quand lord Elgin (il ne mérite plus le titre d’Excellence) reparut dans les rues en sortant de la Chambre du Conseil, il fut reçu par les sifflets, les grognements et les cris d’indignation de la foule. On lui lança des œufs pourris, et lui et ses aides de camp furent arrosés de cette liqueur savoureuse, et sa voiture fut couverte du contenu dégoûtant des œufs et de boue. Quand la provision d’œufs fut épuisée, on se servit de pierres pour saluer le départ du carrosse, et il fut emmené au galop au milieu des malédictions de ses compatriotes.

LE DÉBUT DE LA FIN

Anglo-Saxons, vous devez vivre pour l’avenir ; votre sang et votre race seront désormais votre loi suprême, si vous êtes vrais à vous-mêmes. Vous serez Anglais, « dussiez-vous n’être plus Britanniques ». À qui va et quelle est votre allégeance maintenant ? Que chacun réponde en son âme et conscience.

Le pantin pompeux doit être rappelé ou chassé par le mépris universel du peuple.

Dans le langage de Guillaume IV, « LE CANADA EST PERDU ET LIVRÉ ». LA FOULE DOIT S’ASSEMBLER SUR LA PLACE D’ARMES, CE SOIR, À HUIT HEURES.

AU COMBAT, C’EST LE MOMENT !
Et soudainement, l’incendie se déclare : on voit la fumée sortir des fenêtres. L’incendie prend rapidement des proportions inquiétantes. On refuse l’accès aux pompiers et ceux qui parviennent à passer voient leurs boyaux d’arrosage sectionnés. De plus, l’armée n’intervient pas. Le marché Sainte-Anne et le Parlement du Canada qu’il abrite sont complètement démolis, ses bibliothèques brûlées. La journée du 25 avril 1849 se termine sur une note inquiétante : après avoir incendié le Parlement, les émeutiers partent à la chasse aux réformistes. On déménage temporairement le Parlement au marché Bonsecours, puis dans un théâtre de la rue Notre-Dame. Début novembre, la capitale est transférée à Toronto.

L’année 1849 a été qualifiée d’année de la terreur à Montréal. L’incendie du Parlement y est, bien sûr, pour quelque chose. Cependant, l’incendie et l’agitation du 25 avril ne constituent qu’une amorce à ce qui aurait pu devenir une guerre civile si les Réformistes avaient usé des mêmes moyens que les Tories. Ces derniers saccagent plusieurs résidences et commerces appartenant aux réformistes. Plusieurs d’entre eux se dirigent dans le faubourg Sainte-Antoine avec la ferme intention d’aller saccager et incendier la demeure du Premier ministre La Fontaine. Ce dernier est absent, mais des gens armés montent la garde. Près de 200 personnes franchissent les grilles menant à la résidence. Les coups de feu stoppent les ardeurs des émeutiers qui rebroussent chemin avec, sur les bras, un jeune homme atteint mortellement. Pour venger la mort du jeune homme, les émeutiers mettent le feu à l’hôtel Cyrus, lieu de l’enquête sur la mort du jeune homme, sur la place Jacques-Cartier. Cet incendie a lieu le 16 août et n’est qu’un parmi de nombreux à avoir été déclenchés au cours de l’été. Dans ces temps difficiles, on note également plusieurs décès reliés aux émeutes : la jeune Anne McDonnell est morte dans le feu qui a complètement détruit le magasin de chaussures de M. P. Murray, situé au coin des rues Notre-Dame et Saint-Gabriel. L’arrivée de l’automne ramène un calme relatif dans la ville maintenant dépouillée de son titre de capitale.

Les années 1850 sont des années de prospérité économique qui changeront le visage de Montréal. Elle n’est plus la capitale du Canada-Uni, mais elle demeure la ville économique et industrielle la plus importante du pays pour près d’un siècle à venir.





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