vendredi 8 mars 2013

Le retour des manifs d'« étudiants »



Matthieu Bock-Côté sur la SRC (radio)

Et sa petite colère sur Facebook :
« Petite colère du jeudi soir : parler des excités encagoulés qui lancent des roches aux policiers en disant «les étudiants», ça me révolte un peu. Des étudiants, j'en ai connu énormément dans mes cours. Certains étaient à gauche, d'autres étaient ailleurs, certains étaient souverainistes, d'autres jouaient la carte de la citoyenneté mondiale, mais l'immense majorité n'avait rien à voir avec le portrait du crétin déguisé en révolutionnaire qui joue à la guerre civile dans les rues. Même les plus «radicaux» étaient spontanément courtois, civilisés, et bien souvent, ils étaient de grands lecteurs. Cela ne veut pas dire que j'endosse leurs choix politiques. Mais que je n'aime pas qu'on les caricature grossièrement. Non, les casseurs ne sont pas «les étudiants». Et il faudra chaque fois, désormais, distinguer les premiers des seconds, en rappelant que les étudiants ne méritent pas la mauvaise révolution que des voyous idéologiquement excités par l'extrémisme politique leur font. »
Carrés rouges : Pauline Marois et Martine Ouellette,
la militante écologiste, ministre des ressources naturelles 






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Histoire — Les origines communistes de la journée de la femme

De Philippe Bouchat, conseiller au sein du Service public fédéral (ministère) belge

Ce 8 mars, il n’aura échappé à personne que l’on fête la Journée internationale de la femme. Cette Journée s’inscrit, historiquement, dans la mouvance socialiste révolutionnaire. En effet, l’idée d’une Journée internationale a été lancée en 1910 à Copenhague lors de la 2 Conférence de l’Internationale socialiste des femmes. Le 8 mars 1913, des manifestations ont lieu en Russie. Le 8 mars 1914, le droit de vote pour les femmes est réclamé en Allemagne. La Révolution 1917, des femmes luttent en Russie contre la vie chère. Le 8 mars 1921 est décrété « journée internationale des femmes » par Lénine. La fête passe en Chine en 1924, puis dans les pays de l’Europe de l’est, satellites de l’URSS à partir de 1947.

Affiche soviétique de 1932. Traduction :
« Le 8 mars, jour de l'insurrection contre l'esclavage
 des travailleuses de cuisine.
 À bas l'oppression et la mesquinerie
 de la vie domestique ! »
[Notons que sous l'Ancien régime, les femmes chefs de famille (surtout des veuves) avaient le droit de vote. Car c'est l'unité familiale propriétaire qui votait. Au XIXe siècle, les femmes propriétaires peuvent demander le droit de vote municipal selon le principe « pas de taxation sans représentation ». Au Québec, les femmes propriétaires votent sans restriction entre 1809 et 1849, jusqu'au moment où le mot « mâle » est inséré dans la loi électorale. Ce que les Québécoises perdent, les Ontariennes le gagnent peu après; dès 1850, les femmes propriétaires, mariées ou célibataires, peuvent élire les commissaires d'école. Dès 1900, le droit de vote aux élections municipales est généralement accordé aux femmes propriétaires partout au Canada.]

… à l’occidentalisation de la Journée de la Femme.

À partir des années 50, la guerre froide sévit entre les deux blocs occidental et soviétique. Les États-Unis ne veulent pas être en reste dans le combat des femmes et en font remonter la naissance à une grève des femmes qui se déroula à New-York en 1857. Les années 60 sont celles de l’émancipation et de la libération sexuelle. Le combat des femmes traverse l'Atlantique et s’occidentalise ainsi. Cette occidentalisation est consacrée en 1977 par l’ONU qui invite les États à dédier une journée aux droits de la femme.

Des revendications sociales…

Au début, le mouvement féministe s’inscrivait ainsi dans la lutte pour les droits sociaux, économiques et politiques. Il revient à la vérité de dire que leur condition n’était pas enviable et s’assimilait peu ou prou à une forme larvée d’esclavagisme… Ce ne fut donc que justice que le droit de vote leur fut accordé, qu’elles purent travailler, quitter leur cuisine, passer le permis de conduire, entrer à l’université, choisir leur époux, etc. En ce sens, le mouvement féministe fut légitime.

… à la « liberté » sexuelle… [et à l'effondrement démographique]

À partir de 1960, on quitta progressivement les revendications sociales pour appréhender la question sexuelle. Avec l’apparition de la pilule, les femmes revendiquèrent la liberté sexuelle, c’est-à-dire, concrètement, d’avoir des relations sexuelles sans procréer automatiquement. Cette liberté sexuelle a certes permis aux femmes de gérer leur fécondité, mais a aussi facilité la voie des unions extra-conjugales. De légitime au départ et soutenu par de nombreux hommes, le combat des femmes se transforma en lutte contre la gente masculine et perdit ainsi une grande part de sa légitimité.

Le féminisme selon l'ASSÉ :  la lutte pro-LGBTQ, homo,
sociale, anti-macho, queer, etc.
On remarque les similitudes avec une campagne
gouvernementale en cours dans les médias
… jusqu’à la dictature du genre !

S’il a fallu attendre les années septante pour avoir une consécration de la Journée de la femme par l’ONU, ce n’est pas le fruit du hasard. En effet, les années 70 sont celles qui voient fleurir un peu partout dans les universités américaines des études sur le « genre ».  Appelées initialement « études sur les femmes », puis « études féministes », les études de genre ont pour objet les rapports homme-femme sous l’angle social et postulent l’inégalité de ces rapports au détriment des femmes.

Le mouvement féministe entend donc lutter contre ce qu’elle appelle la phallocratie, dénonçant le modèle familial traditionnel rejoignant ainsi les mouvements LBGT (lesbiennes, bisexuel(le)s, gays, transsexuel(le)s) dont il est l’allié objectif : la femme entend avoir une position indépendante de son rôle de mère et d’épouse, alors que les LBGT entendent voir d’autres modèles de familles être consacrés. Aujourd’hui, le genre s’impose comme déconstruction des catégories de représentation du sexe masculin et féminin et reconstruction sociale de ces catégories, niant ainsi l’altérité sexuelle. Il s’agit donc d’un mouvement constructiviste qui entend transformer l’homme (dans son acception de mâle) en androgyne où les différences homme-femme disparaissent. Telle est la grande confusion délibérément opérée par les féministes actuelles : chaque différence est une discrimination et doit être donc être gommée, fût-ce par la contrainte légale ! Il s’agit là d’une dictature à peine larvée qui est devenue en deux décennies le modèle dominant.

Les velléités socialistes de « mariage » pour « tous » [bin non ! pas de polygamie, d'inceste], de la procréation médicalement assistée (PMA), de l’adoption par tous et de la gestation pour autrui (GPA) s’inscrivent dans cette mouvance historique, unissant ainsi pour le coup les socialistes et les mouvements libertaires dont l’influence au niveau international est prépondérante (voir p.ex. la consécration du concept de genre par la 4e Conférence internationale sur les femmes de Pékin de 1995). Je ne m’étendrai pas dans ces quelques lignes sur les nombreuses objections théologiques et scientifiques à la prétendue « théorie » du genre, d’autres l’ayant fait avant moi (voyez par exemple l'émission de Drieu Godefridi ici).

Résumons-nous. D’origine socialiste, la Journée des femmes (au pluriel) consacra [dans certains pays] un combat légitime pour l’octroi de droits sociaux et politiques. En s’occidentalisant, la Journée de la femme (au singulier) a in fine consacré l’alliance objective actuelle entre les mouvements féministes et LBGT[2QS], dont l’objectif avoué est de construire un tout nouveau modèle social où les rôles masculins et féminins ne se distinguent plus, se confondent, justifiant toutes les attaques contre le mâle et son rôle d’époux et de père. C’est pour cette raison que je ne célébrerai pas la Journée de la Femme de ce 8 mars, car elle consacre tout ce dont le libéral a horreur : le constructivisme et la dictature ! Célébrer la Journée de la femme ? Non merci !

Voir aussi

Rediffusion : Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes

La femme au temps des cathédrales

Deux fois plus de dépression chez les femmes qu'il y a 40 ans. Rançon de la « libération » de la femme ?

L'État se féminise (60 % de femmes !) et se « diversifie »

« Guerre contre les femmes » ? Plutôt, une guerre contre les enfants





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La femme au temps des cathédrales (m-à-j vidéo Apostrophes avec Regine Pernoud)

La femme a-t-elle toujours été cette perpétuelle mineure qu'elle fut, nous dit-on, à la fin du XIXe siècle ? En France, la Révolution française et le Code Napoléon ont bien marqué une régression juridique des femmes.

Mais a-t-elle toujours été écartée de la vie politique comme elle le fut notamment dans la France de Louis XIV ? S'appuyant sur son expérience de médiéviste et d'archiviste, Régine Pernoud s'est attachée à l'étude de ces question. Dans La Femme au temps des cathédrales, le lecteur découvre que le plus ancien traité d'éducation a été rédigé en France par une femme, que, au XIIIe siècle, la médecine était couramment exercée par des femmes et qu'aux temps féodaux, les filles étaient majeures à douze ans, deux ans avant les garçons...

L'historienne Régine Pernoud nous livre ici une étude systématique menée à travers une multitude d'exemples concrets, elle ne laisse échapper aucun aspect des activités féminines au cours de la période féodale et médiévale : administration des biens, métiers et commerce ; domaine de la pensée, de la littérature, de la politique même ; femmes écrivains, éducatrices, suzeraines, celles qui animèrent les cours d'amour et celles qui ont inspiré les romans de chevalerie.

Il est davantage question dans La femme au temps des cathédrales, maître ouvrage de Régine de Pernoud, des femmes de la société de cour que de celles du peuple même si celles-ci ne sont pas passées sous silence, mais ce parti pris permet d'approcher un monde prisonnier des tapisseries et des enluminures. Belle occasion de couper court à l'image de la femme cloîtrée dans l'espace familial, dans l'ombre de son mari, et de voir au contraire une épouse, une fille, sinon affranchie, du moins évoluant à l'intérieur d'un espace public, influente, instruite et rêvant déjà d'une condition de vie plus libérée.


Régine Pernoud dans une émission d'Apostrophes avec Bernard Pivot en 1980

Contemporaine de Charlemagne, Dhuoda écrivit, bien avant Rabelais et Montaigne, un manuel d'éducation, le premier du genre, et, au XIIe siècle, Héloïse, abbesse du Paraclet, enseignait à ses moniales le grec et l'hébreu. Si la politique est d'un accès quasi insurmontable (quoique...), la femme au Moyen Âge ne manque pas de talent pour se faire entendre. Historienne de Jeanne d'Arc, Régine Pernoud rappelle ces deux vers de Christine de Pisan saluant l'exploit de la Pucelle à Orléans : « L'an mil quatre cent vingt et neuf / Reprit à luire le soleil. » Hommage d'une femme à une autre femme.

Comme le faisait remarquer Robert Fossier, « En ces siècles romans où manger est l'essentiel où la maison est la cellule de la survie. Là où s'apaise la faim que tous redoutent, où l'argent perd l'essentiel de son pouvoir tentateur, comment celle qui tient les réserves et prépare la nourriture ne jouerait-elle pas le rôle essentiel ?

Régine Pernoud commence habilement son développement en plantant devant nous, comme un symbole, la magnifique cuisine de Fontevrault, merveille de technique et centre nourricier d'une immense cité monastique.

Vient ensuite le domaine de l'amour aux multiples chemins : l'attrait de la féminité tout d'abord, renforcé par les soins de beauté où l'on trouve tant d'étranges préparations. L'auteur s'attarde ensuite sur l'amour courtois et le culte de la dame

À propos du mariage. R. Pernoud étudie l'histoire de la législation canonique en la matière et fait apparaître ainsi combien l'Église eut de peine à triompher du modèle de mariage qui régnait dans les couches supérieures de la société. Ce n'est qu'au XIIe siècle que s'impose vraiment la théorie consensuelle qui, en faisant de l'échange des libres consentements l'essence du mariage, assurait — au moins en théorie — la promotion de la femme. On s'en donc débarrassé de l'autorisation des parents, promu le consentement et insisté sur la sacralité de l'institution matrimoniale. C'est un énorme progrès pour Mme Pernoud.

Dans le domaine économique, nous rencontrons les femmes en tant que productrices . Si le labeur et les semailles leur échappent (pour des raisons d'ordre symbolique et physique à la fois), toutes les autres formes d'activité, tant à la ville qu’à la campagne, leur sont accessibles, et c'est ici que la moisson de renseignements et très abondante parmi les textes et la documentation iconographique. Nous arrivons ainsi au sommet de l'échelle sociale, car c'est un fait connu — mais qu'on oublie volontiers — que du XIe au XIIIe de puissantes dames (comtesses, reines, impératrices) ont souvent exercé et parfois sans partage le pouvoir suprême ...

Le long exposé de R. Pemoud, qui prend parfois l'allure d'une description de la vie quotidienne, est sous-tendu par une thèse : c'est du XIe au XIIIe que la condition de la femme a atteint son zénith ; c'est alors qu'elles ont pu à tous les niveaux imposer leur empreinte sur la société.


Source H. Platelle





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« Guerre contre les femmes » ? Plutôt, une guerre contre les enfants

Les démocrates d’Obama parlent beaucoup de la prétendue guerre que les républicains de Romney voudraient mener contre les femmes. Et bien sûr la presse québécoise de « qualité » s’en est fait l’écho (74 mentions dans Le Devoir, le feuillet paroissial de la gauche québécoise).

MSM = Gros médias conformistes
Peut-être ne s’agit-il que de faire oublier la grave situation économique que continuent de traverser les États-Unis à l’issue du mandat du président Barack Obama, de cliver les électeurs, de trouver une sujet de dissension capable de mobiliser les démocrates purs et durs. Quoi qu’il en soit les démocrates américains parlent beaucoup de la « guerre contre les femmes ».

Pour gagner cette « guerre contre les femmes », les stratèges du parti d’Obama ont décidé de lancer une campagne vidéo et d’axer une partie de leur prochaine convention nationale sur le « droit des femmes » qui seraient menacés selon eux par les républicains rétrogrades et extrémistes.

Une vidéo intitulée « Femmes républicaines pour Obama » a donc été lancée. Dans celle-ci une poignée de femmes anonymes expliquent avoir voté républicain toute leur vie jusqu'à ce que cet homme Mitt Romney arrive et elles ont décidé qu'il était tout simplement trop extrémiste… En outre, ces femmes disent être choquées de découvrir, après avoir voté républicain sans arrêt pendant 40 ans, que le parti républicain serait opposé à l'avortement (depuis des décennies pourtant…)



L’ennui c’est que certaines de ces femmes ne sont pas du tout républicaines. Une d’entre elles se nomme Maria Ciano du Colorado. Elle est inscrite sur les listes électorale comme démocrate, ses mentions « J’aime » sur Facebook comprennent une longue série de figures ou d’organisations de gauche comme Amy Goodman, MoveOn.org, Bernie Sanders, et une page Facebook intitulée « J’aime quand je me réveille le matin et qu’Obama est président ».

Une autre de ces « républicaines » se nomme Delia Ciano, elle n'est autre que la mère de Maria Ciano. Sa page Facebook, à l'instar de sa fille, est révélatrice. Elle a mis en place un lien vers la vidéo pro-Obama et écrit : « Maria et moi faisons partie de cette vidéo. J'espère que vous regarderez ». Ailleurs sur sa page, elle qualifie les républicains d’« idiots ». Le reste se compose la plupart du temps d’attaques contre les républicains.

Les pontes du parti démocrate ont également décidé d’agir sur la peur d’une perte des droits des femmes lors de leur convention présidentielle en y invitant Eva Longoria de Beautés désespérées, la militante présidente de Planned Parenthood Cécile Richards, l’activiste pro-avortement et directrice de NARAL Pro-Choice , Nancy Keenan, et l’étudiante de la faculté de droit de Georgetown Sandra Fluke, cette jeune trentenaire qui a témoigné devant le congrès pour se plaindre – sans rire – de ce que son université privée théoriquement catholique ne voulait pas lui payer sa contraception alors que cela lui causait des difficultés financières…

Comme le souligne Mark Steyn dans ce dossier : « Aucun de nous ne peut savoir de quoi sera fait le monde dans quatre ans, mais on peut affirmer une chose avec certitude : la femme américaine pourra encore profiter de son « droit de choisir ». Que l'on soutienne ou que l’on s'oppose à l'avortement, la réalité pratique est que la plus grande « menace » à votre « droit » à l'avortement est que vous pourriez avoir à conduire un peu plus loin pour cela [si jamais un avortoir venait à fermer ou des médecins venaient à s'opposer à pratiquer un avortement]. Pourtant, il ne faut jamais sous-estimer les lunettes déformantes à travers lesquelles les « progressistes » perçoivent la réalité. La « guerre » contre les femmes se résume à Sandra Fluke, cette étudiante de 30 ans qui exige que Georgetown paie les contraceptifs de ses étudiants - malgré le fait que le coût total de cette contraception pendant quatre ans reviennent à moins que le salaire de la première semaine du premier emploi d'un diplômé en droit de Georgetown (salaire moyen de départ : 160 000 $ par an). Quel enfer que la guerre. »

Voilà donc ce qui semble prioritaire pour les démocrates. Entretemps qu’est-ce qui pourrait vraiment se passer d’ici quatre ans ? La Chine pourrait fort bien devenir la plus grande économie du monde, un autre déclassement américain, la dette américaine valoir environ trois fois le PIB de la planète entière.

Une étude « non partisane » du Centre Pew Research indique que la classe moyenne américaine fait face à sa « pire décennie de l'histoire moderne ». Le Bureau — tout aussi « non partisan » — du budget du Congrès affirme que les modifications fiscales et budgétaires qui devraient prendre effet au début de l'année 2013 causeront une nouvelle récession et augmenteront le chômage. Il s'agit d'une révision de leur prédiction plus tôt cette année quand ce Bureau ne prévoyait qu’une contraction de l’économie de 1,3 % en 2013. Désormais, la prévision de la contraction est de 2,9 pour cent. On assiste en même temps à un ralentissement mondial.

Mais ce n’est pas si grave, il en allait de même dans les années 1930 et comme la coqueluche des gauches occidentales, Paul Krugman, aime à le seriner : en fin de compte la Seconde guerre mondiale a restimulé l’économie américaine. (Voilà 11 ans que les États-Unis et ses alliés essaient de vaincre des bergers arriérés en Afghanistan et cela ne semble ni avoir redynamisé l’économie ni être de bon augure si un autre conflit mondial devait se déclencher.)

Mais il n’y aucune raison de s’inquiéter : Obamacare va « baisser les coûts » comme le répètent les démocrates et leurs thuriféraires. Depuis que le projet de loi a été adopté en 2010, le bureau du Budget du Congrès a révisé son estimation des coûts bruts d’Obamacare sur 10 ans. Eh, oui, en hausse de 944 milliards de dollars pour passer à 1,856 billions (1 856 milliards) de dollars.


L’auteur à succès Steyn est prêt à parier qu’il ne s’agit pas de la dernière révision à la hausse et que les coûts européens ne sont pas une base correcte pour estimer ceux d’Obamacare : « Regardez autour de vous. Les Américains ne sont pas des Suédois. Le taux d'obésité aux États-Unis est de 36 pour cent; en Suède il est de 9,7 pour cent; au Japon de 3,2 pour cent; en Chine 2,9 pour cent et, enfin, en Inde de 0,7 pour cent. Le nôtre est un pays où 78 millions de personnes (soit environ la population de l'Allemagne) sont, selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), « obèses » - dont plus de 40 millions de femmes. »

Quarante millions de femmes affectées, n’est-ce pas là une question qui touche à la santé des femmes ? Un sujet nettement plus sérieux que le « droit » des étudiantes trentenaires dans un prestigieux établissement privé à une contraception gratuite (enfin, payée par d’autres), non ?

Comme George Will l’a souligné cette semaine, les solutions gouvermamantales (comme la campagne actuelle de Michelle Obama pour que les Américains grignotent des endives bio) ne fonctionnent pas : pourcentage des enfants en surpoids dans les écoles où l’on trouve de la malbouffe hypercalorique : 35,5; pourcentage dans les écoles qui interdisent cette malbouffe : 34,8 pour cent.

Fait intéressant, on peut observer une augmentation simultanée du poids gouvernemental, des programmes sociaux, de la dette et de l’obésité dans la population. Si toutes ces courbes ne démontrent pas à vos yeux à quel point les adultes — et en particulier les baby-boomer qui auront profité toute leur vie de ces programmes et de l’augmentation de la dette — n’a pas pillé le futur des jeunes générations, il suffit de se pencher par la fenêtre : les Américains qui marchent (ou plutôt se dandinent mollement) dans la rue sont une métaphore de la consommation effrénée détachée de toute production de richesse.

Ainsi donc, les États-Unis ne sont pas capables de mener une guerre victorieuse en Afghanistan, mais les méchants Républicains seraient capables de livrer une « guerre contre les femmes » qui n'existe que dans l’imagination de l’élite autoproclamée de gauche.

Le gouvernement ne peut rien faire contre l’explosion d’obésité infantile, le diabète et les maladies cardiaques, mais, si vous définissez « soins de santé » comme l’obligation d’une institution catholique d’acheter la contraception mensuelle à dix dollars pour les rejetons des riches et des privilégiés, alors tout va bien.

La gauche américaine considère qu’elle fait tout cela pour les enfants. Enfin les arares qui naissent encore malgré avortements, contraception et déclin économique. Ils sont de moins en moins nombreux. En effet, l’indice synthétique de fécondité est tombé à 1,9 enfant par femme alors que récemment il se situait à un peu plus de 2 enfants par femme. Parmi les femmes hispaniques, le taux de fécondité est passé de près de 3 enfants, il y a quelques années, à 2,4 enfants par femme en 2010.


Quel sera l’héritage de cette longue guerre pour les droits des femmes qui seraient menacées, de cet État nounou glouton, de tous ces programmes sociaux, de cette dette gargantuesque qui ne font qu’enfler en même temps qu'ils déresponsabilisent les gens ?

Dans les termes de Larry Kotlikoff de l’Université de Boston, il s’agit rien de moins que de « maltraitance financière des enfants ».  En face de cette guerre faite aux futures générations, la gauche américaine préfère se concentrer sur sa guerre irréelle faite selon elle aux femmes. Qui semble aveuglé par son idéologie ? Quel est le parti extrémiste ici ?





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Wall Street Journal : « Il n'y a pas d'écart salarial hommes-femmes »

D’après un important groupement féministe pour l’égalité des salaires des femmes, le National Committee for Pay Equity, le 12 avril est la date jusqu’à laquelle les femmes doivent travailler en plus de l’année précédente pour avoir un salaire égal à celui des hommes sur un an : d’après les associations féministes représentées par ce Comité, les femmes touchent 20 % de salaires en moins qu’un homme à travail égal… Les faits et la logique montrent pourtant, de façon répétée, qu’il n’en est rien.

À cette période de l’année, on retrouve un peu partout le même genre d’articles, consacré à l’abhôminable différence de salaire entre les hommes et les femmes.

Pour une école libre avait déjà mentionné, en décortiquant les pages d'un cahier d'activités d'ECR particulièrement féministe, des faits peu connus sur le salaire des femmes et des erreurs de méthode qui conduisent à caricaturer les différences salariales entre les sexes.

Une des erreurs de calcul (« les manipulations » si on n'est pas charitable) est simple, elle consiste à prendre, pour un secteur donné, toute la masse salariale des femmes et de la diviser ensuite par leur nombre. On fait de même côté masculin et on compare les deux. On compare et la comparaison ne laisse aucun doute : les femmes gagnent moins que les hommes « en moyenne ».

Il s'agit là d'un procédé très discutable puisqu’on n’a pas tenu compte des anciennetés, des parcours professionnels, des différences de temps de travail à la journée et dans l’année, des éventuels barèmes…

Cette année, un intéressant article du Wall Street Journal nous fournit quelques éléments supplémentaires de réflexion à ce sujet, nourris par la crise récente qui traverse le monde en général et les États-Unis en particulier.

On note ainsi que les taux de chômage actuel aux États-Unis sont plus haut pour les hommes (9,3 %) que pour les femmes (8,3 %). De plus, le taux d’hommes employés a plus chuté pendant l’année (de 71,4 % à 70,4 %) que pour les femmes (de 58,8 % à 58,3 %). Ces chiffres montrent que plus d’hommes sont découragés dans leur recherche d’emploi que de femmes.

La raison structurelle, au moins en cette période de crise, peut être à chercher du côté des secteurs qui emploient traditionnellement les hommes, comme la construction, le BTP ou les transports, secteurs qui ont subi de plein fouet la crise actuelle.

Or, si l’on accepte que les hommes et les femmes travaillent globalement dans des secteurs différents, on ne devrait pas s’étonner de trouver des différences aussi au niveau des salaires. Tout est, finalement, dans la raison invoquée pour expliquer ces écarts.

Si l’on choisit la version féministe, on mettra rapidement ces disparités sur le dos d’une méchante discrimination ardemment défendue par les vilains patrons, majoritairement « turbolibéraux », donc « acoquinés » avec le Démon moyennant un pacte signé avec leur sang ou celui d’une victime tenue en esclavage dans une cave sombre.

Si l'on s’en tient aux éléments statistiques recueillis avec soin, on se rend compte que la thèse Méchants Patrons et discrimination sexiste … ne vaut rien : les femmes employées à temps complet travaillent en moyenne 8,01 heures par jour, à comparer au 8,75 heures pour les hommes … Et cette différence de 9 % pourrait expliquer, au moins en partie, une différence salariale.

Un autre élément à prendre en compte et très vite oublié par certaines activistes est le type de travail qu’occupent les hommes et les femmes. Et voilà !, statistiquement aussi, un nombre de femmes — suffisant pour être visible sur les grandes masses de populations observées — choisit un travail un peu moins bien rémunéré, mais aux horaires plus réguliers et aux conditions mieux adaptées à leurs demandes. Les hommes, a contrario, choisissent des boulots un peu plus risqués, un peu mieux rémunérés, mais plus contraignants. Cela se traduit d’ailleurs directement dans les accidents sur les lieux de travail, avec une surreprésentation masculine.

Mais le pompon, c’est que la différence salariale homme/femmes tend à diminuer voire s’inverser au détriment de l’homme lorsqu’on tient compte de tous les facteurs définissant un poste donné. Une étude faite en 2010 par Reach Advisor a montré que parmi les travailleurs célibataires et sans enfant de 22 à 30 ans, les femmes gagnaient en moyenne 8 % de plus que les hommes. Si l’on se rappelle que le taux d’instruction et la qualité des diplômes est notoirement meilleure chez les femmes que chez les hommes et que l’ensemble des économies occidentales font de plus en plus appel — par tertiarisation — à des travaux plutôt intellectuels, cet écart ne surprend pas tant que ça.


Le professeur Thomas Sowell sur les idées fausses
en matières de différences salariales entre hommes et femmes


Enfin, à ces éléments statistiques s’ajoute un élément de logique : puisqu'il semble de notoriété publique que les femmes touchent donc systématiquement moins que les hommes à travail égal, pourquoi diable les patrons continuent-ils d’employer des hommes, plus cher de 20 à 30 % ? Les employeurs seraient donc assez malins pour discriminer activement les femmes et les empêcher d’accéder aux postes mieux rémunérés, mais trop sots pour le faire avec les hommes. Sauf à rentrer dans le mécanisme intellectuel douteux du complot mondial, on n’explique guère un tel comportement.

Mais ceci est sans importance puisque le mantra principal, qui pose la discrimination sexuelle comme préalable à toute analyse des différences salariales, est devenu absolument indiscutable au point qu’on ne retrouve plus que lui dans tous les articles de la Grosse Presse et des médias conformistes.






Via (en partie de) Contrepoints





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La révolution sexuelle et le féminisme, héritage des années soixante

Ce qui suit est la traduction d’un extrait d’un article de Harvey Mansfield. L’article s’intitule « L’héritage de la fin des années soixante » (The legacy of the late Sixties). Il a été publié en 1997 dans un volume collectif intitulé « Réévaluer les années soixante » (Reassessing the Sixties). Harvey Mansfield y dresse en douze points l’inventaire de ce que nous ont légué les années soixante. 

Par Harvey Mansfield* — Pour appréhender le sens de cette période [les années soixante] il faut commencer avec sa promesse de libération sexuelle, la promesse qui a rencontré à la fois le plus et le moins de succès. Elle est celle qui a rencontré le plus de succès, car elle est celle qui a été la plus avidement adoptée et qui a eu le plus de conséquences. Cette promesse est née d’une union illicite et forcée entre Freud et Marx, dans laquelle monsieur Marx a été contraint d’abandonner le principe selon lequel l’économie, et non pas la sexualité, est le point central de la libération, et monsieur Freud a dû renoncer à son affirmation qu’il est impossible de se libérer de la nature humaine. L’importance du sexe a donc été grossièrement magnifiée, comme s’il était l’alpha et l’oméga de la vie, et puisque cela ne suffisait pas, cette amplification a été combinée avec l’idée que toute restriction en matière de sexualité n’est rien d’autre qu’une inhibition irrationnelle, sans aucun lien avec la protection de quoi que ce soit de bon dans la nature humaine. La modération ou la pudeur n’est ni bonne en elle-même, ni une source de bien en nous permettant de rechercher des plaisirs plus élevés que ceux de la sexualité. Au contraire, l’idéal de la libération sexuelle fait apparaitre la modération ou la pudeur comme stupide, pudibonde et ridicule.

Bien que la libération sexuelle ait eu le pouvoir d’égarer, elle a entièrement échoué à créer plus de libération ou une sexualité plus satisfaisante. Elle n’a pas produit davantage de plaisir, ni corporel ni psychique. Aucune modalité nouvelle ou aucune position nouvelle n’ont été découvertes, comme en témoigne l’identité de la pornographie avant et après l’avènement de la nouvelle ère. La principale difficulté en matière de pornographie est maintenant de recréer les conventions victoriennes de manière à avoir quelque règle à transgresser. Ce n’est pas amusant de toujours rencontrer, en imagination, quelqu’un qui en sait autant que vous. Puisque l’innocence est perdue, le seul obstacle à vaincre est d’obtenir le consentement du partenaire, mais puisque tous deux sont libérés, pourquoi ce consentement serait-il refusé ? Il n’est pas étonnant, par conséquent, qu’une sexualité plus libre ait produit plus de viols, exactement comme les prudes auraient pu le prédire. Il n’est pas étonnant non plus que cela ait fonctionné à l’avantage des hommes et au détriment des femmes, le sexe le moins agressif. La libération sexuelle a libéré la volonté de puissance plutôt que le sexe.

L’idéal de la perversité polymorphe – c’est à dire d’une sexualité qui ne soit plus inhibée par le sens de la honte ou des convenances – a reçu un rude coup avec l’émergence du SIDA. Peut-être devriez-vous écouter plus attentivement les avertissements vaguement menaçants de votre mère – si elle est suffisamment rétrograde – au sujet des gens qui batifolent avec leurs organes sexuels. Bien sûr cela n’est pas la réponse officielle au SIDA, qui est strictement limitée à la sympathie pour ceux qui sont affectés. Mais la leçon est trop évidente pour échapper à qui que ce soit, en dehors des professionnels de cette question. Depuis les années 1960, la pudeur féminine s’est réaffirmée, partiellement sous l’apparence du féminisme. Il y a aujourd’hui beaucoup de jeunes filles comme il faut (nice girls) (et peut-être y en a-t-il toujours eu), mais elles sont désorientées, sur la défensive, et n’ont pas le soutien des normes sociales. Le seul conseil qu’elles reçoivent est de pratiquer le « safe sex ».

Le sexe sans inhibition est sans amour aussi bien que sans pudeur, car l’amour est ressenti comme une contrainte. Aimer limite vos options. Il est bien préférable de s’endurcir un peu, de manière à pouvoir partir lorsque vient le matin. Avec cette attitude, vous oubliez que si vous désirez le sexe plutôt que la conquête, vous pouvez égaler le record de Don Giovanni en étant heureusement marié. Et pour y parvenir, il n’est nul besoin d’être riche ou d’être un aristocrate. En fait, il est plutôt préférable de n’être ni l’un ni l’autre. Mais Don Giovanni chantait magnifiquement pour duper ses conquêtes. Avec la libération sexuelle, il n’y a plus de tromperie, plus de séduction, plus de jeu, plus de nuance, plus de galanterie, plus de romance, et Mick Jagger à la place de Mozart. Il y aura peut-être des préservatifs, si vous avez de la chance.

Le féminisme

Le féminisme, un phénomène des années 70 et au-delà, était un enfant, ou plutôt une sorte de vilain petit canard, de la fin des années 60. Bien que le féminisme soit devenu visible avec un livre à succès de Betty Friedan en 19631, il commença avec un livre plus sérieux, Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir (première édition américaine en 1953). Ses prémisses fondamentales étaient empruntées à trois philosophes masculins : que le sexe est une forme de pouvoir (Freud et Nietzsche), que les rôles sexuels ne sont pas déterminés par la nature mais sont interchangeables (Marx), et que l’identité est une auto création de soi (Nietzsche). Les premières féministes étaient pour la plupart des marxistes, ou plus exactement des néo-marxistes. Elles étaient radicalement opposées à la bourgeoisie, croyaient-elles.

Le féminisme commença partiellement comme une réaction contre la révolution sexuelle, qui était en effet, comme nous l’avons vu, avant tout pour les mâles, ou plutôt pour les mâles prédateurs. Les femmes devaient être délivrées de la cuisine et de la nurserie, uniquement pour se retrouver confinées dans la chambre à coucher. Quel est notre intérêt dans tout ça ? demandèrent raisonnablement les femmes. Dans la mesure où les femmes désiraient être délivrées de la féminité, elles trouvèrent quelques avantages théoriques dans l’idéologie de la libération sexuelle. De manière plus pratique, les femmes qui faisaient des études, s’emparèrent avidement de l’idée nouvelle qu’il était acceptable, et même désirable, pour une jeune fille comme il faut d’avoir des relations sexuelles avant le mariage. Puisque le mariage était repoussé par le besoin de commencer une carrière professionnelle (= « trouver sa propre identité »), attendre jusque là était, en dehors de toute idéologie, simplement trop long.

Ce que le féminisme veut c’est que les femmes soient interchangeables avec les hommes. Comme l’indique l’usage du il/elle à la place du pronom impersonnel, partout où il y a un « il » il peut y avoir une « elle » ; et partout où il y a une « elle » il peut y avoir un « il ». De cette manière une femme peut créer sa propre identité, libérée des attentes qui vont avec le fait d’être « femme », pour ne rien dire de celles qui vont avec le fait d’être « une dame ». Elle peut devenir indépendante, tout comme un homme. Ce qui commence comme une contestation de la virilité, du machisme, et de la phallocratie se termine par une soumission complète à toutes ces choses, dès lors qu’il s’avère que ce qui motivait leur dénonciation était simplement la jalousie de ne pas y participer. Les féministes s’abandonnent donc au carriérisme et à la réussite, la même « autonomie » bidon, ou le même conformisme social qui se fait passer pour de la créativité individuelle2, qui était rejeté avec mépris lorsqu’on lui appliquait le qualificatif de « bourgeois ».

Disparues, ou du moins oubliées, les qualités féminines de loyauté, de tendresse, d’affection, d’amour maternel, et de séduction – qualités qui toutes supposent une certaine prise de distance avec les ambitions professionnelles mesquines. Disparu également le traditionnel scepticisme des femmes vis-à-vis des réalisations masculines, qui avait toujours servi de salutaire contrepoids à la vanité des mâles dominants. Si les femmes n’ont pas de nature, les hommes non plus. La complémentarité des hommes et des femmes, qui leur rend nécessaire et possible le fait de vivre ensemble et qui les récompense lorsqu’ils le font, est niée ou ignorée. Ce que nous avons à la place est un mélange confus de femmes arrivistes en compétition avec des mâles agressifs, et d’hommes sensibles qui s’inclinent devant des femmes récriminatrices, sans aucune conscience que quelque chose pourrait être détraqué.

Ou bien ce féminisme radical est-il injustement pris pour le féminisme dans son ensemble ? La plupart des femmes sont des féministes modérées (et toutes les femmes de nos jours sont féministes sous une forme ou une autre). Alors que les radicales sont opposées à la famille, les modérées croient qu’il est possible d’avoir en même temps une carrière et une famille. Leur nature féminine s’affirme, et est même parfois reconnue en tant que telle, dans le féminisme « deuxième époque » des femmes qui ne sont pas intéressées par le fait d’insulter les hommes, et encore moins par le fait de vivre sans eux. Mais les modérées veulent les avantages de l’agressivité sans avoir le stress qui accompagne le fait de manifester de l’agressivité et d’y être exposé. Elles se plaignent d’un « environnement hostile au travail » et du « plafond de verre », comme si la récompense devait revenir au mérite sans qu’il soit nécessaire de se donner la peine de la réclamer. Lorsque la récompense n’est pas accordée à ceux qui s’assoient et attendent qu’elle arrive, ces femmes indépendantes appellent le gouvernement à l’aide, et la discrimination positive arrive à la rescousse.

Le féminisme modéré représente un certain soulagement par rapport à la grossièreté de la variété radicale, mais il est moins perspicace que cette dernière, car il repose sur l’illusion qu’il est possible d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Traiter les femmes comme si elles étaient interchangeables avec les hommes n’a jamais été essayé par quelque société que ce soit, pour autant que nous le sachions. Il s’agit par essence d’une idée radicale, toutes les femmes devraient en être bien conscientes et considérer l’adoption de cette idée comme une expérience risquée.

Pour résumer le féminisme, il me semble que celui-ci a produit plus de justice et moins de bonheur. La plus grande justice vient du fait d’accorder plus de possibilités et de reconnaissance qu’auparavant aux femmes ayant des aptitudes à faire valoir. Elle est souillée par l’injustice de la discrimination positive, et contrebalancée dans une certaine mesure par le caractère douteux du genre de reconnaissance qui vous est accordée par le monde en général, plutôt que par ceux qui vous connaissent. Le moindre bonheur vient du fait d’être libéré pour un travail. Félicitations, mesdames, pour avoir obtenu ce que vous vouliez ! Ce qui commence comme un choix parmi différentes possibilités attractives se termine par la nécessité de gagner seule sa vie. Car le divorce vient facilement avec l’indépendance. En cas de difficulté, s’il s’ennuie, ou bien s’il est attiré ailleurs, votre homme croira sans peine ce que les féministes lui ont dit : que vous pouvez vous en sortir toute seule. Derrière chaque femme libérée se trouve un homme libéré.

Et qu’en est-il des hommes ? Les féministes ont lancé une attaque contre la virilité et ont tenté, par des méthodes qui rappellent le « despotisme doux » de Tocqueville, de la transformer en sensibilité. « Allons-allons ! », disent-elles, vous devez apprendre à vous conduire comme une femme, ou bien nous vous enverrons dans un séminaire de sensibilisation (« sensibiliser » est un terme d’origine néo-marxiste). Savoir si de telles mauviettes se révèleront satisfaisantes pour les femmes est peut-être la question de notre temps. Le féminisme est maintenant si bien établi que les femmes ne ressentent plus le besoin de se dire féministes. Mais le rejetteront-elles jamais ? Seules les femmes peuvent défaire ce qu’elles ont fait pour créer les hommes sensibles. Aujourd’hui la virilité n’est plus tolérée que chez les noirs, mais sous une forme tellement exagérée qu’elle en devient ridicule.


Source : Le Bulletin d’Amérique, traduction d’Aristide


[1] NdT : The feminine mystique
[2] NdT : « other-directed conformity posing as self-directed creativity », allusion au livre The lonely crowd de David Riesman (1950).



À lire

Harvey Mansfield : Comprendre et engager le politique, par Kenneth R. Weinstein,
Virilité et morale, par Harvey Mansfield



*Harvey C. Mansfield est Professeur de Philosophie politique à Harvard et Senior Fellow de la Hoover Institution de l’Université de Stanford, où il dirige le groupe de réflexion sur la vertu et la Liberté. Il a écrit sur Edmund Burke et la nature des partis politiques, sur Machiavel et l’invention du gouvernement indirect, sur la découverte et le développement de la théorie du pouvoir exécutif. Il a traduit trois ouvrages de Machiavel et De la Démocratie en Amérique de Tocqueville. Dans son dernier livre, Manliness, il s’interroge sur la question de la virilité, dans une société qui promeut la neutralité des genres. Il a reçu en 2004 la médaille nationale des Humanités par le Président des Etats-Unis. Entré à Harvard en 1949, il y enseigne depuis 1962.

Voir aussi

Recension de Economic Facts and Fallacies de Thomas Sowell

Rediffusion : Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes

Wall Street Journal : « Il n’y a pas d’écart salarial hommes-femmes »

L'État se féminise et se « diversifie »

En mars 2007, l’effectif régulier de la fonction publique québécoise était composé de 55,6 % de femmes et de 44,4 % d’hommes, soit un écart de 11,2 points de pourcentage en faveur des femmes. En mars 2011, l’écart s’est accentué pour atteindre 16,0 points de pourcentage, l’effectif régulier comportant maintenant 58,0  % de femmes et 42,0 % d’hommes  (page 34 de ce rapport gouvernemental).

Les femmes constituaient 60,0 % des nouvelles embauches en 2010-2011. (p. 44) Que fait Madame Marois pour corriger cette féminisation ?

Répartition des sexes dans la fonction publique québécoise

Le taux d’embauche des personnes membres d’au  moins un groupe bénéficiant de discrimination positive (minorités immigrées, anglophone, autochtone, personne handicapée) se situe à 22,0 % pour l’année 2010-2011, soit une hausse de 2,5 points de pourcentage depuis 2006-2007. Les membres de minorités visibles ont vu leur taux d’embauche passer de 14,0 % à 19,1 % entre 2006-2007 et 2010-2011.

Répartition des groupes bénéficiant de la discrimination positive


Pour ce qui est des commissions scolaires (un groupe distinct et séparé de la fonction publique comprenant également le personnel enseignant ou non des écoles publiques), les hommes étaient 29,6 % (45 636 sur 154 183 employés)  et les femmes 70,4 % des effectifs en 2007.  Voir la p. 44 de ce rapport du Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJQ). Ce qui n'empêchait pas la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec d'indiquer un manque de 5 618 femmes (p. 46) ! Une fois cet objectif atteint, les hommes seraient à 26 %.

En 2011, le dernier rapport de la CDPDJQ précise que le nombre d'employés dans les commissions scolaires était de 154 187 (p. 57), mais il ne donne que le pourcentage d'handicapés dans ce tableau récapitulatif. Il faut aller aux annexes I et III pour totaliser les effectifs de chaque commission (il y en a 70) et dénombrer la prétendue sous-représentation des femmes dans chacune des commissions scolaires : 5 612.  Eh, oui, les effectifs des commissions scolaires sont très majoritairement féminins (108 547 soit 70,4 %), mais il y aurait toujours une sous-représentation des femmes dans ces mêmes commissions scolaires — près de 5600 femmes manqueraient ! — selon ce rapport au titre orwellien  « L’Accès à l'égalité en emploi »...









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Rediffusion : Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes


Revenons quelque peu sur ce fameux cahier d'exercices d'éthique et de culture religieuse où Mme David apparaît dans un grand médaillon.

Regardons quelques-unes des affirmations et priorités mentionnées dans celui-ci.

L'équité salariale

Un des thèmes récurrent est l'équité salariale que Mme David cite comme un grande réussite du mouvement féministe (p. 199, reproduite en fin de billet) et que le cahier identifie comme encore inexistante sur le terrain (p.197, également reproduite).

Les lecteurs trouveront donc peut-être intéressante la vidéo ci-dessous qui démonte l'idée reçue selon laquelle l'ascension professionnelle des femmes est due au mouvement féministe. Bien entendu, le cahier d'éthique en question ne remet pas du tout en cause cette idée reçue.

Il s'agit d'un entretien avec le professeur Thomas Sowell qui a enseigné l'économie, l'histoire intellectuelle et les politiques sociales aux universités Cornell, d'UCLA et d'Amherst. Il est aujourd'hui associé principal à la Hoover Institution.



« Les femmes gagnent toujours 70 % du salaire des hommes »

Le cahier « Françoise David » ressort tous les poncifs du prêt-à-penser féministe en matière salariale :
« Les femmes n'ont toujours pas obtenu l'équité salariale dans les faits. Elles ne gagnent toujours en moyenne que 70 % du salaire des hommes.

[...]

En 2001, 61 % des employés au salaire minimum étaient des femmes. »
Présentée ainsi, cette situation choquera le désir de justice de nombreux élèves. Mais les faits sont tronqués par ce cahier (et Radio-Canada ce même jour qui reprend les mêmes genres de statistiques aux États-Unis : « les statistiques gouvernementales démontrent que les femmes américaines ne gagnent encore en moyenne que 80 % de la paye de leurs homologues masculins travaillant autant. »).

Complétons donc cette présentation tronquée en reproduisant ici quelques extraits d'un article du New York Times sur la question par Warren Farrell publié le 5 septembre 2005.

« Rien ne dérange plus les femmes qui travaillent que les statistiques souvent mentionnées lors de la fête du Travail qui montre qu’elles ne reçoivent que 76 cents pour chaque dollar qu’un homme gagne à travail égal. S’il s’agissait d’un portrait complet, la chose devrait tous nous déranger; comme beaucoup d’autres hommes, j’ai deux filles et ma femme est employée.

[…]

Je me suis dit peut-être que les patrons sous-évaluent les femmes. Mais j’ai découvert qu’en 2000 les femmes sans patrons, elles sont indépendantes, gagnaient 49 % de ce que les patrons indépendants mâles gagnent. Pourquoi ? Quand le Rochester Institute of Technology a effectué une étude sur les propriétaires d’entreprises détenant un MBA d’une école commerciale prestigieuse, les auteurs ont découvert que l’argent était la principale motivation de 29 % des femmes alors que c’était le cas de 76 % des hommes. Les femmes valorisaient l’autonomie, la souplesse (des semaines de 25 à 35 heures et un emploi près du foyer), l’épanouissement et la sécurité.

Après des années de recherche, j’ai identifié 25 différences dans les choix de vie et de carrière entre les hommes et les femmes. Toutes font en sorte que les hommes gagnent plus d’argent, mais que les femmes bénéficient d’une meilleure vie.

Gagner beaucoup d’argent est une question de compromis. Les hommes choisissent de travailler de plus longues heures (les femmes travaillent plus à la maison), occupent des professions plus dangereuses, plus sales et travaillent plus souvent à l’air libre.

La différence de rémunération se résume-t-elle à des choix différents effectués par les hommes et les femmes ? Pas tout à fait. Le fait d’être parent intervient aussi. Les femmes qui ne se sont jamais mariées et qui n’ont pas eu d’enfant gagnent 117 % de leurs homologues mâles sans enfant (à même niveau d’éducation, d’heures travaillées et même âge). Leurs décisions ressemblent plus à celles des hommes mariés, alors que les décisions des hommes restés célibataires ressemblent plus à celles des femmes en général (des carrières artistiques, pas de travail en fin de semaine, etc.)

[…]

Mais est-ce que les femmes ne gagnent pas moins d’argent pour un même travail ? Oui et non. Le Bureau de la statistique du travail considère en bloc tous les médecins. Pourtant les hommes ont plus de chance d’être chirurgiens (plutôt que des généralistes), travaillent plus souvent à leur propre compte pendant à la fois plus d’heures et à des heures moins prévisibles, et cela pendant plus d’années. Bref, ce « même travail » n’est pas le même.

[…]

Comparer les hommes et les femmes avec les « mêmes professions » revient donc à comparer des pommes et des poires. Toutefois, quand les 25 choix de carrière sont les mêmes, la bonne nouvelle pour les femmes c’est qu’alors les femmes gagnent plus que les hommes.

[…]

Il existe 80 professions dans lesquelles les femmes sont mieux rémunérées que les hommes : analyste financier, orthophoniste, radiologiste, bibliothécaire, projectionniste, technicien des sciences biologiques. Les ingénieures commerciales gagnent 143 % de ce que gagnent leurs homologues masculins, les statisticiennes font 135 %.

Je veux que mes filles sachent que les gens qui travaillent 44 heures par semaine touchent, en moyenne, deux fois plus que ceux qui travaillent 34 heures et que les pharmaciennes gagnent aujourd’hui presque autant d’argent que les médecins.

Ce n’est qu’en cessant de nous concentrer sur la discrimination contre les femmes que nous pouvons découvrir ces occasions ouvertes aux femmes. »

Autres faits passés sous silence

Le chômage frappe désormais plus les hommes : « L'emploi a chuté de 111 000 dans le principal groupe d'âge actif (soit les adultes âgés de 25 à 54 ans), et près des deux tiers de ce recul sont survenus chez les hommes. »


« Du milieu des années 1970 à la fin des années 1980, le taux de chômage chez
les hommes était habituellement inférieur à celui des femmes. Depuis 1990,
toutefois, cette tendance s'est inversée, et le taux de chômage des femmes
est demeuré inférieur à celui des hommes. En 2007, le taux de chômage des
femmes était de 5,6 %, et celui des hommes, de 6,4 %. »


On observe le même phénomène aux États-Unis et plus particulièrement depuis le début de la crise économique :

la crise touche d'abord les hommes


Mise à jour septembre 2009 : plus de femmes que d'hommes sur le marché du travail

Une analyse réalisée par les travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) révèle qu'il y a plus de femmes que d'hommes sur le marché du travail au Canada.

Cette conclusion est tirée de l'examen des données d'une étude de Statistique Canada réalisée annuellement sur la syndicalisation.

Ainsi, au cours de la première moitié de 2009 (du 1er janvier au 30 juin), le nombre de femmes employées a été supérieur de 160 000 en comparaison aux hommes (7,123 millions de Canadiennes contre 6,963 millions de Canadiens).

Même en incluant les périodes des deux Guerres mondiales, c'est la première fois au pays que le nombre de femmes qui occupent un emploi surpasse celui des hommes. L'enrôlement sous les drapeaux de ces derniers avait en effet conduit de nombreuses femmes à prendre leur place au travail, mais jamais elle n'y furent majoritaires.





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Violences conjugales : les hommes battus oubliés en France comme au Québec ?

Arthur Vivien 
Selon le juriste français Arthur Vivien, si la dramatique question des violences conjugales fait l'objet de l'attention de la classe politique et des médias depuis plusieurs années, personne ne semble s'occuper des hommes battus. C'est ainsi qu'en France plus de 50 associations accompagnent aujourd'hui les femmes victimes de violences conjugales, la police est formée à recevoir les femmes et la justice sanctionne. Tout cela est une bonne chose pour les femmes subissant des violences physiques (soit 3 % d'après l'Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales, ONDRP). Ce qu'on ne sait moins cependant, c'est que de très nombreux hommes sont également battus par leur compagne. L'ONDRP, présidé par Monsieur Alain Bauer, vient de révéler que 280 000 hommes sont aujourd'hui victimes de coups, de violences physiques au sein de leur couple (1,3% des hommes de 18 à 75 ans).  Ajoutons que les hommes sont parfois battus par les frères de leur épouse, ces chiffres ne sont pas repris dans les chiffres de l'ONDRP.

Arthur Vivien se demande « Pourquoi devrions nous continuer à laisser dans le silence et l'oubli ces hommes qui subissent la même chose que les femmes battues ? »

Une « journée nationale de sensibilisation aux violences faites aux femmes » a été instituée le 25 novembre par le Parlement français (loi du 9 juillet 2010, sous le président dit de droite Sarkozy).

Pour quelles raisons devrions-nous accepter qu'une politique publique soit menée en laissant complètement à l'écart l'un des deux sexes ? Le juriste s'interroge : « On nous parle aujourd'hui beaucoup des enfants témoins de ces violences : est-ce qu'un enfant voyant son père se faire battre doit être moins considéré qu'un enfant voyant sa mère se faire battre ? » Pour beaucoup de raisons, cet état de fait, oublieux des pères et des hommes, doit cesser selon M. Vivien, au nom notamment des valeurs de justice et d'égalité qui sont les siennes. À une époque où les féministes font la promotion d'une théorie censée nous permettre de rompre avec les stéréotypes culturels attachés à chaque sexe — la théorie du genre —, l'heure n'est-elle pas venue de rompre avec le dogme culturel largement répandu et entretenu par certaines féministes selon lequel tous les hommes sont des dominateurs, des violents en puissance ? En tout cas, pour M. Vivien, la réalité révélée par ces chiffres nous invite à sortir collectivement des clichés simplistes qui sont stigmatisant, pour ne pas dire sexistes à l'égard des hommes.

Analyse féministe de la violence conjugale dans un cahier ECR

Lancement de livre Libérez-nous des syndicats (obligatoires) sous escorte policière

Le lancement du livre d’Éric Duhaime Libérez-nous des syndicats s’est fait sous escorte policière, mercredi soir à Montréal, à la suite de menaces dirigées contre l’auteur et contre le restaurant hôte de l’événement.


Voir aussi

Syndicats satisfaits : taux du nombre d'élèves par enseignant en baisse constante au moins jusqu'en 2015

Affamer le privé, les curieuses économies de la Fédération autonome de l'enseignement

Steve Jobs décriait l'éducation américaine, la paralysie des syndicats d'enseignants, était pour les bons scolaires

États-Unis — Choix scolaire grandissant malgré l'opposition musclée des syndicats

Québec — Dépenses par élève dans le réseau gouvernemental en hausse constante

Le président Obama met ses enfants dans le privé de même que 40 % du Congrès américain

Professeurs incompétents que l'on ne pourrait congédier, perception des syndicats par les Québécois

Priorité en éducation selon le syndicat CSQ : lutter contre l'hétérosexisme...

Comment concilier financement juste et recherche de l'amélioration des écoles

Entretien avec Philippe Nemo sur l'école unique et le monopole d'État

Le système de garderies, les syndicats sont-ils tombés sur la tête ?





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