Bien qu’ils demeurent sujets britanniques en 1774, après le Traité de Paris de 1763, les Canadiens demeurent attachés à leurs libertés qu’ils associent au riche héritage de leurs origines.
Un acte intolérable pour les Insurgés américains
Grief 20
"Pour avoir aboli le libre système des lois anglaises dans une province voisine [à savoir Québec], y avoir établi un gouvernement arbitraire et avoir élargi ses frontières pour en faire à la fois un exemple et un instrument adéquat pour introduire le même régime absolu dans ces colonies".(extrait de la déclaration d’indépendance des États-Unis de 1776)
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| Le grief encadré dans le facsimilé de la Déclaration d'indépendance de 1776, signée et grossoyée |
Détail
Loi britannique adoptée en 1774. C'est la première constitution québécoise émanant du Parlement de Londres.
L'Acte
de Québec établit un Conseil législatif pour légiférer dans la Province
de Québec. Les frontières de la colonie sont agrandies jusqu'au bassin
hydrographique des Grands Lacs, le libre exercice de la religion
catholique romaine est légalisé et le serment du test est remplacé par
un serment au roi permettant aux catholiques de devenir conseillers
législatifs et juges. Rappelons que le serment du Test faisait partie
d'un ensemble de serments de fidélité à la couronne britannique que
devaient prononcer tous les fonctionnaires et officiers anglais et qui
avait pour but d’exclure les catholiques des charges administratives.
Enfin, l'usage des lois civiles françaises dans l'appareil de justice de la colonie est légalisé.
Historique
L'Acte
à l'effet de pourvoir d'une façon plus efficace au gouvernement de la
province de Québec dans l'Amérique du Nord est sanctionné à Londres le
22 juin 1774 (14 Geo. III, c. 83)1. Cette loi révoque les dispositions
de la Proclamation royale (1763) concernant la Province de Québec. Le
roi et son conseil privé (la Couronne) perdent la prérogative
d'organiser seuls l'administration de la colonie, sous la surveillance
générale du Parlement. Désormais, les trois branches du Parlement
britannique (le Roi, la Chambre des lords et les Communes)
constitueront, ensemble, l'autorité suprême pour moduler
l'administration interne de la province.
La géographie
Les
premiers articles de l'Acte de Québec concernent l'annexion à la
Province de Québec, du nord-ouest du « Territoire des Indiens » créé par
la Proclamation royale de 1763. Les nouvelles frontières vont du nord
de la rivière Ohio jusqu'au sud du territoire de la Compagnie de la Baie
d'Hudson, incluant le Labrador, l'île d'Anticosti et les îles de la
Madeleine. La Grande-Bretagne établit ainsi « un gouvernement civil »
sur cette vaste étendue de territoire où se trouvaient encore « des
sujets de France qui ont demandé d'y rester ». Notons que l'indépendance
des États-Unis, ratifiée par le Traité de Paris de 1783, amputera la
Province de Québec des territoires situés au sud des Grands Lacs.
La révocation des ordonnances
L'Acte
de Québec révoque globalement, à compter du 1er mai 1775, chacune des
ordonnances rendues par le gouverneur et le Conseil de Québec en
exercice depuis 1764. Car, la légalité de ces ordonnances « relatives au
gouvernement civil et à l'administration de la justice » avait été mise
en doute par certains légistes. Aux Communes, les parlementaires
britanniques avaient tranché : le Conseil de Québec avait outrepassé son
simple pouvoir réglementaire.
En fait, selon la Proclamation
royale et selon la commission du gouverneur James Murray, datée du 28
novembre 1763, il était clairement précisé que le pouvoir législatif
n'appartenait qu'« au gouverneur, au Conseil et à l'Assemblée seuls ».
Autrement dit, puisque aucune assemblée élue n'a été constituée dans la
Province de Québec, les autorités coloniales n'ont jamais obtenu
légalement le pouvoir de légiférer.
Le même article révoque les
commissions de tous les serviteurs de l'État, à compter du 1er mai 1775.
Quant au système judiciaire établi dans la Province de Québec en 1764,
il est suspendu pour être réformé.
La religion catholique
Le
libre exercice de la religion catholique romaine est officiellement
légalisé. Celle-ci reste toutefois soumise à « la suprématie du roi »
tel qu'elle l'était déjà selon les traités de capitulation de Québec
(1759), de Montréal (1760) et du Traité de Paris (1763). Mais le clergé
est légalement autorisé à percevoir la dîme et « may hold, receive, and
enjoy, their accustomed Dues and Rights, with respect to such Persons
only as shall profess the said Religion ». D'autres mesures sont
annoncées pour « l'encouragement de la religion protestante ».
Le
serment du test est remplacé par un serment d'allégeance au roi qui
permettra aux catholiques d'accéder à des charges publiques sans abjurer
leur foi9. Notons qu'en Grande-Bretagne, les fonctionnaires prêtent le
serment du test de 1673 à 1829. Il appert donc que de l'administration
sous la Proclamation royale de 1763 à l'Acte de Québec de 1774, Londres
adapte ses politiques coloniales au contexte particulier d'une société
où le catholicisme romain demeure une constante.
Les lois civiles françaises
Londres
confirme l'usage des lois civiles françaises dans l'appareil de justice
de la colonie. Cette clarification est nécessaire, car des doutes
existaient à savoir si « la loi du Canada » avait été supprimée par la
Proclamation royale de 1763 et remplacée par la common law. Selon
l'usage préalablement établi déjà par les gouverneurs Murray et
Carleton, tous les sujets canadiens - et même les sujets britanniques de
la colonie - « pourront conserver la possession et jouir de leurs
propriétés et de leurs biens avec les coutumes et usages qui s'y
rattachent et de tous leurs autres droits civils », à l'exception des
ordres religieux et des communautés. En retour, les lois criminelles
anglaises demeurent en usage.
Sans qu'il soit expressément
question du régime seigneurial dans l'Acte de Québec, le recours aux «
lois du Canada » cautionne, dans les faits, le régime féodal dans la
Province de Québec. Sur cet aspect des affaires canadiennes, le
gouverneur Guy Carleton avait joué d'influence en faveur des principaux
propriétaires terriens de la colonie. Dès le 2 juillet 1771, de
nouvelles instructions, adressées par le roi à Carleton permettaient à
nouveau l'adjudication des terres de la province en fief et en
seigneurie.
Puis, en 1774, Carleton convainc Lord Hillborough de
faire disparaître, dans la troisième ébauche du projet de loi de Québec -
le futur Acte de Québec -, un article donnant la possibilité aux
seigneurs de modifier leur propriété en franc et commun socage. Sur ce
point, de l'avis de Carleton, la tenure en seigneurie donne à la
Couronne un grand pouvoir sur les seigneurs. Finalement, l'Acte de
Québec ne fera que protéger les terres qui avaient déjà été concédées en
franc et commun socage.
Le Conseil législatif
Par
le passé, seules les instructions royales du 7 décembre 1763 avaient
permis à Murray d'administrer la colonie à l'aide d'un Conseil, et ce,
jusqu'à ce que d'autres circonstances autorisent le gouverneur à établir
une assemblée législative. Or, dès 1764, la constitutionnalité même de
ce « gouverneur en conseil » a été mise en doute - tout comme la
légalité de ses ordonnances.
Autrement dit, une interprétation
plus stricte de la Proclamation royale aura pour effet de rendre
inconstitutionnelles les instructions royales concernant les pouvoirs
législatifs du Conseil de Québec. C'est du moins l'avis légal qu'en font
les parlementaires britanniques en 1774. En effet, dans la Proclamation
royale, il était clairement question de la convocation éventuelle d'une
assemblée élue « de la manière prescrite et suivie dans les colonies et
les provinces d'Amérique ».
Puisque la métropole n'entend pas
encore convoquer une assemblée législative élue, un conseil législatif
nommé est institué avec le pouvoir de légiférer. Cette fois, le pouvoir
législatif est clairement défini, sans qu'il soit nécessaire de
convoquer une assemblée. L'Acte de Québec édicte que le Conseil
législatif se composera de 17 à 23 personnes résidant dans la colonie.
Les conseillers législatifs ont officiellement le pouvoir de rendre des
ordonnances « pour la paix, le bien-être et le bon gouvernement » avec
le consentement du gouverneur. Si celui-ci devait s'absenter de la
colonie ou en cas de décès, il serait remplacé par le
lieutenant-gouverneur ou, autrement, par le commandant en chef en
exercice. Le Parlement impérial conserve, pour sa part, une compétence
législative illimitée vis-à-vis de sa colonie et, « par décret de Sa
Majesté en son conseil », peut désapprouver toute ordonnance.
En
l'absence d'une chambre d'assemblée élue, le Conseil législatif n'a pas
le pouvoir d'imposer des taxes ou des impôts. Il peut cependant prélever
certaines cotisations pour l'entretien des routes, des bâtiments
publics et « d'autres fins d'utilité locale » dans les districts et les
bourgs de la province.
Un quorum est fixé pour que puisse être
adoptée une ordonnance, c'est-à-dire que « la majorité de tous les
membres du Conseil » devront être présents durant une séance. Quant aux
sessions parlementaires, elles doivent être tenues « entre le premier
jour de janvier et le premier jour de mai, à moins de nécessité urgente
». De sorte que les sessions se terminent avec l'ouverture de la
navigation sur le fleuve Saint-Laurent.
L'Acte du revenu de Québec
Juste
après l'Acte de Québec, le Parlement britannique adopte l'Acte du
revenu de Québec (14 Geo. III, c. 88) qui établit « un fonds pour
pourvoir aux dépenses de l'administration de la justice et au soutien du
gouvernement civil dans la province de Québec ». Cette loi abolit aussi
les droits imposés par le précédent régime sur l'importation de vins,
de rhum et d'eau-de-vie ainsi qu'un droit de 3 % sur toutes autres
marchandises importées et exportées. En lieu et place, à compter du 5
avril 1775, de nouveaux droits seront prélevés sur les mêmes produits de
même que sur la mélasse. Le directeur des douanes est chargé de
percevoir ces sommes et de les remettre au Receveur général de la
province. S'ajoute à cela une licence que toute personne tenant une
auberge ou un cabaret public ayant un débit d'alcool devra payer au
Receveur général.
Les autres sources de revenus du gouvernement
colonial - revenus casuels, domaniaux, amendes, rentes, affermages - ne
sont pas affectées par l'Acte du revenu. De par son droit de conquête,
la Couronne continue de percevoir ces revenus18. En 1775, des
modifications seront apportées à l'Acte du revenu pour lutter contre la
contrebande (15 Geo. III, c. 40).
L'adoption de l'Acte de Québec au Parlement de Westminster (1774)
Le
gouverneur Carleton figure parmi les principaux instigateurs de l'Acte
de Québec. Le 1er août 1770, il quitte Québec pour Londres afin de
presser l'adoption d'une constitution qui « préserverait la bonne humeur
et l'harmonie parfaite » dans la colonie.
Si les affaires de la
Province de Québec n'ont jamais constitué un sujet de première
importance pour les hommes politiques britanniques, l'adoption de la
Proclamation royale de 1763 a été suivie néanmoins de diverses études
ministérielles quant au règlement définitif des affaires de la Province.
Le gouvernement du premier ministre Grenville tendait déjà, en 1765,
vers le règlement de ce dossier. Son successeur, le marquis de
Rockingham, désirait également aller de l'avant avec un projet pour
régulariser l'administration de la Province de Québec. D'ailleurs, un
rapport similaire à ce que sera l'Acte de Québec sera déposé devant le
Conseil privé de Londres le 13 mai 1766. Puis, jusqu'en 1770, Lord
Hillsborough, le secrétaire d'État aux colonies, mène de nouvelles
enquêtes sur la forme de gouvernement à donner à la Province de Québec.
Cette même période correspond néanmoins à un changement de mentalité au
cœur de la classe politique quant aux droits des catholiques au sein de
l'Empire britannique.
En 1770, le gouvernement tory de Lord
Frederick North prend les choses en main en vue de doter la Province de
Québec d'une constitution qui permettrait d'obtenir le « ferme
attachement » des Canadiens. Faisant suite au lobby de Carleton, des
recommandations concernant l'Acte de Québec sont mises en place à l'été
1773.
Le solliciteur général Alexander Wedderburn rédige les
premières ébauches de l'Acte de Québec en février 177424. D'autres
acteurs jouent un rôle clé dans l'élaboration du bill : le secrétaire
d'État aux colonies Lord Dartmouth; le gouverneur Carleton; William Hey,
juge en chef de la Province de Québec de 1766 à 1776; Lord
Hillsborough, ancien secrétaire d'État aux colonies, et Lord Mansfield
(lord chief justice), de même que le procureur général Edward Thurlow.
L'étude du projet de loi
Au
Parlement de Westminster, la première lecture du bill est présentée par
Lord Dartmouth à la Chambre des lords, le 2 mai 1774. Il est adopté en
troisième lecture le 17 du même mois.
À la Chambre des communes,
le principe du bill est étudié en deuxième lecture le 26 mai. En vain,
l'opposition whig demande que soit donné un caractère temporaire à la
nouvelle constitution. D'autres objections concernent la restauration
des lois civiles françaises et l'absence de jugements par jury dans les
causes civiles. L'opposition critique également l'absence de l'habeas
corpus, mais c'est surtout la question de la religion catholique qui
soulève les passions. Le projet de loi est adopté en deuxième lecture
par un vote de 105 contre 29.
Les 2 et 3 juin, en comité
législatif (committee upon the bill), les députés entendent les opinions
du gouverneur Carleton, de l'ex-procureur général Francis Maseres27, du
juge en chef William Hey28, de Michel Chartier de Lotbinière, à titre
de porte-parole des seigneurs canadiens29, et de James Marriott, avocat
général du roi (king's advocate general). Les témoins répondent à une
multitude de questions relatives au bill de Québec. Chacun livre un avis
personnel - et parfois divergent - sur l'État, la justice, la religion,
le commerce et les Canadiens en général de même que sur la meilleure
forme d'administration à instaurer dans la Province de Québec.
L'opposition souhaite également entendre l'opinion de l'ex-gouverneur
James Murray, mais les ministériels n'y voient pas la nécessité : une
motion convoquant Murray est d'ailleurs rejetée par un vote de 90 contre
36.
En comité plénier, les 6 et 7 juin, les députés étudient les
articles du projet de loi. Quelques articles sont amendés par Lord
North. Plusieurs députés de l'opposition désapprouvent le bill de Québec
dans son ensemble.
L'adoption du projet de loi
Le
10 juin, les amendements adoptés en plénière sont lus une deuxième fois à
la Chambre des communes. Par motion, l'opposition propose l'ajout de
cinq nouveaux articles : 1. Un article permettant le jugement des causes
civiles devant jury; 2. Un article donnant, pour sept années, un
caractère temporaire à la loi, visant plus particulièrement le Conseil
législatif; 3. Un article réglementant l'adoption des ordonnances,
lequel donnerait un droit de veto à la Cour suprême de justice; 4. Un
article pour introduire l'habeas corpus; 5. Un article pour que les
séances du Conseil législatif ne se tiennent pas à huis clos. Tour à
tour, ces projets d'amendement sont rejetés par les ministériels.
Le
13 juin, par un vote de 56 contre 20, le projet de loi est adopté en
troisième lecture. Cinq jours plus tard, les amendements apportés au
bill par les députés la Chambre des communes sont étudiés à la Chambre
des lords pour être adoptés par une majorité de 26 contre 7. La loi est
sanctionnée le 22 juin suivant.
Les suites de l'Acte de Québec
Dans
la Province de Québec, l'Acte de Québec, qui entre vigueur le 1er mai
1775, est d'abord accueilli favorablement par les Canadiens. Carleton
affirme que « les sujets canadiens de Sa Majesté sont profondément
touchés de la grande bonté que le roi leur a témoignée à l'occasion du
dernier acte voté pour réglementer le gouvernement de la province ».
Les
clauses de l'Acte de Québec touchant le retour des lois civiles
françaises et l'officialisation de la religion catholique romaine
satisfont les Canadiens. L'élite seigneuriale canadienne se réjouit plus
encore puisque c'est dans ses rangs seulement que sont nommés les
conseillers législatifs catholiques. En 1775, on dénombre sept
catholiques contre 13 protestants au Conseil législatif. Comme le
souligne l'historien Pierre Tousignant, l'Acte de Québec confirme et
renforce le sentiment des grands seigneurs qu'ils sont les seuls
véritables porte-parole attitrés de la collectivité
canadienne-française. Pour le conseiller-seigneur Lacorne de Saint-Luc,
l'Acte de Québec n'était rien de moins qu'une « Chartre précieuse qui
assurera la jouissance des Privilèges et de la Religion du peuple de
cette province ».
Des critiques de la Constitution
En
revanche, lorsque fut connue la composition du Conseil législatif,
certains Canadiens ne cachèrent ni leur déception ni leur
mécontentement. Mais ce n'est que plus tard, entre 1780 et 1784, qu'un
mouvement réformiste canadien se forme véritablement, et ce, dans le
giron des démêlés judiciaires qui opposent alors Pierre Du Calvet au
gouverneur Haldimand.
Du côté des marchands britanniques, la
réaction à l'endroit de l'Acte de Québec est immédiate. Dès 1774, ils
font parvenir des pétitions à Londres pour obtenir son abrogation. Ils plaident en faveur de l'instauration d'une assemblée législative élue et demandent la protection de l'habeas corpus.
En
1775, le débat est relancé aux Communes britanniques, quand
l'opposition whig demande le rappel de l'Acte de Québec. William Hey,
juge en chef de la Province de Québec et membre ex officio du Conseil
législatif, siège alors à la Chambre des communes, ayant été élu député
de Sandwich en 1774. De retour à Québec en 1775, Hey démissionne
cependant, peu après, comme juge en chef de la colonie pour revenir
siéger aux Communes. Le 20 février 1776, son seul discours enregistré à
la Chambre - avant de laisser son siège la même année - est un plaidoyer
défendant l'Acte de Québec.
Ailleurs, dans les Treize
colonies américaines, l'Acte de Québec constitue l'une des « Coercive
Acts » jugés intolérables, au même titre que le Massachusetts Act. S'ensuit
la guerre d'Indépendance américaine (1776-1783) qui, dans la Province
de Québec, perturbe les activités du Conseil législatif. Les lois
martiales en vigueur à partir du 21 juin 1775 font en sorte que les
conseillers législatifs ne se réunissent qu'à trois reprises cette
année-là, avant que Québec soit assiégé par les Américains durant
l'hiver 1775-1776. Les membres du Conseil ne se réuniront qu'en 1777
seulement.
Des mouvements de réformes
À partir de
1784, Canadiens et Britanniques de la Province de Québec forment des
comités conjoints afin de demander la création d'une Chambre
d'assemblée. Des pétitions datées du 24 novembre 1784, en anglais et en
français, demandent notamment la création d'une chambre d'assemblée «
indistinctement composée d'anciens et de nouveaux sujets de Sa Majesté,
librement élus par les habitants ». Un total de 2 373 personnes, dont 1
518 Canadiens, signent ces pétitions.
À la même époque,
l'arrivée de britanniques loyalistes (réfugiés des États-Unis) change la
donne politique et, ultimement, oblige la Grande-Bretagne et le
gouvernement de William Pitt (1783-1801) à repenser l'organisation de
son empire colonial nord-américain. En 1789, le nouveau secrétaire
d'État aux colonies, William Wyndham Grenville, planche sur un projet de
nouvelle constitution pour le Canada.
La loi constitutionnelle de 1774 est modifiée le 10 juin 1791. L'Acte
constitutionnel de 1791 divisera la Province de Québec en deux entités
politiques distinctes, le Haut et le Bas-Canada, et créera, pour
chacune, une chambre d'assemblée élue.
Source : « Acte de Québec (1774) », Encyclopédie du parlementarisme québécois, Assemblée nationale du Québec, 10 juillet 2017.



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