samedi 21 septembre 2013

Bernard Drainville et l'État québécois censément neutre

 Chronique de Nathalie Elgrably-Lévy de l'Institut économique de Montréal :
 
« Sur le site du gouvernement du Québec consacré à la présentation du projet de charte des valeurs du Parti québécois, on peut voir une vidéo d’environ trois minutes dans laquelle le ministre Bernard Drainville déclare avec sérieux et conviction : « Au Québec, tous les Québécois doivent être traités également et équitablement par l’État. Peu importe notre niveau de revenu, notre condition sociale, notre origine. Peu importe nos convictions morales et religieuses, l’égalité et le traitement équitable doivent être la règle quand on fait affaire avec l’État. » M. Drainville a parfaitement raison et sa déclaration devrait être non seulement applaudie, mais aussi gravée sur les murs des édifices gouvernementaux. Malheureusement, si le principe est noble et inattaquable, il est loin d’être mis en application.



 
Traitement égal devant l'impôt, les subventions ?

La nature même du régime fiscal québécois est bien la preuve que l’État ne réserve pas le même traitement à tous les contribuables, indépendamment de leur niveau de revenu. Si c’était le cas, Québec aurait abandonné l’impôt progressif au profit d’un impôt à taux unique, comme c’est le cas dans un nombre croissant de pays à travers le monde. Il aurait aboli les milliers d’exemptions, de crédits et de traitements spéciaux contenus dans la Loi sur les impôts et il aurait supprimé tous les programmes de subventions dont certains bénéficient. Par exemple, peut-on parler d’équité quand Québec offre un crédit d’impôt supplémentaire à ceux qui choisissent le REÉR d’une centrale syndicale plutôt que tout autre REÉR ? Et quand Québec délie les cordons de sa bourse devant les doléances de quiconque se revendique « artiste » alors qu’il reste insensible aux difficultés d’autres industries ? Dans le même ordre d’idées, que penser des multiples programmes et subventions visant à augmenter la place des femmes dans les emplois traditionnellement masculins alors qu’il n’existe rien d’équivalent pour favoriser l’embauche des hommes dans les emplois traditionnellement féminins ? Sommes-nous donc réellement tous égaux ?

Neutralité dans les valeurs ?

Toujours dans la même vidéo, M. Drainville affirme que « l’État n’a pas à s’immiscer dans les convictions religieuses ou morales des Québécois. L’État doit être neutre ! » La déclaration du ministre est criante de vérité. Mais si ses propos sont sincères, si Québec ne cherche vraiment pas à influencer nos valeurs, comment expliquer la campagne publicitaire traitant de l’homophobie ? [et son plan interministériel de lutte contre l'« hétérosexisme »] Et celle sur la souveraineté alimentaire qui, dans les faits, n’est rien de plus qu’une forme de xénophobie économique ? Certes, Québec peut invoquer des raisons qu’il juge nobles pour justifier les traitements de faveur accordés à certains et les campagnes publicitaires qu’il finance. Ses choix ne sont peut-être pas teintés de considérations religieuses, mais pour choisir ceux qui passent à la caisse et ceux qui encaissent, pour identifier les causes qui méritent les fonds publics, l’État doit nécessairement s’appuyer sur une idéologie, un système de valeurs et une notion du bien et du mal qui lui est propre et dont rien ne prouve la supériorité. Dès lors, toute neutralité est impossible. En raison du rôle qu’il se donne, dans toutes ses actions, que ce soit au moment du prélèvement de l’impôt ou de sa redistribution, l’État est systématiquement et inéluctablement partial. Que Québec insiste sur la neutralité religieuse est une chose. Mais entendre M. Drainville se gargariser de neutralité, comme si c’était le modus operandi de l’État, est risible, presque [pitoyable]. »


On pourrait ajouter aux exemples donnés par Nathalie Elgrably-Lévy l'école publique et son programme unique qui favorise une vision du monde (et défavorise donc certains parents opposés à celle-ci). Il en va de même des manuels scolaires qui sont passés au crible par le Bureau d'approbation du matériel didactique, au titre orwellien (on ne censure plus, on approuve). Ce bureau a pour fonction de s'assurer non pas tellement de l'exactitude scientifique des manuels, mais de leur respect de tous les codes de la rectitude politique la plus corsetée sur le terrain du féminisme, du multiculturalisme, de la lutte contre l'hétérosexisme, etc. Bref, il met de l'avant les valeurs d'une soi-disante « élite » qui pense pour nous, mais n'est en rien neutre. C'est encore une particularité québécoise (le « Québec en avance » n'en doutez pas, vils impies !) Même en France, l'État ne révise plus les manuels depuis près de 70 ans, Vichy ayant laissé de mauvais souvenirs sur ce sujet.

Voir aussi

Le gouvernement Marois veut « protéger » les enfants de l'influence de la religion





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1 commentaire:

Gerald M a dit…

Bravo pour votre article. Et Vlan comme dirait l'autre dans les dents.¸

La liberté de choisir et la charte et surtout les dires de M. Drainville. Au moins avec les multiples religions et sectes (oui oui sectes) une personne pouvait choisir l'option de son choix. C'est cela la liberté.

Il est évident que le gouvernement du PQ (ou devrais-je dire les DURS ET PURS) s'enligne sur un autoritarisme total, donc de la suppression de la LIBERTÉ.

Je je n'ai pas peur de l'immigration, ni des anglais (mot tabou au Qc) , j'ai peur de la caution morale que Mme Marois donne à l'anti-liberté, tout en essayant d'aimer le peuple et de se montrer ouverte afin de MIEUX MENTIR au peuple.