jeudi 28 janvier 2010

Juge américain accorde le statut de réfugiés politiques à des parents-éducateurs persécutés en Allemagne


Hannelore et Uwe Romeike enseignent à leurs enfants.

Dans un cas sans précédent, un juge fédéral d’immigration à Memphis au Tennessee a accordé ce mardi 26 janvier 2010 le statut de réfugiés politiques aux membres de la famille Romeike qui avait fui l’Allemagne pour échapper aux persécutions du gouvernement allemand qui lui reprochait d'éduquer leurs enfants à la maison. Les Romeike ont expliqué à Lawrence O. Burman, juge de l'immigration de Memphis avoir fui Bissingen avec leurs cinq enfants, dans le Bade-Wurtemberg (sud-ouest de l'Allemagne) en août 2008, pour s'installer aux États-Unis, berceau du mouvement de l'instruction à domicile.

Dans sa décision, le juge Lawrence Burman précise qu’« il s’agissait ici de transgressions de droits humains fondamentaux qu’aucun pays n’a le droit d’enfreindre. »

Le juge Burman s’est également dit préoccupé par le fait que, bien que l’Allemagne soit un pays démocratique et un allié des États-Unis, sa politique de persécution des parents qui éduquent leurs enfants à la maison « est particulièrement répugnante pour des Américains. »

La persécution des parents-éducateurs en Allemagne s’est intensifiée ses dernières années à tel point que des familles sont régulièrement mises à l’amende de plusieurs milliers de dollars, menacées d’emprisonnement ou se voient priver de garde de leurs enfants parce qu’ils décident d’éduquer eux-mêmes leurs enfants.

À l'inverse de l'Allemagne, aux États-Unis, l'instruction à la maison est reconnue comme une forme légale d'instruction. L'Allemagne interdit celle-ci en s'inspirant d'une loi promulguée sous le régime d'Adolf Hilter et la justifie aujourd'hui par l'idée qu'il faut éviter l'apparition de « sociétés parallèles ». C'est le seul pays d'Europe occidentale à interdire complètement l'instruction à domicile. Les parents qui instruisent leurs enfants à la maison y sont très majoritairement des Allemands de souche mécontents du niveau scolaire des écoles ou des valeurs morales qui y sont enseignées.

Dans son jugement rendu mardi, le juge Burman a « reconnu que les Allemands qui souhaitent éduquer leurs enfants eux-mêmes sont une minorité sociale persécutée » dans leur pays et a donc tranché en faveur des Romeike, a expliqué Mike Donnelly, l'avocat de la Home School Legal Defense Association qui les représente. « Ce jugement est une humiliation pour l'Allemagne », a estimé Me Donnelly.

Uwe Romeike, le père des cinq enfants, a exprimé sa « gratitude », dans un communiqué. « Nous apprécions la liberté que nous donnent les États-Unis de pouvoir faire classe à nos enfants à la maison. C'est le début d'une nouvelle vie ».

On s'attend désormais à de nouvelles demandes d'asile, d'autant plus que la Cour européenne des droits de l'homme a clairement affirmé le droit de l'Allemagne d'exiger l'inscription dans des écoles contrôlées par l'État (Konrad et autres c. Allemagne, affaire n° 35504/03, 11 septembre 2006)

En France, la liberté des parents d'instruire leurs enfants reste fragile et compromise. Au Québec, le Monopole de l'Éducation serre depuis quelques années la vis en obligeant en pratique les parents-éducateurs à suivre son programme pourtant fortement contesté : les enfants sont convoqués à passer des examens dans l'école la plus proche, on restreint de plus en plus l'accès aux cégeps aux seuls enfants munis d'un diplôme du Monopole et l'on commence à prétendre qu'empêcher les enfants de passer ces examens et ce diplôme restreint les possibilités d'avenir de ces enfants et que l'État doit veiller aux intérêts des enfants. Rappelons que, dans les juridictions anglo-saxonnes, l'entrée à l'université se fait habituellement selon le classement des candidats à une série d'examens normalisés et les enfants instruits à la maison s'en tirent mieux que ceux des écoles publiques.




Lire aussi Famille allemande exonérée de négligence criminelle envers ses enfants qu'elle enseignait à la maison et École à la maison : les familles fuient l’Allemagne.

Lire (en anglais) le mémoire préparé pour l'audience devant le juge par les avocats des parents de la HSLDA.

Source

6 commentaires:

Martiarez a dit…

'humiliant humilié?

27/01/2010 à 19:23

Comme beaucoup d'américains, ce juge n'a pas dû beaucoup sortir de chez lui.
De là à parler de persécution... j'imagine qu'il doit bien y avoir comme en France un système d'éducation à domicile. Pourquoi d'ailleurs être allés jusqu'aux USA? Pourquoi pas en France? Pourquoi n'avoir par fait de recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme..?
Bien naïf ce juge. Ou comment brader la fameuse carte verte. On rigole!

Françoise a dit…

"j'imagine qu'il doit bien y avoir comme en France un système d'éducation à domicile. Pourquoi d'ailleurs être allés jusqu'aux USA?"

1) Vous imaginez mal. Vous pouvez aller en prison.

2) Parce que même en France, il faut se justifier pour instruire ces enfants à la maison et ceux qui le font pour des raisons religieuses sont d'office suspect. Pas les fils de bateliers par contre.

3) Précédemment, les autorités allemandes ont déclaré que le problème n'était pas la qualité de l'enseignement, mais le fait qu'elle ne pouvait instiller des valeurs communes à ces Allemands de souche, cela ressemble à s'y méprendre à de l'endoctrinement.

4) Les résultats des enfants instruits à la maison aux États-Unis ne sont pas médiocres, bien au contraire, mais ceux des écoles publiques sont en moyenne (il y a d'excellentes écoles publiques dans les quartiers bien nantis) sont très médiocres.

5) La question n'est donc pas la qualité scolaire, mais la possibilité pour les parents de rester les premiers éducateurs de leurs enfants.

Romanus a dit…

... on dira bien ce l'on voudra mais les É.U. c'est le pays de la vrai liberté.

http://www.youtube.com/watch?v=aAm6Qck5v78&feature=related

Ils n'aiment pas se faire nourrir à la cuillère n'est-ce pas?

'Don’t Tread On Me'

babelouest a dit…

Aux States, l'éducation est l'affaire des parents, puisqu'il n'y a pas d'alloc pour les inciter à éduquer leurs enfants selon les principes communs, et selon les programmes officiels. D'où ces petits qui sont embrigadés très tôt dans des sectes. Leur notion de la liberté n'est en aucune façon modérée par des principes d'égalité, ce qui occasionne des abus impensables en Europe.

Au niveau de l'éducation en particulier, ce sont vraiment deux mondes complètement différents.

Julie de la rivière a dit…

"j'imagine qu'il doit bien y avoir comme en France un système d'éducation à domicile. Pourquoi d'ailleurs être allés jusqu'aux USA?"

En lisant les documents on peut lire que l'Allemangne aurait eu le pouvoir de les rapatrier s'ils étaient demeurés à l'interieur de l'Europe.

J'admire leur courage.

Je suis heureuses de voir reconnaitre aussi leurs droits non seulement sur des bases de convictions religieuses mais aussi politiques.

Cette situation démontre bien l'importance d'imposer des limites claires au pouvoir de l'état en éducation.

Romanus a dit…

"Do we understand that, as citizens of the European Union, we now belong to a totalitarian state from which fleeing citizens are being granted political asylum in the United States? Twenty years after the fall of the Berlin Wall, tyranny is back in business in Germany."

ici:

http://blogs.telegraph.co.uk/news/geraldwarner/100024644/german-homeschoolers-political-asylum-in-america-exposes-the-eu-gulag/

et ceci:

"Is that a new idea? Not at all. It was first implemented as government policy in 1919, during the short-lived communist dictatorship of Bela Kun in Hungary, when Georg Lukacs, as deputy commissar for “culture”, enforced his system of Cultural Terrorism, force-feeding children pornographic sex education, teaching them to laugh at their parents and at monogamy and to reject the family and religion. Lukacs was a founder of the Frankfurt School of Marxism, later popularised by Herbert Marcuse, whose demented notions are today called Political Correctness and, as such, have colonised Western governments."

... ca vous est familié?