lundi 31 août 2015

Selon une étude universitaire, une bonne partie des études universitaires ne seraient pas fiables...

L'équipe du Reproducibility Project
au Centre de la Science ouverte
à Charlottesville en Virginie

Des chercheurs américains ont reproduit une centaine d’études pour les vérifier. Résultat, moins de la moitié des contre-études sont arrivées aux mêmes conclusions que les recherches originales.

Des protocoles identiques, des échantillons similaires, mais des résultats différents. Une équipe de 270 chercheurs a tenté de reproduire des études de psychologie. Dans à peine 40 % des cas, ils sont arrivés aux mêmes résultats que les recherches originales, selon les conclusions de ce projet, baptisé « Reproducibility Project », publiées jeudi dans la revue Science.

Les études en question avaient été publiées initialement en 2008 dans trois revues scientifiques de référence (Psychological Science, the Journal of Personality and Social Psychology et the Journal of Experimental Psychology), et traitaient aussi bien de comportements sociaux, de la perception ou de la mémoire.

Comment expliquer un tel décalage entre les études originales et leurs reproductions ? Le nombre de publications en plein boom, et la pression qui pèse sur les scientifiques qui cherchent de plus en plus à obtenir des résultats-chocs, plus susceptibles d’être repris dans les médias grand public, note le New York Times. Les chercheurs remettent en cause depuis quelques années cette course effrénée à la publication et à le facteur d’impact, indice qui mesure la popularité d’un article par le nombre de ses citations par d’autres chercheurs, expliquait Slate il y a quelques mois. Selon Arturo Casadevall, du Collège de médecine Albert Einstein à New York, «exiger des scientifiques qu’ils mènent des recherches avec un haut facteur d’impact crée un biais fort: cela les décourage de faire des recherches très risquées et cela réduit les chances de découvertes révolutionnaires inattendues».

Pour Brian Nosek, coauteur de l’étude et chercheur à l’université de Virginie, cela montre que les scientifiques doivent constamment se remettre en question. Surtout que les résultats pourraient être encore moins concluants dans d’autres disciplines, y compris de sciences dites dures, comme la biologie cellulaire, les neurosciences ou la médecine clinique.

« Cette étude montre que nous avons un problème, mais nous pouvons tenter d’y remédier », estime de son côté Dorothy Bishop, professeur de développement neuropsychologique à l’université d’Oxford. Elle invite les chercheurs à travailler sur des échantillons plus représentatifs, à enregistrer obligatoirement leurs méthodes d’enquête en amont, et à publier les données récoltées, afin que leurs expériences puissent être reproduites plus facilement.

Ce type de démarche de vérification ne fait cependant pas l’unanimité dans la communauté scientifique, certains détracteurs pointant le fait que les contre-études, souvent réalisées par de jeunes chercheurs moins expérimentés, ne sont, elles, jamais vérifiées.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Cette étude universitaire est-elle fiable ?