dimanche 13 mars 2016

Le 13 mars 1682 : l’explorateur Cavelier de La Salle prend possession de la Louisiane

René-Robert Cavelier de La Salle
D’après « Histoire de la Louisiane », volume 1, par Charles Gayarré, paru en 1846 et « La Louisiane » (par Eugène Guénin) parue en 1904.

Au cours de son deuxième voyage en Nouvelle-France, René-Robert Cavelier de La Salle s’embarqua sur le Mississippi le 13 février 1682, accompagné de 22 Français et d’une trentaine d’autochtones, et parvint sans incident à l’embouchure de la rivière des Arkansas, point où les explorateurs Louis Jolliet (1645-1700) et Jacques Marquette (1637-1675), découvreurs des sources du Mississippi, s’étaient arrêtés en 1673.

L’expédition comprenait notamment un autre explorateur, le chevalier de Tonti, qui en fit le récit suivant :



Novlangue : « implanter des mesures d'appui au vivre ensemble »

La diversité culturelle est un enrichissement à Montréal.

C’est pourquoi le gouvernement du Québec a décidé d’octroyer 400 000 $ au Collège de Maisonneuve pour y « implanter des mesures d’appui au vivre ensemble ».

Comprendre : lutter contre la radicalisation islamiste et le climat d’intimidation qui règne au collège.

En effet, le Collège Maisonneuve a fait parler de lui à quelques occasions au cours de la dernière année. Cinq de ses élèves ont quitté le Canada en janvier 2015 et ont réussi à se rendre en Syrie et en Irak pour y grossir les rangs du groupe État islamique (EI). Quatre ont été interceptés en mai et deux autres sont derrière les barreaux en attendant leur procès pour avoir eu des substances explosives en leur possession.

Plus récemment, des membres du personnel se sont plaints du climat d’intimidation mis en place par des groupes d’élèves qui avaient pris le contrôle de certains secteurs de l’établissement, notamment un coin de la bibliothèque.

La somme consentie servira principalement à l’embauche de spécialistes qui seront appelées à intervenir dans ces situations, dans le cadre d’un projet-pilote qui devrait durer un an.

« Les événements de l’année dernière ont exacerbé des tensions, de telle sorte que des incidents qui seraient probablement passés inaperçus et qui existent dans tous les cégeps ont pris chez nous une ampleur, ou en tout cas ont été lus avec des lunettes différentes. »

« Ces 400 000 $ vont permettre d’avoir une présence pour être témoin ou prévenir des situations », a pour sa part estimé le maire de Montréal, Denis Coderre. « C’est le chaînon manquant dans le processus pour ramener un climat propice aux études. »

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L'anglais intensif est optionnel en 6e au Québec, il progresse peu malgré les fonds supplémentaires

Depuis trois ans, les écoles sont libres de mettre l’accent sur l’anglais intensif en 6e année ou de se concentrer plutôt sur l’enseignement des matières de base en français. Les différences régionales sont importantes. La région de Québec se distingue comme la région où les parents croient qu’il est important de former leurs enfants en anglais dès ce jeune âge. (Des linguistes trouvent ce genre de programme prématuré peu efficace à long terme ou même néfaste.)

Selon des données du monopole de l’Éducation obtenues par Le Soleil, environ 10 % des élèves de 6e année du primaire étaient inscrits à l’anglais intensif en 2012-2013. Deux ans plus tard, en 2014-2015, ils étaient 13,3 %. Dans la région de Québec, c’est plutôt de l’ordre de 6 élèves sur 10.

La hausse globale est fort loin de l’objectif que s’était fixé l’ancien premier ministre libéral Jean Charest, qui souhaitait que tous les petits Québécois de 11 ou 12 ans puissent apprendre la langue de Shakespeare pendant la moitié de l’année scolaire, en 2015-2016, sans que ce souhait d’une exposition précoce et prolongée pendant six mois à l’école soit ancré dans des études linguistiques sérieuses.

En mars 2013, l’ex-ministre péquiste de l’Éducation Marie Malavoy a rendu le choix aux établissements (et indirectement aux parents) dans ce dossier en annonçant qu’il serait facultatif. L’idée du Parti libéral de rendre obligatoire l’enseignement de l’anglais intensif (aux seuls francophones, le pendant n’étant pas imposé au secteur anglophone) avait soulevé tout un tollé dans le monde de l’éducation, surtout chez les enseignants, qui craignaient pour la réussite des jeunes dans les autres matières.

Depuis, il revient à chaque conseil d’établissement, formé de personnel scolaire et de parents, de décider si son école fera entrer le programme d’anglais intensif en ses murs. Ça peut être selon une formule de cinq mois en anglais, cinq mois pour les autres matières, ou toute autre formule qui consacre 40 % du temps d’enseignement à l’anglais, soit en 5e ou 6e année du primaire.

La fin de l’obligation de la solution unique préconisée par le ministre à l’époque de Jean Charest a permis aux écoles de se prononcer (voir le tableau ci-dessous). Dans certaines régions plus éloignées, soit la Côte-Nord, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et le Nord-du-Québec, aucune école n’a jugé bon d’implanter l’anglais intensif en 6e année. En Outaouais, région voisine de l’Ontario, non plus.

D’autres secteurs de la province, comme le Bas-Saint-Laurent, l’Abitibi-Témiscamingue et la Mauricie, se plient légèrement à ce programme anglais intensif. L’anglais intensif n’est pas très populaire non plus dans les écoles de la grande région de Montréal, surtout si l’on tient compte du grand nombre d’écoles qui s’y trouvent.

Quelques régions moins populeuses, comme le Centre-du-Québec et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, montrent quant à elles un intérêt marqué pour l’apprentissage de l’anglais. Mais l’engouement le plus important pour ce programme d’anglais intensif s’est imposé dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. À Québec et à Lévis, plus de la moitié de toutes les écoles primaires enseignent l’anglais intensif en 6e année.

Matières qui doivent être réorganisées

Bien sûr, certaines matières ont dû être réorganisées. Du contenu qui était appris autrefois en 6e année a été ramené en 5e année.

Oui, l’implantation de l’anglais en 6e année a donné lieu à de « bonnes discussions » avec les enseignants, qui ont dû réaménager leur tâche. De la récupération dans les autres matières a aussi été instaurée pour les élèves en difficulté.

S’appuyant sur certaines recherches, Mme Beaulieu, directrice générale adjointe aux Premières-Seigneuries, soutient que l’anglais intensif ne placerait pas les élèves en difficulté en situation d’échec. Il augmenterait plutôt l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes, car ils partent sur le même pied d’égalité que les autres en début d’année. [Note du carnet : nous avons de grands doutes quant à ces prétentions : un élève qui a un riche vocabulaire en français, qui lit avec facilité en français, qui connaît bien sa grammaire française aura probablement un avantage en anglais par rapport aux élèves francophones qui lisent mal, ne savent pas analyser une phrase, ne connaissent pas les catégories grammaticales communes aux deux langues, etc.]

Le ministère de l’Éducation collige actuellement des données sur les taux de réussite en français et en mathématiques des cohortes d’élèves qui ont suivi le cours d’anglais intensif ces dernières années.

Le maire de Montmagny milite

Alors que plusieurs régions du Québec privilégient les matières de base en français plutôt que l’enseignement de l’anglais intensif en 6e année, le maire de Montmagny, Jean-Guy Desrosiers, a décidé de militer pour une bilinguisation précoce des écoliers francophones inscrits à l’école primaire de son secteur.

« Il me semble qu’en 2016, dans une société moderne, on est rendus là ! » lance-t-il en entrevue téléphonique. Plus de 400 personnes ont signé la pétition mise en ligne par la MRC de Montmagny et le Centre local de développement (CLD), qui se sont réunis pour demander à la commission scolaire de la Côte-du-Sud d’implanter le programme.

Le maire Desrosiers pense que la connaissance de l’anglais est un facteur de développement important pour sa région. « Ça permet de retenir des familles. On en a qui déménagent à Lévis ou qui envoient leurs jeunes à l’école privée à cause de l’anglais », raconte-t-il.

« Nos entreprises manquent de main-d’œuvre et souvent, c’est de la main-d’œuvre bilingue dont ils ont besoin [note du carnet : qu’ils demandent, c’est parfois fort différent du besoin, comme nous l’apprend notre expérience professionnelle]. On a fait des missions de recrutement au Nouveau-Brunswick pour en trouver dernièrement », illustre pour sa part Martine Leuillier, coordonnatrice du CLD.

[Note du carnet : Pourquoi ne pas aller recruter à Montréal qui a un haut taux de chômage (8,8 %) alors que c'est sans doute une des régions les plus bilingues... alors que Bellechasse par exemple très unilingue francophone a un chômage assez bas (5,2 %).]

« Ingérence », plus d’argent pour les écoles à anglais intensif

Alain Grenier, président de la commission scolaire de la Côte-du-Sud, a pris cette sortie publique comme « de l’ingérence ». Il a répliqué dès le lendemain lors d’une conférence de presse, stipulant que la commission scolaire injectait déjà de l’argent et des ressources éducatives dans les écoles qui souhaitent offrir le programme. « C’est pas vrai qu’on n’a rien fait », lance-t-il en entrevue. Mais le choix d’offrir l’anglais intensif revient au conseil d’établissement de chaque école. « On ne peut pas leur rentrer ça dans la gorge ! » plaide-t-il.