lundi 21 janvier 2019

Histoire — le 21 janvier 1793, les langues à l’Assemblée du Bas-Canada


Trente ans après la Conquête, le Bas-Canada se dote pour la première fois d’un parlement avec des représentants élus. La première séance se tient exactement le 17 décembre 1792. Et déjà surgit un débat qui anime toujours le Québec : dans quelle langue seront enregistrés les procès-verbaux de la chambre ? La polémique linguistique du Québec vient de naître.


À l’évidence, les députés francophones optent sans ambiguïté pour le français alors que les Britanniques tiennent à confirmer l’appartenance du Canada à la couronne en faisant prévaloir l’anglais. Les joutes oratoires seront vives. La presse se fera le relai de chaque camp. Le 21 janvier 1793, les députés conviennent que les textes seront rédigés dans les deux langues et placés sur un même pied d’égalité. Ainsi, tout projet de loi devra être présenté en anglais et en français dès la première lecture.

« McGill français »

Sur les 50 députés qui forment la première Assemblée, 16 sont anglophones, dont le marchand de fourrures James McGill, un des hommes d’affaires les plus riches de Montréal. Les francophones sont majoritaires, mais leur pouvoir est limité. Toutes les décisions de la Chambre sont soumises au droit de véto du Conseil législatif, dont les membres, nommés par le gouverneur, sont presque tous britanniques.

À sa mort, James McGill lègue un domaine et une somme d’argent qui permettront la fondation, en 1821, de l’université qui porte son nom. Cet établissement deviendra, aux yeux de bien des nationalistes, un symbole du pouvoir disproportionné de l’élite anglo-saxonne dans la société québécoise.

Le 28 mars 1969, 10 000 personnes marchent jusqu’aux portes de l’université pour réclamer sa francisation. C’est la manifestation « McGill français », moment marquant d’une époque où de nombreux Québécois pressent l’État d’agir pour donner le contrôle de l’économie à la majorité francophone et assurer la prédominance du français. Les lois linguistiques se succéderont bientôt : la Loi pour promouvoir la langue française au Québec (loi 63), en 1969, la Loi sur la langue officielle (loi 22), en 1974, et la Charte de la langue française (loi 101), en 1977.

Le tableau de la discorde

Entre 1910 et 1913, le peintre Charles Huot réalise une toile représentant cette séance du 21 janvier 1793. Ce tableau trône aujourd’hui dans le Salon bleu de l’Assemblée nationale. Un détail du tableau attire particulièrement l’attention et traduit certaines intentions de l’auteur. Dans la fenêtre en haut à droite, Charles Huot a dessiné la château Saint-Louis (siège du pouvoir sous le régime français) alors qu’en réalité on devrait y voir les jardins du Séminaire. C’était sans doute là un clin d’œil de l’artiste à ses convictions nationalistes et francophones.

Localisation du Bas-Canada (en vert) : la colonie exista sur le plan légal et politique de 1791 jusqu'à la mise en vigueur en février 1841 de l'Acte d'Union, adopté le 23 juillet 1840.


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Aphorisme : « “Social” est l'adjectif qui sert de prétexte à toutes les escroqueries. » — Nicolás Gómez Dávila,


Les élèves ontariens méritent d'être instruits plutôt qu'endoctrinés en « justice sociale »

Extrait d’un article de Sue-Ann Levy du Toronto Sun sur ce qui passe dans les écoles ontariennes. On se console en se disant que cela ne se produit qu’en Ontario. Enfin, peut-être. Voir Enseignante congédiée pour avoir parlé à des journalistes des dysfonctionnements de l’école québécoise.

Quiconque aura cliqué sur le site Web de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’école élémentaire de l’Ontario (FEEO) la semaine dernière se sera vu inviter à rejoindre la Marche des femmes de cette année.

Pour émouvoir ses 83 000 membres, la FEEO mentionnait le président américain Donald Trump, le Premier ministre Doug Ford, la haine et la justice sociale dans le même paragraphe.

« Alors que… le gouvernement de l’Ontario veut faire reculer l’égalité, on organise dans tout l’Ontario des marches de femmes », indique le site Web.

Cette page d’accueil contient une autre sottise, dont un communiqué de presse au sujet de la contestation judiciaire de la FEEO pour s’opposer au prétendu « mauvais traitement » de la part du gouvernement Ford dans le dossier du programme d’éducation sexuelle, affirmant que le gouvernement a « refroidi les enseignants » et « mis les élèves en danger ». [Radio-Canada n’a pas hésité à rapporter le même genre d’accusations (en français) : Éducation sexuelle : l’Ontario met les jeunes en danger, dit le père de Rehtaeh Parsons.]

Je vais vous dire ce qui a mis les élèves en danger.

C’est l’obsession de ce syndicat en matière de « justice sociale », chose qui n’a absolument rien à voir avec la capacité d’un élève à lire, écrire, additionner, soustraire, multiplier et diviser correctement, afin que ses parents n’aient pas besoin de passer d’innombrables heures à revoir ces notions après l’école et que nous nous puissions éviter le constant et triste spectacle de ces jeunes caissiers incapables de rendre la monnaie juste ou de ces jeunes qui ne savent comment écrire une note sans utiliser leur Smartphone.

Si la FEEO se souciait vraiment des élèves à risque, elle préconiserait un programme qui inculque et impose le respect des enseignants, des administrateurs et du personnel dans les écoles élémentaires où, comme je l’ai souligné dans une série d’articles précédents, les fous dirigent l’asile.

Les agressions contre les enseignants, la violence physique et verbale sont monnaie courante dans de nombreuses écoles élémentaires (pas toutes) et, comme on me l’a signalé, les auteurs de ces actes sont souvent choyés au lieu d’être soumis à de strictes sanctions.

Bien sûr, les guerrières folles de justice sociale du conseil scolaire du district de Toronto (TDSB) — conduites par le directeur de « l’éducation à l’équité », John Malloy — sont réputées pour avoir tenté de simplifier le programme et injecter encore plus de médiocrité dans les écoles de Toronto.

C’est pour cette raison que j’ai non seulement toujours soutenu les tests standardisés, mais aussi le classement annuel des écoles établi par l’institut Fraser, qui sont basés sur les tests standardisés de l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE).

Malheureusement, même les tests de l’OQRE ont été simplifiés au fil des ans. Cependant, ils forment un point de départ. Il en va de même pour les classements d’établissements scolaires que les syndicats détestent, car ils révèlent que toutes les écoles ou toutes les méthodes d’enseignement ne se valent pas.

Mais je crois que le concept qui pousserait réellement les enseignants, les syndicats et les conseils scolaires à améliorer leurs prestations est la liberté de choix de l’école.

Cela n’a que trop tardé.

Je parle des écoles à charte qui existent dans aux moins 42 États et à Washington, DC. En Alberta, les écoles à charte existent depuis 2000. On en compte actuellement 13 aux niveaux primaire et secondaire.

Financées par la province ou l’État, elles sont régies par une « charte » ou un contrat de performance qui commande des résultats précis, elles sont gérées par un conseil d’administration indépendant.

Elles permettent de concurrencer les écoles publiques ordinaires, leurs élèves obtiennent généralement que ceux des écoles publiques ordinaires, leur personnel n’est pas syndiqué, elles sont moins dépensières, leurs coûts de fonctionnement soient donc moindres. Les syndicats d’enseignants sont fermement opposés à celles-ci.

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http://www.pouruneécolelibre.com/2015/06/quebec-enseignants-incites-gonfler-les.html

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