samedi 29 octobre 2011

Pays-Bas – Homosexuels fuient la diversité d'Amsterdam pour s'installer dans les régions rigoristes du pays

Porte de la ville de Harderwijk
À une époque encore récente, la Hollande passait pour le pays idéal des homosexuels. Cette idylle a connu son apogée en 2001 quand le premier « mariage » entre couples de même sexe dans le monde eut lieu aux Pays-Bas. Dix ans plus tard, de plus en plus de couples de mêmes sexes sont harcelés par leurs voisins. Le nombre de cas d’intimidations et violences signalées à l’encontre de personnes homosexuelles a grimpé de 54 % entre 2009 et 2010 aux Pays-Bas. Un bond que la police d’Amsterdam attribue à une plus forte propension à porter plainte de la part de ce public.

Des études récentes de l’Institut néerlandais pour la recherche sociale ont révélé que près de 90 % des Néerlandais disent accepter l’homosexualité. Les minorités ethniques réprouvent nettement plus ce comportement : seuls 30 % des Néerlandais d’origine turque et 25 % des Néerlandais d’origine marocaine disent l’accepter.

Une proportion relativement importante de jeunes hommes issus de l’immigration serait impliquée dans des incidents impliquant des homosexuels : les jeunes Marocains sont responsables de 36 % des incidents de ce type à Amsterdam.

La Radio internationale des Pays-Bas (Radio Nederland Wereldomroep) illustre ces faits divers par l’histoire d’un couple de lesbiennes. L’article s’intitule « Le rêve s’évanouit ».

Une violence palpable

Robin et Sam (des pseudonymes) n’osent plus se promener main dans la main à Amsterdam. Elles ont décidé de quitter la ville et de s’installer dans la région de Veluwe à l’est du pays, une région très conservatrice.

Il y a sept ans, le couple a été, pour la première fois, la cible de violences. Elles n’étaient pas depuis longtemps ensemble et marchaient alors souvent dans la rue la main dans la main.

« Un Marocain nous a confrontées et nous a demandé : " laquelle de vous deux est l’homme ? " Et comme je déteste toutes ces histoires de « jules » et de « nana » dans les couples homosexuels, ma copine a dit qu’elle était l’homme. Nous avons dû rire toutes les deux. Mais l’homme a décoché un coup de poing. Heureusement, il a raté ma tête, mais il a frappé mon épaule. C’était vraiment très douloureux. »

On va te saigner

Elles n’ont jamais signalé l’incident à la police. Robin dit qu’elles ne pouvaient pas décrire l’homme. « Que dites-vous alors ? Quelqu’un m’a touché ? » Quand les agressions ont empiré, elles ne savaient pas comment gérer la situation.

« Au supermarché où j’avais mes habitudes — je l’évite ces jours-ci —, ils ont commencé à jouer une sorte de jeu avec moi. Il y avait deux garçons, je suis désolée de dire qu’ils étaient également des Marocains, des Hollandais d’origine marocaine. Ils ont bloqué mon chemin et ont commencé à me harceler. Je ne m’étais pas rendu compte au début qu’ils en avaient à mon homosexualité. Alors que je m’en allais, ils m’ont interpellée en disant : " La prochaine fois, on va te saigner, sale gouine !" »

Sur leurs gardes

Robin reçoit régulièrement des photos de couples hétérosexuels faisant l’amour dans sa boîte aux lettres. Chaque fois qu’elle y songe, le fait qu’ils savent où elle habite la rend malade. Mais elle n’a aucune idée qui « ils » sont. Ces jours-ci, Robin et Sam n’exhibent plus leurs comportements homosexuels en public dans leur quartier.

« Nous ne nous tenons plus la main. Nous gardons toujours une distance entre nous. Tu passes d’abord et je te suis. Quand nous parcourons les rues d’Amsterdam, nous sommes toujours sur nos gardes. Quand nous repérons un groupe de jeunes [sic] qui traînent, nous nous disons " ouille ! " et nous faisons un détour. Nous avons vraiment peur. »

Le pire pour Robin n’est pas d’être forcé à adopter ce comportement d’évitement. Ce n’est même pas les insultes. C’est le sentiment d’impuissance : elles ne peuvent pas se défendre, elles doivent se taire et accepter cette discrimination, voilà qui est bien pire. « Si vous réagissez, ils rayent la carrosserie de votre voiture ou vous menacent d’un couteau. »

Classe de 3e primaire de l’école De Bron (La source) à Harderwijk en septembre 2011

Amstellodamoise en exil

Sam possède une maison dans la Veluwe — une région rurale à 90 kilomètres au sud-est d’Amsterdam — depuis quelque temps. Elle préfère ne plus se rendre à Amsterdam. Dès qu’elle rentre en ville pour voir Robin, elle commence à devenir nerveuse. Robin, née et élevée à Amsterdam, préfèrerait y demeurer, mais elle aussi en a assez. Elle est désormais à la recherche d’une maison à Harderwijk, sur les bords de la Veluwe.

À nouveau en sûreté

Leurs amis et connaissances s’amusent de leur choix. Harderwijk est en effet au cœur de la Ceinture calviniste des Pays-Bas, une région très conservatrice où les habitants s’opposent fondamentalement à l’homosexualité. Mais dans cette région, elles n’ont jamais été menacées. Elles s’y sentent en sécurité.





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2 commentaires:

Josick d'esprit agricole a dit…

Nous avons donc là les fruits de la diversité multiculturelle...
Accueillir l'autre, oui, mais lorsqu'il ne supporte pas certains choix, cela devient piquant.
A relire l'Europe rayée de la carte en 2100
et Pourquoi le patriarcat a de l'avenir

Durandal a dit…

Comme c'est drôle. Les homos se réfugient chez les calvinistes conservateurs. Van Groen et Kuyper doivent bien se marrer de ce qu'est devenu leur pays ! Le calvinisme néerlandais, dernier rempart des droits des lesbiennes !