mercredi 14 août 2013

Plus de frères et sœurs ? Plus de chance de se marier et moins de risque de divorcer !

Les divorces sont moins nombreux chez les personnes ayant grandi parmi plusieurs frères et sœurs.

Avant de prendre la décision de se marier, un futur époux se pose de nombreuses questions: « L’élue de mon cœur ne me décevra-t-elle pas? Notre union sera-t-elle durable ? Aurons-nous des enfants, combien en voulons-nous ? » À en croire une étude américaine, plus surprenante, mériterait d’être examinée lors de la préparation au mariage : « Combien mon futur conjoint a-t-il de frères et sœurs ? »

Une interrogation pas si saugrenue, à en croire une étude de l’université de l’État de l’Ohio. Selon ses conclusions, « parmi les facteurs qui peuvent faire diminuer les risques de divorcer à l’âge à adulte, on doit faire entrer la taille de la fratrie dans laquelle on a grandi. Plus on a eu de frères et de sœurs, meilleure est la probabilité de ne pas divorcer. »

Donna Bobbitt-Zeher, sociologue, professeur de l’université de l’Ohio et membre de son institut de recherches sur la population, est un des codirecteurs de cette étude, qu’elle vient de présenter à la réunion annuelle de l’Association américaine de sociologie, à New York. La recherche s'appuie sur le parcours de 57 000 Américains adultes ces trente dernières années.

En croisant les taux de divorce et la taille des fratries d’origine de chacun, les chercheurs de l’Ohio ont d’abord établi que la probabilité de se marier est plus élevée quand on vient d’une grande famille. Plus étonnant, chaque frère ou sœur supplémentaire augmente de 2 % la probabilité pour une personne de rester mariée.

« Avec des frères et des sœurs, on est obligé d’entretenir des liens d’amitié. On doit gérer des hauts et des bas avec d’autres personnes et s’entendre avec des gens qui ne sont pas forcément comme nous », a expliqué Donna Bobbitt-Zeher. Le fait d’avoir passé son enfance à se disputer pour savoir qui mettrait la table ou qui irait chercher le pain, à partager des jouets, à hériter de vêtements usagés laissés par un aîné et à aller chercher un plus jeune à l’école, offrirait une sorte de « préparation » aux contraintes du mariage et une capacité à bien les vivre.

L’envie de reproduire le modèle dans lequel on a vécu ses premières années entre aussi sans doute en ligne de compte. Un couple ayant plusieurs enfants, et qui a donc partagé de nombreuses années de vie commune, offre généralement un exemple de solidité et d’enracinement dans un projet. La religion compte également. Les familles croyantes sont, en moyenne, plus souvent des familles nombreuses et le divorce y est moins bien considéré, donc la décision de se séparer de son conjoint y est encore plus difficile à prendre.

Même si le fait d’être issu d’une grande fratrie offre des avantages, les enfants uniques ne sont pas pour autant condamnés au divorce ou à l’incapacité de supporter autrui. Une étude précédente, portant sur 13 000 enfants uniques, réalisée en 2010 par Donna Bobbitt-Zeher et Douglas Downey, concluait que « le fait de grandir sans frères et sœurs ne compromettait pas les aptitudes sociales. »





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Jacques Brassard, sa carrière de ministre conformiste, puis sa rupture avec le prêt-à-penser


Extraits du n° 40 d'Égards — Notes de lecture du livre Hérésies de Jacques Brassard

Jacques Brassard fait partie de ces rares ex-élus québécois (1976-2002) qui vieillissent bien.

Son livre, Hérésies, témoigne de l’évolution de cet homme politique formé en histoire et en pédagogie dans les officines de la Révolution tranquille.

Il ne faut donc pas s’étonner que la préface soit de Mathieu Bock-Côté, qui combat lui aussi les « dogmes officiels de la rectitude politique ». C’est dans ses chroniques hebdomadaires de 2003 (au journal Le Quotidien de Chicoutimi) à nos jours (au Journal de Québec depuis 2012) que Jacques Brassard a trouvé son chemin de Damas. Il avoue d’ailleurs candidement aujourd’hui, à propos de l’idéologie « réchauffiste » – mais cela s’applique également, comme on le verra, à toute l’idéologie socialo-libérale imposée par la haute fonction publique et la « ligne de parti » – que durant sa carrière de député et de ministre, peut-être étourdi par « les briefings » qui « se succèdent », il n’avait pas mis en doute les articles de foi des médias et des politiciens : « Me suis-je posé des questions sur le bien-fondé de ce credo ? Pas le moins du monde. Je l’avoue honteusement. »


À une époque où l’idéologie soixante-huitarde pouvait se servir, comme repoussoir du conservatisme traditionnel, de la figure honnie, caricaturée et encore vive dans les mémoires d’un Maurice Duplessis, il était difficile de contester les dogmes progressistes. Stimulée et justifiée par le projet souverainiste, la carrière politique partisane d’un Jacques Brassard, qui a duré plus de vingt-cinq ans, s’est passée trop à gauche pour lui permettre de saisir sur-le-champ l’ampleur du marasme politique dans lequel le Québec allait s’enliser.

En 2013, M. Brassard se dit « en rupture de ban avec une bien-pensance oppressante », qu’il désigne avec Ivan Rioufol « sous le nom de tyrannie du politiquement correct », cette « Pensée Unique obligatoirement de gauche ». Il aime à dire que depuis son retrait de la vie politique partisane, il a le bonheur de lire, et de réfléchir aux causes de l’hégémonie actuelle de l’État dit progressiste, qui est en fait plus ou moins socialiste et donc « étatiste ».

Comprenant qu’il a été manipulé pendant plusieurs années, il reproche aux intellos et aux technocrates de s’être acharnés « à faire du peuple québécois une nation sans racine et sans héritage, dont l’identité doit être rapetissée pour faire place au multiculturalisme ». Jeune septuagénaire, M. Brassard comprend que les quatre cents ans d’histoire de ce peuple français en terre d’Amérique ont été balayés du revers de la main par une technocratie qui veut abolir les valeurs judéo-chrétiennes, « patrimoine, traditions, culture, tout ce qui fait notre substance identitaire », des valeurs repoussées « dans les marges pour cause d’archaïsme et de désuétude ». De l’écologisme au multiculturalisme, en passant par l’islamisme et la dictatoriale imposition du cours Éthique et culture religieuse (ÉCR), cette « nouvelle religion, qui s’enseigne déjà dans nos écoles, consiste en une macédoine socialo-écolo-pacifiste assaisonnée d’altermondialisme et de haine de soi », une haine allant jusqu’à l’« exécration de la civilisation occidentale ».

M. Brassard demeure convaincu que « la solution pour le Québec […], c’est l’indépendance ». Je crois plutôt qu’à l’ère de la mondialisation, inéluctable, l’indépendance politique du Québec n’est pas une fin en soi (si elle le fut jamais). Il reste qu’on peut se réjouir de compter Jacques Brassard parmi la poignée de conservateurs québécois encore actifs dans l’espace public.

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