jeudi 17 décembre 2009

« La pédagogie de l’accommodement »

Lettre de Joëlle Quérin envoyée au Devoir hier et parue ce matin en réplique aux quatre gardiens du programme ECR.
Les défenseurs du cours Éthique et culture religieuse (ECR), dont plusieurs figurent parmi ses concepteurs, n’ont pas tardé à réagir à la parution de mon étude Le cours Éthique et culture religieuse : transmission de con-naissances ou endoctrinement ? Comme je l’ai déjà indiqué, je ne répondrai pas aux nombreuses attaques ad hominem, mais je me permets néanmoins de souligner que ceux qui ont recours à ce genre d’attaques se présentent paradoxalement comme des apôtres du dialogue.

Allons-y d’abord sur les questions de méthode. Certains universitaires qui ont participé à l’élaboration du programme ont remis en question la qualité de la recherche, affirmant qu’il s’agissait d’un texte militant. Aucun d’entre eux n’a toutefois pu trouver une seule erreur de méthode qui justifierait cette critique, la plupart se contentant d’en mettre en doute la provenance, en croyant faire là l’économie d’une discussion serrée des arguments que j’ai avancés.

Pas du multiculturalisme ?

Je résume ma thèse en quelques mots : j’ai démontré dans mon étude en quoi le cours ECR travaillait à la promotion du multiculturalisme. On m’a reproché d’avoir confondu le multiculturalisme, l’interculturalisme et le pluralisme. J’explique pourtant dans mon étude que tous ces termes renvoient à une seule et même philosophie, selon laquelle le Québec n’est qu’une somme de communautés unies par la seule Charte des droits et libertés.

Gérard Bouchard a d’ailleurs reconnu que si l’on appréhende le multiculturalisme comme une « formule générale d’agencement de la diversité ethnique », celui-ci « se confond pratiquement avec plusieurs éléments fondamentaux de l’interculturalisme québécois ». À la suite de la parution du rapport Bouchard-Taylor, Daniel Weinstock a lui aussi admis que l’interculturalisme prôné dans le rapport était pratiquement identique au multiculturalisme canadien.

Cette analyse est partagée par l’un des principaux théoriciens du multiculturalisme canadien, Will Kymlicka, selon lequel « dans son essence et dans les limites qui la circonscrivent, la politique québécoise est pratiquement identique à celle du fédéral ». Et puisqu’il est question de l’école, soulignons que pour Fasal Kanouté, spécialiste de l’éducation interculturelle, « en recherche, la distinction entre multiculturalisme et interculturalisme est dépassée ».

Multiculturalisme à la Trudeau

Dans son livre sur le cours ECR, Georges Leroux affirme que le cours doit permettre d’inculquer aux enfants le pluralisme, qu’il oppose au multiculturalisme. Or, ce qu’il appelle « multiculturalisme », un modèle de gestion de la diversité favorisant la création d’institutions séparées pour chaque groupe ethnique ou religieux, n’a jamais existé au Canada. C’est en fait le modèle hollandais.

Le multiculturalisme de Trudeau encourage quant à lui non pas la création d’institutions séparées, mais l’adaptation des institutions communes aux demandes des minorités, notamment par les accommodements religieux. Le pluralisme prôné par Leroux, qui se trouve au fondement du cours ECR, s’oppose donc à une forme de communautarisme qui n’a jamais été pratiquée au Canada, mais qui correspond en tous points au multiculturalisme de Trudeau.

Les défenseurs du cours ECR utilisent des termes comme « pluralisme » et « interculturalisme » pour se dissocier de la politique fédérale du multiculturalisme qu’ils savent impopulaire au Québec, mais peuvent-ils repérer un seul article de cette politique avec lequel ils sont en désaccord ?

Où sont les connaissances ?

Revenons maintenant au vrai débat : ce cours vise-t-il à transmettre des connaissances aux élèves, ou à leur dire comment agir en présence de diversité ethnique et religieuse ? À cet effet, le programme est très clair : la pratique du dialogue, qui est la compétence centrale du programme, doit mener à « l’adoption d’attitudes et de comportements » de la part des élèves.

Cette compétence est particulièrement importante parce qu’elle doit obligatoirement être mobilisée dans l’ensemble des « situations d’apprentissage et d’évaluation ». Ainsi, un professeur qui respecte le programme ne peut pas fournir d’informations factuelles sur les doctrines morales ou les religions sans lier cet enseignement à la promotion de certaines « attitudes » et de certains « comportements ».

Et puisque l’approche par compétences, pierre angulaire de la réforme scolaire, implique que non seulement l’enseignement, mais aussi l’évaluation soit effectuée en fonction des compétences, l’évaluation de la pratique du dialogue consistera à déterminer dans quelle mesure les enfants se conforment aux « attitudes » et aux « comportements » qui sont attendus de leur part.

Les deux autres compétences, qui correspondent respectivement aux volets « éthique » et « culture religieuse » du cours, sont elles aussi idéologiques.

La grammaire du religieux

Selon Pierre Lucier, l’un des concepteurs du cours, la compétence en éthique ne vise pas à offrir aux élèves un « parcours de type encyclopédique des doctrines et des systèmes philosophiques en matière de moralité ». Quant à la compétence en culture religieuse, elle ne doit surtout pas prendre la forme d’un « enseignement de type encyclopédique sur le contenu ou l’histoire des doctrines et des traditions religieuses » puisque la transmission de telles connaissances ne permettrait pas d’atteindre les « objectifs sociaux » du cours.

Cette lecture est partagée par plusieurs autres défenseurs du cours. Selon Nancy Bouchard, la compétence en culture religieuse doit servir à fournir aux enfants une « grammaire » pour aborder le phénomène religieux, plutôt qu’un « répertoire de croyances et de coutumes religieuses ». Même Denis Watters, qui déclarait en entrevue la semaine dernière que le cours portait sur l’histoire des religions, affirme pourtant dans son petit guide ECR-101 que « dans le cours, la culture religieuse n’est pas : 1) un accompagnement spirituel 2) un cours d’histoire des religions ou des doctrines religieuses ».

Pédagogie de l’accommodement

C’est toutefois Georges Leroux qui est encore une fois le plus explicite, lorsqu’il affirme que « dans l’univers très riche des programmes formulés selon des compétences, nous ne travaillons pas à partir de contenus prédéterminés : les jeunes ne recevront pas dans ce programme des connaissances encyclopédiques sur telle ou telle religion, ou [sur telle ou telle] doctrine morale ». Le cours ECR est donc tellement « riche »... qu’il n’a pas de contenu ! Il a plutôt des « finalités sociales », c’est-à-dire des objectifs de transformation sociale.

Leroux précise d’ailleurs quels sont ces objectifs : « On doit surtout faire l’effort de concevoir une éducation où les droits qui légitiment la décision de la Cour suprême [sur le port du kirpan à l’école], tout autant que la culture religieuse qui en exprime la requête, sont compris de tous et font partie de leur conception de la vie en commun. Car ces droits sont la base de notre démocratie, et l’enjeu actuel est d’en faire le fondement d’une éthique sociale fondée sur la reconnaissance et la mutualité. C’est à cette tâche qu’est appelé le nouveau programme d’éthique et de culture religieuse dans l’école publique du Québec. »

La « tâche » du cours ECR est donc d’expliquer aux enfants pourquoi la Cour Suprême a raison d’autoriser les enfants sikhs à porter un couteau à l’école. Et le terme « endoctrinement » serait excessif ? Je n’en connais pourtant pas d’autre pour décrire l’imposition d’une doctrine.

J’en reviens donc à la conclusion de mon étude : les défenseurs de ce cours n’ont jamais hésité à expliquer qu’il visait à transformer l’identité québécoise pour la reprogrammer dans un « pluralisme normatif » qui n’est qu’un nom de code pour faire la promotion du multiculturalisme.
On peut s’en réjouir ou s’en désoler, selon les préférences de chacun. Mais il faut reconnaître que le cours ECR se présente comme une pédagogie systématique de l’accommodement.




Joëlle Quérin - Doctorante en sociologie et chercheuse associée à l’Institut de recherche sur le Québec

60 commentaires:

Anonyme a dit…

Et Vlan dans les gencives des vieux grincheux (vous avez remarquez qu'ils sont tous à la retraite ou proche de la retraitre ?) gardiens du Temple qui aiment tellement dialoguer qu'ils prennent de haut ceux qui osent s'opposer à leurs dogmes.

sylvain a dit…

@Anonyme: Heureusement pour le "vieux gricheux", comme vous dites, la relève existe!

Suite à l’étude sur le cours Éthique et culture religieuse publiée par l’iRQ le 3 décembre dernier, l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR) tient à dénoncer toute la campagne de désinformation provoquée par cette étude.

Reprise en grande pompe par les médias suite à la sortie de Pierre Curzi du Parti Québecois, cette étude, provenant d’un think tank souverainiste, ne fait que répandre des idées fausses sur le programme.

L’AQÉCR, qui représente près de 200 enseignant(e)s en Éthique et culture religieuse à travers la province, tient à rectifier le tir en corrigeant les prémisses erronées à la base de cette publication.

1. Le cours «impose une nouvelle définition de l’identité québécoise fondée sur le chartisme »

FAUX! La Charte québécoise des Droits et libertés de la personne est un repère important du programme. Cette charte fait déjà partie de l’identité québécoise, elle ne vient pas la redéfinir.

2. « Antinationaliste, le cours d’ÉCR est également antidémocratique, car il s’inscrit dans une stratégie d’endoctrinement de la jeunesse permettant l’imposition du multiculturalisme »

FAUX! Non seulement le cours n’est pas antinationaliste mais il met l’emphase sur le patrimoine religieux québécois et sa culture fondatrice. Pour ce qui est d’être antidémocratique, ce n’est pas le cas. Les élèves sont amenés à participer au processus de réflexion dans un cours où la compétence au dialogue est incontournable.

Finalement, les élèves ne se voient pas imposer le multiculturalisme, mais sont plutôt invités à s’ouvrir à la diversité dans un souci de vivre ensemble.

3. « Le cours d’ÉCR doit rendre les enfants plus accommodants . »

FAUX! La question des accommodements raisonnables est un sujet chaud et la dite étude table là-dessus pour alimenter la controverse. Sans être obligatoire, cette problématique peut être abordée avec des élèves de 4e ou 5e secondaire, mais en aucun cas le programme amène les élèves à accepter tous les accommodements.

4. « Le cours d’ÉCR abandonne les connaissances pour se consacrer exclusivement à la promotion du multiculturalisme »

FAUX! Il est impossible de développer des compétences chez des élèves sans leur transmettre des connaissances. Par ailleurs, comment peut-on accuser un cours de se consacrer exclusivement à promouvoir la diversité, péjorativement nommée ici « multiculturalisme », alors qu’il consacre la moitié de son temps à l’éthique, et que son volet culture religieuse consacre une partie prépondérante au catholicisme et au protestantisme ?

5. « Toutes les religions seront considérées sur le même pied d’égalité dans un heureux relativisme »

Encore une fois, la portion culture religieuse du programme accorde une place prépondérante au patrimoine religieux québécois, forgé principalement par le catholicisme et le protestantisme, et dans une seconde mesure, par le judaïsme et les spiritualités des peuples autochtones. Le temps consacré aux autres traditions religieuses est proportionnellement beaucoup plus petit au cours d’un cycle de 2 ans. En termes de temps d’étude, le programme n’accorde donc pas la même importance à toutes les religions.

D’autre part, la culture religieuse n’encourage aucunement le relativisme : elle permet de comprendre les manifestations religieuses présentes dans notre société afin de mieux exercer son jugement critique.

Source : Sylvain Fournier
Président
Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR)

Loulouanthropo a dit…

Sylvain Fournier venait défendre son gagne-pain :

"1. Le cours «impose une nouvelle définition de l’identité québécoise fondée sur le chartisme »

FAUX! La Charte québécoise des Droits et libertés de la personne est un repère important du programme. Cette charte fait déjà partie de l’identité québécoise, elle ne vient pas la redéfinir."

Cette charte ne fait pas partie de l'identité des Québécois, on l'a d'ailleurs changée cette charte pour imposer votre gagne-pain, arrêtez de colporter ces sottises et d'apporter de l'eau au moulin de Mme Quérin !

Jean Fisher a dit…

Pour paraphraser le Général de Gaulle, les 4 pourfendeurs de l'étude de Joëlle Quérin forment-ils "un quarteron de professeurs à la retraite" ?

http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/guerre-d-algerie/video/I00012390/charles-de-gaulle-petite-phrase-un-quarteron-de-generaux-en-retraite.fr.html

sylvain a dit…

@ Loulouathropo: La charte des droits ne fait pas partie de l'identité des Québécois???

@ Jean Fisher: On parle ici d'une centaine de profs actifs...

Loulouanthropo a dit…

Sylvain a écrit :

>
> @ Loulouathropo: La charte des
>droits ne fait pas partie de
>l'identité des Québécois???

Exact. Je m'étonne que vous le croyez. Vous êtes un chartiste qui enseigne sans doute ces fadaises à des élèves captifs. Vous voyez que Mme Quérin a raison, vous êtes un chartiste.


>
> @ Jean Fisher: On parle ici d'une >centaine de profs actifs...


Jean Fisher parlait des quatre auteurs du Devoir qui prenaient Mme Quérin de haut, les 100 profs de votre association c'est la piétaille qui défend son gagne-pain imposé par l'État et ce quarteron de professeurs à la retraite. Ils font les basses œuvres des multiculturalistes, la travail des bonzes du pluralisme.

J-A Fortin a dit…

Bravo Mme.Quérin pour votre étude
et votre réponse aux détracteurs.
Ceux qui ont conçu le cours et qui
en retire un bénéfice monétaire
vont s'objectecter sans cesse.Ils
pensent avoir le monopole de la
vérité mais ce n'est pas le cas.Il
y a de plus en plus de personnes
qui voient les idéologies derrière
ce cours et ça ne fait pas leur
affaire$.Je vous encourage a
continuer a défendre votre étude.

Wow la! a dit…

Sylvain a dit:

"2- FAUX! Non seulement le cours n’est pas antinationaliste mais il met l’emphase sur le patrimoine religieux québécois et sa culture fondatrice."

Savez-vous de quoi vous parlez, vous colporter un mensonge.

Ce n'est pas vrai que le cours met l'emphase sur le christianisme. En voici un exemple.

http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2008/08/chr.html

"Le cours d’ÉCR doit rendre les enfants plus accommodants . »

FAUX!"

Ah oui, alors expliquer-moi donc par exemple pourquoi un enseignant fait faire un exercice pour redessiner le drapeau Qc sous pretexte qu'il y a une croix dessus (c'est juste un exemple reel qui contredit vos dires)???

http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2008/10/salmigondis-de-la-ministre-courchesne.html

"5. « Toutes les religions seront considérées sur le même pied d’égalité dans un heureux relativisme »

Encore une fois, la portion culture religieuse du programme accorde une place prépondérante au patrimoine religieux québécois, forgé principalement par le catholicisme et le protestantisme, et dans une seconde mesure, par le judaïsme et les spiritualités des peuples autochtones"

Encore une fois vous etes dans l'erreur. Le cours fait la promotion de bien plus que le Christianisme (90%) de la population. Les religions autochtones (.01% de la population) ont la moitie de la proportion donne au christianisme alors qu'il y a un facteur de 9000 dans la proportion de la population

Revoyez-donc le tableau, les religions Bou+Hin+Aut comptent pour 42.4% du contenu du manuel en exemple alors qu'elles representent <1% de la population!!! Voir:

http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2008/08/chr.html


Bien sur, vous avez un parti pris etant donne que vous enseignez ce cours. Donc votre jugement peut-etre facilement biaise...

Romanus a dit…

@sylvain:

'Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR)'

Je vois... intérêts corporatistes... je vous pardonne... il faut bien gagner sa vie.

@sylvain:

'La charte des droits ne fait pas partie de l'identité des Québécois???'

NONNNNNNNNNNNNNNNNNN!!!!!!!!!!!!!!!

@sylvain:

'On parle ici d'une centaine de profs actifs...'

Une clique.

@J-A Fortin:

Il n'y a pas que l'argent qui les intéressent... le 'power trip' de laver le cerveau de toute une génération et de créer 'un homme nouveau' les enivre. On a déjà vu ca n'est-ce pas? On a déjà vu les résultats des ambitions de tels apprentis sorciers idéologues. Nos enfants en feront les frais.


Ils commencent a avoir peur. J'ai pas pitié d'eux! Ils n'hésitent pas a harceler et terroriser, sans vergogne, par poursuites légales, de bons parents responsables qui veulent éduquer leurs enfants selon leurs valeurs spirituelles. Ce sont les inquisiteurs du Québec postmoderne.

Anonyme a dit…

Défendre les intérêts d'une religion est est aussi corporatiste...

Romanus, vous avez des standards double. Les vôtres qui sont bons et les autres qui sont mauvais. Vous êtes la preuve vivante qu'une petite partie la société québécoise dérive vers une grande noirceur. Laisser donc de côté vos arguments de cégépien et ouvrez donc la porte à un vrai dialogue avec des prises de positions rationnels et basé sur des jugements de réalités.

Anonyme Pro-ECR.

Roger Girard a dit…

@Sylvain
Vous voulez «dénoncer toute la campagne de désinformation provoquée par cette étude». Vous montrez que vous tenez à ce programme, que vous y croyez fortement. Votre réaction, bien qu’elle se veuille porteuse de réalisme et sans doute aussi de «dialogue», peut elle-même donner dans la désinformation.

Vous reprenez cinq énoncés comme des prémisses erronées. Qu’en est-il au juste?

1. Le texte du programme ne mentionne pas «identité québécoise» mais les nombreuses explications sur le vivre-ensemble et la poursuite du bien commun laissent entrevoir comment il aborde cette question. Ainsi, il montre bien que la Charte québécoise des droits et liberté constitue un noyau dur parmi les repères fondamentaux de la «construction de la culture publique commune» (p.12, version du secondaire). Comme ce qui est exprimé sur les religions s’inscrit le plus souvent en termes de «patrimoine», donc plutôt tourné vers le passé, il ne serait pas étonnant que, dans les divers volets, quand il sera question de ce que nous sommes comme collectivité québécoise, de ce qui fait que nous pouvons être aujourd’hui une société harmonieuse, il sera naturel de considérer la Charte comme la principale composante de la définition de «l’identité québécoise », une définition sans cesse reprise dans l’ensemble de la symbolique sociale . De plus, vous laissez entendre que, dans son étude, Joëlle Quérin aurait pensé une identité québécoise sans la Charte, ce qui n’est pas le cas. Ce qu’elle évoque dans sa conclusion, c’est davantage que la place occupée par la Charte dans le programme fait oublier les autres composantes actuelles de l’identité québécoise, qui ne se réduisent pas au plan normatif, faut-il le rappeler… Le programme signale abondamment la diversité et le pluralisme de notre société, mais est-ce une marque identitaire? Si tel est le cas, cela vient renforcer le rôle de la Charte pour arbitrer les immanquables tensions dans une telle société.

2. L’allégation de la «stratégie d’endoctrinement» touche évidemment une corde sensible chez tout enseignant. Serait-ce possible qu’en réalisant telle ou telle situation d’apprentissage, je mette de l’avant une forme d’endoctrinement? La question est d’autant plus prenante que «l’endoctrineur» n’est pas nécessairement conscient de la chose. Selon des auteurs comme Olivier Reboul, celui qui endoctrine peut agir ainsi par bonne volonté, selon ses convictions sincères, pour aider les autres en leur apportant les bonnes explications ou en leur permettant de vivre des expériences qui les épanouiront : Reboul expliquait en exemple ce qui peut se passer avec les pédagogies non-directives… Dans son affirmation, Joëlle Quérin se base sur le programme et je ne pense pas qu’elle juge que tous les enseignants et enseignantes font nécessairement de l’endoctrinement en ÉCR. Mais, en dépit des belles intentions inscrites dans le programme, elle conclue que ce dernier porte implicitement à développer une manière de penser qui fera accepter le dit «multiculturalisme» comme allant de soi et nécessaire dans notre société. En rappelant que les élèves, dans le programme, sont justement «invités à s’ouvrir à la diversité dans un souci de vivre ensemble» vous venez illustrer la conclusion de l’étude.

3. La question des accommodements est certes plus présente que vous le dites, puisqu’il s’agit de l’aspect le plus médiatisé des questions posées par la diversité au Québec. Je gagerais fort que la majorité des enseignantes et enseignants en ont fait au moins une mention dans leurs cours, sinon un certain développement en abordant l’un ou l’autre des thèmes. L’auteure cite d’ailleurs sur ce sujet le professeur Leroux et le coprésident Gérard Bouchard, pour qui la crise des accommodements ne serait pas posée si le cours ÉCR avait été déjà instauré depuis suffisamment de temps.

(voir suite)

Roger Girard a dit…

@Sylvain (suite)

4. La ministre de l’Éducation confirme qu’il est nécessaire de réajuster les programmes pour tenir compte des connaissances comme telles. Ce n’est donc pas si clair que le développement des compétences comporte la transmission de connaissances. De plus, l’auteure englobe déjà le volet éthique dans son jugement sur l’omniprésence du multiculturalisme ou du pluralisme. Quant à votre affirmation de la prépondérance du catholicisme et du protestantisme, les déclarations récentes des évêques catholique et de la table protestante de l’éducation expriment que ce n’est pas le cas en pratique, du moins dans le matériel didactique utilisé.

Sur cette question, il serait intéressant de connaître sur quoi est basée l’évaluation que vous ou un de vos collègues remettrez en ce milieu d’année scolaire. Quelle importance sera accordée aux connaissances acquises ou comment sera évaluée cette composante des compétences disciplinaires?

5. L’énoncé ici commenté provient, non de l’auteure, mais d’un participant à une formation sur l’ÉCR. Il s’agit néanmoins d’une idée bien présente dans l’étude et qui appelle un examen attentif, pour tenir compte d’une préoccupation largement exprimée. Contrairement à ce que prétend votre réponse, il ne s’agit toutefois pas simplement d’une question d’égalité quant au temps accordé. Est-ce que je peux avoir des motifs raisonnables de considérer une religion plus valable que les autres, en pensant à moi ou à une collectivité? Est-ce que toutes les religions s’équivalent? Est-ce qu’il est préférable de n’avoir aucune religion? C’est le genre de questions qui jaillissent dans la tête des enfants comme des adultes devant l’éventail des religions. Le programme n’est pas obligé d’y répondre, mais en les passant sous silence, il limite le questionnement sur le rapport des individus à la religion et sur les dynamiques socio-culturelles afférentes. Ce faisant, il maintient la diversité religieuse dans un magma dont aucune intelligibilité ne saurait émerger pour apprécier l’importance qu’un individu ou une société va accorder à une religion particulière. Cela s’apparente à «encourager le relativisme», n’est-ce pas?

Évidemment, votre association ne peut tenir compte d’un enseignant qui émet une opinion à l’encontre du programme ÉCR : vous avez inscrit dans vos règlement que le fait d’être opposé au cours ÉCR constitue un motif d’exclusion de l’AQECR (art. 10.5). Comme quoi tout ce qui est démocratique n’est pas nécessairement tolérant, mais passons… Votre association n’a rien à gagner en se montrant plus à la défense d’un programme que des enseignants et de la qualité de l’éducation. Laissez donc le gouvernement répondre lui-même de ce qu’il a décidé et de ce qu’il a réalisé et tenez compte plutôt des situations que les enseignants et enseignantes vivent réellement. L’étude de Joëlle Quérin, sans être parfaite, pose certaines questions sur le programme actuel ÉCR qui, au-delà de l’écho médiatique, méritent d’être entendues et analysées par les artisans de première ligne que sont les enseignantes et les enseignants.

Romanus a dit…

@Anonyme Pro-ECR

... je ne vois pas en quoi je défends ma religion... je veux tout simplement que le christianisme soit pas remplacé par celle d'apparatchiks idéologues postmodernes... je ne veux que de me débarrasser du cours d'ÉCR...

... d'ailleurs, je l'ai déjà dit: on devrait enlever la croix du drapeau du Québec car le Québec n'est plus du tout chrétien. Je suis même en faveur de passer toutes les églises inutilisées au 'bulldozer'.

Le double standard, c'est vous Anonyme... je ne veux qu'aucune 'Weltanschaung' ne soit enseignée dans les écoles du Québec.

Vous parlez de mes arguments de cégépien... je n'ai jamais mis les pieds dans un CEGEP. Vous n'êtes pas placé pour parler car vos arguments ne sont pas des plus élaborés. Votre critique envers moi est purement et simplement de nature 'ad hominem'.

Romanus a dit…

... ca commence a sentir le roussi, n'est-ce pas, Anonyme Pro-ECR?

Voyez-vous, Anonyme Pro-ECR, l'adversité, nous, Chrétiens, on a l'habitude... en 2000 ans, on en a vu d'autres.

sylvain a dit…

@ Roger Girard

Merci Monsieur Girard pour vos propos plus nuancés. À l’ère de la génération « C », le blogue peut s’avérer un excellent outil pour la pratique du dialogue!

Curieusement, je sensibilisais mes élèves à la question du cyberespace la semaine dernière. Nous avons discuté des enjeux éthiques liés à l’anonymat et à la confidentialité sur Internet. Suite à l’activité, les jeunes, qui utilisent plusieurs pseudonymes en ligne, se sont vite aperçus qu’ils étaient souvent plus agressifs derrière une autre identité.

Ce n’est donc pas en se cachant derrière un pseudonyme et en cherchant à savoir qui est le plus corporatiste (ou en s’accusant de tous les maux) que ce débat sera constructif! (@ tous)

Sans vouloir construire un « homme nouveau », j’espère que ce cours contribuera au moins à former des citoyens qui seront beaucoup plus ouverts aux autres, moins repliés sur eux-mêmes et plus aptes à dialoguer entre eux. (@ J-A Fortin)

Passer les églises inutilisés au « bulldozer » ne s’inscrit sûrement pas à l’intérieur des conditions favorables au dialogue! (@ Romanus)

Pour en revenir à votre commentaire (@ Roger Girard) je trouve que vous nuancez beaucoup la position de Madame Quérin. Sa conclusion est pourtant claire (je vous invite à la relire) et repose principalement sur les fausses prémisses énoncées précédemment.

Pour ce qui est de cette charte qui à ma grande surprise semble causer un problème, elle n’est pas un « noyau dur » comme vous dites. Le programme la considère comme un repère important certes (encore là, c’est une impression car ce n’est pas inscrit littéralement), mais la présente surtout comme un repère parmi d’autres.

Je cite ici le programme à cet égard (p.35 (533))

« L’examen de repères, tels que des us et coutumes, des vérités d’expérience, des codes de vie ainsi que des chartes de droits qui fondent des principes, des normes et des valeurs
démocratiques que partagent les membres de la société dans laquelle ils évoluent, leur permet de s’en donner une représentation significative. Des récits, des symboles du religieux dans des œuvres d’art religieux ou profane, des rites et des règles sont autant de repères qui leur permettent de s’ouvrir au monde et d’enrichir leur bagage culturel. »

sylvain a dit…

@ Roger Girard (suite)

Vous dites aussi que « ce qui est exprimé sur les religions s’inscrit le plus souvent en termes de «patrimoine», donc plutôt tourné vers le passé »

Premièrement, il faut comprendre le sens de ce mot. Le patrimoine, c’est l’ensemble des biens d'un groupe, d'une communauté ou encore d'une collectivité. Ce n’est pas quelque chose qui est automatiquement tourné vers le passé. En ce sens, le programme est assez clair, et je le cite encore une fois :

On parle de « (…) la compréhension de plusieurs traditions religieuses dont l’influence s’est exercée et s’exerce toujours dans notre société. (p. A5) Donc, dans le passé, oui, mais dans le présent également.

Par ailleurs, le pluralisme n’est pas une marque identitaire mais quelque chose avec laquelle il faut composer.

Malheureusement, Quérin ne se base pas toujours sur le programme comme vous dites. Il faut prendre le temps de lire sa bibliographie pour s’en convaincre.

On ne peut pas, comme vos collègues de ce blogue le font souvent également, attaquer le programme en se basant uniquement (ou presque) sur du matériel non-approuvé ou sur des ouï-dire de ce qui se fait dans certaines classes.

On peut toutefois critiquer certaines choses quant à l’implantation de ce programme, dont ce qui concerne le matériel didactique. En ce sens, notre association tient compte des enseignants qui ont des critiques à faire. Vous comprendrez toutefois que l’AQÉCR ne peut considérer dans ses rangs tout membre qui militerait au côté de la CLÉ. Ce n’est pas de l’intolérance…

Pour ce qui est de la question des connaissances, l’approche par compétences est propre à l’ensemble du programme de formation de l’école québécoise et non uniquement au programme ECR. Cet argument ne peut donc pas être reçu en guise de critique du programme ECR. Le débat en ce sens doit se transporter du côté de la pertinence ou non du renouveau pédagogique (i.e la réforme) et on pourrait en parler plus longuement dans un autre contexte!

En terminant, l’objectif de notre association est effectivement, comme vous le souhaitez, de « tenir compte des situations que les enseignants et enseignantes vivent réellement. » Présentement, la situation vécue par nos enseignants est celle-ci : composer avec des médias qui à la grande joie de certains blogueurs sur ce site, répandent des faussetés sur ce que nous faisons réellement en classe…

Là-dessus, je vous remercie encore d’avoir des positions plus nuancées que les autres car ce n’est pas avec des déclarations comme celle de Romanus sur ce site : « je ne veux que de me débarrasser du cours d'ÉCR... » que nous allons progresser.

Joyeux Noël à vous!

Sébas a dit…

J'ai trouvé cet excellent commentaire, qui résume très bien la situation incroyable dans laquelle nous nous retrouvons tous:


"Pour le droit de choisir et pour le droit d'être parent

Dès les années '80, les parents qui ne voulaient pas d'un cours unique et obligatoire de religion catholique dans les écoles ont obtenu le choix de cours de morale ou de retrait des cours de catéchèse. Ils voulaient le choix et c'est en tant que parents qu'ils le demandaient grâce aux chartes et à la Constitution.

Je redonne quelques chiffres confirmés encore récemment :

85% des québécois s'identifient comme catholiques (2004),

92% comme chrétiens (2004),

environ 80% choisissent encore librement le cours d'enseignement religieux pour leur enfant.

Le Québec est une société pluraliste depuis ses débuts et a toujours fonctionnée avec des règles qui devaient tenir compte de la diversité des visions du monde (croyances). Les enfants de 1861 ou même ceux de 1703 savaient que tout le monde ne croit pas la même chose ...

(...)

Ce que je rejette dans la démarche actuelle de l'État c'est la restriction progressive et systématique du droit des parents d'éduquer LEURS enfants. C'est à se demander si les enfants appartiennent fondamentalement à l'État ou a leurs parents BIOLOGIQUES.

Le problème c'est que l'ÉTAT IMPOSE désormais UN SEUL PROGRAMME sur la religion, obligatoire du début du primaire à la fin du secondaire. C'est aussi qu'on INTERDIT de ne pas y assister (c'est clair maintenant). Finalement, le problème, c'est que le droit des parents d'éduquer leur enfant selon leurs convictions a été unilatéralement abrogé. L'article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés se lisait :

«Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d'exiger que, dans les établissements d'enseignement publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre de programmes prévus par la loi.»

Les droits du parent athée, juif ou musulman étaient ainsi respectés, comme dans tout autre pays adhérant à la Déclaration universelle des droits de l'homme selon l'ONU.

Sébas a dit…

(suite)

Or maintenant, l'article 41 se lit:

«Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l'intérêt de ceux-ci.»

Où est le lien avec l'ECR et la loi 95 ? ...qui décide des intérêts de l'enfant ?

Avant l'État devait respecter les convictions des parents, aujourd'hui c'est le contraire ... Ainsi, le parent athée, agnostique, chrétien ou musulman passe au deuxième rang et ce contexte permettrait dans les faits l'instauration d'une idéologie d'État, peu importe les intentions sincères des décideurs et élus actuels. On met en place un système qui se prête à bien des abus idéologiques.

Pour passer la loi 95, il fallait modifier l'article 41 de la charte et plusieurs élus et gestionnaires du MELS le savent depuis belle lurette. Cette modification était envisagée de longue date (des débats de l'assemblée nationale en traite dès '99). C'était dans la foulée de la déconfessionnalisation du système éducatif québécois qui elle ne pouvait se faire sans la modification de la Constitution canadienne (Article 93). Ainsi donc, les libéraux fédéraux de Jean Chrétien ont obtempéré avec le sourire à la demande des péquistes (qui rejettent toujours cette constitution) de Lucien Bouchard en '97 à ce sujet. Passons rapidement sur d'autres détails comme la limitation des droits du parent biologique par l'introduction d'un nouveau statut parental, le parent légal, ce dernier octroyé et contrôlé par l'État (depuis 2004). Tout va bien ... vraiment !

Quand on fait le bilan, alors que les chartes et la Constitution ont normalement l'autorité pour remettre en question les lois, les règles de notre société, on s'aperçoit qu'on les modifie allègrement et rapidement lorsqu'il s'agit d'encadrer le droit d'éducateur des parents."

***

Texte complet, ici:

http://www.ledevoir.com/societe/education/185659/les-laics-aussi-en-ont-contre-le-cours-d-ethique-et-de-culture-religieuse

Sébas a dit…

@ Sylvain:

Je crois bien que la réforme dite des 'compétences transversales' est relié au cour ecr.

"Compétences" par ci et "compétences" par là et il y aurait aucun lien entre les 2, selon vous ?

***

En passant, en Suisse (canton de Genève), il y a eu un référendum contre cette réforme pédagogique...

Résultat?

75,6% d'appui de la population !

***

Quelques informations glanées ici et là sur le net:

***

Les électeurs "ont donné le coup d'arrêt" à la réforme, selon le numéro du 25 septembre 2006, du quotidien suisse Le Temps. Ils ont "exprimé leur ras-le-bol de la frénésie des réformes appliquées depuis les années 1970". Le taux de participation au référendum a été de 54,7%, ce qui est élevé.

***

L'Association refaire l'école (ARLE), qui a lancé ce référendum après avoir fait signer une pétition par 28000 électeurs, était très heureuse du résultat. "Nous remercions les citoyens très chaleureusement pour cette preuve de bon sens", a indiqué hier à La Presse André Duval, président de l'ARLE.

***

Cette réforme était basée sur le pragmatisme philosophique de Charles Sanders Peirce, école de pensée d’origine américaine mais qui a eu des émules en William James et John Dewey. La maxime principale du pragmatisme philosophique est la suivante : toute théorie se distingue d’une autre par les effets qu’elle produit une fois qu’elle est posée dans la vie pratique. Conséquence : toute connaissance est acquise uniquement dans la perspective de l’action et non de la contemplation. La connaissance pour elle-même n’a aucune utilité : elle doit être bannie de tout système d’éducation.

La pensée spéculative n’a plus sa place dans le pragmatisme philosophique. La pensée est uniquement empiriste : la notion pratique est étroitement liée à la question de savoir quels effets une théorie peut avoir dans l’expérience.

La vérité n’existe plus : chacun la trouve en inventant et en construisant son propre savoir. Le vrai, c’est ce que chacun expérimente, découvre, a une certaine utilité pour le fonctionnement de la vie de tous les jours. Le bien, c’est ce qui est utile pour le fonctionnement de la vie pratique. En ce sens, tout l’aspect des grandes questions métaphysiques, comme le sens de l’existence, l’existence de Dieu, l’âme immortelle, les croyances, et autres problèmes connexes, réalités qui n’ont aucune utilité, sont évacuées de la réflexion humaine.

Romanus a dit…

Sylvain, ou était le dialogue quand le gouvernement du Québec, en catimini, main dans la main avec l'opposition, a machiné le retrait des droits des parents envers leur enfants pour parvenir a leur imposer un cours contre leur volonté quand 80% d'entre eux voulaient encore le cours d'enseignement religieux pour leur enfants?

Le gouvernement enlève des droits aux parents, impose un cours de force a leurs enfants contre le gré des parents et les combattent en cour avec tout les moyens que l'état a a sa disposition quand ceux-ci veulent faire valoir leur droits. De quel coté est l'intolérance? Il est vrai que quand on fait partie d'une oligarchie éclairée, le recours a la force est justifié. On appelle ca des despotes.

Sébas a dit…

(Suite)

***

« Cette réforme ressemblait énormément au renouveau pédagogique du Québec, dans son approche socio-constructiviste, par compétences et par cycle, sans redoublement et avec son bulletin des plus ésotériques sans véritable note », souligne M. Parenteau. Il précise qu’elle avait fortement influencé la mise en place de la réforme québécoise.

Le canton de Genève en est donc au statu quo pour l’année scolaire 2006-2007 et les enseignants s’appliquent « à remettre les élèves à niveau » puisqu’ils auraient pris un sérieux retard dans l’acquisition de connaissances.

« Les nouveaux contenus seront connus pour septembre 2007. Ils mettront les connaissances à l’avant-plan. Il existe des notions de base que les élèves doivent maîtriser », indique M. Parenteau.

***

Au Québec, il n’existe pas de mécanisme de consultation populaire qui pourrait faire arrêter la réforme de l’éducation, comme ce fut le cas dans le canton de Genève. « Seule une importante mobilisation citoyenne pourrait réussir à convaincre le ministère de l’Éducation d’arrêter la réforme », fait remarquer M. Parenteau.

La coalition Stoppons la réforme continue donc de faire circuler une pétition demandant l’arrêt de l’application du renouveau pédagogique. Quelque 24 000 personnes (et 7376 membres actifs en 2006) l’ont déjà signée, selon M. Parenteau. Il ne sait pas quand cette pétition sera déposée au ministère de l’Éducation. Il faudra d’abord attendre de savoir qui sera le prochaine ministre au terme de la campagne électorale en cours.

***

Hummmmmm.... tout cela ressemble drôlement à un certain cours controversé !

;-)))




p.s.

Connaissez-vous la "Coalition Stoppons la réforme" et plus particulièrement ce sondage?

Sondage SOM-FAE:

Les Québécoises et les Québécois, tout comme les parents d’élèves, affirment être respectivement en désaccord avec la réforme en cours dans une proportion de 56 % et 59 %. Leurs positions sur les fondements et les pratiques plus précises de cette réforme sont encore plus sévères.

(...)

Selon vous, à l'école primaire et secondaire, doit-on évaluer les élèves surtout sur la base des...?

Des connaissances: 52%
Des compétences: 21%

Suite:
ttp://www.stopponslareforme.qc.ca/pdf/20070309_LesQCRejettent.doc

Et en complément:
http://www.stopponslareforme.qc.ca/medias.aspx

Sébas a dit…

Dernier commentaire pour la soirée:

Qui veut aller placer un commentaire (et voter), ici?

http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2009-2010/chronique.asp?idChronique=99291

;-)

Bonne soirée à tous !

(même a ceux qui ne veulent pas -pour l'instant en tout cas- que les parents/enfants/enseignants aient le libre choix)

sylvain a dit…

@ Romanus : Pour pratiquer le dialogue, il faut d’abord en éviter les entraves. L’utilisation de sophismes est donc proscrite… et vous en utilisez plusieurs!

1.L’attaque personnelle : corporatistes, une clique, sorciers idéologues, inquisiteurs, apparatchiks idéologues postmodernes, despotes…

2.Le complot :
le gouvernement du Québec, en catimini, main dans la main avec l'opposition, a machiné…

3.La caricature :
Il n'y a pas que l'argent qui les intéresse… le 'power trip' de laver le cerveau de toute une génération et de créer 'un homme nouveau' les enivre…

4.La fausse causalité : On a déjà vu ça n'est-ce pas? On a déjà vu les résultats des ambitions de tels apprentis sorciers idéologues. Nos enfants en feront les frais.

Alors, on dialogue?

sylvain a dit…

@ Sébas :

L’approche par compétence était belle et bien installée avant l’arrivé du programme ECR. La première cohorte de la réforme est présentement en 5e secondaire. Ça fait donc une dizaine d’année déjà…

La Suisse a effectivement renoncé à cette approche pédagogique. Ici, depuis l’arrivé de la ministre Courchesne, on revient tranquillement à d’anciennes pratiques : bulletins chiffrés, pondération des notes, etc. Cependant, on doit toujours évaluer des compétences, et ce, dans TOUTES les matières.

sylvain a dit…

Toujours @ Sébas :

Le débat autour de l’article 41 est ici mal orienté. Il faut cesser de diaboliser le cours ECR. Il n’est en rien responsable de cette situation.

Contrairement à ce qu’en pense Romanus, rien n’a été fait en catimini. La séparation de l’Église et de l’État ne date quand même pas d’hier! La déconfessionnalisation du système scolaire, probablement la dernière étape de ce processus, ne s’est pas fait en cachette non plus!

À partir du moment où les commissions scolaires devenaient linguistiques et non plus confessionnelles (processus encore une fois, public), il devenait évident que les parents ne pourraient plus exiger des écoles des cours d’enseignement religieux catholiques ou protestants.

À partir de là, cette formulation de l’article 41, évoquant que les parents pouvaient l’exiger, devenait caduque.

Surtout qu’avec la transformation de la société, des parents d’autres confessions religieuses auraient pu en exiger autant. Imaginez le casse-tête pour les directions d’écoles!

La nouvelle formulation de l'article 41 demeure, à mon avis, respectueuse du droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions religieuses. Il en revient désormais aux familles et aux communautés d’assurer un tel enseignement.

La vraie question devient alors la suivante : une fois que les écoles ne sont plus confessionnelles doit-on également évacuer toutes références au religieux dans le cursus scolaire?


Les « intégristes laïcs », si je peux me permettre l’expression, l’auraient probablement souhaité.

D’autres suggèrent que ce qui relève du religieux devrait être restreint aux seuls cours d’histoire. Cela signifierait que les seules fois où vos enfants entendraient parler de religion serait dans le cadre de la Grande noirceur, des inquisitions, des croisades, des guerres, etc. Avec un peu de chance, peut-être entendraient-ils parler du rôle des religieux au Québec dans les systèmes d’éducation et de santé. Est-ce ce que l’on souhaite?

Le volet culture religieuse du programme est selon moi est une excellente façon d’amener les élèves à une compréhension du phénomène religieux, et ce, en se penchant d’abord sur la culture d’ici, dans le respect des croyances de tous et chacun.

'ti Jeannot a dit…

@Sylvain

"L’approche par compétence était belle et bien installée avant l’arrivé du programme ECR. La première cohorte de la réforme est présentement en 5e secondaire. Ça fait donc une dizaine d’année déjà…"

Qu'est-ce que ça prouve ? Le programme ECR est maintenant enseigné en 5e secondaire juste à temps pour faire partie du lot des élèves complètement passés par la moulinette sociocontructiviste.

Qu'est-ce que cela prouve ? Le cours ECR n'a pas pu être imposé plus tôt parce qu'il fallait d'abord modifié votre sacro-sainte charte et la constitution canadienne... Chose plus ardue que d'imposer une pédagogie à des élèves dont les parents sont complètement évacués par le Monopole de la rééducation.

Vous enseignez, vous ? Avec aussi peu de connaissances et de logiques ?

Pauvres enfants captifs !

'ti Jeannot a dit…

@Sylvain

Vous prétendez que "Le débat autour de l’article 41 est ici mal orienté."

hi hi. Vous n'aimez pas son orientation, ce serait plus vrai.

Vous assénez qu'"Il faut cesser de diaboliser le cours ECR. Il n’est en rien responsable de cette situation."

Pourquoi ne pas diaboliser le cours ECR ? Il est mauvais. Pourquoi ce jugement de prescription, ô Sylvain ?

Romanus a dit…

@sylvain

... ca fesse n'est-ce pas?

Vous avez lu le billet de Carl Bergeron de ce samedi?

'L’école québécoise est au sens premier un lieu d’endoctrinement (et non, le mot n’est pas trop fort). Les mots ne sont jamais trop forts lorsqu’ils sont justes.'

Ici: http://cbergeron.wordpress.com/2009/12/19/editorial-du-samedi-les-caravanes-de-lanti-derapage/

Ce que vous n'aimez pas des mots que j'utilise, c'est qu'ils vous montrent tels que vous êtes (l'état et ses sbires... je sais... vous n'aimez pas le mot sbire... mais c'est ce que vous etes, un sbire de l'état). Faut bien que quelqu'un le fasse... les média sont vendus a votre cause... excusez-moi, idéologie.

J'insiste sur le fait que je ne veux pas le retour de l'enseignement confessionnel dans les écoles. Mais je ne veux pas que ce soit remplacé par l'idéologie du gouvernement du Québec, devenu étatiste... évoluant, résolument, vers le totalitarisme.

sylvain a dit…

@'ti-Jeannot

Évidemment, ça ne prouve rien. Simplement, attaquez alors le renouveau pédagogique ou le socioconstructivisme mais pas le cours ECR.

Le cours ECR n'est pas responsable de la réforme, c'est tout!

sylvain a dit…

@ ti'Jeannot

Merci de questionner mon jugement de prescription!

Il y en a au moins un qui a lu le programme! ;)

sylvain a dit…

@ Romanus

Encore une fois, l'attaque personnelle...

Je vais devoir couper les ponts! ;)

'ti Jeannot a dit…

@Sylvain qui disait :

>
> «Évidemment, ça ne prouve rien. Simplement, attaquez alors le renouveau pédagogique ou le socioconstructivisme mais pas le cours ECR.
>
> Le cours ECR n'est pas responsable de la réforme, c'est tout! »

Mais le cours ECR est le fruit de la réforme et une des critiques porte justement sur sa «neutralité» très socioconstructiviste, cela fait partie de la nature même du cours ECR.

Notez que le cours ECR sans cette neutralité, sans ce dialogue avec simple animateur, mais un cours qui enseigne vraiment des choses, qui apporte vraiment des réponses, ne sera plus neutre et donc sera aussi attaqué.

Vous n'êtes pas sorti du bois, Messieurs les partisans de l'imposition du cours ECR.

Sébas a dit…

@ Sylvain:

Alors, si je comprends bien vos répliques, vous ne seriez pas contre l'idée de faire des pressions -à qui de droit- pour que les droits 'sacrés' des parents, enfants et enseignants soient de nouveaux enchâsses dans notre constitution et charte ?

Merci d'avance pour votre aide... et votre grand esprit... digne de Voltaire.
;-)

p.s.
Ah, oubliez ça, j'oubliais que pour vous, 'tout est relatif'...
Pour vous, je suis sûrement en train de mélanger des pommes et des oranges...

p.p.s
En tout cas, si vous répondez comme je le crains, je trouve tout ça vraiment triste pour NOS enfants(pas les vôtres!)... qui sont des otages de tout ça:
la folie du 'tout relatif' leur est enseignée comme DOGME !

Romanus a dit…

@sylvain

Ce que vous n'aimez pas sylvain, c'est cette lumière crue qui est soudainement projetée sur ce qui se trame dans les écoles du Québec... très embarrassant tout ca... très embarrassant n'est-ce pas?

Il n'y a pas longtemps, vous n'étiez pas très volubile... soudainement, vos cohortes sortent de partout. Il y a péril en la demeure.

Je ne suis pas le seul a parler comme je le fais... écoutez ce que dit Lester... et on ne peut pas dire qu'il est un obscurantiste catholique comme moi. Je ne suis pas du tout contre ce cours pour des raisons religieuses mais pour des raisons politiques. Je ne voudrais pas que l'on enseigne de telles sornettes a mes enfants.

L'état veut écraser les citoyens et ils ne se laisseront pas faire. Comme toujours dans l'histoire.

Julie de la rivière a dit…

A mon humble avis, peu importe la beauté et la pureté de ses intentions, aucun état qui se dit libre et démocratique ne peut imposer une éducation uniformisée à tous les citoyens sans faire des exceptions; surtout pas contre leur volonté. Le contraire serait digne de totalitarisme.

Les enfants du voisin ne sont pas les miens. Tant qu’ils ne souffrent ni d’abus, ni de négligence, personne n’a de pouvoir sur eux sauf leurs parents.

Si la diversité est trop complexe à gérer par l'état, peut-être devrait-elle remettre le pouvoir à ceux qui n'ont pas peur de relever le défi?

Historiquement, chaque fois qu’un état a dévalorisé le rôle des parents pour se substituer à eux, ce fut un échec lamentable.

Pour ce qui est du cours en question, depuis que deux de mes enfants le suivent, je suis constamment obligé de remettre en perspective ce qu’ils y apprennent. Ils m'arrivent avec des idées toutes faites du genre: Les hommes autrefois revenaient à la maison et se faisaient servir par leur femme sans jamais lever le petit doigt pour l'aider. Dans l'ancien temps, les hommes étaient des brutes sans regard pour leur femme.
Je dois expliquer, que les hommes dans ce temps la, pour la plupart, travaillait très très fort, tout comme leur femme. Les rôles de chacun étaient clairement définis. La femme n'allait pas non plus bucher le bois de chauffage. Certainement qu'il y avait des brutes dans ce temps la, comme il y en a aujourd'hui.

L'autre idée toute faite est celle que les autochtones sont un peuple parfaitement écologique, vivant en harmonie avec la nature et pratiquant l'animisme. J'ai du expliquer que eux aussi avaient des problèmes et que aujourd'hui ils sont presque tous chrétiens, et que leur culture a subit une grande transformation grâce à une éducation morale et religieuse uniformisée et imposée. (Tiens, ca me rappelle quelque chose.)

Le ministère de l’éducation devrait redevenir le ministre de l’instruction et miser sur la transmission de connaissances. Tout programme devrait offrir des balises générales, en laissant la possibilité de l’adapter à la réalité locale.



Bonne journée.

'ti Jeannot a dit…

@Julie

C'est exactement ce que je craignais.

Vous décrivez une école qui inculque les préjugés du progressisme, bobo et idiot de la classe radotante du Québec.

Je suis sûr que les parents liéraux ou croyants en URSS devaient faire la même chose avec leurs enfants au retour de l'école soviétique.

L'école n'est plus un service rendu aux parents (et aux enfants), mais un manière pour une petite coterie de fonctionnaire et de professeurs complices de transformer les enfants des autres.

Il faut que cela cesse.

Non au Monopole de la Rééducation !

Julie de la rivière a dit…

Dans le manuel de secondaire 3, il y avait cette phrase , qui traite du végétarisme. La phrase précédente dit que les bouddhistes sont souvent végétariens pour enchainer avec:

«Les laïcs les plus conscients les sont, mais pas toujours. » … ??? … ok…

J'ai demandé a mon fils s'il savait ce que signifiait être laïque. Il m'a répondu:
Je pense que c'est une forme de bouddhisme. »

Hé, hé, hé. Autant en rire...

sylvain a dit…

@ Julie de la rivière

Au moins, vous admettez la pureté et la beauté des intentions du programme! ;) Cela vous distingue de ceux l’attaquant sans même l’avoir lu…

Personnellement, je crois que l’école doit offrir un cursus commun pour tous. On est quand même loin d’un État totalitaire. Regardez ce qui se passe ailleurs dans le monde… il faut peser ses mots!

Je ne crois pas que l’intention est de dévaloriser le rôle des parents.

Au contraire, l’implication des parents est primordiale. Je le constate chaque année lors des rencontres de parents. Ceux qui sont présents dans la vie de leurs enfants font toute la différence.

Pour ce qui est du cours en question, je suis content de l’exemple que vous apportez.

Je crois qu’au-delà du débat disons « idéologique » il faut revenir sur terre et se concentrer sur ce qui se passe réellement en classe.

En tant qu’enseignant en ECR, c’est à ce niveau que j’aimerais ramener la discussion.

Malheureusement, trop de gens se servent du cours pour faire la promotion partisane de leur idéologie dans les médias : MLQ, PQ et j’en passe.

Pour ce qui est donc des idées comme vous dîtes « toutes faites », vous comprendrez que cela irait à l’encontre des intentions du programme…

Que s’est-il passé alors dans le cas de vos enfants? (en supposant que vous rapportiez la situation en toute objectivité)

1.Ce que vos enfants rapportent à la maison, ce n’est peut-être pas exactement ce qui a été avancé par l’enseignant. Les enfants prennent parfois des raccourcis! Il est aussi surprenant de constater ce que les élèves retiennent de semaine en semaine… La rétroaction est disons, primordiale! ;)

2.Peut-être qu’en voulant trop vulgariser, l’enseignant s’est plutôt rapprocher de la caricature… Lorsque j’aborde cette question de la transformation des normes dans la société (le rôle des hommes et des femmes dans cette situation) en classe, je prends soin de nuancer, tout comme vous l’avez fait avec vos enfants.

3.La question des spiritualités des peuples autochtones est effectivement beaucoup plus complexe que celle que vous présentez. Trop souvent, des gens ont tendance à présenter LA spiritualité amérindienne, ce qui n’existe pas vraiment, même si certaines références communes sont parfois partagées.

Bref, plutôt que de tirer à boulet à rouge sur le programme, peut-être vaudrait-il mieux travailler à ce que sa mise en place dans les milieux corresponde à ce qui est vraiment demandé dans le programme.

Là-dessus je vous quitte pour la semaine, temps des Fêtes oblige.

Ce fut un plaisir de discuter avec certains d’entre vous. Pour les autres, je ne peux faire plus! Je demeure ouvert au dialogue!

Joyeux Noël!

Pour une école libre a dit…

@Julie La Rivière...

De quel livre s'agit-il (celui qui parle des laïcs végétariens) ?

Gaspard L a dit…

@Sylvain

"Au moins, vous admettez la pureté et la beauté des intentions du programme! ;) Cela vous distingue de ceux l’attaquant sans même l’avoir lu…"

Vous ne parlez pas des témoins-experts de la CLÉ, ni de Mme Quérin là. Donc, quelle importance ?

Ensuite vous êtes pour un "cursus commun". Pourquoi ? Si ce n'est pour imposer une même idéologie à tous au nom de la diversité sans doute ?

Il faudrait savoir : vous glorifiez la diversité ou vous en avez peur et il faut un "cursus commun" à tous ?

Julie de la rivière a dit…

Malheureusement, je ne retrouve plus la référence. Je crois que le livre s'appelait Places Publiques par les éditions Fides. Je l'ai peut-etre déja écrit dans un vieux commentaire...

Pour une école libre a dit…

@Julie de la Rivière,

si vous retrouvez la référence sur les «Les laïcs les plus conscients sont [végétariens] » indiquez-nous la ou mieux envoyez-nous page numérisée...

Merci beaucoup d'avance

Julie de la rivière a dit…

Je n'ai plus accès au manuel en question, étant donné que mon fils n'a pas de cours d'ÉCR cette année.
Par contre, il a une bonne mémoire et j'ai vérifié auprès de lui.
Le manuel en question est assurément Être en société pour le
1er cycle, des éditions CEC probalement le livre A (il y en a deux).

Julie de la rivière a dit…

Monsieur Sylvain,

Si j’admets que certaines des intentions du programme sont nobles, je suis fortement en désaccord avec le caractère obligatoire et les refus d’exemptions. Voyez-vous, pour moi la liberté c’est important, dont la liberté des parents de choisir une éducation conforme à leurs valeurs pour leurs enfants, que j’approuve ou non. On n’a pas besoin d’être d’accord avec eux, ni même de comprendre leur point de vue pour accorder le respect qu’ils méritent.

Je ne suis pas la première à appliquer le terme totalitaire à cette entreprise, et vous n’êtes pas le premier à le réfuter. Comme d’autres ont répondu, je vous proposerais de sortir votre dictionnaire et me dire en quoi ce programme, en son caractère idéologique et obligatoire, diffère de cette définition. Je pèse toujours mes mots. Si c’est pire ailleurs dans le monde, je refuse de m’en satisfaire, je refuse de niveler par le bas.

Si l’intention n’est pas de dévaloriser le rôle des parents, il y a certainement cet effet pervers car le changement à la loi pour permettre l’obligation n’accorde pas un droit équivalent. Il n’y a plus rien qui protège la conscience des parents ni des enseignants en matière scolaire. L’état s’est pourvu de tous les droits, ce qui est à mes yeux inacceptable. Je crois que l’état doit prendre le moins de place possible dans la vie des gens honnêtes. Honnêtement, je trouve incroyable que la majorité des enseignants ainsi que leurs représentants acceptent allègrement cet état de fait. J’aurais osé espérer que ceux-ci soient un exemple pour mes enfants.

Je suis d'accord avec un certain cursus commun, mais qui, comme j’ai dit plus haut celui-ci se contente d’offrir des balises générales sur des sujets qui font consensus comme étant essentiels à une bonne éducation. Si vous êtes pour un cursus commun , je vous l’accorde, vous et tous ceux qui le désirent aussi. Tout comme le cours d’ECR, que ceux qui l’aime le suive. Le problème se pose lorsqu’on impose quoi que se soit sans exceptions.

Évidement que la question autochtone est plus complexe que ce que j’ai présenté plus haut, ceci n’est pas le thème de la discussion et mon objectif n’était pas de décrire la problématique autochtone dans son ensemble. I l faut reconnaître que la scolarisation a servi et sert toujours à assimiler des peuples. Les concepteurs du cours n’ont pas inventé la roue. Les Grecs et ensuite les Romains avaient bien compris et ont utilisé l’éducation des enfants d’autres cultures pour les assimiler à la leur bien avant nous. Et voyez le succès de l’entreprise encore très présente aujourd’hui!

Notre système d’éducation a des grandes lacunes et beaucoup de jeunes qui en sortent écrivent mal, sont blasés, pensent qu’apprendre c’est une emmerde etc... Personnellement, Je trouve que mes enfants sont sous-stimulés à l’école. Peut-être vaudrait-il mieux que l’état démontre une certaine compétence dans l’enseignement des savoirs de base avant de prétendre de faire de mes enfants de bon citoyens. Il y a une foule de matières à couvrir qui font consensus. Il y a de quoi bien remplir une grille horaire. Chaque jour je demande a mes enfants qu’as tu appris aujourd’hui?….Je rêve de les entendre me répondre qu’ils ont appris quelque chose avec enthousiasme. Non, c’est ennuyeux et sous-stimulant. Les enseignants sont pris avec un programme lourd et ont peu de latitude pour être créatifs et autonomes dans leur travail.

Julie de la rivière a dit…

suite...

Nous pourrions dialoguer sans fin sans arriver à un consensus sur ce sujet. Le but n’étant pas de convaincre l’autre de ce qui est mieux pour ses enfants, mais d’expliquer librement pourquoi nous croyons que telle ou telle chose est préférable pour notre enfant. À la fin, chacun devrait pouvoir prendre position et être respecté dans cette position.

Voyez vous, votre vision de l’école idéale ne se ressemble pas du tout a celle que j’espère. Je ne désire pas une école uniformisé et uniformisante mais une qui est libre de respecter les besoins de sa clientèle. La différence entre votre position et la mienne monsieur, est que vous croyez que votre opinion devraient primer sur ce qui est enseigné à mes enfants. Si j’étais comme vous je voudrais interdire à vos enfants de suivre ce cours car il serait possiblement nocif pour eux. Alors que tel n’est pas du tout mon cas. Je veux que nous soyons chacun libres de choisir une formation conforme à nos valeurs pour nos enfants. Bref, plutôt que de vouloir imposer à tout prix le programme, peut-être vaudrait-il mieux travailler à la mise en place de programmes qui correspondent à ce qui est vraiment demandé par la clientèle.

Même mes enfants vont à l’école par choix. Nous avons fait l’école à la maison pendant plusieurs années. Après plusieurs années a la maison, en faisant seulement une heure de travaux académiques par jour, ils ont dépassé votre système et ont réintégré les classes plus forts que lorsqu’ils ont quitté. Ce n’était pas trop difficile à rencontrer comme équivalence je dois dire.
En effet, la loi reconnaît aux parents une exemption complète de scolarisation
Et ce pour toutes les matières.

Je crois qu’un programme d’éthique tout fait est contrôlé par l’état n’est pas nécessaire pour aborder les questions importantes avec les enfants. Ces réflexions peuvent être soulevées naturellement en passant par d’autres matières.
En ce sens je vous propose de regarder ceci. http://www.youtube.com/watch?v=armP8TfS9Is
Un enseignant au japon aborde des questions sensibles avec respect, sagesse et tact dans une classe de 4 e année. Remarquez qu’il ne suit aucun programme de l’état. Au contraire.

Vous pouvez être en désaccord. Mais à la fin, mes enfants ne sont pas les vôtres et il me revient de décider ce qui est dans leur meilleur intérêt et de décider si oui ou non je vais les envoyer à l’école à chaque matin.

Je me demande, si vous supportez le caractère obligatoire de ce cours que proposez-vous de mettre en place pour renforcer cette obligation? Des mesures répressives? Plus de propagande informative pour les parents?

« Toute propagande efficace doit se limiter à des points fort peu nombreux et les faire valoir à coups de formules stéréotypées aussi longtemps qu'il le faudra, pour que le dernier des auditeurs soit à même de saisir l'idée.»
Adolf Hitler

sylvain a dit…

@ Gaspard L

Pour ce qui est des témoins-experts, de qui parlez-vous?

Quant à Mme Quérin, elle est experte en quoi? Elle n’a assisté à aucun cours ECR et son étude ne repose que sur du commentaire, du ouï-dire, du matériel didactique non-approuvé, des impressions et j’en passe… Le manque de profondeur et de rigueur conceptuelle de son étude est assez évident! Lisez simplement sa bibliographie!

Côté sophisme, vous en ajouter un de plus : le faux-dilemme :
« vous glorifiez la diversité ou vous en avez peur? »

Le plus célèbre des faux-dilemmes étant probablement celui de W.Bush : « you’re with us or against us »

Bref, je ne glorifie pas la diversité et je n’en ai pas peur. Que vous le vouliez ou non, la diversité est un fait et il faut composer avec…

@ Julie de la rivière

Vous avez dit : « Dans le manuel de secondaire 3, il y avait cette phrase, qui traite du végétarisme (…) »

Il n’y pas de cours ECR en 3e secondaire!

sylvain a dit…

@ Julie de la rivière

Madame Julie,

Encore une fois, je souligne votre accord avec les intentions du programme. Pourquoi alors vouloir y retirer vos enfants? Simplement parce qu’il est obligatoire? Si les intentions du programme sont nobles, comme vous le dîtes, pourquoi ne pas lui laisser sa chance? Pourquoi ne serait-il pas obligatoire comme le sont les cours de français, de mathématiques, de sciences, d’univers social, etc.? Ces programmes sont-ils aussi totalitaires?

Il faut savoir que le volet culture religieuse du programme ne va pas à l’encontre des valeurs des croyants ou des non-croyants. Il ne s’en tient qu’à des éléments observables du phénomène religieux dans notre société. La compétence à développer en ce sens est claire : Manifester une compréhension du phénomène religieux. COMPRENDRE, là est la clé!

Ce que les jeunes croient ou ne croient pas leur appartient. Ils n’ont pas à débattre de ces questions en classe.

Pour ce qui est du changement de la loi, en fait de l’article 41 de la charte, je vous invite à relire mon commentaire du 20 décembre.

J’ajouterai même, que le gouvernement n’était même pas obligé d’amender la charte pour insérer le cours ECR dans le cursus. Le passage que vous oubliez toujours dans l’ancien énoncé de l’article 41 est la dernière phrase : « dans le cadre des programmes prévus par la loi.»

Or, les programmes prévus par la loi en la matière, à l’époque, étaient les suivants : enseignement moral (EM), enseignement moral et religieux catholique (EMRC) et enseignement moral et religieux protestant (EMRP).

Dans ce cadre, les parents pouvaient exiger celui correspondant le plus à leurs valeurs. Ce qui donnait lieu parfois, comme je l’ai déjà entendu, à un groupe d’un seul élève (avec un enseignant rémunéré!) en EMRP!

Le système scolaire étant maintenant déconfessionnalisé, cela ne tient plus. Dois-je répéter que le nouveau cours ne porte pas atteinte à la liberté de conscience et de religion des élèves, des parents ou des enseignants?

En ce qui concerne le cursus commun il est important, car autrement l’école serait à la carte. Il faudrait alors exempter des cours de sciences les chrétiens évangéliques qui ne veulent pas entendre parler de Darwin, certaines jeunes musulmanes des cours de natation, les enfants de parents fédéralistes des cours d’histoire (on y parle de l’indépendance, du FLQ, etc.), et j’en passe!

Pour ce qui est des lacunes du système d’éducation, cela n’est pas tout à fait faux! ;)

Par contre, ce n’est toujours bien pas en enlevant les deux « petites » unités consacrées au cours ECR qu’on changera cela!

Gaspard L a dit…

sylvain a écrit :
>
> @ Gaspard L
>
> Pour ce qui est des témoins-experts, de qui parlez-vous?
>

Informez-vous, lisez le site ou les journaux.

> Quant à Mme Quérin, elle est >experte en quoi?

Accommodements raisonnables dans les écoles (sujet de maîtrise), mais je suppose que vous êtes expert en quelque chose ?

> Elle n’a assisté à aucun cours ECR

Il y a plein de cours ECR qui ne se conforment pas au programme... Je connais plein de profs qui le disent en aparté.

Il est logique qu'elle se penche d'abord sur le programme officiel.

> et son étude ne repose que sur du >commentaire,

C'EST FAUX. Lisez-là, elle cite plusieurs fois le programme officiel.

> du ouï-dire,

JE PENSE JAMAIS : elle cite toujours les auteurs et ses sources.

> du matériel didactique >non-approuvé,

non approuvé, pas de trait d'union.

Non approuvé ne veut pas dire non utilisé, petit sophiste.

Et C'EST FAUX, son étude ne parle quasiment pas des manuels et des cahiers.

> des impressions et j’en passe…

Vous FABULEZ.

> Le manque de profondeur et de >rigueur conceptuelle de son étude >est assez évident! Lisez simplement >sa bibliographie!

Je suppose que c'est tout ce que vous avez réussi à lire ?

Vous êtes lamentable et vous calomniez.

sylvain a dit…

@ Gaspard L

L'attaque personnelle (sophisme) à mon égard n'est que le reflet de la faiblesse de vos arguments. L'envie de répliquer y est... mais je ne tomberai pas dans le panneau! ;)

Pour en revenir rapidement à l'étude de Mme Quérin:

Elle s'y connaît en accommodements raisonnables et puis après?

La frange péquiste derrière l'IRQ et ayant commandé cette étude (car il s'agit bel et bien d'une étude partisane) mise sur ce sujet chaud pour alimenter la controverse.

Tant qu'à moi, ça la discrédite encore plus!

Lorsqu'elle cite le programme, soit que c'est hors contexte, soit que c'est cousu de fil blanc.

Du commentaire? Oh! que oui! Pas moins de 24 commentaires issus des journaux, souvent des lettres ouvertes écrites par vos "amis" tel Patrice Gagnon ou Sylvain Lamontagne. Sans oublier le site web du MLQ... et de la CLÉ! ;)

Des ouï-dire? Les propos de Richard Martineau, les commentaires d'un stagiaire...

Elle cite ses sources comme vous dîtes, mais une étude universitaire demande aussi qu'on questionne ses sources et d'être capable de s'en tenir à une certaine distance...

En ce qui concerne le programme, si vous connaissez des profs qui ne le suivent pas... Voilà plutôt le genre de situation que vous devriez dénoncer.

Romanus a dit…

Sophisme 'du jour':

Le diable dans l'eau bénite.

Gaspard L a dit…

@Sylvain qui écrivait

"En ce qui concerne le programme, si vous connaissez des profs qui ne le suivent pas... Voilà plutôt le genre de situation que vous devriez dénoncer."

Dénoncer à qui ? Auprès des autorités du monopole pour sanction, c'est ça ?

Vous ne comprenez pas, ces profs ne suivent pas le programme parce que c'est tout ce qui leur reste comme résistance passive (l'article 20 de la LIP a été abrogé pour imposer votre religion Sylvain).

Vous ne comprenez donc pas que ne pas appliquer le cours ECR peut être une bonne chose ?????????

Romanus a dit…

'Les propos de Richard Martineau, les commentaires d'un stagiaire...'

Et vous vous permettez de parler de moi?! Vous avez tout un culot Sylvain!


On ne veut pas de ce cours POINT! On n'a pas de compte a vous rendre!

sylvain a dit…

@ Gaspard L.

Je crois que vous ne comprenez tout simplement pas ce qu'est l'enseignement culturel des religions... ou que vous ne voulez pas le comprendre! ;)

Imposer ma religion? De quoi parlez-vous? Ah, oui, j'oubliais votre slogan: Non à la religion d'état... ;)

Encore une fois, le programme ECR ne va pas à l'encontre de la liberté de conscience et de religion des enseignants.

Résister passivement à quoi alors? À la paresse intellectuelle de comprendre un nouveau programme?

Gaspard L a dit…

sylvain a écrit :
> sylvain a ajouté un nouveau commentaire sur votre message "« La pédagogie de l’accommodement »" :
>
> @ Gaspard L.

1) Vous ne relevez pas que vous n'aviez pas compris que bien évidemment on ne voulait pas de votre cours en relativisme et multiculturalisme et que donc bien sûr on n'allait pas dénoncez les profs qui ne suivaient pas le programme en faisant dialoguer les enfants par exemple sur des sujets polémiques ou qui iraient à l'encontre des convictions des parents.

> Je crois que vous ne comprenez >tout simplement pas ce qu'est >l'enseignement culturel des >religions... ou que vous ne voulez >pas le comprendre! ;)

2) Nous avons très bien compris que vous prétendiez cela, mais ce n'est de toute façon qu'une partie du programme : il y a l'éthique et le dialogue fourre-tout.

Vous devriez lire le programme et essayer de dialoguer plutôt que diffamer. Vous êtes une excellente publicité pour tous ceux qui ne veulent pas de ce cours.

sylvain a dit…

@ Romanus

Je crois que vous résumez bien l'essentiel de votre point de vue qui malheureusement ne se résume qu'à ça:

"On ne veut pas de ce cours POINT!"

À partir de là, le dialogue devient impossible...

@ Gaspard L.

1)L'idée n'était pas de dénoncer les profs eux-mêmes, mais le fait qu'en ne suivant pas le programme, les profs dont vous parlez font peut-être n'importe quoi, ce qui, à mon avis, est beaucoup plus problématique que le programme que vous dénoncez...

2) Vous dites: " en faisant dialoguer les enfants par exemple sur des sujets polémiques ou qui iraient à l'encontre des convictions des parents."

Preuve encore une fois de votre incompréhension, la question de la foi ou des convictions n'est pas un sujet de débat en classe...

3) Si je comprends bien, vous vous opposez également au volet éthique du programme? À la pratique du dialogue?

4) J'essaie effectivement de dialoguer... pas toujours facile avec certains d'entre-vous par contre! ;)

Bonne année @ tous!

Julie de la rivière a dit…

Monsieur Sylvain,

C'est drôle (presque pathétique) lorsque vous dites que les autres ne comprennent pas. C'est vous monsieur, qui ne comprenez pas. Vous ne comprenez pas que certains peuvent avoir une opinion différente de la vôtre sans les discréditer. On dirait que vous n'arrivez pas à sortir de votre petite boite idéologique. Vous ne comprenez tout simplement pas ce qu'est l'enseignement culturel des religions...que celle-ci se fait dans le respect de la culture naturelle. On ne crée pas une culture de toute pièce en passant par les enfants. C’est une idée déracinante et horrible.

Si des parents, par conviction ou par prudence (vous me dites de donner un chance a ce cours, je prends rarement des risques avec mes enfants, et je laisse peu de place à la chance) préfèrent que leurs enfants ne suivent pas ce cours qu’-est-ce que ca peut bien vous faire?!

Quel est votre opinion au sujet de la commission scolaire Kativik qui a refusé d'implanter ce cours? Que pensez-vous du fait qu'ils implantent graduellement l'enseignement dans leur propre langue? Croyez-vous que d’autres communautés québécoises pourraient avoir les mêmes droits? Quelles mesures faudrait-ils mettre en place pour que les enfants Inuit ne soient pas exclus de ce brave nouveau monde?

Je vous invite monsieur, à vous ouvrir à la diversité dans un souci de mieux vivre ensemble.

sylvain a dit…

Bonjour Madame Julie,

Vous êtes toujours plus agréable à lire que d’autres! (sans ironie de ma part)

Vos propos sont généralement respectueux et vous évitez les entraves au dialogue. Contrairement à ce que vous avancez, par contre, je comprends très bien que des gens aient une opinion différente de la mienne, même si je ne suis pas toujours d’accord! ;)

Chacun de notre côté, voyez-vous, nous avons une perception de ce qu’est l’enseignement culturel du phénomène religieux.

Dans ma petite boîte « idéologique », comme vous dites, cette perception est respectueuse de tous et chacun. Ce que je cherche à comprendre, en discutant avec certains d’entre vous sur ce blogue, c’est votre perception à vous.

On ne cherche pas à créer une culture de toute pièce comme vous l’avancez. On part de la culture d’ici, de l’influence du catholicisme et du protestantisme particulièrement, pour ensuite s’ouvrir à la diversité.

L’an dernier, en quatrième secondaire, des élèves ont appris qu’il y avait un lien entre Pâques et Jésus!! Pourtant, la majorité des ces jeunes sont « supposément » passés par l’enseignement religieux au primaire. Par ailleurs, aucun de ces ados de 16 ans ne savait que le nom des municipalités où ils habitent référait au catholicisme. Est-ce là une culture créée de toute pièce?

Non seulement on ne les déracine pas, mais on leur présente d’abord le patrimoine religieux (matériel et immatériel) d’ici. Est-ce vraiment horrible?

Je ne suis pas au fait de ce qui se passe à la Commission scolaire Kativik, en fait, très peu. Je sais toutefois qu’il existe un projet entre ma région et la leur. À ce sujet, je vous conseille cet article :

http://www.lexpressmontcalm.com/article-410788-De-SaintCalixte-au-Nunavut.html


Bonne année 2010!

Julie de la rivière a dit…

Bonjour monsieur Sylvain et bonne année! Que cette année soit pour vous une année d'ouverture à la liberté et à la diversité scolaire!

Si vous comprenez que d’autres peuvent avoir une opinion différente de la vôtre, et que nous avons une perception différente mais aussi valable l’un que l’autre de ce qu’est l’enseignement culturel du phénomène religieux, vous devez comprendre aussi que tous ne souhaiteront la même éducation pour leurs enfants et que donc une diversité de programmes s’impose afin de respecter cette diversité. Si ce sont les extrémistes qui font peur, alors il faut surveiller les extrémismes, pas forcer un modèle unique. L’état ne devrait pouvoir outrepasser les parents dans les choix à l’égard de leurs enfants, seulement dans des cas de négligence ou d’abus. Je ne vois aucune bonne raison de refuser les demandes d’exemption pour ce cours car c’est un choix qui ne met pas en cause le bon développement de l’enfant. Comme pour les vaccins, le choix revient aux parents. Je trouve incroyable qu'on puisse être d'accord de rendre illégal qu'un enfant ne suive pas ce programme!

J’avais quatre ans la première fois que j’ai été exposée à l’hindouisme. J’étais une enfant très attirée par le mystique et le spirituel. J’adorais que mon père m’emmène à l’oratoire Saint Joseph et au musée de cire. J’étais fascinée par tout ca. Après avoir vu le hindous, avec leur encens, leurs vêtements colorés et leur nourriture épicée, je priais mon père de m’emmener au temple tous les fins de semaine. J’étais fascinée. A force de m’y emmener, il a adhéré et pratique toujours l’hindouisme aujourd’hui. Ce changement de croyance a causé la séparation de mes parents, car ma mère n’adhérait pas et un conflit de loyauté pour moi qui bien sur était plus intéressée par l’hindouisme. Cette fascination m’a accompagné jusqu'à 14 ans. Donc voyez-vous, introduire un enfant que l’on connaît peu à de nouvelles croyances est un terrain bien glissant. En tant qu’animatrice au préscolaire, je préfère me tenir loin de ces sujets avec des enfants qui ne sont pas les miens, sauf sur demande des parents. C’est pourquoi je crois que les parents doivent être d’accord et très au courant de ce à quoi on va introduire leurs enfants et pouvoir décider.

Vous pourriez rencontrer chaque personne qui s’oppose à l’imposition de ce cours et chacun aurait des raisons bien différentes de réclamer le droit de choisir. Vous pourriez effectivement devenir confus en essayant de nous mettre tous dans le même panier. Vous pourriez être d’accord en partie avec certains, trouver que d’autres sont extrémistes mais à la fin, ils devraient tous pouvoir choisir une éducation pour leurs enfants conforme a leur valeurs.

Il y a un article d’Eric Lanthier que j’ai lu aujourd’hui et qui touche au fond de la question. Il présente le modèle républicain versus le communautarisme. Remarquez que les concepteurs de ce cours connaissent bien les philosophes anciennes. En implantant ce programme de façon totalitaire, ils rejettent toute forme de communautarisme. Alors que je crois qu’un état qui se dit libre, même s’il préfère et promouvoit l’adhérence à la république ne peut rejeter que certaines communautés préfèrent le communautarisme, qu’ils qualifient de repli sur soi pour lui enlever tout attrait. On ne peut tout de même pas interdire le repli sur soi et la résistance à l’uniformisation massive de la culture! Voici le lien : http://www.ericlanthier.net/education/tous-pour-un-et-un-pour-tous

Julie de la rivière a dit…

suite...

Enfin, je crois que le danger du totalitarisme est réel et que les citoyens doivent être libres de choisir le genre d’éducation que leur enfant recevra. Le maintien de la diversité et des sous-cultures en dépend. Il semble que je ne sois pas la seule à trouver ca important :

« Les parents ont a priori le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leur enfant.»(Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, article 26.3)

« Les États parties du présent pacte, s'engagent à respecter la liberté des parents et le cas échéant des tuteurs légaux de faire assurer l'éducation morale et religieuse de leur enfant conformément à leur propre conviction. » (Pacte international relatif au droit civil et politique article 18.4)

« L'État dans l'existence des fonctions qu'il assumera dans le domaine de l'éducation et de l'enseignement, respectera le droit des parents d'assurer cette éducation conformément à leur conviction religieuse et philosophique. » (Protocole additionnel à la sauvegarde des droits de l'homme article 2)


L’article que vous avez mis en lien m’a bien intéressé puisque j’ai participé à un voyage dans le grand nord au secondaire moi aussi. Par contre, il appui le fait que l’état de l’éducation au Québec est lamentable et que nous avons d’autres chats à battre que dépenser des milliers pour imposer ce cours à des parents et écoles qui n’en veulent pas... Le journaliste, sans parler des ces fautes de grammaire et d’orthographe fait une erreur géographique importante. Le Nunavut ne se trouve pas au Québec. Donc, plus de géographie (au moins du Québec) et de français a l’école! Il faudrait bien que les gens sachent comment se nomme le quasi 2/3 de notre territoire et la réalité de gens qui y habitent, au moins ceux qui deviennent journalistes! Mais ce que je vous demandais a ce sujet, ce n’est pas vos connaissances sur le peuple Inuit mais ce que vous pensez du principe que certaines communautés abordent l’éthique et la culture autrement que par ce programme, que de leur refuser ce droit irait à l’encontre des droits et libertés fondamentales. C’est ca que je veux vous entendre avouer.

Ce n’est pas comme si les enfants vont vivre des injustices graves en ne suivant pas ce cours, quand même! Ce n’est pas comme si on leur interdisait d’apprendre à lire et écrire!
Il y a plusieurs méthodes pour arriver aux mêmes fins. Si l’état peut, par exemple, exiger que les enfants de tel âge sachent lire et écrire, il doit laisser une certaine latitude en ce qui a trait à la méthode. Que les enfants apprennent à connaitre leurs montagnes, leurs rivières, leurs chiffres et leurs lettres, les merveilles de la science, qu’ils explorent les arts et le monde qui les entoure; Mon Dieu qu’il est ennuyeux votre programme thérapeutique et si loin du concret qui intéresse les enfants, si loin des questions simples (mais pas si simples) qu’ils se posent! On dirait vraiment que ceux qui conçoivent ces programmes n’aiment pas trop les enfants ou passent très peu de temps avec eux (un peu comme Rousseau et Freud, desquels ils s’inspirent)! Mon fils pleurait hier soir car il appréhende le retour à l’école. Il s’y ennuie tellement! Grace à un programme École en forme, les enfants n’ont même plus de récréation libre. Ils ont de jeux obligatoires. Fini, le seul moment libre de la journée pour socialiser avec les amis! Vraiment les concepteurs de ces programmes ne m’impressionnent pas trop non plus.

Julie de la rivière a dit…

fin...ouf(désolé)

Je ne crois pas qu’un bon enseignent a besoin d’un cours comme celui la, uniformisé et contrôlant pour aborder les questions éthiques et culturelles en classe. Cela peut se faire très naturellement et selon les questionnements réels des enfants qui se trouvent devant nous, comme vous le faites, pas sous l’ordre du gouvernement. Nous avons habité à Montréal et l’un de mes enfants a fréquenté des classes ou le 2/3 des enfants étaient musulmans. Ici en région, 95% des enfants sont catholiques, c’est un autre monde. Les besoins ne sont pas les mêmes, les discussions ne seront pas les mêmes. Je trouve aberrant que ce cours oblige l’enseignant à la neutralité, ce qui fait qu’il doit en tout temps, même en dehors de ce cours, cacher sa foi et ses convictions. Je n’aime pas ça du tout.

Je crois que les québécois sont déjà un peuple peu violent et respectable, que la plupart enseignent la paix entre les peuples et autres belles valeurs et que l’on peut continuer à faire confiance aux parents du Québec pour se charger de transmettre leurs valeurs et leur culture à leurs enfants sans ingérence forcée par l’état. Je suis pour plus de liberté pour les parents, mais aussi pour les écoles et les enseignants. Il faut croire que j’ai plus confiance aux individus qu’aux institutions publiques.



Avez-vous vu le documentaire présentant un enseignant au Japon qui aborde des questions importantes avec ses élèves sans l’aide d’aucun programme? Croyez-vous que nous somme assez brillants pour former des enseignants d’une certaine compétence qui nous permettrait de faire confiance à leurs méthodes plutôt que de dépenser la moitié du budget en éducation à une bureaucratie contrôlante et uniformisante ?