mardi 5 avril 2011

« Unir plutôt que diviser » ou comment imposer un monopole en jouant sur les sentiments

Illustration faisant la promotion des écoles non confessionnelles anglaises au Manitoba après 1890

L'imposition d'une solution unique et du monopole étatique en matière scolaire ont déjà été défendus par les partisans de ce monopole sous le prétexte de rassembler les élèves, de ne pas les diviser, d'apprendre à « vivre ensemble » au-delà des barrières confessionnelles. (Pas de bon point pour ceux qui tracent un parallèle avec l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse, même la Coalition laïcité Québec s'en est aperçu)

Ce fut déjà le cas au Manitoba quand les écoles catholiques et francophones furent fermées et remplacées par des écoles anglophones et non catholiques.

En 1890, le Manitoba vota la Loi sur les écoles du Manitoba, abolissant le français comme langue officielle de la province, et retirant le financement pour les écoles catholiques. Ceci était en contradiction à la Loi sur le Manitoba de 1870. Les catholiques du Manitoba, encouragés par le premier ministre John A. Macdonald, en appelèrent à la Cour suprême de la province, mais la Loi sur les écoles fut soutenue. Ils portèrent l'affaire en appel à la Cour suprême du Canada, qui trancha en faveur de la Loi sur le Manitoba d'origine. Toutefois, le Comité judiciaire du Conseil privé au Royaume-Uni annula la décision, favorisant la Loi sur les écoles. Pendant ce temps, en 1892, les Territoires du Nord-Ouest abolirent également le français comme langue officielle.

L’élection fédérale de 1896 portera sur la question des écoles au Manitoba. Le Parti libéral dirigé par Wilrid Laurier prône l’autonomie provinciale en matière d’éducation et gagne l’élection. Laurier négocie avec le gouvernement provincial un accord appelé le compromis Laurier-Greenway qui autorise l’enseignement bilingue (anglais-français, anglais-allemand, anglais-polonais, anglais-ukrainien, etc.) alors que l’enseignement de la religion se fera en dehors des heures normales de classe.

En 1916, le Manitoba revient sur le compromis-Greenway : l'anglais sera la seule langue d'enseignement.

Les écoles bilingues étaient interdites. En ce faisant, il supprimait les écoles protestantes bilingues allemandes de la communauté pacifiste mennonite, reniant de la sorte ses promesses faites quelque 40 ans plus tôt. Bien que germanophones, les mennonites se voulaient strictement neutres et pacifiques. Ajoutons qu'ils étaient venus de Russie où ils s'étaient établis depuis de nombreuses générations et que la Russie était l'alliée du Canada à l'époque.


Le point 10 de cette entente solennelle stipule clairement que les écoles mennonites jouiraient d'une autonomie pleine et entière. C'est munis de cette promesse que les mennonites décidèrent de quitter l'Ukraine et la Russie pour s'établir au Manitoba. À la suite du reniement de cette promesse, de nombreux mennonites émigrèrent au Mexique ainsi que d'autres pays d'Amérique latine.

Les écoles bilingues anglais-ukrainien, anglais-polonais furent également abolies au Manitoba en 1916 alors que l'Empire Russe qui comprenait la Pologne et l'Ukraine était l'allié du Canada.

Il faudra attendre l'adoption par le gouvernement Schreyer de la loi 113 du Manitoba pour que le français soit  à nouveau reconnu en droit comme langue d’enseignement sur un pied d’égalité avec l’anglais.







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Démographie et croissance

« Pas de croissance économique durable sans croissance démographique, sans une densité de population suffisante.

[...]

En vain chercherait-on, dans toute l'histoire de l'humanité, un seul exemple de développement économique et social sur fond de régression démographique. Polybe et Ménandre l'ont observé pour la Grèce ancienne. La Rome du Bas-Empire n'a plus que des vieillards [note du carnet : et des Barbares romanisés] à opposer aux barbares. Alfred Sauvy repérait le déclin de Venise aux XVIIe et   XVIIIe siècles en termes de vieillissement dramatique.Or, une vision malthusienne de la société fait l'unanimité chez nos contemporains »

La Société de confiance
par Alain Peyrefitte
Éditions Odile Jacob
1995


Voir aussi :


Deuxième baisse successive de la fécondité au Québec en 2010, les coûts de la politique dite familiale ne font qu'augmenter.





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France — Les maisons d'éducation de la Légion d'honneur

Les maisons d'éducation de la Légion d'honneur sont des établissements scolaires secondaires français créés par Napoléon Ier et destinés, à l'origine, à l'éducation de jeunes filles dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents ont été distingués par la Légion d'honneur. L'accès y est aujourd'hui encore de droit héréditaire.


Saint-Denis et l'école de la Légion d'honneur (TF1, 3 avril 2011, 5 min 30 sec)



« Des écoles d'honneur, 4 ans après »  (TF1, 2010, 32 minutes)

Le pendant masculin partiel de l'école de la Légion d'honneur est le lycée militaire d'Autun où les enfants de militaire ou de fonctionnaires sont acceptés seulement après une vérification du bulletin scolaire, du début de collège jusqu'à la classe où l'élève se trouve actuellement (uniquement pour les élèves collégiens et lycéens).

Les élèves peuvent être acceptés dans le cas de l'aide à la Nation.

Pour les classes préparatoires aux grandes écoles, le recrutement est différent. Il n'y a pas besoin d'être un enfant de fonctionnaire ou de militaire. Le recrutement se fait uniquement sur dossier, où est jointe une lettre de motivation.




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Deuxième baisse successive de la fécondité au Québec, les coûts de la politique dite familiale ne font qu'augmenter

L'indice synthétique de fécondité du Québec a baissé pour une seconde année en 2010 pour s'établir à 1,704 enfant/femme en moyenne. Cet indice était de 1,731 pour 2009 et de 1,738 en 2008. Ce taux atteignait 1,666 en 1992 lors de la mise en place de la politique d'allocation universelle à la naissance.



Le nombre des naissances a également diminué en 2010 par rapport à 2009. Alors qu'en 2009 88 600 enfants avaient vu le jour au Québec, 88 300 y sont nés en 2010.

La population du Québec en 2010 étant estimée à 7 907 375, le taux de natalité en 2010 devrait être de 11,16 ‰ (c'est-à-dire 11,16 naissances par 1000 habitants) alors qu'il était de 11,3 ‰ en 2009. Cette diminution s'explique non seulement par cette faible baisse des naissances, mais aussi par l'augmentation de la population due principalement à l'immigration et, dans une moindre mesure, à l'accroissement naturel de la population. Pour une cinquième année de suite, le nombre de décès a augmenté au Québec pour atteindre 58 400 en 2010, alors qu'en 2009 le chiffre était de 57 200.

Investissements croissants dont le rendement diminue ?

La croissance démographique du Québec semble donc s'essouffler alors que des sommes considérables et sans cesse croissantes sont investies dans sa politique « familiale » non universelle qui consiste principalement à encourager les mères à retourner au travail par le biais de garderies fortement subventionnées (7 $ par jour payés par les parents, 44,91  $/enfant par jour de subventions dans les CPE) et des aides directes aux familles pauvres ou monoparentales. Il ne s'agit pas à proprement parler de mesures natalistes universelles. En 2009, les services éducatifs à l’enfance représentaient une aide d’un peu plus de 2,4 milliards de dollars, à laquelle il fallait ajouter le crédit d’impôt remboursable pour frais de garde qui permettait de verser 194 millions de dollars aux familles utilisant la garde à tarif régulier.

Entre 2003 et 2009, l’aide financière accordée aux familles par le gouvernement du Québec a augmenté de plus de 58 %. Cette aide financière comprend l'aide à la garde des enfants (2,6 milliards [source, page 33]), le régime québécois d’assurance parentale (1,2 milliard), l'allocation de soutien aux enfants plus généreuse pour les familles monoparentales ou pauvres (2,2 milliards) et la prime au travail (255 millions). Pendant cette période, le taux de natalité a augmenté de 14,8 % et le taux de fécondité de 16,7 %.

Rappelons que le programme d'allocation universelle à la naissance avait coûté de 1989 à 1996 1,406 milliard de dollars pour toute cette période soit environ 240 millions de nos dollars de 2011 par an. La fécondité était alors passée de 1,415 enfant par femme en 1988 à 1,611 en 1996, soit une augmentation moyenne de 13,8 %. L'abolition par le Parti québécois de ce programme en 1997 et l'instauration des garderies dites à 5 $ a été suivie d'un abaissement de la fécondité ; l'indice synthétique de fécondité avait alors atteint en 2002 1,475 enfant par femme. Il faut noter que l'économie n'a enregistré aucun recul pendant toute la période de 1997 à 2008, celle-ci ne peut donc expliquer la baisse de la natalité de 1997 à 2002.

Emprunter pour payer les garderies, frais des ententes de la fin 2010

Le gouvernement québécois a emprunté 219 millions $ en 2009 (dernière année disponible pour les chiffres du vérificateur général) pour financer les services de garde à l’enfance et leurs immobilisations. Ces emprunts augmentent de façon constante depuis 2006.

En outre, le régime de retraite des employés des CPE et des garderies privées conventionnées accusait un déficit de 66,7 millions $ au 31 décembre 2009. Il s’agit d’une promesse de paiements futurs que le gouvernement devra un jour honorer. Soit en puisant dans les poches de contribuables, soit en haussant le tarif des garderies.

Pire : ces chiffres n’incluent pas les coûts de l’entente collective des quelque 10 000 éducatrices en milieu familial nouvellement syndiquées par la CSN et la CSQ à la fin 2010. Selon les estimations, cette convention collective coûtera au bas mot 200 à 300 millions $ supplémentaires à l’État, dès 2011.

Perte de libertés

Rappelons enfin que la « politique familiale » étatiste du Québec s'accompagne d'une perte de liberté et de choix des parents. C'est ainsi qu'on interdit désormais tout acte religieux ou explication d'un fait religieux dans les garderies subventionnées, alors que si les parents recevaient directement des allocations de garderie (ou étaient moins imposés) égales aux subventions perçues par les garderies ils pourraient plus facilement choisir des garderies religieuses ou non, selon leur préférence.




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Élèves ont d'abord été sensibilisés dans le cadre du cours en éthique et culture religieuse

Au sujet du cours « neutre » d'éthique et de culture religieuse :

« En association avec un organisme sans but lucratif voué au développement international en Inde, les élèves ont déjà fait construire deux puits et meublé une classe dans différents villages de l'Inde. L'an passé, ils ont aussi aidé financièrement à la reconstruction d'un orphelinat (1600 $) en Haïti. Cette année, ils veulent aider à construire un autre puits en Inde, ce qui représente un montant de 750 $. Les élèves ont d'abord été sensibilisés dans le cadre du cours en éthique et culture religieuse. De plus, une enseignante de l'école, qui a fait de l'aide humanitaire en Inde l'été passé, a également rencontré les élèves pour parler de son expérience. Chloé Harvey, qui est enseignante en anglais, a allumé la petite flamme d'aidant dans le cœur de bien des jeunes. »

Il ne s'agit pas ici de juger du bienfondé du projet mais de savoir si un cours « neutre » doit servir à sensibiliser les enfants à quelque cause que ce soit.

Source : Le Quotidien




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