dimanche 14 décembre 2014

« Les enfants soldats de la CSDM »


Ne décolérant pas contre le projet de redécoupage des commissions scolaires qui lui ferait perdre des dizaines de milliers de jeunes, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) organise des manifestations d’élèves.

Mathieu Bock-Côté revient sur cette mobilisation d’élèves captifs :

« La nouvelle n’est pas passée inaperçue mais n’a pas reçu l’attention qu’elle méritait : la Commission scolaire de Montréal (CSDM), récemment, a abusé grossièrement de l’autorité qu’elle exerce sur les élèves en les transformant en enfants soldats au service de ses objectifs politiques. Pour protester contre la réforme des commissions scolaires, elle a poussé les élèves à manifester contre le gouvernement.

La CSDM a même le culot de dire que les élèves l’ont fait de leur propre initiative, qu’ils n’y étaient pas poussés. Elle nous prend pour des idiots. Comme si les élèves avaient la moindre compréhension de la complexité de ces dossiers. Non pas qu’ils ne soient pas intelligents, mais ils sont en formation. Et ils sont facilement impressionnables. Et l’institution qui devrait les éduquer décide plutôt de les manipuler idéologiquement.

Des élèves ont formé une chaîne humaine autour d’une école. Sur la photo, Menelik Philip, président de l’association des élèves de Montréal.


Autrement dit, l’école fait de l’endoctrinement. Et il ne s’agit pas d’une erreur isolée.

Les idéologues

De bien des manières, l’école québécoise cède à cette tentation, souvent maquillée derrière de grands discours. C’est souvent au nom de l’écologisme. On fait défiler les enfants dans leur quartier en scandant des slogans ­écolos. On les invite à surveiller les comportements écologiques de leurs parents. On leur apprend souvent à ­détester un capitalisme accusé de ­violer la planète.

Le ministère de l’Éducation se prête lui-même à de tels exercices, par exemple, avec son cours Éthique et culture religieuse. Il prétend instruire les jeunes sur la diversité religieuse contemporaine. Dans les faits, il entend surtout les convertir à la logique des accommodements raisonnables. Les idéologues du multiculturalisme ont expliqué pourquoi : puisqu’ils peinaient à convaincre les adultes de ses vertus, ils décidèrent de l’inculquer aux enfants.

Ceux qui félicitent l’école d’initier ainsi les élèves à la citoyenneté devraient réfléchir un peu plus. Peut-être se félicitent-ils de voir le gouvernement libéral contesté ? Mais que diraient-ils si, dans une école du West Island, les professeurs envoyaient les enfants manifester contre la loi 101 ? Qu’auraient-ils dit si, au moment du débat sur la Charte des valeurs, certaines écoles montréalaises avaient fait défiler les gamins en scandant des slogans anti-péquistes ?

Enfants amenés par leur école pour défiler lors de la Journée de la Terre à Granby

Mission trahie

En faisant de la propagande, l’école trahit sa mission. En un mot, elle ne doit être ni souverainiste, ni fédéraliste, ni de gauche, ni de droite. Une chose est certaine : le temps pris à manifester ou à réciter un chapelet écologiste n’est pas consacré à l’apprentissage de la langue, à la lecture d’un grand roman, ou encore à l’apprentissage de l’histoire. Et avons-nous la certitude que nos jeunes sont à ce point cultivés qu’ils puissent ainsi militer alors qu’ils devraient étudier ?

On en arrive à l’essentiel : il faut éviter à tout prix la politisation de l’école. En classe, les professeurs devraient se placer au-delà de leurs convictions personnelles. C’est pourquoi, d’ailleurs, ils ne devraient porter devant leurs élèves ni foulard islamique, ni carré rouge, ni macaron indépendantiste, ni symbole écologiste. Le professeur doit transmettre des savoirs et non pas ses propres convictions. »


Voir aussi

« Nos ancêtres, les Amérindiens »

Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l'hétérosexisme en classe de français, d'anglais, d'histoire et de mathématiques

Le cours d'ECR — « multiculturalisme 101 »

Les Québécois veulent des bons d’étude et que le cours ECR soit optionnel ou aboli

Le cours ECR, école de l'unanimisme politiquement correct

Compte rendu de l'audience Loyola c. MELS à la Cour suprême (dossier ECR)

Faites attention à quelles bandes dessinées vos enfants lisent (Bichon, Titeuf, Mauvais Genre) [rediff avant Noël]

Mise à jour du 21/XII/2013


Le Devoir a récemment recommandé dans ses colonnes l'album de bandes dessinées  « Mauvais genre ». Il a été récemment couronné du prix Landerneau et du Grand Prix de l'Association des critiques et journalistes en bande dessinée (ACBD) pour « des moyens inusités pour caractériser la virilité, la féminité et poser la question du genre »,


Dans cet album, pour échapper à la condamnation qui le menace après avoir été jugé déserteur lors de la Grande Guerre, Paul Grappe, marié à Louise Landy, se travestit en femme et devient Suzanne Landgard. Pendant dix ans, il pousse la dissimulation et le changement d'identité « au-delà des genres, prenant plaisir à la bisexualité, l'échangisme ou au proxénétisme occasionnel ».

Pour les critiques favorables
 : « Chloé Cruchaudet, dont le talent de dessinatrice est déjà reconnu signe ici une magistrale transposition d’un fait divers méconnu qui pose bien des questions. Qui sommes-nous vraiment ? Qu’est-ce que le genre, l’identité sexuelle ? Comment les grands événements de l’histoire du monde influent sur les destins individuels ? L’absence de cases, la subtile économie des couleurs ( rouges, noirs et gris), le trait épuré de Cruchaudet donnent à l’ouvrage une atmosphère glauque et troublante, douce et violente. Au final, on ne sort pas indemne de cette lecture. »

Radio Canada n'insiste pas sur les aspects plus controversés et glauques dans son billet consacré à l'ouvrage.



Billet du 13/XII/2013




Les éditions Glénat viennent de publier le premier tome des aventures d’un nouveau personnage appelé Bichon. Bichon n’est autre qu’un petit garçon de 8 ans « à la sensibilité si girly » ! Comme on dit dans les milieux branchés parisiens pour dire « de filles » ou « féminine ».

David Gilson, le créateur de cette BD, décrit ainsi son personnage : « Il n’a que 8 ans. Il n’est pas encore éveillé à la sexualité. Mais il possède certains traits qui peuvent laisser penser que plus tard il sera homo. » David Gilson est d'ailleurs un abonné aux dessins homo-érotiques où apparaissent des apollons velus dans des poses suggestives pour ce genre de public.

France : Livre guide pour l'école à la maison





Le livre, guide qui conduit vers l’école à la maison, par Rémy et Cécile, les célèbres parents auteurs d’un carnet populaire sur l’école à la maison. Pourquoi, quand, comment faire l’école à la maison avec des centaines de trucs et d’astuces, de conseils, d’éléments pratiques. Disponible sur http://l-ecole-a-la-maison.com/




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Une belle ou grande histoire chaque soir pour vos enfants


Des histoires chaque soir pour votre enfant. Pour son plaisir, sa culture, son éveil, son imaginaire, son équilibre, et sa soif d'apprendre.

C'est le pari de lhistoiredusoir.com.

La longueur moyenne des histoires est de 10 minutes.



Visitez le site de L'Histoire du soir.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

70 % des Français favorables à la présence de crèches de Noël dans l'espace public


À 71 %, les Français sont plutôt favorables à la présence de crèches de Noël dans les administrations et bâtiments publics. Les crèches de Noël sont bien aujourd’hui d’abord et avant tout perçues comme un élément de tradition culturelle selon un sondage IFOP pour Dimanche Ouest France.

À l’inverse, 18 % des sondés y sont « plutôt opposés car il s’agit d’un symbole religieux incompatible avec les principes de neutralité et de laïcité du service public ».

Source : BFMTV

À voir aussi

« Nous ne sommes pas tous des immigrants ! »

« On ne dira bientôt plus Noël » en public





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

samedi 13 décembre 2014

Liste de 92 livres « pour bousculer les stéréotypes fille garçon »


Des fonctionnaires français ont rédigé une liste de 92 livres « pour bousculer les stéréotypes fille garçon ». Il s'agit d'une liste d'albums jeunesse généralement bien chers et au biais idéologique évident.

Les parents qui ne veulent pas qu'on impose l'idéologie du genre pourront parcourir la liste pour s'abstenir de les acheter ou de les faire acheter pour leurs enfants.











Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

« Nous ne sommes pas tous des immigrants ! »


Matthieu Bock-Côté revient à la polémique désormais habituelle dans notre beau Québec devenu laïciste et multiculturel (avec l’assentiment pendant des années d’un parti prétendument nationaliste) :

« Et ça recommence. Suite aux plaintes de membres de « communautés culturelles » (lesquelles ?), l’hôpital d’Ottawa a décidé d’en finir avec la crèche de Noël. Elle offusquerait les minorités religieuses issues de l’immigration et trahirait la prétention diversitaire du Canada, en l’ancrant visiblement dans une civilisation marquée par l’héritage dominant du christianisme. La grande entreprise engagée par le multiculturalisme doit se poursuivre : il faudrait libérer le pays de son héritage fondateur, vider l’espace public des traditions qui l’encombrent et créer ici une société indifférente à son passé, ou alors ne le reconnaissant que pour mieux s’y arracher.

 Pour justifier cette entreprise, on nous dit, et pour être franc, on nous répète jusqu’à l’exaspération que nous sommes tous des immigrants. Il y en aurait des moins récents que d’autres, mais c’est tout. Pourquoi, dès lors, l’identité de certains serait-elle privilégiée dans le domaine public ? Elles seront toutes mises sur le même pied, ce qui est une manière, on l’aura compris, de déboulonner au nom de la justice sociale tous les symboles de la société d’accueil. On les abattra au nom de la lutte contre les discriminations, qui justifie aujourd’hui un nombre incalculable de sottises. L’immigrant ne doit pas s’intégrer à la société d’accueil : c’est cette dernière qui doit se transformer pour faire droit à la diversité.

Mais c’est évidemment faux : nous ne sommes pas tous des immigrants. La seule manière de croire le contraire, c’est d’abolir l’histoire, d’extraire chaque société de son héritage fondateur et de transformer les citoyens en nomades errants dans l’empire mondialisé des droits de l’homme et du marché. Ce serait un monde de déracinés hagards, condamnés à l’errance, à l’insignifiance. Dans cet univers froid, il n’y aurait plus de pays, liés à une culture, un peuple, une histoire, mais simplement des territoires administratifs logeant des populations théoriquement interchangeables, appelées à se dissoudre dans le modèle universel du citoyen du monde, à l’identité strictement individuelle. La culture historique d’un peuple est un obstacle à ce monde qu’on souhaitera régulé seulement par les chartes de droits, comme si elles représentaient le point culminant d’une civilisation éclairée.

Que faire alors ? Urgemment, il faut cacher la culture de la société d’accueil, il faut la dissimuler, comme si sa seule présence était de trop et les grandes fêtes religieuses qui ponctuent le calendrier seront particulièrement visées. La guerre contre Noël s’inscrit dans cet état d’esprit : c’est moins la crèche comme symbole religieux, qu’on cherche à éradiquer (sauf pour certains vétérans de l’anticléricalisme en retard d’une époque et occupés à mener les batailles d’hier), que la crèche en tant que symbole de la religion majoritaire, en tant que symbole de la société d’accueil. C’est la crèche comme symbole d’une nation fondatrice, qui tarde à se reconnaître comme communauté culturelle parmi d’autres. En la retirant, on espère rééduquer la nation d’accueil.

Du moins, c’est l’idéal. Car d’ici là, chaque peuple conserve la vilaine habitude de croire qu’il est encore chez lui et qu’il est en droit d’habiter l’espace public, de l’humaniser en y semant partout les traces de son expérience historique, en y accrochant des symboles qui seront autant de repères identitaires. Car les peuples ne sont pas des associations d’individus arbitraires liés strictement par des règles juridiques et un système administratif. Il s’agit de réalités historiques et culturelles profondes, qui développent au fil du temps un sentiment d’appartenance qui prend la forme d’une identité collective. Évidemment, ils évoluent. Mais on ne peut sans les blesser mortellement oblitérer ce qu’ils sont intimement.

Nul besoin d’être pratiquant ou croyant pour tenir aux symboles chrétiens, qui sont tout autant de manière de désigner une part de notre identité nationale et civilisationnelle à laquelle nous avons de plus en plus difficilement accès. Ils prennent encore plus de valeur, d’ailleurs, à un moment où Noël est victime d’un consumérisme foudroyant. Il ne s’agit pas de rechristianiser notre société artificiellement, mais d’empêcher sa déchristianisation maniaque. Et il ne s’agit pas de défendre coute que coute toutes les traces du christianisme dans le domaine public, mais de stopper ceux qui veulent les démanteler au nom d’un effacement de soi vu comme l’expression culminante de l’ouverture à l’autre. Il y a dans chaque pays un peuple qui est déjà là, et le traiter comme une simple vague d’immigration antérieure, c’est manquer du respect le plus élémentaire à son endroit.

Celui qui arrive dans une société, à la manière d’un immigrant ou d’un réfugié, ne devrait-il pas faire l’effort d’en accepter la culture et d’en accepter les grandes références, plutôt que de les contester comme s’il arrivait dans un terrain vague, sans passé ni projet, qu’il peut modeler simplement au gré de ses désirs ? Et en quoi l’insatisfaction exprimée des «communautés culturelles», pour emprunter la formule du jour, devrait-elle justifier la censure de marqueurs identitaires qui touchent la part la plus intime de notre identité culturelle ? Ne s’agirait-il pas, justement, de rappeler que cette insatisfaction ne fait pas loi et qu’on ne s’intègre pas dans un pays sans accepter d’en prendre le pli ? Bien franchement, il faudrait moins blâmer les «communautés culturelles» que ceux qui leur cèdent.

Une chose est certaine : la laïcité mal comprise et détournée par les idéologues multiculturalistes qui prêchent un monde post-national, post-occidental et post-chrétien peut virer à l’automutilation identitaire et légitimer quelque chose qui s’apparente à une déculturation autoritaire. La quête de la laïcité, dans une société menacée de fragmentation identitaire, est appelée à empêcher le déploiement des communautarismes religieux dans le domaine public, et non pas à effacer l’identité d’un peuple. Elle ne saurait se passer d’un souci explicite pour la conservation de notre patrimoine historique et religieux, ne serait-ce que pour contenir ceux qui prennent plaisir au saccage. »




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

jeudi 11 décembre 2014

Instruction à la maison : comment faire évaluer vos enfants

La loi sur l’instruction publique du Québec prévoit dans son article 15 que
15. Est dispensé de l’obligation de fréquenter une école l’enfant qui :
4° reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative qui, d’après une évaluation faite par la commission scolaire ou à sa demande, sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l’école.

L’évaluation peut se faire sur la base d’
  • un portefeuille (portfolio) remis à la commission scolaire, il comprend les principales réalisations de l’élève ;
  • une évaluation du portefeuille par un tiers (par exemple un enseignant diplômé) et évaluation envoyée à la commission scolaire ;
  • les résultats des tests administrés par la commission scolaire ;
  • les résultats de tests formels (tests standardisés ou autre) administrés par un tiers (enseignant diplômé).
Une autre option, dont certains parents se prévalent, c’est de faire évaluer les enfants au moyen de tests formels ou autre, soit par une clinique d’apprentissage ou par un professeur qu’ils connaissent personnellement, pour autant que cela soit indépendant d’une commission scolaire.

Pour les tests formels, il existe un organisme, le SESEM (Service d’évaluation et de soutien pour l’école-maison) qui organise la passation de tests normalisés aux familles qui instruisent leurs enfants à la maison. Lorsque les familles se regroupent dans les régions, habituellement au printemps, un tarif de groupe est offert. Pour les familles francophones, il y a le BQAL (Bilan qualitatif des apprentissages) pour les 1re et 2e années (toutefois, on suggère souvent à ce jeune âge de présenter un portefeuille), et le TRF (Tests de rendement pour Francophones) à partir de la 3e année. En anglais, il y a, entre autres, le CAT-3 (Canadian Achievement Tests).

Le responsable du SESEM est un enseignant diplômé du Québec et il détient une maîtrise en évaluation en éducation. Cela fait plus de deux ans que ce service est prodigué.

Pour plus d’informations, écrire à sesem@bell.net (site web à venir sous peu) ou téléphoner au 418-529-9346






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

« On ne dira bientôt plus Noël » en public





L’agressivité des lâches

De Denis Tillinac

Plutôt que de dénoncer ici et maintenant l’islamisme radical, les anticléricaux préfèrent bouffer du curé à la mode de 1905.

Étranges accès de talibanisme en Vendée et à Béziers où l’on a saisi la justice pour chasser de l’« espace public » une crèche de Noël qui offusque des bigoteries laïcardes. Étrange magistrature qui fait glander le justiciable ordinaire des années durant, et croit devoir se prononcer illico au lieu d’invoquer le bon sens pour éconduire des plaideurs de mauvais guignol.

La tradition de la crèche remonte à saint François d’Assise et s’inscrit indéniablement dans le giron de la culture catholique. Pour lui faire un sort définitif, les ayatollahs de la « libre-pensée » devraient exiger la démolition manu militari des dizaines de cathédrales, des milliers d’églises et de chapelles, des dizaines de milliers de calvaires érigés sur nos routes par l’« obscurantisme » de nos ancêtres. Ils devraient militer pour l’interdiction des pèlerinages, rogations et autres processions qui infestent la voie publique.
Quand le clocher de mon village sonne l’angélus de Millet, il pérennise la scansion catholique du temps ; il faudrait lui clouer le bec pour effacer jusqu’à la mémoire d’une piété plusieurs fois centenaire, et débaptiser par la même occasion la pléthore de villes qui portent le nom d’un saint du calendrier.
Il faudrait lobotomiser le cerveau humain pour « émanciper » notre affectivité de ses liens immémoriaux avec les figurations de l’invisible. La Terreur a essayé : elle n’a su enfanter qu’un avorton grotesque, le culte de l’Être suprême, et grâce au Ciel il n’a pas fait recette dans les cœurs. On rappellera aux sectateurs de la froide raison que les deux totalitarismes du XXe siècle, celui de Lénine et celui de Hitler, ont proclamé pareillement la mort de Dieu et persécuté les chrétiens. Pas de crèche chez les héritiers rouges ou bruns de Robespierre, dont les surgeons tardifs présentent les mêmes symptômes d’hystérie éradicatrice.
Philippe de Villiers est donc parfaitement fondé à dégainer ce gros mot — totalitarisme — pour qualifier un fantasme idéologique visant à fabriquer ex nihilo une humanité hors-sol, sans transcendance, sans intériorité, sans refuge sentimental — un simple agrégat d’individus livrés en toute nudité psychologique à la déraison des ultras du rationalisme. L’« homme nouveau » en somme. Pas celui de saint Paul ; l’autre, celui des utopistes fous de la Renaissance (Campanella, etc.) et de la fin du XIXe siècle (Fourier, etc.). Certes, les adeptes d’une irréligion unique et obligatoire ne sont pas nombreux et les partisans d’une laïcité raisonnable estiment à juste titre qu’ils ridiculisent leur cause. Personne en France ne songe à mettre en cause le distinguo entre pouvoir spirituel et temporel. Surtout pas les clercs de l’Église. Il en résulte que l’anticléricalisme maquille par lâcheté sa hantise de l’islam radical en bouffant du curé à la mode de 1905. Mais si l’on rapproche ces recours en justice de certaines velléités pédagogiques à la Peillon ou à la Vallaud-Belkacem, on retrouve la même obstination à raboter les points d’appui de la sensibilité en dévaluant les ancrages de notre culture. Lesquels ont à voir avec la catholicité.
Ce n’est pas un hasard si, à Bruxelles, des cinglés ont bastonné la Vierge d’une crèche. Rien de plus essentiel en effet, sur la trame de notre civilisation, que l’impact du culte marial ; il a sculpté au plus profond de notre imaginaire les formes variables d’une féminité dont témoigne notre histoire de l’art, surréalistes y compris.
Noël approche. Décorons le sapin et apprêtons la crèche comme jadis et naguère avec l’Enfant Jésus sur son lit de paille, Marie et Joseph, les Rois mages, l’âne et le bœuf, les bergers alentour. Envoyons paître ces « libres penseurs » qui loin d’être « libres » sont captifs d’un nihilisme de basse saison. Défions si nécessaire leurs complices dans l’appareil judiciaire : aucune légalité ne vaut à l’aune d’une légitimité d’essence spirituelle, enluminée par des traditions qui fondent l’identité des peuples occidentaux.

Voir aussi

Pas de décorations de Noël dans les bâtiments de Service Canada

Jacques Brassard : Se souhaiter Joyeux Noël est inconvenant, mais enseigner l’animisme écolo-Nouvel-Âge à nos enfants et petits-enfants est tout à fait digne et bienséant.

Chanson de Noël interdite par l’école, elle est à connotation religieuse

Expulser la religion (et le choix) de la ronde des bambins au Québec

Joyeux Noël ou Joyeux décembre, monsieur Orwell ?

Zürich — pas de chant de Noël religieux dans les écoles publiques

Le sapin « des Fêtes » redevenu « de Noël » de l’Assemblée nationale



vendredi 5 décembre 2014

Les enfants finlandais continueront bien à écrire à la main…

Jeune Finlandaise en 4e année
Tordons le cou à un canard ! Une bonne partie de la presse internationale (notamment anglophone et francophone) a annoncé la fin de l’apprentissage de l’écriture manuscrite dans les écoles finlandaises à partir de 2016. Les écoliers se contenteraient désormais d’utiliser les tablettes et l’ordinateur. C’est pourtant faux. En réalité, c’est uniquement l’écriture cursive qui pourrait être rendue facultative. L’écriture script, qui est également manuscrite, continuera de toute façon à être enseignée à tous les petits Finlandais.

C’est une erreur de traduction dans un article de la BBC qui semble être à l’origine de la confusion dans la presse internationale. On peut notamment y lire que l’écriture manuscrite s’apprêterait à céder la place à des cours de dactylographie. Pourtant, si l’on se reporte au journal finlandais (article de Savon Sanomat) à l’origine de l’information, il n’est question que de rendre facultative l’écriture cursive, cette forme d’écriture où les lettres sont liées les unes aux autres. En fait, en Finlande, deux formes d’écriture manuscrite sont enseignées : la cursive et la scripte (ou « script »), aussi appelée imprimée, car les lettres sont détachées les unes des autres à la manière de caractères d’imprimerie. (Voir également cette discussion sur l'erreur de traduction de la BBC.)

Écriture « scripte » ou « imprimée » 
du type désormais privilégié en Finlande

Étonnement en Finlande

Minna Harmanen du Conseil National de l’éducation finlandais, nous a expliqué que là-bas, l’écriture cursive a été modifiée dans les années 90 dans un style typographique proche de celui de l’écriture scripte. Selon elle, le gouvernement estime désormais qu’apprendre les deux types d’écriture n’a plus beaucoup d’intérêt vu leur proximité stylistique. Dans le projet qui pourrait être adopté, chaque école pourra décider si elle choisit d’enseigner à la fois la scripte et la cursive ou uniquement la scripte. Il va sans dire que Minna Harmanen a assisté avec surprise à l’apparition dans la presse étrangère d’articles affirmant que les enfants finlandais s’apprêtaient à abandonner leurs stylos et crayons pour l’usage exclusif des tablettes et autres claviers…

Écriture cursive enseignée en France
Ceci dit, le projet du gouvernement finlandais prévoit aussi de permettre de consacrer plus de temps à la maîtrise de la dactylographie et du traitement de texte, vu l’importance prise par l’ordinateur dans notre société. En Finlande, les écoles sont bien plus équipées qu’ici à ce niveau. Les compétences informatiques y sont considérées comme indispensables pour faciliter l’insertion future des écoliers finlandais sur le marché du travail. Les modalités précises de ces nouveaux cours, par exemple le volume d’heures qui y sera consacré, n’ont pas encore été décidées.

L’écriture manuscrite c’est bien, l’écriture cursive c’est encore mieux

En Belgique, pas de débat de ce type. L’écriture cursive a encore de beaux jours devant elle dans nos écoles. Pour Marie Van Reybroeck, professeur en sciences de l’éducation à l’UCL, il est cependant important de continuer à consacrer suffisamment de temps à la bonne maîtrise du geste graphique. Car si le geste n’est pas automatisé, l’enfant « gaspille » une partie de ses ressources mentales, qu’il ne peut donc pas consacrer à la réflexion et à la mémorisation de ses idées. Or l’automatisation du geste graphique n’intervient qu’en fin de sixième primaire… Il s’agit donc d’un processus de longue haleine. Par ailleurs, le fait de tracer les lettres à la main aide l’enfant dans son apprentissage de la lecture. « Dans le début de l’apprentissage de la lecture, les enfants ont beaucoup de difficultés à retenir l’association entre la lettre et le son (graphème et phonème), qui est une association abstraite », explique ainsi la chercheuse. « Des chercheurs français ont démontré que faire la forme de la lettre avec le doigt va aider les enfants à mieux mémoriser ces associations lettres-sons et donc à apprendre plus facilement à lire ».

Par rapport à l’écriture scripte, l’écriture cursive présente notamment l’avantage d’être plus fluide, plus rapide et de développer davantage la psychomotricité fine ajoute pour sa part la psychopédagogue Marie-Jeanne Petiniot de la Haute École Albert Jacquard. De plus, une étude canadienne (M-F Morin, N. Lavoie, I. Montesinos Gelet) a démontré qu’elle donne également de meilleurs résultats en syntaxe et en orthographe que l’écriture scripte. Peut-être de quoi donner à réfléchir aux écoles finlandaises…

Études

En 1959, le ministère de l’Éducation britannique publie un manuel qui promeut l'écriture cursive, car l’apprentissage de l’écriture imprimée ne facilite pas plus l’apprentissage de la lecture que l’écriture cursive, en outre l'écriture en imprimé est plus lente.

Dans une étude de Vinh Bang publiée en 1959, il ressort que l’écriture scripte est plus lente que la cursive liée, et que les élèves ayant uniquement appris l’écriture scripte finissent par abandonner celle-ci et lient certaines lettres par nécessité de rapidité, chacun à sa propre manière. Vinh déplore cette rupture avec le système enseigné et recommande l’apprentissage de la cursive liée après celui de la scripte.

Une étude de 2009 faite au Québec démontre que le double apprentissage est contre-productif et que l’apprentissage d’un seul système est plus efficace. L'étude affirme également que « l'apprentissage de l'écriture cursive en première année ne nuirait pas à la lecture. »


Source : RTBF

Voir aussi
Alain Bentolila : « Continuer d’écrire à la main est fondamental »