mercredi 19 juillet 2017

Activités des Parents catholiques du Québec : éducation sexuelle et Révolution tranquille

Communiqué de l’Association des parents catholiques du Québec

Les événements du 10 et 13 mai organisés par l’Association des parents catholiques du Québec furent de francs succès.

L’Association des parents catholiques du Québec a présenté récemment deux événements à l’intention des parents et toutes les personnes intéressées à l’éducation des jeunes. La conférence « De la Révolution française à la Révolution tranquille », revisitait la Réforme Parent, une réforme qui a mis fin, au Québec dans les années 60, au cours classique et à un des meilleurs systèmes d’éducation au monde. Puis, dans les jours suivants, le colloque sur les programmes d’éducation sexuelle dans le monde et chez nous, au Québec : « L’éducation sexuelle : une idéologie imposée aux enfants ».

Ces deux événements ont su répondre à un public nombreux et enthousiaste. Mais la suite, bien sûr, est de répondre à la question : que pouvons-nous faire, nous qui sommes parents ? La réponse varie selon les circonstances de chacun. Nous y reviendrons dans les mois prochains ; vous êtes entre-temps invités à nous transmettre vos réflexions sur ce sujet à notre courriel : info@parentscatholiques.org.

Vous pouvez vous procurer pour 30 $ un double-DVD du colloque du 13 mai sur l’éducation sexuelle au Québec en faisant un don de 30 $ et plus et en indiquant « DVD 13 mai » comme commentaire.



Vous pouvez aussi visionner l’intégralité du colloque du 13 mai sur notre page YouTube [deux vidéos de celle-ci sont intégrées dans ce billet]



Notre journal Famille-Québec, publié depuis maintenant 50 ans, a été publié dernièrement dans son nouveau format. Votre association est, elle aussi, en perpétuelle « rénovation » et veut s’accorder toujours davantage aux défis actuels des jeunes familles.

Pour recevoir cette revue ou vous abonner, vous pouvez donner 15 $ et plus à l’APCQ et notez « Famille-Québec juin 2017 » dans la boîte commentaire.

Les conférences tenues au mois de mai n’auraient pas pu avoir lieu sans votre appui spirituel et matériel. Nous comptons sur votre appui — Merci de donner généreusement à l’Association des parents catholiques !

Donnez aujourd’hui à l’APCQ >>

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lundi 17 juillet 2017

Londres — Trop « genré », « Mesdames et Messieurs » bientôt banni des annonces sonores

Cela fait plusieurs semaines que les associations militantes lesbiennes, homosexuelles, bisexuels et trans (LGBT) font campagne pour l’utilisation d’un langage « plus neutre et moins genré » dans le métro de Londres. Elles ont finalement eu gain de cause, rapporte le journal britannique Metro. Fini le « mesdames et messieurs » séculaire, place au « Bonjour tout le monde », qui fait nettement moins référence aux identités de genre.

« Nous voulons que tout le monde se sente le ou la bienvenue dans notre réseau de transports. Nous avons modifié les termes que nous employons dans les annonces et ailleurs et nous nous assurerons que notre langage est totalement inclusif et reflète la grande diversité de Londres », a ainsi annoncé dans un communiqué Mark Evers, directeur de la stratégie clientèle au Transport for London (Tfl), l’organisme public responsable des transports dans la capitale britannique.

L’association Stonewall, qui a milité pour ce changement souligne de son côté que le « langage est extrêmement important pour la communauté lesbienne, homosexuelle, bi et trans, de même que la manière dont nous l’utilisons pour s’assurer que tout le monde se sente inclus ».

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Angleterre — Les bustes d'universitaires blancs « intimident les minorités ethniques »

Dans le hall d’entrée de l’Institut de psychiatrie du King’s College de Londres, des bustes honorent la mémoire de ses deux figures fondatrices — des hommes blancs. Un climat « aliénant » auquel la direction a décidé de mettre fin.

Le buste aliénant de Henry Maudsley
qui surplombe l’entrée de l’Institut de Psychiatrie
Les professeurs Henry Maudsley et Frederick Mot n’ont pas seulement fait avancer la recherche médicale dans les années 1920 : ils ont également contribué à fonder l’Institut de psychiatrie, de psychologie et de neuroscience du King’s College de Londres, l’un des établissements d’enseignement supérieur les plus prestigieux au monde. Si leur génie leur a valu de passer à la postérité, la couleur de leur peau pourrait aujourd’hui les priver de l’hommage qui leur a été rendu.

En effet, les bustes de ces deux éminents professeurs britanniques, qui ornent le hall d’entrée de l’Institut, fondé en 1924, seraient trop « intimidants pour les minorités ethniques » qui y étudient selon les termes du doyen de l’Institut, Patrick Leman, rapportés par la presse britannique. Après avoir reçu plusieurs plaintes d’associations d’étudiants, celui-ci a finalement reconnu que les bustes des deux professeurs, ainsi que ceux d’autres chercheurs, trônant à l’intérieur du bâtiment, représentaient « presque exclusivement des hommes d’âge mûr et de couleur blanche ». Pour atténuer le présumé caractère discriminatoire de ces représentations, les sculptures et portraits représentant Henry Maudsley, Frederick Mot et d’autres figures illustres de l’établissement seront donc remplacés, dans le hall d’entrée, par un « mur de la diversité ».

« Nous ne jetons rien à la poubelle », se défend Patrick Leman. « Il s’agit juste de rendre l’Institut moins aliénant », explique-t-il. Les bustes et tableaux en question seront donc décrochés et exposés ailleurs, moins en évidence, afin de faire une plus grande place aux universitaires issus de minorités. « Nous essayons de refléter la diversité de nos étudiants, mais aussi d’être plus interculturels, plus internationaux dans notre approche du développement des sciences », assure le doyen.

Nous essayons de refléter la diversité de nos étudiants, mais en essayant d’être plus interculturels, plus internationaux en ce qui concerne la façon dont nous développons la science », a déclaré le professeur Leman au Daily Telegraph.

« Une grande partie de la recherche médicale et psychologique a été des étudiants blancs, masculins, nord-américains ou européens... de plus en plus nous essayons de l’élargir pour inclure des recherches plus récentes en provenance d’Asie, d’Afrique et d’autres parties du monde. » d’ajouter le professeur.

Autre mesure annoncée pour combattre le racisme larvé que véhiculeraient certains matériels d’enseignement : les planches et diagrammes anatomiques proposés aux élèves présenteront à l’avenir des corps de différentes couleurs.

Ce n’est pas la première fois que des étudiants exigent, dans le monde universitaire britannique, une moindre représentation des figures historiques blanches.

En janvier dernier, des étudiants de l’École des études orientales et africaines de l’Université de Londres avaient demandé que des philosophes tels que Platon, Aristote, Voltaire, Descartes ou encore Kant, soient bannis du programme de philosophie. Jugés peu pertinents parce que rédigés par des philosophes européens blancs, les ouvrages de ces auteurs devaient, selon eux, céder la place à des ouvrages d’auteurs africains et asiatiques.

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Les principaux dirigeants européens n’ont pas d’enfants (mis à jour)

Un nouveau dirigeant européen s’ajoute à cette liste : Leo Varadkar (ci-contre) élu au début du mois de juin 2017 à la tête du parti irlandais Fine Gael. Il a remplacé, 10 jours plus tard, le Premier ministre irlandais démissionnaire Enda Kenny. La presse a beaucoup insisté sur sa « modernité » : Leo Varadkar est jeune (38 ans), homosexuel et métis. Ces attributs auraient représenté une barrière pour quiconque voulait prétendre aux plus hautes fonctions dans ce pays de 4,6 millions d’habitants à forte tradition catholique. Il est né d’un père médecin originaire de Bombay et d’une mère infirmière irlandaise, il a grandi avec ses deux sœurs aînées à Dublin.

Les médias n’ont pas souligné qu’il n’avait pas d’enfant.


Billet originel du 12 mai 2017 [une mise à jour dans la liste]

De gauche à droite : Theresa May, Angela Merkel et Jean-Claude Juncker


Les dirigeants des principaux pays européens ont un inquiétant point commun, mis en évidence par Phil Lawler (éditeur du » Catholic World News ») :

  • Nouveau ! Leo Varadkar, nouveau Premier ministre irlandais n’a pas d’enfants
  • Emmanuel Macron, le nouveau président français, n’a pas d’enfants (il a épousé son ancienne prof, de 25 ans son aînée)
  • La chancelière allemande Angela Merkel n’a pas d’enfants
  • Le Premier ministre britannique Theresa May n’a pas d’enfants
  • Le Premier ministre italien Paolo Gentiloni n’a pas d’enfants
  • Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte n’a pas d’enfants
  • Le Premier ministre suédois Stefan Löfven n’a pas d’enfants
  • Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel n’a pas d’enfants
  • Le Premier ministre écossais Nicola Sturgeon n’a pas d’enfants
  • Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker n’a pas d’enfants

(Le Premier ministre belge, Charles Michel, a deux enfants, une moyenne haute dans cette Europe qui ne se reproduit plus. Mais son prédécesseur, Élio di Rupo, était un homosexuel sans enfant.)


Xavier Bettel (à droite) et son mari


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samedi 15 juillet 2017

Étude : les croyants ne sont pas moins ouverts d'esprit que les athées, parfois ils sont même plus ouverts

Une nouvelle étude indique qu’en Europe occidentale les croyants religieux seraient mieux à même d’appréhender et d’intégrer différents points de vue que les athées.

« L’idée maîtresse de l’étude est que les personnes religieuses n’ont pas nécessairement l’apanage de la fermeture d’esprit », a déclaré Filip Uzarevic, un des auteurs de l’étude, chercheur auprès de l’Université catholique de Louvain en Belgique.

La recherche a été publiée le 27 avril 2017, dans la revue à comité de lecture Personality and Individual Differences.

La recherche trouve son origine dans un constat. Avec son équipe, Uzarevic avait constaté que dans le débat public, « bien que les groupes conservateurs et religieux, d’une part, et les groupes progressistes et athées, d’autre part, faisaient montre d’une forte animosité à l’égard de leurs opposants sur l’échiquier idéologique, c’était généralement les premiers qui étaient désignés comme ayant l’esprit étroit ».

« En outre, de déclarer Uzarevic, cette conception du non-religieux comme plus tolérant et ouvert paraissait dominante dans les ouvrages de psychologie. Intéressés par le sujet, nous nous sommes demandés si cela est nécessairement toujours le cas : les religieux sont-ils en général plus étroits d’esprit, ou serait-il utile d’enquêter sur les différents aspects de la fermeture d’esprit et sur leur relation avec la (non-)religion. »

Les chercheurs ont constaté que les participants chrétiens obtenaient une note plus haute sur une mesure de dogmatisme que les participants non religieux. Les participants chrétiens, par exemple, étaient plus susceptibles de ne pas être d’accord avec des affirmations telles qu’« Il y a tellement de choses que nous n’avons pas encore découvertes, personne ne peut être absolument certain que ses croyances sont correctes ».

Mais deux autres mesures d’étroitesse d’esprit donnaient des résultats très différents.

Les athées s’avèrent plus intolérants face à la contradiction, c’est-à-dire lorsqu’ils ont été présentés avec deux déclarations apparemment contradictoires, ils considéraient l’une comme très vraie et l’autre comme très fausse. Ils ont également montré moins de propension à pouvoir imaginer des arguments contraires à leur propre point de vue et à les trouver quelque peu convaincants.

« Dans notre étude, la relation entre la religion et l’étroitesse d’esprit dépendait de l’aspect de fermeture d’esprit considéré », a déclaré Uzarevic à PsyPost. « Les non-religieux semblaient plus ouverts que les religieux quand il s’agissait de mesurer explicitement la certitude dans ses propres croyances. Toutefois, de façon assez étonnante, quand il s’agit de mesurer subtilement une inclinaison à intégrer des opinions divergentes ou contraires à ses propres opinions, ce sont les religieux qui ont montré le plus d’ouverture. En somme, l’étroitesse d’esprit (ou du moins certains aspects de celle-ci) n’est peut-être pas l’apanage des seuls religieux. En outre, sous certains aspects, les non-religieux peuvent même être plus étroits d’esprit que les religieux. »

L’échantillon de l’étude était constitué de 788 adultes du Royaume-Uni, d’Espagne et de France. La majorité des participants ont déclaré être athées (302) ou agnostiques (143). Les autres participants étaient chrétiens (255), musulmans (17), bouddhistes (17), juifs (3) ou identifiés comme « autres » (51).

« Il y a, bien entendu, des limites à cette étude. Il est particulièrement important de les garder à l’esprit puisque l’étude psychologique de la non-religion n’en est encore qu’à ses balbutiements, et il convient d’interpréter ces résultats avec circonspection », de déclarer Uzarevic.

« Premièrement, nous ne savons pas si les résultats ne valent que pour le contexte de l’Europe de l’Ouest (sécularisée) d’où provient l’échantillon ou s’ils reflètent une tendance mondiale ».

« En gardant ceci à l’esprit et en se souvenant que l’ampleur des effets observés dans notre étude est assez petite, la reproduction de cette étude devrait permettre de confirmer la stabilité des résultats. Il est important de souligner l’importance de cette reproduction, car notre étude a été réalisée en ligne ce qui prête naturellement le flanc à des critiques (notamment sur une potentielle non-représentativité de l’échantillon, sur l’impossibilité de contrôler complètement la structure et la qualité de l’échantillon). Cependant, malgré ces limites, l’étude fournit des résultats relativement cohérents et un bon point de départ pour de futures recherches. »

L’étude, “Les athées sont-ils non dogmatiques ?”, est également signée par Vassilis Saroglou et Magali Clobert.

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Les enfants non religieux sont-ils vraiment plus altruistes

(Statistiques Canada 2015) Œuvres de bienfaisance : les plus religieux donnent le plus, le Québec le moins

Les enfants religieux seraient plus heureux


Les athées sont-ils moins altruistes ?
(Statistiques Canada 2009) « ces personnes pratiquantes sont nettement plus enclines à faire des dons à des organismes de bienfaisance et sans but lucratif et à faire des dons nettement plus importants à des organismes religieux et non religieux que ceux qui ne vont pas régulièrement à l'église. »

jeudi 13 juillet 2017

Alcuin ou la renaissance carolingienne et la création des écoles

L’historien Christophe Dickès propose, sur la chaîne Storia Voce, une émission consacrée à la découverte d’Alcuin, grande figure de l’érudition européenne, qui domina la période si riche de la Renaissance carolingienne, en tant que proche conseiller et ami de Charlemagne.

Originaire d’Angleterre, il parcourut l’Europe, d’Aix-la-Chapelle à Rome en passant par Tours ou Francfort.

On lui doit notamment la diffusion de l’écriture caroline, exceptionnelle par sa modernité et sa lisibilité. Ce personnage méconnu est pourtant essentiel puisqu’il fut à l’origine de la fameuse décision de l’empereur de créer des écoles.


Alcuin naquit vers 730 dans le Yorkshire, de parents nobles et riches. Alcuin fut éduqué dans l’école cathédrale d’York, une des plus renommées de l’époque, sous la direction de Egbert puis de Elbert, un disciple de Bède le Vénérable. Il devint maître de l’école en 7781.

En 781, à 49 ans, Alcuin effectua un voyage à Rome. De passage à Parme, Alcuin rencontra Charlemagne et accepta son invitation à Aix-la-Chapelle, où le roi rassemblait les plus grands savants de son temps. À la tête de l’école palatine, la plus grande école de l’Empire carolingien, Alcuin devint le professeur et conseiller de Charlemagne, et de ses fils. Charlemagne donna à Alcuin la charge des abbayes de Ferrières-en-Gâtinais, de Saint-Loup de Troyes, et de Saint-Josse en Ponthieu. Sous l’égide d’Alcuin, de grands centres culturels s’organisèrent autour des monastères et des cathédrales. Il introduisit les méthodes d’enseignement anglo-saxonnes dans les écoles franques, systématisa le curriculum scolaire, et encouragea l’étude des arts libéraux. Simple diacre, Alcuin fut chargé de l’éducation de jeunes nobles destinés aux plus hautes fonctions de l’Église et de l’État.

Alcuin présente son élève Rabanus Maurus à saint Martin de Tours (mort quatre siècles plus tôt !), miniature extraite d’un manuscrit romain du IXe siècle

Inventeur de l’école ?

Le but de l’empire est d’instaurer ici-bas la paix et la concorde, et de conduire le peuple au salut dans l’au-delà. Pour cela, il faut un clergé instruit. Cet objectif est inscrit dans le capitulaire fameux de l’Admonition générale (789).

Il y est dit au chapitre 72 que les ministres de Dieu (les prêtres) doivent se signaler par leurs bonnes mœurs et doivent également instruire les garçons les mieux disposés pour les préparer à la carrière ecclésiastique.

C’est de là que vient la réputation faite à Charlemagne d’avoir « inventé l’école », selon une formule populaire.


Sacré Charlemagne, « inventeur » de l’école dans la musique populaire

Alcuin lui-même enseigne les arts libéraux à la cour d’Aix-la-Chapelle. Parmi ses élèves figurent les enfants des dignitaires, mais aussi les dignitaires eux-mêmes, les prélats et le souverain lui-même.

Alcuin et ses principaux collaborateurs, d’origine barbare, ont appris le latin classique comme une langue morte. C’est ce latin qu’ils vont remettre en vogue comme langue de l’administration civile et de l’église, au détriment du latin abâtardi pratiqué autour d’eux par les descendants des Gallo-Romains. Ainsi, c’est en latin classique que sont écrits les textes officiels, les capitulaires, destinés à être lus par des clercs et des gens instruits.

Le peuple lui-même ne comprend rien au latin de cuisine des clercs ordinaires et encore moins au latin classique de la scola palatina, aussi Alcuin a-t-il le souci de l’instruire dans sa langue usuelle. C’est ce que recommandera le concile de Tours, en 813, neuf ans après sa mort.

Paradoxalement, le retour du latin classique comme langue de l’administration va donc s’accompagner en parallèle du développement des langues vernaculaires (en particulier le roman et le tudesque/thiois à l’origine du français et de l’allemand actuels).

Infatigable réformateur, le moine écrit au cours de sa longue vie pas moins de 80 ouvrages et 350 lettres, avec le souci constant de la correction des mœurs et de l’émendation des textes [émendation est le synonyme savant de correction, en droit on dit qu’on émende un jugement pour le modifier]...

Replié à l’abbaye de Saint-Martin de Tours, il développe un atelier de copistes qui va devenir le plus important d’Occident. Il va notamment produire plus de cinquante exemplaires de la Bible enrichis de ses propres commentaires.

C’est cette Bible, dans la traduction latine de Saint Jérôme, corrigée par Alcuin (la Vulgate), qui sera choisie par le concile de Trente, au XVIe siècle, comme la référence officielle de l’Église catholique. Le travail des copistes carolingiens, à Tours et ailleurs, va permettre par ailleurs de conserver ou récupérer 150 œuvres originales issues de la culture latine classique (sur un total de 700 titres connus).

Les copistes d’Alcuin, à Aix-la-Chapelle comme à Tours, abandonnent l’écriture à la romaine, devenue illisible, et adoptent une nouvelle écriture standardisée sous forme de petits caractères ronds, en prenant soin de séparer les mots, ce qu’on ne faisait pas auparavant.

Cette nouvelle écriture, pratique et claire, sans doute mise au point à l’abbaye de Corbie, en Picardie, va être adoptée par les imprimeurs dès le XVe siècle, de préférence à toute autre. Elle sera baptisée « minuscule caroline » en 1838, en hommage à Charlemagne, et c’est encore elle que nous utilisons tous les jours.

Comme leurs prédécesseurs mérovingiens, ils écrivent de préférence sur du parchemin (peau non tannée d’agneau ou de veau). Ils se détournent du papyrus, d’une part parce que ce produit d’origine orientale se fait rare en Occident depuis que les Arabes ont envahi le bassin méditerranéen, d’autre part parce qu’il est difficile à conserver, relier et enluminer.

Ainsi, grâce à l’action d’Alcuin, on peut parler de « renaissance carolingienne », une expression inventée par le médiéviste Jean-Jacques Ampère (fils du physicien André Ampère).


mercredi 12 juillet 2017

Église catholique s'inquiète du projet de loi punissant la liberté d'expression sur le genre

Extrait d’un communiqué de Mgr Douglas Crosby, Évêque de Hamilton et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada :


Le projet de loi C-16, Loi modifiant la Loi canadienne sur les droits de la personne et le Code criminel, a récemment été adopté par le Parlement du Canada et a reçu la sanction royale le 19 juin 2017. Cette loi ajoute l’identité de genre et l’expression de genre à la liste des distinctions illicites en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne, et elle modifie le Code criminel afin d’étendre la protection contre la propagande haineuse aux membres des groupes qui se distinguent par l’identité de genre ou l’expression de genre.

L’Église catholique regarde toutes les personnes, quelle que soit la manière dont elles s’identifient ou dont elles choisissent de vivre leur vie, comme investies d’une dignité inhérente que leur confère Dieu notre Créateur. Pour cette raison, toute discrimination injuste ou toute forme de violence contre une personne, ou une communauté, ou une classe de personnes, est toujours moralement mauvaise. Dès le moment de sa conception, l’être humain reçoit la dignité innée de porter l’image de Dieu. Toutes les personnes, y compris celles qui se disent « transgenres », doivent toujours être traitées avec compassion, respect et amour.

Bien que la Conférence des évêques catholiques du Canada soutienne l’objectif du projet de loi C 16, qui vise à assurer la protection des Canadiennes et des Canadiens, certains des principes qui le sous-tendent — si largement reçus qu’ils puissent être dans notre société — ne sauraient être appuyés par les catholiques. Le plus grave parmi ceux-ci prétend que le genre puisse être séparé de la sexualité biologique et choisi par l’individu. Ce principe clé de la théorie contemporaine du genre contrevient à la loi naturelle et à la révélation chrétienne, et, par conséquent, il a explicitement été rejeté par le pape François et le pape Benoît XVI.

Selon la Genèse, nous sommes créés homme et femme, à l’image de Dieu (Genèse 1, 26,27). Chacune et chacun de nous est donc appelé à accomplir sa vocation d’une façon qui est à la fois individuellement unique et néanmoins fidèle à celle ou à celui pour lequel nous avons été créés. Pour reprendre les mots du Catéchisme de l’Église catholique, aux numéros 2332 et 2333, « il revient à chacun, homme et femme, de reconnaître et d’accepter son identité sexuelle », laquelle comprend « la différence et la complémentarité physique, morale et spirituelle » et « affecte tous les aspects de la personne humaine, dans l’unité de son corps et de son âme ». Cette identité « concerne particulièrement l’affectivité, la capacité d’aimer et de procréer, et, d’une manière plus générale, l’aptitude à nouer des liens de communion avec autrui. »

Soucieux du bien-être, non seulement des catholiques, mais aussi de toutes les Canadiennes et tous les Canadiens, nous tenons à exprimer de nouveau nos graves inquiétudes au sujet du projet de loi C-16. Il est probable que cette législation soulèvera des questions liées à la liberté de parole, la liberté d’association et la liberté de religion. Nous invitons instamment tous les fidèles catholiques et toutes les personnes de bonne volonté à faire preuve de diligence en défendant ces libertés et la conception de la dignité humaine sur laquelle elles sont fondées.

Source

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lundi 10 juillet 2017

La Canada aujourd'hui : « Élever un enfant sans genre »

Cela semble être la dernière mode progressiste : s’extirper de sa réalité sexuelle biologique. Radio-Canada en parle souvent avec détachement ou bienveillance.

Voici ce que nos impôts payés à Radio-Canada (plus d’un milliard de $/an) nous apprenaient :

Alors qu’un parent en Colombie-Britannique se bat en cour pour que le sexe de son enfant ne soit pas inclus sur son certificat de naissance, ce mouvement prend de l’ampleur à l’échelle du pays.

En attendant des changements en Ontario, un couple de Toronto utilise des pronoms neutres et tente d’éviter toute notion de genre avec son enfant.

Ils ont décidé d’élever leur enfant, Ollie, en évitant toute notion de genre.

« On utilise les pronoms “they” et “them” (“eux”, en anglais) autant que possible et nous demandons à nos proches, notre médecin et d’autres fournisseurs de services de faire de même », explique Ashley McGee.

Les vêtements et les jouets du bébé, par exemple, ne sont ni féminins, ni masculins. [Note du carnet : donc ni poupée, ni camion, ni soldats ? Que reste-t-il ?]

L’Ontario, tout comme l’Alberta, étudie la possibilité d’ajouter un troisième genre non binaire sur les documents officiels. Certains veulent aller encore plus loin et complètement retirer la notion de genre sur les documents officiels.

Ce n’est pas assez, selon Barb Besharat, l’autre parent du couple. « Nous préfèrerions qu’il n’y ait pas de sexe sur les cartes d’identité », dit-elle.

Ce débat fait l’objet d’une révision judiciaire en Colombie-Britannique.

D’ailleurs, la coalition Gender Free ID surveille de près ce qui s’y passe en cour. « Je crois que c’est important parce que ça rendra tous les autres cas légaux similaires plus faciles », explique Felix Gilliand, porte-parole de la coalition.

Ottawa, de son côté, étudie déjà la possibilité d’ajouter des catégories de genres sur les passeports canadiens.

Aucune critique dans l’article de Radio-Canada. Il ne donne la parole qu’à des militants extrémistes.

Personne pour se plaindre de ces parents dont l’obsession asexuée risque de laisser des séquelles dans leurs enfants ? Que diront les parents quand leur fille aura ses premières règles et que la réalité physiologique reviendra au galop ? Ou feront-ils comme ces deux « mères » lesbiennes qui ont fait subir un traitement hormonal à « leur » fils pour bloquer sa puberté.

Thomas entre Pauline Moreno et Debra Lobel qui affirment qu'il n'a pas subi de pressions dans sa décision de devenir une fille


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La croisade des LGBT contre la liberté d’expression et les distinctions linguistiques immémoriales

Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

La censure contaminerait les milieux universitaires

Pétition pour amender le nouveau programme québécois d’éducation à la sexualité




Remplacement du mot « principes » par celui de « valeurs »

La philosophe Bérénice Levet dans son dernier ouvrage, Le Crépuscule des idoles progressistes, analyse la fortune du mot « valeur » dans le discours politique récent :
D’ailleurs, au lendemain des 6-7-8 janvier [2015, l’attentat de Charlie Hebdo], on se garda bien de parler de la France ; un mot hypnotisa, neutralisa la réflexion : le mot « valeur », dont l’usage présidentiel, ministériel confirma de façon assourdissante son statut, déjà identifié par le poète Michel Deguy, de « lieu commun de l’éloquence politique » et de son « intarissable caquetage ». Et le 11 janvier, c’est au nom des valeurs que l’on se mobilisa. Les valeurs sont des universaux, sans ancrage historique. Charlie ne saurait donc prétendre au beau titre de citoyen, de patriote.

La fortune que connaît ce mot de « valeur » importé de la sphère économique dans la sphère politique atteste la perte de sens du politique. Dans ce domaine politique, ce sont les principes qui commandent — le principe de par son étymologie renvoie au commencement, à ce qui a été déposé par les ancêtres, origine fondatrice qui nous porte, nous soutient, nous inspire.

Mais le vocable a des accents par trop rigides pour l’esprit démocratique, on lui préfère donc celui de « valeurs », qui a quelque chose de plus souple — elles se troquent, se négocient, comme à la Bourse du commerce, et ont pour vertu d’être universelles. Et d’ailleurs, ce n’est pas tant d’avec les valeurs, de la République que les candidats au djihad font sécession — ils parlent volontiers l’idiome des droits de l’homme — mais bien d’avec l’identité française, ou plutôt, d’avec ce qu’ils en connaissent au travers de la propagande islamiste, et, hélas, du discours de certains de nos historiens, sociologues, journalistes dont le code de déontologie tient en un article : reconnaître les erreurs de la France.


Baisse continue du nombre de naissances au Québec, aucun parti politique n'en parle

Nous l’avons déjà vu, l’indice de fécondité des Québécois est en baisse depuis 7 ans. Il est passé de 1,73 enfant/femme en 2009 à 1,59 enfant/femme en 2016. On estime qu’il faut 2,1 enfants/femme pour remplacer les générations. Taux que le Québec n’a plus atteint depuis 1970.

Le taux de fécondité du Japon que l’on cite souvent comme catastrophique est actuellement de 1,46 enfant/femme. Le taux de fécondité du Canada est dans l’ensemble le même que celui du Québec, en dépit de l’absence de politique très dispendieuse d’aide aux frais de garde des jeunes enfants au Canada. [Voir Démographie : même taux de natalité au Canada qu’au Québec, sans « politique familiale »]

Aucun parti politique ne semble se préoccuper de ce taux de fécondité anémique qui augure mal pour la survie du peuple francophone québécois. Tous pensent que l’immigration comblera le manque de naissances. Les difficultés d’intégration économique (le chômage est plus important parmi les minorités ethniques), linguistique, culturelle et religieuse dans la société québécoise ne semblent pas préoccuper les politiciens outre mesure. Certains partis semblent même surtout voir dans cette immigration nombreuse de futurs consommateurs et électeurs fédéralistes.

Les chiffres prévisionnels des naissances pour les quatre premiers mois de 2017 sont sortis et ils ne sont pas bons. Il n’y a jamais eu aussi peu de naissances au Québec depuis 2007 alors que la population y a cru d’un peu moins de 10 % (très majoritairement à cause de l’immigration).



Les décès sont également en hausse depuis 10 ans (+ 15 %) bien que l’augmentation de ceux-ci soit plus irrégulière.




Voir aussi

Encore moins de bébés au Québec en 2016

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Canada — un pays non blanc vers le milieu de ce siècle ?

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