mercredi 2 décembre 2020

Amnesty International accuse Facebook et Google de faciliter la censure de l’opposition et à entraver les libertés politiques

Amnesty International s’intéresse au cas vietnamien.

Un jour, Amnesty International se penchera sur la censure des GAFA en Occident…

Facebook et Google deviennent des « zones sans droits de l’homme » au Vietnam, a averti Amnesty International mardi. L’organisation a accusé les géants de la technologie d’aider à censurer l’opposition pacifique et la liberté politique dans le pays.

Amnesty a averti que, bien qu’elles aient été « autrefois le grand espoir pour l’essor de la liberté d’expression dans le pays, les plateformes des réseaux sociaux sont en train de devenir rapidement des zones sans droits de l’homme ».

Le ministre de l’Information Nguyen Manh Hung a indiqué le mois dernier que les entreprises de technologie se conformaient aux demandes de retrait « des mauvaises informations, de la propagande contre le Parti et l’État », à un rythme plus élevé que jamais, d’après un média d’État. Le même article précise que cette année Facebook s’est conformé à 95 % des demandes du gouvernement et YouTube, 90 %.

Le Vietnam communiste a longtemps emprisonné ses dissidents, mais a été critiqué ces dernières années pour avoir ciblé les utilisateurs de Facebook. Le réseau social est populaire auprès des activistes du pays où les médias indépendants sont interdits.

Le réseau social a admis plus tôt cette année qu’il bloquait des contenus jugés illégaux par les autorités. Son dernier rapport de transparence révèle une augmentation en six mois de près de 1000 % de contenus censurés sur ordre du gouvernement.

mardi 1 décembre 2020

Éducation à domicile au Québec : pourquoi des parents-éducateurs s'estiment bafoués

Avant l’automne 2017, le cadre légal encadrant l’éducation à domicile était flou. Des changements à la Loi sur l’instruction publique établissent de nouvelles balises, permettant déjà de pressentir qu’il y aurait à la fois plus de reconnaissance du droit à la liberté éducative, mais aussi un contrôle accru de la part du gouvernement.

Les conflits entre les familles-éducatrices et plusieurs commissions scolaires ne sont un secret pour personne et ont créé une méfiance des parents envers toute forme de contrôle qui pourrait cacher une volonté de restreindre leur liberté éducative. La plupart des parents espéraient donc plus d’équité dans le traitement qui leur était réservé.

« Le plus important : la reconnaissance des différences entre l’école publique et l’éducation à la maison. »

Amorce de collaboration

La collaboration entre le ministre, le Ministère et l’AQED a permis une meilleure compréhension de part et d’autre des enjeux qui touchent ce dossier.

L’AQED a été consultée dès le début de ce processus de changement de loi et a été invitée à participer à la Commission parlementaire ainsi qu’à la Table de concertation nationale en matière d’enseignement à la maison. Lors de ces mois de discussions, de réels progrès ont été faits. Le plus important : la reconnaissance des différences entre l’école publique et l’éducation à la maison.

Il était alors reconnu que dans la réalité des familles pratiquant l’éducation à domicile, il n’était pas nécessaire de coller leur enseignement au Programme de formation de l’école québécoise (PFÉQ) et à la Progression des apprentissages (PDA). Reconnaître le droit de choisir leur approche éducative était un grand pas en avant (#libertééducative). L’offre du gouvernement de fournir du soutien au lieu de la coercition en cas de difficulté était une idée pertinente pour susciter l’adhésion des familles non inscrites envers une forme flexible de suivi. 

 

L'instituteur ministre Roberge sourit devant le parent impuissant qui implore sa mansuétude

 Un contrôle accru

Toutefois, avec la sanction du projet de loi 144, le Québec devenait l’une des provinces canadiennes qui contrôlent le plus les familles-éducatrices, même celles ne demandant pas de services ni de financement de l’État. Rappelons que l’Ontario et la Colombie-Britannique n’exigent aucun suivi par défaut des familles éducatrices. Seuls les cas qui sont signalés y sont examinés par les autorités scolaires.

La Table de concertation a été suspendue en août 2018 et le gouvernement caquiste ne l’a jamais remise sur pied. [Depuis l’arrivée de l’instituteur Roberge, le Monopole de l’Éducation du Québec n’a jamais aussi bien mérité son nom. Voir Roberge le dogmatique sur le dossier ECR.]

En 2019, sans donner le temps au règlement de 2018 de faire ses preuves et sans consulter les associations de parents, ce nouveau gouvernement a resserré les règles avec un nouveau règlement.

Plusieurs éléments du règlement adopté en juin 2018, et surtout du second règlement de juillet 2019, restent difficiles à accepter pour de nombreuses familles.

Préoccupations

Inquiétudes des familles-éducatrices lors du règlement de 2018 :

  • Délais auxquels la documentation doit être soumise
  • Peur des préjugés
  • Charge de travail exigée pour satisfaire la DEM

Inquiétudes additionnelles avec le second règlement :

  • Perte de liberté dans les choix éducatifs
  • Obligation de viser les objectifs du programme pour plusieurs matières
  • Obligation de faire les examens ministériels dès l’année scolaire 2021-2022
  • Obligation de la présence de l’enfant aux rencontres de suivi

Dans les faits

Le suivi fait par la Direction de l’enseignement à la maison (DEM) se fait beaucoup plus rigide et contrôlant. Il démontre un retour en arrière face à la compréhension de la réalité des familles pratiquant l’enseignement à la maison.

La mise en œuvre du règlement par la DEM, de par l’interprétation qu’elle fait du règlement, semble encore plus stricte que ce qui est prévu par ledit règlement puisque l’obligation de suivre des contenus précis et une progression identique au programme québécois est souvent attendue [exigée].

Évolution du cadre légal

Loi sur l’instruction publique

Avant novembre 2017, l’article 15.4 de la Loi sur l’instruction publique était :

« 15. Est dispensé de l’obligation de fréquenter une école l’enfant qui :… 4° reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative qui, d’après une évaluation faite par la commission scolaire ou à sa demande, sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l’école. »
En novembre 2017, l’article 15.4 de la Loi sur l’instruction publique est devenu le suivant :

« 15. Est dispensé de l’obligation de fréquenter une école l’enfant qui :… 4° reçoit à la maison un enseignement approprié, pourvu que soient remplies les conditions suivantes : a) un avis écrit à cet effet est transmis par ses parents au ministre et à la commission scolaire compétente ; b) un projet d’apprentissage visant à instruire, à socialiser et à qualifier l’enfant, par le développement de compétences fondamentales, notamment en littératie, en numératie et en résolution de problèmes, et par l’apprentissage de la langue française, est soumis au ministre et mis en œuvre par ses parents ; c) le suivi de l’enseignement est assuré par le ministre ; d) toute autre condition ou modalité déterminée par règlement du gouvernement, notamment celles relatives aux caractéristiques du projet d’apprentissage, à l’évaluation annuelle de la progression de l’enfant et au processus applicable en cas de difficulté liée au projet d’apprentissage ou à sa mise en œuvre. »
Règlement encadrant l’enseignement à la maison

En juin 2018, le ministre de l’Éducation a mis en place le règlement suivant : règlement Proulx (2018)

Puis, en juillet 2019, le nouveau ministre de l’Éducation a publié une modification à ce règlement : règlement Roberge (2019).

Répercussions

Avec trois changements majeurs en trois ans et un resserrement inadapté à la réalité de l’éducation à domicile, beaucoup de familles ont perdu confiance et se sentent trahies.

Il faut se rappeler que l’absence de documentation n’équivaut pas à l’absence d’éducation. Aussi, le temps que les parents prennent pour faire des tâches administratives prive les enfants de précieux apprentissages avec leurs parents.

Les examens, surtout dans un contexte d’apprentissage alternatif, sont décriés par les experts, dont le Conseil supérieur de l’éducation.

Les familles-éducatrices doivent être conscientes que ce qu’elles acceptent ou non de faire lors de la mise en œuvre du cadre légal pourrait avoir des répercussions à long terme sur le visage de l’éducation à domicile au Québec. 

[Nous attendons de voir que ces contraintes supplémentaires du Monopole de l’Éducation ont réellement amélioré les choses et selon quels critères. Pourquoi n’existe-t-il plus dans la pratique de liberté de choix pédagogique au Québec ? Pourquoi ne peut-on plus choisir d’autres programmes reconnus par d’autres systèmes scolaires ? 

À notre avis, M. Roberge -- souvent cassant et méprisant -- devrait d’abord s’intéresser à l’état des écoles publiques et s’assurer que les jeunes sachent, notamment, écrire en français sans faute en sortant des établissements publics.]

 

Pour en savoir davantage, voir le site de l’AQED. Source : AQED


La population italienne passe sous les 60 millions, la pandémie aggrave ce déclin

En perdant 700 000 résidents au cours des cinq dernières années, l’Italie est passée sous la barre des 60 millions d’habitants.

La pandémie a rendu la situation démographique italienne encore plus difficile, car la crise économique affecte désormais la propension des Italiens à construire une famille, dans un pays où le taux de fécondité est de 1,3 enfant par femme et où le chômage des jeunes est parmi les plus élevés d’Europe.

EN AOÛT 2020, la population italienne est descendue au-dessous des 60 millions d’habitants pour la première fois depuis 2013. En cause, la hausse de la mortalité due à la pandémie et la baisse de la natalité. Cette barre symbolique était, en réalité, très prévisible dans un pays qui affiche un solde naturel négatif depuis 1993, et où l’immigration ne compense plus l’émigration et le manque de naissances.

La classe politique n’a jamais réellement affronté le problème, alors que la dépopulation affiche pourtant un rythme préoccupant : l’Italie a perdu environ 700 000 habitants au cours des cinq dernières années, et les décès records dus au coronavirus ont accéléré cette courbe.

La pandémie a rendu la situation encore plus difficile, car la crise économique affecte désormais la propension des Italiens à construire une famille. Une étude, conduite par Ipsos et l’Institut Toniolo, a demandé à un échantillon de jeunes Européens si leur projet d’avoir un enfant avait été modifié par l’épidémie : 36 % des personnes interrogées de nationalité italienne ont répondu avoir complètement abandonné cette idée, tandis que 37,9 % ont dit l’avoir seulement décalée. Des chiffres très différents de ceux des jeunes Français : 50 % de ces derniers ont déclaré décaler leur projet, mais seulement 14 % disent y avoir renoncé, tandis que 32 % n’ont pas changé d’avis — contre 25 % en Italie. En Italie, ces comportements devraient avoir un impact sur les naissances en 2020, mais aussi en 2021.

« Approche systémique ». Selon Francesca Puppi, chercheuse à l’université Catholique de Milan et coautrice de l’étude, il est indéniable que la crise aura des conséquences démographiques. Mais ils pourraient être atténués, sur le long terme, par la mise en place de politiques ciblées : « L’Allemagne était dans une situation comparable à celle de l’Italie. Mais, à partir du 2012, le gouvernement fédéral a affronté le problème. Aujourd’hui Berlin affiche un taux de fécondité de 1,6 enfant par femme, contre 1,3 pour l’Italie. Ce résultat est encourageant », explique la chercheuse, qui souligne que le gouvernement italien à tendance à ne regarder le problème qu’au travers de l’aide financière aux familles.

Ce point est important, mais insuffisant pour affronter l’hiver démographique du pays, insiste l’universitaire : « Inverser la courbe est possible, mais il faut une approche systémique. D’abord, on devrait donner un horizon aux plus jeunes, il ne suffit pas de prendre des mesures pour un ou deux ans, mais il s’agit de définir un avenir à moyen terme pour les encourager à faire des enfants. Ensuite, l’activité des femmes doit augmenter. En Italie, elle est trop faible, et cela a un impact sur le budget des familles. Enfin, il faut intervenir sur les services à l’enfance, notamment les crèches, et aider financièrement les couples via des allocations familiales. Les “trois jambes” doivent fonctionner ensemble, et il faut de la patience. »

Selon l’association Svimez, « en 2065 la population en âge de travailler aura baissé de 15 % dans le nord et de 40 % dans le sud »

Emploi des jeunes. Le gouvernement a commencé à intervenir sur le dernier point, en prévoyant à partir de juillet 2021, la distribution d’un chèque mensuel pour chaque enfant. La mesure devrait coûter environ 3 milliards par an et devra être approuvée par le Parlement. Concernant les crèches, le pays reste très en retard : selon l’OCDE, l’Italie consacre une part très résiduelle de son PIB (0,09 %) à ces infrastructures, tandis que la Suède (1,1 %), la France (0,63 %) et la Finlande (0,59 %) ont choisi d’y investir, avec des résultats très positifs en termes de natalité. L’Italie affiche également beaucoup de difficultés sur l’emploi des jeunes. Dans cette catégorie, le chômage est parmi les plus élevés en Europe — 29,7 % chez les 15-24 ans et 15,4 % chez les 25-34 ans. Le taux d’activité des femmes reste, lui, très bas : 56 % contre 75 % pour les hommes.

Conséquences de ces chiffres, les plus instruits partent à l’étranger. Depuis 2006, le nombre d’Italiens résidant en dehors de la péninsule a ainsi augmenté de 70 %, passant de 3,1 millions à 5,3 millions. Une hémorragie qui débouche sur trois problèmes : une baisse du nombre d’habitants, une diminution potentielle du nombre d’enfants, et une perte de capital humain bien formé. Selon l’association Svimez, qui étudie les problèmes de compétitivité économiques et industriels du sud de l’Italie, « en 2065 la population en âge de travailler aura baissé de 15 % dans le nord (-3,9 millions de personnes) et de 40 % dans le sud (-5,2 millions) ».

Source : L'Opinion

Répartition des projets de vie parmi les jeunes au début 2020

Vivre seul     Italie     Allemagne     France     Espagne     Royaume-Uni
Confirmé20,030,631,719,425,1
Reporté45,646,455,351,550,7
Abandonné34,423,013,029,124,2

100,0100,0100,0100,0100,0

Vivre seul     Italie     Allemagne     France     Espagne     Royaume-Uni
Confirmé23,136,841,426,430,6
Reporté43,450,543,852,651,4
Abandonné33,512,714,821,018,0

100,0100,0100,0100,0100,0

Se marier     Italie     Allemagne     France     Espagne     Royaume-Uni
Confirmé16,629,018,020,424,9
Reporté43,053,758,957,150,8
Abandonné40,417,323,122,524,3

100,0100,0100,0100,0100,0

Avoir un enfant     Italie     Allemagne     France     Espagne     Royaume-Uni
Confirmé25,630,732,021,223,0
Reporté37,955,150,749,657,8
Abandonné36,514,217,329,219,2

100,0100,0100,0100,0100,0

Source


Voir 

Italie — Nouveau nadir démographique

lundi 30 novembre 2020

Est-il permis d'être LGBT, d'être mal dans sa peau et de vouloir devenir hétéro « cisgenre » ?

Est-il permis d’être LGBT, de ne pas être bien dans sa peau et de vouloir devenir hétéro « cisgenre » ? Peut-on aider ces personnes ?

C’est une des questions que pose le film Censuré. C’est un film engagé qui prône la possibilité d’aider les personnes qui se disent LGBTQ et qui veulent devenir hétérosexuelles et « cisgenres ». C’est un des côtés du débat (qu’on n’entend quasiment pas d’où le titre Censuré) qui entoure des questions au cœur du projet de loi C-6, l’interdiction proposée par le gouvernement libéral qui empêche ce type d’assistance.

 

Voir aussi

Derek Sloan s’insurge contre projets de loi qui criminalisent l’affirmation positive de son corps.  (Le projet de loi C-8 est devenu C-6 après sa réintroduction dans la nouvelle session parlementaire.)

Colombie-Britannique : Cour suprême interdit aux parents de s’opposer au traitement hormonal de transition de leur fille de 14 ans

Trans — Médecins inquiets que des enfants s’exposent à des « dégâts à long terme » en raison de groupes de pression et de parents agressifs

Endocrinologues mettent en garde contre le traitement hormonal de la dysphorie sexuelle chez l’enfant

Grande-Bretagne — enfants autistes poussés à s’identifier comme transgenres ?

Fonctionnaires contre père : qui décide si un enfant mineur peut subir une thérapie de transition de genre ? (le cas en Cour d’appel)

La théorie de la « fragilité blanche »

Greenpeace — que d’aucuns pourraient croire une association purement vouée à la défense de l’environnement — donne encore raison à un de ses fondateurs (voir Patrick Moore et son livre Pour une écologie scientifique et non politique), il s’agit d’une organisation très en pointe dans le correctivisme politique. C’est une organisation qui fait la promotion du racialisme et d’un concept aussi tordu que celui de la fragilité blanche.


« Le test »

La « fragilité blanche » serait une « entrave » à la lutte contre le racisme qui afflige les blancs. Cette fragilité touche les blancs qui osent demander des excuses quand ils se sentent injustement accusés de racisme (point 6). Si vous n’êtes pas d’accord ou posez une question dans les commentaires (point 13) sur cette conclusion, c’est une preuve de votre « fragilité blanche ». Comment toujours avoir raison.




 

 


Greenpeace Québec revendique cette « lutte intersectionnelle »

À la suite de la publication de ce « test », Greenpeace a été assaillie de critiques et a tenu à s’expliquer. L’Association revendique son soutien aux théories fumeuses de Robin (une femme) DiAngelo :

Bonjour à toutes et à tous, à celles et ceux qui nous demandent pourquoi nous ne nous concentrons pas sur l’environnement au lieu de dévier sur des sujets de justice sociale, voici un billet de blogue de notre directrice Christy Ferguson qui, nous l’espérons, vous permettra de mieux comprendre notre positionnement ! Ne rien dire, c’est être complice. Voilà pourquoi Greenpeace Canada parle du racisme.

La « fragilité blanche », un concept fumeux raciste

Robin DiAngelo
Pour Matt Taibbi :

Il est ahurissant de voir La Fragilité blanche célébrée ces dernières semaines. Quand ce livre a dépassé un livre de Hunger Games sur les palmarès des meilleures ventes, USA Today a applaudi : « Les lecteurs américains sont plus intéressés par la lutte contre le racisme que par l’évasion littéraire. Lorsque DiAngelo est apparu sur The Tonight Show, Jimmy Fallon s’est exclamé : « Je sais… tout le monde veut vous parler maintenant ! » La Fragilité blanche a été présentée comme une solution incontestée pour lutter contre le racisme, à un moment où, après le meurtre de George Floyd, les Américains souhaitent soudainement (et à juste titre) lutter contre celui-ci. Sauf que ce n’est pas simplement un livre qui nous invite à nous pencher sur nos propres préjugés. Les gens qui aiment ce livre incroyablement insensé l’ont-ils vraiment lu ?

DiAngelo n’est pas la première personne à faire de l’argent en relayant de la foutaise pseudo-intellectuelle comme étant de la sagesse d’entreprise, mais elle pourrait être la première à le faire en vendant une théorie raciste digne de l’Allemagne nazie. La Fragilité blanche colporte un message simple : il n’existe pas d’expérience humaine universelle et nous ne sommes pas définis par nos personnalités individuelles ou nos choix moraux, mais uniquement par notre catégorie raciale.

Si votre catégorie est « blanche », mauvaise nouvelle : vous n’avez aucune identité en dehors de votre participation à la suprématie blanche (“L’anti-négritude est à la base même de nos identités… La blanchitude [ou blanchité] a toujours été fondée sur la négritude”), ce qui signifie pour DiAngelo que naturellement « une identité blanche positive est un objectif impossible ».

DiAngelo nous dit qu’on n’y peut rien sauf « s’efforcer d’être moins blanc ». Nier cette théorie ou avoir l’effronterie de vouloir échapper à l’ennui d’une conférence de DiAngelo — ce qu’elle décrit comme « sortir d’une situation stressante » — revient à confirmer sa conception de la suprématie blanche. Cet équivalent intellectuel de « l’épreuve de l’eau » (si vous flottez, vous êtes une sorcière [épreuve interdite dès 1601 par le Parlement de Paris]) est devenu l’orthodoxie dans une grande partie du monde universitaire.

Le style de DiAngelo est pure souffrance. Le lexique privilégié par les théoriciens intersectionnels de ce type est construit autour des mêmes principes que la novlangue d’Orwell : il bannit l’ambiguïté, la nuance et le sentiment et se structure autour de paires de mots stériles, comme raciste et antiraciste, accorder ou refuser une tribune [à un orateur], centre et silence, qui réduisent toute pensée à une série de choix binaires.

« La Fragilité blanche » un négoce très juteux

 Comme le révèle Douglas Murray dans le Spectator (Londres), la fragilité blanche est un filon très juteux qui se nourrit de contrats très rentables tant dans les entreprises privées que dans la fonction publique.

Parmi toutes les personnes qui ont gagné de l’argent au cours du mois dernier, peu d’entre elles peuvent en avoir amassé autant que Robin diAngelo. Depuis la mort de George Floyd, le thème du racisme systémique est devenu la vache à lait de cette universitaire américaine blanche et auteur de La Fragilité blanche. Un terme que je ne devrais probablement pas utiliser, puisque PETA a déclaré la semaine dernière que le lait était un symbole de la suprématie blanche. DiAngelo fait son beurre avec ses thèses, bien qu’au moment où vous lirez ces lignes, l’idée de « beurre » pourrait aussi être devenue un concept raciste. Dans ce cas, le beurre rejoindra la campagne britannique, qualifiée de raciste par l’émission Countryfile de la BBC la semaine dernière. Un fait que j’ai appris après l’ouverture de ma page d’accueil de recherche Google, où Google m’a informé sur la défunte travestie américaine noire Marsha P. Johnson.

La recherche Google fait la promotion de l’activiste noire travestie (LGBTQ)

Quoi qu’il en soit, je mentionne diAngelo parce que, même avant sa récente célébrité, quiconque souhaitait l’employer pour être rééduqué devait débourser 6000 $ de l’heure. Ou 12 000 $ pour deux heures. C’est ce que diAngelo a facturé l’année dernière à l’Université du Kentucky pour une session de deux heures sur l’injustice raciale. J’imagine qu’elle fait payer plus cher tous ces PDG qui font maintenant la queue pour embaucher la Dominatrix de l’antiracisme, la faire venir dans leurs bureaux et passer un après-midi à leur répéter à quel point ils sont des salauds de vaut-rien.

Ensuite, il y a les ventes de livres. Depuis qu’un flic du Minnesota a tué M. Floyd, d’innombrables entreprises et individus ont envoyé des « listes de lecture » pour nous dire à tous ce qu’il faut lire. Chaque fois que l’ouvrage de diAngelo publié en 2018 figure en tête.

Prenons un document qui vient d’être divulgué provenant du bureau du directeur général du Birmingham and Solihull National Health Service Mental Health Trust [une partie du système de la santé publique du Royaume-Uni]. Daté du 5 juin et intitulé « Inégalités et discrimination raciale », il commence par affirmer que les événements récents en Amérique “ont mis en évidence une fois de plus la discrimination et l’inégalité vécues chaque jour par les personnes issues des minorités ethniques, notamment noires et asiatiques (MENA)”. La lettre de trois pages continue : « Ce n’est pas à nos collègues des minorités ethniques de corriger cela. Ils en ont assez honnêtement et naturellement de raconter leurs histoires à plusieurs reprises et de ne pas être compris. »

L’auteur de cette lettre est un Roisin Fallon-Williams, qui en ces temps antiracistes, je dois le signaler, est blanche. Elle sait quoi faire. « Je nous écris cela alors que je sais et comprends désormais que ma position ignorante et incompétente », dit-elle. « Bien que je reste ignorante et incompétente, je comprends maintenant mieux que je suis coupable, j’ai été complice. » Elle poursuit en exhortant ses collègues tout aussi incompétents et ignorants à prendre le temps d’aller voir leurs collègues issus des minorités (MENA) et de leur dire : « Comment allez-vous ? » et « Ça va ? » et « écouter vraiment » ce qu’ils disent. Tout cela pose la question — comme le font toujours les « antiracistes » — de ce qu’ils ont fait jusqu’à avant-hier.

Sur la troisième page de son auto-flagellation, Mme Fallon-Williams propose quatre ouvrages que ses collègues ignorants et incompétents devraient lire. C’est la liste habituelle, bien que Fallon-Williams ignore peut-être que la moitié de ses textes suggérés sont écrits par des auteurs blancs. L’un de ces textes est un article de Peggy McIntosh, du Wellesley College, « Les privilèges des Blancs : Au-delà des apparences ». Il est si souvent cité depuis sa parution il y a trente ans que, jusqu’à ce que je le lise récemment, j’avais cru qu’il contenait quelque chose d’intéressant.

Peggy McIntosh

J’avais tort. L’ensemble du « travail » se compose simplement de quelques pages d’affirmations destinées à démontrer les effets quotidiens du « privilège blanc ». La première est : « Je peux, si je le désire, m’arranger pour être en compagnie de gens de ma race la plupart du temps. » L’affirmation numéro 33 [supprimée du site de l’Alliance de la fonction publique du Canada, mais bien présente ailleurs :] est : « Je ne suis pas pleinement conscient que ma silhouette, mon allure ou mon odeur corporelle seront interprétées comme une réflexion de ma race. » Une affirmation qui évoque toute une série de réflexions sur la silhouette, l’allure et l’odeur corporelle des universitaires blanches de Wellesley.

Mais en tête de la liste de lecture de Fallon-Williams se trouve cet ouvrage qui, bien que plus long que celui de McIntosh, est à bien des égards encore plus déficient. L’affirmation centrale de la fragilité blanche est que tous les blancs sont racistes. DiAngelo dit que les Blancs qui sont mécontents qu’on leur apprenne qu’ils sont racistes font preuve de « fragilité blanche ». Ce qui est une nouvelle démonstration de leur racisme. Tout cela laisse tous les Blancs dans le dilemme qui se posait aux sorcières condamnées à l’ordalie de l’eau [si elles flottent dans l’eau, elles sont sorcières et brûlées, si elles coulent à pic et se noient, c’est une regrettable erreur judiciaire.]  DiAngelo a inventé un jeu de sa façon, auquel nul ne gagne. Sauf elle, bien évidemment.

 

L'ancêtre du test de la fragilité blanche

 [La chasse aux sorcières était une spécialité protestante, en plein XVIe et XVIIe siècles – et nullement le fait de l’époque médiévale, a fortiori pas à l'époque du roi Arthur comme dans ce film de Monty Python]

Bien sûr, de bonnes personnes se laissent avoir — des personnes de toutes les couleurs de peau qui croient que notre société est intrinsèquement raciste et qu’en conséquence tout doit être compris à travers le prisme de la couleur de la peau. D’autres parmi nous, également de toutes les couleurs de peau, ne sont pas d’accord. Non pas parce que nous sommes racistes ou parce que nous pensons que nos sociétés ne peuvent pas être meilleures, mais parce que nous pensons que ce qui est exigé de nous par les professeurs « antiracistes » est un enfer racialiste d’un nouveau type.

À l’instar du mouvement Black Lives Matter lui-même, la « justice sociale », caractérisée par les travaux de McIntosh et de diAngelo, est conçue pour qu'il soit en pratique impossible de s’y opposer. À l’instar de ces départements « d’études de la paix » qui ont mystérieusement surgi pendant la guerre froide, ce front apparemment impossible à réfuter a des racines et des objectifs profonds, destructeurs et, oui, marxistes.

Aujourd’hui, cela se présente comme si c’était éminemment simple à assimiler. Nous devons simplement lire les bons livres, corriger notre langage, suivre les instructions et exécuter le programme autrement.

Eh bien, vous pouvez le faire. Ou vous pouvez vous y refuser. Et je recommanderais fortement cette dernière option. Car ce que les bonimenteurs de la race proposent n’est pas une mise à niveau de notre logiciel sociétal. Leur programme vise plutôt à déformer et à détruire tout le système : un système qui peut avoir ses défauts, mais qui ne mérite pas l’introduction de leur logiciel sociétal malveillant. Des salles de conseil d’administration au Service national de la santé et partout ailleurs dans la société, je suggère aux gens de s’assurer qu’ils comprennent les conséquences de ce qu’ils acceptent. Soyez très, très prudent avant de cliquer sur « Tout accepter ».

Voir aussi

Extraits de La Grande Déraison ; Race, genre, identité de Douglas Murray

Race, genre, identité, les ferments de la violence qui vient (le titre et la couverture ont depuis changé)

Le Canada vu par Douglas Murray : un pays avec un singulier manque d’adultes

Un diplôme universitaire en lettres et sciences humaines en vaut-il encore la peine ?

Un historien canadien, « expert en études du genre », avoue avoir falsifié ses recherches

L’Université Evergreen (États-Unis) et les dérives du progressisme militant 

Australie — Recrutement sur base de CV anonymisés augmente nombre d’hommes blancs sélectionnés 

Canada — Projet-pilote de recrutement anonyme : pas de biais détecté 

Angleterre : enfants blancs défavorisés moins aidés que ceux des minorités ethniques

Ministère de la Justice accuse Yale de discrimination raciale contre blancs et asiatiques

Association des librairies cède au correctivisme et retire la liste de suggestion de Fr. Legault qui incluait L'Empire du politiquement correct (m à j)

Mise à jour lundi 30/XI/2020

L'Association des libraires du Québec se rétracte et republie une liste des coups de coeur littéraires du premier ministre qu'elle avait supprimée de ses réseaux sociaux.


Le Journal de Montréal titre en ce dimanche 29 novembre : « François Legault partiellement censuré par l’Association des libraires ».

L’Association des libraires du Québec (ALQ) a fait disparaître des suggestions de livres à lire de François Legault après avoir reçu des plaintes de gens qui lui reprochaient qu’elle eût offert une tribune au Premier ministre.

Mercredi dernier, M. Legault a présenté, dans une vidéo d’une demi-heure, dix suggestions de livres à lire dans le cadre du mouvement #lireenchoeur de l’ALQ, qui a donné la parole à quelque 150 auteurs et personnalités depuis le printemps.

Or, plusieurs critiques ont rapidement fusé. « Il y a eu beaucoup de commentaires de gens, notamment du milieu littéraire, qui nous reprochaient d’avoir donné une tribune à M. Legault » et qui critiquaient sa liste de livres, a reconnu la directrice générale de l’ALQ, Katherine Fafard, en entrevue avec l’Agence QMI dimanche.

Sur Instagram, plusieurs intervenants ont dénoncé le fait que M. Legault refuse de reconnaître le racisme systémique au Québec ou ses politiques « racistes » pour critiquer le fait que l’ALQ lui offre une tribune. Certains s’en sont aussi pris à l’une des suggestions du Premier ministre, L’empire du politiquement correct du chroniqueur Mathieu Bock-Côté.

Des intervenants ont aussi réclamé des excuses à l’Association

Devant le tollé, l’ALQ a choisi de faire disparaître de ses réseaux sociaux les suggestions de lecture du Premier ministre. Quant à la vidéo, elle est demeurée en ligne, mais un message précisant que « les opinions exprimées par le participant n’engagent que lui » a été ajouté vendredi.

M. Legault est le seul intervenant dont la vidéo est assujettie de cette mise en garde et dont les publications ont été effacées.

Mme Fafard a expliqué que son organisation a voulu écouter les préoccupations des militants, d’autant plus que la question du racisme a occupé une part importante du débat lors de la dernière année.

Elle se défend cependant d’avoir cédé devant les demandes des militants. « Si on avait retiré la vidéo, ça aurait été de la censure », a-t-elle plaidé, en précisant que l’ALQ n’a pas l’intention de s’excuser pour avoir invité le Premier ministre à partager ses coups de cœur littéraires.

Au cabinet du Premier ministre, on soutient avoir été informé de la décision vendredi dernier. « Nous sommes déçus de voir que les suggestions de lecture du Premier ministre ont été retirées des réseaux sociaux de l’Association », a réagi un attaché de presse de François Legault, Ewan Sauves, tout en qualifiant de « bonne chose » que la vidéo soit toujours en ligne.

De la « lâcheté » Le chroniqueur du Journal de Montréal Mathieu Bock-Côté, montré du doigt dans certaines publications de militants qui critiquaient la liste de lecture, a accusé l’ALQ d’avoir fait preuve de « lâcheté épouvantable » en déplorant un cas de « censure grossière ».

« Nous sommes devant un geste absolument discourtois. François Legault est invité à présenter sa liste de livres, mais puisque les militants n’aiment pas ses recommandations, on la retire grossièrement. Faut-il mettre certains livres à l’index, désormais ? » s’est-il interrogé lorsqu’invité à réagir.

« Tout cela, au final, nous confirme à quel point la censure progresse et la liberté d’expression régresse. Et cela, dans les milieux qui devraient y tenir plus que tout », a-t-il ajouté.

Addendum:

Richard Martineau s'en prend au directeur de l'Association des libraires du Québec


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L'Empire du correctivisme politique 

Conférence de Mathieu Bock-Côté à Bruxelles sur le correctivisme politique

Le sort des Chrétiens d'Orient est-il différent de celui des Juifs d'Orient ?

Depuis 2014, en Israël, le 30 novembre est la Journée annuelle de commémoration de l’exil des réfugiés juifs du monde arabe. Alors que l’on parle régulièrement, aux Nations unies et ailleurs, du sort des Arabes ayant quitté la Palestine lors de la création de l’État d’Israël, on parle moins des Juifs qui ont vécu naguère dans des pays méditerranéens et orientaux, notamment en Algérie, Irak, Iran, Liban, Libye, Maroc, Syrie, Tunisie, au Yémen.


Dans les quelques années qui suivirent la création de l’État d’Israël et de décolonisation, environ 900 000 Juifs ont dû quitter ces pays où ils vivaient depuis des siècles, voire des millénaires, bien avant la conquête musulmane. Beaucoup ont été privés de leurs biens et victimes de violences et de persécutions. Deux tiers d’entre eux se sont réfugiés en Israël, qui les a absorbés rapidement, après un bref passage dans des camps d’accueil. Les autres ont essaimé à travers le monde, notamment en France, Italie, RoyaumeUni, Canada, États-Unis, Argentine ou Brésil.

L’histoire de cette destruction de toutes les communautés juives en terre d’Islam n’a quasiment pas été racontée, ni analysée, sinon dans quelques films documentaires comme celui de Michaël Grynszpan, Les Réfugiés oubliés (2007), ou dans des livres. On peut citer Shmuel Trigano (L’Exclusion des Juifs des pays arabes et le contentieux israélo-arabe, Éditions In Press, 2003), Georges Bensoussan (Juifs en pays arabes. Le grand déracinement, Tallandier, 2012), ou Lyn Julius (Uprooted, Vallentine Mitchell, 2018).

On peut également lire de nombreuses monographies nostalgiques. L’historien Benjamin Stora, né en 1950 à Constantine, raconte le triste sort des 140 000 juifs d’Algérie, fiers d’avoir obtenu la nationalité française grâce au décret Crémieux de 1870 — temporairement abrogé par Vichy — dont on fête aujourd’hui le sesquicentenaire (Les Trois Exils. Juifs d’Algérie, Pluriel, 2011). Certains d’eux voyaient d’un bon œil les velléités d’indépendance des Algériens, mais ont dû faire vite leur valise après l’incendie de la synagogue d’Alger en 1960 et l’assassinat de Raymond Leyris, beau-père d’Enrico Macias, à Constantine en 1961, pour rejoindre en masse la métropole en 1962, comme leurs compatriotes non juifs devenus « rapatriés ».


Évoquons l’autobiographie du journaliste Serge Moati, né en 1946 à Tunis (Villa Jasmin, Fayard, 2003), qui fait partie des 105 000 juifs tunisiens exilés au milieu du XXe siècle en étant autorisés à n’emporter qu’un dinar (2 euros !), après avoir subi de nombreuses spoliations. Raphaël Devico, descendant d’une lignée de juifs andalous venus à Fès après la chute de Grenade en 1492, habitant aujourd’hui à Casablanca, dévoile pour sa part la réalité complexe de la communauté juive marocaine (Juifs du Maroc. Des racines ou des ailes ?, Éditions Biblieurope, 2015). Avant d’être spoliée et rançonnée pour pouvoir partir en 1961, elle fut, avec ses 265 000 membres, la plus importante du monde arabe et compte aujourd’hui encore 3 000 membres.

La romancière Bat Ye’or (littéralement « la fille du Nil »), née au Caire en 1933, décrit les discriminations dont ont été victimes les 75 000 juifs égyptiens dès les années 1930, bien avant la création de l’État d’Israël, et leur expulsion par Nasser en 1956 (Le Dernier Khamsin, Éditions Provinciales, 2019). Ils furent obligés de laisser tous leurs biens, de renoncer à leur nationalité et de devenir apatrides.

L’universitaire Orit Bashkin raconte l’histoire de la communauté juive d’Irak, qui comptait près de 135 000 membres (New Babylonians, Stanford University Press, 2012). Très intégrée avant la guerre, elle a quasi totalement émigré en quelques années, notamment à la suite du pogrom de 1941. Les communautés juives d’Iran, du Liban, de Libye, de Syrie, de Turquie ou du Yémen, dont certaines existaient bien avant Jésus-Christ, ont également quasi complètement disparu.


Le Musée du monde séfarade, le Mussef, qui est en projet à Paris a pour objectif de faire exister ce qui n’est plus, en retraçant au centre de la capitale l’histoire et la culture de ces communautés juives disparues en quelques années sans faire de bruit. Car il est temps pour le monde d’entendre et de voir leur histoire.

La paix en bénéficiera sans doute, car on ne bâtit pas de paix durable sans regarder la vérité en face. Longtemps après les accords de paix avec l’Égypte et la Jordanie, des accords viennent d’être conclus entre Israël et les Émirats et Bahreïn et sont envisagés avec le Soudan et même avec l’Arabie saoudite, mais il reste beaucoup à faire pour qu’il en soit de même dans tout le monde arabe et musulman. Et pour permettre à tout un chacun de comprendre que ce qui menace au XXIe siècle les chrétiens d’Orient n’est pas très différent de ce qui est arrivé aux Juifs en terres d’Islam au milieu du siècle dernier. (1) Association loi 1901 fondée en 2018.

« Ce qui menace les chrétiens d’Orient aujourd’hui n’est pas très différent de ce qui est arrivé aux Juifs dans des pays méditerranéens et orientaux » au milieu du XXe siècle

Source : Le Figaro

vendredi 27 novembre 2020

France — L’instruction en famille pointée du doigt


Article d’Anne Coffinier paru dans Causeur le 26 novembre 2020

Il fallait oser le faire : interdire le régime déclaré de l’instruction en famille parce qu’on veut qu’il n’y ait plus en France d’enfants exposés à des formes non déclarées d’instruction, échappant de ce fait à tout contrôle de l’État ! C’est pourtant ce que proposent les articles 18 à 20 du projet de loi confortant les principes républicains, qui sera présenté le 9 décembre prochain en Conseil des ministres. Cela défie toute logique, puisque cette loi repose sur un raisonnement absurde : prétendre mieux contrôler les enfants non déclarés en supprimant l’un des quatre régimes d’instruction dûment déclarés et contrôlés, l’instruction en famille, instaurée par Jules Ferry lui-même en 1882 ! C’est sans doute pour cela que nos interlocuteurs des cabinets ou de la haute administration place Beauvau et rue de Grenelle se montrent jusqu’à présent incapables d’expliquer le but de cette mesure. Tout au plus, avancent-ils qu’il s’agirait de repérer des enfants qui seraient actuellement « hors de tout radar », qui ne seraient ni en école publique, ni en école privée sous ou hors contrat, ni dans le régime déclaré de l’instruction en famille. Il y aurait « des trous dans la raquette ». Il est facile alors de leur faire remarquer que les enfants scolarisés dans le cadre du régime légal et réglementé de l’instruction en famille ne peuvent pas être concernés par leur inquiétude puisque précisément ils sont déclarés et connus de l’administration qui peut donc les inspecter autant de fois qu’elle le souhaite.

Comment comprendre qu’aucune disposition dans ce projet de loi ne concerne l’Éducation nationale, en particulier les enfants absentéistes ou décrocheurs, qui ne sont scolarisés que de manière erratique ? L’État n’est alors pourtant plus capable de garantir leur accès à l’instruction. De plus, ils sont les premiers exposés aux influences islamistes. De même, on ne trouvera pas un mot sur les établissements scolaires musulmans, auxquels l’État a accordé un contrat donc des financements publics, alors qu’ils sont ouvertement rattachés aux très sulfureux Frères musulmans : l’école Éva de Vitray, le collège Al Kindi à Lyon, le lycée Averroès à Lille, le groupe scolaire Ibn Khaldoun à Marseille, etc.

Les mots « islamisme » et « séparatisme islamiste » ont disparu du projet de loi

Plus fondamentalement, on notera que les mots d’« islamisme » ou de « séparatisme islamiste » n’apparaissent même pas dans un projet de loi que le président de la République lui-même nous avait dit leur être consacré. Comment pourrait-on arriver à gagner une guerre contre un ennemi qu’on s’interdit de désigner précisément ? On risque de livrer inconsidérément les musulmans, en tant que personnes, à la vindicte populaire sans pour autant avancer d’un iota dans la lutte concrète contre le séparatisme islamiste. Par contre, et l’on peut se demander à l’intention de qui ce lot de consolation a été octroyé, c’est le mot « famille » que le projet de loi veut éradiquer dans le Code de l’éducation. Ainsi, s’il prévoit quelques cas de dérogations à l’obligation de scolarisation en école, ce n’est plus pour permettre « l’instruction en famille » d’enfants porteurs de handicap ou sportifs de haut niveau, mais pour leur accorder un droit, valable pour un an seulement, et sur autorisation expresse de l’État, à recourir à « l’instruction à domicile ». Même si cette loi affirmait ouvertement lutter contre les formes de séparatisme islamiste auxquelles certains enfants pourraient être exposés, nous ne pourrions pas davantage retirer à tous les parents le droit d’instruire leurs enfants en famille, de peur que ce droit ne soit dévoyé par certains, et encore moins de peur qu’il existe « quelque part » des enfants non déclarés ou scolarisés, mais absentéistes et décrocheurs.

Les atteintes contre les principes républicains et la propagande islamiste sont bien plus largement diffusées sur Internet que dans les lieux d’instruction des enfants

La mesure d’interdiction de l’instruction en famille, outre qu’elle est illogique, est manifestement disproportionnée. Dans un État de droit, on ne peut réduire qu’avec une infinie précaution les libertés des citoyens. S’il reconnaît le caractère constitutionnel de l’instruction en famille comme c’est hautement probable, le Conseil constitutionnel ne pourra que censurer de telles atteintes à un droit qui a reçu un baptême on ne peut plus républicain des mains de Jules Ferry lui-même et qui n’a jamais été remis en cause en 138 ans. Constitutionnelle ou simplement législative, l’interdiction de l’instruction en famille ne doit de toute manière pas conduire à des atteintes disproportionnées aux libertés. Est-il vraiment raisonnable de supprimer la liberté de tous par peur qu’une poignée de gens en mésusent ? Les atteintes contre les principes républicains et la propagande islamiste sont bien plus largement diffusées sur Internet que dans les lieux d’instruction des enfants ; nul n’a jamais pensé pour autant à interdire Internet ou à soumettre la publication des articles à un régime d’autorisation ! Nous parlons tout de même qu’un droit qui est consacré par l’article 26-3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui rappelle que « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ».

La capacité de chaque parent à protéger son enfant

En se proposant de retirer ce droit aux parents, le gouvernement ne semble pas prendre la mesure de ce à quoi il s’en prend : il touche à ce qu’il y a de plus viscéralement sacré pour chaque homme et chaque femme : son enfant. Et si les parents ressentent le besoin pour le protéger ou mieux l’épanouir de ne pas ou de ne plus le confier au système scolaire, rien ni personne ne pourra les en empêcher. Nul doute qu’ils n’hésiteront pas à rechercher la responsabilité pénale de l’État devant les tribunaux avec une pugnacité supérieure à ce qu’on voit pour la Covid-19. Et vous qui me lisez, si demain votre enfant est harcelé à l’école, l’y laisserez-vous parce que la loi vous a retiré le droit de le déscolariser ? Si votre enfant à haut potentiel végète à l’école parce qu’elle ne répond pas à ses besoins cognitifs et psychologiques, l’y maintiendrez-vous au risque de le voir sombrer dans l’échec scolaire et la dépression ? Nous avons tous besoin d’alternative. En 1984, les Français sont descendus par millions défendre l’école libre que Mitterrand voulait éradiquer à l’absorbant dans un grand service public unique. Aujourd’hui, ce qui est en jeu est encore plus fondamental : c’est la place de la famille aux côtés de l’enfant, c’est la capacité de chaque parent à protéger son enfant.

Les parlementaires ne s’y trompent pas. Ils sont déjà 130 à s’être positionnés contre cette mesure liberticide. Les auditions, manifestations, et consultations juridiques se multiplient. La liberté d’enseignement inclut le choix d’instruire en école ou en famille son enfant. Il serait proprement irresponsable d’interdire l’instruction en famille alors que la crise sanitaire de la Covid a montré que cela pouvait être un recours précieux, et que les difficultés de l’Éducation nationale à assurer un niveau de sécurité et d’enseignement suffisant dans tout point du territoire sont aujourd’hui reconnues par l’État lui-même. Au regard de cette situation, il est franchement malvenu de tirer sur l’ambulance qu’est l’instruction en famille et les établissements libres hors contrat. Alors, mobilisons-nous pour défendre notre légitimité en tant que parents et de veiller sur le bien de notre enfant face aux Danton au petit pied qui s’imaginent que l’enfant appartient à l’État alors qu’il n’appartient qu’à lui-même et que nous lui devons collectivement la sécurité et l’accès à la connaissance.

Anne Coffinier


lnstruction en famille en France : encore une liberté qu’on laisse sacrifier ?

Ingénieur, anciens instituteurs dotés d’une solide expérience en la matière, tous défendent l’instruction en famille, arguments à l’appui.

L’instruction en famille est une liberté fondamentale ancrée en droit français depuis un siècle et demi. En voulant l’interdire, le gouvernement se trompe de cible. Une telle interdiction serait inconstitutionnelle, profondément injuste, et porterait inéluctablement atteinte aux principes républicains, au lieu de les renforcer.

Début octobre 2020, le président de la République a annoncé vouloir supprimer la possibilité pour les parents d’instruire leurs enfants en famille (sauf exception d’ordre médical), c’est-à-dire supprimer une liberté fondamentale pourtant ancrée en droit français depuis un siècle et demi.

L’avant-projet de loi confortant les principes républicains, que nous avons consulté, prévoit de remplacer le libre choix de l’instruction en famille par : « L’instruction obligatoire est donnée dans les établissements ou écoles publics ou privés. » (article 18). Le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres le 9 décembre.

Tous concernés

Le projet de suppression du libre choix de l’instruction en famille concerne tous les citoyens : tout parent peut se retrouver dans la nécessité de retirer un enfant de l’école pour un temps (harcèlement, profils atypiques, troubles dys, handicap en cours de reconnaissance, etc.). Savoir que cette possibilité légale existe est rassurant pour les parents comme pour les enfants.

Si cette disposition était adoptée, plus de 20 000 enfants actuellement instruits en famille ne pourraient plus l’être. Ils le sont principalement parce que c’est l’organisation qui convient le mieux aux enfants et à leur famille, ou parce qu’ils ont besoin de reprendre confiance en eux pendant quelques mois. Il est prévu que les parents souhaitant simplement continuer à exercer cette liberté fondamentale encourent six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende (article 19) !

L’instruction en famille participe à la résilience du système

L’instruction en famille fait partie intégrante du paysage de l’éducation française depuis les lois de Jules Ferry (1881-1882). Elle participe à la résilience du système et constitue un véritable laboratoire d’innovations pédagogiques. De récentes recherches en sciences de l’éducation et en sociologie montrent que la très grande majorité des enfants instruits en famille sont tout à fait intégrés à la société et socialisés.

Les familles se réunissent régulièrement pour participer à des ateliers, sorties pédagogiques ou activités sportives, favorisant dès lors les interactions et une réelle mixité sociale. De plus, les enfants pratiquent souvent plusieurs activités hebdomadaires avec d’autres enfants de leur âge (musique, sports collectifs en clubs). Et si, en grandissant, les enfants font le souhait d’intégrer l’école, d’y retourner ou de poursuivre des études, ils s’adaptent en général très bien.

Isabelle Filliozat, spécialiste de la parentalité, témoigne : « L’instruction en famille forme des enfants passionnés, à l’aise avec les adultes, autonomes et responsables. Leur esprit civique est souvent manifeste ». Certaines grandes universités de par le monde recherchent explicitement des étudiants avec ce profil.

Un projet inconstitutionnel, déjà écarté par les parlementaires plusieurs fois

En France, selon l’arrêt du Conseil d’État du 19 juillet 2017 (nous soulignons, NDLR), « Le principe de la liberté de l’enseignement, qui figure au nombre des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, implique la possibilité de créer des établissements d’enseignement, y compris hors de tout contrat conclu avec l’État, tout comme le droit pour les parents de choisir, pour leurs enfants, des méthodes éducatives alternatives à celles proposées par le système scolaire public, y compris l’instruction au sein de la famille. » Il s’agit d’un garde-fou démocratique inestimable.

En juillet 2018, les députées Anne Brugnera et George Pau-Langevin, chargées d’une « mission flash » sur la déscolarisation, précisaient : « le droit, pour tout parent, d’instruire son enfant à domicile, {est} bien établi dans notre pays. (…) dans la grande majorité des cas, la qualité de cette instruction est régulièrement contrôlée et ne fait aucun doute. »

Et en juillet 2020, la rapporteure de la Commission d’enquête sénatoriale sur la radicalisation islamiste expliquait que : « L’instruction est obligatoire, mais elle est libre. Des familles ont fait le choix de la scolarisation à domicile sans avoir la moindre velléité d’éloigner leur enfant de la République. À mon sens, il revient plutôt à l’Éducation nationale de veiller à ce que les enfants présentant un risque de radicalisation ne quittent pas l’école. Il ne s’agit pas de supprimer toute liberté de choix aux familles. »

Une « punition collective » synonyme de déni de droit

Parmi les raisons invoquées par le ministère de l’Éducation nationale, la difficulté de l’exécutif à faire respecter les dispositions légales existantes, notamment à diligenter les contrôles. Faudrait-il alors retirer la liberté de manifestation à tous les Français parce que des casseurs s’infiltrent dans les cortèges ? Et bâillonner la liberté d’expression pour éviter d’éventuels troubles à l’ordre public ? N’est-ce pas le rôle de l’exécutif que de faire appliquer les lois ?

Rappelons qu’en juin 2020, le ministre de l’Éducation déclarait encore devant le Sénat : « La liberté d’instruction en famille a un fondement constitutionnel puissant et qu’on ne peut que reconnaître, et qui est, je pense, positif » (…) « on doit bien appliquer les règles que nous avons établies dans la loi de 2019 (Loi pour l’école de la confiance, NDLR). La mise en œuvre débute ; nous sommes en phase ascendante (…) Sur le plan des principes juridiques, il me semble qu’on est allé à un certain stade qui est le bon. »

Une solution de facilité qui se trompe de cible

L’interdiction de l’instruction en famille n’est pas la réponse à l’existence de formes clandestines d’endoctrinement hors du contrôle de l’État. Les enfants « hors radar », pris en charge dans des « écoles de fait » non déclarées, ou les enfants en décrochage scolaire ne font par définition pas partie de ceux instruits en famille, qui sont quant à eux suivis et contrôlés par l’État. Une telle interdiction ne permettrait pas non plus de prévenir la dérégulation sociale (isolement — y compris vis-à-vis de la famille —, perte de sens et d’estime de soi) qui fait le lit de la radicalisation.

En conclusion

L’interdiction de l’instruction en famille serait non seulement profondément injuste pour les milliers de parents qui ont choisi d’instruire leurs enfants en famille dans le respect des principes républicains, mais aussi inconstitutionnelle.

Se crisper sur des politiques autoritaristes par facilité sonne comme un aveu d’impuissance de l’exécutif. Nous appelons le président de la République, élu sur des idées de progressisme et de pluralisme, à faire preuve de créativité et de rationalité pour garantir le respect des libertés fondamentales en France, et en particulier la liberté d’enseignement.

Restreindre les libertés fondamentales, c’est affaiblir l’état de droit et par là même porter inéluctablement atteinte aux principes républicains au lieu de les renforcer.

Pour les associations et collectifs représentant les familles instruisant leurs enfants :

Claudia Renau, éditrice, ex-professeure agrégée d’histoire-géographie, association Les Enfants d’Abord
Alix Fourest, ingénieure en informatique, association Libres d’Apprendre et d’Instruire Autrement
Denis Verloes, chef de projet multimédia, Fédération pour la Liberté du Choix de l’Instruction et des Apprentissages
Laurence Fournier, ex-institutrice, collectif L’école est la maison
Armelle Borel, auto-entrepreneure, association Union Nationale pour l’Instruction et l’Épanouissement
Thérèse Louvel, ex-enseignante de Lettres, association Choisir d’Instruire Son Enfant

Source : Médiapart


Dans quelle mesure l'orientation politique et le sexe déterminent-ils les valeurs de la tour d'ivoire ?

Une étude d’une équipe en psychologie de l’Université d’État de New York a interrogé près de 200 universitaires de partout aux États-Unis et leur a demandé d’évaluer dans quelle mesure ils accordent la priorité à chacune des cinq valeurs universitaires suivantes :

  • la rigueur scientifique,
  • le progrès des connaissances,
  • la liberté universitaire,
  • le bien-être émotionnel des élèves,
  • la « justice sociale ».

L’équipe a demandé à ces professeurs de préciser leur sexe, de leur orientation politique, de leurs traits de personnalité de base (ouverture, conscience, extraversion, amabilité et stabilité émotionnelle) et de leur domaine d’études. Confirmant les résultats que suggérait le professeur Jonathan Haidt (voir vidéo), plusieurs de ces variables étaient fortement liées à l’orientation politique des universitaires.

Voici quelques points saillants des résultats :

Les professeurs relativement conservateurs valorisaient la rigueur scientifique et l’avancement des connaissances plus que les professeurs relativement libéraux.

Les professeurs relativement libéraux valorisaient la « justice sociale » et le bien-être émotionnel des étudiants plus que les professeurs relativement conservateurs.

Les professeurs s’identifiant comme des femmes avaient aussi tendance à privilégier, relativement, la « justice sociale » et le bien-être émotionnel (par rapport aux professeurs qui s’identifiaient comme des hommes).

Les professeurs de commerce accordaient une importance relative à l’avancement des connaissances et à la rigueur académique, tandis que les professeurs en éducation mettaient un accent relatif sur la justice sociale et le bien-être émotionnel des étudiants.

Indépendamment de ces autres facteurs, les professeurs relativement aimables ont tendance à mettre davantage l’accent sur la justice sociale et le bien-être émotionnel des étudiants.

L’étude se conclut sur une discussion qui se concentre en grande partie sur la façon dont ces données sont cohérentes avec un portrait hautement politisé du monde universitaire américain. Une tour d’ivoire où l’orientation politique, le sexe biologique, la personnalité et le domaine d’études façonnent de manière importante les valeurs des professeurs.