mercredi 26 juin 2019

« Femmes célibataires sans enfant sont plus heureuses » ? Les données montrent plutôt l'inverse...

Plusieurs médias (voir les illustrations qui émaillent ce billet) ont rapporté ces dernières semaines que les femmes célibataires sans enfant étaient le groupe le plus heureux de la population.

Ces affirmations proviennent d’un chercheur britannique en sciences du comportement, Paul Dolan (ci-contre). Il ne cachait pas son enthousiasme par rapport à cette découverte : c’est « très bon pour l’environnement ! » (voir extrait d’un article de Métro ci-dessous).

Cependant, lorsqu’on s’attarde aux données utilisées par ce chercheur, on constate que ses conclusions sont erronées et que les données indiquent plutôt l’inverse de ce qu’il avance.

Notons que les résultats de cette étude proclamant que le bonheur des femmes était dans le célibat et la stérilité semblaient aller à l’encontre de plusieurs études passées, notamment :



Cette nouvelle est partie d’un article du quotidien britannique progressiste The Guardian qui relayait  les affirmations du chercheur Paul Dolan.



Le quotidien progressiste relatait que Paul Dolan a déclaré que « le sous-groupe de la population le plus heureux est celui des femmes qui ne se sont jamais mariées et qui n’ont jamais eu d’enfants ». Selon le chercheur, le mariage aurait des répercussions positives sur la santé des hommes, mais négatives sur la santé des femmes.

Dans son livre paru en 2019, Happy Ever After, Dolan avançait plusieurs affirmations provocantes sur l’association entre mariage et bonheur, suggérant que les femmes célibataires étaient plus heureuses que les femmes mariées. En faisant la promotion du livre, il a déclaré : « Les personnes mariées sont plus heureuses que les autres sous-groupes de la population, mais seulement lorsque leur conjoint est dans la pièce quand on leur demande à quel point elles sont heureuses. Lorsque le conjoint n’est plus présent, elle est f* ! % trement malheureuse. » Comme nous le verrons ci-dessous, des spécialistes des sciences sociales ont rapidement souligné que cette conclusion reposait sur l’incompréhension du terme « conjoint présent » dans l’American Time Use Survey. Dolan a par la suite rétracté sa déclaration erronée.



Le chercheur a également affirmé que les femmes mariées sont heureuses lorsque leur conjoint se trouve dans la pièce, mais se disent malheureuses dès qu’il est absent.

Des erreurs dans l’interprétation des données

Pour appuyer ses affirmations, le chercheur Paul Dolan s’est basé sur les données de l’American Time Use Survey (ATUS). Ces données sont recueillies par le gouvernement américain pour étudier comment divers segments de la population utilisent leur temps ainsi que leur niveau de bonheur durant leurs activités quotidiennes.


L’économiste Gray Kimbrough, professeur associé à l’American University, qui a aussi étudié les données de l’ATUS, estime que le professeur Paul Dolan s’est trompé à plusieurs niveaux. « Si on fait l’exercice correctement, on constate que [les conclusions] vont dans le sens contraire », explique M. Kimbrough.

Dans un premier temps, les données utilisées ne comparent pas les femmes qui ont eu des enfants avec celles qui n’ont jamais eu d’enfants, mais plutôt celles qui ont des enfants à la maison et celles qui n’ont pas d’enfants à la maison.

Ainsi, les conclusions tirées par le professeur Dolan ne concernent pas que les femmes qui n’ont jamais eu d’enfants, mais aussi celles qui ont des enfants qui vivent ailleurs.

De plus, en se penchant sur les données de l’ATUS (Nouvelle fenêtre), on constate que les femmes non mariées sans enfant à la maison sont en fait légèrement moins heureuses que les autres, contrairement à ce qu’affirme Paul Dolan.

Mais selon l’économiste Gray Kimbrough, il faut éviter de faire des généralisations à partir de ces données.

C’est très difficile de tirer des conclusions en comparant les femmes mariées avec les femmes non mariées. Même si on a des informations détaillées sur leur niveau de bonheur, il y a tellement d’autres facteurs.


Selon M. Kimbrough, Paul Dolan se serait aussi trompé lorsqu’il a dit que les femmes mariées ne sont heureuses qu’en présence de leur conjoint et qu’elles seraient malheureuses dès que ce dernier quitte la pièce. Gray Kimbrough explique que lorsque l’ATUS utilise le terme « conjoint absent », il est question d’un conjoint qui ne réside plus au même domicile que sa femme, et non pas d’un conjoint momentanément absent.

Quant à savoir si le mariage a des effets positifs sur les hommes et négatifs sur les femmes, Gray Kimbrough considère que Paul Dolan s’est aussi trompé sur ce plan.

Paul Dolan affirmait également que les femmes mariées « meurent plus tôt » alors que les études tendent plutôt à montrer l’inverse.
D’ailleurs selon une des études citées par le professeur Dolan dans son livre (ci-dessous), le mariage a des répercussions positives sur la santé des femmes, mais cet effet est moins marqué que chez les hommes.
 

Les personnes mariées légèrement plus heureuses, mais niveau de bonheur relativement semblable pour tous

Alors, quel groupe de la population est le plus heureux ? Selon Gray Kimbrough, bien qu’il y ait quelques variations dans le niveau de bonheur entre chaque groupe (homme ou femme, marié ou non marié, avec ou sans enfant), ces différences sont minimes.

En effet, l’ATUS note le niveau de bonheur sur une échelle de 1 à 6 et tous les groupes sondés se situent en moyenne entre 4,1 et 4,4.

Nous sommes tous raisonnablement heureux, mais pas incroyablement heureux en tout temps. Ceci est vrai pour plusieurs groupes. Les gens sont à peu près tous au même niveau de bonheur.

Le choix de se marier ou celui d’avoir ou non des enfants sont des sujets qui peuvent susciter

Dans un courriel envoyé à une journaliste du site Vox, Paul Dolan indique qu’il a « effectivement mal interprété » les données concernant la présence du conjoint à domicile. Il explique que son livre sera corrigé pour retirer l’affirmation selon laquelle les femmes mariées sont malheureuses dès que leur conjoint est absent.

Gray Kimbrough conclut de manière cinglante : « Il ne semble donc y avoir aucune preuve à l’appui des affirmations sensationnalistes [de Paul Dolan] parue dans la presse. Bien qu’il ait émis une rétraction pour une de ces affirmations, je pense que toutes devraient être retirées et corrigées. »

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Québec — La communauté anglophone a demandé de modifier le programme d'Histoire pour le rendre plus canadien et divers

La communauté anglophone a demandé des modifications au programme Histoire du Québec et du Canada de 3e et 4e secondaires, mais elle a obtenu un succès mitigé, a constaté Le Devoir après avoir parcouru des documents obtenus en vertu de la loi.

Destruction d’une partie de la ville de Québec à la suite des bombardements par la flotte anglaise en 1759, représentation par l’artiste Richard Short

Les « partenaires du réseau de l’éducation de la communauté anglophone » ont reproché au ministère de l’Éducation de relater l’histoire du Québec à travers un « cadre national ». À leurs yeux, le programme est « beaucoup, beaucoup centré sur l’évolution des Canadiens français au Québec ». Ce faisant, le ministère de l’Éducation « propose une orientation qui sied mal à la diversité de la société et les diverses interprétations », ont-ils déploré durant la révision du programme à l’hiver 2017.

Parmi eux, le Comité d’orientation pédagogique du réseau scolaire anglophone du Québec (COPRSAQ) s’est plaint d’une insuffisance de contenu sur l’histoire du reste du Canada. « La place de l’histoire du Canada (hors Québec) dans le programme provisoire ne suffit pas », a-t-il fait valoir selon un compte-rendu d’une rencontre organisée par le ministère de l’Éducation en janvier 2017.


Le Devoir a patienté 172 jours pour mettre la main sur le document, et ce, même si la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics prévoit un délai maximal de 30 jours.

La responsable de l’élaboration du nouveau programme d’histoire a répondu au COPRSAQ que « l’histoire du Québec s’inscrit dans le contexte sociohistorique canadien, nord-américain et mondial ». « Le territoire québécois actuel a toujours, depuis 1534, comporté le nom “Canada” dans son appellation, mis à part un intermède », a-t-elle ajouté.

Effacer la guerre de la Conquête

L’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ) regrette l’utilisation du vocable « guerre de la Conquête » pour désigner le conflit qui a mené à la chute de la Nouvelle-France (1754-1760). « La guerre de la Conquête, terme rarement utilisé en anglais, n’est qu’un siège de la guerre de Sept Ans (sic). Il ne s’agit pas d’une volonté de conquête envers les Canadiens, mais bien d’un conflit entre deux empires coloniaux », a-t-elle plaidé auprès du ministère de l’Éducation.

Le directeur général de l’APEQ, Sébastien Joly, préconise une vision plus « nuancée » de l’affrontement ayant entraîné la déportation des Acadiens et la destruction d’une partie de la vallée du Saint-Laurent. « Il y a différentes façons d’interpréter la chose, [autres] que [celle selon laquelle] ce sont les méchants Britanniques qui ont conquis les Français de Nouvelle-France pour les assujettir », souligne-t-il dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. « C’est un peu plus complexe que ça. Il y a différentes théories sur chaque événement historique, mais je pense qu’on se rapproche davantage de la vérité historique. »

Pour M. Joly, le malaise des Anglo-Québécois à l’égard du programme d’histoire de 3e et 4e secondaire dépasse le récit du changement de régime de 1760. Il souligne l’oubli des patriotes anglophones de 1837-1838 par le ministère de l’Éducation. « C’est un mouvement qui est plus démocratique que de libération des Canadiens français », mentionne-t-il à l’autre bout du fil. « On présente les événements liés à une trame narrative nationaliste canadienne-française, québécoise. »

L’association de quelque 8000 membres a aussi sourcillé en lisant que « René Lévesque rentre bredouille » des conférences constitutionnelles précédant le rapatriement de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique en 1982. « Le texte laisse entendre que le Québec n’a retiré aucun avantage au rapatriement de la Constitution », ce qui est faux, selon elle. Le ministère a réécrit le passage du programme.

Les Québécois n’ont-ils pas en effet gagné une Charte des droits et libertés assortie d’une disposition de dérogation ? « Tout compte fait, la fameuse “clause dérogatoire” et la Charte des droits et libertés se sont plutôt avérées des cadeaux de Grec [empoisonné] en regard des revendications historiques du Québec », répond l’historien Gilles Laporte.

Mordecai Richler, artiste francophone !

D’autre part, le COPRSAQ et l’Association des directeurs généraux des commissions scolaires anglophones du Québec (ADGCSAQ) ont demandé que Mordecai Richler soit ajouté à une courte liste d’artistes francophones.

Aux yeux de M. Laporte, cette demande d’ajout pourrait « s’apparenter à de la provocation ». « L’essentiel de son œuvre est en anglais et ses quelques (trop) célèbres remarques à propos des Canadiens français devraient suffire à le disqualifier », indique le chargé de cours et porte-parole de la Coalition pour l’histoire.

Le ministère de l’Éducation a tout de même acquiescé à la demande commune du COPRSAQ et de l’ADGCSAQ. Au lendemain de la Révolution tranquille, « le milieu culturel, doté d’une première politique, est effervescent avec les Pauline Julien, Félix Leclerc, Alfred Pellan, Mordecai Richler et Michel Tremblay, notamment », peut-on lire dans la nouvelle mouture du programme Histoire du Québec et du Canada de 3e et 4e secondaire.

Source

lundi 24 juin 2019

dimanche 23 juin 2019

Vision d'avenir : la Libra — la nouvelle devise électronique de Facebook


Extraits d’un texte de Stéphane Germain (Causeur)

Jadis libertarien, le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg réclame désormais un meilleur contrôle d’internet par les États. Si le PDG du réseau social aux 2 milliards d’utilisateurs se pose en défenseur de la démocratie contre les « contenus haineux ».


Mark Zuckerberg, jadis chantre du libertarisme d’internet, a surpris tout le monde en réclamant le 30 mars1 une intervention plus forte des États dans la régulation de la Toile. Il a récidivé le 10 mai, en allant à l’Élysée baiser la babouche du président Macron qui souhaite que la France invente pour l’Europe un nouveau modèle de régulation d’internet. Sur sa lancée, Zuckerberg approuvait l’« appel de Christchurch » contre les [citations de] contenus terroristes ou extrémistes, lancé à Paris le 15 mai à l’initiative concertée de plusieurs dirigeants et copiloté par la Première ministre néozélandaise et Emmanuel Macron en personne.

L’adulescent le plus puissant de la planète en appelle donc désormais aux gouvernements pour mieux protéger les données et la vie privée des milliards d’utilisateurs de la toile. Plus globalement, il se pose en défenseur de la démocratie en invitant les autorités à l’aider à protéger les citoyens des « contenus haineux » et à préserver les élections des manipulations occultes dont les algorithmes de Facebook ont joué dernièrement les idiots utiles. De Trump ou Zuckerberg, l’idiot n’était peut-être pas celui qu’on croyait…

[...]

La bonne volonté affichée par le patron du média le plus puissant de la planète ne va cependant pas jusqu’à la revente des « sous-réseaux sociaux » qu’il a acquis — Whatsapp (1,5 milliard d’utilisateurs) ou Instagram (1 milliard). Du reste, on attendra encore longtemps un engagement de l’un des quelconques patrons des Gafam [Google Apple Facebook Amazon Microsoft] visant à cesser de racheter toute jeune entreprise prometteuse susceptible de lui faire concurrence. [...]

Quant aux États, ils auraient tort de prendre pour argent comptant les déclarations d’un gamin devenu plus puissant que la plupart d’entre eux — concédons que ceux qui disposent de l’arme nucléaire peuvent encore lui tenir tête. Après avoir appelé à une plus grande régulation de la toile par les gouvernements légitimes — sans rigoler — Zuckerberg a confirmé son intention de créer une cryptomonnaie sur le modèle du bitcoin. Offrir à deux milliards d’homo economicus la possibilité de commercer à l’aide d’une devise échappant au contrôle de tout État s’apparente à une déclaration de guerre contre l’un des derniers privilèges régaliens de nos vieilles Nations. Si l’on considère que lui et ses homologues des Gafam se rient depuis des années de la fiscalité en jouant à une espèce de saute-mouton, où la dernière étape est toujours un paradis fiscal, on incitera nos dirigeants à la plus grande méfiance. Le changement de pied de Zuckerberg devrait plutôt les amener à prendre conscience de l’aporie créée par ces hydres transnationales. Devenues des Stasi 2.0 privées, mais « cool », on ne peut ni les arrêter ni les laisser se développer.

Le plus surprenant, finalement, c’est que nous, citoyens, laissions faire et même encouragions. À quel scandale aurions-nous assisté si, dans les années 1990, France Télécom avait annoncé que l’opérateur enregistrait toutes nos conversations téléphoniques ? Aurions-nous accepté que la poste, jadis, lise et photocopie tous nos courriers ? C’est pourtant ce que font les Gafam depuis vingt ans dans l’indifférence générale. Ces groupes exercent désormais à l’échelle de la planète des missions de service public qui leur ont été abandonnées avec une inconséquence dramatique.

Les États-Unis ont su par le passé démanteler des sociétés dont le monopole leur semblait menaçant. ATT régnait jusqu’en 1982 sur le téléphone de 300 millions d’Américains, avant d’être scindée en plusieurs entités. L’ex-géant du téléphone fait pourtant figure de nabot inoffensif si on compare sa domination à celle exercée par Google ou Facebook. Les Gafam, qui enregistrent tous les faits et gestes de milliards d’individus, auraient logiquement dû, eux aussi, tomber sous le coup du Sherman Antitrust Act. Si les Américains hésitent à recourir à cette arme, c’est à cause de leurs concurrents chinois, les BATX, bien utiles au gouvernement dans la course à l’intelligence artificielle (côté face) et dans la mise en place d’un État policier (côté pile).

L’Europe [et le Québec] n’a plus beaucoup de temps pour échapper au destin qu’elle semble avoir accepté avec résignation : devenir une colonie numérique américaine, régie par les dogmes californiens en matière de mœurs et de société. Voilà un argument dont pro et anti-européens auraient dû s’emparer à l’occasion des élections du 26 mai dernier. Certes, seule la taille du continent peut faire le poids pour créer un Amazon ou un Facebook de ce côté-ci de l’Atlantique — un bon argument pour les pros. Mais comment ne pas s’étonner que notre indépendance numérique, essentielle, ait pu être autant négligée par une Union européenne décidément pusillanime dès qu’il s’agit de défendre ses intérêts vitaux ? En attendant, une chose devrait être claire : il ne faut pas faire confiance à Zuckerberg et consorts.

France — Bac d’histoire: « Lycéens, répétez après moi, la construction européenne c’est le progrès ! »

«La gouvernance européenne depuis le traité de Maastricht»: ce sujet du Bac d’histoire prouve, selon Barbara Lefebvre, à quel point l’enseignement de l’histoire se confond avec le commentaire d’actualité. Au risque d’y perdre en culture historique et en objectivité.


Barbara Lefebvre est enseignante et essayiste, auteur de Génération «j’ai le droit» (Albin Michel, 2018) et C’est ça la France (Albin Michel, 2019).

Les candidats bacheliers de la section S ont eu à se pencher cette année sur un sujet qui a interpellé ceux qui ne sont pas à jour des dérives ultra-contemporanéistes de nos programmes scolaires: «La gouvernance européenne depuis le traité de Maastricht».

«Ce n’est pas un sujet d’histoire!» me suis-je ainsi entendu dire. Hélas, eu égard aux thèmes grandiloquents qui figurent au programme, ce sujet s’inscrit bien dans cet enseignement disciplinaire. On pourra néanmoins s’interroger sur sa part d’historicité, qui finalement recouvre seulement les vingt-sept dernières années de l’Europe, avec des enjeux inscrits dans une hyper-actualité rendant toute prise de distance difficile pour un élève de dix-huit ans à peine. On se demandera en effet quel regard critique un bachelier peut poser sur la notion de gouvernance européenne, sur celle de supranationalité induisant la perte de souveraineté des nations intégrées au projet de l’Europe maastrichtienne. Les bacheliers ont-ils les moyens d’interroger les enjeux du référendum de 2005 et les modifications profondes apportées en 2009 par le traité de Lisbonne?

Les enjeux du sujet sont inscrits dans une hyper-actualité rendant toute prise de distance difficile pour un élève de dix-huit ans

Dès lors, on comprend que certains parents, certains observateurs puissent trouver un tel sujet fort peu «historique» (au sens d’une analyse raisonnée et critique des faits passés) et bien plus politique, sinon propagandiste. En effet, les attendus pour obtenir une note correcte ne sont pas orientés vers une approche critique de la construction européenne, mais vers une restitution du «récit linéaire européen» appris par cœur: il faut toujours plus d’Europe pour que l’Europe réussisse. Il est d’ailleurs piquant de constater que ceux, parmi les progressistes de tous bords, qui fustigent le prétendu «roman national» et appellent à «dénationaliser l’histoire de France», sont les ardents promoteurs du «roman européen». La construction européenne est en effet décrite comme une longue marche vers le progrès, la paix et la béatitude du libre-échange sans entrave que de mauvais génies «nationalistes» animés de «passions tristes» viendraient troubler, formant de terrifiants desseins pour nous ramener «aux heures sombres de notre histoire». Nos programmes au collège comme en lycée, et ce sujet de bac, témoignent de ce «roman européen», mais personne n’aurait l’idée d’en ébaucher une critique historiographique et historique.


Au fil des années, parce qu’il faudrait que l’école soit de son temps, l’enseignement de l’histoire contemporaine est devenu une activité de commentaire du temps présent, à cheval entre le journalisme bien-pensant et la vulgate du Monde diplo (pour les questions de géopolitique internationale). Les quatre thèmes au programme en Terminale parlent d’eux-mêmes: le rapport des sociétés à leur passé (traduire par «le culte mémoriel et son camaïeu d’histoires victimaires»), idéologies et opinions en Europe de la fin du XIXe à nos jours (centré sur l’Allemagne et la France depuis 1875, ce qui nuance nettement la localisation ambitieuse de l’intitulé), puissances et tensions dans le monde de 1918 à nos jours (traduire par «brosser un siècle de géopolitique internationale en vingt heures de cours»), les échelles de gouvernement dans le monde de 1945 à nos jours (à savoir l’échelle de l’État-nation avec la France comme exemple, l’échelle continentale avec l’Union européenne, l’échelle mondiale avec «la gouvernance économique mondiale» sic). Ces thèmes sont révélateurs de la dérive tant géopolitique que mémorielle de l’enseignement de l’histoire contemporaine, qui s’apparente de plus en plus à des sciences politiques de café du commerce.

Au fil des années l’enseignement de l’histoire contemporaine est devenu une activité de commentaire du temps présent.

Les autruches-idéologues en fonction au ministère, au Conseil supérieur des programmes, dans les établissements de formation des enseignants (Espé) ou au sein de l’Inspection générale, nous répètent en boucle comme une méthode Coué: «le niveau ne baisse pas, certes nos bacheliers ne savent pas les mêmes choses que leurs aînés mais ils savent bien d’autres choses puisqu’ils sont ouverts sur le monde grâce aux nouvelles technologies». Or la réalité observable par tout enseignant intellectuellement honnête et par tout parent d’élève lucide est différente. Les enseignants du Supérieur constatent tous en accueillant les étudiants de première année que les niveaux de culture générale, de maitrise de la langue écrite, de compréhension de textes complexes, sont en chute libre. Qu’ils ne sont en rien compensés par l’agilité numérique ou la capacité d’exprimer sa pensée en 140 signes sur Twitter en langue onomatopée-inclusive. Dernier exemple en date de la bêtise couplée à l’arrogance: des candidats de sections ES et S lancent actuellement une pétition pour «dénoncer» un sujet de français jugé trop difficile (un poème d’Andrée Chédid). Ils vont jusqu’à employer le terme «humiliation» pour exprimer leur ressenti! Ils s’insurgent aussi du fait que la plupart d’entre eux n’ont pas compris que l’auteur était une femme et ont donc fait un contresens … Et oui, car un bachelier en 2019 connaît et tolère tous les prénoms saugrenus (dont les parents affublent leur chérubin pour «être original et différent»), mais il n’est pas en mesure de savoir que le «e» d’Andrée marque la féminité de celle qui porte ce prénom. L’élève a donc «le droit» de se plaindre.

La déculturation de masse des élèves produits par l’Éducation nationale depuis au moins trois décennies à force de pédagogie jargonneuse, de didactique prétentieuse, de «sciences de l’éducation» qui ont vidé les enseignements disciplinaires de substance autant que d’exigence intellectuelle, ne pouvait que conduire à cette ignorance généralisée qui rend indéchiffrable la course du monde. Tant d’individus sont emportés par le tourbillon de la mondialisation néolibérale dont ils ne comprennent pas les enjeux et les stratégies déshumanisantes. Or, ce monde obscur et inintelligible produit de la colère, née de l’impuissance, de la violence, née de l’inculture. Mais pour faire accepter la mondialisation et ses effets à ceux qui la subissent, l’enseignement de l’histoire est utilisé par les élites progressistes comme un instrument de prédiction des temps futurs: on ne rechigne ni aux anachronismes les plus grossiers, ni aux reductio ad hilterum tous azimuts. Là où les politiques à l’œuvre dans l’histoire scolaire de la IIIe République visaient à consolider la culture commune du passé national pour unifier la nation civique, ceux d’aujourd’hui usent de l’histoire pour fragmenter, atomiser, déraciner. L’histoire est de moins en moins la «science humaine» que les esprits rationnels de la seconde moitié du XIXe siècle espéraient fonder, elle est en train de revenir à ce qu’elle fut pendant des siècles: un récit émis par les pouvoirs en place pour se légitimer et perdurer, des chroniques apologétiques de l’action des élites dirigeantes. L’histoire quitte à pas de loup l’espace intellectuel d’une analyse critique du passé en constante réécriture, pour devenir un tribunal jugeant les hommes d’hier à l’aune des préoccupations sociales et politiques des hommes d’aujourd’hui.

On pouvait espérer que les nouveaux programmes d’histoire mis en œuvre à la rentrée prochaine pour la réforme du baccalauréat, retisseraient le fil d’une science historique en perdition… Hélas, les premières annonces faites en janvier sur les classes de Seconde et de Première ne sont guère rassurantes. Le biais chronologique annoncé n’est que de la poudre de perlimpinpin pour masquer la persistance de ces approches thématiques hyper ambitieuses qui accouchent toujours d’une souris. Derrière les mots rassurants de Jean-Michel Blanquer, la réforme du lycée et des programmes afférents a été imposée à marche forcée et sans réelle concertation avec les premiers concernés - à savoir les enseignants de terrain. De ce point de vue, le ministre Blanquer utilise la même méthode du «fait accompli» que son prédécesseur la ministre Najat Vallaud-Belkacem et sa réforme catastrophique des programmes du primaire et du collège que M. Blanquer n’a pas remise en question contrairement à ses engagements lors de sa prise de fonction en mai 2017.

On en revient toujours à la réalité de terrain: les programmes deviennent ce que les enseignants en font. Mais, élèves, parents d’élèves, observateurs doivent avoir à l’esprit qu’avec toujours moins d’heures d’enseignement et des programmes encyclopédiques irréalisables, les enseignants ne sauraient être tenus pour responsables de la pédagogie du survol et de la déconstruction du récit historique auxquelles les oblige leur hiérarchie. Ils ne peuvent pas davantage être jugés coupables de la perte de culture générale des nouvelles générations. Les enseignants font ce qu’ils peuvent avec les orientations politiques des programmes scolaires que des idéologues imposent. Et s’ils sont toujours plus nombreux à rêver d’une reconversion professionnelle, ce n’est pas sans raison.

La liberté universitaire, la censure et le politiquement correct

Qui est Diego Fusaro, dont l’invitation a aussi été annulée à Nice

https://fr.wikipedia.org/wiki/Diego_Fusaro


Et https://www.youtube.com/watch?v=jNMU0BRM4Mg

Annulation à Toulouse (prof proche de la Manif pour Tous)

https://www.ladepeche.fr/amp/article/2018/11/13/2905718-universite-toulouse-annule-venue-professeur-proche-manif-tous.html

Voir à Bobigny:

https://twitter.com/uejf/status/1092555115058421765?lang=fr

Une autre affaire à Cambridge (pas mentionnée dans la vidéo)

https://quillette.com/2019/05/02/camb...


Sur Stéphane Mercier à l’Université catholique de Louvain (catho tradi)

https://plus.lesoir.be/87950/article/2017-03-29/propos-anti-avortement-lucl-la-liberte-academique-menacee

Sur Mme Reynier, rectrice de l’académie d’Orléans-Tours.
« Enfants d’immigrés » : quand la rectrice d’Orléans dérape », Le Nouvel Observateur, 20 juin 2011.

« EELv dénonce des propos du recteur sur « les enfants issus de l’immigration» , Le Parisien, 19 juin 2011.

« La rectrice de l’académie Orléans-Tours s’ex- plique », Le Nouvel Observateur, 22 juin 2011.



Livre de J. S. Mill, De la Liberté [on ne peut croire aux experts dans des domaines que nous ne maîtrisons pas que parce qu'il y a la liberté d'expression garantie à leurs potentiels contradicteurs, exemple sur la théorie de Newton et sa remise en cause moderne]


Livre de Mearsheimer et Walt

Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine
John MEARSHEIMER, Stephen M. WALT

https://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_lobby_pro_isra__lien_et_la_politique___trang__re_am__ricaine-9782707157010.html

Sur les attaques au gaz en Syrie

En 2013: https://www.les-crises.fr/la-maison-blanche-a-publie-un-rapport-de-renseignement-manifestement-faux-trompeur-et-amateur-par-theodore-postol/

Et en 2018:
http://accuracy.org/release/postol-newly-revealed-documents-show-syrian-chemical-attacks-were-staged/

Sur la censure concernant le climat (3 exemples parmi d’autres)
Vingt-cinq Académiciens s’opposent à une censure climatique
https://www.valeursactuelles.com/politique/vingt-cinq-academiciens-sopposent-une-censure-climatique-108074

Le témoignage de Roger Pielke Jr

https://threadreaderapp.com/thread/987052536883376128.html

Ross McKitrick: Ce scientifique a prouvé que le changement climatique ne causait pas de conditions climatiques extrêmes - les politiciens ont donc attaqué

https://business.financialpost.com/opinion/ross-mckitrick-this-scientist-proved-climate-change-isnt-causing-extreme-weather-so-politicians-attacked

Sondage sur la peur de s’exprimer en public en Allemagne:
Seuls 18% des Allemands se sentent libres d'exprimer leur opinion en public
[Notons que plus de 31 % des Allemands ne se sentaient même pas libres de s’exprimer en privé et entre amis. Seulement 17 % se sentaient libres de s’exprimer sur Internet et 35 % ont déclaré que la liberté de parole était confinée au plus restreint des cercles privés.]

https://www.welt.de/politik/article193977845/Deutsche-sehen-Meinungsfreiheit-in-der-Oeffentlichkeit-eingeschraenkt.html

https://jonathanturley.org/2019/05/28/poll-on-18-percent-of-german-feel-free-to-voice-views-in-public/

Le troublant copier-coller du « Un million d'espèces animales et végétales menacées d'extinction »

Selon Radio-Canada qui reprend une dépêche de l’AFP : « Déjà un million d’espèces menacées d’extinction et le rythme s’accélère : la nature, qui permet à l’humanité de vivre, est condamnée à poursuivre son déclin à moins d’“un changement profond” des modèles de production et de consommation des hommes.

Dans un rapport sans précédent publié lundi, le groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES) peint un tableau sombre de l’avenir de l’être humain, qui dépend de la nature pour respirer, boire, manger, se chauffer ou se soigner.

“Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier”, décrit Robert Watson, président de l’IPBES.

Déforestation, agriculture intensive, surpêche, urbanisation galopante, mines : 75 % de l’environnement terrestre a été “gravement altéré” par les activités humaines et 66 % de l’environnement marin est également touché.

Résultat : environ un million d’espèces animales et végétales sur les quelque huit millions estimées sur Terre sont menacées d’extinction, dont “beaucoup dans les prochaines décennies”. »



Le journaliste Toby Young du Spectator s’est penché sur cette histoire alarmiste pour la biodiversité et sur l’affirmation selon laquelle un million d’espèces devraient disparaître à moins d’un changement de notre mode de vie et de notre modèle économique.

Young semble avoir fait quelques brèves recherches et a montré que les estimations sous-jacentes, parrainées par l’ONU, sont bidons. Les auteurs du rapport ont extrait certaines données de la « liste rouge » officielle des espèces menacées et les ont soumis à des extrapolations que les auteurs de cette même liste rouge disent qu’il ne faut justement pas faire. Ils ont ensuite publié un communiqué de presse quelque peu hystérique, mais pas le rapport sous-jacent.



C’est une histoire familière pour quiconque s’intéresse à l’écologisme, mais Young a été plutôt surpris, à la fois par la médiocrité de la recherche et par la façon dont la presse l’a traitée. Après tout, si de brèves recherches ont révélé à Young (avec un diplôme en politique, philosophie et économie) que certaines recherches dites scientifiques sont absurdes, les nombreux autres journalistes auraient sans doute dû remarquer que des aspects de ce rapport alarmiste clochaient. Mais voilà, de nombreux journalistes scientifiques sont eux-mêmes militants (ils se considèrent simplement comme « responsables ») se voient comme faisant partie du mouvement écologiste et il est donc mal vu (« peu responsable ») de poser des questions qui pourraient démobiliser les gens. Ainsi, les journalistes scientifiques des différents médias ont-ils simplement repris ce communiqué de presse ou l’ont rapidement réécrit avec leurs propres mots. Très peu semblent avoir gratté ou posé de questions, nous ne connaissons que le cas de Toby Young.


Dans une certaine mesure, le problème peut être imputé au manque de connaissances scientifiques de la presse. La plupart des gens qui tiennent les colonnes science-environnement dans les médias sont des diplômés en sciences humaines (Stephen Guilbeault a fait des études en théologie) et auraient du mal à remettre en question de nombreux communiqués de presse qu’ils retranscrivent fidèlement. Toutefois, le cas de Toby Young démontre qu’un esprit curieux peut faire une grande différence. Mais les journalistes scientifiques ne sont pas très curieux, la plupart d’entre eux sont à l’aise dans leur foi écologiste, ils sont écoresponsables.

Les personnes sensées devraient prendre avec une énorme poignée de sel toutes les manchettes sensationnalistes scientifiques que les médias reprennent, en particulier ceux qui relatent de « nouvelles études ». Devant ces dépêches sensationnalistes, il vaut mieux chercher l’opinion de sceptiques dans les médias alternatifs ou sociaux pour mettre en perspective ces unes à sensation. Ces gros titres sont généralement réfutés le jour même par de mauvais coucheurs de sceptiques, malheureusement pas avant que les médias grand public aient fait des dégâts dans l’opinion publique qui ne se souviendra que de la manchette alarmiste. Ces médias ne donnent jamais la même ampleur à des corrections tardives, si tant est qu’ils les publient.



Extrait de l’article de Toby Young

J’ai décidé de creuser un peu pour voir si un million d’espèces « risquent de disparaître au cours des prochaines décennies », comme l’a dit la BBC. Cette affirmation se fonde sur un rapport de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) de l’ONU, mais ce rapport n’a pas encore été publié. Tout ce que j’ai réussi à trouver en ligne fut un communiqué de presse publié par la IPBES et un « résumé » du rapport « à l’intention des décideurs ». Le communiqué de presse indique : « Le rapport révèle qu’environ un million d’espèces animales et végétales sont menacées de disparition, dont beaucoup au cours des décennies. » Il ne fournit aucune source au-delà du rapport non encore publié, mais le résumé indique clairement qu’il est en partie basé sur les données de la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Le site Web de la Liste rouge de l’UICN indique que « plus de 27 000 espèces sont “menacées d’extinction” ». Alors, comment l’IPBES est-il arrivé au chiffre d’un million ? Le passage essentiel dans le résumé destiné aux décideurs politiques se lit comme suit : « Environ 25 % des espèces appartenant à des groupes d’animaux et de plantes évalués sont menacées, ce qui suggère qu’environ un million d’espèces sont déjà menacées de disparition, dont beaucoup dans des décennies, si aucune mesure n’est prise. » Le mot « suggérant » est essentiel. Le site Web de la Liste rouge indique que 98 500 espèces ont été « évaluées » — et l’IPBES a déterminé le pourcentage d’espèces sur un total de 98 500 et a multiplié les 27 000 en conséquence. C’est un calcul difficile à faire, étant donné que le nombre d’espèces dans le monde est inconnu... L’estimation la plus fiable est de 8,7 millions (avec une marge d’erreur de plus ou moins 1,3 million), mais même les compilateurs de cette statistique reconnaissent que 86 % de toutes les espèces terrestres et 91 % des espèces marines n’ont pas encore été découvertes, décrites et répertoriées.

Comment l’IPBES est-il parvenu au chiffre magique d’un million ? Il semble que nous devions simplement le croire sur parole, ce que la BBC a dûment fait. Qu’en est-il de l’affirmation de l’IPBES selon laquelle « environ 25 % des espèces… sont menacées » ? Cela semble un peu pessimiste, étant donné que le nombre de mammifères disparus au cours des 500 dernières années est d’environ 1,4 % et qu’un seul oiseau a connu le même sort en Europe depuis 1852. Ce n’est pas mal si l’on considère l’ampleur de la croissance économique au cours des 167 dernières années. Alors, que veut dire « menacé » ? L’IPBES utilise la définition de l’UICN, qui est « à haut risque d’extinction dans la nature ». De manière peu vraisemblable, l’UICN inclut dans cette catégorie les espèces qu’elle qualifie de « vulnérables », qu’elle définit comme faisant face à une « probabilité de disparition dans la nature » d’au moins 10 % ». Près de la moitié des espèces incluses par  l’IPBES dans son chiffre de 25 % appartiennent à cette catégorie « vulnérable ».

[...]

Le lecteur de nouvelles de la BBC, résumant le rapport (non publié) de l’IPBES, a déclaré que 40 % des amphibiens font partie des espèces « en danger d’extinction imminente ». Effectivement, ce chiffre de 40 % figure dans le communiqué de presse de l’IPBES et sur le site Web de la liste rouge. Mais environ un tiers de ces amphibiens entrent dans la catégorie « vulnérable ». Décrire leur extinction comme « imminente » est donc exagéré. C’est un peu comme si on disait que Manchester City risque 10 % d’être relégué dans les 100 prochaines années et qu’il risque donc d’être relégué de façon imminente. Pour ceux qui ne suivent pas le football anglais, Man City devrait être sacré champion de Premier League samedi.


L’analyse des données de la Liste rouge tend à démentir cet alarmisme

Les données de base proviennent de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources (UICN), qui répertorie toutes les espèces connues qui ont suivi le chemin du dodo et de la tourte voyageuse. L’examen de l’ensemble des données révèle une vision bien différente de cette tendance alarmiste à l’extinction imminente.

Ci-dessous, toutes les 529 espèces de la liste rouge répertoriées dont la date d’extinction est connue sont illustrées ci-dessous à la figure 2 par décennie d’extinction. Ce graphique révèle une histoire assez différente de celle avancée par le nouveau rapport. Au lieu d’une augmentation constante du nombre et du taux d’extinctions, nous constatons que les extinctions ont atteint leur maximum à la fin du XIXe siècle et au début du 20e siècle, suivies d’un déclin important qui se poursuit encore aujourd’hui. On pense que ce pic d’extinction coïncide avec l’introduction d’espèces non indigènes, principalement sur des îles (y compris l’Australie).

Extinction d’espèces par décennie de 1500 à 2009


Un examen plus approfondi des informations les plus récentes remontant à 1870 révèle que, au lieu d’une augmentation effrayante, les extinctions sont en train de régresser de manière significative.

Ce qui est évident, c’est que la tendance aux extinctions est à la baisse plutôt qu’en hausse, tout le contraire de ce que prétend le nouveau rapport. En outre, selon le rapport de l’IPBES, nous pouvons nous attendre à 25 000 à 30 000 extinctions par an, mais la moyenne des 40 dernières années est d’environ 2 espèces par an. Cela signifie que le taux devrait être multiplié par 12 500 à 15 000 pour atteindre les hauteurs vertigineuses prédites. On ne voit pas ce qui permet de prévoir une telle augmentation, ni même une petite fraction de cette hausse vertigineuse.

Graphique des extinctions d’espèces par décennie, à partir de la liste rouge



Cette nouvelle étude portant sur l’extinction des espèces animales et végétales n’est que le dernier exemple d’abus du processus scientifique conçu pour causer l’hystérie autour d’une apocalypse climatique imminente et forcer la main aux pouvoirs politiques et aux citoyens. La peur et l’alarme suscitées par de prétendues catastrophes imminentes doivent servir à imposer à une population rétive des politiques qui ne pourront qu’abaisser notre qualité de vie et notre vitalité économique.

Ironie poétique : ce nouveau rapport présente un problème épineux à tous ceux qui veulent sauver la planète de nos excès de dioxyde de carbone, car il indique que la perte d’habitat est la principale cause des extinctions prévues. Mais voilà, la solution préconisée habituellement pour lutter contre le CO2 consiste à recouvrir de vastes étendues de terres par des usines solaires de taille industrielle et à ériger d’immenses usines éoliennes qui couvriront les forêts et les prairies, tuant les oiseaux en danger et les autres espèces qu’ils prétendent sauver.

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Indonésie: le péril islamique au « pays de l'islam modéré »

De plus en plus de soldats désapprouvent la philosophie pluraliste des pères fondateurs de l’Indonésie. Pour le ministre de la Défense nationale, « Ce ne sera pas un problème aujourd’hui, mais dans les 20 à 30 prochaines années ». Dans le même temps, 23,4 % des étudiants universitaires soutiennent le djihad pour établir un État islamique.

Le patriotisme indonésien a été fondé en 1945 sur le « Pancasila » (/panʧaˈsiːla/), les 5 préceptes en sanscrit, ou 5 principes, qui sont : la croyance en un Dieu unique, une humanité juste et civilisée, l’unité de l’Indonésie, une démocratie guidée par la sagesse à travers la délibération et la représentation, la justice sociale pour tout le peuple indonésien. Le Pancasila est inscrit dans la Constitution.

Dans le discours fondateur de Soekarno, qui n’était pas encore président, le premier point était le cinquième et il était ainsi précisé : « Les chrétiens prient Dieu selon les préceptes de Jésus le Messie, les musulmans selon ceux du prophète de l’islam Mahomet, les bouddhistes selon leurs livres ».

Le Gedung Pancasila, où Soekarno prononça son discours « Lahirnya Pancasila » le 1er juin 1945

Les musulmans ont toujours trouvé que cette formulation ne convenait pas et dès le début ils ont voulu, par la « charte de Jakarta », ajouter : « avec obligation de suivre la loi de la charia pour les adhérents ». En 1956 les négociations pour une nouvelle Constitution n’ont pas abouti, et en 1959 le président Sukarno a déclaré que la déclaration de Jakarta était « dans l’âme de la Constitution ».

Mais, comme on le sait, l’« islam modéré » du « plus grand pays musulman du monde » est de moins en moins modéré et de plus en plus agressif. Une étude du ministère de l’Éducation le montre de façon éloquente : 23,4 % des étudiants universitaires sont d’accord avec l’idée que le djihad serve à établir un État islamique ou un califat, 23,3 % préférant un califat.

Selon Ryamizard Ryacudu, le ministre de la Défense, « ce n’est pas tellement un problème aujourd’hui, mais dans les 20 à 30 prochaines années… Si nous laissons cela se poursuivre, les dirigeants de demain pourraient être ces étudiants d’aujourd’hui, et s’ils deviennent président, général ou chef de la police, et qu’ils adoptent le califat, ce sera la fin de cette nation… Si le Pancasila échouait, la nation serait entraînée dans la même situation que le Proche Orient. »

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L'ONU révise à la baisse ses prévisions de la population mondiale

Les démographes de l’ONU ont revu à la baisse leurs prévisions de la population mondiale d’ici 2100.



La prévision publiée le 17 juin indique que l’ONU pense maintenant la Terre sera peuplée d’un peu plus de 9,7 milliards de personnes en 2050 et d’un peu moins de 10,9 milliards en 2100. Le premier chiffre est de 37 millions inférieur à la prévision de l’ONU publiée il y a deux ans. Le second chiffre portant sur 2100 dernier est de 309 millions plus bas — presque l’équivalent de la population des États-Unis.

Les taux de natalité diminuent plus rapidement que prévu dans certains pays en développement. À la fin des années 1980, le Kenya avait un taux de fécondité de 6,5 enfants par femme. Il y a deux ans, l’ONU estimait que le taux de fécondité du Kenya ne baisserait à 2,1 (le taux de remplacement de la population) qu’à la fin des années 2070. En raison de nouvelles données, il pense maintenant que le Kenya atteindra ce point dix ans plus tôt. L’Ouganda a également l’air moins fécond que prévu auparavant. Une faible réduction du taux de fécondité en Inde a un impact considérable sur les prévisions démographiques mondiales, car l’Inde compte près d’un sixième de la population mondiale.

Le modèle de population des Nations Unies suppose que les pays dont le taux de fécondité est bien inférieur à deux vont sous peu rebondir et revenir au taux de remplacement des générations. C’était la théorie de la transition « démographique ». L’Institut national d’études démographiques (INED) décrit la transition démographique comme « le passage d’un régime traditionnel où la fécondité et la mortalité sont élevées et s’équilibrent à peu près, à un régime où la natalité et la mortalité sont faibles et s’équilibrent également ». L’équilibre devait « magiquement » se rétablir. Pendant la transition entre les deux régimes, la natalité diminue moins vite que la mortalité, créant un fort accroissement naturel de la population.

Ce modèle qui sert de base aux prédictions de l’ONU a été critiqué de longue date, notamment par l’historien Pierre Chaunu décédé en 2009. L’observation de la transition démographique française a fait douter certains auteurs de l’universalité du schéma classique. En effet, en France on observe, à partir de 1750 et tout au long de la transition, une chute relativement conjointe et simultanée des taux de natalité et de mortalité, ce qui empêche la France de connaître un essor démographique rapide lors de cette transition. Une autre critique, généralisant l’évolution européenne ou de pays comme le Japon ou le Brésil, souligne que le taux de natalité à la fin de la transition, loin d’idéalement se stabiliser environ au niveau du taux de mortalité, poursuivrait sa baisse, provoquant un déclin démographique, précédé puis accompagné du vieillissement des populations.

Le modèle de prévision de la population mondiale prévoyait que les pays à très faible natalité (le Japon, l’Italie, l’Allemagne, le Canada) verraient leur fécondité remonter rapidement pour atteindre le taux de remplacement des générations. Même dans les pays où les bébés sont devenus rares depuis des décennies, la plupart des gens continuent de croire que la famille idéale contient deux voire trois enfants. En d’autres termes, même si les Canadiens ne font que 1,5 enfant par femme, les gens pensent que 2,5 enfants par femme constituent une famille idéale. Mais le rebond prédit par la transition démographique persiste à ne pas se produire de nombreux pays. C’est une des raisons qui ont amené les démographes de l’ONU à modifier leurs prévisions. Ils s’attendent maintenant à ce que certains pays à taux de natalité extrêmement bas, tels que l’Italie, le Japon et la Corée du Sud, le restent pendant des années. La Corée, qui a un taux de fécondité d’à peine 1,1 enfant/femme, devrait désormais ne plus compter que 30 millions d’habitants en 2100 alors que ce pays en compte 51 millions aujourd’hui.

Un autre changement concerne la mort. La plupart des gens vivent plus longtemps. La plus grande amélioration concerne l’Afrique de l’Est et australe, où le VIH est mieux traité. En Amérique, cependant, l’épidémie d’opioïdes, notamment, a fait augmenter le taux de mortalité, en particulier chez les hommes blancs. La probabilité qu’un garçon de 15 ans meure avant l’âge de 50 ans est maintenant plus élevée en Amérique qu’au Bangladesh.

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Discours malthusien des écologistes qui sévit en Occident et qui préconise de ne pas avoir d’enfants pour sauver la Terre


jeudi 20 juin 2019

Fécondité du Québec : 1,59 enfant/femme en 2018, était de 1,60 en 2017

On estime à 83 800 le nombre de naissances au Québec en 2018, un nombre semblable à celui enregistré en 2017 (83 855).

L’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,59 enfant par femme, en légère diminution comparativement à 1,60 en 2017, car la population du Québec a augmenté principalement par l’apport d’immigrants.

Les taux de fécondité poursuivent leur recul chez les femmes de moins de 30 ans et semblent se stabiliser au-delà de cet âge. À l’échelle régionale, la fécondité demeure la plus élevée dans le Nord-du-Québec (c’est la seule région avec une fécondité supérieure au taux de remplacement), tandis que les indices les plus faibles s’observent à Montréal et dans la Capitale-Nationale. C’est ce qui ressort de ce bulletin, qui accompagne la diffusion des données provisoires sur les naissances et la fécondité au Québec en 2018.

Il est né moins d’enfants au Québec en 2018 qu’en 1975 (96 298) alors que la population était alors de 6 330 303 alors que celle-ci est de 8 390 499 en 2018.



À titre comparatif, l’indice synthétique de fécondité était de 1,50 enfant par femme au Canada en 2017. Cette même année (dernière disponible dans la plupart des pays), l’indice était de près de 1,9 enfant par femme en France et se situait entre 1,7 et 1,8 enfant par femme aux États-Unis, dans plusieurs pays du nord de l’Europe (Suède, Danemark, Irlande), ainsi qu’en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il était de moins de 1,4 enfant par femme dans plusieurs pays du sud de l’Europe (Italie, Espagne, Portugal, Grèce), de 1,43 enfant par femme au Japon et de seulement 1,05 enfant par femme en Corée du Sud.

Cet indice est peut-être légèrement surestimé

Statistique Canada a récemment diffusé une série révisée des estimations démographiques. Cette révision visait principalement à arrimer les estimations de population aux comptes du Recensement de 2016 rajustés pour le sous-dénombrement net du recensement et les réserves indiennes partiellement dénombrées. Les nouvelles estimations révisent à la baisse la population totale du Québec comparativement aux estimations établies précédemment par Statistique Canada. Ce qui mécaniquement augmente l’indice de fécondité pour un même nombre de naissances.

Si la révision a été de faible ampleur en ce qui a trait aux années 2011 et précédentes, elle est majeure pour les années postérieures à 2011. Par exemple, au 1er juillet 2016, la nouvelle estimation compte 96 000 personnes de moins que l’estimation précédente. La révision à la baisse est globalement plus importante dans la population féminine que dans la population masculine. Elle est notamment plus marquée chez les femmes de 20 à 34 ans et chez celles de 75 ans et plus.

L’effet de la révision des estimations de la population est mineur en ce qui a trait aux indicateurs de nuptialité, mais plus marqué en ce qui concerne les mesures de fécondité et de mortalité. Étant donné la révision à la baisse de la population, le nouveau calcul entraîne une révision à la hausse des taux de fécondité et de l’indice synthétique de fécondité. Les taux de mortalité ont également été révisés à la hausse, ce qui a entraîné une révision à la baisse de l’espérance de vie. Les différences sont faibles jusqu’en 2011 et tendent à augmenter pour les années plus récentes. Comme la révision a touché de manière plus importante les estimations de la population féminine, les taux et indices associés aux femmes ont connu une modification plus marquée.

Il est à noter que les estimations de population « sont entachées d’une certaine marge d’imprécision », associée aux sources de données et aux méthodes utilisées (Statistique Canada, 2019). Dans le cas du Québec, une évaluation de l’Institut de la statistique du Québec s’appuyant notamment sur une comparaison avec des données administratives indique que les nouvelles estimations pourraient sous-estimer la population féminine, plus particulièrement aux âges à la maternité et aux âges élevés. Le cas échéant, cela entraînerait une surestimation de l’indice synthétique de fécondité, de même qu’une sous-estimation de l’espérance de vie des femmes. Par conséquent, une certaine prudence est de mise dans l’interprétation des résultats.

62 % des naissances hors mariage, 33 % avec au moins un parent né à l’étranger

Près de deux enfants sur trois (62 %) sont issus de parents non mariés. Cette part a augmenté rapidement à partir des années 1970, mais semble vouloir se stabiliser depuis le milieu des années 2000.

La proportion de nouveau-nés ayant au moins un parent né à l’étranger est de 33 % au Québec en 2018 : 22 % ont deux parents nés à l’étranger et 11 % ont un seul de leurs parents né dans un autre pays. La proportion de nouveau-nés ayant au moins un parent né à l’étranger était de 20 % il y a 20 ans.

La fécondité dans les régions

De manière générale, la fécondité dans les régions a connu une évolution assez semblable à celle du Québec dans son ensemble, c’est-à-dire une augmentation de l’indice synthétique de fécondité au cours des années 2000, suivie d’une baisse dans les années récentes. Des disparités apparaissent cependant quand on compare l’intensité du phénomène entre les régions.

Avec un indice synthétique de fécondité de 2,55 enfants par femme en 2018, le Nord-du-Québec se situe loin devant les autres régions. Viennent ensuite le Centre-du-Québec, la Côte-Nord, a Chaudière-Appalaches et l’Abitibi-Témiscamingue, avec des indices avoisinant 1,8 enfant par femme. À l’opposé, Montréal et la Capitale-Nationale affichent les indices les plus faibles, à des niveaux dignes du Japon ou de l’Italie, un peu inférieurs à 1,5 enfant par femme.



lundi 17 juin 2019

Réforme Blanquer : en 2021, le programme de philosophie « sera féminisé et deviendra plus multiculturel qu’il ne l’est actuellement »


Le nouveau programme, qui rallonge la liste des auteurs que les professeurs pourront faire étudier à leurs élèves de 12 à 55, divise la profession.

Comme toutes les matières enseignées au lycée, la philosophie fera peau neuve pour le bac 2021, comme prévu par la grande réforme du baccalauréat général et technologique portée par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, que les élèves actuellement en classe de seconde seront les premiers à expérimenter.

Le nouveau programme de philosophie de terminale, dévoilé le 17 mai par le Conseil supérieur des programmes (CSP), connaîtra ainsi un grand chamboulement. En tête des transformations qui concerneront cette matière : l’élargissement de la liste d’auteurs que les professeurs pourront faire étudier à leurs élèves, qui passera de 12 à 55 penseurs... et penseuses.

Le programme de philosophie sera en effet féminisé et deviendra plus multiculturel qu’il ne l’est actuellement. Les textes et les théories de Simone de Beauvoir, Simone Weil, ou de penseurs non occidentaux comme le Chinois Tchouang-tseu (Zhuangzi) ou le bouddhiste Nagarjouna pourront ainsi être étudiés au même titre que ceux de Freud, Descartes, Platon ou Marx pour traiter des notions au programme.

Une « pression symbolique ou politique » ?

Cet élargissement visant à rendre le programme plus actuel ne plait pourtant pas à tout le monde. Selon, le président de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement Nicolas Franck, qui s’est exprimé le 16 juin dans les colonnes du Figaro, cette nouvelle liste implique d’avoir « atteint une technicité qu’un élève n’a pas en terminale » :

« Ces auteurs ne seront jamais étudiés par quiconque, mais il a sans doute fallu répondre à une pression symbolique ou politique », estime le professeur.

Des notions loin de faire l’unanimité

À l’inverse, le nombre de notions qui devront être couvertes par les professeurs de philosophie en terminale passera de 29 à 21 en 2021, pour répondre aux demandes des enseignants jugeant le programme trop lourd.

Mais pour Nicolas Franck, ces notions sont encore trop nombreuses. « Nos adhérents ont déjà la sensation de survoler le programme, et comme ils ne peuvent pas le terminer, cela rabat les élèves vers les Anabac et autres fiches prédigérées », déplore-t-il.

D’autres professeurs, comme le relève Le Monde, regrettent quant à eux la disparition de la notion de « sujet » du programme.

« Répondre à la question “Qui suis-je ?” tient une place essentielle dans la discipline. Quand j’aborde “le sujet”, les visages s’éclairent, on touche à quelque chose de réel, d’intime », explique une enseignante en philosophie dans un lycée de l’Est parisien dans les pages du quotidien.

Une organisation des notions qui divise

Autant de transformations qui n’ont pas plu à l’universitaire Pierre Guenancia et à l’inspecteur général de philosophie Frank Burbage, qui avaient été chargés par le Conseil supérieur des programmes de piloter un groupe de travail sur les nouveaux programmes de philosophie, applicables dès la rentrée 2020 et le bac 2021. Le Monde rapporte que les deux experts se sont en effet alarmés que leurs propositions n’ont pas été retenues pour élaborer le nouveau programme.

Le groupe de travail avait notamment conseillé un programme structuré autour de grandes thématiques. Une proposition que le CSP n’a pas retenue, préférant classer les 21 notions par ordre alphabétique pour « n’imprimer aucune orientation doctrinale particulière ni aucune limitation arbitraire du traitement philosophique des notions », selon leur rapport, laissant ainsi au professeur la responsabilité de choisir comment traiter de chaque sujet.

Si le baccalauréat est totalement transformé en 2021, avec notamment la suppression des filières et l’introduction de spécialités, la philosophie sera toujours enseignée à tous les élèves de terminale et fera partie des quatre matières — seulement — sur lesquelles les candidats devront plancher lors des épreuves du bac.

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Le Vatican publie un document sur la question du genre

La Congrégation pour l’éducation catholique a récemment rendu public un document sur la question du genre, à destination des éducateurs et des familles, en réponse à l’« urgence éducative » sur les thèmes de l’affectivité et de la sexualité. Le texte « propose une vision anthropologique chrétienne selon laquelle la sexualité est une composante fondamentale de la personnalité, sa façon d’être, de se manifester, de communiquer avec les autres, de ressentir, d’exprimer et de vivre l’amour humain. Elle fait donc partie intégrante du développement de la personnalité et de son processus éducatif ».

Le document distingue l’idéologie du genre et les études de genre.

L’idéologie du genre « nie la différence et la réciprocité naturelle de l’homme et de la femme. Elle envisage une société sans différence de sexe et vide la base anthropologique de la famille. Cette idéologie induit des projets éducatifs et des directives législatives qui favorisent une identité personnelle et une intimité affective radicalement détachées de la diversité biologique entre hommes et femmes. L’identité humaine est livrée à une option individualiste, également changeante dans le temps ».

Si l’idéologie cherche « à s’imposer comme une pensée unique qui détermine également l’éducation des enfants », la recherche sur le genre veut « approfondir de manière adéquate la manière dont la différence sexuelle entre un homme et une femme est vécue dans différentes cultures »), le document retrace un bref historique, montrant la « désorientation anthropologique » actuelle. Ainsi se répand l’idée que « seule compterait l’affection entre individus, indépendamment de la différence sexuelle et de la procréation, considérées comme négligeables pour la construction de la famille ». Une « vision purement contractuelle et volontariste ». Ces phénomènes, « qui pouvaient pourtant sembler marginaux il y a peu, commencent à avoir une traduction juridique » : liberté de choix du genre, pluralité d’unions en opposition au mariage entre homme et femme. « On voudrait donc que chaque individu puisse choisir sa propre condition et que la société se limite à garantir ce droit, y compris par une aide matérielle, sans quoi on verrait se développer des formes de discrimination sociale vis-à-vis des minorités. La revendication de tels droits est entrée dans le débat politique actuel. Ils ont été accueillis dans plusieurs documents internationaux et insérés dans certaines législations nationales ».

Or la « formation de l’identité » est « précisément fondée sur l’altérité sexuelle », explique le document. Cette altérité est remise en cause par l’évolution des techniques médicales (PMA, GPA…) qui « comporte des manipulations d’embryons humains, des fragmentations de la parentalité, l’instrumentalisation et/ou la marchandisation du corps humain, et réduit l’enfant à un objet de technologie.

Ce texte ne recueille cependant pas le soutien de tous les catholiques. Le psychiatre néerlandais Gerard van den Aardweg (membre de la nouvelle Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille), auteur d’ouvrages sur le mariage des couples de même sexe et des revendications du lobby LGBT, estime au contraire que la Congrégation pour l’éducation catholique a publié un texte « idéologique » qui se refuse à rappeler clairement l’enseignement de l’Église sur la sexualité et le mariage. Ce texte ne propose aucun conseil vraiment utile aux parents catholiques qui ont le devoir d’éduquer leurs enfants aux « vertus nécessaires à la vie chrétienne ». Comment « dialoguer » avec les tenants d’une idéologie du genre aussi radicalement contraire à la vérité et à la doctrine de l’Église.

Diane Montagna a interrogé le Pr van den Aardweg à propos du document.

Diane Montagna. — Dr van den Aardweg, quelle impression générale vous a laissée le nouveau document du Vatican sur la « théorie du genre » ?

Gerard van den Aardweg. — Il s’agit essentiellement d’un document idéologique. Il n’est pas spécifiquement catholique, en dépit de quelques vœux pieux. Il s’agit essentiellement d’un plaidoyer en faveur d’une sorte d’éducation sexuelle athée, humaniste et socialiste, présentée comme plus ou moins catholique. Il s’extasie sur les avantages d’un modèle social d’éducation sexuelle contrôlé par des « experts professionnels » sur le fondement d’une vision de la sexualité de la part des sciences humaines actuelles qu’il suppose naïvement toujours plus approfondie. Ce document est un exemple du genre de discours illusoire et sentimental sur l’éducation et l’« affectivité » caractéristique de la psychologie humaniste immature et superficielle des années 1960 : la voici élevée au rang de « sagesse supérieure » par une Congrégation du Vatican dont les membres ont cinquante ans de retard. On en revient une nouvelle fois au « dialogue », a l’« écoute », à l’« ouverture ». Mais il n’est pas question d’écouter les enseignements divins de l’Église catholique sur la sexualité, le mariage et la famille (car ceux-ci semblent avoir besoin d’une « restructuration »). Enseigner et prêcher ces enseignements à un monde paganisé ne serait pas, semble-t-il, la voie à suivre. Le grand rêve est celui d’une « alliance » avec le néopaganisme qui caractérise l’idéologie sexuelle, conjugale et familiale de l’ONU et des pays européens anti-chrétiens. « Écouter » ? Eh bien, en écoutant attentivement les formulations et les suggestions vagues et ambiguës du document afin de discerner vers quoi il tend, on peut discerner son objectif principal : le changement révolutionnaire.


— Que pensez-vous de son analyse de la théorie [l’idéologie] du genre ?

— Les observations sur la théorie [l’idéologie] du genre sont ambiguës et peu claires, ce qui les rend suspectes. Au premier abord, certaines expressions semblent correctes et « orthodoxes », comme le rejet de l’affirmation selon laquelle l’identité sexuelle n’est pas un choix de l’individu [« L’identité humaine est laissée à une option individualiste »] et les platitudes comme « la sexualité » (le sexe) est « une composante fondamentale de la personnalité » ou chaque cellule du corps est masculine ou féminine [« les cellules de l’homme sont différentes de celles de la femme dès la conception »]. Mais ces affirmations sont dans le même temps affaiblies par des déclarations telles que (je résume) : « La bonne approche de la théorie du genre est la voie du dialogue. » Pourquoi en serait-il ainsi ? Il n’y a pas de réponse, parce que nous sommes dans le domaine de l’idéologie. À propos de quoi pourrait-on dialoguer ? Nous savons où mène le dialogue grâce à l’expérience avec les communistes. Les ennemis du christianisme dialogueront avec vous à leur manière, en imposant leurs conditions. Au bout du compte, on n’arrivera à rien d’autre qu’au le dialogue avec le diable. L’idéologie sexuelle néopaïenne agressive du monde n’a aucune sagesse que nous pourrions partager. La tâche de l’Église n’est pas de dialoguer, mais d’enseigner et de corriger. Nous sommes au milieu d’une guerre spirituelle sans pitié dans le domaine de la sexualité, du mariage et de la famille. Autre exemple : « Il ne manque pas de recherches sur le genre qui s’efforcent d’approfondir de manière appropriée », phrase suivie d’une vague référence à des ouvrages sur « la façon dont on vit dans les diverses cultures la différence sexuelle entre homme et femme ». Ici comme partout dans ce document, seules des suggestions ou des insinuations sont proposées, sans l’ombre d’une preuve. Alors, qu’entend-on ici par des « recherches » prétendument meilleures ? Je subodore que les auteurs se réfèrent aux écrits autrefois populaires de Ruth Benedict et Margaret Mead, les féministes lesbiennes qui ont tenté de montrer la relativité des rôles et fonctions sexuelles dans les sociétés non occidentales. Mais leurs affirmations sont réfutées depuis longtemps comme étant fondées sur des preuves fausses, et même en partie frauduleuses.

La relativisation de l’impopulaire vision biblique des relations homme-femme et des « rôles » sociaux, qui constitue un soutien apparent à l’indignation féministe, apparaît également dans l’invocation désinvolte de « subordinations injustes » qui auraient « tristement marqué l’histoire et […] eu une influence même à l’intérieur de l’Église ». L’Église aurait violé « l’égale dignité de l’homme et de la femme » du fait « d’un certain masculinisme plus ou moins camouflé derrière des motivations religieuses ». S’il ne s’agit pas d’une raillerie à l’égard des enseignements catholiques sur l’homme en tant que chef et la femme en tant que cœur de la famille, et sur le devoir de la femme d’obéir à son mari, que cherche-t-on à suggérer ? Ou bien, vu sous un angle différent, qui peut croire que les auteurs de ce texte sont encore capables de transmettre les enseignements divins immuables des Apôtres, de saint Augustin, des papes Léon XIII et de Pie XI ? Probablement, ces auteurs, aveuglés par l’esprit du temps (Zeitgeist), ne les comprennent même plus, et ils ne semblent pas non plus connaître et comprendre la vision anthropologique et psychologique correcte de sainte Édith Stein selon laquelle « la femme est par nature mère et compagne de l’homme ».

Car tout catholique qui connaît et comprend cette vérité en aurait fait la pierre angulaire d’un discours sur la valeur égale de l’homme et de la femme. Tout aussi inquiétante est l’appréciation discutable des auteurs de la famille naturelle : « La définir à travers des concepts de nature idéologique, qui n’ont une force qu’à un moment donné de l’histoire, puis périclitent signifie en trahir la valeur. » Les enseignements apostoliques susmentionnés appartiennent-ils à la catégorie des « idéologies » historiques temporaires relatives au masculin et au féminin ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi ne sont-ils pas du tout recommandés ? Et quels sont les faux concepts idéologiques qui ont été attachés à la famille et qui ne sont pas essentiels ? Par exemple, le concept traditionnel de la famille chrétienne, considéré à la lumière des perspectives éclairées actuelles, a-t-il été rétréci par nos préjugés culturels ? En résumé, donnez une définition claire et sans ambiguïté de la famille naturelle et de la famille voulue par Dieu et rejetez sans ambiguïté la définition politique proposée par les démocrates chrétiens, entre autres.

— Le document cite fréquemment Jean-Paul II. Que pensez-vous de l’utilisation de ses écrits ?

— Le pape Jean-Paul II est cité, mais de manière assez hypocrite. On abuse de son prestige pour créer une impression d’orthodoxie, une caractéristique que l’écrit dans son ensemble n’est pas en droit de revendiquer. Les auteurs ont même le courage pervers de citer le nom de Don Bosco, dont les enseignements et les efforts étaient diamétralement opposés aux leurs et étaient donc vraiment exemplaires.

— Le document part-il du principe que l’éducation sexuelle devrait toujours être disponible dans les écoles ? La position du document à cet égard est-elle conforme à l’enseignement constant de l’Église ?


— Les droits parentaux en matière d’éducation sont professés avec des mots, mais dans son ensemble et par essence l’organisation socialiste-bureaucratique visant à éduquer la « sexualité et l’affectivité » des enfants et des jeunes dont rêvent ces utopistes va sans doute bientôt réduire les droits des parents jusqu’à les faire disparaître totalement. Les « professionnels » de l’éducation proposés à l’intérieur et à l’extérieur de l’école, avec leur « éducation permanente » qui leur vient des « universités », etc., forts de leur association étroite avec les organisations laïcistes (« locales, nationales et internationales » !) avec leurs nouveaux « supports, guides pédagogiques et manuels didactiques », payés par qui d’autre que l’État, garantiront une éducation sexuelle politiquement correcte. Le document propose une « alliance éducative entre la famille, l’école et la société » idéalisée : venez aux Pays-Bas, en Allemagne ou en Grande-Bretagne [et au Canada] pour voir comme elle fonctionne bien... Personne ne s’y oppose : aucune école, aucun collectif de parents catholiques, sauf parfois tel rare professeur catholique, tel solitaire, quelques parents catholiques exceptionnels, qui refusent de coopérer avec ces joyeux « programmes » violent l’innocence de leurs élèves et de leurs enfants. En effet, comme le fait remarquer ce document du Vatican, « la famille ne peut être laissée seule face au défi éducatif. » Et l’« autorisation » des parents est un bon principe, mais « dans une certaine mesure ».

— Avez-vous d’autres commentaires ?

— La conclusion du document, bien qu’elle évite elle aussi un langage simple, sans détours et sans ambiguïté, aide à en saisir le sens et les objectifs réels. Considérez ces déclarations de haut vol : « Les éducateurs ont la fascinante mission éducative d’“enseigner plutôt un cheminement quant aux diverses expressions de l’amour, à l’attention réciproque, à la tendresse respectueuse, à la communication riche de sens” » ; « coopérer à la formation de jeunes ouverts et intéressés par la réalité qui les entoure, capables de soin et de tendresse ». C’est précisément l’argumentaire de vente du Mouvement néopaïen pour la réforme sexuelle depuis au moins un siècle. Toutes sortes de relations sexuelles ou « amoureuses » s’inscrivent dans cet idéal, qu’elles soient hors mariage ou homosexuelles. Il n’y a rien dans le texte du Vatican sur le péché sexuel, la lutte pour la chasteté, la masturbation, l’infidélité dans le mariage, la cohabitation hors mariage, la chasteté dans le mariage ; pas une phrase de conseils judicieux pour les parents qui essaient d’éduquer leurs enfants aux vertus nécessaires à une vie chrétienne et contre la pression du milieu néopaïen, de l’école, voire de l’église ; rien sur la contraception, la stérilisation, l’avortement. Pour finir, le style de ce document est épouvantable : il est imprégné d’un langage pompeux et sentimental, d’une onction hypocrite. Le niveau intellectuel est médiocre. Aucun concept utilisé n’est défini, aucune affirmation n’est prouvée ni même soutenue par quelque argumentation ; les références et remarques relatives à l’anthropologie et à la psychologie (« les sciences humaines ») sont déplacées ou carrément absurdes, et pourtant elles sont présentées sans rire comme une sagesse supérieure. Une Congrégation du Vatican qui ose produire et publier un tel document devrait sérieusement envisager de mettre la clé sous la porte.



dimanche 16 juin 2019

Sondage : 63 % des Canadiens pour réduire le nombre d’immigrants qui entrent au Canada

Selon un sondage Léger, 63 pour cent des répondants disent que le gouvernement devrait « prioriser de réduire le nombre d’immigrants qui entrent au Canada. Seulement 37 pour cent croient, au contraire, que le gouvernement devrait l’augmenter.

Le sondage indique aussi que l’idée de réduire le nombre d’immigrants entrant au pays est accueillie favorablement par 81 pour cent des répondants conservateurs, 80 pour cent des répondants bloquistes et même 57 pour cent des répondants disant appuyer le Parti vert. Les réactions sont plus partagées chez les répondants libéraux (41 pour cent d’appuis à cette idée) et néo-démocrates (44 pour cent).

La réduction de l’immigration reçoit un soutien dans toutes les régions du pays. L’idée est saluée par 64 pour cent des répondants québécois et 63 pour cent des répondants ontariens. L’appui tombe à 57 pour cent dans les Maritimes et à 53 pour cent en Colombie-Britannique, mais s’élève à 72 pour cent dans les Prairies.

Méthodologie :
La firme Léger a mené un sondage pour le compte de La Presse canadienne, entre le 7 et le 10 juin 2019, et a enquêté auprès de 1528 Canadiens choisis à partir du panel d’internautes de Léger. Il est impossible de calculer une marge d’erreur sur un échantillon non probabiliste comme celui-ci.

Source : L’agence de Presse canadienne