mardi 30 janvier 2018

Réaction à « Près de 75 % des Québécois contre le financement public des écoles privées »

D’après un sondage commandé par un mouvement contre le financement « public » de l’école privée, près de 75 % des Québécois aimeraient voir l’État retirer son financement destiné à l’école privée. Le sondage a été réalisé par CROP pour le compte du Mouvement L’école ensemble. Rappelons que le financement « public » des écoles privées n’est jamais que le remboursement d’une partie des impôts des parents qui envoient leurs enfants à l’école privée.

« Les trois quarts des Québécois envoient un message très clair : ils ne veulent plus payer pour l’école privée et veulent que leurs taxes et impôts servent à l’école publique », a déclaré Stéphane Vigneault, coordonnateur du Mouvement L’école ensemble, par communiqué, mardi.

Rappelons qu’il y a moins de 6 ans (mars 2012), la Coalition pour la liberté en éducation avait posé une question assez différente : « Selon vous, le gouvernement devrait-il octroyer une somme fixe pour la scolarité de chaque enfant et laisser le parent décider à quelle école envoyer son enfant, qu’elle soit publique ou privée ? » Et là, les résultats étaient très différents !



Dans ce sondage Léger, 55 % des Québécois se montraient très ouverts à la mise en place des chèques éducation, le gouvernement octroyant une somme fixe pour la scolarité de chaque enfant et laissant alors les parents choisir l’école publique ou privée qu’ils privilégient. Le pourcentage des Québécois en faveur de cette mesure de liberté étaient encore plus fort (63 %) quand ils avaient des enfants...

De même, la moitié de la population québécoise (54 %) pensait que les écoles devraient avoir une plus grande liberté dans le choix des programmes qu’elles enseignent et dans la façon de les enseigner. Pour le secrétaire de la CLÉ, « au Québec, les parents sont en phase avec les résultats d’organismes internationaux comme l’OCDE qui identifient la liberté de pédagogie et de programmes scolaires comme un composant nécessaire à une éducation de qualité ». Il ne s’agit pas seulement de rendre plus autonomes les écoles ou de mieux encadrer les enseignants, car, comme le déclare l’OCDE, « [d] ans les pays où les établissements d’enseignement jouissent d’une grande autonomie dans le choix des programmes et des modes d’évaluation, les élèves ont tendance à obtenir de meilleurs résultats. »[1] Pour la CLÉ, un supplément de liberté dans ces domaines permettra de mieux répondre aux besoins du Québec de demain tout en respectant mieux les droits des parents.


Ce sondage avait été réalisé par Léger Marketing auprès de 1001 personnes de plus de 18 ans, dans toutes les régions du Québec, du 27 au 29 février 2012. L’échantillon pondéré choisi a une marge d’erreur de ± 3,1 % dans 19 cas sur 20.

Ce sondage d’une maison réputée (Léger) n’avait reçu aucun écho dans les médias. Aucun. Malgré la prise de contact avec plusieurs médias pour leur offrir ces résultats. Le traitement médiatique du sondage CROP contre le financement « public » des écoles privées est très différent. Pour le moins.

« Ségrégation scolaire »

Selon le Mouvement L’école ensemble, le financement public aux écoles privées et les examens d’admission ont pour effet d’encourager la «ségrégation scolaire», qui consiste en la séparation des élèves dans des écoles ou des programmes en fonction de leurs revenus ou de leurs résultats scolaires. Nous reviendrons ci-dessous sur ce concept.


Comment expliquer cette différence ?

On ne sait pas comment les Québécois répondraient au sondage de la Coalition pour la liberté en éducation aujourd’hui.

Les Québécois ont-ils vraiment changé d’avis ?

C’est possible, mais pas nécessaire.

En effet, on sait que les résultats aux sondages peuvent être influencés par les questions qui le constituent et surtout celles qui précèdent une question particulière. Elles fournissent un contexte à une question particulière. En l’absence d’une question préalable sur l’option d’offrir un chèque scolaire à tous les parents, les parents qui ne peuvent s’offrir une bonne école peuvent trouver injuste ce privilège qui serait réservé aux plus riches. Si cette même question du chèque scolaire universel offert aux parents était posée, la majorité des Québécois pourraient ainsi toujours approuver cette idée.

Ceci dit, il n’est pas impossible, devant les campagnes répétées contre l’« inégalité scolaire » bien relayées dans les médias et les partis politiques, que les Québécois aient changé d’avis. Peut-être faudrait-il alors voir là le résultat de l’absence d’une voix politique distincte qui défende la responsabilité parentale et le choix en éducation. La transformation de l’ADQ proche de ces thèses par une CAQ très peu revendicatrice dans ce domaine laisse les partisans d’un plus grand choix en éducation sans parti politique qui partage leurs préoccupations. Les partisans du choix et de la responsabilisation des parents n’ont plus de relais de poids dans les médias et parmi les principaux partis politiques. Des relais mieux organisés et de poids pourraient dissiper auprès du public certaines idées fausses, notamment, sur l’écrémage des écoles par la sélection. C’est ainsi que des études universitaires tendent à montrer que l’effet d’écrémage lié à la liberté scolaire est faible ou déjà présent (par exemple par la distribution géographique des familles selon des critères socioculturels). Les écoles publiques aux mauvais résultats scolaires sont déjà homogènes et déjà écrémées, en grande partie parce que les meilleurs élèves n'habitent pas leur bassin géographique. L’impact négatif d’un libre choix (supplémentaire ou non) vers le privé est donc exagéré.

En l’absence de véritables relais conservateurs dans les partis politiques et dans les médias, les partisans d’une restriction du choix au nom de la lutte « contre l’inégalité » et « la ségrégation scolaire » ont libre cours au Québec. Logique de « lutte contre la ségrégation scolaire » qui a mené sous certains aspects à l’intégration d’élèves aux compétences très diverses (pour rester courtois) et à des classes ingérables où l’on « passe 90 % du temps à faire de la discipline et 10 % à enseigner ».

Voir aussi

Québec — Dans la peau d’une suppléante : insolences, indiscipline, violences

Les Québécois veulent des bons d’étude et que le cours ECR soit optionnel ou aboli

France — le système scolaire toujours plus inégalitaire

Effet d’écrémage lié à la liberté scolaire : faible ou déjà présent



[1] http://www.oecd.org/dataoecd/54/0/48989573.pdf, « Autonomie et responsabilisation des établissements d’enseignement : quel impact sur la performance des élèves ? », OCDE, octobre 2011.

lundi 29 janvier 2018

Québec — Dans la peau d'une suppléante : insolences, indiscipline, violences

Extraits du récit d’une suppléante pendant un mois paru dans le Journal de Montréal.

[...]
Le cours commencera avec du retard, jusqu’à mon arrivée à la hâte.

Dans le gymnase, une dizaine d’élèves de 6e année surexcités se chamaillent avec des ballons de basketball. Bref, la tempête semble s’être invitée à l’intérieur des murs de l’école.

Cette première journée donnera le ton au reste de mon expérience.

Sans diplôme en enseignement, mais détenant un baccalauréat, je fais des remplacements dans sept écoles primaires et deux secondaires à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord (CSRDN), dans les Laurentides.

[...]

Semaine 1

Menaces d’une fillette

Les premiers remplacements sont désarmants. Il faut savoir décoder les élèves dès les premières minutes du cours tout en dissimulant son flagrant manque d’expérience.

Mais les étudiants y voient clair et en profitent pour se payer du bon temps au dépit des suppléants.

En moins d’une demi-heure, un élève colérique et turbulent, qui s’en prend aux autres enfants, me pousse à bout. Je n’ai pas le choix de le retirer de la classe pour quelques minutes. Il revient calme et souriant. C’est une première réussite.

Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas. Dans une classe de 5e année, des enfants se disputent pour des crayons, se lèvent sans raison, courent entre les bureaux et un refrain résonne en boucle dans toute la classe : « Je comprends pas et ça me tente pas, madame (sic) ».

Puis, une fillette de 10 ans m’assène le coup de grâce. Elle se vante d’avoir réussi à « faire mettre dehors un prof » qui ne l’aidait pas assez. « Je peux faire la même affaire avec vous », se targue l’élève avec fierté. Impossible de savoir si l’histoire est vraie. [...]

Semaine 2

La deuxième semaine débute avec une classe de 6e année en co-enseignement, ce qui signifie que deux groupes et deux enseignants de retrouvent dans le même local. Les élèves sont courtois, allumés et travaillants. Une journée de répit avant le pire remplacement de ma courte carrière.

Deux classes d’arts plastiques en 3e secondaire tournent au cauchemar : insolence, insultes de toutes sortes, non-respect des règles, refus d’obtempérer. Dès que j’ai le dos tourné, une élève fabrique un « pic » avec un couteau à lame rétractable et un outil de bois pour le travail sur argile. L’objet pointu pourrait blesser quelqu’un. « Touchez madame », lance-t-elle en me pointant de manière répétée avec son arme de fortune.


Devant mon air affolé, elle continue son geste en riant : « Ben voyons, je ne vous ferai pas mal, je ne vous blesserai pas ». Je réussis à lui retirer des mains, abasourdie.

La période est pénible, le local est un fouillis et les étudiants sont désorganisés. Trop occupée à « faire la police », quatre élèves profitent de mon inattention pour quitter la classe avant la fin du cours. Je tente de trouver de l’aide, mais il n’y aucun surveillant dans les corridors.

Je suis laissée à moi-même, ce qui ne sera pas la première fois. Selon le personnel et les étudiants, je fus la quatrième remplaçante depuis le début de l’année.

Semaine 3

[...]

Une journée à courir dans tous les sens : exiger le silence, répéter constamment « de s’assoir à sa place », stimuler les trois élèves ayant un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité tout en répondant aux questions des élèves. Malgré tout, je m’attache à ces enfants. Je me sens utile et fière lorsqu’ils comprennent bien la matière.

Autre classe, autre défi. Et non le moindre : cinq enfants aux prises avec un trouble du spectre de l’autisme. Mon manque d’expérience transparaît plus que jamais. Je suis déstabilisé, je ne sais pas comment gérer tout ça.

[...]

Semaine 4

[...] Dans le local des professeurs, plusieurs me suggèrent de « mettre un film de Noël ». Les examens sont terminés et certains projets, aussi. Pour une rare fois, les élèves ne s’opposent pas à mes directives.

Un mois de stress, de patience, de gestion et de débrouillardise. Le constat est clair : le suppléant comme l’enseignant passe le plus clair de son temps à faire de la discipline plutôt qu’à enseigner. Dans chaque classe, trois ou quatre élèves perturbateurs ou avec des besoins particuliers chamboulent les classes au détriment des autres élèves qui ne comprennent pas la matière. Ces derniers auraient besoin d’un meilleur soutien, mais « on manque toujours de temps », m’ont répété des enseignants.

Si j’avais choisi ce métier, je ferais assurément partie de ce 25 % des nouveaux enseignants qui abandonnent le métier au cours de leurs cinq premières années de pratique.

Ailleurs cette journaliste-suppléante en éducation résume :

« Je passais 90 % de mon temps à faire de la discipline et 10 % à enseigner, a-t-elle confié dans le reportage vidéo qu’elle a tourné et qu’on peut voir sur notre site internet. Je me sentais inutile... »

Le manque criant d’enseignant est manifeste :

« Ça vous tente d’enseigner les maths à des enfants ? Les seules exigences sont de ne pas avoir de dossier criminel et de savoir utiliser une calculatrice... »

Entendu à l’école

« Je vais te tuer »

Ce sont les mots criés par un élève à un autre en pleine classe. Une chicane a éclaté entre les deux étudiants, malgré les nombreuses interventions. Coups de pied, insultes et injures.

« Est-ce que vous prenez les présences ? »

Une question souvent posée par les élèves du secondaire. C’est une technique pour pouvoir s’absenter avant la fin du cours sans êtres vus et réprimandés par la direction.

« On ne lance pas le ballon dans le visage des autres »

Phrase souvent répétée lors des remplacements en éducation physique. Il faut toujours rester vigilant dans un gymnase. Un ballon est si vite arrivé même pour l’enseignant.

La discipline pendant la « Grande Noirceur », classe de 33 écolières de 6-7 ans, en 1951

Réactions

« Nous ne valorisons pas l’éducation », a écrit Denise Bombardier samedi.

Selon la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini, le fait que la journaliste-suppléante ait dû faire de la discipline la majorité du temps, plutôt que de l’enseignement pur et dur, c’est un phénomène relativement nouveau faisant référence à l’intégration massive des élèves en difficulté et de l’envoi des meilleurs élèves vers des classes avec des projets particuliers. Ce carnet n’est pas convaincu que les choses iraient mieux si les meilleurs étaient restés pendant cette intégration massive des élèves en difficulté.

Pour Richard Martineau ce lundi, « En fait, c’est plus grave que ça. Nous ne valorisons plus l’autorité, point. Les enfants envoient promener leurs parents, ils sont insolents, effrontés, malpolis, ils répondent, répliquent, ripostent, commentent la qualité du repas qu’on leur sert... »

Pour Lise Ravary, « De 2012 à 2015, le ministère de l’Éducation a comptabilisé 2300 actes de violence physique ou psychologique d’élèves envers un enseignant, tant au primaire qu’au secondaire. Aucune raison de croire que c’est mieux aujourd’hui. [...] En Ontario [Note du carnet : et au Nouveau-Brunswick], la Commission scolaire de Waterloo, qui a connu 1300 incidents violents au primaire en 2016, fournit désormais des vêtements de protection en Kevlar à ses enseignants. [...] Lorsqu’on interroge les experts pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, les réponses nous laissent sur notre faim. L’argent manque, certes, mais l’acceptation de cette violence en dit long sur notre tolérance à l’intolérable. Ne parlez surtout pas de resserrer la discipline : l’interdiction d’utiliser un téléphone en classe est considérée comme une atteinte aux droits fondamentaux. De plus, vous aurez les parents sur le dos. »

Discipline à la fin de la « Grande Noirceur », 1961, 28 élèves de 12-13 ans


samedi 27 janvier 2018

France — Nouveau bac : fin de l'anonymat et du diplôme national, davantage de bachotage, pas plus d'excellence ?

Dans un entretien accordé au Figarovox au sujet de la réforme du Baccalauréat, Anne Coffinier, directrice de la Fondation pour l’école, explique pourquoi les pistes envisagées par le ministère ne sont pas encore de taille à « sauver l’école ».




Jean-Michel Blanquer présentera en février une nouvelle réforme du baccalauréat, encore une ! Pensez-vous que cette fois-ci, ce puisse être la bonne ?

Anne Coffinier. — La disette budgétaire actuelle, l’épuisement des syndicats et des forces sociales qui auront du mal à mobiliser contre cette réforme, la démonétisation notoire du baccalauréat sont autant de facteurs propices pour faire passer cette réforme. Mais quant à savoir si cette métamorphose de l’institution du baccalauréat est conforme à l’intérêt des lycéens et de notre pays, c’est une tout autre affaire. Que le coup soit politiquement faisable, je le crois, qu’il soit académiquement utile, c’est peu probable.

On parle d’avancer les dates du baccalauréat, pour que les notes obtenues par les élèves soient prises en compte dans la sélection pour les études supérieures. Un tel système serait-il plus juste que celui actuel ?

Anne Coffinier. — On prétend s’intéresser au groupe classe avant tout, mais c’est en réalité aux dépens de chaque élève dans sa singularité.


Dans les filières sélectives, ce qui compte est le lycée d’origine et les « bas de CV » (distinctions à des concours de référence, atouts personnels, engagements sociaux…), pas les notes, car tous savent que les bons lycées notent sec et que les bonnes notes des lycées publics lambda ne représentent plus rien. La démagogie dans la notation joue contre l’intérêt des enfants scolarisés dans des établissements sans réputation d’excellence scolaire ou dans les filières non cotées. Un bon élève méritant issu de nulle part n’arrive plus à se faire repérer pour accéder aux études et aux métiers dont il est capable. Le système n’est plus du tout fondé sur la méritocratie qui permettait à l’instituteur Monsieur Germain de tirer le jeune Albert Camus du ruisseau. On prétend s’intéresser au groupe classe avant tout, mais c’est en réalité aux dépens de chaque élève dans sa singularité.

Moins d’écrit et plus d’oral au bac… Est-ce vraiment une bonne idée ? Votre fondation alerte régulièrement sur le fait que les écoliers écrivent de moins en moins correctement le français !

Anne Coffinier. — La priorité est d’augmenter la maîtrise de la langue écrite, la maîtrise profonde du sens des mots, de la grammaire, de la syntaxe. Toute réduction de l’exigence de rigueur ou de culture générale sera une perte grave. Si les Français ne sont pas bien préparés à l’art oratoire et au travail en groupe, ce sont des choses que l’on peut aisément compenser dans le supérieur, ce qui n’est pas le cas d’une défaillance structurelle de la maîtrise de la langue française. Donner au bac une tournure de grand oral de Sciences Po est une mauvaise idée qui alimentera un bachotage tout en superficialité et fera perdre aux Français leurs atouts profonds (maîtrise de la dissertation, culture générale, précision de la langue) sans leur donner pour autant les atouts comparables aux lycéens britanniques très décomplexés à l’oral.

Que penser également de l’importance que pourrait prendre le contrôle continu dans les résultats du baccalauréat ? N’est-ce pas une mauvaise nouvelle pour les lycées les plus exigeants, dont la notation est souvent réputée plus sévère que dans d’autres établissements ?

Anne Coffinier. — Le contrôle continu de même que l’intégration de personnels issus du lycée d’origine du candidat dans le jury de l’examen oral semblent de mauvaises idées. Cela signifie la fin du caractère national du diplôme ainsi que la disparition de la protection de l’anonymat. Avoir le baccalauréat d’un lycée public mal coté situé dans une cité mal cotée n’aura aucun prix aux yeux des recruteurs du supérieur comme de ceux du marché du travail. Si l’on est attaché à la justice sociale, il faut maintenir un standard national et la protection de l’anonymat, en le renforçant à l’oral où le jury n’a à savoir ni le nom du candidat ni son établissement d’origine.

La composition du jury (on parle également d’intégrer le CPE…) risque également de dégrader le niveau académique des épreuves pour en faire une aimable causerie. L’augmentation du contrôle continu conduira finalement aux mêmes effets négatifs que pour le brevet en 3ème : cela supprimera pour les élèves l’incitation à travailler, à s’organiser et à se dépasser que représentait un diplôme final de bon niveau académique.

On se dirige de plus en plus vers un lycée « à la carte » où les élèves sont davantage maîtres de leur parcours. Cela rejoint-il vos attentes, vous qui écrivez sur le site de votre fondation : « Les enfants sont uniques dans leurs talents comme dans leurs aspirations. Pour qu’ils déploient leurs potentialités, il faut diversifier l’offre scolaire » ?

Anne Coffinier. — Si cette réforme permet d’intégrer à haute dose des matières professionnelles dans des parcours de bacheliers généralistes, alors elle sera positive en tant qu’elle remettra en cause la logique de « collège-lycée unique » et déghettoïsera les matières professionnelles. Mais cela ne semble pas être la voie choisie. Le lycée à la carte demande une maturité importante des lycéens et une culture de l’exigence à l’égard de soi-même solidement instaurée. Est-ce vraiment le cas ?

Selon vous, cette réforme du bac est-elle une priorité pour que le ministère remette l’école française sur la voie de l’excellence ?

Anne Coffinier. — C’est une priorité budgétaire pour l’État, car le baccalauréat est un défi logistique au coût particulièrement exorbitant, mais ce n’est pas LA réforme qui permettra de relever l’école. Il eût mieux valu accroître la liberté de moyens des professionnels de l’éducation tout en les rendant comptables de leurs résultats. Cela se traduirait concrètement par une liberté pédagogique totale et une liberté programmatique accrue pour les professeurs et par l’instauration d’un solide système national d’évaluation des résultats [scolaires] des élèves, tout au long de leur scolarité, et en particulier en fin de CP, de CM2, de 3ème et de Terminale. Ce serait une solution à la hauteur du problème, et cela permettrait à des modèles éducatifs et des offres pédagogiques très variées de se développer. Un tel changement augmenterait aussi fortement l’attractivité de la profession d’enseignant en lui rendant sa noblesse. Mais c’est une révolution audacieuse par rapport à la mentalité qui prévaut, et qui est si profondément marquée par le centralisme bureaucratique.

La réforme du lycée envisagée par J.-M. Blanquer pourrait-elle poser des problèmes particuliers pour certaines catégories d’élèves ?

Anne Coffinier. — Oui, elle pose des problèmes importants aux enfants qui — dans l’état actuel des choses — sont privés par l’Éducation nationale du droit de bénéficier de points acquis en contrôle continu : il s’agit des enfants scolarisés à domicile, des enfants scolarisés en écoles hors contrat, des enfants qui ont manqué une partie de l’année pour cause de maladie ou de déménagement. Pour tous ces enfants, il faut trouver une solution. Soit — comme cela existe dans l’enseignement technique — un système d’agrément est mis en place pour que d’autres professeurs que ceux de l’Éducation nationale accordent des points en contrôle continu, soit on crée un système d’évaluation à double vitesse où ces lycéens continueront à avoir un diplôme acquis exclusivement en contrôle final quand ceux des lycées publics gagneront une partie significative des points en contrôle continu.

On arriverait alors à un résultat assez paradoxal : le baccalauréat des candidats libres vaudrait plus sur le marché que celui de l’Éducation nationale, mais [car] il serait plus difficile à obtenir. Les lycéens les plus faibles quitteraient massivement le privé pour se rabattre sur le public et augmenter ainsi leur chance de décrocher leur bac ! Les meilleurs rechercheraient les lycées hors contrat pour mieux mettre en valeur leurs avantages comparatifs, surtout quand ils n’ont pas accès — par déterminisme social et géographique — aux établissements publics et sous contrat bien côtés.

vendredi 26 janvier 2018

Colombie-Britannique : commissaire scolaire traîné en justice pour avoir remis en question l'éducation « transgenre »

Barry Neufeld, administrateur de longue date du district scolaire de Chilliwack en Colombie-Britannique, n’avait pas prévu de se retrouver au centre d’une bataille juridique dont les résultats pourraient avoir de lourdes conséquences sur les programmes d’enseignement liés au genre au Canada.

Mais le 22 janvier, le Centre de justice pour les libertés constitutionnelles (JCCF) a annoncé qu’il défendrait Neufeld contre une plainte en matière de droits de la personne déposée au nom des employés du district scolaire de Chilliwack. La plaignante, la section locale 411 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), fonde son grief sur une politique du district scolaire local stipulant que les membres du personnel ont le droit « d’exercer, de travailler ou d’apprendre dans un environnement exempt de harcèlement ».

Ici, le terme « harcèlement » fait référence à une critique publique sans détour de Neufeld quant aux compléments au programme scolaire que le district scolaire utilise actuellement, connus sous le nom de SOGI 123 (SOGI étant l’acronyme anglais d’Orientation sexuelle et identité de genre). Ce matériel scolaire promeut, entre autres, le concept selon lequel le genre est fluide, sans lien avec le sexe biologique, principes que Neufeld a, depuis l’automne 2017, publiquement critiqués en tant que théorie non scientifique.

La section locale 411 du SCFP a également assigné en justice le district scolaire de Chilliwack pour avoir enfreint l’alinéa 13 (1) (b) du Code des droits de la personne de la Colombie-Britannique pour son absence de blâme à l’encontre de Neufeld alors qu’il aurait créé un environnement de travail « dangereux » et « discriminatoire » pour ses membres.

En octobre dernier, le président de la commission scolaire avait demandé que M. Neufeld démissionne. Le ministre de l’Éducation, Rob Fleming (NPD, gauche canadienne), avait pour sa part dénoncé M. Neufeld pour avoir décrit sur Facebook les membres du système éducatif de la Colombie-Britannique comme des « nihilistes culturels radicaux » en raison de leurs politiques éducatives, notamment, en matière des « gender rights » [traditionnellement traduit par « le droit des femmes », mais ici il s’agirait du « droit des multiples genres »].


M. Neufeld a également écrit que « permettre aux petits enfants de changer de genre n’est que de la maltraitance d’enfants ». Il ajoutait à son message l’image en vogue sur Internet reproduite ci-dessus. Rob Fleming, le ministre de l’Éducation, a déclaré qu’avec ses commentaires M. Neufeld avait « mis en péril la sécurité des élèves, divisé sa communauté scolaire et agi contre les politiques du conseil et du ministère ». Il a ajouté que ces commentaires « minaient » les objectifs du district et du ministère. Neufeld s’est excusé par la suite.

Après l’annonce de la plainte d’infraction aux droits de la personne, le conseil scolaire de Chilliwack a demandé le 18 janvier à M. Neufeld de démissionner. Le 19 janvier, Rob Fleming, le ministre de l’Éducation, l’a fait aussi. Mais Neufeld tient bon. Dans une réponse publiée, il déclare qu’il soutient le principe d’inclusion des « enfants LGBT », mais « j’ai simplement contesté une partie des ressources d’apprentissage SOGI 123, à savoir l’enseignement comme un fait de la controversée théorie de la fluidité du genre ».

L’article 13 (1) du Code des droits de la personne de la Colombie-Britannique stipule qu’il est interdit de « discriminer une personne... en raison de... l’identité ou l’expression de genre de cette personne ». Mais Neufeld n’a attaqué personne, il n’a pas fait preuve de discrimination à l’encontre d’une personne ; ses critiques visaient une hypothèse présentée comme étant un fait scientifique établi, comme un fait anodin et l’omission délibérée dans le matériel scolaire de réserves bien documentées sur le sujet. Il a également dénoncé l’environnement partial et politisé entourant la mise en œuvre précipitée de SOGI 123. En effet, le conseil d’administration n’a notamment pas été consulté avant l’inclusion de ce matériel, le SOGI n’a pas suivi la procédure habituelle qui nécessite un projet pilote suivi d’une évaluation, et tous les membres du SCFP n’ont pas été consultés au sujet de la plainte. Il fait valoir que, sur le terrain contesté de « l’intérêt supérieur » des enfants dans l’éducation transgenre, son rôle est celui de représenter les droits des parents et de leur laisser le choix de comment traiter ces questions sensibles pour leurs enfants.

Les opinions de M. Neufeld — qui ne sont pas fondées sur la religion, il faut le souligner — sembleront sans doute convaincantes et raisonnables à de nombreux parents. Elles s’expliquent par le manque de preuves convaincantes qui étayeraient la théorie de « fluidité de genre » et par égard pour le mandat inscrit dans le School Board Act d’offrir une éducation « non sectaire » aux enfants. Neufeld estime que le SOGI 123 représente un système de croyances sectaire, dont les défenseurs cherchent à normaliser le phénomène statistiquement rare de dysphorie de genre irréversible (voir Jordan Peterson et les jeunes « trans » [M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci]) par un concept non prouvé — malgré les affirmations de militants transgenres —, car il n’existe aucune preuve scientifique suggérant que la biologie et le genre sont dissociés. Selon les opposants à cet enseignement, ce militantisme et les traitements hormonaux précoces peuvent causer aux enfants des dommages psychologiques et physiologiques irréversibles.

Source : National Post

Voir aussi

Angleterre — Au moindre soupçon, des écoles considèrent les élèves comme transgenres

Jordan Peterson et les jeunes « trans »

À comparer à la priorité éducative du Québec (du moment) : Urgence : « Adapter [sic] l’école aux écoliers transgenres »

Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté

jeudi 25 janvier 2018

Ontario et Nouveau-Brunswick — Augmentation des incidents violents à l'école force enseignants à se cuirasser de kevlar

Certains enseignants de la région de Waterloo (Ontario) ressentent désormais le besoin de porter des vêtements en Kevlar pour se protéger en raison de la tendance croissante à la violence dans les salles de classe. Le kevlar est une fibre très résistante qui entre notamment dans la fabrication de gilets pare-balles.

« Nous avons affaire à tout : des morsures, des coups de pied et de poing », a déclaré Jeff Pelich, vice-président de la section locale de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario.

« Plusieurs de nos enseignants, assistants pédagogiques, et éducateurs auprès des enfants et des jeunes, doivent désormais porter du Kevlar, de porter des gilets complets pour se protéger contre les coups de poing et de pied. »

1 300 incidents violents

La dernière année scolaire, il y a eu environ 1 300 incidents violents entre élèves et enseignants au niveau élémentaire dans le conseil scolaire de la région de Waterloo, comparativement à environ 900 l’année précédente.

Les chiffres faisaient partie d’un rapport présenté à la réunion du comité plénier de la commission scolaire lundi soir.

Le surintendant Scott Miller passe en revue les incidents d’agression étudiante.

Les vêtements de Kevlar peuvent comprendre des gilets, des manches ou des jambières. Les enseignants de la région de Durham (Ontario) et du Nouveau-Brunswick ont ​​également eu recours à l’équipement de protection.

Pelich a déclaré que l’équipement de protection est généralement porté par les enseignants qui travaillent dans des classes qui regroupent de 8 à 12 étudiants qui ont une variété de besoins spéciaux.

Il a dit qu’il n’y a pas de chiffres exacts sur le nombre de gilets portés, mais a déclaré que les demandes augmentent, en particulier pour les assistantes en éducation qui travaillent seules avec des élèves individuellement afin de s’assurer qu’elles ne se blessent pas.

Ailleurs au Canada, le syndicat des enseignants anglophones du Nouveau-Brunswick (NBTA) affirme que certains de ses membres portent des vêtements faits de kevlar pour se protéger contre des situations violentes en salle de classe. Selon le président de la NBTA, Guy Arseneault, la politique d’inclusion scolaire au N.-B. et son application inégale ont créé des situations de violence dans les salles de classe. D’ailleurs, révèle-t-il, une enseignante lui a récemment signalé qu’elle avait été frappée par deux élèves différents dans la matinée. Un peu plus tard le même jour, elle a encore reçu un coup de pied et un coup de poing.

Pas de données sur le phénomène au Nouveau-Brunswick

Un porte-parole du syndicat, Larry Jamieson, affirme que les règles sur la confidentialité l’empêchent de révéler le nombre d’enseignants qui portent du kevlar ou qui paie ces vêtements.

Les mêmes règles l’empêchent d’être plus précis sur l’ampleur du phénomène de la violence dans les salles de classe. Il reconnaît que le syndicat n’a pas de données précises sur le phénomène, mais précise qu’il reçoit quand même des témoignages anecdotiques d’enseignants.

« On a également recommandé à certains enseignants, dans certaines situations, de porter de l’équipement de protection comme du kevlar lorsqu’ils travaillent auprès d’un élève en particulier ou d’un groupe d’élèves. », dit-il.

Une révision de la politique d’inclusion exigée

La NBTA demande au ministère de l’Éducation de mener une révision de la politique sur l’inclusion scolaire et de la façon dont elle est appliquée dans les écoles de la province.

Source CBC et SRC

Le cégep québécois ne convainc pas, il n'aurait pas réussi à faciliter l'accès à l'université

Robert Lacroix, ancien recteur de l’Université de Montréal et fellow au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), lance un grand débat. Les cégeps, un héritage phare de la Révolution tranquille, ont-ils permis aux Québécois francophones de rattraper leur retard face au taux de diplomation universitaire du reste du Canada ? L’économiste en doute. Entrevue dans La Presse.


Question — Dans votre étude, cosignée avec le sociologue Louis Maheu, vous évaluez que les Québécois francophones n’ont pas réussi à diminuer l’écart qui les sépare du reste du Canada quant à la diplomation universitaire, malgré les progrès effectués depuis la Révolution tranquille.

Réponse — C’est assez troublant. Quand on a commencé à travailler sur les données canadiennes, la performance du Québec [en ce qui concerne la diplomation universitaire] semblait assez intéressante. [...] Or, en divisant par groupes linguistiques l’évolution des taux de diplomation universitaires sur quelques années, on [s’est rendu compte] que la performance des Québécois francophones sur le plan de la diplomation au baccalauréat était faible. Quand on l’a comparée à la performance des allophones et des anglophones, ainsi qu’avec le reste du pays, elle l’était aussi à la maîtrise. Au doctorat, c’était catastrophique. La performance qui semble donc relativement raisonnable du Québec en diplomation universitaire est essentiellement imputable à la performance des anglophones et des allophones, puisque les francophones sont sous-performants.

On a fait la Révolution tranquille [notamment] pour que les francophones fassent un rattrapage par rapport au reste du Canada

[Ce carnet est dubitatif, le rattrapage universitaire et économique du Québec était déjà bien entamé sous la prétendue « Grande Noirceur » lire Du Grand Rattrapage au Déclin tranquille : déboulonner la prétendue Révolution tranquille, la Révolution tranquille cache de multiples réalités, mais s’il y a bien une révolution elle est cultuelle et culturelle, anticonservatrice, démographique et étatiste dans sa nature. Voir aussi Baisse relative du nombre de diplômés par rapport à l’Ontario après la Grande Noirceur].

On regarde ça maintenant et on se dit que ça ne s’est pas passé. La hausse [de la diplomation universitaire] a été observée partout au Canada, mais l’écart du Québec, qui existait avant la Révolution tranquille, semble demeurer dans la même proportion, sinon un peu plus élevé.

— Comment la formation préuniversitaire des cégeps nuit-elle à la diplomation universitaire ?

— En créant les cégeps, le Québec a refusé de s’adapter au modèle canadien et nord-américain, qui est de 12 années de scolarité préalable à l’université avec un enseignement primaire et secondaire.

[Robert Lacroix oublie-t-il que la scolarité de 12 ans pré-universitaire est un modèle quasi universel en Occident hérité du collège classique ? En France, en Belgique, en Suisse, en Allemagne on passe son bac ou sa maturité après 12 ans de scolarité et par un accord bilatéral celui-ci équivaut au diplôme d’études collégiales (DEC) québécois qui prend 13 ans de scolarité.

Le Québec n’a pas tant refusé de s’adapter au modèle canadien et nord-américain, car c’était déjà le système des collèges classiques ! Ce que la prétendue Révolution tranquille a tenu à faire c’est d’éliminer ces établissements perçus comme élitistes et trop liés à la religion, alors qu’ailleurs dans le monde on a simplement sécularisé et démocratisé le collège classique (le lycée en France par exemple), parfois au prix d’une perte de qualité.

Lire Gary Caldwell sur l’étatisation de l’école québécoise (1965-2005) [Ire partie]]

Ce système existait pourtant chez les Québécois anglophones et ils performaient remarquablement bien. [...] Avec les cégeps, on s’aperçoit que cette structure intermédiaire entraîne un allongement des études préalables à l’université, des étudiants qui s’endettent et qui, lorsqu’ils en sortent, vont parfois sur le marché du travail plutôt que d’entrer à l’université, retardent leur entrée à l’université ou font des certificats, sans terminer un baccalauréat.

— Votre étude est publiée dans un contexte bien particulier. Le Québec est en année électorale. Croyez-vous que la société est mûre pour un autre débat de structure ?

— Ça va faire jaser, mais c’est important que ça fasse jaser. C’est difficile de toucher aux cégeps, notamment parce que sur le plan de la formation professionnelle et technique, c’est une tout autre histoire puisque le Québec [font bonne figure]. [...] Dans notre étude, on a soulevé la question des cégeps, mais il y a plus qu’une cause [pour analyser le taux de diplomation universitaire des francophones]

[cela semble évident puisque malgré les cégeps anglais les anglophones québécois vont plus souvent à l’université, il doit donc avoir d’autres facteurs en jeu].

Mais si ce taux reste plus faible que ceux des anglophones ou du reste du Canada, est-ce que les francophones pourront vraiment jouer leur rôle dans l’économie du savoir ? [...] Il faut se poser la question sur la formation préuniversitaire et voir s’il n’y a pas des aménagements possibles.

[Note aux lecteurs : les questions et les réponses de cette entrevue ont été abrégées.]

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Le film Hochelaga : terre des âmes fausse la réalité historique

Gilles Proulx sur le film Hochelaga : terre des âmes ! actuellement en salles.

Allez voir Hochelaga : terre des âmes ! Ma collègue Sophie Durocher me semble trop sévère à l’endroit de ce film, qu’elle a décrié dans ces pages, même si le fond de sa critique est vrai. Ce long métrage fausse la réalité historique dans le but de nous culpabiliser.

Nos aïeux étaient si peu nombreux et si éparpillés de par le continent que l’alliance avec les Autochtones et l’apprentissage de leurs langues étaient une nécessité. Ils étaient obligés d’être gentils.

Or, le film présente nos ancêtres comme des génocidaires... un portrait qui serait exact pour décrire les rejetons du Mayflower et ces habitants de la Nouvelle-Angleterre qui ne communiquaient avec les Indiens qu’à coups de fusil...



Humiliés de concert

Comme de raison, le film axe son intrigue sur les Mohawks... la seule nation majoritairement hostile aux Français et fanatisée par les habits rouges. Ils étaient partis de Montréal depuis 70 ans quand Champlain y a remis les pieds.

Il est ridicule de prétendre réconcilier les Français et leurs anciens alliés puisque le « génocide culturel » à l’encontre de ces derniers est le fait du régime anglais, puis de la Confédération de 1867... alors même que les Français se faisaient eux-mêmes humilier et recaler dans la misère.

Coupables d’avoir perdu

Depuis la grande paix de Montréal de 1701, nos aïeux formaient avec une quarantaine de nations amérindiennes une sorte de « peuple ». Les Américains appellent notre guerre de sept ans la French and Indian War. Cessons de nous attribuer à tort le crime commis par les Anglais après nous et malgré nous. La preuve : le chef Pontiac refusera de reconnaître la conquête britannique et rêvera de reprendre le Canada pour y créer un État Franco-Indien...

Pourtant, je vous recommande d’aller voir Hochelaga : terre des âmes. Ce film nous fait revivre l’histoire dans des décors on ne peut plus justes pour camper le séjour de Jacques Cartier chez les Iroquois, l’hôpital de Ville-Marie (même si on ne voit pas Jeanne Mance... dommage) et la fuite des Patriotes poursuivis par les Anglais. Juste pour ça, ça vaut la peine.

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« The » Revenant, Hollywood et le Canadien français

mercredi 24 janvier 2018

Canada — Projet-pilote de recrutement anonyme : pas de biais détecté

En avril 2017, le gouvernement fédéral canadien avait déclaré sa volonté de découvrir si le fait de cacher les noms des personnes postulant pour des emplois dans la fonction publique améliorerait ses pratiques d’embauche et favorisera « la diversité » et « l’inclusion ».

La pratique a consisté à retirer des formulaires de demande d’emploi les noms et autres informations permettant l’identification des candidats, comme l’adresse courriel et le pays d’origine, afin de combattre les préjugés à l’endroit des gens de différentes origines, notamment les nouveaux arrivants.

Le projet pilote comprenait 17 ministères et 27 centres d’embauche externes entre avril et octobre 2017. L’échantillon était constitué de 2 226 demandeurs, dont 685 membres de minorités visibles (un peu moins de 31 %).

Les emplois étaient dans les domaines scientifique et professionnel, administratif et du service extérieur, technique et administratif, et opérationnel.

Les résultats de ce projet pilote indiquent que le fait de cacher les noms à consonance ethnique dans les curriculum vitae n’a aucune incidence réelle sur ceux qui ont été choisis parmi les demandes d’emploi envoyées à la fonction publique fédérale.

Un rapport publié mardi par la Commission de la fonction publique montre que les minorités visibles ont été présélectionnées dans les mêmes proportions avec le processus de recrutement anonymisé (46 %) et le processus traditionnel (47 %). Un peu moins donc avec le système anonymisé. Ce carnet s’étonne de ce 46 %, est-ce que cela correspond à la proportion des minorités visibles au Canada ?

« Pour les minorités visibles, les résultats n’ont indiqué aucun effet significatif sur les décisions de sélection des demandes », conclut le rapport.

Dans un billet publié aujourd’hui sur son carnet, le président du Conseil du Trésor, Scott Brison, a déclaré que l’« idée était de voir si des préjugés inconscients nuisaient aux processus de recrutement et, du fait, à nos efforts de continuer à bâtir une fonction publique qui reflète la diversité canadienne ». Le résultat de l’étude (« Le projet n’a pas permis de déceler des préjugés ») n’apparaît qu’au 5e paragraphe d’un texte de 8 paragraphes.

Une étude australienne a également montré les limites des CV anonymes pour assurer une plus grande « diversité » (pas nécessairement d’idées bien sûr). Selon cette importante étude australienne, une politique de recrutement anonymisé visant à stimuler l’emploi des femmes et de minorités visibles sur le marché du travail peut déboucher sur des résultats contraires. Le professeur Michael Hiscox, un universitaire de Harvard qui avait supervisé le processus australien, a déclaré qu’il était surpris par les résultats et a exhorté à la prudence. « Nous avons prévu que cela aurait un impact positif sur la diversité, ce qui rendait plus probable que les candidates et les personnes appartenant à des minorités ethniques soient retenues pour un entretien », a-t-il déclaré. « Nous avons trouvé le contraire, l’anonymat réduit la probabilité que les femmes soient sélectionnées pour la liste restreinte de candidats retenus ».

Une autre étude de l’Université du Michigan à Ann Arbor, cette fois, portant sur les candidatures envoyées pour des postes de professeurs universitaires a établi que les membres des facultés privilégiaient les CV de femmes à ceux d’hommes aux parcours et aux qualifications identiques. Contrairement à une idée très répandue, les professeurs sélectionneurs (qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes) dans les quatre disciplines testées préféraient deux fois plus les femmes candidates aux hommes qui avaient pourtant le même parcours universitaire et le même état civil (célibataires, mariés, divorcés), à l’exception des sélectionneurs économistes mâles qui ne montraient aucun biais envers l’un de deux sexes.

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Partialité ? Préférence pour nommer des femmes professeurs dans les sciences plutôt qu’hommes avec même CV

Australie — Recrutement sur base de CV anonymisés augmente nombre d’hommes blancs sélectionnés (les CV anonymisés ont été abandonnés)


Brève : deux fois plus de dépenses pour les mêmes résultats scolaires

En 1971, les États-Unis dépensaient en moyenne 6 200 $ par élève et par année pour l'éducation de la maternelle à la 12e année. En dollars constants, ajustés donc pour l'inflation, ceux-ci dépensent maintenant plus de 13 000 $. Qu'ont-ils obtenu pour 2 fois plus d'argent? Les mêmes résultats.



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Coûts des CPE [garderies] : multipliés par 11 pour atteindre à 2,4 milliards $, efficacité en question

Nombre d’élèves en difficulté a près de doubler en 10 ans, coût : 2,3 milliards par an

L’école privée ferait épargner 4452 $ par élève au Trésor public québécois

Syndicats satisfaits : taux du nombre d’élèves par enseignant en baisse constante au moins jusqu’en 2015 (des classes de plus en plus petites, des résultats qui diminuent dans les épreuves internationales)

Dépenser plus en éducation, est-ce la solution ?

Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l'augmentation de ceux-ci)

Extraits d’un entretien du professeur et de psychologue clinicien Jordan Peterson (Université de Toronto) paru dans le National Post le 19 janvier 2018 :

 Une autre question de psychologie : Qu’en est-il de tous ces gens qui se disent transsexuels ou sans genre ?

Jordan Peterson. —  Nous sommes en pleine épidémie psychologique. Cela se produit régulièrement. L’hystérie freudienne était une épidémie psychologique ; aujourd’hui on ne rencontre plus que très rarement des hystériques freudiens. Le trouble de la personnalité multiple est un bon exemple ; vous n’en voyez plus aujourd’hui.

  A-t-on déjà entendu parler, par le passé, de cette histoire de « genre » ?

Jordan Peterson. — Pas de mémoire d’homme.

Je ne me souviens pas de gens comme ça de toute ma vie. Je connais des homosexuels bien sûr, et des travestis, mais ils semblent remarquablement bien ajustés.

Jordan Peterson. —  Je pense que l’une des choses que le web a permises c’est que les gens qui ont des troubles de la personnalité valident leur pathologie particulière, parce qu’ils y trouvent toutes sortes de gens qui leur ressemblent.

Il y a une épidémie d’autodiagnostic chez les jeunes, une course à la multiplication des pathologies, une glorification des troubles comme les troubles de la personnalité limite, lesquels sont rares. Cette course victimaire qui permet au plus opprimé d’atteindre le sommet de la hiérarchie aboutit à un nivellement vers le bas.

Nous n’aidons pas les jeunes à trouver une voie de l’avenir noble et difficile, où ils seront responsables et avanceront confiants vers l’âge adulte. Bien au contraire. Nous leur disons : « Eh bien, le système est corrompu et cela ne sert à rien d’y prendre part. Vous allez être victime, peu importe ce que vous faites. » Et la course victimaire est lancée, la plus grande victime montera sur la plus haute marche. Et c’est vraiment mauvais, c’est particulièrement nuisible aux adolescents parce qu’ils passent par une crise identitaire, qu’ils sont mal dans leur peau.

– Quid des petits enfants ? La presse grand public a publié quelques articles sur des parents qui refusent même de dire quel est le sexe de leur enfant.

Jordan Peterson. — Des parents narcissiques. Ils cherchent la notoriété en sacrifiant leurs enfants. Si vous vous penchez sur ces familles, vous trouvez des choses qu’aucune personne sensée ne voudrait jamais contempler.



Thomas entre Pauline Moreno et Debra Lobel (ses deux « mères » lesbiennes) qui affirment qu’il n’a pas subi de pressions dans sa décision de devenir une fille

Voici quelques extraits d’un article Debra Soh qui détient un doctorat en neurosciences sexuelles de l’Université York publié aujourd’hui dans le Globe and Mail.

Au cours des 10 dernières années, il y a eu une forte augmentation du nombre de références de cliniques de genre pour les adolescentes qui veulent devenir des garçons.

La dysphorie de genre à évolution rapide, observée principalement chez les adolescentes et les jeunes femmes d’âge universitaire, se caractérise par un désir soudain de transition sans aucun signe de dysphorie de genre dans l’enfance. Elle apparaît généralement après qu’un individu a passé beaucoup de temps à se renseigner en ligne sur la dysphorie de genre.

Une étude de 2017 a établi une association entre ce phénomène et le fait d’avoir un ami (ou plusieurs amis) identifié comme transgenre, suggérant que cette augmentation ait des similitudes avec une contagion sociale. Ces filles ont fréquemment d’autres problèmes de santé mentale, comme l’autisme ou un trouble de la personnalité limite, qui devraient plutôt être au centre des préoccupations.

Dans d’autres cas, les adolescentes désirent une transition parce qu’elles sont sexuellement attirées par les hommes homosexuelles, et les hommes homosexuels préfèrent généralement des partenaires avec des corps masculins et des organes génitaux correspondants. Dans ce cas, toute une série de facteurs importants qu’il faudrait considérer. En plus d’être un traitement hormonal pour la vie, la réalité est que la chirurgie pour construire des organes génitaux masculins réalistes n’en est encore qu’à ses balbultiements.

Bizarrement, personne ne parle de tout ça. Au lieu de cela, on ne parle sans prudence. C’est ainsi que Par exemple, dans son numéro de l’hiver 2017, la Fédération des enseignantes et enseignants de l’école élémentaire de l’Ontario a déclaré aux enseignants que « le genre n’est pas binaire » (ce qui est scientifiquement faux) et leur a conseillé de ne « pas faire de suppositions sur le sexe de [leurs] élèves. »

Des statistiques récentes estiment que six adultes sur 1000 sont des transgenres (un nombre qui a doublé au cours de la dernière décennie), et jusqu’à une personne sur 100 pourrait avoir une différence de développement sexuel (une condition médicale anciennement appelée « intersexe »).

Sans aucun doute, ces individus méritent la dignité et le respect. En même temps, on ne s’avance guère en affirmant que l’immense majorité des enfants grandiront en s’identifiant à leur sexe de naissance. [...]

Quiconque essaie de parler de cela sait à quoi s’attendre : on vous appelle un bigot haineux. Aux parents, en particulier, on affirme que 41 % des personnes transgenres ont tenté de se suicider et que leur enfant fera partie de cette statistique [si on ne cède pas à leur affirmation d’être né dans le mauvais corps.]

Cependant, les chercheurs qui ont publié cette statistique ont reconnu les limites de leur étude ; ils n’ont pas demandé aux répondants s’ils souffraient d’autres problèmes de santé mentale ni s’ils s’identifiaient [encore] comme transgenres, au moment de leur tentative de suicide.

Après l’adoption en 2015 du projet de loi ontarienne n° 77 (qui confondait à tort [selon Debra Soh] des thérapies contraires à l’éthique visant à changer l’orientation sexuelle avec celles qui explorent l’identité de genre), les thérapeutes sont incapables d’avoir d’honnêtes conversations avec les parents au sujet de leurs enfants, de peur de perdre leur permis d’exercer. Cela a des implications importantes pour le bien-être de l’enfant, car la transition sociale et médicale n’est souvent pas une solution appropriée.

[...]

Mais prenant les affirmations des enfants pour argent comptant, les adultes leur refusent l’aide dont ils ont besoin. L’objectif d’une politique et d’un traitement médical efficaces devrait être d’améliorer la vie de ceux qui souffrent, plutôt que de s’autocongratuler parce que nous serions ouverts d’esprit et progressistes.


À comparer à la priorité éducative du Québec (du moment) : Urgence : « Adapter l’école aux écoliers transgenres »


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Bill Gates : l'informatique peu utilisée à la maison

Bill Gates et Jennifer Gates, sa fille de 15 ans
Fondateur de l’une des plus grandes entreprises d’informatique au monde, Bill Gates ne semble pas souhaiter voir ses enfants utiliser les technologies. En effet, il semblerait que le milliardaire ait inculqué des règles très strictes à son domicile concernant l’utilisation des objets connectés.

L’homme semble plutôt mitigé quant aux nouvelles technologies. « Elles peuvent être utilisées d’une manière formidable — pour ses devoirs ou rester en contact avec des amis — mais il arrive qu’il y ait aussi de l’excès », avait-il déclaré en avril dernier au Mirror.

Au sein du domicile des Gates, les cellulaires sont interdits avant l’âge de 14 ans et leur utilisation est également prohibée à table, lors du dîner et au moment du coucher. Ses enfants, aujourd’hui âgés de 15, 18 et 21 ans, possèdent tous un cellulaire.

Pour le fondateur de Microsoft, il est important de cadrer l’utilisation des technologiques des plus jeunes. Il avait précisé au Today Show qu’il n’ira pas jusqu’à contrôler les comptes Facebook de sa progéniture, mais la sécurité en ligne est « un problème très difficile pour les parents d’aujourd’hui ».

Il faut dire que plusieurs études ont déjà démontré l’aspect néfaste d’une surutilisation des cellulaires et autres technologies, notamment sur la concentration, mais aussi sur les relations sociales. C’est une véritable dépendance qui se construit pour ce moyen de communication qui prend toujours plus de place dans nos vies, surtout chez les adolescents. Une préoccupation de plus en plus inquiétante pour les parents, mais aussi pour les chercheurs en psychologie de la Silicon Valley.

On pourrait penser que Bill Gates soit de la vieille école, mais Steve Jobs semblait partager également son raisonnement. Le PDG d’Apple ne laissait pas ses enfants utiliser ses propres produits à la maison.

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Université d'Oxford : plus de temps donné aux femmes pour compléter l'examen

Selon le Daily Telegraph, l’université d’Oxford a accordé plus de temps aux candidates pour compléter leur examen afin d’améliorer les faibles résultats des femmes.

L’université a en effet accordé 15 minutes de plus aux étudiantes qui ont passé les examens de mathématiques et d’informatique à l’été 2017 pour compléter leurs examens, après avoir décidé que « les candidates pourraient être plus susceptibles d’être affectées par la pression du temps » que les homologues masculins. Par contre, ni la longueur ni la difficulté des questions n’ont été modifiées pour les candidates.

C’était la première fois que de telles mesures ont été prises. Au cours des années précédentes, le pourcentage d’étudiants masculins ayant obtenu un diplôme de première classe était le double de celui des femmes et en 2016, le jury d’examen a suggéré que le département apporte des changements pour améliorer les notes des femmes.

Cependant, malgré l’intention de réduire les disparités entre les sexes, l’effet principal de l’augmentation du temps semble avoir été une augmentation du nombre des résultats dans la moyenne supérieure (2:1 dans le jargon universitaire britannique, soit de 60 à 69 %) et moins dans la moyenne inférieure (2:2, soit de 50 à 59 %). Les hommes ont continué à recevoir plus de diplômes de première classe (70 % ou plus) que les femmes dans les deux matières.

mardi 23 janvier 2018

Gros salaire... mais gros déficit de sens dans son travail. Sixtine a tout plaqué pour se former à la méthode Montessori.

Un boulot bien payé à Paris, des missions variées, des collègues sympas, un cabinet de conseil qui faisait partie des « Great Place to Work » [en anglais dans le texte] depuis des années, un iPhone 6 et une Surface Pro… Mais de quoi pouvais-je encore rêver ? D’un métier qui a du sens.

Changement de cap… et d’ambiance

Savoir pour qui et dans quel but l’on travaille : à l’heure du tout-tertiaire et du tout-virtuel, ce besoin élémentaire est devenu un luxe. Coincée dans mon bureau, dans un soi-disant open space [plateau ou espace ouvert], je rêvais d’avoir du temps et de l’espace : rentrer avant 20 h et avoir un horizon plus large que mon écran d’ordinateur. Je rêvais enfin de rendre ma vie professionnelle cohérente avec mes aspirations spirituelles et mon désir d’une vie simple, respectueuse de l’environnement et proche de la nature.

Des couples d’amis, jeunes parents, se questionnaient sur la meilleure manière d’élever leur progéniture. Grâce à eux, je découvris la pédagogie Montessori, et m’y plongeai pendant plusieurs mois… avant de franchir le pas. En lisant Les lois naturelles de l’enfant de Céline Alvarez, j’avais été émerveillée par le potentiel insoupçonné des enfants, autant que révoltée de voir à quel point on ne lui permettait pas de se révéler. Quelle respiration tout à coup ! J’ai donc décidé de démissionner pour me lancer dans la grande aventure éducative.

Quelle respiration tout à coup ! J’ai donc décidé de démissionner pour me lancer dans la grande aventure éducative.

C’est ainsi que je me suis retrouvée inscrite à l’Institut Supérieur Maria Montessori (ISMM) de Lyon. Radical changement d’ambiance par rapport à tout ce que j’avais connu auparavant ! En entrant dans cette école, on découvre une pièce vaste et lumineuse. Le long des murs s’alignent des étagères basses, sur lesquelles est rangé le matériel pédagogique. Tout est beau, ordonné, délicat : les objets sont en bois, en porcelaine, en verre ; et surtout, ils sont adaptés à la taille et à la force des jeunes enfants auxquels ils sont destinés.

Aiguiser son regard sur le monde


Comme dans toutes les classes Montessori (appelée « ambiance » par les initiés), l’espace est divisé en quatre aires. L’aire de la vie pratique permet à l’enfant de devenir autonome dans les gestes du quotidien tout en affinant son mouvement. Grâce à l’aire du raffinement des perceptions sensorielles, l’enfant aiguise son regard sur le monde en affinant ses sens. L’aire du langage le mène à l’écriture et à la lecture ; et enfin, dans l’aire des mathématiques, il apprend à maîtriser le système décimal et les opérations qui en découlent.

Seul le U formé par des tables à hauteur normale trahit la finalité de cet espace : la formation d’une trentaine d’adultes, dont moi, au métier d’éducateur Montessori. Au fil de l’année, le matériel pédagogique de chaque aire nous est présenté : ses buts directs et indirects, l’âge auquel il est souhaitable de le proposer à l’enfant, les variantes qui permettront de relancer son intérêt pour l’activité…

Nos journées sont aussi rythmées par des temps d’enseignements sur les concepts phares développés par Maria Montessori dans ses différents livres, par exemple ce qu’elle appelle « l’esprit absorbant ». L’esprit de l’enfant en bas âge absorbe spontanément ce qu’il expérimente. Jusqu’à ses six ans, il a la capacité d’intégrer inconsciemment et sans effort les moindres éléments de son environnement.

Lire la suite du texte de Sixtine Devauchelle

Partialité ? Préférence pour nommer des femmes professeurs dans les sciences plutôt qu'hommes avec même CV

La sous-représentation des femmes dans les sciences universitaires est généralement attribuée, à la fois dans la littérature scientifique et dans les médias, à des préjugés sexistes qui font que moins de femmes sont embauchées.

Une étude de l’Université du Michigan à Ann Arbor s’est penchée sur cette hypothèse très commune.

L’étude résume cinq expériences d’embauche dans lesquelles des professeurs de faculté ont évalué les dossiers de candidats hypothétiques féminins et masculins. Leurs dossiers utilisaient des profils personnels systématiquement modifiés, mais qui correspondaient à un parcours universitaire identique. Les postes en jeu étaient ceux de professeurs adjoints en biologie, génie (ingénierie), économie et psychologie.

Contrairement à une idée très répandue, les professeurs sélectionneurs (qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes) dans les quatre domaines préféraient deux fois plus les femmes candidates aux hommes qui avaient pourtant le même parcours universitaire et le même état civil (célibataires, mariés, divorcés), à l’exception des sélectionneurs économistes mâles qui ne montraient aucun biais envers l’un de deux sexes.

La comparaison de différents états civils a révélé que les femmes sélectionneuses préféraient les mères divorcées aux pères mariés et que les hommes préféraient les mères qui prenaient des congés parentaux à celles qui n’en prenaient pas. Ces résultats, étayés par des données d’embauche universitaire réelles, suggèrent un biais (l’étude parle d’« avantages ») en faveur des femmes qui commencent une carrière comme professeurs d’université dans les sciences.


Préférence d’embauche parmi deux candidats à qualification et mode de vie égaux : pourcentage des membres de la faculté qui sélectionne le candidat homme ou femme.


Plus de détails :

Dans la cadre de cette étude, les auteurs ont mené des expériences randomisées et des études de validation sur 873 professeurs permanents (439 hommes, 434 femmes) de biologie, ingénierie, économie et psychologie dans 371 universités des 50 États américains et du District de Columbia. Dans l’expérience principale, 363 membres du corps professoral ont évalué des curriculum vitae décrivant des candidats hypothétiques féminins et masculins pour des postes de professeurs assistants menant à la permanence qui partageaient le même style de vie (par exemple, célibataire sans enfants, marié avec enfants). Les profils des candidats étaient systématiquement variés pour dissimuler des parcours universitaires identiques.

Les résultats ont révélé une préférence de 2:1 en faveur des femmes par les professeurs des deux sexes dans les domaines à forte intensité mathématique et non mathématique, à la seule exception des hommes économistes, qui n’ont montré aucune préférence de genre. Les résultats ont été reproduits en utilisant des analyses pondérées pour contrôler les caractéristiques de l’échantillon national.

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Discrimination — Les lesbiennes gagnent plus que les hétérosexuelles


La sélection à l’entrée des universités de l’« Ivy league »

Australie — Recrutement [dans la fonction publique] sur base de CV anonymisés [au niveau du sexe, nom et ethnie des candidats] augmente nombre d’hommes blancs sélectionnés (l’idée des CV anonymisés est donc abandonnée)


lundi 22 janvier 2018

Angleterre — Au moindre soupçon, des écoles considèrent les élèves comme transgenres

Une psychologue à la seule clinique du genre pour enfants en Angleterre affirme que certains pourraient regretter leurs décisions par la suite.

Llyr Jones, né garçon, fréquente une clinique d’identité de genre et se fait faire des piqûres pour ralentir la puberté

Des enfants à peine âgés de 11 ans se voient offrir des traitements médicaux qui pourraient les rendre stériles, de déclarer une psychologue de la seule clinique en Angleterre et au Pays de Galles qui se spécialise dans le traitement des enfants qui veulent changer de genre.

Bernadette Wren, psychologue clinicienne consultante à la clinique du Gender Development Service (GIDS) à Londres, a déclaré que certaines écoles allaient trop vite pour permettre aux jeunes filles d’être traitées comme écoliers masculins et vice versa — à la simple demande de l’enfant. [Mme Wren n’est en rien opposée à ce genre de thérapie dans l’absolu, voir comment elle qualifie la clinique où elle travaille à la fin de l’article.]

Elle a déclaré que des écoles s’empressaient de permettre aux élèves de changer de nom, d’uniforme et de pronoms sexués dès qu’on « murmurait qu’un enfant pourrait s’interroger sur son identité » et que ce n’était pas dans l’intérêt de chaque enfant.

La clinique GIDS fait partie de la Fondation Tavistock et Portland à Londres, pionnière dans le traitement médical des jeunes transgenres, elle est désormais submergée par les demandes.

En neuf mois l’année dernière, plus de 2000 enfants ont été référés par les médecins, les écoles et les groupes de soutien à la GIDS, la seule clinique du système public de santé et qui offre des traitements médicaux tels que des hormones pour ralentir la puberté et développer différentes caractéristiques sexuelles.

Nombre d’enfants envoyés au service de la clinique du genre (GIDS) par région

Ce nombre a été multiplié par 20 en sept ans — en 2009, il n’y avait que 97 cas référés ainsi à la clinique. Les chiffres de l’année dernière comprennent deux enfants de trois ans, neuf enfants de quatre ans, 21 enfants de cinq ans et 23 enfants de six ans. Certains se voient proposer des traitements non accessibles par le passé et pour lesquels on ne possède aucune donnée scientifique quant à aux risques à long terme.

Wren a déclaré que les générations futures pourraient condamner la façon dont ces enfants sont traités : « Bien sûr, vous devez songer au fait que nous aurons fait quelque chose qui sera considéré d’ici une génération comme mal avisé. » Elle a également reconnu que certains jeunes pourraient regretter leur décision de changer de sexe quand ils seront adultes et que ces traitements ne sont pas sans risques, y compris la perte de la capacité d’avoir des enfants, en particulier pour ceux qui sont nés garçons.

Nombre d’enfants référés à la clinique du genre (GIDS) par année et par sexe
Lire prof. Jordan Peterson : «  Nous sommes en pleine épidémie psychologique. Cela se produit régulièrement. »

« Peut-être que les choix qu’ils font à 16 ans seraient très différents de ceux qu’ils feraient à 30 ans », a déclaré Wren dans le cadre d’une conférence qui se tiendra le mois prochain sur l’amélioration du soutien aux enfants qui remettent en question leur genre. « Vous pouvez accepter leur sentiment à propos de la différence entre les sexes, mais vous devez aussi dire — sans être transphobe — qu’il s’agit de décisions thérapeutiques vraiment difficiles à prendre. »

« Même le service médical le plus ouvert aux transgenres se doit de considérer les difficultés extrêmement très graves qui se présentent. Le moment de la suspension de la puberté, par exemple. Si ces enfants peuvent tolérer assez de traitement hormonal pour développer la partie inférieure du corps afin qu’ils développent des sensations physiques. »

« Et la fertilité. Il faut considérer la perte de leur capacité à avoir des enfants biologiques. Cela devient un gros problème pour nous. Pour les mâles de naissance, leur capacité à produire des spermatozoïdes est plus fragile à la suite de ces traitements. »

Ses commentaires font suite aux remarques de l’expert en fertilité, Lord Winston, qui a déclaré qu’il voyait des adultes transgenres qui avaient perdu leur capacité de se reproduire et qui étaient très « endommagés ».

Wren a indiqué que le plus jeune enfant qui recevait une intervention médicale à la clinique était une fille de 11 ans, qui s’identifie comme un garçon et qui reçoit un traitement hormonal pour éviter une puberté précoce.

Alors que près de la moitié des enfants plus âgés envoyés à la clinique optent pour un potentiel traitement médical qui permette de « changer de sexe », seul un quart des enfants de 5 à 12 ans font le même choix.

« Dans le groupe d’âge plus jeune, on peut trouver des enfants dont le genre est fluide pour l’instant, mais dont l’identité de genre se raffermira par la suite. C’est pourquoi nous devons être plus prudents en ce qui concerne les identités sociales de genre précoces », a-t-elle déclaré.

« Les écoles devraient attendre que les parents leur en parlent avant de changer le nom de leur enfant dans les registres, son uniforme, le pronom genré qu’on utilisera pour s’adresser à cet enfant, les toilettes qu’il utilisera ou le type de sport que l’enfant pratiquera. »

« Si une école entend parler d’une rumeur selon laquelle un écolier s’interrogerait sur son sexe et qu’elle fait tout en triple vitesse ensuite pour s’assurer que l’enfant soit considéré comme un membre du sexe opposé, ce n’est peut-être pas le meilleur pour cet enfant. »

Wren a également révélé que :

● Parmi les enfants référés à la clinique de Londres, 10 % changent d’avis et se retirent du programme de traitement
● Les militants de Transgroups font pression pour que les enfants puissent changer d’identité sexuelle plus rapidement et certains estiment que le service GIDS est trop prudent
● La clinique ne dispose pas de données sur ce qui arrive à ses enfants lorsqu’ils deviennent adultes.

Mme Wren a ajouté que la clinique avait demandé de l’argent pour une étude qui suivrait 600 enfants depuis le début du traitement pendant de nombreuses années, y compris ceux qui changent d’avis. Malgré les risques, elle a comparé le travail de la clinique — et d’autres en Amérique et en Hollande — à des avancées pionnières en oncologie.

Plusieurs groupes de soutien aux transgenres ont refusé de commenter.


Voir aussi

Jordan Peterson et les jeunes « trans »

À comparer à la priorité éducative du Québec (du moment) : Urgence : « Adapter [sic] l’école aux écoliers transgenres »

Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté



dimanche 21 janvier 2018

Le genre et l'université : une chape de plomb s'abat

Extrait d’une allocution de Jordan Peterson tenue à l’université de Toronto le 19 novembre 2016 qui décrit la véritable chape de plomb qui s'abat désormais à l'université.



Sur la parodie de justice qu’est le Tribunal des droits de la personne, lire « Extirper l’hérésie et le blasphème » sur l’affaire Mark Steyn devant ce « tribunal » ?

Sur Jordan Peterson :

La croisade des LGBT contre la liberté d’expression et les distinctions linguistiques immémoriales

Jordan Peterson sur l’écart salarial, l’imposition des pronoms trans et la gauche radicale

Jordan Peterson et les jeunes « trans »




Le paradoxe de l'égalité entre les sexes c. la théorie du genre (rediff)

Mise à jour du 30 novembre 2012

La vidéo a été sous-titrée en français (par des tiers)




Billet du 11 octobre 2012

La théorie du genre veut qu'il n'y ait pas de différences sexuelles innées entre les sexes, si ce n'est les caractères sexuels apparents. Pas de différences au niveau de la psychologie, des comportements entre hommes et femmes. S'il y en a, ce ne serait que le fait de facteurs environnementaux, sociaux. Les intérêts des femmes pour les professions à fort lien social plutôt que les techniques ne seraient, par exemple, que le fruit d'une culture (machiste bien sûr) qui les enferme depuis la plus tendre enfance dans des rôles traditionnels, moins bien payés.

La vidéo norvégienne ci-dessous (sous-titrée en anglais uniquement, malheureusement) a suscité un débat médiatique, scientifique et politique de premier plan en Norvège. Depuis ce débat, l’État norvégien a décidé de cesser toutes les subventions aux instituts et associations pro-genre. Ce fut plus particulièrement le cas du Nordisk institutt for kunnskap om kjønn (Institut nordique d'études sur le genre).

La controverse est née du reportage de Harald Eia qui dépeint les sociologues et les chercheurs en études du genre sous une lumière peu flatteuse dans une série télévisée appelée « Endoctrinés ».

Le vacarme avait déjà commencé l'été dernier, plus de six mois avant que la série ne soit prête. Certains chercheurs en sciences sociales qui avaient été interrogés par Eia s’étaient exprimés dans la presse pour dire qu'ils se sentaient bernés et trompés par les méthodes«douteuses» du journaliste.

Eia est d’abord allé interroger des sociologues norvégiens spécialistes en orientation sexuelle, en éducation, les rôles sexuels, l’orientation sexuelle et la race; des domaines fortement politisés dans la communauté universitaire norvégienne. Puis il a traduit ces entretiens en anglais et les a montrés à des chercheurs renommés britanniques et américains comme Robert Plomin, Steven Pinker, Anne Campbell, Simon Baron-Cohen, Richard Lippa, David Buss, et d'autres. Dire que les chercheurs américains et britanniques ont été surpris par ce qu'ils ont entendu serait un euphémisme.

« J'aimerais avoir un emploi technique. »
Tiré des travaux de Svein Sjøberg et Camilla Schreiner de l'Université d'Oslo

Tout commence par un paradoxe : la Norvège trône depuis des années aux premières places du classement des pays les plus égalitaires envers les femmes et pourtant la division du travail selon les sexes y est très stable, malgré toutes les campagnes gouvernementales pour changer les choses. Chose encore plus curieuse : plus un pays est pauvre et plus ses femmes s'intéressent aux professions techniques et traditionnellement masculines alors qu'elles sont délaissées dans des pays prospères et féministes comme la Norvège, le Danemark, la Finlande, l'Angleterre... C'est ce qu'on nomme le paradoxe de l'égalité entre les sexes.



(sous-titrage français)


(sous-titrage anglais)



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Il a arrêté l'école à 16 ans, il prépare aujourd'hui un doctorat en droit

Roderick n’a jamais passé son brevet [à 16 ans] ni été au lycée [fin du secondaire + cégep au Québec]. Après avoir travaillé quelques années, il a passé une capacité en droit en cours du soir, puis réussi licence et maîtrise à La Sorbonne.


« Les échecs font (aussi) partie de la réussite, car sans mes échecs, je ne serai jamais parvenu où j’en suis maintenant.

J’ai arrêté l’école à 16 ans après un parcours scolaire catastrophique. J’ai toujours été le dernier de ma classe. J’ai connu de nombreuses exclusions, convocations chez le juge pour enfant, en conseil de discipline, au rectorat. Au collège, j’ai redoublé deux fois — sixième et troisième — et j’en suis parti sans le brevet. Je n’ai donc jamais mis un pied au lycée.

Je suis alors entré dans l’armée, sans conviction ni patriotisme, mais il s’agissait à l’époque du seul employeur susceptible de me nourrir et de me loger, et qui recrutait sans formation. Passé cette expérience, j’ai enchaîné des petits boulots : livraison de pizzas, distribution de publicités dans le métro, petits chantiers au noir. J’ai aussi tenté une formation de paysagiste dans une école à Vincennes [Val-de-Marne]. Mais, pic de la crise oblige — nous étions en 2010 — aucune entreprise ne recrutait. J’ai donc quitté cette formation pour retourner à mes petits boulots alimentaires. »

Une passion pour le droit

« En septembre 2011, j’ai croisé un ami du collège, qui était rentré en fac de droit. Il m’a parlé d’une équivalence au bac, une capacité en droit, une formation gratuite en cours du soir en deux ans qui me permettrait soit d’entrer en fac (et pas seulement en droit), soit de passer les concours de la fonction publique.

Je me suis lancé dans cette formation, à La Sorbonne. Je ne connaissais absolument rien. Qu’est-ce que le droit ? Quelle est la différence entre un maire et un préfet ? Entre un juge et un procureur ? Entre l’État et une mairie ?

La formation a été exigeante. J’ai parfois travaillé toute la nuit pour lire des bouquins et répondre à mes questions sur la société. Et puis je me suis découvert une passion pour le droit. J’ai découvert les institutions, les enjeux des grands débats relatifs à la démocratie ou aux questions sociales…

Après l’avoir validé haut la main, j’ai intégré une licence de droit, puis un master de droit public, que j’ai obtenu avec mention. J’ai été recommandé par plusieurs de mes professeurs pour intégrer Sciences Po Paris, dont j’ai passé le concours, et obtenu la note de A (soit la note maximale). Mais j’y ai finalement renoncé pour commencer un doctorat en droit à La Sorbonne, qui débutera à la rentrée prochaine.

En parallèle, j’ai obtenu un poste d’assistant de justice en cour administrative d’appel. Preuve qu’en plus d’être diplômé, cela peut déboucher sur de très belles occasions !

Aucun bac ne prépare à la fac de droit. J’ai été bien meilleur élève que des bacheliers ES obtenus avec mention très bien, et bien moins bon que certains élèves issus d’un DAEU [diplôme d’accès aux études supérieures] ou d’une capacité en droit comme moi.

Je tire une évidence de mon expérience : le parcours scolaire du collège-lycée n’est absolument pas prédéterminant pour la réussite à l’université. »

Pour entrer à l’université en France, des examens alternatifs au baccalauréat existent, tels le DAEU, l’International Baccalaureate, la capacité en droit, l’AbiBac, le DEC québécois...

Tour d’horizon des diplômes existants :

– Le diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU) est un diplôme national qui permet ensuite d’accéder à une université, un IUT ou une école recrutant au niveau bac. Il donne aussi accès aux concours administratifs de catégorie B. Il en existe deux types : l’option A (littéraire) et l’option B (scientifique). Le DAEU se prépare à l’université, en présentiel ou en ligne. Le cursus peut être étalé sur plusieurs années. Les candidats doivent être âgés de 24 ans au moins (ou 20 ans et justifier de deux ans d’activité professionnelle).

– Le Baccalauréat international (IB), appelé aussi « bac de Genève », a été lancé en 1968 par une fondation suisse. Il est préparé dans près de 4 000 établissements, répartis dans 150 pays. En France, 12 établissements privés préparent à l’IB, le plus souvent en anglais. [...] Le cursus comprend un tronc commun et six matières optionnelles. L’IB n’est pas reconnu a priori par l’éducation nationale. Les titulaires doivent solliciter une dispense du bac français auprès de l’établissement de leur choix. Mais nombre d’écoles cotées acceptent les élèves ayant obtenu l’IB.

– La capacité en droit est une formation juridique générale d’une durée de deux ans, souvent dispensée en cours du soir. Les titulaires peuvent ensuite entrer en première année de licence de droit ainsi qu’en première année de DUT carrières juridiques ou de BTS notariat. Ils peuvent aussi passer des concours de la fonction publique. Il existe également, sur le même modèle, une capacité en gestion des entreprises, qui se prépare surtout dans des Instituts d'administration des entreprises (IAE).

– L’AbiBac, créé par l’accord franco-allemand du 31 mai 1994, est un cursus débouchant sur la délivrance simultanée des deux diplômes, le bac français et l’Abitur allemand. Le dispositif repose sur un jumelage entre un lycée français et un Gymnasium allemand. Plus de 80 lycées en France préparent à l’AbiBac.

– D’autres équivalents du bac. Il existe un grand nombre de titres ou de diplômes permettant d’obtenir une équivalence du bac. Le DEC (diplôme d’études collégiales) québécois en est un. On en trouvera la liste sur le site Legifrance.gouv.fr.

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