vendredi 30 mai 2014

Avis juridiques sur l'euthanasie au Québec, personne ne les réclame ?

Extraits d'un article de l'ancien ministre Jacques Brassard dans le Journal de Montréal :

En octobre 2013, Philippe Couillard, maintenant premier ministre, révélait qu’il avait « de sérieuses réserves » sur le projet de loi fallacieusement intitulé « aide médicale à mourir ». Il n’a jamais précisé la nature de ces réserves, mais on sait désormais qu’elles n’existent plus. Évaporées ! Le projet de loi sera donc redéposé et adopté à toute vapeur. Le vote sera-t-il libre ? J’en doute fort ! L’autre jour, au Salon Rouge, l’ancien président Clément Richard, après avoir reçu la médaille d’honneur de l’Assemblée nationale du Québec, souhaitait que le vote libre soit une règle reconnue sur les « questions morales ». C’est loin d’être le cas. On proclamera sans doute qu’il y a vote libre, mais, en réalité, c’est la ligne de parti qui va prévaloir.

[...]

Trompeur et dissimulateur

Ce n’est pas ce que pense cependant le Dr Patrick Vinay, chef de l’unité des soins palliatifs à l’Hôpital Notre-Dame : « L’euthanasie, écrit-il, est présentée sous le nom d’“aide médicale à mourir”, comme étant un soin s’insérant naturellement dans le continuum des soins palliatifs. Or, soigner, c’est ouvrir un meilleur espace de futur, même court, pour le malade fragilisé. Tuer, au contraire, élimine le futur. Tuer n’est pas soigner, c’est priver le malade des possibles auxquels il a droit. » Le Dr Vinay a raison. Ce projet de loi est délibérément de mauvaise foi, trompeur, dissimulateur. Il présente l’euthanasie, qui en vertu des chartes contrevient à « l’inviolabilité de la vie de chaque citoyen », comme un « soin de fin de vie », une « aide médicale à mourir », un « geste de respect de la dignité du malade ». Quelle hypocrisie ! « Mal nommer les choses, écrivait Albert Camus, c’est ajouter au malheur du monde. » Le projet de loi 52 nomme très mal les choses. Et le pire, c’est que c’est voulu.

[...]

Soins palliatifs

« Les soins palliatifs, écrit encore le Dr Vinay, ont toujours trouvé une solution non euthanasique pour répondre aux 2 ou 3 demandes qui persistent, parfois avec l’aide précieuse de la sédation palliative, une procédure qui n’abrège pas la vie, mais ramène le confort. Nous n’avons jamais eu besoin de l’euthanasie, et la majorité des médecins de soins palliatifs n’en veulent pas : d’autres approches efficaces existent. » Mourir dans la dignité, ce n’est pas légaliser l’euthanasie, c’est rendre accessibles des soins palliatifs de qualité partout au Québec. Le Collectif des médecins contre l’euthanasie a écrit au premier ministre pour lui dire que « d’un point de vue juridique et politique, il est clair que le Québec n’a pas compétence pour légaliser l’euthanasie et que les dispositions du projet de loi à cet égard seront contestées devant les tribunaux ». À propos, il doit bien y avoir des avis juridiques sur la question. Curieusement, personne ne les réclame.





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Liberté temporaire des écoles juives québécoises

Le Monopole de l'Éducation du Québec tolère depuis six ans cinq écoles de confession juive de Montréal qui ne respectent pas le régime pédagogique gouvernemental. Le ministre Yves Bolduc a déclaré avoir une « tolérance temporaire ». En 2008, le Monopole de l'Éducation (MELS) avait renouvelé les permis et les subventions de ces écoles malgré plusieurs lacunes: présence de personnel enseignant non qualifié selon ce même Monopole, temps consacré aux services éducatifs inférieur au temps prescrits par le gouvernement, liberté par rapport au régime pédagogique unique étatique, élèves non déclarés, non-respect de la Charte de la langue française, absence de laboratoire, insuffisance de ressources matérielles, refus d'enseignement du très controversé cours d'éthique et de culture religieuse imposé par le gouvernement, etc.

En vertu d'une entente convenu en 2009, le ministère de l'Éducation avait donné cinq ans à ces écoles pour apporter les correctifs nécessaires et se conformer à toutes ses exigences. Dans son dernier rapport remis au Monopole de l'Éducation, la Commission consultative de l'enseignement privé recommandait de ne pas renouveler les permis et les subventions de ces écoles privées financées à 60 % par des fonds publics. Ainsi à l'automne 2012, les conditions posées à ces écoles n'avaient toujours pas été satisfaites. Le Collège rabbinique du Canada, l'École communautaire Belz, l'École première Mesifta, Les écoles communautaires Skver et l'école Yechiva Gedola-Merkaz Hatorah de Montréal étaient toujours en défaut de respecter les conditions imposées par le gouvernement. Une vérification sur le site Internet du MELS a permis au Journal de Montréal de constater qu'au moins quatre des ces cinq écoles ont obtenu un nouveau permis, sauf le Collège rabbinique du Canada. Ce dernier a toujours pignon sur rue à Montréal.

La CAQ pour moins de liberté, patience au MELS ?

« Ces écoles devaient se conformer depuis 2009 (...) une situation tolérée tant par les ministres du Parti québécois que du Parti libéral qui n'ont pas eu le courage de faire appliquer la loi (...) Le ministre peut-il nous garantir que dès septembre, les élèves de ces écoles illégales fréquenteront des écoles qui respectent le régime pédagogique », a demandé la députée caquiste Nathalie Roy à l'Assemblée nationale. Nathalie Roy ne devrait-elle pas plutôt militer pour l'assouplissement des règlements et lois sur l'enseignement qui pourraient profiter à tous les parents québécois ?

Le ministre de l'Éducation soutient vouloir se montrer tolérant envers ces écoles qui « ont besoin de s'améliorer ». « Les écoles qui ne répondent pas aux normes on va travailler avec elles. Il faut avoir une tolérance temporaire pour qu'elles puissent se conformer. Entrer en conflit avec certaines communautés, ça ne serait pas une bonne chose », a exposé Yves Bolduc. Quant aux écoles sans permis et qui existent clandestinement, M. Bolduc dit manquer de moyens pour les fermer. « On n'a pas tous les outils légaux pour le faire. [Que faut-il comprendre ? Serait-ce illégal de les fermer donc?] J'ai formé un comité avec mes collègues de la Justice et des Services sociaux », a dit M. Bolduc.




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mardi 27 mai 2014

Euthanasie – Recours aux tribunaux du Québec

Une requête en jugement déclaratoire est en voie d'être déposée à la Cour Supérieure du Québec, district de Montréal. Les requérants sont Mme Lisa D'Amico, citoyenne handicapée, et le Dr Paul J. Saba, médecin de famille. Cette requête les oppose au Procureur général du Québec et met en cause le Procureur général du Canada, afin de faire déclarer que :

  1. L'euthanasie d'un être humain par son médecin, notion plus connue au Québec sous l'euphémisme d'« aide médicale à mourir », n'est pas un soin ;
  2. Le Québec n'a donc pas compétence pour légiférer en la matière ;
  3. L'euthanasie est contraire aux Chartes canadienne et québécoise des droits fondamentaux, au Code criminel canadien, au Code Civil du Québec, à la Loi sur les services de santé et les services sociaux du Québec, ainsi qu'au Code de déontologie des médecins du Québec et à la Loi Constitutionnelle de 1867 ;
  4. Il est impossible de constater au Québec un consentement libre et éclairé des patients concernés par l'euthanasie en raison de leur vulnérabilité accentuée découlant du manque de ressources en matière de soins appropriés, en raison de leur état de santé et du manquement à l'accès universel aux soins palliatifs à toutes les personnes qui en ont besoin, notamment pour apaiser les souffrances ;
  5. Il est impossible et incompatible de confier la vérification des conditions de l'euthanasie et le geste létal aux seuls médecins, qui transgresseraient leur code déontologie et la loi criminelle fédérale.

Madame D'Amico a un intérêt personnel à agir en affirmant craindre que l'insuffisance des moyens en soins et en services sociaux au Québec ne la place en situation de grande vulnérabilité, en l'incitant à accepter l'euthanasie en raison de l'évolution de sa condition. Le Dr Saba estime qu'il n'est pas possible de demander à un médecin de pratiquer l'euthanasie sur un patient. Il rappelle deux principes qui sont parmi les fondements de la pratique de la médecine :

·        En premier lieu, l'adage primum non nocere, qui peut se traduire comme étant « le devoir de ne rien faire qui puisse nuire à l'état du patient ». L'administration d'une injection létale, lorsqu'il y a d'autres options moins agressives et dangereuses, est contraire aux principes d'une saine pratique de la médecine.

        Deuxièmement, l'idée du bien commun ou celle du Bon Samaritain, devrait assurer l'ensemble de la population que les soins autorisés ne vont pas nuire à ses proches. Cette notion doit guider le médecin afin de protéger les intérêts de l'ensemble de la population. Dans ce sens, l'euthanasie va causer des décès inadmissibles et que l'on peut éviter : celui des personnes qui seront euthanasiées à cause d'erreurs de diagnostic et de pronostic.

Selon la Société canadienne des médecins de soins palliatifs, l'euthanasie est un geste qui consiste à causer délibérément la mort d'une autre personne pour mettre fin à ses souffrances. La médecine palliative n'inclue pas la pratique de l'euthanasie. Les soins palliatifs appropriés ne sont pas offerts de façon égale sur tout le territoire québécois ni dans tous les établissements de soins et ne sont offerts qu'à des taux variant de 20 à 60 % selon les régions et les types de maladies (Rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, mars 2012, page 26). Une majorité de patients n'y a donc pas accès et ne sera donc pas en mesure de faire un véritable choix libre et éclairé. Cette requête soulève une question d'intérêt public. Il existe un risque réel de danger immédiat que la légalisation de l'euthanasie conduise à mettre fin rapidement, sans balises sérieuses, à la vie des personnes les plus vulnérables de notre société, au premier rang desquelles figurent les personnes handicapées. L'expérience de la Belgique a démontré qu'il y a des dérapages avec 32 % des personnes euthanasiées sans leur consentement ou celui de leurs familles (Physician-assisted deaths under the euthanasia law in Belgium: a population based survey, Journal de l'Association médicale canadienne, édition du 15 juin 2010). Des changements récents à la loi Belge donne maintenant aux personnes dépressives et aux enfants l'accès à l'euthanasie. Ces situations ne sont pas à la hauteur des valeurs fondamentales de notre pays. L'euthanasie est un accroc à la Déclaration sur l'euthanasie de l'Association médicale mondiale – représentant 9 millions de médecins dans 100 pays, dont plusieurs du Canada – qui stipule ce qui suit : « L'euthanasie, c'est-à-dire mettre fin à la vie d'un patient par un acte délibéré, même à sa demande ou à celle de ses proches, est contraire à l'éthique… et doit être condamnée par la profession médicale. » Et par résolution : « L'Association médicale mondiale encourage vivement toutes les associations médicales nationales et les médecins à refuser de participer à un acte d'euthanasie, même si la loi nationale l'autorise ou la décriminalise dans certaines situations. » L'Assemblée nationale du Québec leur ayant fait la sourde oreille, les demandeurs font maintenant appel aux tribunaux où ils sont confiants d'être entendus quant au projet de loi 52, dont les articles prévoyant l'euthanasie ne respectent pas notre constitution ni nos valeurs fondamentales, l'euthanasie ne constituant pas un soin médical.

La requête en jugement déclaratoire (33 pages en PDF)




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dimanche 25 mai 2014

France et euthanasie — les médecins de l'Académie de médecine préfèrent soigner

Si la presse générale fait ses choux gras (symbole d'ouverture, tolérance et toutes les scies désormais habituelles) d'une femme à barbe choisie par les jurys et non le vote téléphonique des téléspectateurs, il y a un fait dont on a étonnamment peu entendu parler : le rapport émis par l’Académie nationale de médecine sur la fin de vie.

Il répond à la saisine du Conseil d’État faisant suite à l’affaire Vincent Lambert. S’il n’a pas vocation à prendre une position ferme sur cette affaire en particulier, le rapport réaffirme des principes fondamentaux destinés à éclairer la prise de décision. Face au pathos mis en avant par les promoteurs de l’euthanasie et du suicide assisté, l’Académie prend position et met en avant une évidence que l’on cherche à nous faire oublier : un médecin a pour unique mission de soigner, aucun ne peut accepter de donner la mort. « L’arrêt de vie en réponse à une demande volontaire à mourir ne peut être assimilé à un acte médical. Sans équivoque, quand bien même il s’agirait “seulement” d’une aide au suicide, il n’est pas dans la mission du médecin de provoquer délibérément la mort. »

Cette mission de soin doit être menée quel que soit l’état de conscience : l’Académie s’oppose à ce que l’on opère une distinction dans les traitements qui soit subordonnée à la capacité relationnelle du patient. Elle considère, en effet, qu’il est difficile de déterminer les états végétatifs chroniques de ceux de conscience minimale. Ainsi, un état comateux ne saurait justifier un arrêt des soins et de l’alimentation – ce qui est pourtant le cas pour Vincent Lambert. Ces soins doivent être administrés dans des structures adaptées : c’est aussi l’inadéquation des moyens qui amène à les remettre en question.

Quant aux situations d’arrêt de traitements, le médecin doit opérer une consultation collégiale des proches avant de décider s’il y a obstination déraisonnable. Une sédation peut alors être entreprise, dans le respect de la dignité du malade. N’en déplaise à nos politiciens, ce n’est donc pas à la justice mais au corps médical de trancher, même si cette grande latitude donnée n’est toutefois pas sans risques de dérives…

Une prise de position ferme par un organisme compétent : de quoi expliquer le silence observé par la plupart des médias à l’information sélective. Cette mobilisation du monde médical contre l’euthanasie active rappelle les fondamentaux du serment d’Hippocrate, et trouve aussi un écho avec le collectif d’étudiants en médecine Soigner dans la dignité. Face à l’absence d’éthique dans leur formation et devant une notion de la dignité galvaudée, ces futurs médecins se refusent à donner délibérément la mort et font la promotion des soins palliatifs.

Il ne reste plus qu’à saluer ces observations sensées rappelant la vocation du médecin : soigner et accompagner le patient jusqu’au bout de sa vie, quels que soient sa couleur de peau, son niveau intellectuel, de santé ou son état de conscience.

Source




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samedi 24 mai 2014

Examens du Ministère du Québec: les exigences à la baisse et effets de l'anglais intensif

Le Soleil de Québec du 23 mai 2014 nous apprend qu'il a consulté les documents que le Monopole de l'Éducation du Québec fournit aux enseignants pour corriger les examens de sixième année en mathématiques et en français.


Compter moins de fautes

Pour corriger un texte de français, le Ministère demande maintenant de ne compter qu'une seule erreur « lorsque tous les mots d'un groupe (y compris l'attribut) régis par la même règle d'accord ne sont pas accordés comme ils devraient l'être ». Par exemple, dans la phrase suivante, « Les chatte sont noire », les profs doivent compter une seule erreur plutôt que deux, puisqu'il s'agit de la même règle d'accord du pluriel qui n'est pas respectée.

« J'enseigne depuis 12 ans, presque toujours en sixième année. C'est nouveau que l'on me prescrive de diminuer ainsi le nombre de fautes. C'est du nivellement par le bas », affirme une enseignante, qui refuse toutefois d'être identifiée. [On la comprend.]

Le scénario est semblable en mathématiques. Par exemple, il est maintenant possible d'obtenir un A si l'élève commet « au plus deux erreurs mineures (imprécisions, oublis, etc.) » ou « certaines erreurs de transcription ». Une situation qui perdure depuis déjà quelques années, alors qu'avant, l'élève pouvait obtenir un A seulement si les calculs étaient « exacts », peut-on lire sur une grille de correction de 2007. Les critères ont aussi été assouplis pour l'obtention des autres cotes, B, C ou D.

« Ça n'a pas de sens! Les critères de correction diminuent d'année en année, on baisse les exigences », déplore une autre enseignante qui refuse d'être identifiée par crainte de représailles de la part de sa commission scolaire.

Un constat qui ne surprend vraiment pas Suzanne G.-Chartrand, didacticienne du français et professeure retraitée de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval. « À chaque année, le Ministère trouve des façons de diminuer le nombre d'erreurs [sanctionnées] », lance-t-elle.

Double discours

Les exemples sont nombreux, ajoute Mme Chartrand. En réaction aux nombreuses critiques entourant les programmes de la réforme, le ministère de l'Éducation a publié il y a quelques années une «progression des apprentissages» pour chacune des matières, un document qui détaille les connaissances à acquérir pour chaque année scolaire.

[...]

[Mme Chartrand explique:] « Il y a un double discours. On a des programmes ambitieux et exigeants, ça paraît bien, mais l'évaluation ne suit pas »

[...]


Du côté de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), on affirme avoir entendu « certains commentaires » concernant la baisse des exigences dans les grilles de correction, mais aucun bilan n'est disponible pour l'instant. « On a des vérifications à faire. Mais ça ne nous surprendrait pas si c'était le cas », affirme Josée Scalabrini, présidente de la FSE.

Effets de l'anglais intensif en 6e ?

L'anglais intensif, que le gouvernement Charest avait voulu rendre obligatoire pour tous les élèves de sixième année, pourrait expliquer en partie cette tendance, ajoute-t-elle.

Avec cette formule, la moitié de l'année scolaire est consacrée exclusivement à l'enseignement de la langue de Shakespeare. « En diminuant de 50 % le temps consacré aux autres matières, il faut baisser les exigences si on veut que tout le monde passe, ajoute Mme Scalabrini. Ça ne peut pas faire autrement. »

[Pour les élèves moyens ce n'est pas impossible. On a observé une chute des résultats en France quand on a fait repasser la même dictée à trente ans d'intervalle. Le test a été soumis à des élèves « mélangés » : en banlieue, en centre-ville, en province. En 1976, l'éducation des jeunes de 14/15 ans était déjà quasi universelle. L'exercice a été pioché dans les épreuves du brevet des collèges de 1976. Principale cause probable de cette dégringolade : le manque d'heures de français, les élèves français passent en effet 800 heures de moins (de 12 à 16 ans) à étudier le français qu'en 1976.]

Voir aussi

France — les ados sont devenus nuls en dictée

Syndicats satisfaits : taux du nombre d'élèves par enseignant en baisse constante au moins jusqu'en 2015

Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »

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Québec — la 6e année bilingue pas imposée aux anglophones, mais bien aux francophones et aux immigrants que l'on prétend franciser

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Mythe : « seuls les enfants peuvent apprendre de nouvelles langues avec un haut degré de maîtrise »

Lent déclin du français à Montréal et sa banlieue

Épreuve de français pour enseignants — « démission calamiteuse »

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Québec — Les examens du ministère à nouveau mis en cause

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Écoles lavalloises — vague d'immigration, pauvreté et tensions raciales

200 000 immigrants en 4 ans au Québec, bon pour le développement durable !?






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jeudi 22 mai 2014

Abolir les commissions scolaires, une bonne idée ?

Article intéressant de Michel Pallascio dans le numéro 43 d'Égards sur la question d'abolir les commissions scolaires :

« La question de l’abolition des commissions scolaires a été soulevée à plusieurs reprises lors des dernières campagnes électorales. À ma connaissance, elle a été présentée pour la première fois par l’Action démocratique du Québec (ADQ) lors de l’élection de 2008. Elle a été récupérée ensuite par la Coalition Avenir Québec (CAQ), le parti de François Legault. Et, plus récemment, le Parti libéral du Québec (PLQ) n’avait pas fermé la porte à l’idée de cette abolition, sondages d’opinion obligent.

Il n’est pas facile de répondre à une telle question. Il faut d’abord préciser que l’ADQ et la CAQ ont proposé cette mesure dans une optique essentiellement économique, et non dans le cadre plus global d’une réforme de notre système d’éducation. Dans ce contexte, la proposition ne nous avance guère. Il est douteux que l’abolition des commissions scolaires apporte quelque économie que ce soit, étant donné la garantie d’emploi des gens syndiqués œuvrant dans ces institutions et les services rendus par ces mêmes personnes au bénéfice des écoles.

Rappelons-nous les conséquences liées à la réduction du nombre de commissions scolaires au cours des années 1990. Cette opération avait aussi pour but ultime d'apporter des économies d'échelle et de faciliter la gestion de ces institutions. Il était pourtant à prévoir que le résultat serait « nul ». Exemple : là où il existait trois commissions scolaires avec trois directeurs généraux, on s'est retrouvé avec un directeur général et deux adjoints. Il ne faut pas oublier que le salaire de ces personnes est déterminé en fonction de l'importance de la clientèle, donc commission scolaire plus « grosse », salaire plus « gros », CQFD.

Il faut aussi noter que les représentants de l'ADQ et de la CAQ ont toujours fourni des réponses assez vagues lorsqu'on leur demandait d'expliquer quel organisme allait reprendre des pouvoirs octroyés aux commissions scolaires. Encore aujourd'hui, personne n'est en mesure de répondre de façon claire et satisfaisante.

En ce qui concerne l'ADQ, Mario Dumont avait mentionné publiquement que les pouvoirs des commissions scolaires seraient remis au gouvernement. Cette proposition était pour le moins surprenante venant d'un parti qui prônait «moins d'État» et semblait privilégier, en général, la «subsidiarité», notamment dans le domaine de la famille. Quant à la CAQ, son programme indique que son gouvernement accorderait plus d'autonomie à l'école », mais sans donner plus d'explications sur la réalisation d'un tel objectif. Pour sa part , le Parti Québécois (PQ) a préconisé un certain temps l'abolition des directions régionales du ministère de l'Éducation du Québec CMÉQ) et la transformation des commissions scolaires actuelles en banques de service pour les écoles, mais cette résolution semble s'être évaporée. Il faut toutefois mentionner que ce parti insistait beaucoup sur l'autonomie de l'école. Encore là, on ne sait pas ce qu'il serait advenu des droits et obligations des commissions scolaires et rien n'avait été dit concernant l'avenir des commissaires élus.

Dans tous les cas, il s'agit d'abord de mesures économiques qui ne sauraient résoudre les problèmes de fond du système d'éducation québécois. On s'attaque aux structures, sans oser [remettre en question] les différentes réformes de l'éducation pilotées par les « théologiens » du MÉQ.

Si l'on veut vraiment « dégraisser le mammouth », il faudrait peut-être envisager de remettre en cause le fonctionnement de certaines instances œuvrant au niveau de l'éducation. Tout de suite, il me vient à l'esprit le pouvoir abusif des syndicats, pouvoir qui leur a été octroyé en opérant une centralisation à outrance des négociations patronales/syndicales. Il est bon de rappeler qu'au début des années 1980, le gouvernement provincial dirigé alors par le Parti Québécois (avec Pierre Marc Johnson comme ministre de l'Éducation) avait mis en tutelle la CECM pour une période de vingt-quatre heures, afin de signer une convention collective avec l'Alliance des professeurs de Montréal, passant ainsi outre aux pouvoirs légitimes de la commission scolaire. Il est bien entendu qu'à partir de ce moment, le p ou voir de négociation, principalement au niveau salarial (ne laissant que les questions normatives au niveau local), a été retiré graduellement aux commissions scolaires. Pour se donner bonne conscience, on a permis aux commissions scolaires d 'être représentées aux tables de négociations provinciales.

Par contre, il faut le signaler, bien des commissions scolaires ont tiré une certaine satisfaction, pour ne pas dire un certain soulagement de cette situation. Elles s'éviteraient désormais les conflits locaux avec le lot de misère, de contestations et de gestes disgracieux qui accompagnaient généralement le renouvellement des négociations collectives. Malheureuse ment, c'était aussi le début de la fin. Aujourd'hui, il est évident que les syndicats négocient directement avec leur véritable employeur, l'État, que les commissions scolaires soient présentes ou non aux tables de négociations provinciales. Pourtant Louis-Philippe Audet, dans son livre Le système scolaire de la province de Québec (Québec, Éditions de l'Érable, tome I, 1951 , p. 137) soulignait : « Mandataires des parents dont ils ont mission de compléter la tâche éducatrice, les instituteurs, dans la provin ce de Québec, ne sont pas des fonctionnaires de l'État. Ils sont engagés par la commission qui représente tous les propriétaires de biens-fonds de leur municipalité scolaire ». Il appert que les commissaires d'école ont ainsi abandonné leurs droits et leurs obligations.


[...]

Le rôle de la commission scolaire a toujours été de permettre aux communautés locales de gérer leurs écoles publiques avec des objectifs scolaires communs et d'utiliser conjointement les ressources nécessaires au bon fonctionnement des écoles. On peut soutenir sans se tromper que les objectifs scolaires sont maintenant déterminés par le ministère de l'Éducation — l'exemple du cours d'Éthique et culture religieuse (ÉCR) le démontre amplement, aucune commission scolaire à ma connaissance n'ayant amorcé une quelconque réflexion sur son contenu et procédé à l'analyse des demandes d'exemption de façon sérieuse.

[...]

»

Lire la suite en vous abonnant ou en achetant en ligne Égards.




†  Ex-commissaire de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) de 1980 à 1990 et de 1994 à 2003; président de cette même commission scolaire de 1984 à 1990 et de 1994 à 1999.

mardi 20 mai 2014

Les enseignants québécois passent beaucoup de temps à l'école, mais peu à y enseigner


Chiffres intéressants relevés par L'Antagoniste :


Éducation Québec
 
Performance remarquable du Québec !  Nous sommes premiers, avec une confortable avance, sur le Canada et l’OCDE !  Mais avant de sabrer le champagne, j’attire votre attention sur le titre du graphique, il s’agit du « temps de travail à l’école »…  Or, le temps de travail à l’école n’est pas nécessairement du temps d’enseignement…
 
Éducation Québec
 
Si nous étions confortablement en première position en ce qui a trait au  « temps de travail à l’école », nous sommes confortablement derniers pour ce qui est du  » temps d’enseignement »…  Nos enseignants passent beaucoup de temps à l’école, mais ils enseignent moins qu’ailleurs…  Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le temps d’enseignement comme pourcentage du temps de travail total:
 
Éducation Québec
 
Au Québec, les enseignants de niveau secondaire ne consacrent même pas 50% de leur temps à l’enseignement!  Au Canada et dans les pays de l’OCDE, la proportion est de 61% et 58% respectivement. À titre indicatif, en Alberta, pour le primaire et le secondaire le temps d’enseignement est de 905 heures ce qui représente 75% du temps de travail à l’école. On est très loin des chiffres du Québec…
 
En bref, le Québec est l’endroit où les enseignants passent le plus de temps à l’école, mais où les enseignants enseignent le moins…
 




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samedi 17 mai 2014

Des cadres de Yahoo, Google, Ebay ou Microsoft inscrivent leurs enfants dans des écoles sans écran

Plusieurs gros journaux, parmi lesquels Le Monde, Libération, L’Étudiant, se sont intéressés à une école californienne, sise au cœur de la Silicon Valley et comptant sur ses bancs essentiellement des enfants de l’industrie numérique : les fils et filles des cadres de Yahoo, Google, Ebay ou Microsoft (3/4 des parents travaillent dans le secteur des « nouvelles technologies »). Dans cette école, pas de télévision, pas d’ordinateur, pas de tablette. Même pas un pauvre tableau numérique interactif grâce auquel devenir créatif et autonome ! Le désert technologique. Mais un désert pavé d’or, à 20 000 dollars annuels pour une scolarité centrée sur la méthode Steiner : tricot et couture, proximité avec la nature, utilisation du corps dans les apprentissages et tableaux noirs. L’école accueille un peu plus de 300 élèves, et publie chaque année son rapport annuel, autant académique que financier, ce qu’on apprécierait de voir faire à certaines de nos écoles françaises. « S’extraire de l’exposition aux écrans est devenu un marqueur du luxe. » (Guillemette Faure, Le Monde, 27/IV/2012).

On peut se précipiter dans la course folle des nouvelles technologies à l’école, qui a l’immense avantage de remplir quelques bons de commandes et d’opérer d’utiles transferts de fonds, mais on peut aussi raison garder face au numérique et faire attention aux conclusions des publications scientifiques : une étude américaine de 2013 portant sur 1 123 élèves venant de 15 écoles californiennes montre ainsi qu’il n’y a aucune différence de résultats scolaires entre ceux qui travaillent avec un ordinateur et ceux qui n’en ont pas ; l’expérience nous conduit aussi à considérer le numérique en matière scolaire avec une circonspection méthodologique.

(Source : Virginie Subias Konofal)




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jeudi 15 mai 2014

Coût annuel des garderies au Québec : 2,3 milliards

Les 220.000 places du réseau à contribution réduite coûtent annuellement 2,3 milliards $ au Trésor public québécois. Chaque place subventionnée revient ainsi à 10.455 $ par an aux contribuables.

Le Parti québécois prévoyait de créer 6800 places supplémentaires en 2014-2015 pour un déboursé de 109 millions de $, soit 16.030 $ le bambin.

Malgré des investissements croissants dans la politique familiale (qui inclut également d'autres mesures comme l'assurance parentale), la natalité du Québec baisse constamment depuis cinq ans. L'indice synthétique de fécondité atteint désormais 1,649 enfant par femme.




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mercredi 14 mai 2014

Le Monopole de l'Éducation veut fermer les écoles juives « illégales »

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a confirmé mercredi son intention d'entreprendre des démarches pour fermer les écoles juives illégales qui sont exploitées clandestinement.

Sa déclaration fait suite à la diffusion sur les ondes de TVA Nouvelles en début de semaine d’un reportage sur une école dite clandestine de la communauté juive hassidique Kyrias Tosh, à Boisbriand, dans Lanaudière.

Des voisins avaient informé la Ville de la présence quotidienne de jeunes filles qui affluent vers une résidence du chemin de la Rivière-Cachée, tout près de l'important quartier habité par 3000 juifs hassidiques.

« Au niveau des écoles juives, on a trois catégories d'écoles, a rappelé le ministre Bolduc mercredi matin, à Québec. Il y a des écoles qui ont un permis, qui sont légales, et qui répondent aux critères du ministère de l'Éducation. Donc, à ce moment-là, il n'y a pas de difficultés. Il y a des écoles légales qui ont besoin d'ajustements. Et il y a les écoles illégales qu'on ne tolérera pas. »

« On est en train de regarder ce qui peut être fait, a-t-il ajouté. Il y a une réunion entre différents ministères afin de voir les actions à poser. Mais je tiens à le dire, il ne doit pas y avoir d'écoles illégales. Il faut que les étudiants reçoivent l'éducation recommandée par le ministère. »

Voir aussi

Les écoles juives et la liberté du choix d'éducation des parents québécois





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lundi 12 mai 2014

Étude : famille biparentale constitue l’environnement le plus sûr pour les enfants

Une nouvelle étude publiée par le Centre de lutte contre les maladies (CDC) d’Atlanta révèle que les enfants qui vivent dans des familles traditionnelles constituées de deux parents bénéficient d’un environnement significativement plus sûr que les enfants qui ne vivent qu’avec un seul parent biologique ou ceux qui vivent dans des familles d’accueil.

L'étude, qui s’appuie sur les données de l'Enquête nationale sur la santé des enfants 2011-2012, a révélé que 70 pour cent des enfants élevés par leurs deux parents biologiques n’avaient vécu aucun incident familial traumatique, ce que les chercheurs appellent des « événements de l'enfance indésirables ».

Les traumatismes sur lesquels les chercheurs se sont concentrés sont le divorce, la séparation, le décès d'un parent, l'incarcération d'un parent, la maladie mentale d’un membre du foyer, l’usage de drogue dans la maison, la violence conjugale, la maltraitance, habiter un quartier violent, la discrimination raciale et la pauvreté.

Alors que 70 pour cent des enfants vivant avec leurs deux parents biologiques n'ont jamais connu un seul de ces incidents indésirables, 78,3 pour cent de ceux qui vivent avec un seul parent biologique avaient subi au moins incident indésirable et que 81,2 pour cent de ceux qui vivent sans leurs parents biologiques ont été victime d’au moins un incident négatif.
Près de 30 pour cent des mineurs vivant au sein d’une famille d’accueil non biologique avaient été confrontés à plus de trois « incidents indésirables » graves.

« Plusieurs raisons justifient l’étude des effets indésirables sur les enfants en garde non parentale », expliquent les chercheurs. « La recherche universitaire indique que les enfants de parents célibataires s’en tirent moins bien que les enfants vivant avec leurs deux parents, ceci suggère que les enfants vivant sans aucun de ses parents peuvent encore être plus désavantagés.

En outre, changer de famille présente des problèmes pour le bien-être des enfants et la plupart des enfants qui sont séparés de leurs parents ont déjà vécu au moins un changement de tuteur », ont ajouté les chercheurs. « L'effet cumulatif de multiples traumatismes peut être grave ; la recherche a montré que plus un enfant vit d’incidents indésirables, plus il risque de connaître des difficultés de santé graves... [ C]es enfants sont particulièrement susceptibles de mal-vivre ».

Les chercheurs ont émis l'hypothèse que les enfants qui sont séparés de l'un ou les deux parents biologiques connaissent un risque accru de mauvaise santé à l’âge adulte, d'utilisation de drogues illicites et de suicide.

Au Canada, la proportion des familles monoparentales parmi l'ensemble des familles de recensement a légèrement augmenté au cours de la dernière décennie, passant de 15,7 % en 2001 à 16,3 % en 2011.




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mercredi 7 mai 2014

La Chine bientôt la première puissance économique ?

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La Chine pourrait détrôner cette année déjà les États-Unis au rang de première économie de la planète. C’est bien plus rapide que prévu, de nombreux économistes tablant sur un basculement en 2019. C’est ce qu’indique une étude statistique de la Banque mondiale qui jette un éclairage neuf sur la répartition des richesses entre nations.

Elle ne compare pas le poids respectif des différentes économies en convertissant dans une devise commune leurs PIB respectifs, car cette méthode introduit en effet d’importantes distorsions. En effet, les taux de change peuvent connaître de brusques fluctuations et donner une fausse idée de l’accroissement ou de la diminution de la richesse d’un pays. Certaines devises peuvent aussi être sous-évaluées volontairement par les autorités du pays et ne pas refléter le vrai coût des biens et services sur place.

Pour neutraliser ce biais, la Banque mondiale a travaillé sur base d’un taux de conversion entre devises qui garantit le même pouvoir d’achat quel que soit l’endroit de la planète où on achète un bien ou un service (PPA, parité de pouvoir d’achat). C’est la même méthode utilisée pour réaliser le fameux indice Big Mac qui donne une image du niveau de vie dans chaque pays en comparant ce que coûte en devise locale un hamburger dans tous les pays du monde.

À la différence près que la Banque mondiale ne s’est pas limitée à un seul produit et qu’elle a pris en compte 199 pays… La dernière édition de cette étude gigantesque datait de 2005. Cette méthode bouleverse l’image que l’on se fait des rapports de force mondiaux car elle donne beaucoup plus de poids aux pays à revenus moyens. Les États-Unis restent certes la plus grande économie du monde mais leur part dans le PIB mondial chute de 22,1 à 17,1 %.

À la seconde place, en utilisant la nouvelle mesure et les nouveaux chiffres, la Chine est de 10,4 % à 14,9 %. Pour Philippe Ledent, économiste chez ING, interrogé par Le Soir de Bruxelles, le fait que le poids de la Chine était jusqu’ici minimisé s’explique essentiellement par « la politique des autorités chinoises consistant à maintenir artificiellement bas le yuan ». Même phénomène pour l’Inde qui voit son poids passer de 2,7 à 6,4% et qui prend la troisième place au Japon.

Pour ce qui est de la Chine. Elle représentait en 2011 – date des chiffres sur lesquels se base l’étude – 87 % du PIB américain alors qu’en 2005, elle ne pesait que 43 %. Étant donné que le FMI s’attend à une croissance de l’économie chinoise de 24 % entre 2011 et 2014 contre 7,6 % pour les États-Unis, il est probable que la Chine détrônera les États-Unis dès cette année.

Cet événement pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la sphère économique. Pour Thierry Geiger, économiste suisse cité par l’AFP, « cela aura des implications géopolitiques en termes de négociation, de responsabilité morale, de prépondérance… ». Des responsabilités que la Chine pourrait ne pas être ravie d’assumer. La Banque mondiale souligne que le bureau national des statistiques chinois n’a pas validé les résultats de cette étude… « Derrière cela, on peut sans doute voir le refus d’assumer des responsabilités qui viendraient avec le statut de numéro un, souligne Thierry Geiger. La Chine préférerait continuer à se voir comme pays émergent plutôt que comme leader du monde ».

Elle n’aurait pas tout à fait tort. Ramené au nombre de leurs habitants, le PIB de ces pays émergents reste bien inférieur à celui des pays occidentaux. Celui des États-Unis est cinq fois supérieur à celui de la Chine et dix fois supérieur à celui de l’Inde. Les 56 pays les plus riches du globe ne représentent que 16,8 % de la population mondiale, mais ils continuent à peser la moitié de la richesse
mondiale. Pour combien de temps ?

(Le Canada est au quinzième rang avec 1,6 % du PIB mondial en termes de pouvoir d'achat et 2,5 % du PIB mondial exprimé en devise commune. Pourquoi fait-il encore partie du G 8 G7 ?)

 

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Québec — Chute de la fécondité pour une cinquième année de suite

La fécondité au Québec poursuit sa chute malgré les investissements massifs et croissants dans ce que le gouvernement aime appeler la « politique familiale » dont la principale composante est le réseau gouvernemental de garderies. Ces garderies sont destinées à augmenter le nombre de femmes au travail. Ces centres de la petite enfance, selon une étude (jamais publiés dans une revue érudite à notre connaissance), auraient sensiblement augmenté le taux d'emploi des femmes et donc la masse salariale au Québec. Cependant, selon une étude de la Chaire de recherche du Canada sur les enjeux socio-organisationnels de l’économie du savoir, le pourcentage de mère sur le marché du travail s'est accru dans tout le Canada. D'autres économistes ont également remis en doute les effets bénéfiques de ces garderies. En revanche, plusieurs chercheurs ont remis en doute ses bénéfices pédagogiques et sociaux.

La fécondité au Québec en 2013 a atteint le taux de 1,649 enfant par femme. Ce taux était de 1,665 en 2012. L'âge moyen des mères du Québec a encore augmenté pour se placer à 30,33 ans. La Presse de Montréal/Le Soleil a d'ailleurs ressorti ce fait (plutôt que la chute de la fécondité) pour en faire le titre de son article sur les chiffres publiés par l'Institut de la statistique du Québec aujourd'hui : « Indice de fécondité: les femmes de 30 à 34 ans "au sommet" ». Au sommet. On est toujours champions au Québec. La maternité devient de plus en plus tardive (ce qui n'est pas sans conséquence sur la prématurité et ses complications qu'un État-providence financera), nous atteignons "un sommet".

Si le Soleil parle d'"un sommet", Radio-Canada semble n'avoir rien publié sur ce sujet (selon Google) alors que les chiffres sont disponibles depuis le 6 mai 2014. Par contre, les années passées, Radio-Canada accueillait toujours le communiqué démographique printanier de l'Institut de la statistique du Québec pour en souligner généralement un aspect vu comme positif  (voir les articles des dernières années). Exemple : « 200 bébés de plus au Québec en 2012 » en oubliant de dire que la population avait augmenté principalement à cause de l'immigration et donc que ces 200 bébés supplémentaires s'accompagnaient d'une baisse de fécondité... Ou cet autre titre : « Le taux de natalité [pour 2011] demeure stable au Québec » ce qui était faux (il était passé de 11,2 à 11,1) et le titre passait sous silence la baisse de l'indice de fécondité, un meilleur indicateur puisque moins sujet à la pyramide des âges.


Indice synthétique de fécondité du Québec (enfant/femme) de 1985 à 2013

Certains ont appelé l'augmentation de la natalité dans la première décennie des années 2000, un « mini-baby-boom ». Pour remettre en perspective ce « mini-baby-boom », nous avons produit une autre version de ce graphique ci-dessous en le faisant commencer en 1951, en plein Baby-boom. Le « mini-baby-boom » des années 2000 n'y est qu'un tout petit frémissement, à peine plus important que la hausse des naissances des années 90 qui avait accompagné le programme d'allocations à la naissance.

La ministre de la Famille et de l'Enfance de l'époque, Nicole Léger (PQ), avait alors qualifié ce programme d'allocation à la naissance « d'échec lamentable ». Le diagnostic peu nuancé de la ministre Léger s'expliquait sans doute par des réticences fréquentes exprimées par le Conseil de la femme à toute politique nataliste efficace. En 1982, Claire Bonenfant, la très féministe présidente du Conseil de la Femme, s'était interrogée, au sujet d'une politique avec de timides conséquences natalistes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? »


Indice synthétique de fécondité du Québec (enfant/femme) de 1951 à 2013


Investissements croissants dont le rendement s'effouffle ?

La croissance démographique du Québec semble donc s'essouffler alors que des sommes considérables et sans cesse croissantes sont investies dans sa politique « familiale » non universelle qui consiste principalement à encourager les mères à retourner au travail par le biais de garderies fortement subventionnées (7 $ par jour payés par les parents, 43 $/enfant par jour de subventions) et des aides directes aux familles pauvres ou monoparentales. Il ne s'agit pas à proprement parler de mesures natalistes universelles. En 2009, les services éducatifs à l’enfance représentaient une aide d’un peu plus de 2,4 milliards de dollars, à laquelle il fallait ajouter le crédit d’impôt remboursable pour frais de garde qui permettait de verser 194 millions de dollars aux familles utilisant la garde à tarif régulier.

Entre 2003 et 2009, l’aide financière accordée aux familles par le gouvernement du Québec a augmenté de plus de 58 %. Cette aide financière comprend l'aide à la garde des enfants (2,6 milliards [source non mise à jour depuis 2010, page 33]), le régime québécois d’assurance parentale (1,2 milliard), l'allocation de soutien aux enfants plus généreuse pour les familles monoparentales ou pauvres (2,2 milliards) et la prime au travail (255 millions). Pendant cette période le taux de natalité a augmenté de 14,8 % et le taux de fécondité de 16,7 %.

Rappelons que le programme d'allocation universelle à la naissance avait coûté de 1989 à 1996 1,406 milliard de dollars pour toute cette période soit environ 240 millions de nos dollars de 2010 par an. La fécondité était alors passée de 1,415 enfant par femme en 1988 à 1,611 en 1996, soit une augmentation moyenne de 13,8 %. L'abolition par le Parti québécois de ce programme en 1997 et l'instauration des garderies dites à 5 $ a été suivie d'un abaissement de la fécondité ; l'indice synthétique de fécondité avait alors atteint en 2002 1,475 enfant par femme. Il faut noter que l'économie n'a enregistré aucun recul pendant toute la période de 1997 à 2008, celle-ci ne peut donc expliquer la baisse de la natalité de 1997 à 2002.

Hors mariage, de plus en plus issus d'immigrés

Près de deux enfants sur trois (63 %) sont issus de parents non mariés. Cette part a dépassé 60 % en 2006 et est supérieure à 50 % depuis 1995. Par ailleurs, 70 % des enfants sont issus de deux parents nés au Canada, alors que 19 % ont deux parents nés à l’étranger et 10 % ont un seul de leurs parents né dans un autre pays. Près de 30 % des nouveau‑nés ont donc au moins un parent né à l’étranger. Il y a 20 ans, cette proportion était d’environ 15 %.

Nombre record de naissances dans les régions nordiques, les grandes villes au plus bas

Avec un indice synthétique de fécondité de 2,49 enfants par femme en 2013, la région du Nord‑du‑Québec se situe loin devant toutes les autres. Notons que c’est la seule région pour laquelle l’indice de fécondité de 2013 est inférieur à celui de 2003. Viennent ensuite cinq régions qui présentent en 2013 des indices se situant entre 1,8 et 1,9 enfant par femme. Ce sont, par ordre décroissant de l’indice, le Centre‑du‑Québec, l’Abitibi‑Témiscamingue, Chaudière‑Appalaches, Lanaudière et la Côte‑Nord. Avec des valeurs inférieures à 1,6 enfant par femme, les régions de Montréal et de la Capitale‑Nationale (Québec) affichent encore une fois en 2013 les indices de fécondité les plus faibles.

Les jeunes trentenaires font désormais le plus d'enfants

Ce sont désormais les femmes de 30 à 34 ans qui font le plus d'enfants au Québec - plus que leurs cadettes dans la vingtaine.

C'est la première fois de l'histoire de la province que ce groupe d'âge affiche les plus forts taux de natalité, avec 110 naissances par 1000 femmes de 30 à 34 ans - contre 108 pour les 25-29 ans. Rappelons qu'en 2011, les femmes de 35-39 ans avaient eu plus d'enfants que les 20-24 ans, ce qui était une autre première. Cette année-là, les femmes au début de la quarantaine avaient même fait plus d'enfants, toutes proportions gardées, que les adolescentes (15-19 ans).

L'âge de plus en plus avancé des mères augmente tous les risques liés à la grossesse et augmente le risque d'avoir un enfant prématuré. Des études avaient précédemment révélé que les enfants nés après 34 ou 36 semaines de gestation ont davantage de problèmes sociaux, comportementaux et scolaires que ceux nés à terme, après de 37 à 41 semaines de gestation. Dans un système où les coûts liés à ces difficultés et troubles sont mutualisés comme notre État-providence, le contribuable devrait-il se réjouir de ces maternités de plus en plus rares et de plus en plus tardives ?




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mardi 6 mai 2014

Histoire du laïcisme — Les cristeros du Mexique


Mexique-Juin 1926, récit de Laurent Dandrieu écourté

En réaction à une politique tyrannique d’éradication du catholicisme, les « cristeros » vont incarner la résistance héroïque d’un peuple mexicain prêt à tous les sacrifices pour défendre sa foi.

C’est un sobriquet qui leur avait été donné par leurs adversaires, les federales de l’armée mexicaine : en matière de dérision, on les appelait “cristeros”, diminutif de leur cri de ralliement “Viva Cristo Rey”, “vive le Christ-Roi !” Ils s’en sont fait un titre de gloire, face à des révolutionnaires qui préféraient charger, eux, en criant “Viva el demonio !” — “vive le démon”… Et ce que le pouvoir considéra tout d’abord comme une simple jacquerie de paysans arriérés restera dans l’Histoire sous le beau nom de Cristiada…

L’Histoire, pourtant, n’a pas été prodigue avec ce mouvement. Au Mexique, sa mémoire reste aujourd’hui encore largement clandestine, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, au pouvoir sans
interruption jusqu’en 2000) ayant mis un soin tout particulier à l’effacer des esprits. En France, il fallut attendre 1974 pour qu’un historien, Jean Meyer, publie un livre sur le sujet, Apocalypse et Révolution au Mexique, suivi en 1986 par une enquête d’Hugues Kéraly, rééditée sous le titre la Véritable Histoire des Cristeros. « Parti d’un point de vue personnel hostile aux cristeros »,de son propre aveu, Jean Meyer avait été mené par ses recherches jusqu’à « l’admiration » pour cette « grande aventure mystique, sainte et noble », tristement occultée : « L’Histoire a manqué aux cristeros, comme la justice et comme la gloire. »



Prêtre fusillé au Mexique en 1927 pour « avoir célébré la Sainte Messe » (1927)
Les racines du conflit remontent à 1910, début de la révolution mexicaine. Années de guerre civile, où les catholiques sont mis à rude épreuve. Ainsi, le général Mugica explique : «L’idéal serait de les exterminer… Il est juste de persécuter comme on l’a fait, avec une cruauté extrême, avec une férocité incroyable, ce qu’on a appelé le clergé et qu’il faudrait appeler bande de voleurs, de malfaiteurs… »

La Constitution de 1917, dont il fut l’un des artisans, restreignait déjà terriblement les libertés de l’Église, sans être vraiment appliquée, le pouvoir n’estimant pas venu le temps d’une lutte frontale. En 1926, le président Calles, anticatholique fanatique, juge ce moment arrivé. Depuis son accession au pouvoir en 1924, les persécutions contre l’Église se multiplient. Dans l’État de Tabasco, une loi de 1925 pose six conditions pour pouvoir être prêtre, dont… être marié — ce qui revient à interdire, de fait, la prêtrise. La loi fédérale du 14 juin 1926 prévoit l’expulsion de tous les religieux, l’interdiction du port des vêtements ecclésiastiques, du culte en dehors des églises, de tout prosélytisme et de tout enseignement, de toute association catholique et la mise sous tutelle gouvernementale des prêtres…

Se baptisant eux-mêmes “défanatiseurs”, les révolutionnaires mexicains, comme le note Kéraly, « en programmant la mort de la religion catholique, plaçaient tout un pays hors la loi ».

L’écrasante majorité des 15 millions de Mexicains est en effet catholique, vivant leur foi avec une intense piété mariale. On estime alors de 3 à 4millions le nombre de Mexicains qui pratiquent l’adoration nocturne du Saint-Sacrement… C’est donc tout un peuple qui se révolte spontanément contre la loi Calles, d’abord pacifiquement : processions, manifestations de rue, boycott économique. Une pétition signée par deux millions de citoyens n’est même pas examinée. Pour seule réponse : tirs à la mitrailleuse sur les foules, massacres de femmes et d’enfants, profanations d’églises, assassinats de prêtres.
Cristeros pendus aux poteaux télégraphiques dans l'État de Jalisco (1927)

Dans un premier temps, les seules armes modernes des cristeros seront celles prises à l’ennemi. Mais les insurgés ont une arme supérieure : la foi inébranlable en la justesse de leur combat et la certitude qu’il leur vaudra, sinon la victoire, du moins la plus belle couronne dont ils puissent rêver : celle du martyre. « Comme le ciel est facile maintenant, maman! » : tels sont les derniers mots d’un adolescent, le jeune Honori Lama, exécuté avec son père. Poignardé à l’âge de 15 ans après cinq jours d’atroces tortures sans avoir parlé, le jeune José Sánchez del Río, qui sera béatifié par Benoît XVI en 2005, laisse un mot d’adieu : « Ma petite maman. Me voilà pris et ils vont me tuer. Je suis content. La seule chose qui m’inquiète est que tu vas pleurer. Ne pleure pas, nous nous retrouverons. José, mort pour le Christ-Roi. »

Car la répression des fédéraux est sauvage, et prodigue en sacrilèges. Tandis que même les prisonniers des cristeros saluent leur tenue morale, du côté gouvernemental, profanations, viols, exécutions sommaires, tortures d’une férocité barbare sont monnaie courante. Jean Meyer en donne un exemple entre mille en relatant le martyre d’un cristero, Anselmo Padilla : « Les jambes écorchées, les pieds désossés, châtré, il est obligé de marcher sur des braises que le sang ruisselant éteint, demande pardon à Dieu, pardonne à ses bourreaux et meurt en exaltant le Christ-Roi. »

Cette armée rebelle en plein essor va périr d’un coup qu’elle n’attendait pas. Si, parmi les généraux cristeros, deux sont des prêtres, sur les 38 évêques mexicains, seuls trois soutiennent ouvertement la rébellion. Les plus hostiles s’emploient activement à lui faire rendre les armes. Ce sont eux qui, sans consulter les combattants, concluent avec le pouvoir, le 21 juin 1929, de désastreux accords qui reviennent à avaliser les lois de persécution de 1926 en échange de très vagues garanties, que le pouvoir s’empressa de piétiner. Pire : ces accords se firent avec l’agrément de Pie XI. Le pape, qui avait, en 1925, par son encyclique Quas primas, institué le culte du Christ-Roi que les paysans mexicains eurent le tort de prendre au sérieux, s’il pleurait d’émotion au récit des exploits des cristeros, s’était laissé convaincre par ses conseillers de la volonté d’apaisement du gouvernement mexicain.

Très loin du conflit, des prélats confortablement assis dans des bureaux prêchaient la soumission à des combattants catholiques dont les femmes et les sœurs étaient quotidiennement violées et les enfants assassinés…

Abandonnés par l’Église, les cristeros déposèrent les armes contre une promesse d’amnistie. Une chasse à l’homme s’ouvrit aussitôt dans tout le pays, et les cristeros furent assassinés par milliers, jusque dans les années 1940, par des “défanatiseurs” couverts par le pouvoir. Une seconde Cristiada tenta de se lever en 1934, sans succès. Privée d’existence juridique, sous étroit contrôle, l’Église comprit vite qu’elle avait fait un marché de dupes :soumis à autorisation administrative, ses prêtres n’étaient plus que 300 sur tout le territoire mexicain en 1935. En 1979, quand Jean-Paul II visita le Mexique, le pouvoir ferma les yeux sur sa soutane, qui était encore passible d’une amende… Le pape polonais, et Benoît XVI après lui, canoniseront des dizaines de martyrs cristeros. C’est la moindre des choses que pouvait faire l’Église après avoir abandonné les plus glorieux de ses défenseurs aux couteaux de ceux qu’Hugues Kéraly qualifie avec justesse d’« assassins de l’âme ».


L'avis cinématographique de Laurent Dandrieu, critique de cinéma à Valeurs actuelles, sur le film Cristeros

México, 1926. Le président Calles (impressionnant Rubén Blades) confie à l’armée l’application de sa politique anticléricale. À la résistance pacifique des catholiques, elle répond par des massacres et des assassinats. Celui du père Christopher (Peter O’Toole) décide le jeune José, malgré ses 13 ans, à rejoindre la rébellion armée. Depuis peu, celle-ci est dirigée par Enrique Gorostieta (Andy Garcia, magnifique d’autorité tranquille), un militaire athée, qui a rejoint les cristeros par amour de la liberté.

Grâce à lui, les paysans révoltés vont se transformer en une véritable armée… Premier long-métrage d’un spécialiste des effets spéciaux, Dean Wright (il a travaillé sur le Seigneur des anneaux ou le Monde de Narnia), Cristeros est un bel hommage, épique et tragique, à la poignante épopée des chouans du Nouveau Monde. Présentant les faits avec une grande clarté, animé d’un beau souffle romanesque et emporté par des acteurs charismatiques, le film nous fait vibrer au récit de cette magnifique croisade et des intenses sacrifices consentis par ces combattants improvisés au service de leur foi. Un seul regret : qu’une fin précipitée minore le martyre des cristeros, et leur persécution par un pouvoir parjure.

À lire

La Véritable Histoire des cristeros,
d’Hugues Kéraly, L’Homme nouveau, 234 pages.

De Jean Meyer, à paraître le 13 mai :
La Cristiada, une histoire illustrée
du soulèvement des cristeros
,
CLD, 224 pages;
La Rébellion des cristeros,
CLD, 260 pages.





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Les écoles juives et la liberté du choix d'éducation des parents québécois

Richard Décarie revient sur le bilan de campagne du Parti québécois, qui a lieu samedi dernier à Laval, et où Pauline Marois a même fait acte de présence ! 

M Décarie aborde également les écoles juives illégales : après des années de lutte politique, le nouveau ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, réussira-t-il à les faire fermer ? Mme Courchesne promettait en 2007 que ce dossier serait réglé sous peu : « Il y aura une période de transition, d'environ un an ou deux, au maximum trois ans, mais si jamais des écoles rejetaient tout simplement nos exigences, elles seraient informées que nous entreprendrions les procédures judiciaires appropriées ».

Écoutez la chronique On vire à droite (audio) avec Richard Décarie.

Pour notre part, nous trouvons que l'imposition à tous du programme d'éthique et de culture (ECR) sans droit d'exemption (les parents de Drummondville) ou sans droit d'adaptation (affaire Loyola) est un symptôme qui a permis à de nombreux parents de se rendre compte qu'ils n'ont plus un véritable choix d'éducation pour leurs enfants, à moins peut-être de les instruire chez eux, l'État québécois ayant toujours le dernier mot dans les choix éducatifs des établissements publics autant que privés.

Mais ce n'est pas le seul élément qui marque la fin de la liberté des parents en matière éducative. En effet, comme le soulignait déjà l'économiste Jean-Luc Migué il y a déjà 24 ans, l'État limite de manière draconienne l'offre et la diversité en éducation : le programme d'étude doit suivre en très grande partie les désidératas du Monopole de l'Éducation du Québec, la pédagogie qui peut être utilisée est réglementée (voir l'affaire Loyola), l'État limite aussi le choix de recrutement des professeurs des établissements, le choix de manuels, la publicité des établissements privés est contrôlée, le prix demandé aux parents par les écoles privées est également soumis au bon vouloir du Monopole, etc. L'État parvient, en partie, à imposer ce monopole de fait qui serait inacceptable dans d'autres domaines pour une société libérale par une peur dans la population des dérives sectaires. L'immigration musulmane croissante et la démographie galopante des juifs hassidiques permettent ainsi de mieux justifier ce manque de choix. Pour le bien commun et le vivre-ensemble, bien évidemment.

À notre sens, nous ne voyons pas pourquoi les juifs hassidiques ne pourraient pas adopter le programme qui les intéresse (pour peu que les membres en désaccord de ces communautés puissent les quitter), mais sans subventions de l'État pour tous les sujets qui ne font pas partie d'un tronc commun minimal d'éducation (le français, les mathématiques, l'histoire du Québec). Si l'on ne veut pas augmenter le risque d'islamisation, il nous paraît préférable de limiter l'immigration de personnes tentées par cette option que de limiter la liberté de tous les Québécois.

Peu nous chaut (contrairement à Lise Ravary) que l'État ne dise pas aux jeunes juifs hassidiques que la théorie de l'évolution est la vérité. D'une part, parce que franchement est-ce si important quand on voit que près de la moitié des Québécois adultes (à qui on a enseigné cela) sont des illettrés fonctionnels ? D'autre part, les élèves québécois ne sont pas exposés en classe ou dans leurs manuels à une critique de cette même théorie comme celle de David Berlinski (juif agnostique, philosophe, auteur de nombreux essais) : voir vidéo (The Devil's Delusion, vers 15:30 minutes et 19:30), lire livre (The Deniable Darwin). David Berlinski rapporte les paroles de Richard Dawkins : « le darwinisme permet d'être un intellectuel athée épanoui » et lui donne raison : « il existe une corrélation entre les deux, pas une corrélation logique [de cause à effet] cependant » entre l'athéisme et la théorie de Darwin. Bref, on touche à une théorie et à un sujet sensibles pour des personnes religieuses et son imposition ne nous paraît en rien justifiée : est-ce que croire au darwinisme fait de nous de meilleures personnes ? On peut en douter quand on considère les dérives du darwinisme social.

Notons également qu'un Québec qui serait moins un État-Providence (ce qui serait bon pour tous les Québécois) responsabiliserait les choix éducatifs de ces communautés. Cela permettrait d'éviter que les mauvais choix professionnels (« tous les garçons formés pour devenir rabbins ») finissent par être récompensés indirectement par l'aide sociale ou d'autres subventions gouvernementales aux familles pauvres.

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Le Ministère prétend « accompagner » les mennonites

Le journalisme sensationaliste (mennonite, darwinisme)

Nietzsche avait raison: « L'État est un monstre froid »





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Le cathéchisme enseigné dans les écoles catholiques serait « homophobe » pour Radio-Canada

Selon Radio-Canada (vos impôts à l'œuvre) : « L'homophobie dans les écoles catholiques existent sous diverses formes, dans le curriculum avec des textes qui disent que l'homosexualité est une abomination et dans le langage utilisé par les élèves ou les enseignants. C'est une question tellement controversée que peu de personnes veulent la débattre. La jounaliste Nassima Ennahdi a soulevé la question. »

Écoutez le reportage subventionné avec Haley O'Shawnessy une lesbienne albertaine, brièvement l'avocat John Carpay et Tonya Callaghan, une « chercheuse » en homophobie pour qui l'homophobie suinte dans les écoles catholiques, car les relations ou modèles sexuels qui sont repris dans les manuels catholiques ne mentionnent que des couples hétérosexuels. Le reportage se termine par un entretien avec une partisan qui veut mettre fin au financement public des écoles catholiques, issu d'un compromis historique dépassé. La solution serait donc de déconfessionnaliser les écoles catholiques de l'Alberta et d'en faire des écoles laïques. Comme au Québec.


Rappel :

« Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. »
Lévitique 18:22
« Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux. » 
Lévitique 20:13
« Les hommes … se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement »
Romains 1:27
§ 2357 L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que " les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés " (CDF, décl. " Persona humana " 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.

§ 2358 Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.

§ 2359 Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne.







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Le merveilleux nouveau Québec — Assigner un sexe à la naissance, discriminatoire ?

Un organisme québécois de « défense des droits » des personnes transsexuelles et intersexuées demande aux tribunaux de statuer sur l'obligation légale de déterminer le sexe d'un enfant à la naissance.

Le « Centre de lutte contre l'oppression des genres », organisme indépendant affilié à l'Université Concordia, a déposé un avis de poursuite contre le gouvernement du Québec afin d'invalider cinq articles du Code civil du Québec qu'il juge discriminatoires, dont ceux portant sur le constat et la déclaration de naissance.

« […] L'assignation obligatoire d'un sexe à la naissance est une des causes principales de discrimination envers les personnes trans et de modifications chirurgicales non requises des personnes intersexuées », précise le Centre dans un communiqué que se sont empressés de diffuser les gros médias.

« Cet acte constitutif définit l'identité de genre et les rôles sociaux auxquels une personne aura à se conformer », explique-t-on. L'avis de poursuite, déposé vendredi dernier en Cour supérieure du Québec, à Montréal, vise les articles 71, 72, 111, 115 et 116 du Code civil du Québec. Rien de moins ! « Chaque Québécois doit avoir le droit à l'intégrité de son corps, à la vie privée et le droit de choisir, ou non, si des modifications chirurgicales ou médicales sont nécessaires pour elle sans intervention de l'État », a précisé Gabrielle Bouchard, coordonnatrice du support entre pairs et défenses des droits trans au Centre.

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