mercredi 8 mars 2017

Les jeunes femmes gagnent plus que les jeunes hommes dans les métropoles américaines

James Chung un analyste de Reach Advisors, une entreprise de recherche du secteur privé, a passé environ un an à analyser les données du recensement des États-Unis de 2008, en examinant les revenus des hommes et des femmes dans les régions métropolitaines des États-Unis. L’étude complète n’a jamais été publiée, seules quelques-unes de ses conclusions.

Parmi celles publiées en septembre 2010, on retrouve la suivante : « Les salaires médians à temps plein des jeunes femmes des grandes villes américaines dépassent de 8 % ceux de leurs jeunes homologues masculins ».

Une ventilation fournie pour le magazine Time fournissait des données pour quelques grandes villes. À Atlanta, les jeunes femmes célibataires sans enfant gagnaient 21 % de plus que les jeunes hommes célibataires sans enfant. À Los Angeles, les jeunes femmes gagnaient 12 % de plus que les jeunes hommes de leurs cohortes. Ces données ont également été publiées par NPR et CBS News.

L’American Enterprise Institute a publié ces chiffres dans un tableau (repris ci-dessous) qui illustre le fait que les jeunes femmes célibataires gagnent plus que les jeunes hommes célibataires.



Chung a déclaré à Politifact en 2014 qu’il n’avait pas mis à jour son analyse pour déterminer si ces chiffres avaient changé depuis 2008. Politifact ne connaît aucune source plus récente qui aurait tenté de recréer l’analyse spécifique de Chung. En outre, la méthodologie de Chung ne semble pas avoir été sérieusement critiquée.

Pew Research a publié une étude sur les tendances salariales pour toutes les femmes entre 25 et 34 (un groupe plus étendu et plus âgé). Comparé à tous les hommes du même âge, Pew Research a constaté que les femmes gagnent 93 % de ce qu’un homme gagne.

Notons que l’étude de Chung porte sur des revenus médians sur l’ensemble des salaires, elle ne compare pas les salaires par secteur d’activités.

La raison pour laquelle les jeunes femmes dans les régions métropolitaines gagnent plus que les jeunes hommes, c’est qu’elles sont 50 pour cent plus susceptibles d’avoir un diplôme universitaire. Selon Chung, « cela signifie donc qu’elles sont les plus nombreuses que les jeunes hommes dans les emplois de premier échelon dans notre économie de la connaissance. » Ces emplois sont bien payés.

Il y a quelques années déjà l’économiste Thomas Sowell répondait à quelques idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes (voir la vidéo ci-dessous). Thomas Sowell nous apprend ainsi que « la proportion des femmes parmi les cadres était plus grande pendant les premières décennies du XXe siècle que pendant les décennies du milieu du XXe siècle et tout cela avant le mouvement féministe. » Il y avait ainsi deux fois plus de femmes dans le Who’s Who en 1908 qu’en 1950 (alors en plein baby-boom). C'est la maternité qui a le plus grand impact sur les salaires, pas le mouvement féministe. Pour d’autres détails, voir la vidéo :



Source : Politifact 

Voir aussi

Wall Street Journal : « Il n’y a pas d’écart salarial hommes-femmes »

Discrimination — Les lesbiennes gagnent plus que les hétérosexuelles.

Les gars, l’école et le Conseil du statut de la femme

Classement des écoles de l’Institut Fraser (2016) : les filles dominent désormais aussi en maths

L’État [et ses emplois à l’abri des aléas économiques] se féminise et se « diversifie »


Féminisme: vivement le 9 mars !

Extrait d'une chronique d'Élizabeth Lévy, fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur :

Sous couvert de combat pour l’égalité, c’est la différence des sexes qui est menacée

Cela n’a pas dû vous échapper: nous sommes le 8 mars. Pourquoi cette journée est-elle différente des autres jours ? Parce qu’hier nous étions esclaves et qu’aujourd’hui nous sommes des femmes libres – ce qui mériterait bien quelques festivités et libations ? Que nenni. Tous les autres jours, les femmes pensent, parlent, travaillent, aiment, rient, produisent, quittent, souffrent, s’énervent, énervent, pleurent, en un mot vivent. Mais ce jour-là, elles doivent exclusivement se plaindre et être plaintes. Et n’essayez pas d’en profiter messieurs (ou mesdames, d’ailleurs), l’ambiance n’est pas à la drague, même légère. Airs graves, statistiques effrayantes et récits apocalyptiques sont de rigueur. « Toutes victimes ! », c’est la devise de cette belle journée. D’ailleurs, je me suis faite avoiner par la secrétaire d’Etat Pascale Boistard pour avoir osé prôner un féminisme joyeux. Joyeux, vous vous rendez compte.


Moi j’appelle ça la sainte-chipie, de façon un peu conjuratoire. Parce que, je vous jure, chaque année c’est un calvaire. D’accord, je suis souvent invitée à la télé où je suis gracieusement pomponnée et coiffée par des gens adorables. Cette année, c’était chez Pascal Praud, sur CNews, où j’aime bien aller. Bonne ambiance, rien à dire, même la fille d’Osez le féminisme était aimable (Caroline de Haas, c’était pas vraiment ma copine). En plus, il y avait ma chère Eugénie Bastié, qui se bat comme une lionne. L’ennui, c’est que tout le monde a la même idée super-transgressive : le 8 mars, on fait un plateau de femmes, c’est bon ça chef ! Toute la journée, vous avez donc entendu ou vu des femmes (et le premier qui parle de volière devra en subir les conséquences). Les seuls hommes tolérés sont priés de faire leur autocritique pour toutes leurs mauvaises actions, paroles ou pensées passées, présentes ou futures. Alors, il paraît qu’on vit sous le joug de la domination masculine, mais des femmes qui parlent de problèmes de femmes entre femmes, ça peut évoquer ce que d’aucuns appellent la toute-puissance féminine. Enfin, ça doit être un fantasme de juif viennois. Il ne saurait y avoir de pouvoir des femmes, puisqu’elles sont dominées. En plus, avec tous ces techniciens Orange qui rôdent et risquent d’utiliser votre zéro-six pour vous faire un compliment on n’est plus en sécurité.






De toute façon, quand je suis arrivée sur le plateau, j’étais déjà bien déprimée. En faisant ma gym – avec le sentiment coupable d’être aliéné aux stéréotypes masculins –, j’ai écouté comme chaque jour ou presque la matinale de Guillaume Erner sur France Culture. Deux minutes après 7 heures, premier chiffre accablant : 26 % de différence salariale, pauvre exploitée, à partir de 15h40 t’es pas payée. Bien sûr, c’est une entourloupe, qui repose sur une moyenne –, et qui, comme l’a rappelé Eugénie, tient au fait, pour l’instant dirimant (quoi que veuillent certaines-et-certains comme on dit dans le jargon bêtement féminisé de notre époque), que les femmes portent les enfants. D’ailleurs, plus tard j’ai appris que selon l’INSEE, pour les jeunes diplômés, cette différence n’existe quasiment plus

 [...]

[Note du carnet : aux États-Unis, en ville, les jeunes femmes gagnent en fait plus que les jeunes hommes..., voir prochain billet : Les jeunes femmes gagnent plus que les jeunes hommes dans les métropoles américaines]

Wall Street Journal : « Il n'y a pas d'écart salarial hommes-femmes »

D’après un important groupement féministe pour l’égalité des salaires des femmes, le National Committee for Pay Equity, le 12 avril est la date jusqu’à laquelle les femmes doivent travailler en plus de l’année précédente pour avoir un salaire égal à celui des hommes sur un an : d’après les associations féministes représentées par ce Comité, les femmes touchent 20 % de salaires en moins qu’un homme à travail égal… Les faits et la logique montrent pourtant, de façon répétée, qu’il n’en est rien.

À cette période de l’année, on retrouve un peu partout le même genre d’articles, consacré à l’abhôminable différence de salaire entre les hommes et les femmes.

Pour une école libre avait déjà mentionné, en décortiquant les pages d'un cahier d'activités d'ECR particulièrement féministe, des faits peu connus sur le salaire des femmes et des erreurs de méthode qui conduisent à caricaturer les différences salariales entre les sexes.

Une des erreurs de calcul (« les manipulations » si on n'est pas charitable) est simple, elle consiste à prendre, pour un secteur donné, toute la masse salariale des femmes et de la diviser ensuite par leur nombre. On fait de même côté masculin et on compare les deux. On compare et la comparaison ne laisse aucun doute : les femmes gagnent moins que les hommes « en moyenne ».

Il s'agit là d'un procédé très discutable puisqu’on n’a pas tenu compte des anciennetés, des parcours professionnels, des différences de temps de travail à la journée et dans l’année, des éventuels barèmes…

Cette année, un intéressant article du Wall Street Journal nous fournit quelques éléments supplémentaires de réflexion à ce sujet, nourris par la crise récente qui traverse le monde en général et les États-Unis en particulier.

On note ainsi que les taux de chômage actuel aux États-Unis sont plus haut pour les hommes (9,3 %) que pour les femmes (8,3 %). De plus, le taux d’hommes employés a plus chuté pendant l’année (de 71,4 % à 70,4 %) que pour les femmes (de 58,8 % à 58,3 %). Ces chiffres montrent que plus d’hommes sont découragés dans leur recherche d’emploi que de femmes.

La raison structurelle, au moins en cette période de crise, peut être à chercher du côté des secteurs qui emploient traditionnellement les hommes, comme la construction, le BTP ou les transports, secteurs qui ont subi de plein fouet la crise actuelle.

Or, si l’on accepte que les hommes et les femmes travaillent globalement dans des secteurs différents, on ne devrait pas s’étonner de trouver des différences aussi au niveau des salaires. Tout est, finalement, dans la raison invoquée pour expliquer ces écarts.

Si l’on choisit la version féministe, on mettra rapidement ces disparités sur le dos d’une méchante discrimination ardemment défendue par les vilains patrons, majoritairement « turbolibéraux », donc « acoquinés » avec le Démon moyennant un pacte signé avec leur sang ou celui d’une victime tenue en esclavage dans une cave sombre.

Si l'on s’en tient aux éléments statistiques recueillis avec soin, on se rend compte que la thèse Méchants Patrons et discrimination sexiste … ne vaut rien : les femmes employées à temps complet travaillent en moyenne 8,01 heures par jour, à comparer au 8,75 heures pour les hommes … Et cette différence de 9 % pourrait expliquer, au moins en partie, une différence salariale.

Un autre élément à prendre en compte et très vite oublié par certaines activistes est le type de travail qu’occupent les hommes et les femmes. Et voilà !, statistiquement aussi, un nombre de femmes — suffisant pour être visible sur les grandes masses de populations observées — choisit un travail un peu moins bien rémunéré, mais aux horaires plus réguliers et aux conditions mieux adaptées à leurs demandes. Les hommes, a contrario, choisissent des boulots un peu plus risqués, un peu mieux rémunérés, mais plus contraignants. Cela se traduit d’ailleurs directement dans les accidents sur les lieux de travail, avec une surreprésentation masculine.

Mais le pompon, c’est que la différence salariale homme/femmes tend à diminuer voire s’inverser au détriment de l’homme lorsqu’on tient compte de tous les facteurs définissant un poste donné. Une étude faite en 2010 par Reach Advisor a montré que parmi les travailleurs célibataires et sans enfant de 22 à 30 ans, les femmes gagnaient en moyenne 8 % de plus que les hommes. Si l’on se rappelle que le taux d’instruction et la qualité des diplômes est notoirement meilleure chez les femmes que chez les hommes et que l’ensemble des économies occidentales font de plus en plus appel — par tertiarisation — à des travaux plutôt intellectuels, cet écart ne surprend pas tant que ça.


Le professeur Thomas Sowell sur les idées fausses
en matières de différences salariales entre hommes et femmes


Enfin, à ces éléments statistiques s’ajoute un élément de logique : puisqu'il semble de notoriété publique que les femmes touchent donc systématiquement moins que les hommes à travail égal, pourquoi diable les patrons continuent-ils d’employer des hommes, plus cher de 20 à 30 % ? Les employeurs seraient donc assez malins pour discriminer activement les femmes et les empêcher d’accéder aux postes mieux rémunérés, mais trop sots pour le faire avec les hommes. Sauf à rentrer dans le mécanisme intellectuel douteux du complot mondial, on n’explique guère un tel comportement.

Mais ceci est sans importance puisque le mantra principal, qui pose la discrimination sexuelle comme préalable à toute analyse des différences salariales, est devenu absolument indiscutable au point qu’on ne retrouve plus que lui dans tous les articles de la Grosse Presse et des médias conformistes.






Via (en partie de) Contrepoints





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Faiblesse des revenus masculins, une des causes de l'effondrement du mariage ?


En 2012, un adulte sur cinq de 25 ans ou plus aux États-Unis n’avait jamais été marié auparavant, un niveau record, selon un nouveau rapport publié par le Pew Research Center qui a analysé les données de recensement de 2012. En 1960, ce nombre n’était que d’un sur dix.


Selon un sondage d’accompagnement mené par Pew en mai et juin 2014, seuls 53 % de tous les adultes n’ayant jamais été mariés ont dit qu’ils aimeraient se marier par la suite, en baisse de 61 % en 2010, environ 32 % ont déclaré qu’ils n’étaient pas sûrs, contre 27 % en 2010.

Les chiffres les plus frappants du recensement concernent les Afro-Américains. Environ 36 % des Noirs âgés de 25 ans et plus n’avaient jamais été mariés en 2012, comparativement à 25 % en 1990 et 9 % en 1960. Pour les blancs, la proportion de célibataires était de 16 % en 2012, contre 11 % en 1990 et 8 % en 1960.

Pour Thomas Sewell, cet effondrement de la conjugalité n’est pas sans rapport avec l’importance accrue de l’État-providence qui subventionne certains comportements jadis considérés néfastes (la monoparentalité par exemple). Notons que, pour Éric Zemmour, c'est le libéralisme économique et l'individualisme sans entraves (les institutions religieuses et les communautés proches n'ayant plus de poids) qui expliqueraient en grande partie cet état de fait.


Thomas Sowell en 1980 sur la famille noire et les politiques sociales délétères (en anglais)


Thomas Sowell compare en 2013 les classes inférieures en Grande-Bretagne et dans les ghettos aux États-Unis et les effets de l’État-providence des deux côtés de l’Atlantique (en anglais)

S’il est vrai que le déclin des institutions religieuses et l’importance croissante attribuée aux études universitaires jouent également un rôle dans cette chute de la nuptialité, pour le Wall Street Journal, un facteur important trop souvent négligé est tout simplement l’économie. Celle-ci a connu une croissance lente et de plus en plus inégale au cours des dernières décennies.

Les revenus n’ont pas augmenté pour la plupart des Américains depuis les années 1980, après ajustement pour l’inflation, même si les coûts de logement et d’éducation des enfants ont fortement crû. Les jeunes hommes ont été particulièrement touchés : pour les hommes de 25 à 34 ans, le salaire horaire médian a diminué en termes réels de 20 % depuis 1980.

En dépit de leurs difficultés économiques croissantes, de nombreux Américains considèrent la sécurité financière (ou au moins un partenaire avec un emploi) comme une condition préalable au mariage.

Dans son enquête de ce printemps, Pew observe que près de 80 % des femmes jamais mariées disent qu’un emploi stable était un critère très important pour elles dans le choix d’un conjoint ou d'un partenaire. Chez les hommes et les femmes qui n’ont jamais été mariés, mais veulent se marier, près d’un tiers ont répondu ne pas être prêts financièrement pour le mariage.

Le problème, explique Pew, le malaise économique de ces dernières décennies (dissimulé pendant un certain temps par la bulle immobilière) a rétréci le bassin d’hommes salariés éligibles. En même temps, l’éducation des femmes et leur participation au marché du travail ont généralement augmenté.

En d’autres termes, pour les femmes célibataires d’aujourd’hui, un « bon » mari est plus difficile à trouver.

Voir aussi

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Idées reçues sur les blancs américains, écart moral et culturel croissant des classes sociales

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Discrimination — Les lesbiennes gagnent plus que les hétérosexuelles

Marieka Klawitter de l’Université de Washington s’est penchée en 2015 sur 29 études portant sur les salaires et l’orientation sexuelle. Elle a publié un compte rendu de sa recherche dans Industrial Relations : A Journal of Economy and Society.

En moyenne, ces études révèlent que les lesbiennes bénéficient d’une prime salariale de 9 % par rapport aux femmes hétérosexuelles. Cet écart a été confirmé par des recherches aux États-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada, en Allemagne et aux Pays-Bas. L’écart persiste même en ajustant les résultats pour prendre en compte le fait que les lesbiennes sont en moyenne plus instruites que les femmes hétérosexuelles, et moins susceptibles d’avoir des enfants.

Ces résultats semblent battre en brèche l’idée que les lesbiennes seraient discriminées en raison de leur orientation sexuelle. Notons que les hommes homosexuels gagnent en moyenne 11 % moins que les hommes hétérosexuels.

L’étude ne donne pas de raisons à cet avantage salarial pour les lesbiennes. Plusieurs hypothèses circulent.

Certains auteurs supputent que les femmes qui se déclarent ouvertement lesbiennes sont plus compétitives que leurs consœurs hétérosexuelles. Des études révèlent que les hommes sont plus compétitifs que les femmes, ce qui pourrait expliquer, selon certains, une partie de l’écart salarial entre les sexes. Mais un document de travail publié l’an dernier a révélé que, alors que les hommes homosexuels se comportent de façon moins compétitive que les hommes hétérosexuels et que ceci expliquerait environ 40 % de leurs écarts salariaux, il n’y avait aucune différence sur le plan de la compétitivité entre les lesbiennes et les autres femmes.


Mais les lesbiennes n’ont pas nécessairement besoin de se comporter différemment pour gagner plus. Elles pourraient bénéficier de discrimination positive, si les employeurs leur donnent plus de responsabilités en faisant l’hypothèse qu’elles n’auront pas d’enfant et qu’elles pourront ainsi consacrer plus de temps à leur carrière que leurs collègues hétérosexuelles.

Enfin, il se pourrait que les couples de lesbiennes ne se sentent pas obligés de consacrer autant de temps aux tâches ménagères et à la garde d’enfants (qu’elles ont très rarement, voir le graphique ci-contre), ce qui leur donnerait plus de latitude pour réaliser leur potentiel dans le milieu professionnel. Les couples de lesbiennes ont tendance à travailler plus d’heures par semaine, même quand elles ont des enfants, et plusieurs études montrent que les ménages de même sexe partagent les tâches ménagères plus uniformément que les ménages hétérosexuels.


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« Les femmes aussi violentes que les hommes »

La place des femmes au Moyen-Âge : elles votaient, elles ouvraient boutique sans autorisation maritale


Le féminisme est mort, vive les femmes !

Extraits d’un article de Valeurs actuelles du 7 avril 2016 :

[...]

« Il serait temps que ces militantes qui n’ont été mandatées, que l’on sache, par aucune espèce de “peuple féminin” qu’elles auraient seules vocation à représenter, aient l’obligeance d’exprimer leur ressentiment haineux en leur nom propre et non en celui de toutes les femmes de France et de l’univers qui ne leur ressemblent heureusement pas », écrivait pourtant Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l’université Rennes-I. Tel est, en effet, le point crucial : des milliers de femmes ne se sentent pas représentées, ni même seulement concernées, par les combats des féministes. Des milliers de femmes ont envie de leur crier « pas en mon nom ».

C’est à toutes ces femmes (mais aussi aux hommes) que s’adressent trois ouvrages récemment parus, trois ouvrages consacrés chacun à sa manière à la question du féminisme et qui font souffler sur ce sujet un air profondément rafraîchissant.

Il y a Adieu Simone !, de la journaliste Gabrielle Cluzel, dont le titre dit assez bien qu’il s’agit de solder l’héritage du féminisme incarné par Simone de Beauvoir, « une femme rompue, à la plume talentueuse, mais qui donnait la nausée ».

Sous une étonnante similitude de titre, on trouvera aussi Adieu mademoiselle, d’Eugénie Bastié (ci-contre), journaliste au Figaro, déjà épinglée par le magazine l’Express comme nouvelle jeune figure de la « droite réac » et qui se propose d’analyser en quoi la situation présente procède « de ces idées féministes devenues folles ». Enfin, se centrant davantage sur la question de la sexualité, en particulier la sexualité des jeunes, l’une des grandes « conquêtes » de la révolution initiée par Mai 68, on lira Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque) de la philosophe et sexologue Thérèse Hargot (lire ci-dessous).

Trois ouvrages. Trois regards de femmes. Un même constat : ce qu’on appelle couramment le féminisme a mené les femmes, les jeunes, la société en général dans une impasse mortifère. « Qu’en est-il réellement de la femme européenne, attaque Gabrielle Cluzel. Qu’a-t-elle vraiment gagné depuis cinquante ans ? Qu’a-t-elle surtout perdu ? Quelles sortes de lendemains qui ne chantent pas se prépare-t-elle ? » Pour répondre à cette question, les principaux articles du catéchisme féministe et progressiste en vigueur sont passés au crible d’une analyse lucide, incarnée, souvent drôle malgré la gravité du sujet.



Le travail des femmes, par exemple. Pour Cluzel, il s’agit d’un combat « plein de bonnes intentions, mais qui se révèle étrange, rigide, coercitif, visant à changer en profondeur la femme. Dans ses habitus et sa nature ». Après la servitude volontaire, la libération forcée. « Plutôt que d’adapter l’économie au destin physiologique des femmes, la potentialité d’être mères, la préoccupation des féministes est d’adapter les femmes à la technostructure de l’économie », reprend Eugénie Bastié qui rappelle la phrase de Chesterton : « Le féminisme pense que les femmes sont libres lorsqu’elles servent leurs employeurs, mais esclaves lorsqu’elles aident leurs maris. »

Le contrôle de la fertilité, ensuite. Si les auteurs concèdent volontiers que pouvoir éviter les grossesses multiples a permis de préserver le corps des femmes et leur a offert de davantage disposer d’elles-mêmes, la banalisation des outils de contrôle - pilule, stérilet - a beaucoup nui à la femme. « Le féminisme a voulu libérer la femme d’elle-même : et ce faisant, il l’a niée », écrit Gabrielle Cluzel. Aujourd’hui près d’une jeune fille de 15 à 19 ans sur deux a déjà pris la pilule du lendemain — une prise de risque étonnante, surtout à l’époque du principe de précaution, et à laquelle de très jeunes personnes se soumettent, totalement à l’insu de leurs parents.

Hier considéré comme une réponse douloureuse donnée à un échec, l’avortement est aujourd’hui le droit « féministe » par excellence, un combat sur lequel il faudrait avancer toujours plus loin, quand bien même il s’en pratiquerait déjà plus de 220 000 par an [en France]. Revenant sur la décision récente visant à supprimer tout élément de réflexion, comme si l’IVG était « le seul acte de la vie d’un être humain pour lequel la réflexion serait une régression », Eugénie Bastié analyse : « Il faut donc à la fois ériger l'avortement en principe fondamental et le fondre dans la pure banalité, les deux objectifs n'étant pas antithétiques, puisque le droit n'a désormais d'autre fonction que de canoniser la tendance. »

Ce que nos deux auteurs pointent aussi du doigt avec un mélange d'humour et de commisération, c'est le caractère dérisoire de toutes ces luttes : voilà un féminisme qui forme des comités, rédige des dépêches, fomente des « actions coup de gueule » pour corriger une langue jugée toujours trop sexiste ou faire interdire des jouets encore trop "genrés", mais ne se soucie pas du sort des femmes en terre d'islam, sauf pour dénoncer une improbable "extrême droite musulmane" responsable, par exemple, des agressions de Cologne. Un féminisme qui lutte contre la publicité. Contre les "violences symboliques" (et assez peu contre les violences réelles, comme l'excision ou les mariages forcés, trop exotiques). Qui traque "le sexisme bienveillant" de la politesse, de la galanterie, de la phrase "les femmes et les enfants d'abord", qui veut débaptiser les écoles maternelles...[...]

Mais une ère nouvelle s'ouvre. Comme l'écrivait déjà Élisabeth Lévy, qui exerce son talent critique sur ce sujet depuis longtemps déjà : « Le prochain combat féministe, c'est celui qu'il faut livrer à ce faux féminisme qui, sous couvert de défendre les femmes, veut les assigner à une norme. » La voilà désormais entendue.


Presse féminine Zélie contre la pensée unique

[...] Pour Solange Pinilla, littéraire passée par le journalisme, aujourd'hui jeune mère de famille, rien dans la presse dite "féminine" n'était à même de saisir la femme de manière plus globale : dans ses dimensions physique, intellectuelle, affective, spirituelle. De fait la lecture, même superficielle, de cette presse est édifiante. Son credo tient en trois mots : consommation, hédonisme, air du temps. Ou en "3M" : mode, maquillage, mecs. « Hé, les gars ! C'est comment d'avoir un pénis ? » (Biba, mars 2016). « Sexe : oublier un bon coup... c'est possible ? » (Cosmopolitan, mars 2016), « Bisexualité des stars, la fin d'un tabou » (Elle), etc. Comment changer les choses ? « Je ne voulais pas mener une réflexion théorique sur la femme, reprend Solange Pinilla, mais proposer des sujets qui concernent les femmes d'aujourd'hui et d'hier, des sujets incarnés, avec des exemples concrets. » Ce sera Zélie, un magazine "100 % féminin, 100 % chrétien", sous forme d'un mensuel gratuit sur Internet. Zélie, en hommage à Zélie Martin, la mère de sainte Thérèse, récemment canonisée avec son époux Louis. Zélie, mère de famille, mais également chef d'entreprise et qui fit même travailler son mari - comme une façon d'échapper à tout cliché. Après sept numéros, le magazine compte déjà plus de huit mille lectrices (et sans doute quelques lecteurs). On y parle de tout : de femmes  n politique, de décoration, des méthodes naturelles, des dominicaines, de l'accueil de l'enfant, des chrétiennes d'Orient, de la relaxation... Pour une autre image de la femme. www.magazine-zelie.com

Sexualité Une jeunesse libre et perdue

Il faut lire l'ouvrage de Thérèse Hargot (ci-contre en classe). Non parce que l'auteur est qualifiée de « nouveau visage du puritanisme » par l'hebdomadaire [très bobo] Les Inrockuptibles, ce qui serait déjà l'indication d'une personne de qualité, mais parce que ce livre donne parfaitement à voir le désarroi dans lequel la libération sexuelle voulue par Mai 68 a jeté la jeunesse d'hier et d'aujourd'hui.

Avec énormément d'empathie, Thérèse Hargot, elle-même enfant de la pilule,du divorce, de l'avortement de masse (elle est née en 1984), et maintenant mère de famille, donne à voir et à comprendre les questions, les angoisses, les névroses de jeunes hommes et de jeunes femmes que l'on a voulu, depuis trois générations, "libérer"des "tabous" liés à la sexualité. Elle les a écoutés, elle est intervenue auprès d'eux dans les classes, elle raconte : la banalisation de la culture porno, l'obsession de l'orientation sexuelle, la confusion identitaire, la déshérence affective et, malgré tout, l'aspiration du plus grand nombre à l'amour, au couple, à l'équilibre. Édifiant et salutaire.

À lire

Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque), de Thérèse Hargot, Albin Michel, 224 pages, 16 €.

Adieu mademoiselle, d'Eugénie Bastié, Les Éditions du Cerf, 224 pages, 19 €.

Adieu Simone ! , de Gabrielle Cluzel, Le Centurion, 128 pages, 11,90 €.

Voir aussi

La sexologue Thérèse Hargot : « La libération sexuelle a asservi les femmes »

Rediffusion : Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes

Discrimination — Les lesbiennes gagnent plus que les hétérosexuelles.