mercredi 2 septembre 2015

« L’éducation sexuelle : une autre intrusion de l’État »

Pour Éric Lanthier (M. Ed.) dans le Héraut de Prince Arthur :
Peu importe la religion que l’on pratique, qu’elle soit théiste, athée ou agnostique, l’éducation sexuelle appartient aux parents et non à l’État, c’est une question de droit et de liberté. Chaque famille a sa façon de voir la sexualité et c’est bien que ce soit ainsi parce qu’une société se bâtit par la force de ses familles. Ce n’est donc pas à l’État d’enseigner quand commencer nos premières relations sexuelles, avec qui et dans quel contexte.

Un programme qui éveille prématurément

Le programme d’éducation sexuelle en Ontario n’a rien d’inspirant et celui du Québec veut s’en inspirer ; plus ça change, plus c’est pareil. Au contraire, ce programme sexualise hâtivement les enfants ; plutôt que de cheminer avec l’enfant, il l’éveille prématurément. Chaque enfant a son rythme et c’est le parent, règle générale, qui est le mieux placé pour discerner quand l’enfant est prêt à en discuter.

Le rôle de l’État : équiper le parent

L’État n’a pas à usurper le rôle du parent. C’est pourquoi le rôle de l’État, en matière d’éducation sexuelle, devrait se limiter à la formation des parents. Est-ce extrémiste comme souhait ? Est-ce extra-terrestre comme requête ? Aujourd’hui, avec la technologie, l’État peut renseigner les parents, les accompagner, répondre à leurs questions et les équiper à remplir leur rôle plus efficacement. L’État pourrait mettre ses meilleurs spécialistes à la disposition des parents pour guider ceux qui ne réussissent pas à créer un climat de confiance chaleureux pour parler du sujet. Ainsi, le gouvernement devrait accompagner les parents à remplir convenablement leur rôle et non leur usurper leur responsabilité.

L’intimidation

Il est faux de prétendre que l’école est le meilleur milieu pour éduquer les jeunes en matière de sexualité. C’est beaucoup plus intimidant pour un élève de poser des questions devant des élèves qui vont se moquer de lui que dans un milieu de confiance avec des personnes avec qui il est à l’aise d’échanger. Avec les ressources dont le milieu scolaire dispose, pourquoi ne pas les engager à une mission bien précise : aider les parents à créer ce climat de confiance avec son enfant. C’est là le nerf de la guerre… Malheureusement, l’État ne veut pas aborder le sujet, ce n’est pas politiquement payant.

Limiter l’intrusion en équipant les parents : une question de valeurs

J’ai enseigné au primaire, au secondaire, à l’université, en milieu urbain, en milieu rural, dans les écoles publiques, dans les écoles privées. J’ai constaté une chose : plus l’école prend de l’espace, moins le parent exerce son rôle. Ce qui me fait sourire le plus c’est que les partisans d’un État moins lourd approuvent cette intrusion de l’État croyant que le cours qu’on donnait dans les années 70-80 serait le même qu’on donne aujourd’hui.

Les parents doivent, non seulement, apprendre à leur enfant comment composer avec la sexualité, mais surtout à leur communiquer une vision plus inspirante que ce qu’ils vont voir sur la toile. [Note du carnet : ou de la salle de classe...] C’est pourquoi j’opte pour un partenariat plutôt que l’usurpation des rôles. Que l’État mette des ressources à la disposition des parents et qu’il laisse ceux-ci remplir leurs responsabilités ; ainsi l’objectif sera sainement atteint. Ce n’est pas une question religieuse, c’est une question de valeurs, de rôle et de liberté.
Ou comme le disait Pierre Trudeau : « l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation ». Ah, mais cela ne s’appliquait que lorsque l’État était conservateur et les « progressistes » n’étaient pas encore aux manettes.

« Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école ! »

C’est le jour de la rentrée, et beaucoup d’enfants vont à l’école à reculons. Souvent, les plus petits – les élèves de maternelle ou de 1re année – sont encore enthousiastes, mais ce n’est déjà plus le cas en 5e année du primaire ou en 6e. Statistiquement en effet, plus un enfant est âgé, moins il aime l’école, moins il aime lire et moins il aime apprendre. Pourquoi ?

Pourquoi les ados sont-ils capables de passer des heures sur un jeu vidéo alors qu’ils se désintéressent des livres ? Pourquoi connaissent-ils par cœur les centaines de personnages du Trône de fer (Game of Thrones) alors qu’ils oublient leur cours de la veille ?

Les progrès faits par la psychologie cognitive ces trente dernières années permettraient de répondre à ces questions.

Selon Daniel Willingham dans son livre Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école ?, les efforts ne sont jamais agréables, mais qu’ils finissent toujours par payer ; qu’apprendre par cœur peut être ludique ; et que pour mémoriser, il faut d’abord comprendre. Surtout, vous comprendrez mieux votre enfant et vous pourrez ainsi le soutenir plus facilement.

Présentation de l’éditeur

Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école !

La réponse d’un neuroscientifique à cette question qui hante les professeurs et les parents.

C’est la question qui hante le professeur quand il arrive en classe le lundi matin. Malgré tous ses efforts, malgré sa patience, malgré son amour de l’école et du savoir qu’il aimerait leur transmettre, pourquoi ses élèves ont-ils toujours l’air de s’ennuyer ?

Pourquoi ? Parce que nos méthodes d’enseignement ne sont pas adaptées au fonctionnement du cerveau et de la mémoire. Pour l’auteur, professeur de psychologie cognitive à l’Université de Virginie, nous pouvons aider les élèves à aimer l’école si nous comprenons comment fonctionne leur intelligence. Or la science cognitive a permis d’en apprendre plus sur le cerveau ces vingt-cinq dernières années que nous ne l’avions fait en 2500 ans.

L’auteur part de neuf questions que se posent les enseignants – en commençant par celle posée dans le titre – et dont les réponses sont directement applicables en classe. Comment adapter mes cours aux différents types d’élèves ? Comment aider les élèves les plus lents ? Vaut-il mieux enseigner des compétences ou des connaissances ?…

Willingham démonte ainsi de nombreux préjugés :
  • Oui, l’apprentissage par cœur, la répétition et la culture générale sont nécessaires, parce qu’elles permettent aux élèves de mieux comprendre les nouvelles connaissances. 
  • Non, les pédagogies actives ne sont pas efficaces pour apprendre, car elles ne permettent pas de prévoir à quoi les élèves vont réfléchir. 
  • Non, les différences entre les élèves ne rendent pas nécessaires des enseignements « différenciés » et la science actuelle n’est pas parvenue à démontrer qu’il existait différents types d’intelligence. 
  • Non, les enfants ne peuvent pas réfléchir à la manière des scientifiques, car ils n’ont pas suffisamment de connaissances… 
 De manière toujours nuancée, mais avec une argumentation implacable et beaucoup d’humour, l’auteur fait le point sur les théories pédagogiques et les pratiques de classe qui ont démontré leur efficacité.


L’auteur : Daniel Willingham est diplômé de Harvard en psychologie cognitive. Il est actuellement professeur de psychologie à l’Université de Virginie. Depuis 2000, il consacre ses recherches à l’application de la psychologie cognitive dans l’enseignement primaire et secondaire. Le succès de son livre aux États-Unis lui a fait créer son propre site : www.danielwillingham.com.:Il est disposé à répondre à toutes les interviews de journalistes à propos de son ouvrage.

Critique de l’ouvrage dans le Figaro

Feuilletez l’ouvrage

Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école !
par Daniel Willingham
aux Éditions de l’école
213 pages
ISBN : 978-2-916788-23-4


Retour de la discipline et du silence : diminution de l'intimidation, gain de temps, moindre violence

Pas besoin de campagne anti-homophobie (en fait anti-hétérosexisme) pour faire baisser l’intimidation. Quand les vieilles méthodes (l’honnie discipline, les rétrogrades récompenses et le totalitaire silence) sont réinventées et font l’objet d’un article dans Le Soleil.
À l’école primaire Notre-Dame-du-Canada, les élèves défilent en silence dans les corridors. Une règle toute simple qui a permis de réduire l’intimidation et d’améliorer la discipline.

Même remplis, les corridors de cette école du quartier Vanier, à Québec, sont étonnamment silencieux. Des élèves y défilent même avec un doigt sur la bouche, pour montrer qu’ils sont bien silencieux. D’autres, beaucoup plus rares, chuchotent en cachette.

Lorsque Madeleine Piché est arrivée dans cette école, il y a une quinzaine d’années, le climat était « assez violent », raconte-t-elle. « Il y avait beaucoup de bataille dans la cour d’école et dans les corridors. Au retour en classe, ça prenait beaucoup de temps pour gérer les conflits », raconte la directrice, qui a pris sa retraite en juin.

Le silence dans les corridors s’est donc rapidement imposé, ajoute-t-elle. « C’était nécessaire. » Et il n’a fallu qu’un an pour en faire une habitude, dit-elle.

Système de récompenses

Pour encourager les élèves à respecter les règles de l’école, Mme Piché a aussi instauré au fil des ans un système de récompenses, avec des coupons privilèges qui permettent aux enfants de faire des activités spéciales avec un adulte de l’école. « C’est un ensemble, ça ne tient pas tout seul cette affaire-là », lance-t-elle.

Et les résultats sont au rendez-vous. Annie Vaillancourt, qui a enseigné l’an passé pour la première fois dans cette école, n’en revient pas. « Je suis médusée, lance-t-elle. On gagne du temps, on n’a plus à calmer les élèves lorsqu’on revient de récréation », dit-elle.

Mme Piché va même plus loin. Elle croit que cette règle, en plus d’autres changements qui ont été implantés dans l’école au cours des dernières années, a contribué à réduire l’intimidation et la violence dans l’école.

« Ça joue beaucoup sur le climat de l’école », dit-elle.