samedi 2 avril 2011

France — Professeur révoqué après avoir projeté une vidéo sur l'aspect médical de l'avortement

Un professeur d'histoire-géographie d'un lycée de Manosque (Sud-Est de la France), qui avait été suspendu le 24 novembre pour avoir projeté à ses élèves une vidéo troublante sur l'aspect médical de l'avortement, a indiqué samedi à l'AFP avoir été révoqué « pour faute lourde ».

Philippe Isnard, qui dénonce le fait de ne toucher aucune indemnité, s'était vu reprocher par certains parents d'élèves soutenus par Prochoix d'avoir diffusé des documents anti-avortement.








No Need to Argue (la vidéo incriminée)

Dans un communiqué mis en ligne sur le site de l'association ProVie France, l'enseignant réfute ces accusations. « J'ai mené, écrit-il, ce débat dans un souci constant d'objectivité, de tolérance, de respect pour les données scientifiques. Les élèves qui ne souhaitaient pas voir le document No need to argue étaient libres de quitter la classe. (...) Des documents prochoix ont été fournis aux élèves, tels que le texte de la loi Veil et le discours de Simone Veil en faveur de l'avortement en 1975. Les élèves concernés par mes débats sur l’IVG, sont ceux que l’Éducation nationale considère comme majeurs sexuellement au point de leur distribuer des pilules abortives sans l’accord de leurs parents. »

« Pseudo-procédure »

Il estime par ailleurs avoir fait l'objet d'une « pseudo-procédure » « conduite au mépris des principes fondateurs du droit » et au cours de laquelle il n'a « jamais été entendu ».

Le site Chrétienté Info relate que « Il y a, et il y aura beaucoup à dire sur l’affaire Isnard. Des irrégularités dans la procédure. De la manière dont ses deux témoins devant la commission disciplinaire au rectorat d’Aix-en-Provence ont été harcelés au cours de l’audience : on demandait à Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour la justice et le droit, et à Florence Allard, médecin à Marseille qui connaît bien le traumatisme post-avortement, d’avouer qu’ils étaient catholiques. Cela les aurait-il disqualifiés ? Poser la question, c’est montrer jusqu’où va la discrimination. Déjà. »


M. Isnard fera appel

Faute de pouvoir faire appel de sa révocation devant le Conseil supérieur de l'Éducation, M. Isnard a déclaré vouloir saisir le tribunal administratif, rappelant qu'il avait déjà obtenu par le passé « une condamnation de l'État pour discrimination pour raisons religieuses », à la suite d'un licenciement alors qu'il était stagiaire.

Notification « très encadrée »

Contacté par l'AFP, le rectorat de l'académie Aix-Marseille n'a pas souhaité communiquer, soulignant simplement que la décision avait été « notifiée à l'intéressé ». La dépêche de l'AFP ne relate pas la manière dont cette notification s'est faite.  Or, M. Isnard s’était présenté au lycée dès la fin de sa suspension provisoire, arrivée à son terme le 25 mars, pour reprendre son poste. Il a été accueilli par quatre ou cinq personnes qui l’ont « accompagné » jusqu’au bureau du proviseur, surveillant chacun de ses gestes, l’empêchant de communiquer avec quiconque. Et c’est le proviseur qui lui a signifié la sanction, sèchement, sans un mot pour l'enseignant dont la carrière professionnelle a été brisée d’un trait de plume.






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1 commentaire:

Josick d'esprit agricole a dit…

C'est typiquement la France, pays nullement pays de Droit, seulement pays du droit du plus fort.
Il faut avoir eu affaire à l'iniquité de sa justice familiale pour s'en rendre compte, justice voulu ainsi par les autorités françaises qui cherche à diviser et entretenir la division pour régner (ainsi de jouer les berbères contre les arabes lors du protectorat au Maroc).