jeudi 24 août 2023

Jordan Peterson : « Je savais que le pouvoir judiciaire au Canada avait été saisi politiquement », « les thérapeutes sont obligés de mentir sur l'identité de genre »

Le psychologue fait salle comble. Mais il risque de se voir retirer sa licence clinique à cause de ses tweets. 
    

Le Dr Jordan Peterson a reçu l’ordre de suivre un programme de formation pour « réfléchir et améliorer » sa conduite dans ses déclarations publiques.

Jordan Peterson ne manque pas de gens qui sollicitent ses conseils. La chaîne YouTube du psychologue compte plus de sept millions d’abonnés. Son émission en différé (balado/podcast) a été téléchargée plus de 55 millions de fois. Et son livre, 12 règles pour une vie, s’est vendu à plus de cinq millions d’exemplaires.

Mais un tribunal canadien vient de décider que s’il ne suit pas une formation obligatoire sur les médias sociaux — ce que M. Peterson appelle une « rééducation forcée » — il pourrait perdre sa licence clinique et, avec elle, tout droit de conseiller ses patients. 

« Je savais que le pouvoir judiciaire au Canada avait été saisi politiquement », a déclaré Peterson au Free Press mercredi. « Mais je n’avais aucune idée de l’ampleur de ce phénomène.
»

« Les documents fondateurs que nous avons mis en place [imposés par Trudeau au Québec] dans les années 1980 valent à peine le papier sur lequel ils sont écrits », a-t-il ajouté.

M. Peterson a fait valoir que l’ordonnance portait atteinte à sa liberté d’expression. Mais la Cour divisionnaire s’en est remise au collège, un organisme créé par la législation provinciale, et a conclu que l’ordonnance constituait un exercice raisonnable du pouvoir de l’organisme de réglementation de la profession. À l’ère de la déférence judiciaire à l’égard de l’État administratif, les droits constitutionnels ne signifient pas ce que de nombreux Canadiens pensent qu’ils signifient selon Brude Pardy, professeur de droit à Queens.

La Cour suprême du Canada est en grande partie responsable de cette situation. Dans la plupart des cas, les organismes de réglementation ne sont pas tenus d’appliquer la loi correctement, a déclaré la Cour suprême, mais seulement « raisonnablement ». En d’autres termes, dans certains contextes, un organisme de réglementation peut se tromper juridiquement s’il ne se trompe pas de manière déraisonnable. La « justice administrative » ne ressemblera pas toujours à la « justice judiciaire », a écrit la Cour en 2019 dans sa principale affaire de droit administratif, Canada (ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) c. Vavilov, « une cour […] ne demande pas quelle décision elle aurait prise à la place de celle du décideur administratif […] ou ne cherche pas à déterminer la “bonne” solution au problème ».

 
Réaction de Jordan Peterson (en anglais, sous-titrage traduit automatiquement disponible), les thérapeutes sont obligés par la loi de mentir sur l'identité de genre. Le tribunal dit que je bénéficie du droit à la liberté d'expression, mais que je dois me conformer aux règles de l'Ordre des psychologues. Et cet Ordre, apparemment, a décidé que je peux même plus parler de la météo. [...] Je ferai appel et je suis prêt à aller jusqu'en Cour suprême. Sa fille n'est pas convaincue que la Cour suprême dont 6 des 9 juges ont été nommés par Trudeau renversera ce jugement. Je ne regrette pas mes tweets sur la transition de genre des mineurs (ablation de seins, castration, prise d'hormones), je pense que c'est pire que les lobotomies des années 30.
 
Mais il y a pire. Dans les affaires relevant de la Charte des droits et libertés, les organismes de régulation professionnels peuvent porter atteinte aux droits garantis par la Charte s’ils le font de manière « proportionnée ». Dans sa décision de 2012 dans l’affaire Doré c. le Barreau du Québec, la Cour suprême a déclaré que les organismes de réglementation doivent mettre en balance les protections de la Charte et les objectifs statutaires qu’ils tentent d’atteindre. Lorsqu’un tribunal examine une décision susceptible d’enfreindre un droit garanti par la Charte, comme dans l’affaire Peterson, les autorités de régulation ont droit à la déférence si la décision « se situe dans une gamme de résultats possibles et acceptables ».

Plus grave encore. La Cour a permis aux organismes de régulation d’ignorer complètement les droits garantis par la Charte s’ils mettent en balance des « valeurs de la Charte » imaginaires, mentionnées nulle part dans le texte, et par lesquelles ils entendent des idéaux progressistes tels que l’équité, la justice sociale et la dignité des groupes. En 2018, par exemple, la Cour a autorisé les barreaux de l’Ontario et de la Colombie-Britannique à refuser d’approuver le projet d’école de droit de la Trinity Western University en raison de son pacte communautaire religieux, permettant ainsi aux régulateurs de rechercher l’équité au nom de l’intérêt public comme supérieure à la liberté de religion.

Le gouvernement n’est pas censé fonctionner de cette manière. En principe, la branche administrative n’a aucun pouvoir, sauf dans le cadre de mandats statutaires spécifiques. Le contrôle juridictionnel supervise les agences gouvernementales, y compris les organismes de régulation professionnels, afin de s’assurer qu’elles restent dans les limites des pouvoirs conférés par la loi. « Je ne connais aucun devoir du tribunal qu’il soit plus important d’observer, ni aucun pouvoir du tribunal qu’il soit plus important de faire respecter, que son pouvoir de maintenir les organismes publics dans leurs droits », a écrit Lindley M.R. dans une affaire britannique datant de 1899. « Dès que les organismes publics outrepassent leurs droits, ils le font au détriment des particuliers et en les opprimant. »

Mais le socle juridique s’est lentement déplacé sous nos pieds. Nous nous sommes éloignés de l’État de droit pour revenir à un régime par décret de l’exécutif. La déférence judiciaire accorde le contrôle non pas à un monarque, mais à une classe de gestionnaires professionnels. Un large pouvoir discrétionnaire entre les mains des organes administratifs est devenu le fondement de notre système moderne de gouvernement.
 
La déférence des tribunaux rend possibles les chasses aux sorcières réglementaires, lorsqu’elles sont soigneusement élaborées sous couvert de « conduite non professionnelle », de « civilité » ou d’« atteinte à la confiance du public dans la profession ». Les régulateurs professionnels peuvent se détourner de la garantie de la compétence et de la pratique éthique pour se concentrer sur la conformité politique. Dans le cas de Peterson, les plaintes ne provenaient pas de clients et n’étaient pas liées à sa pratique de la psychologie, qu’il a arrêtée en 2017. Elles visaient plutôt les tweets de M. Peterson sur des sujets politiques tels que Justin Trudeau et son chef de cabinet, un conseiller municipal d’Ottawa, le programme de lutte contre le changement climatique et l’activisme transgenre.

En vertu de l’ordonnance de l’Ordre, M. Peterson doit payer lui-même les mesures de rééducatives. Les séances prendront fin lorsque le « coach » déterminera que M. Peterson est rééduqué de façon appropriée. Pourtant, l’Ordre insiste sur le fait que l’ordre n’est pas disciplinaire. En fait, le comité de l’Ordre n’a pas tenu d’audience disciplinaire et n’a jamais conclu que M. Peterson avait commis une faute professionnelle. Néanmoins, l’Ordre a promis que le fait de ne pas terminer le programme pourrait donner lieu à une allégation de faute professionnelle et à l’ouverture d’une procédure disciplinaire.
 
En principe, les mesures correctives et les sanctions ne doivent être imposées qu’après qu’une affaire a été jugée et qu’un accusé a été reconnu coupable. Toutefois, les tribunaux s’en remettent aux autorités de régulation dans ce domaine également. Et cette pratique se développe. Le Barreau de l’Ontario propose de donner à son comité d’autorisation des procédures des pouvoirs similaires pour exiger des avocats qu’ils se soumettent à une rééducation, même si le comité conclut qu’il n’y a pas lieu de tenir une audience disciplinaire.

M. Peterson n’est pas le seul. Dans tout le Canada,
les organismes de réglementation insistent de plus en plus sur la conformité idéologique. Les barreaux instituent des exigences de « compétence culturelle » à forte connotation politique. Les organismes de réglementation médicale ont sanctionné des médecins pour avoir exprimé des opinions médicales contraires aux récits COVID approuvés. Les infirmières et les enseignants ne peuvent pas exprimer en toute sécurité leurs doutes sur le transgenrisme ou les programmes « antiracistes » au sein de leurs institutions. La déférence renforce la tyrannie de l’État administratif.
 
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Liberté scolaire dans l’Iowa : 18 600 comptes d’épargne éducation pour les enfants

La législation sur le choix scolaire de l’Iowa a connu un succès retentissant avec l’approbation de 18 600 comptes d’épargne éducation (ESAs). Plus de 29 000 étudiants avaient demandé à bénéficier de ce programme. Moins de 1 000 demandes sont encore en cours d’examen. Les ESAs restituent aux parents une partie de leur impôt sur l’éducation pour l’utiliser dans l’éducation de leurs enfants. L’allocation par élève en Iowa est d’environ 7 600 dollars. Après avoir payé les frais de scolarité, les parents peuvent acheter d’autres supports pédagogiques par le biais d’Odyssey, une entreprise basée à New York qui fournit le programme scolaire en Iowa.

C’est la première année du programme, qui n’a pas de plafond budgétaire et chaque demandeur approuvé reçoit un financement. L’État prévoyait d’approuver 14 000 demandes, mais les résultats ont largement dépassé cette estimation. La gouverneure républicaine Kim Reynolds a passé trois ans à défendre cette politique pour étendre le choix scolaire quel que soit le revenu. “La réponse considérable des familles de l’Iowa démontre qu’il existe à la fois un besoin et un fort désir de choix scolaire dans notre État”, a déclaré Reynolds en juillet après la clôture des candidatures. “Permettre aux parents de choisir l’éducation qui convient le mieux à leurs enfants égalise les chances et crée des chances égales pour les étudiants de l’Iowa”. Seuls les républicains ont soutenu cette législation en janvier. Un membre du parti démocrate, qui a qualifié les ESAs de “chèques-éducation”, a soutenu que donner aux parents la possibilité de choisir où utiliser l’argent de leurs impôts sur l’éducation “risquait de fermer les écoles publiques”. Cependant, lors de la cérémonie de signature, Reynolds a précisé que, malgré les accusations de ses détracteurs, elle soutenait fermement les écoles publiques de l’État. “Les écoles publiques sont le socle de notre système éducatif et, pour la plupart des familles, elles continueront d’être l’option de choix”, a-t-elle déclaré. “Mais elles ne sont pas la seule alternative. Et pour certaines familles, un chemin différent peut être meilleur pour leurs enfants”. Environ 33 700 étudiants de l’Iowa fréquentent des écoles privées, tandis que 486 500 fréquentent des écoles publiques. La loi de l’Iowa fait suite à d’autres États, comme la Floride et l’Arizona, qui ont approuvé des comptes d’épargne éducation face à une demande croissante de choix scolaires. De nombreux États, dont l’Utah, le Tennessee, l’Arkansas, le Nebraska et l’Alabama, ont mis en place d’autres formes de législation pour promouvoir le choix scolaire.
 
Les parents qui instruisent leurs enfants à domicile ne sont pas éligibles à ces comptes d’épargne éducation (ESAs), seuls les élèves inscrits à temps plein dans une école non publique accréditée sont éligibles.

Source

mercredi 23 août 2023

Crise du logement et ses ramifications économiques (notamment sur la productivité) et démographiques

La pénurie de logements au Canada est au cœur de la crise du logement.

Avec le plus faible nombre de logements pour 1 000 habitants de tous les pays du G7, un ratio qui n’a fait qu’empirer depuis l’augmentation de l’immigration ces dernières années, le Canada est confronté aux prix les plus élevés du G7 pour le logement. 

La crise du logement au Canada a fait l’objet de nombreux reportages et analyses, notamment sur la manière dont elle alimente le phénomène des sans-abri, pousse les familles à quitter les grands centres urbains et conduit de plus en plus de personnes à vivre chez leurs parents.

Toutefois, ces points de vue ne se sont concentrés que sur la manière dont elle affecte le logement des personnes. En réalité, la pénurie de logements touche tout. En effet, selon un trio d’analystes écrivant dans la revue Works in Progress, la pénurie de logements a également un impact sur bon nombre des problèmes les plus urgents du monde occidental, parmi lesquels la baisse de la fécondité, les maladies chroniques endémiques, les inégalités brutales, la productivité atone et la faible croissance.
 
Ils ont baptisé ces phénomènes « la théorie du logement de tout » et, avec la pénurie la plus aiguë de tous les pays occidentaux, le Canada est victime d’un grand nombre de ses maux en particulier.

Par exemple, comme on l’a noté récemment, même si la productivité économique du Canada est inférieure à celle des États-Unis depuis des décennies, l’écart ne cesse de se creuser. Si le coût élevé du logement ne semble pas, à première vue, être un facteur de cette tendance, il joue un rôle sous-estimé.

Étant donné que de nombreuses villes canadiennes à forte productivité affichent également des coûts de location parmi les plus élevés, de nombreux travailleurs sont exclus des zones où sont concentrés les emplois bien rémunérés. Il est donc plus difficile pour les travailleurs possédant les bonnes compétences d’obtenir un emploi dans un poste vacant approprié et cela limite leur capacité à accumuler un capital social qui pourrait leur offrir de meilleures perspectives d’emploi.

Une étude estime que dans la région métropolitaine de Sydney, en Australie, le déplacement vers l’extérieur des jeunes ménages — qui, à l’instar de nombreux Canadiens, s’éloignent des grandes villes — vers des terrains et des logements plus éloignés et moins coûteux a entraîné des pertes de productivité significatives pour les économies de Sydney et de la Nouvelle-Galles du Sud.
 
En outre, les coûts du logement ont un impact sur la manière dont de nombreuses entreprises allouent leurs ressources et leurs investissements. Si les prix continuent d’augmenter, les coûts du logement absorberont de plus en plus de capitaux et évinceront les investissements non résidentiels. Étant donné que l’investissement dans le logement peut être un secteur à haut rendement et à faibles retombées technologiques, de nombreuses sociétés non immobilières consacreront leurs flux d’investissement au logement au détriment d’autres activités plus productives, telles que la création ou l’expansion d’entreprises.
 
La productivité peut sembler une idée économique abstraite sur la manière dont les travailleurs et les entreprises peuvent gagner plus, mais la pénurie de logements a également un impact important sur l’inégalité. Alors que la plupart des débats politiques sur l’inégalité portent généralement sur les personnes ayant des revenus plus ou moins élevés, on parle moins de l’inégalité entre les locataires et les propriétaires.

Selon un rapport de la Banque TD datant de l’année dernière, l’inégalité des richesses a diminué au cours des dernières années, en partie grâce à la hausse des prix de l’immobilier qui a permis à de nombreux Canadiens de voir leur bien le plus précieux s’apprécier. Toutefois, la hausse des coûts a exacerbé l’écart entre les ménages propriétaires et les ménages locataires. Par exemple, la valeur nette moyenne des propriétaires nés entre 1955 et 1964 est aujourd’hui 6,3 fois plus élevée que celle des non-propriétaires nés au cours de la même période.
 
Alors que les prix de l’immobilier ont augmenté de manière significative au cours de la dernière décennie, le taux d’accession à la propriété a chuté, car de nombreuses personnes ne disposant pas d’un revenu élevé ou ne bénéficiant pas de l’aide financière de leurs parents ont du mal à pouvoir payer la mise de fonds.

Comme le soulignent les auteurs du rapport, « il est simpliste de définir l’inégalité des richesses au Canada comme une opposition entre riches et pauvres. Au fil du temps, il s’est avéré qu’il s’agissait plutôt d’une inégalité entre les propriétaires et les non-propriétaires ».

Il est possible que même les conflits politiques et culturels qui se déroulent dans de nombreux pays occidentaux trouvent leur origine dans la pénurie de logements, comme l’affirme un rapport récent de The Economist. Les élections dans le monde anglophone se divisent de plus en plus entre, d’une part, les citoyens relativement prospères et instruits des villes et de leurs banlieues et, d’autre part, les habitants du reste du pays — les zones rurales et les villes économiquement défavorisées — qui n’apprécient pas le sentiment que le système est truqué en faveur des personnes déjà bien loties. Selon l'hebdomadaire anglais qui néglige totalement la composant ethnique de ces divisions, les Britanniques et les Français vivant dans des régions où les prix de l’immobilier stagnent sont plus enclins à voter pour le Brexit ou pour le Rassemblement national, respectivement.
 
De nombreux jeunes ont dû retarder la fondation d’une famille et acceptent souvent des emplois mal rémunérés et précaires qui couvrent à peine le loyer et le coût de la vie, car c’est le prix à payer pour vivre dans des villes culturellement attrayantes. Ils considèrent que les perspectives sont limitées et que la croissance est à peine perceptible. La natalité s’en ressent autant en France qu’au Québec.

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France — Le nombre de naissances a encore baissé de 7 % au premier semestre

Québec — janvier-mai 2023, baisse de 5,3 % des naissances p/r à 2022, plus de décès que de naissances
 

L’afflux de « demandeurs d’asile  » dans le pays exerce une pression sur le réseau scolaire québécois

Trudeau a fermé la porte de Roxham pour ouvrir grand la fenêtre des aéroports en assouplissant les règles

« Malgré » une forte immigration, le niveau de vie au Canada est à la traîne : rapport de la TD

Immigration et niveau de vie ne riment pas

À Montréal, le nombre d’élèves allophones est si élevé que les cours de français virent aux cours de français langue étrangère

Coïncidence — Immigration : Le Québec fracasse un record, loyers records à Montréal, pénurie et surcharge de travail à l’école

Il se bâtit au Canada entre 200 000-300 000 unités de logement par an, en 2022 1 million de personnes s’est ajouté à la population

Hydro-Québec au pied du mur : l’exportation d’électricité en porte-à-faux avec le développement économique et l’immigration de masse

« Trop et trop vite » : des économistes mettent en garde contre la politique d’immigration libérale « pro-affaires »

mardi 22 août 2023

Canada — Le gouvernement fédéral envisage de plafonner le nombre d'étudiants étrangers

Le gouvernement fédéral envisage de plafonner le nombre d’étudiants étrangers afin d’alléger la pression sur le marché du logement, a déclaré l’homme chargé de s’attaquer à la crise du logement au Canada.

« Je pense que c’est l’une des options que nous devrions envisager », a déclaré le ministre fédéral du Logement, de l’Infrastructure et des Collectivités, Sean Fraser, aux journalistes lors de la réunion du cabinet libéral à Charlottetown lundi.

Le ministre Sean Fraser interrogé par la presse

« Je pense que nous devons réfléchir sérieusement à la question. »

Le Canada a accueilli plus de 800 000 étudiants étrangers l’année dernière, selon les chiffres du gouvernement. 

M. Fraser, qui était ministre de l’Immigration jusqu’au remaniement ministériel du mois dernier, a déclaré qu’il envisageait de s’asseoir avec les établissements d’enseignement supérieur pour déterminer ce qui pouvait être fait pour faciliter la recherche d’un logement pour ces étudiants dans un marché locatif tendu.

« S’ils continuent à accueillir un nombre record d’étudiants, ils doivent également faire partie de la solution en s’assurant qu’ils ont un endroit où vivre », a-t-il déclaré.

Il s’en prend également aux institutions qu’il accuse d’exploiter les étudiants et d’exacerber la crise du logement.

« Quand on voit certains de ces établissements qui ont cinq ou six fois plus d’étudiants inscrits qu’ils n’ont de places pour eux dans le bâtiment… il faut commencer à se poser des questions assez difficiles », a-t-il déclaré.

« Il existe de bons établissements privés et séparer le bon grain de l’ivraie sera au cœur du travail que j’ai essayé de faire avec [le nouveau ministre de l’Immigration Marc] Miller. »

La lutte contre la crise du logement est l’un des principaux objectifs du nouveau cabinet du Premier ministre Justin Trudeau, qui se réunit pour la traditionnelle retraite avant la reprise des travaux parlementaires le mois prochain.

Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le Canada doit construire 5,8 millions de nouveaux logements — dont deux millions de logements locatifs — d’ici à 2030 pour résoudre le problème de l’accessibilité au logement.

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Fissures dans le consensus pro-immigration canadien anglais

Les Pays-Bas veulent décourager les étudiants internationaux d’y étudier

Canada — 800 000 étudiants étrangers à la fin 2022, une augmentation de 31 %. Et un passeport canadien avec ça ? 

La possibilité d’immigrer au Canada à travers un établissement privé était l’un des principaux arguments de vente de certains collèges québécois. 

Les cégeps, les étudiants étrangers et l’anglicisation de Montréal

Australie — La bulle des étudiants étrangers a éclaté (2020)

Les étudiants internationaux : nouveau vecteur d’anglicisation du Québec

Étudiants africains en France, étudiants français en Belgique

Ottawa accepte de plus en plus d’« étudiants » anglophones au Québec, de moins en moins de francophones

 

 

 

 

 

 

Ces autres Églises ou religions que l’ouverture à marche forcée à la modernité a… tuées

Juste avant les Journées mondiales de la jeunesse, le pape a confirmé sa volonté d’inscrire l’Église dans une vision qui ne soit plus conservatrice, mais progressiste et au diapason des évolutions de la société moderne. Cette tentative de réforme est doublement dangereuse pour l’Église selon Michel Maffesoli et Bertrand Vergely interrogés par Atlantico.

– Juste avant les Journées mondiales de la jeunesse, le pape a confirmé sa volonté de réformer l’Église, notamment, dans sa vision qui ne doit plus être conservatrice, mais progressiste et au diapason des évolutions de la société moderne ainsi que de transformations voulues comme « irréversibles ». Cet engagement progressiste est-il un progrès ou une dérive pour l’Église ?

Michel Maffesoli — Le pape François est un Jésuite, il a été formé dans cet ordre dont on sait que, de tradition, il considère que l’Église doit s’accorder au monde et non pas le monde à l’Église, ce qui était la conception traditionnelle de l’Église depuis les premiers siècles et qui l’a été tout au long des deux millénaires passés.  [Romains 12:2 « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. »]

Il n’est donc pas étonnant que ce pape cherche à réformer l’Église pour l’adapter à la société, pour qu’elle épouse les valeurs qu’il pense fondamentales de cette société.

Ceci dit, cette conception n’est pas nouvelle dans l’Église. La querelle « du modernisme » a couru tout au long des XIXe et XXe siècles. Cependant les réformes envisagées par le pape François et pour lesquelles il met en place une véritable stratégie de pouvoir, comme un politicien qui cherche à se faire réélire (ou faire élire un successeur du même bord que lui) vont plus loin qu’une acceptation du monde profane, comme cela a été le cas pour l’acceptation de la République, par Léon XIII, dans l’encyclique Rerum Novarum (1891) ; il cherche à faire évoluer l’Église pour que celle-ci se conforme aux valeurs modernes : démocratisation, banalisation du statut du clergé, indifférenciation des rôles masculin et féminin, etc.

Cette tentative de réforme est doublement dangereuse pour l’Église : d’une part elle parachève le mouvement de sécularisation, de désacralisation qui conduit à la fin de la religion catholique et d’autre part, paradoxalement, cette tentative d’adapter l’Église au monde est tout simplement anachronique : de fait le monde actuel ne correspond pas du tout à ce qu’imagine qu’il serait un vieil homme perdu encore dans le climat révolutionnaire et marxiste de sa jeunesse. Les catholiques, dans leur grande majorité cherchent dans l’Église une institution qui justement soit une alternative à un modernisme laïciste, politiste et rationaliste.

Bertrand Vergely — Quand le pape François parle de réformer l’Église en permettant l’ordination des hommes mariés et le diaconat des femmes, il plaît à bon nombre de catholiques en Europe. Quand, dans son encyclique Fratelli Tutti ! Tous Frères ! il parle d’amour universel, de fraternité, d’ouverture à l’autre, de partage, d’action sociale et politique, il dit exactement ce que les médias occidentaux, globalement à gauche, ont envie d’entendre. Quand, enfin, il appelle à ouvrir les frontières aux migrants, il dit exactement ce que la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon ainsi que toute une partie de la jeunesse adepte du No Borders, Plus de frontières, a envie d’entendre. Ainsi, dès qu’il parle modernisation, d’ouverture des frontières et d’amour universel, le pape réussit sa communication en étant reconnu comme bon pape parce que de gauche.

lundi 21 août 2023

Une cinémathèque idéale — Que regarder en famille de 5 à 16 ans ?

Laurent Dandrieu est rédacteur en chef de la rubrique culture pour l’hebdomadaire
Valeurs Actuelles. Auteur de nombreux ouvrages, il évoque dans nos « questions d’été » son ouvrage à paraître en septembre : un guide pour choisir des films à regarder en famille.
 
Regarder un film en famille est un moment privilégié pour s'amuser, s'émouvoir, s'émerveiller, réfléchir ensemble. Mais l'on peut se sentir perdu dans la masse considérable qui existe et ne pas êtretrès sûr de leur adéquation avec ses valeurs familiales et avec l'âge des enfants. Cet ouvrage pratique, rédigé par un critique cinéma reconnu, se propose d'aider les parents à faire le meilleur choix. Classé par genre (comédie, SF, religion, animation, etc.) et par tranche d'âge, chaque film est accompagné d'une petite notice qui en résume le contenu et en indique l'intérêt. Chaque genre est lui-même présenté avec une volonté permanente de synthèse et de clarté. Des encadrés apportent enfin quelques précisions sur des points bien précis. En résumé, un outil maniable conçu pour les parents, afin de les aider à enrichir toute la famille, les petits comme les grands.

— Après avoir déjà écrit un “Dictionnaire passionné du cinéma”, pourquoi avoir écrit cette “Cinémathèque idéale” ? 

— Il me semble qu’il manquait un guide des films spécifiquement dédié aux familles, leur permettant de s’orienter dans le dédale de la production cinématographique, en leur proposant des œuvres qui soient adaptées à un public familial. C’est-à-dire offrant un divertissement qui ne heurte pas les valeurs que les parents entendent transmettre à leurs enfants ou, plus positivement, qui permette à la famille de se rassembler autour d’œuvres suscitant la réflexion, ouvrant des débats, qui offrent un spectacle de qualité tout en présentant des enjeux moraux qui constituent autant de cas pratiques qui permettent de se poser la question de ce qui constitue une vie bonne et un comportement vraiment humain.

J’ai voulu aussi fournir une liste d’œuvres qui permette aux familles de se forger une solide culture cinématographique : car le cinéma fait partie intégrante de la culture générale, et j’ai toujours été surpris que des parents qui ne supporteraient pas, à juste titre, que leurs enfants ignorent tout de Balzac ou de Shakespeare, s’accommodent du fait qu’ils ne connaissent rien de John Ford ou de François Truffaut.

— La multiplication des écrans n’a-t-elle pas mis fin au visionnage de films en famille ?

— Il est certain que chacun est désormais tenté, par facilité, de regarder le film ou la série qui l’intéresse dans son coin, sans se préoccuper de ce que font les autres. Et c’est vraiment dommage, parce que se rassembler autour d’un écran permet de se forger une culture familiale commune, et donc de cimenter l’unité familiale ; et aussi de fournir des occasions de débats et de dialogues qui peuvent être extrêmement féconds. Cela permet aussi l’occasion aux parents d’éduquer le regard de leurs enfants, de leur apprendre à identifier les messages cachés, à ne pas prendre pour argent comptant ce que montrent les images et à les décrypter.

— Pouvez-vous nous donner un trio de tête des films à voir en famille ?

— C’est Mission impossible ! Il y aurait autant de réponses à donner que de familles différentes... Puisqu’il faut bien me lancer, je dirais la Nuit du chasseur de Charles Laughton, avec Robert Mitchum, qui est à la fois un passionnant thriller et un magnifique conte sur le mal et sur le manichéisme. Ce pourrait être aussi un parfait moyen d’initier les enfants qui y seraient rétifs au noir et blanc, tant il est ici mis au service d’une splendeur visuelle. Toujours en noir et blanc, je confesse une faiblesse pour Vacances romaines de William Wyler, avec Audrey Hepburn et Gregory Peck, parfait cocktail d’humour et de romance dans le cadre sublime de Rome. Pour varier les plaisirs, j’ajouterai l’Homme qui voulut être roi de John Huston, qui est à la fois un sublime film d’aventures et une belle réflexion sur les dangers de la démesure.

—  Quels films conseilleriez-vous à nos lecteurs pour cet été ?

— Pas grand-chose, malheureusement : le cinéma traverse ces temps derniers une période de vaches maigres, et plus encore le cinéma familial, qui a beaucoup reculé devant la montée en puissance sur les écrans du cynisme, de la violence et du sexe explicite. Oppenheimer, biopic du “père” de la bombe atomique par Christopher Nolan, est évidemment intéressant compte tenu de son sujet, mais c’est un film trop long et inutilement alambiqué. Le film le plus recommandable du moment me paraît être le nouveau Mission : impossible, qui a le mérite d’être un divertissement sans prétention, agrémenté d’une bonne dose d’humour et de glamour, avec de scènes d’action toujours aussi époustouflantes.
 
Une cinémathèque idéale,
de Laurent Dandrieu,
à paraître le 8 septembre 2023
aux éditions MAME,
256 pp,
ISBN-10 ‏ : ‎ 2741302685
 

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dimanche 20 août 2023

Fissures dans le consensus pro-immigration au Canada anglais

De la Presse, organe médiatique fortement subventionné pro-immigration et pro-Trudeau:
 
En mars, la firme Nanos mesurait un enthousiasme plus modéré. Seulement un sondé sur deux jugeait que le plan d’immigration du fédéral aurait un effet positif sur l’économie.

Au début août, Nanos est revenu à la charge avec une question plus précise. Que pensent les Canadiens de l’impact de l’immigration sur le logement ? Plus de deux répondants sur trois anticipaient un effet négatif.

Avec l’immigration, le réflexe est souvent de réfléchir en termes moraux. Les critiques trahiraient une forme de fermeture, et le repli identitaire serait particulièrement présent chez les nationalistes conservateurs québécois.

Ce portrait mérite d’être nuancé.

D’abord, Nanos ne mesure pas de différence significative entre le Québec et la moyenne canadienne. Les Ontariens (34,4 %) et les Britanno-Colombiens (33,1 %) sont au moins aussi susceptibles que les Québécois (31,4 %) de vouloir limiter le nombre de nouveaux arrivants. Et ce, même si leur langue officielle n’est pas fragilisée. [D'autres instituts mesurent nettement plus de réticences envers l'immigration de masse, voir les liens connexes.]

Ensuite, ces réserves découlent en partie d’un problème objectif, celui du logement.
 
Nouvelles maisons à vendre dans le quartier historiquement (il y a très longtemps) francophone de Saint-Vital à Winnipeg, mises en vente à 463.920 $ (paiement mensuel typique de 2.753 $)

L’immigration n’est pas la principale cause de la pénurie de logements. L’offre manque à cause des taux d’intérêt, de la pénurie de main-d’œuvre et de la réglementation – surtout municipale – qui rend les projets plus longs et plus coûteux à construire. Et ceux qui en souffrent le plus sont justement les nouveaux arrivants eux-mêmes.

Mais même si l’immigration n’est pas la grande responsable de la crise, elle n’aide certainement pas à la régler. On ne compte plus les rapports d’économistes qui le démontrent.

Le ratio de logement par habitant est à son plus bas depuis 40 ans. Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement, il faudrait plus que doubler le rythme de construction actuel. Soit ajouter 5,8 millions de logements au marché d’ici 2030, au lieu des 2,3 millions prévus.

La Banque TD évalue que la politique d’immigration creusera cet écart. Le gouvernement Trudeau devrait réexaminer ses cibles, recommande la Banque Nationale.

Des politiciens commencent aussi à poser des questions, y compris ceux plus à gauche comme le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique. Le secrétaire général de la province a affirmé que l’immigration nuisait au logement, et le premier ministre David Eby a repris son analyse.

Même un quotidien favorable au multiculturalisme comme le Globe and Mail a fait part de ses réserves dans un éditorial ainsi que dans un dossier sur les défis de l’immigration pour les infrastructures.

Lors du dernier remaniement ministériel, Justin Trudeau a nommé son ami Marc Miller ministre de l’Immigration. Celui-ci a répété des arguments maintes fois contredits par la recherche économique, en prétendant que l’immigration aurait un impact majeur pour réduire la pénurie de main-d’œuvre, freiner le vieillissement de la population et même diminuer la pénurie de logements.

C’est dans ce contexte que l’immigration devient soudainement un sujet de débat d’un océan à l’autre.

La preuve, le chef conservateur, Pierre Poilièvre, a jugé que la cible libérale était « idéologique », sans toutefois promettre de la réduire.


Source: La Presse 
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samedi 19 août 2023

Ce traité toujours en vigueur qui favorise l’immigration des Algériens en France: l'héritage secret du général De Gaulle

L’accord du 27 décembre 1968, qui facilite l’immigration des Algériens en France, a eu raison de ce qui avait été le cœur de la politique algérienne du général de Gaulle : éviter la submersion de la France par l’immigration. Extrait du Figaro Histoire.

Alors que se succèdent crises et rebondissements dans les relations franco-algériennes sous l’égide d’Emmanuel Macron et de son homologue Abdelmadjid Tebboune, l’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, a jeté en mai dernier un pavé dans la mare en révélant, dans une note destinée à la Fondapol (Fondation pour l’innovation politique), l’existence d’un traité international dont l’opinion française ignorait tout : celui qui lie depuis le 27 décembre 1968 la France à la République algérienne et institue pour ses ressortissants un système préférentiel de séjour et d’immigration.

De Gaulle en Algérie, décembre 1960


Destiné à favoriser l’immigration de travailleurs algériens en France, celui-ci a institué en effet un titre de séjour qui leur est propre et qui n’a jamais été, à ce jour, remis en question : le certificat de résidence administrative, valable dix ans pour tout immigré algérien titulaire d’un visa de plus de trois mois ; il a dans le même temps facilité pour les mêmes Algériens le regroupement familial en les dispensant de l’exigence d’intégration dans la société française. Permettant aux étudiants de transformer leur visa en titre de séjour permanent, il prévoit en outre la régularisation de tout Algérien sans papier pouvant attester de dix ans de résidence en France, ou de son mariage avec un conjoint français. Toutes dispositions exorbitantes du droit commun, mais impossibles à changer par la loi puisque, en vertu de la hiérarchie des normes, les traités internationaux, dans l’ordre juridique français, l’emportent sur la législation.

Le pays a dès lors appris avec stupeur que les lois françaises successives sur l’immigration ne concernaient jamais les Algériens, alors même qu’ils constituent la première nationalité étrangère en France.

« Les contestations juridiques du programme [ECR] ont miné la confiance du public »

Georges Leroux est un des pères du programme contesté d’éthique et de culture religieuse (ECR) qui a été imposé (pardon « offert ») aux élèves du Québec en 2008, qu’ils soient inscrits dans des écoles publiques ou privées. Le tout censément afin d’imposer le respect de la « diversité » en forçant l’enseignement d’un programme unique gouvernemental à la place de la diversité de programmes préexistants : catholiques, protestants ou laïques. Ce professeur militant a été jusqu’à défendre ce programme « audacieux » plusieurs fois devant les tribunaux.

Il reconnaît dans les colonnes du Devoir que la stratégie des parents de contester ce programme en justice a porté ses fruits malgré les ressources importantes de l’État québécois pour imposer ECR.
Les multiples contestations juridiques du programme ont miné la confiance du public, selon lui. « Ça nous a fait perdre beaucoup de temps. Ça a donné l’impression que quelque chose n’allait pas dans cette maquette-là », dit-il.
Le même article du Devoir relate ces propos de Mireille Estivalèzes de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal :
La professeure est convaincue que ce programme faisait l’affaire de la majorité silencieuse. Elle reconnaît qu’il a été contesté de toutes parts — y compris jusqu’en Cour suprême —, pour les mauvaises raisons, selon elle. Les catholiques le trouvaient trop multireligieux, les religieux le trouvaient trop laïque, les athées le trouvaient trop religieux, les nationalistes identitaires y voyaient une promotion du multiculturalisme à la Trudeau…
Il s’agit apparemment d’une croyance qui relève de la foi, car Mme Estivalèze ne fournit aucune preuve alors que, d’une part, mécontenter les catholiques, les religieux, les athées et les nationalistes cela fait beaucoup de monde et, d’autre part, que plusieurs sondages ont montré que la majorité des parents — malgré la propagande gouvernementale et médiatique en faveur du programme ECR — n’appuyait pas l’imposition de ce programme contesté.

54 % contre l’imposition du programme ECR

En octobre 2008, un autre sondage Léger-Marketing indiquait que 72 % des Québécois étaient en accord avec cette proposition : « Seriez-vous d’accord pour que les parents aient le choix entre l’enseignement religieux confessionnel et le cours d’éthique et de culture religieuse ? » Enfin, en mai 2009, la même question à nouveau posée par Léger-Marketing recueillait désormais 76 % d’appui dans la population (voir les résultats du sondage). Ces deux sondages n’ont été publiés par aucun journal québécois alors que tous ont reçu un communiqué portant sur ceux-ci.

On a aussi l’impression que Mme Estivalèzes pense que les opposants ne pouvaient tous avoir raison en même temps (et donc que les critiques étaient infondées). Or, le même programme peut être trop relativiste, trop multiculturaliste, trop multireligieux et trop teinté de vague religiosité en même temps selon la perspective propre de chaque parent, car les parents ont diverses perspectives. Et c’est pourquoi ce carnet a toujours milité pour rendre ce programme optionnel ou l’éliminer.

Mme Estivalèzes affirme encore que « le programme d’ECR présentait les religions comme un sujet d’étude et n’avait rien à voir avec du prosélytisme ». Si elle prétend par là que le programme ECR ne présentait que des faits sur les religions, qu’il était neutre, froid et encyclopédique, elle est contredite par Georges Leroux qui le dit très clairement : « Dans l’univers très riche des programmes formulés selon des compétences, nous ne travaillons pas à partir de contenus prédéterminés : les jeunes ne recevront pas dans ce programme des connaissances encyclopédiques sur telle ou telle religion, ou doctrine morale ». L’important dans le programme ÉCR, ce sont les « compétences » et les « visées éducatives ».

Quelles sont ces visées éducatives ? Selon le rapport Proulx (p. 90) qui a servi de base théorique à l’imposition de ce programme, il s’agit de développer « l’ouverture et la tolérance ».  Dans le programme, l’accent était mis sur les « attitudes » et les « comportements » que les enfants doivent adopter à l’égard de la diversité religieuse, et non sur la transmission de connaissances, car ces connaissances ne faisaient même pas partie du programme comme tel, mais elles n’étaient qu’au strict service des compétences d’ouverture à la diversité.

Voir aussi
 
 
 
 
 
 
  
 
 
 
 
 


















 

vendredi 18 août 2023

Pour le gouvernement québécois, le sexe est une catégorie sociale, la biologie abolie

Comme d’habitude, les réformes du gouvernement (même censé être de droite ou du moins centriste) sont l’occasion d’un détournement par les coteries les plus militantes à gauche.


Source : programme du primaire et du secondaire

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Cours d’éducation à la sexualité, l’imposition de la théorie du genre est cruciale…

Québec — Cours d’éducation à la sexualité ou comment endommager une génération en une seule prise…

Unanimisme — L’Assemblée nationale se porte à la défense des travelos lecteurs de contes pour enfants

Ministre de la condition féminine défend hommes trans et annonce dépenses de 0,8 million $. Et « vos yeules ! » 

La « personne » enceinte — Loi sur les normes du travail du Québec, article 81.4 (oui, oui, sous la CAQ)

François Legault : « Notre société doit peut-être donner un petit peu moins de pouvoir au parent biologique »

DPJ — acharnement et impunité de la DPJ. Qui protège les parents contre la DPJ ?

Projet de loi 15 du Québec — les parents de plus en plus évincés par l’État comme protecteur de l’intérêt de l’enfant   

Les batailles pour « déconstruire » les normes se livrent dans tous les domaines, y compris à l’école

DPJ utilisée pour harceler les parents-éducateurs à la maison

Québec — contrairement aux promesses électorales, un record d’immigrants (plus de 100 000/an) [m à j]