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lundi 28 septembre 2026

Les catholiques ou la nouvelle élite qui vient ?

Version courte—  Chantal Delsol voit dans les catholiques français une minorité désormais très réduite, mais particulièrement fervente, nombreuse en enfants et soucieuse de leur éducation, qui pourrait ainsi constituer une part importante de l’élite de demain. Face à l’affaissement de l’école républicaine, elle imagine une société très clivée entre une petite élite éduquée et exigeante, où les catholiques seraient surreprésentés, et une majorité beaucoup moins instruite. Texte publié dans Valeurs actuelles.

Nous savons que les deux pays les plus athées d’Europe sont la Tchéquie et la France – peut-être parce que ce sont les plus horriblement marqués dans le passé par les guerres de Religion. Mais au moment où le christianisme s’efface drastiquement dans le vieux continent depuis un demi-siècle, la France se singularise par l’émergence et le déploiement, depuis le début de ce siècle, d’une minorité catholique vivante, énergique et même bruyante (que les catholiques des pays voisins nous envient). Les vastes Manif pour tous, dont les médias ont bien sûr minimisé l’ampleur, attestaient d’une présence catholique militante, et les multiples associations, la présence de médias spécifiques, le pèlerinage de Chartres, la résistance des “talas” [« trotskystes, anarchistes, libertaires »] dans l’enseignement supérieur, tout concorde pour signaler que si les catholiques sont désormais ultra-minoritaires, ils existent et avec force. Les messes (autrefois pleines de femmes dont les maris étaient au bistrot), sont pleines de jeunes qui s’agenouillent sur les dalles pour pallier l’absence des prie-dieu, dégagés dans les années 1970 : il ne s’agit pas d’une religion qui s’évanouit en ne laissant que quelques vieillards égarés. La relève est là, fervente.

Cette relève est très réduite en nombre. Et pourtant : aujourd’hui les familles catholiques, pratiquement les seules familles nombreuses [note du carnet: parmi la population autochtone, mais pas parmi les familles issues de l'immigration], appartiennent à l’élite (contrairement à la sociologie d’autrefois, où c’étaient les pauvres qui étaient catholiques). Et, comme une élite peut le faire, ils éduquent leurs enfants. Je veux dire : ils se sacrifient pour l’éducation, ils surveillent l’addiction aux réseaux, ils font des kilomètres pour emmener l’enfant chez les scouts, ils cherchent l’école exigeante et pour cela se serrent la ceinture, ils font réciter les leçons et les expliquent, ils exigent le respect des professeurs, ils interdisent les gros mots, ils apprennent à arriver à l’heure, ils expliquent inlassablement que l’IA ne peut pas remplacer la pensée personnelle, j’en passe et tout le monde comprend.

Et tout cela est devenu une rareté : l’école française en témoigne, où les élèves peuvent venir quand ça leur chante, injurier leurs enseignants, ridiculiser la langue de Molière et finalement sortir des couteaux. Après la tornade de Mai-68 puis l’enseignement de la déconstruction, le niveau d’instruction et d’éducation est aujourd’hui si bas que l’employeur, las de voir des candidats tous munis d’un diplôme devenu sans valeur, embauche celui qui arrive à l’heure au premier rendez-vous et se trouve capable de saluer convenablement. Le niveau lamentable de l’école nous prépare un pays partagé en un immense peuple d’analphabètes, rivés à leurs réseaux, et une toute petite élite suréduquée.

Autrement dit, et on peut le regretter parce que ce n’est pas la culture française, l’école républicaine qui rendait possible l’émergence de Camus laissera place à une société très clivée entre les quelques-uns et les nombreux, comme disait Platon, un type de société qu’on peut trouver en Amérique latine ou récemment encore en Europe de l’Est. La minuscule aristocratie pleine de ressources sera composée essentiellement de catholiques – non parce qu’ils sont meilleurs que les autres, mais parce qu’ils ont envahi l’élite éduquée. Pour imaginer le pouvoir d’une ultraminorité éduquée et fervente, il suffit de se rappeler le rôle des trotskistes en 1968. Je ne sais pas si le catholicisme reprendra un jour une influence comparable, mais si c’est le cas, cela commencera par l’éducation.

Données récentes. L’enquête Ifop-Bayard–La Croix menée en 2025 auprès de 2 159 catholiques « engagés » décrit un noyau de pratiquants réguliers qui est à la fois plus jeune et plus diplômé que les catholiques occasionnels, et qui compte davantage d’étudiants. La transmission familiale y joue aussi un rôle majeur : 64 % des pratiquants réguliers ont grandi dans un foyer où les parents allaient régulièrement à la messe, contre 37 % des occasionnels. Ce noyau demeure en outre plus familial : 10 % des pratiquants hebdomadaires ont quatre enfants ou plus, contre 5 % des occasionnels. Les études démographiques portant sur les générations plus anciennes avaient déjà mis en évidence un écart beaucoup plus marqué : les catholiques pratiquantes nées en 1960-1965 avaient en moyenne 2,6 enfants, contre 2,0 pour les catholiques non pratiquantes et 1,7 pour les femmes sans religion. On ne peut évidemment pas transposer ce 2,6 aux générations actuelles, mais la persistance d’un gradient entre pratique religieuse et taille des familles est bien documentée. Enfin, les choix scolaires vont dans le même sens : en 2025, seuls 48 % des parents catholiques pratiquants souhaitaient scolariser leur enfant dans le public, contre 73 % des parents dans l’ensemble.

jeudi 9 juillet 2026

Maire français au sujet d' une école catholique : « Je l'aurais fermée deux fois plus » [qu'une école musulmane]

En assistant à une réunion publique au Grand Orient de France, consacrée à l'éducation, Anne Coffinier a pu constater la vigueur de l'anticléricalisme qui y persiste.

Le maire de Raismes (dans le département du Nord) y expliquait, non sans fierté, avoir fait fermer une école musulmane qu'il jugeait islamiste. Lorsqu'une personne de l'assemblée lui a demandé ce qu'il aurait fait s'il s'était agi d'une école catholique, sa réponse a fusé : « Je l'aurais fermée deux fois plus. » Et toute la salle applaudit.

Une scène édifiante, qui en dit long sur le rapport très inégal de certaines institutions à la religion : autant (voire plus) de zèle à traquer l'influence catholique qu'à combattre un certain islamisme.


lundi 29 décembre 2025

Critique du documentaire Sugarcane, Les Ombres d'un pensionnat (2024)

Le documentaire Sugarcane, a été sélectionné, au début 2025, dans la catégorie des meilleurs documentaires pour les Oscars. Ce film se veut une enquête sur les abus et les disparitions d'enfants dans le pensionnat Saint Joseph de Williams Lake en Colombie-Britannique. Il a bénéficié d'une « critique » dithyrambique. Selon un chef amérindien, il devrait être diffusé dans les écoles du Canada.

Pourtant, selon l'auteur Michelle Stirling dans
Dead Wrong, ce documentaire comporte de nombreuses omissions et erreurs factuelles, dont les plus flagrantes nuisent à l'intégrité de l'enquête menée dans le film. Nous reproduisons ici sa recension de ce documentaire. Elle a également produit un contre-documentaire à Sugarcane visible sur Youtube. Nous l’incrustons dans le corps de cette critique. 

Sugarcane
, un film canadien magnifiquement tourné, a été en lice pour l'Oscar du meilleur film documentaire aux Oscars [gala tenu en mars 2025], prix qu'il n'ait pas gagné. Il a déjà remporté de nombreux autres prix, dont deux Critics Choice Awards 2024 et le prix du meilleur réalisateur de documentaire au Festival du film de Sundance. Il a également reçu des critiques élogieuses de la part de publications internationales telles que le New York Times, Variety, The Guardian et le Christian Science Monitor. Sur le site Rotten Tomatoes, il obtient une note parfaite de 100 % sur le Tomatomètre des critiques certifiés et une note exceptionnelle de 82 % auprès des spectateurs. Lors d'une projection privée à la Maison Blanche en décembre, l'ancien président américain Joe Biden en a fait l'éloge.

Affiche du « documentaire »
Malgré son accueil mondialement favorable, peu de Canadiens ont vu le film à ce jour. Après ses débuts nationaux en août au Festival international du film de Toronto, Sugarcane a fait le tour du pays avec très peu de projections dans des festivals de cinéma et une sortie en salles limitée. Avant sa nomination aux Oscars, il n'avait reçu qu'une couverture médiatique modeste au Canada, notamment dans le Globe and Mail et la CBC. Certains critiques le considèrent comme l'un des favoris pour remporter un Oscar et il semblait que Sugarcane pourrait bien bénéficier d'une attention beaucoup plus grande dans son pays d'origine. National Geographic a acquis les droits de distribution du film, qui est désormais disponible en ligne sur Disney+ et Hulu.

Ce qu'il faut savoir

Pour ceux qui s'interrogent sur le titre, il fait référence à la petite réserve indienne de Sugarcane, près de Williams Lake, en Colombie-Britannique, qui abrite la Première Nation de Williams Lake et le pensionnat indien de Cariboo, communément appelé la mission Saint-Joseph. Ce film est une nouvelle tentative pour culpabiliser les Canadiens et leur faire ressentir une honte profonde face au traitement réservé aux élèves autochtones dans les pensionnats. La critique du Globe and Mail, par exemple, est intitulée « Le documentaire délicatement révoltant Sugarcane explore en profondeur la douleur du système des pensionnats indiens au Canada ».

Le film est révoltant, mais pas dans le sens où l'entend le journal. Malgré son statut de documentaire sélectionné aux Oscars et soutenu par le National Geographic, l'ensemble du film doit être considéré comme un assemblage habilement orchestré de désinformation et de manipulation, avec une multitude de faits essentiels passés sous silence. Les spectateurs ne doivent accorder que très peu de crédit à ce qu'ils pensent voir.

Cela n'est nulle part plus évident que dans la fin du film, lorsqu'un texte à l'écran déclare : « L'enquête en cours à la mission Saint-Joseph a révélé un schéma d'infanticide » et qu'un personnage clé du film « est le seul survivant connu de l'incinérateur de l'école ». Ces deux affirmations semblent horribles. La première est fausse. La seconde signifie quelque chose de tout à fait différent de ce qu'elle semble indiquer.

Sugarcane est peut-être beau à regarder, mais il n'a pas sa place dans la catégorie du meilleur documentaire. Il doit plutôt être considéré comme une calomnie à l'égard de l'histoire canadienne, du Canada moderne et – cible la plus facile de toutes – de l'Église catholique.

dimanche 21 décembre 2025

Chili : la recomposition de la droite

La nette victoire de José Antonio Kast à l’élection présidentielle chilienne marque un tournant politique à Santiago et s’inscrit dans un mouvement plus large de recomposition des droites en Amérique latine.

Le président chilien élu, José Antonio Kast, et son épouse, Maria Pia Adriasola, devant la cathédrale de Santiago, après avoir assisté à la messe, le 19 décembre 2025.

Costume sombre et cravate rouge, José Antonio Kast a conduit une campagne axée sur les thèmes de la sécurité, de l’immigration et du redressement économique. Son discours a trouvé un écho auprès d’une partie de l’électorat, lassée par quatre années de gouvernement progressiste marquées, selon ses critiques, par des réformes inabouties, des tensions institutionnelles et un ralentissement de l’activité économique. Ces préoccupations ont été accentuées par la hausse de la criminalité : d’après les statistiques officielles, le taux d’homicides est passé de 2,5 à 6 pour 100 000 habitants en une dizaine d’années, tandis que les enlèvements ont atteint 868 cas l’an dernier, soit une augmentation de 76 % par rapport à 2021.

Au cours de ses derniers meetings, le candidat du Parti républicain a fait de la lutte contre le crime organisé et le narcotrafic une priorité, appelant à un « gouvernement d’urgence » et à un contrôle renforcé des frontières afin de lutter contre l’immigration illégale.

Cette lecture est partagée par certains acteurs de la droite chilienne. Johannes Kaiser, fondateur du Parti national libertarien, arrivé quatrième au premier tour, attribue en partie la dégradation de la sécurité à l’arrivée massive de migrants vénézuéliens ces dernières années. Selon lui, si la majorité a fui la crise politique et économique de leur pays, des réseaux criminels transnationaux auraient également profité de cette situation, dans un contexte d’accueil jugé trop permissif par l’ancien gouvernement.

Une réaction au progressisme

Âgé de 59 ans, catholique pratiquant et père de neuf enfants, José Antonio Kast incarne une droite conservatrice sur les plans sociétal et économique. Admirateur déclaré de l’économiste Milton Friedman, il se positionne à l’opposé de Gabriel Boric, président sortant de 39 ans, élu en 2021 dans le sillage des grandes mobilisations sociales de 2019. Ces manifestations, connues sous le nom d’estallido social, avaient porté des revendications liées aux inégalités, aux droits sociaux, à l’égalité des genres et à la dénonciation des violences sexuelles.

L’élection de Gabriel Boric avait alors été perçue comme un renouveau pour une gauche latino-américaine en perte de repères depuis la disparition d’Hugo Chávez et l’évolution autoritaire du régime vénézuélien. Le Chili semblait tourner la page de la période pinochetiste pour renouer avec une mémoire plus favorable à l’héritage d’Allende.

Pour Carlos Ominami, ancien ministre de l’Économie au début des années 1990, ce cycle s’est toutefois refermé. Il estime que la gauche au pouvoir n’a pas su répondre aux attentes sociales, privilégiant des thématiques culturelles et sociétales (le « wokisme ») au détriment des enjeux économiques et populaires. Selon lui, la droite bénéficie également du soutien d’une génération plus jeune, qui n’a pas connu directement la dictature militaire.

Une victoire nette

Déjà candidat malheureux en 2022, José Antonio Kast s’est cette fois imposé avec 58 % des voix face à Jeannette Jara, candidate soutenue par le Parti communiste chilien, qui a recueilli 42 %. Ses soutiens présentent Kast comme un représentant d’une droite classique, tandis qu’ils soulignent l’ancrage idéologique de son adversaire à gauche de l’échiquier politique.

Selon Johannes Kaiser, Jeannette Jara était une candidate communiste « dans la plus pure tradition marxiste-léniniste ». « Kast est un homme de droite classique, pas un fasciste comme ils disent. En revanche, Madame Lara s’est dite du centre gauche pendant toute la campagne alors qu’il y a quelques mois encore, elle était militante active du Parti communiste chilien, soutien des régimes cubains et vénézuéliens, et entretenait de très bonnes relations avec les terroristes révolutionnaires des FARC colombiens. »

Un mouvement continental

Au-delà du Chili, cette alternance s’inscrit dans une dynamique régionale. Pour la politologue Renée Fregosi, José Antonio Kast a pris soin d’éviter toute apologie explicite de la dictature de Pinochet, se concentrant sur des thèmes contemporains. D’autres analystes, comme l’Argentin Nicolás Márquez, voient dans cette victoire un effet comparable à celui observé en Argentine avec Javier Milei, illustrant selon eux l’épuisement des modèles politiques issus du « socialisme du XXIᵉ siècle ».

Cette évolution s’accompagne d’un rapprochement de plusieurs gouvernements latino-américains avec les États-Unis, dans un contexte de rivalités géopolitiques accrues avec la Chine et la Russie. Le renforcement de la coopération sécuritaire et diplomatique américaine dans la région en est l’un des signes.

Enfin, l’attribution récente du prix Nobel de la paix à l’opposante vénézuélienne María Corina Machado, en présence de plusieurs dirigeants de droite du continent, a été interprétée par ses partisans comme un symbole de cette nouvelle phase politique en Amérique latine, marquée par le retour de forces libérales et conservatrices se réclamant d’un ancrage pro-occidental.

vendredi 7 novembre 2025

École catholique subventionnée en France : un enseignant doit-il pouvoir prier en classe avec ses élèves ?


Pour Anne Coffinier, présidente de Créer son école, les établissements catholiques sous contrat sont aujourd’hui menacés dans leur identité même. Face à une offensive politique et idéologique, elle défend le droit de ces écoles à rester fidèles à leur caractère propre, tel que garanti par la loi Debré. Son texte paru dans Famille chrétienne est repris ci-dessous.

Le temps n’est pas au beau fixe pour les écoles catholiques sous contrat, qui sont sous le feu des critiques croisées de l’extrême gauche et des milieux anticléricaux traditionnels. Il faut dire que la baisse de la population scolaire alimente ce regain de tension : il suffit actuellement de quelques élèves en moins pour qu’une classe voire une école publique ferme. Dans ce contexte de pénurie d’élèves, les défenseurs de l’école publique sont tentés de faire de l’école catholique sous contrat un bouc-émissaire. À lire aussi

Tout en tenant bon sur ce qui le différencie, l’Enseignement catholique doit trouver les outils pour rejoindre les élèves sur les questions actuelles.


Des contrôles à charge 
 
Au lendemain du scandale des abus sexuels dans l’Eglise mis en exergue par la CIASE en 2021 puis de son pendant dans l’Enseignement catholique cette année, notamment avec l’affaire Bétharram, les tenants et acteurs de l’école catholique rasent les murs et les ennemis historiques de l’école catholique mettent à profit ce moment favorable, ce kairos, pour mener leur guerre scolaire. Le député LFI Paul Vannier est l’emblème de cette offensive acharnée qui touche autant au financement de l’école catholique qu’à la nature des libertés spécifiques qui font la force et, au fond, la raison d’être de ces écoles catholiques. 

C’est ainsi que des contrôles « à charge » se sont abattus sur de nombreux établissements catholiques sous contrat partout en France, sans même que le cadre juridique de ces contrôles n’ait été préalablement fixé. Les inspecteurs de l’Éducation nationale manquent cruellement de culture de ce qu’est une école libre avec des classes sous contrat. La loi Debré de 1959 n’est pour eux qu’un vague souvenir et la plupart d’entre eux sont enclins à nier le droit au respect du caractère propre des écoles catholiques, vu qu’ils ont oublié la raison d’être de sa sanctuarisation constitutionnelle. 
 
Le droit de prier, pas l'obligation 
 
Mais de quoi s’agit-il ? Le caractère propre est reconnu par la loi Debré, qui est la loi voulue par le général de Gaulle pour organiser la place des écoles catholiques dans le paysage éducatif français. Les classes qui ont passé le contrat avec l’État doivent admettre les enfants de toutes origines et ne pas les contraindre à poser des actes de foi personnels (c’est ce qu’on appelle le respect de la liberté de conscience), et respecter les programmes scolaires définis par l’Éducation nationale dans le cadre des heures financées par l’État pour les dispenser. En échange de cela, les classes sous contrat reçoivent un financement total de leurs enseignants, et doivent percevoir une couverture de leurs frais de fonctionnement équivalente à celle que perçoivent les écoles publiques du même territoire.

Mais ces classes ont aussi droit au respect de leur caractère propre dans toutes les dimensions de la vie de l’établissement y compris l’enseignement des matières scolaires, et ce point est capital. Elles peuvent organiser des cours d’instruction religieuses obligatoires et des cours de catéchisme (ou éveil à la foi) facultatifs. Les enseignants du privé sous-contrat ne sont pas soumis au principe de neutralité des fonctionnaires (qu’ils ne sont pas) et encore moins à celui de la laïcité. Les enseignants, s’ils le souhaitent et dans le respect de leur liberté de conscience, ont ainsi le droit – pas l’obligation !- de prier et de faire prier les élèves en classe. 
 
Un enrichissement précieux

Ces prières sont brèves et il est aisé de compenser le temps en empiétant sur la récréation pour ne pas mordre sur le temps des cours imposés et financés par l’État. Ceux qui ne veulent pas prier doivent avoir tout loisir de s’en dispenser, rêver, lire à la place…. Ce n’est en tout état de cause pas un drame d’entendre une prière voire d’assister à une cérémonie religieuse, dès lors que ces familles ont choisi sciemment une école catholique. N’est-ce pas l’occasion d’un enrichissement culturel précieux ou d’une pause méditative bienvenue, dès lors qu’on ne contraint évidemment pas l’enfant à prononcer des prières, se confesser, communier, ou à poser des actes publics de foi ? L’ampleur des difficultés de l’Éducation nationale doit pousser ses protagonistes et défenseurs à concentrer tous leurs efforts sur son relèvement, au lieu de regarder dans l’assiette du voisin et de mener une guerre d’arrière-garde contre les libertés de l’enseignement libre ! 

lundi 29 septembre 2025

Le mariage entre cousins germains au Royaume-Uni : la santé publique cède-t-elle au calcul électoral ?

Alors que le député conservateur Richard Holden dénonce avec vigueur la « complaisance » du NHS envers les mariages consanguins, le gouvernement de Keir Starmer reste silencieux. Pourtant, les chiffres sont éloquents : à Bradford, ville du nord de l’Angleterre, où près de 50 % des unions au sein des communautés indo-pakistanaises sont endogames, 700 à 800 enfants naissent chaque année avec des maladies génétiques graves, liées à cette pratique. Malgré l’urgence sanitaire, le Parti travailliste, soucieux de préserver ses circonscriptions à forte population sud-asiatique (il a remporté les 4 circonscriptions électorales de Bradford en 2024), semble préférer l’immobilisme à l’action. 

Un débat notamment relancé par des directives controversées du NHS

En septembre 2025, le Programme d’éducation génomique du NHS a publié des directives soulignant, de manière pour le moins surprenante, les « avantages non médicaux » des mariages entre cousins germains.  Parmi ceux-ci figurent des arguments socio-économiques, comme la stabilité financière des familles ou le renforcement des liens communautaires. Étonnant pour un service de santé national qui sortait ainsi de ses prérogatives. Une approche qui, loin de rassurer, a suscité l’indignation. Comme l’a rappelé le député conservateur Richard Holden dans les colonnes du Mail on Sunday, « le rôle du NHS n’est pas de promouvoir des pratiques culturelles, mais de protéger la santé des citoyens ».

Des risques de maladies bien réels

Les risques sont bien réels : les enfants issus de ces unions ont deux fois plus de risques de développer des pathologies graves (drépanocytose, thalassémie, mucoviscidoses, malformations congénitales) que ceux nés de parents sans lien de parenté. Chez ces enfants, 4 à 6 % des naissances sont affectées par ces pathologies, contre 2 à 3 % dans la population générale.  Le risque de 2-3 % concerne les maladies récessives graves ou modérément sévères détectables à la naissance ou dans les premières années (ex. : mucoviscidose, drépanocytose, phénylcétonurie). Cela exclut les maladies plus rares ou à apparition tardive (p. ex. : certaines formes de cancer d'origine génétique). Ces maladies peuvent nécessiter des soins intensifs, des hospitalisations fréquentes ou des traitements coûteux (ex. : thérapies géniques émergentes comme Trikafta pour la mucoviscidose). Des chiffres qui semblent relégués au second plan au profit d’une approche relativiste, où la santé des enfants est subordonnée à des considérations identitaires ou électoralistes.

Selon une étude de 2010 de l’Université de Bradford, environ 25-30 % des mariages dans les communautés britanniques d’origine pakistanaise et bangladaise sont entre cousins germains. Les taux sont plus élevés dans certaines villes comme Bradford, Birmingham ou Manchester, où les communautés sud-asiatiques sont concentrées. À Bradford, jusqu’à 50 % des mariages dans ces communautés peuvent être consanguins. 

Un gouvernement travailliste en difficulté, pris entre deux feux

Keir Starmer, dont le parti est en chute libre dans les sondages, se trouve face à un dilemme. D’un côté, une partie de l’électorat britannique, toutes origines confondues, soutiendrait une interdiction de ces mariages, comme le suggère le député Richard Holden. De l’autre, des circonscriptions clés, où les communautés sud-asiatiques sont majoritaires, pourraient lui reprocher une mesure perçue comme stigmatisante.

Le Premier ministre paraît préférer temporiser, proposant des mesures d’accompagnement (conseil génétique, dépistage) sans remettre en cause la légalité de ces unions. Une position que ses détracteurs qualifient de « lâcheté », d’autant que des pays comme la France ont depuis longtemps choisi l’interdiction, avec des résultats tangibles en matière de réduction des risques génétiques.

L’héritage occidental : une leçon ignorée ?

Contrairement à une idée reçue, l’interdiction des mariages consanguins n’est pas une invention moderne. Dès le Moyen Âge, l’Église catholique avait instauré des règles strictes pour éviter les risques génétiques, façonnant ainsi une Europe où ces unions sont devenues marginales.

Les cartes présentées ici illustrent l’impact historique de l’influence de l’Église médiévale sur les pratiques matrimoniales et leurs conséquences sociales à travers le monde. 


Carte A : Exposition à l’influence de l’Église médiévale.

Cette carte mesure la durée d’exposition à l’autorité de l’Église catholique médiévale, en années, dans différentes régions. L’Europe occidentale (notamment la France, l’Italie, l’Allemagne) et une partie de l’Amérique du Nord (par l'apport d'Occidentaux) affichent une exposition prolongée, allant de 861 à 1000 ans, reflétant une domination ecclésiastique marquée depuis le Haut Moyen Âge. En revanche, des régions comme l’Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient, l’Inde et une grande partie de l’Asie du Sud-Est sont largement exemptes de cette influence prolongée, avec une exposition nulle ou très limitée (0 à 30 ans), en raison de l’absence d’implantation durable de l’Église catholique dans ces zones.

Contexte historique de l’interdiction des mariages consanguins

Cette exposition a coïncidé avec les politiques matrimoniales de l’Église catholique, qui a commencé à interdire les mariages consanguins dès le IVe siècle, une règle confirmée au Moyen Âge (notamment par le Concile de Latran IV en 1215). Ces interdictions limitaient les unions jusqu’au quatrième degré (voire le 7e degré) de parenté (incluant les cousins germains) sans dispenses papales, visant à promouvoir l’exogamie et à réduire les structures claniques. Les régions fortement influencées par l’Église ont donc été soumises à cette régulation, tandis que celles en étant exemptes ont conservé des pratiques d’endogamie plus marquées.

Carte B : Intensité de la parenté (indice de consanguinité)

En contraste, la carte B révèle une intensité de parenté élevée (indice de consanguinité) dans les régions non influencées par l’Église médiévale. L’Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient, l’Inde et certaines parties de l’Asie du Sud-Est affichent des taux élevés (zones rouges), indiquant une forte prévalence de mariages consanguins, notamment entre cousins. Ces zones, exemptes de l’influence normative de l’Église, ont maintenu des traditions d’endogamie, favorisant les unions au sein de cercles familiaux étroits pour des raisons sociales, économiques ou culturelles.

(cliquer pour agrandir)


Graphiques A, B et C : Corrélations sociales

Les graphiques (A, B, C) établissent des liens statistiques entre la fréquence des mariages consanguins et des traits sociaux :  
  • Graphique A : Une corrélation négative significative (-0,54, p < 0,001) entre le taux de mariages consanguins et l’individualisme, suggérant que les sociétés pratiquant l’endogamie tendent à valoriser la collectivité familiale au détriment de l’autonomie individuelle.  
  • Graphique B : Une corrélation positive significative (0,71, p < 0,001) entre les mariages consanguins et la conformité-obéissance, indiquant que ces sociétés privilégient l’adhésion aux normes familiales et sociales.  
  • Graphique C : Une corrélation négative significative (-0,78, p < 0,001) entre les mariages consanguins et la confiance généralisée, montrant que l’endogamie est associée à une moindre cohésion sociale ou confiance envers des cercles extérieurs à la famille.
Interprétation globale

Plus la fréquence des mariages entre cousins est élevée, plus les sociétés semblent orientées vers des structures collectivistes, avec une moindre attention portée à l’individu et une confiance sociale réduite au-delà des liens familiaux.   Cette tendance est particulièrement marquée dans les régions exemptes de l’influence de l’Église médiévale, où l’absence de restrictions sur la consanguinité s'accompagne de pratiques d’endogamie durablement ancrées.

Historique de la Légalité et Comparaison Internationale
  • Royaume-Uni : Le mariage entre cousins germains est légal depuis depuis la Réforme protestante du XVIe siècle.
  • Droit canon : interdit le mariage entre parents proches (jusqu'au 4e degré de consanguinité en ligne collatérale), ce qui inclut les cousins germains (3e degré),  cf. canon 1091, §3. Cependant, une dispense peut être accordée par l'évêque (ou un prêtre délégué) après une étude du cas, notamment pour des raisons pastorales ou culturelles. En pratique, cette dispense est souvent accordée si les futurs époux suivent un conseil génétique et qu'il n'y a pas de risque grave pour la descendance. Jusqu'au Concile de Latran de 1215, il était interdit de se marier avec un parent jusqu'au 7e degré, selon le droit canonique.À partir du Decretum de Gratien (aux alentours de 1140), les canonistes du Moyen Âge ont motivé les prohibitions matrimoniales pour consanguinité jusqu’au septième degré en invoquant le besoin d’étendre les unions conjugales, afin de diminuer les querelles féodales. Cette pratique exogame était interprétée comme une manifestation de la caritas chrétienne, reliant les populations dans le Corps mystique du Christ, en harmonie avec la conception théologique d’une Église catholique universelle.
  • Italie : L’interdiction catholique historique a été intégrée dans le droit civil jusqu’au XXe siècle. Aujourd’hui, bien que légal (Code civil italien, article 87), il est rare et souvent découragé pour des raisons génétiques, avec des conseils médicaux requis.
  • Belgique :Les mariages en ligne directe sont prohibés depuis le Code Napoléon (1804), conformément à l'article 161 du Code civil. Les unions consanguines collatérales (comme entre cousins germains) sont légales mais rares, avec des informations sanitaires sur les risques génétiques.
  • Canada : Légale dans la plupart des provinces (ex. : Common Law et Québec).
  • France : Les mariages en ligne directe (ascendants/descendants) et entre alliés dans la même ligne sont prohibés par l’article 161 du Code civil depuis 1804. Les mariages entre cousins germains (ligne collatérale) sont légaux, sans nécessité de dispense, et restent autorisés aujourd’hui. Bien que rares, ces unions ne font l’objet d’aucune restriction légale, mais des conseils génétiques peuvent être proposés pour des raisons de santé publique.
Endogamie et consanguinité : comprendre les risques génétiques

L’endogamie, pratique consistant à se marier au sein d’un même groupe social, ethnique ou culturel, diffère du mariage entre cousins, bien que les deux soient souvent confondus. Le mariage entre cousins, où les partenaires partagent environ 12,5 % de leur ADN, augmente le risque que leurs enfants héritent de maladies génétiques récessives, comme des troubles métaboliques ou des malformations congénitales, si les deux parents portent le même gène défectueux. L’endogamie, cependant, pose un problème plus large : en limitant les unions à un groupe restreint sur plusieurs générations, elle réduit la diversité génétique de la communauté. Cela concentre les gènes récessifs néfastes dans le pool génétique, rendant plus probable leur transmission, même entre partenaires non consanguins. À Bradford, par exemple, où 50-70 % des mariages dans la communauté pakistanaise britannique sont consanguins, l’endogamie prolongée amplifie les risques, avec des taux de malformations congénitales deux à trois fois supérieurs à la moyenne nationale, selon le Bradford Institute for Health Research.

Ce phénomène n’est pas unique aux Pakistanais britanniques : des communautés comme les Amish ou les Juifs ashkénazes, historiquement endogames, présentent des risques similaires, avec des maladies spécifiques comme le syndrome de Tay-Sachs ou la maladie de Gaucher. L’isolement génétique, souvent renforcé par des traditions culturelles ou religieuses, crée un "effet fondateur" où des mutations rares deviennent plus fréquentes. Contrairement à un mariage entre cousins isolé, l’endogamie répétée sur des générations aggrave ce problème en réduisant les apports génétiques extérieurs qui pourraient diluer ces mutations. Pour y remédier, des solutions comme le conseil génétique et les tests prénataux, déjà disponibles dans certaines cliniques britanniques, permettent d’identifier les risques et de prévenir les maladies sans imposer de changements culturels radicaux, notamment le (tant vanté) métissage hors de la communauté pakistanaise (il existe pourtant de nombreux musulmans non pakistanais au Royaume-Uni...)



lundi 1 septembre 2025

École publique : pourquoi rien ne bouge en France

Billet d'humeur d'Éric Brunet sur LCI:


jeudi 19 décembre 2024

Prix 2024 de la Carpette anglaise

Décerné à Mme Astrid Woitellier et à la Conférence des évêques de France

COMMUNIQUÉ DE l’ACADÉMIE DE LA CARPETTE ANGLAISE

Réunie  chez Lipp, le  18 décembre, sous la présidence de Philippe de Saint Robert, l’académie de la Carpette anglaise a décerné son prix d’indignité civique à Mme Astrid Woitellier (ci-dessus), déléguée générale du concours Puissance Alpha, préparatoire aux écoles d’ingénieur, pour avoir supprimé l’épreuve de français qu’elle juge « anxiogène », alors que l’épreuve d’anglais, elle, est obligatoire ; ex æquo avec la Conférence des évêques de France, pour avoir mis en œuvre à l’occasion des Jeux olympiques 2024 le projet « Holy Games » !



À titre étranger, la Carpette anglaise 2024 est revenue au magazine France Football, pour l’organisation à Paris de la cérémonie dite du « Ballon d’or », le 28 octobre 2024, uniquement en anglais.

L'Académie de la Carpette anglaise est composée de Paul-Marie Coûteaux, Philippe Deniard, Marc Favre d’Échallens, Guillemette Mouren-Verret,  Marie-Josée de Saint Robert, Philippe de Saint Robert, Albert Salon, Marie Treps et Ilyes Zouari.

Adresses pour commentaires :

Conférence des évêques de France : https://eglise.catholique.fr/contact/
Mme Astrid Woitellier, déléguée générale du concours Puissance Alpha : contact@puissance-alpha.fr

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mardi 15 octobre 2024

France — Tous contre l’enseignement catholique : cible à abattre


Mise à pied d’un chef d’établissement catholique à Pau pour « atteintes à la laïcité » [!?], attaques par voie de presse contre l’établissement parisien Stanislas, caricature des écoles hors contrat : ces tirs croisés contre l’enseignement libre menacent-ils son identité ?

Le Grand Fossé n’est pas seulement le 25ème album des aventures d’Astérix et Obélix, il est aussi l’abîme d’incompréhension qui sépare l’enseignement catholique d’avec la vision caricaturale que s’en font nombre d’acteurs du paysage politique et médiatique français. Sans aucun doute, le grand effondrement du catholicisme hexagonal de ces soixante dernières années, savamment analysé par le sociologue Guillaume Cuchet, n’est pas pour rien dans cette difficulté grandissante à se comprendre. À force de manquer de clarté évangélique, le rétablissement d’une proclamation authentique de la foi au sein des écoles privées fait grincer des dents, en interne, et pousser des cris d’orfraie, en externe.

Raccourcis idéologiques et vérité brutalisée

Il n’empêche, alors même que les progressistes chantent les bienfaits de l’ouverture, le bonheur de l’acceptation des différences, ce sont les mêmes bien-pensants qui s’érigent, sans gêne aucune, en censeurs à tout crin. Les apôtres du vivre-ensemble n’ont pas le dialogue pour tous chevillé à l’âme. Quand le dialogue et la confrontation d’idées favorisent le sens de la nuance, le pointage réflexe du doigt témoigne d’un déficit intellectuel, sinon d’une peur panique. On jette l’anathème ou l’on voue aux gémonies pour mieux s’affranchir de débattre. Lorsque l’outrance a valeur de carburant et que l’exagération tient lieu de boussole, l’excès se pratiquant au mépris du sens des mots, c’est toujours la vérité qui se trouve brutalisée.

S’il était nécessaire, une simple promenade sur les réseaux ou une revue de presse non exhaustive permettrait de s’en convaincre. À propos de la question scolaire, voici un petit florilège. L’universitaire Mathilde Larrère – par ailleurs membre du parlement de la Nupes et collaboratrice au site web Arrêt sur images – décrit sur X l’actuel gouvernement comme une « sortie de messe de Saint-Nicolas-du-Chardonnet ». L’Humanité titre en Une : « École privée : Sous contrat mais hors de contrôle ». Sur France 3, à l’occasion d’un journal télévisé régional est évoquée une école hors-contrat catholique dans laquelle le journaliste affirme que « les enfants sont élevés à la dure », sans autre forme de procès. L’émission du service public Complément d’enquête diffusait jeudi dernier sur France 2 un reportage à charge – dans le sillage de celui réalisé sur le Puy du Fou – “sobrement” intitulé : « Stanislas : les dérives d’une école d’excellence ». Autoritarisme, sexisme, homophobie : tout y est passé…

La réussite des méthodes traditionnelles d’enseignement

« Les plus petits esprits ont les plus gros préjugés » estimait Victor Hugo. Lorsque l’on assiste, sinon consternés, le plus souvent impuissants, à la détérioration des conditions de transmission du savoir dans l’enseignement public – sans même parler du contenu –, on s’attendrait à davantage d’humilité et de retenue chez les détracteurs de l’enseignement privé. Mais derrière ces critiques, il est difficile ne pas y voir de la jalousie [le ressentiment]. « Leur comportement nous est un reproche vivant, leur seule présence nous pèse. » lit-on dans le livre de la Sagesse (Sg 2, 14). Comme le soulignait la journaliste du Figaro, Eugénie Bastié, un Complément d’enquête sur les dérives de Sciences-Po aurait été, sans aucun doute, bien plus pertinent.

La réussite en effet des méthodes traditionnelles d’enseignement où se mêlent ordre, discipline, vouvoiement, estrades (supposées dans l’école catholique, et qui prévalent spécialement dans l’écosystème “hors contrat”) est à mettre en balance avec l’adversité ordinaire à laquelle est confrontée une grande partie des enseignants du public. Ce contraste interroge nécessairement et la ligne éducative et le projet pédagogique de ces deux univers scolaires. Sardou pourrait-il encore chanter : « J’ai fait les deux écoles et ça n’a rien changé. » ?

Jules l’imposteur (Dominique Martin Morin), petit ouvrage rédigé par François Brigneau dans lequel, avec une plume vive et documentée, le cofondateur du quotidien Présent épingle l’anticléricalisme de Jules Ferry. En parcourant l’histoire de la Troisième République, il en rappelle l’ambition à peine cachée : celle d’extorquer de l’âme des enfants les vérités de l’Église catholique. Des “hussards noirs” de Ferry aux propos de Vincent Peillon vantant l’école républicaine comme l’instrument privilégié d’émancipation « de tous les déterminismes », il n’y a qu’une suite logique. Déjà en 1866, le fondateur de la ligue de l’enseignement, Jean Macé, déclarait : « Nous avons à faire, non de la pédagogie, mais de la propagande républicaine ».

Catholique donc signe de contradiction

Des catholiques, de plus en plus nombreux, constatent avec effroi que l’État ne cesse d’évider sa législation des dernières normes morales d’origine chrétienne. Année après année, le ministère de l’Éducation Nationale donne le sentiment d’être davantage préoccupé par le transformisme social de ses élèves que par leur instruction.

Sur l’autre flanc, celui interne à la vie des écoles catholiques, la politique du plus petit dénominateur commun prévaut depuis longtemps. Aux Assises de l’enseignement catholique de l’an 2000, son secrétaire général dénonça la nostalgie d’une « école citadelle » et se prononça pour une « école carrefour ». Cette posture débouchera sur deux désastres : l’analphabétisme religieux généralisé et la disparition d’une culture chrétienne élémentaire.  

Dans ce contexte, certains chefs d’établissements catholiques sous-contrat et l’univers catholique hors contrat dans son ensemble souhaitent absolument sortir de la tiédeur d’un catéchisme affadi. Comment peut-on se satisfaire d’un humanitarisme bon teint duquel le Christ n’apparaît plus que comme un instrument de décor parmi d’autres ? Désormais, même le secrétaire général de l’enseignement catholique, Philippe Delorme, plaide pour l’instruction obligatoire de cours de culture chrétienne dans les établissements privés catholique.

Depuis Antigone et le Christ lui-même, c’est rendre hommage à la raison humaine que de défendre ses convictions. C’est participer à l’élévation du débat que d’apporter la contradiction. Vivre en chrétien, c’est d’ailleurs accepter d’en devenir un signe. Et vivre en Français, c’est se réjouir d’en voir se lever. 


Source : Valeurs actuelles

mercredi 4 septembre 2024

France — Statistiques des écoles indépendantes à la rentrée 2024 : l’État contre les attentes sociales ?

Créer son école a tenu sa traditionnelle conférence de presse de rentrée ce mercredi 4 septembre au sein de l’école Atouts-Plus de Monique Canto-Sperber, ancienne directrice de l’ENS de la rue d’Ulm, à Paris Ve.

116 OUVERTURES D'ÉCOLES LIBRES (HORS CONTRAT) À LA RENTRÉE 2024


À la rentrée 2024, on compte 116 ouvertures d’établissements indépendants (non subventionnés) ou de niveaux (contre 107 l’an dernier). Cela représente 76 groupes scolaires.

CARTE DES NOUVELLES ÉCOLES INDÉPENDANTES OUVRANT À LA RENTRÉE 2024

Consultez notre carte interactive en ligne en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://creer-son-ecole.com/annuaire-rentree-2024

UN NOMBRE D'ÉCOLES INDÉPENDANTES EN ACTIVITÉ EN FORTE CROISSANCE

Depuis 15 ans, le rythme des créations d’école est soutenu.

Si les fermetures d’école sont plus fréquentes depuis la COVID-19, l’augmentation nette reste importante : le paysage éducatif indépendant français compte 58 écoles en plus cette année, soit un nombre total de 2485 en activité actuellement.


mardi 30 juillet 2024

Baisse de niveau à Sciences Po, l'école recrute sur d’autres critères que ceux de l’excellence scolaire, dont l’engagement associatif


À l’Institut d’études politiques, comme ailleurs, la connaissance de la langue perd du terrain. Mais les correcteurs s’inquiètent aussi de la faiblesse des références culturelles des futurs diplômés.

L’école qui s’est donné pour mission de former l’élite politique française est secouée par une succession de crises depuis la mort (trouble) de Richard Descoings. Trois ans après le scandale de l’affaire Duhamel, Mathias Vicherat a été à son tour contraint à la démission. Et l’activisme militant de certains étudiants pro-palestiniens a terni l’image de l’institution au point d’éloigner d’importants mécènes. Enquête sur Sciences Po, un symbole en proie à une grave crise d’identité, entre inquiétudes sur les finances de l’établissement, errances idéologiques et baisse des exigences académiques.

« Ah, mais je croyais qu’à Sciences Po on n’était plus obligé d’apprendre ses leçons. » Cet enseignant a beau officier depuis une quinzaine d’années dans l’école de la rue Saint-Guillaume, et avoir vu défiler des centaines d’étudiants plus ou moins solides sur le plan intellectuel, il ne s’attendait pas à entendre un jour cette phrase de la bouche d’une future diplômée. Pour lui, ces quelques mots ne sont pas seulement une anecdote que l’on se raconte, entre collègues, à la machine à café. Ils illustrent une tendance de fond : la chute de niveau des élèves, régulièrement pointée dans les classements internationaux, s’observe aussi chez ceux de la célèbre institution parisienne.

Bien sûr, les étudiants ont « progressé dans le travail collectif et en anglais » et restent « nettement meilleurs qu’à l’université » [les bons élèves en France vont surtout dans les Grandes écoles], où le processus de sélection est moindre, confesse un membre du jury d’admission qui donne aussi des cours à la fac. Mais, à écouter les témoignages d’anciens diplômés et d’enseignants, la plupart d’entre eux s’accordent à dire que les lacunes en orthographe, les erreurs de syntaxe et les fautes de grammaire sont devenues monnaie courante dans les copies. « Je reçois une immense majorité de dossiers avec des moyennes au lycée avoisinant les 18-19, mais il n’y en a pas un seul dans lequel les écrits à fournir ne présentent pas de fautes d’orthographe », déplore un doctorant chargé d’examiner des dossiers d’admission. Et une fois lesdits élèves admis, les professeurs sont obligés de faire avec. « En ce qui concerne la maîtrise de la langue française, on ne peut plus être aussi exigeant qu’il y a vingt ans », confesse un enseignant de longue date. Un chargé d’enseignement vacataire a noté des « fragilités » dans la qualité de l’expression écrite.

Lacan disait que le réel, c’est quand on se « cogne ». Et en mettant les pieds sur le campus de Reims, lui s’est pris un sacré coup. Il évalue à « un sur dix la proportion d’étudiants peu à l’aise avec des règles syntaxiques et orthographiques basiques », et cite les cas d’une copie de première année dans laquelle il était écrit « omnubiler » à la place d’« obnubiler », et d’une autre dans lequel aucun verbe au passé simple n’était correctement conjugué. Depuis son bureau du troisième étage avec une vue imprenable sur l’établissement, Pascal Perrineau, ex-directeur du Cevipof, un des principaux laboratoires de recherche de l’école, nuance : « 10 % d’une classe n’a pas le niveau. Ce qui était inimaginable il y a encore une décennie. Mais il y a toujours d’excellents étudiants ».

À Sciences Po, comme ailleurs, la connaissance de la langue perd du terrain. Mais les correcteurs s’inquiètent aussi de la faiblesse des références culturelles des futurs diplômés. «  J’ai été frappé par le fait que quelques étudiants appuyaient leur réflexion sur des exemples tirés de youtubeurs ou de Netflix au détriment de sources littéraires classiques. » Et puis l’appétence pour l’actualité a pris du plomb dans l’aile. « Le matin à 8 heures, on trouvait des journaux dans des kiosques. J’étais le seul de ma classe d’une vingtaine d’élèves à lire Le Monde le matin. J’ai souvent été surpris de l’absence totale d’intérêt de mes camarades pour l’actualité politique, de leur manque de culture politique », ajoute le rédacteur en chef d’un magazine hebdomadaire passé par le Collège universitaire de Sciences Po. 

Ces dernières années, plusieurs conférences organisées dans l’enceinte même de l’institution ont pu laisser perplexes les habitués des lieux. En novembre 2018, le rappeur Fianso, qui a pris le micro début juillet pour combattre le RN avec le titre controversé No Pasaran, et connu pour avoir chanté Tahia Hamas (« vive le Hamas ») a attiré un large public dans l’amphithéâtre Jacques-Chapsal de la rue Saint-Guillaume. En avril dernier, l’artiste marseillais Soso Maness a lui été l’invité exceptionnel de la prestigieuse école de la capitale pour une conférence intitulée : « De l’idée à l’image. Dynamiques créatives de l’univers musical ».

Mentalité de client

Cause ou conséquence de cette dégringolade, l’école se transforme peu à peu en une forme de cocon, à l’abri des réalités du monde. « Je constate un refus grandissant de la critique ces trois ou quatre dernières années. (…) Et puis les étudiants sont “très bébés”, biberonnés, ils envoient des mails aux enseignants pour tout et n’importe quoi », raconte une enseignante. Un autre parle de « fragilisation ». Selon lui, une mauvaise note adressée à une copie médiocre peut vite se transformer en un problème insoluble. Un 8/20 peut se traduire par « une plainte auprès de la direction ou du professeur directement ». 

Et la direction semble aller dans le sens des élèves concernés : « Parfois, on reçoit des appels de la direction pour nous expliquer que “les étudiants ont du mal” et nous inciter à être compréhensifs. » Un maître de conférences, spécialiste de l’histoire de la Ve République confirme. « Il m’a été explicitement conseillé d’éviter d’envoyer des mails à mes élèves en soirée ou le week-end… Mais eux ne se privent pas de nous écrire à toute heure. » L’explosion des frais de scolarité (14 210 € pour une année de licence aujourd’hui, contre 9800 il y a dix ans pour les étudiants atteignant le plafond) et l’évaluation des enseignants « ont déclenché une mentalité de client. Et certains professeurs peuvent être tentés d’acheter la paix sociale en surnotant », regrette un fin connaisseur de la maison.

Quand ce déclin a-t-il été amorcé ? Par déclin, comprendre : au point où une pointure de l’école confie vouloir « arrêter d’enseigner au Collège universitaire parce que seuls deux de ses élèves, sur 20, arrivent à suivre correctement le cours ». Si elles notent une accélération « rapide et brutale » depuis trois ou quatre ans, plusieurs personnes interrogées pointent du doigt l’internationalisation des campus. Dans les couloirs de Sciences Po, l’anglais est devenu la norme. Aujourd’hui, 50 % des 15 000 étudiants de l’école ont une nationalité étrangère. Ces derniers débarquent dans la capitale avec leurs propres références culturelles, leur français parfois balbutiant et leurs connaissances plus ou moins solides de l’histoire de notre pays. « Sur quels critères évaluer les étudiants si on ne sait pas ce qu’ils ont étudié durant leur scolarité ? », s’interroge un professeur de science politique.

Pour expliquer cet affaiblissement, la mise en place des conventions éducation prioritaire (CEP) par l’ancien directeur Richard Descoings a souvent été dénoncée. Ce processus, qui vise à « renforcer la démocratisation » de l’institution et la diversité sociale a permis à nombre d’élèves issus de lycées défavorisés, essentiellement de banlieue, d’entrer à Sciences Po. Ces candidats sont sélectionnés, mais bénéficient d’une voie d’admission spécifique. Pascal Perrineau tempère ce constat. «  Beaucoup d’étudiants issus des conventions éducation prioritaire n’ont pas grand-chose à envier à leurs camarades de lycées du centre parisien, mais ils sont mal accompagnés. Ils n’ont pas les codes. » D’autant plus que ce dispositif a progressivement été dévoyé. Les parents les mieux renseignés, en premier lieu les profs, ont scolarisé leur progéniture — de bon niveau — dans les lycées conventionnés, afin de bénéficier de cette voie détournée et permettre à leurs enfants de mettre plus facilement les pieds à Sciences Po.

Mais le vrai virage date de 2021. Cette année-là, le concours change de visage et les épreuves écrites sont enterrées. Désormais, les futurs bacheliers doivent déposer leur dossier scolaire sur Parcoursup, où sont évalués les résultats du bac, la performance scolaire et trois exercices rédactionnels (le « parcours personnel du candidat, ses activités et ses centres d’intérêt », la « motivation du candidat et son projet intellectuel pour Sciences Po » et un « essai personnel sur l’une des cinq thématiques proposées »). Objectif affiché : « Donner leur chance à tous les meilleurs talents », pour reprendre l’expression utilisée par l’institution elle-même sur son site internet. Dans les faits, ce nouveau processus d’admission ne semble ni plus démocratique ni plus méritocratique. Il déplace le curseur vers d’autres critères que ceux de l’excellence académique. Au sein de la direction, on reconnaît une « obsession de l’engagement » associatif dans le dispositif, notamment une prime accordée aux activités extrascolaires. À ce jeu-là, les parents bien informés, qui connaissent les rouages et ceux qui ont les moyens d’offrir à leur enfant un séjour linguistique à l’étranger, partent avec un avantage significatif. 

 Recrutement opaque, exclusion des lycées cathos privés

La logique de recrutement est opaque et « des candidats sont refusés ou admis sans que l’on sache très bien pourquoi », comme l’expliquait le sociologue Pierre Merle au Figaro en 2021. Mais ces dernières années, une tendance, souterraine, semble, elle, se dessiner : l’exclusion progressive de lycéens issus des établissements catholiques privés. Enfin, souterraine, pas vraiment. Dans la préface d’un livre publié à l’occasion des 150 ans de l’école (Sciences Po. Le roman vrai, Les Presses de Sciences Po, 2022), l’ancien directeur Mathias Vicherat se réjouissait : « Moins de 20 % des admis en première année ont grandi dans la capitale. » Dans plusieurs établissements parisiens, on le constate d’année en année. « Il y a dix ans, entre 12 et 15  lycéens de Stanislas intégraient Sciences Po chaque année », observe le directeur François Jubert. 

En 2024, aucun élève du lycée privé catholique du 6e arrondissement, sous le feu des projecteurs depuis la polémique autour de la scolarisation des enfants de la ministre Amélie Oudéa-Castéra, n’est entré rue Saint-Guillaume ; contre deux l’année dernière, un seul en 2022 et aucun en 2021. Est-ce une question de niveau ? Le « catho-privé » parisien serait-il devenu une fabrique à crétins ? « Non, car ces mêmes élèves sont systématiquement retenus quand ils sont évalués par un jury de classe préparatoire, réplique le chef d’établissement. On a toujours autant d’élèves qui aspirent à se mettre au service du bien commun, mais les portes leur sont fermées ». Pour lui, les choses sont claires : « Les élèves de Stanislas ne sont pas les bienvenus à Sciences Po. » La discrimination positive déboucherait-elle, in fine, sur une forme de discrimination idéologique ?

Source : Le Figaro

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mercredi 24 avril 2024

Le mouvement des écoles catholiques indépendantes offre aux parents ontariens une alternative


Un groupe de personnes investies dans l’éducation catholique développe un réseau pour aider le mouvement des écoles catholiques indépendantes en Ontario.

Le Consortium des écoles catholiques indépendantes de l’Ontario (Consortium of Independent Ontario Catholic Schools — CIOCS) est un réseau d’écoles dont l’objectif principal est de favoriser la collaboration et la communion entre les écoles membres tout en soutenant des valeurs, une mission et un engagement communs envers l’éducation catholique.

John Pacheco, l’un des directeurs du Consortium, a expliqué l’une des motivations du groupe.

« On parle beaucoup aujourd’hui d’identité, et nous croyons que l’identité de chaque enfant doit s’enraciner et se conformer à l’image de Jésus-Christ, à l’image immuable duquel nous avons été créés », a-t-il déclaré.

« D’un point de vue pratique, nous cherchons à développer une structure de soutien pour aider nos écoles membres actuelles et futures dans divers domaines. L’un des principaux objectifs du CIOCS est de trouver des moyens de réduire les coûts afin de mettre l’enseignement privé catholique à la portée des parents ».

En s’appuyant sur l’expérience et les connaissances collectives des écoles existantes et de leurs fondateurs, la CIOCS espère que les membres existants et nouveaux pourront acquérir des connaissances inestimables les uns des autres, collaborer, planifier des initiatives communes, des événements et des rassemblements annuels, susciter et partager le développement de l’enseignement professionnel, développer une économie naissante enracinée dans les principes sociaux catholiques légitimes et la loi naturelle, bénéficier d’avantages financiers grâce à des économies d’échelle, présenter une voix collective pour engager des tiers à promouvoir les objectifs communs des membres et enfin, se soutenir moralement et s’encourager les uns les autres.

Un autre objectif du réseau est de fournir une tribune et des moyens d’action aux nouvelles écoles et à ce que la CIOCS appelle les « parents missionnaires », c’est-à-dire les parents qui cherchent une alternative aux écoles publiques existantes financées par le gouvernement en créant leurs propres écoles avec des parents partageant les mêmes idées.

Pacheco déclare que le CIOCS « existe pour accroître le nombre de membres de son réseau afin de permettre aux parents qui le souhaitent de créer de telles écoles et d’autres lieux d’enseignement là où ils vivent. Le Consortium existe en partie pour répondre à leur première question : “Par où pouvons-nous commencer ?” »

Un autre objectif du réseau est de représenter les écoles membres lorsqu’elles traitent avec des tiers, y compris d’autres associations partageant les mêmes idées, le gouvernement et même la hiérarchie de l’Église catholique dans des domaines d’intérêt commun pour les écoles.

Au cours des dernières années, des parents ont exprimé leur inquiétude au sujet de l’éducation catholique en Ontario, face au succès du mouvement transgenre qui a promu la confusion du genre dans les écoles financées par le gouvernement, ainsi qu’à la réticence des conseils scolaires à écouter les préoccupations des parents. Récemment, les écoles catholiques publiques ont même refusé d’affirmer l’enseignement catholique sur le caractère sacré de la vie humaine. Trois membres de la Commission scolaire catholique de Toronto (TCDSB) ont publiquement rejeté l’initiative pro-vie proposée par un collègue pour que toutes les écoles du district arborent le drapeau pro-vie au mois de mai prochain.

Interrogé sur cette colonisation idéologique des écoles catholiques financées par le gouvernement, M. Pacheco a fait remarquer :

Le CIOCS estime que les parents catholiques — et non l’État ou les conseils scolaires — sont les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants. C’est l’enseignement catholique, et il n’est pas très bien compris ni reconnu. Toutes les agences tierces n’existent que pour aider et coopérer avec les parents dans leur rôle de premiers éducateurs, y compris pour transmettre les valeurs catholiques authentiques qu’ils souhaitent partager avec leurs enfants.

Les rôles en matière d’éducation ont été brouillés ces dernières années, et nous voulons offrir un choix et une voie aux parents catholiques pour qu’ils retrouvent ces rôles traditionnels. La CIOCS s’intéresse au choix de l’école, à la transparence, à la prise de décision éclairée et à la responsabilité de servir la vérité telle qu’elle est exprimée dans la grande tradition catholique. L’éducation doit avoir des alternatives pour une société saine et prospère, et nous espérons fournir une base pour cette alternative. Nous espérons également que notre présence et notre succès aideront les écoles catholiques publiques à retrouver leur identité d’écoles catholiques.

Le premier événement majeur de la CIOCS, une « Journée de la communauté catholique et un salon de l’école », aura lieu à Ottawa le 18 mai. Les organisateurs envisagent cette manifestation comme une réunion annuelle qui rassemblera les responsables catholiques, les entreprises et les écoles catholiques de la région d’Ottawa afin de promouvoir la collaboration et la coopération au sein de l’ensemble de la communauté catholique et de soutenir la croissance de l’enseignement catholique indépendant à Ottawa.

Commentant l’événement à venir, M. Pacheco a déclaré : « Nous devons remédier à la fragmentation de la société et de l’Église — en particulier au cours des dernières années — en organisant un événement qui rassemble les fidèles catholiques autour d’une mission commune et d’une véritable communion et fraternité spirituelles. Je pense que cette journée communautaire est exactement ce qu’il nous faut, et j’espère que nous pourrons la reproduire dans toute la province au cours des prochaines années. J’espère que les catholiques de la région d’Ottawa répondront présents et manifesteront leur soutien ».

Pour plus d’information sur le CIOCS et sa première Journée communautaire et foire scolaire, visitez la page de l’événement à ciocs.ca/events.

Parmi les membres de la CIOCS, on trouve l'école catholique francophone d'Ottawa Sainte-Marie mère de Dieu, 20 avenue Fairmount.

Source : QCV

Voir aussi

La présentation sélective et tronquée des faits par Isabelle Hachey (voir 3. Le cas de Josh Alexander, élève de 16 ans en Ontario, élève dans une école en principe catholique).

samedi 20 janvier 2024

Comment les médias traitent le collège catholique Stanislas (seuls les témoignages à charge sont retenus)

Geoffroy Lejeune sur l'enquête du Journal du dimanche sur le traitement médiatique concernant l'établissement Stanislas : « On a découvert la manière dont certains médias, publics et privés, ont décidé de mettre une cible sur Stanislas et détruire Stanislas et sa réputation ».

Voir aussi

École privée : sortir de l’hypocrisie

Mise au point de Charlotte d’Ornellas sur les attaques contre Stanislas:

mardi 16 janvier 2024

France — La nouvelle ministre de l’Éducation nationale scolarise ses enfants dans le lycée privé catholique Stanislas

Mise à jour

Un journaliste, dont le fils a été scolarisé dans la même école publique que l'aîné d'Amélie Oudéa-Castera, affirme qu'il n'y a jamais eu d'heures non-remplacées dans cette école, contrairement à ce qu'affirmait la nouvelle ministre (voir vidéo dans le billet du 14 janvier ci-dessous). Ce journaliste confirme ainsi les dires d'une maîtresse de cette école publiés dans Libération.

Note sur l'entre-soi de l'« élite » médiatico-politique française

La journaliste qui interroge ses invités sur ce sujet - Apolline de Malherbe - est la cousine du nouveau premier ministre français, Gabriel Attal, qui a nommé la ministre à son poste. C'est de l'inceste politico-médiatique de niveau 1.

L'invité qu'elle interroge à ce sujet, Nicolas Poincaré, est un autre journaliste français célèbre qui est interrogé parce qu'il a eu ses enfants dans la même école que la ministre. Incestuosité de niveau 2. Nicolas Poincaré est d'ailleurs une représentation vivante de la reproduction des élites en France puisqu'il est l'arrière-petit-fils du mathématicien Henri Poincaré et le petit-neveu du président français Raymond Poincaré.

La ministre elle-même - Amélie Oudéa-Castera - est issue de la même petite caste de l'élite française puisque son père était le PDG de Publicis - l'une des plus grandes entreprises françaises - et sa mère la directrice des ressources humaines de l'entreprise. Elle est également la nièce d'Alain Duhamel et de Nathalie Saint-Cricq, deux des plus célèbres journalistes français. Enfin, elle est mariée à Frédéric Oudéa, ancien PDG de la Société générale et aujourd'hui PDG de Sanofi. Incestuosité de niveau 3.

Et Gabriel Attal,
le Premier ministre de 34 ans qui l'a nommée - qui pour rappel est le cousin de la journaliste ici présente - est lui-même issu de la même petite caste élitiste : son père est issu de la famille des propriétaires des Galeries Lafayette et a été journaliste au Monde ainsi que producteur de cinéma. Attal a fréquenté la très élitiste École Alsacienne dans le centre de Paris, où de nombreux enfants de cette petite élite étudient.

Et, cerise sur le gâteau, en plus de nommer Oudéa-Castera ministre de l'éducation, Attal, homosexuel avoué, vient également de nommer son ex-mari Stéphane Séjourné ministre des affaires étrangères !



Billet du 14 janvier

Les quatre derniers ministres de l’Éducation nationale :
  •         Jean-Michel Blanquer, ancien élève de Stanislas
  •         Pap Ndiaye, scolarise ses enfants à l’alsacienne
  •         Gabriel Attal, ancien élève de l’alsacienne
  •         Amélie Oudéa-Castéra, scolarise ses enfants à Stanislas

Amélie Castéra est la nièce des journalistes Alain et Patrice Duhamel et Nathalie Saint-Cricq et la cousine de Benjamin Duhamel, journaliste de BFMTV.

 
Après la polémique d’Amélie Oudéa-Castéra, les professeurs appellent à la grève

Deux jours après les propos de la nouvelle ministre de l’Éducation nationale sur les établissements publics, la polémique continue de s’enflammer. À tel point que plusieurs syndicats d’enseignants ont lancé un appel à la grève, le 25 janvier prochain.

Il n’en aura pas fallu davantage pour déclencher la colère des enseignants. Deux jours après la polémique déclenchée par les propos de la nouvelle ministre de l’Éducation nationale, Amélie Oudéa-Castéra, sur les établissements publics, plusieurs syndicats de professeurs ont lancé des appels à la grève. Ils souhaitent dénoncer la « provocation » et le « mépris » de la nouvelle ministre. Selon les informations de BFMTV, le Fnec-FP-FO a appelé à « manifester sous les fenêtres » du ministère, le 25 janvier prochain.

Le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES) et le FSU avaient déjà lancé un appel à la grève pour le 1er février prochain. À l’origine, la grève avait été mise en place pour protester contre les conditions de travail du corps enseignant, mais après les propos d’Amélie Oudéa-Castéra, la liste des revendications a été revue à la hausse, afin de pointer du doigt la « violente charge contre l’enseignement public ».

Vendredi 12 janvier, lors d’une visite à Andrésy (Yvelines), Amélie Oudéa-Castéra avait exprimé son mécontentement face aux « paquets d’heures pas sérieusement remplacés » dans les établissements publics. Et d’ajouter : « On en a eu marre, comme des centaines de milliers de familles qui ont fait le choix d’une solution différente. » De fait, vendredi 12 janvier, Mediapart avait révélé que les trois enfants de la ministre de l’Éducation étaient scolarisés dans l’établissement privé et catholique Stanislas, situé dans le 6e arrondissement de Paris. Devant les critiques, la ministre de l’Éducation nationale avait assuré que le collège-lycée Stanislas était un « choix de proximité ». « Nous nous assurons que nos enfants sont non seulement bien formés mais aussi heureux », avait-elle ajouté.
 
Gabriel Attal a dénoncé « l’hypocrisie » de cette polémique

Immédiatement, les propos d’Amélie Oudéa-Castéra avaient provoqué un tollé. À tel point que la nouvelle locataire de la rue de Grenelle avait dû s’excuser. « Mes propos ont pu blesser certains enseignants de l’enseignement public, ce que je regrette. Je n’avais aucunement cette intention », a-t-elle écrit, samedi 13 janvier, dans une déclaration transmise aux médias. Elle a indiqué avoir répondu « sans détour », « avec sincérité et transparence », à une question posée.

« Le SNES, avec la FSU, rencontre Amélie Oudéa-Castéra lundi 15 janvier matin. Il reviendra sur cet épisode et se fera le porte-parole des personnels choqués par ces propos », a indiqué un communiqué paru le 13 janvier.Le Premier ministre, Gabriel Attal, a quant à lui dénoncé « l’hypocrisie » de cette polémique. « La ministre s’est exprimée en transparence sur les choix qui ont été les siens […]. Pour ce qui est de la question des absences non remplacées, je trouve qu’il y a beaucoup d’hypocrisie chez certains commentateurs ou chez certains politiques », a-t-il expliqué lors d’un déplacement à Dijon.
 
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vendredi 5 janvier 2024

M à j : François recule un peu (Bénédiction des couples homosexuels : une révolution qui ne dit pas son nom et qui divise)

Dans une note publiée jeudi, Rome révise les modalités de sa décision polémique : les évêques auront le choix de l’appliquer ou non.

Avant ce recul de Rome, des évêques de France s’étaient déjà opposés à cette bénédiction, celui de Bayonne, mais aussi, depuis le 1er janvier, neuf évêques de Bretagne.

Sans revenir sur son feu vert aux bénédictions de couples homosexuels, qui a suscité le rejet - notamment de plusieurs conférences épiscopales, dont une majorité en Afrique -, le Vatican vient de réviser les modalités de leur application. Il a finalement concédé aux évêques, ce jeudi, la responsabilité d’exécuter ou de reporter, selon le « contexte » de leur diocèse, la mise en œuvre de cette « déclaration » du dicastère pour la Doctrine de la foi, intitulée « Fiducia supplicans », datée du 18 décembre dernier.

Avant cet amendement romain, des évêques avaient déjà édicté leurs propres consignes à leur diocèse. Comme Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, qui avait demandé à ses prêtres et diacres, le 29 décembre, de ne pas bénir des « couples » de même sexe mais seulement « chaque personne individuellement ». Ce qui lui a valu d’être mis en cause par l’association SOS Homophobie. Mais sa démarche en a inspiré d’autres : le 1er janvier, ce sont les neuf évêques et un administrateur apostolique de la province ecclésiastique de Bretagne, dont Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, est en charge, qui ont envoyé de façon unitaire, une circulaire « aux prêtres et diacres des diocèses de Quimper, Rennes, Saint-Brieuc, Vannes, Angers, Laval, Le Mans, Luçon, Nantes». Elle les appelle bénir « individuellement chacune des deux personnes formant un couple, quelle que soit leur orientation sexuelle », et non pas « en couple ».

Le texte s’étonne que « la déclaration n’explicite pas le raisonnement qui la fait passer des “personnes” aux “couples”, terme absent des deux premières parties ». Les évêques bretons estiment que cette « possibilité » donnée par le texte romain «n’est pas une obligation de bénir les “couples de même sexe”», d’autant que Rome, pensent-ils, «invite à opérer un discernement » pour ne pas «créer de la confusion» ou du « scandale ». L’enjeu, pour eux, est plutôt celui de «notre société, où le mariage a été banalisé en devenant une notion de droit civil », lequel «ignore la spécificité fondatrice de la différence sexuelle ».

Le communiqué de presse romain du 4 janvier est signé par le cardinal Victor-Emmanuel Fernandez, ami argentin de François, que ce dernier a nommé à ce poste il y a six mois. Le prélat ne remet pas du tout en cause le fond de «Fiducia supplicans», à savoir la possibilité de bénir des couples homosexuels. Il reconnaît seulement que les réactions de «certaines conférences épiscopales» - la France est restée muette sur le sujet - sont « compréhensibles ». À condition, toutefois, prévient-il, que ces prises de position ne soient pas «une opposition doctrinale, parce que le document est clair et classique sur le mariage et la sexualité ».

« Hors de toute idéologie »

Quant à « certains évêques » qui ont fait valoir leur « pouvoir de discernement in loco, dans le lieu concret», cela « ne pose pas de problème », mais à la même condition : qu’ils soient «dans le respect d’un texte signé et approuvé par le souverain pontife lui-même, en cherchant à accueillir la réflexion qu’il contient», et non comme une «négation totale ou définitive du chemin proposé» pour ces bénédictions.

Que ce soit donc, dans les deux cas, « hors de toute idéologie », insiste le cardinal Fernandez. Car, pour lui, le cap est clair : « Nous devrons nous habituer à accepter que, si un prêtre donne ce genre de bénédiction simple, il n’est pas hérétique, il ne ratifie rien et il ne nie pas la doctrine catholique. » Et de répéter : « Ce qui est important, c’est que ces conférences épiscopales ne défendent pas une doctrine différente de celle de la déclaration approuvée par le pape, puisqu’elle est la doctrine établie. »

Autre mise au point de Mgr Fernandez, la « déclaration » du 18 décembre ne peut être considérée « comme hérétique, contraire à la tradition de l’église ou blasphématoire ». Il répond directement ici au cardinal Gerhard Müller – qui a occupé le même poste de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi jusqu’en 2017, nommé par Benoît XVI en 2012. Il a en effet publiquement qualifié « Fiducia supplicans» de texte « blasphématoire ».

Si le cardinal Fernandez concède aux évêques le soin de décider de bénir ou non des couples homosexuels, c’est seulement en raison du « contexte » de certains pays, notamment dans ceux où l’homosexualité est un délit, afin de protéger ces personnes. « Il est évident que les évêques ne veulent pas exposer les personnes homosexuelles à la violence », souligne-t-il. [Hmm...] Le prélat de marteler encore : «Ces bénédictions non ritualisées ne sont pas une consécration de la personne ou du couple qui les reçoit, elles ne sont pas une justification de toutes leurs actions, elles ne sont pas une ratification de la vie qu’ils mènent.» D’autant qu’elles doivent être «très brèves», «dix ou quinze secondes », «sans rituel et sans livre des bénédictions ». [Pour le moment...car il faut d'abord habituer à accepter ce concept ?]

Sources : AFP et Le  Figaro



Billet originel du 22 décembre

Bénédiction des couples homosexuels par l'Église catholique : une révolution qui ne dit pas son nom et qui divise)

En autorisant la bénédiction des unions homosexuelles, le pape François divise l’Église et crée une faille profonde dans la doctrine catholique sur le mariage.


L’autorisation donnée par le pape François de bénir les couples homosexuels semble devoir être à son pontificat ce que le fiasco de la loi immigration est à la macronie, c’est-à-dire un accélérateur de division. Depuis la publication, lundi 18 décembre, par la Congrégation pour la doctrine de la foi, présidée depuis peu par un proche du pape, le cardinal Victor Manuel Fernandez, de la déclaration Fiducia supplicans, autorisant la bénédiction par les prêtres catholiques de couples homosexuels, les réactions négatives, issues d’évêques du monde entier, se multiplient.

Venues d’Afrique notamment, où les épiscopats du Malawi et de Zambie ont déjà déclaré que la déclaration ne serait pas appliquée dans leur pays, quand celui du Kenya déclarait que certains aspects du texte « provoquaient de l’anxiété et même de la confusion parmi les chrétiens et, en général, parmi le peuple de Dieu ». Mais aussi d’Europe, où la conférence des évêques d’Ukraine a alerté sur le fait que « la notion de bénédiction des couples de même sexe, ou des couples irréguliers sur le plan sacramentel, peut être perçue comme une légalisation de ces relations », et regretté « que le texte ne fasse pas clairement la distinction entre une personne et sa situation : acceptant avec miséricorde cette personne et exprimant son désaccord avec son péché. » Tandis que l’évêque d’Astana, au Kazakhstan, a carrément interdit de telles bénédictions dans son diocèse et qu’en Angleterre, plus de 500 prêtres et diacres, réunis dans la Confraternité britannique du clergé catholique, ont déclaré que « de telles bénédictions sont théologiquement, pastoralement et pratiquement inadmissibles ». Last but not least, le cardinal Müller, ancien préfet de la congrégation pour la doctrine la foi avant d’être démis de ses fonctions par le pape François, a jugé, ni plus ni moins, que « les bénédictions pour les couples homosexuels sont blasphématoires ». Nombre d’évêques, comme celui de Copenhague ou celui d’Alicante, sans juger négativement le fond du document, ont alerté sur le risque d’interprétations erronées auxquelles il prête le flanc.