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jeudi 9 juillet 2026

De la patho­lo­gi­sa­tion de la religion

Pour cer­tains, toute foi reli­gieuse fer­vente tend à être vue comme une névrose. D’où la ten­ta­tion d’un contrôle liber­ti­cide sur l’édu­ca­tion des enfants. Un texte de Laurent Dandrieu dans Valeurs actuelles du 1er juillet 2026.

C’est assu­ré­ment un bon choix qu’a fait cette année le Fes­ti­val de Cannes en don­nant sa palme d’or à Fjord, de Cris­tian Mun­giu, non seule­ment parce que ce film, dont l’action se passe en Nor­vège à l’approche de Noël, est cli­ma­ti­que­ment rafraî­chis­sant, mais parce que le cinéaste rou­main, comme à son habi­tude, réus­sit à faire réflé­chir à un sujet pri­mor­dial sans impo­ser de réponse. Ce n’est pas le lieu ici de par­ler des qua­li­tés ciné­ma­to­gra­phiques de l’œuvre — nous y revien­drons quand il sor­tira en salle, à la mi-août —, mais de voir com­ment il peut nous éclai­rer sur un phé­no­mène inquié­tant, qui n’est pas sans lien avec l’actua­lité française.


Posons d’abord le cadre du récit: il est cen­tré sur une famille com­po­sée d’un époux rou­main et de son épouse nor­vé­gienne, qui ont récem­ment quitté la Rou­ma­nie pour venir vivre en Nor­vège, plus près des grands-parents mater­nels de leurs cinq enfants. Une famille chré­tienne fer­vente, où les enfants sont éle­vés de manière aimante, mais dans un cadre strict — lec­tures bibliques, prière quo­ti­dienne obli­ga­toire, ni télé­phones ni réseaux sociaux. Ces res­tric­tions si éloi­gnées des normes de la société libé­rale avan­cée nor­vé­gienne deviennent des cir­cons­tances aggra­vantes lorsque, des bleus ayant été décou­verts sur l’aînée, les parents sont accu­sés de bru­ta­li­tés phy­siques sur leur pro­gé­ni­ture — eux recon­naissent seule­ment des petites tapes sur les fesses quand les enfants étaient plus petits.

Dans le pro­cès qui s’ensuit, le repré­sen­tant de l’état, loin de se concen­trer sur ces éven­tuelles vio­lences, ne dis­si­mule pas son hos­ti­lité aux valeurs reli­gieuses de ce couple — le simple fait d’adhé­rer à une concep­tion de la “famille tra­di­tion­nelle” consis­tant en l’union d’un homme et d’une femme étant clai­re­ment une cir­cons­tance aggra­vante, et la non-ad­hé­sion à la théo­rie du genre deve­nant, pour ce pro­gres­sisme d’état, le signe d’une édu­ca­tion rétro­grade contraire aux valeurs libé­rales de la société nor­vé­gienne. Que l’avo­cate des parents, fai­sant remar­quer qu’en enten­dant leur impo­ser ces valeurs au détri­ment de ce qu’ils veulent trans­mettre à leurs enfants, la société se montre en réa­lité assez peu libé­rale, pose une argu­men­ta­tion ponc­tuel­le­ment effi­cace, mais dont on sent bien qu’elle est ame­née à deve­nir poli­ti­que­ment de plus en plus fra­gile.

Cris­tian Mun­giu a, certes, donné une puis­sance dra­ma­tique sup­plé­men­taire à son récit en confron­tant une famille de culture rou­maine au puri­ta­nisme post-luthé­rien scan­di­nave. Mais com­ment ne pas pen­ser, devant ce Fjord, à la France et à la ten­ta­tion qui s’y fait jour, de plus en plus net­te­ment, d’ins­tru­men­ta­li­ser l’indis­pen­sable lutte contre les vio­lences faites aux enfants pour exer­cer un contrôle liber­ti­cide sur le droit des parents à édu­quer leurs enfants selon leurs concep­tions et à leur trans­mettre les valeurs aux­quelles ils sont atta­chés? De la récente pro­po­si­tion de loi “Béthar­ram” aux contrôles agres­sifs mul­ti­pliés dans les écoles hors contrat, en pas­sant par une pres­sion admi­nis­tra­tive contre l’école à la mai­son qui confine sou­vent à l’inter­dic­tion de fait, on assiste bel et bien à une offen­sive en règle pour faire entrer l’ensei­gne­ment privé dans le giron des sacro­-saintes “valeurs de la Répu­blique”.

Et ce d’autant plus que ces “valeurs de la Répu­blique”, réfé­rent fluc­tuant auquel on peut faire dire à peu près tout ce que l’on veut, sont pour cer­tains enra­gés de la laï­cité tota­le­ment incom­pa­tibles avec toute convic­tion reli­gieuse, a for­tiori si celle-ci emprunte une forme un peu consé­quente. Il y a long­temps déjà que, dans les colonnes du Monde et de Libé­ra­tion, tout catho­lique pre­nant sa foi un peu au sérieux est qua­li­fié sans autre forme de pro­cès de “tra­di­tio­na­liste” ou d’“inté­griste”, ce qui pour cette presse est syno­nyme de “sec­taire”. Et que, dans les médias de ser­vice public et les dis­cours d’une cer­taine gauche, toute mani­fes­ta­tion de foi enga­gée est assi­mi­lée à un fana­tisme contraire à la rai­son.

Fjord a le grand mérite d’atti­rer notre atten­tion sur cette patho­lo­gi­sa­tion de la foi, mal­heu­reu­se­ment appe­lée à deve­nir, dans les années qui viennent, une ter­rible épée de Damo­clès sur la liberté de conscience.


jeudi 21 mai 2026

Déclin historique des capacités cognitives : pour la première fois une génération obtient un score inférieur aux précédentes

Depuis une grande partie du XXᵉ siècle, les sociétés occidentales ont vécu avec une conviction presque évidente : chaque génération serait mieux instruite, plus cultivée et plus performante intellectuellement que la précédente. Cette progression, appelée « effet Flynn », n’avait pourtant rien d’une loi naturelle. Elle résultait d’une amélioration continue des conditions de vie : meilleure alimentation, recul des maladies infantiles, allongement de la scolarité, enrichissement culturel et accès croissant au savoir. Pendant des décennies, les enfants ont grandi dans un environnement plus favorable que celui de leurs parents, ce qui s’est traduit par une hausse progressive des performances cognitives.

Or plusieurs études menées dans les pays occidentaux indiquent aujourd’hui une rupture historique. En Norvège, au Danemark, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne ou aux États-Unis, certaines capacités cessent de progresser et commencent parfois à régresser. Il ne s’agit pas nécessairement d’une baisse uniforme de l’intelligence humaine, mais d’un recul ciblé de compétences fondamentales : compréhension écrite, richesse du vocabulaire, culture générale, raisonnement verbal et capacité d’attention.

Michel Desmurget insiste sur ce point : l’intelligence ne se réduit pas à un chiffre de quotient intellectuel ni à quelques épreuves standardisées. Les aptitudes humaines sont multiples : créativité, intelligence sociale, adaptabilité ou compétences émotionnelles. Toutefois, les capacités qui semblent aujourd’hui fragilisées sont précisément celles qui structurent la pensée approfondie. Le langage ne sert pas seulement à communiquer : il organise la réflexion. Plus une personne possède de vocabulaire, de connaissances et une bonne maîtrise de la langue, plus elle peut comprendre des idées complexes, établir des liens entre elles et exercer son esprit critique.

Plusieurs facteurs semblent converger vers ce déclin. Les pratiques de lecture longue se sont fortement réduites, les échanges verbaux familiaux diminuent, le sommeil se dégrade et les activités récréatives numériques occupent une place croissante. Les environnements numériques actuels privilégient les contenus courts, rapides et émotionnels. Notifications, vidéos brèves, défilement continu et récompenses immédiates entraînent une sollicitation permanente de l’attention.

Pour Michel Desmurget, il devient difficile de considérer les écrans comme un simple facteur secondaire. Sans être l’unique cause, leur rôle paraît de plus en plus solidement étayé. De nombreuses études convergent : une exposition importante aux écrans récréatifs est associée à une baisse de la concentration, des performances scolaires et du temps consacré à des activités intellectuellement structurantes. Des expériences montrent également que l’introduction précoce de téléphones intelligents, consoles ou tablettes peut affecter les capacités attentionnelles.

L’un des effets les plus préoccupants concerne la fragmentation de l’attention. Les outils numériques modernes habituent l’esprit à passer sans cesse d’un stimulus à un autre. Cette hyperstimulation peut améliorer certaines réactions rapides ou formes d’attention visuelle, mais elle ne développe pas l’attention soutenue nécessaire à la lecture, à l’apprentissage approfondi ou à la résolution de problèmes complexes. En d’autres termes, savoir naviguer rapidement entre des contenus ne signifie pas mieux comprendre ni mieux raisonner.

La lecture occupe une place particulière dans cette analyse. Elle constitue l’un des outils les plus puissants du développement intellectuel. Lire enrichit le vocabulaire, améliore l’expression, développe les connaissances générales et favorise la structuration de la pensée. La lecture de romans contribue même à renforcer l’empathie et la compréhension d’autrui. Son recul massif pourrait donc avoir des effets bien plus larges qu’une simple baisse des habitudes culturelles.

Les systèmes éducatifs occidentaux ont parfois renforcé cette évolution en associant modernisation et numérisation. Tablettes, plateformes numériques et enseignement fortement médiatisé ont souvent été présentés comme des solutions d’avenir. Pourtant, les évaluations internationales concluent généralement à des effets modestes ou parfois négatifs lorsque ces outils remplacent les apprentissages fondamentaux. Certains pays nordiques, pionniers dans ce domaine, commencent aujourd’hui à revoir leur stratégie après avoir observé une dégradation des performances en lecture.

À l’inverse, plusieurs pays asiatiques comme Singapour, le Japon ou la Corée du Sud semblent mieux résister à cette tendance. La différence ne tient pas à un rejet de la technologie, mais à son encadrement. Les outils numériques y restent davantage subordonnés aux fondamentaux : lecture, mémorisation, discipline de travail et maîtrise du langage. L’idée est de construire d’abord des bases solides avant d’intégrer massivement les technologies.

L’enjeu dépasse largement l’école. Les compétences intellectuelles constituent une part essentielle du capital humain d’un pays. Innovation, recherche, productivité économique ou qualité du débat public dépendent largement de la capacité des citoyens à comprendre des informations complexes, à exercer leur jugement et à produire de nouvelles connaissances. Une société qui lit moins, mémorise moins et se concentre moins risque aussi de devenir moins créative et moins innovante.

Le véritable problème ne résiderait donc pas dans la technologie elle-même. Ordinateurs, internet ou intelligence artificielle peuvent être de puissants outils lorsqu’ils servent l’apprentissage. Ce qui inquiète davantage est un modèle économique fondé sur la captation continue de l’attention. Les grandes plateformes numériques cherchent avant tout à prolonger le temps passé devant l’écran grâce à des mécanismes conçus pour créer une forme de dépendance. Le débat ne porte donc pas tant sur la technologie que sur l’acceptation d’un environnement numérique conçu pour monopoliser durablement l’attention humaine, y compris celle des enfants.

Et la démographie, l'immigration, la composition des familles ?

L'argumentation de Michel Desmurget met surtout l’accent sur les transformations de l’environnement cognitif : écrans récréatifs, recul de la lecture, sommeil, fragmentation de l’attention et pratiques éducatives. Il raisonne principalement en termes d’environnement culturel et comportemental, davantage qu’en termes de composition démographique.

Toutefois la question du changement démographique parmi les jeunes nous semble légitime, car un changement de composition de population peut influencer certaines statistiques globales. Si une société accueille davantage de familles récemment immigrées (comme l'Occident et à l'inverse de l'Extrême Orient), avec des enfants qui apprennent encore la langue du pays d’accueil, cela peut temporairement affecter des résultats scolaires ou des tests fortement dépendants du langage, du vocabulaire ou des références culturelles. Ce n’est pas une hypothèse absurde : la maîtrise linguistique influence fortement certaines mesures.

Mais plusieurs nuances importantes s’imposent : des baisses ont également été observées chez des populations où les changements migratoires seuls paraissent insuffisants pour expliquer l’ampleur du phénomène. Une étude majeure sur environ 730 000 conscrits norvégiens n’a pas seulement observé un ralentissement puis une baisse des scores ; elle a comparé des frères au sein des mêmes familles. Résultat : les frères plus jeunes obtenaient des résultats inférieurs aux aînés. Cette méthode est importante, car elle neutralise une grande partie des explications liées à la composition globale de la population (immigration, origine familiale, changements démographiques massifs). Autrement dit, si le phénomène apparaît à l’intérieur d’une même famille, il devient difficile de dire : « la moyenne baisse parce que la population a changé ». La population n’a pas changé entre deux frères nés des mêmes parents.

Si la démographie et l'immigration peuvent être des facteurs parmi d’autres, il est difficile d’en faire une explication unique ou dominante sans données précises.

D’ailleurs, plusieurs chercheurs ont discuté d’explications concurrentes ou complémentaires : évolution de la structure familiale, changements éducatifs, inégalités sociales, nutrition, santé, pollution environnementale, baisse de lecture, temps d’écran, etc. Le débat scientifique est plus ouvert que ne le laisse parfois entendre une présentation centrée sur les écrans.

Lorsqu’un phénomène touche une société entière, il faut se demander si la population observée a changé autant que son environnement. Les deux peuvent agir simultanément.

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Baisse du niveau scolaire : la Suède délaisse le numérique et revient aux manuels scolaires

 
 
 

dimanche 24 novembre 2024

Suède — 79 % des réfugiés sont déjà retournés en vacances dans le pays qu'ils ont fui

Une nouvelle enquête de la firme Novus, publiée par le journal en ligne suédois Bulletin, montre que plus de 85 % des personnes nées à l’étranger sont retournées à un moment ou à un autre dans leur pays d’origine pour y passer des vacances. Parmi ceux qui sont arrivés en Suède en tant que réfugiés, la proportion de ceux qui ont passé des vacances dans leur ancien pays d’origine est de 79 %.

Partir en vacances dans le pays que l’on a fui est devenu un sujet de discussion dans les pays européens ces dernières années. Bulletin a demandé à Novus d’enquêter sur la façon dont les personnes nées à l’étranger perçoivent la migration de retour, l’éducation de leurs enfants et les vacances dans leur pays de naissance. L’échantillon est composé de 1050 personnes nées à l’étranger et l’enquête a été menée entre le 18 et le 24 août.

L’enquête montre que seuls deux pour cent des personnes nées à l’étranger prévoient de retourner dans leur pays de naissance à l’avenir, tandis que 16 % répondent peut-être. 76 % déclarent avoir l’intention de rester, parmi ceux qui sont venus en Suède d’un pays étranger, la proportion est de 81 %. 53 % des personnes nées à l’étranger pensent que la Suède est un meilleur pays pour leurs enfants par rapport à leur pays d’origine, tandis que 9 % pensent que la Suède est pire que leur pays d’origine. 33 % ne répondent ni l’un ni l’autre.


Passer ses vacances dans son pays d’origine

Selon l’enquête Bulletin/Novus, 85 % des personnes nées à l’étranger ont déjà visité leur pays d’origine pour y passer des vacances. Parmi les immigrants familiaux, 92 % sont retournés au moins une fois dans leur pays d’origine pour y passer des vacances, contre 79 % pour les réfugiés. Le groupe de personnes nées à l’étranger qui compte la plus forte proportion de personnes n’ayant jamais passé de vacances dans leur pays de naissance est celui des adoptés, dont 41 % n’ont pas visité leur pays de naissance depuis leur arrivée en Suède.

Novus souligne qu’il est dans la nature des choses que les personnes qui participent à ses enquêtes soient raisonnablement bien intégrées en Suède, puisqu’elles répondent aux questions en suédois. Les conditions politiques dans leur pays d’origine peuvent donc avoir changé avec le temps.

Toutefois, 79 % restent un chiffre très élevé, étant donné qu’il s’agit de personnes qui sont venues en Suède et ont déclaré être des réfugiés.

En Norvège, le quotidien Aftenposten a rapporté en 2018 que 24 % des immigrants de Somalie, 40 % des immigrants d’Afghanistan, 55 % des immigrants d’Iran et 71 % des immigrants d’Irak se rendaient régulièrement dans leur pays d’origine. Selon Aftenposten, les données ont été compilées par les Statistiques de Norvège (SSB). Une différence par rapport à l’enquête Bulletin/Novus réside dans le fait que les chiffres norvégiens représentent le pourcentage d’immigrants qui passent régulièrement des vacances dans leur pays d’origine, tandis que les chiffres suédois indiquent ceux qui ont voyagé au moins une fois.

La plupart des pays autorisent les personnes devenues citoyennes à retourner dans leur pays d’origine pour les vacances. Dans le même temps, le fait que tant de personnes arrivées à l’origine en tant que réfugiés retournent dans leur pays d’origine suggère que le besoin de protection n’est plus d’actualité, ou qu’il n’a peut-être jamais été très fort.

Les règles applicables aux demandeurs d’asile qui n’ont pas obtenu la citoyenneté varient selon les pays. En Suède, aucune restriction n’est imposée aux réfugiés qui ont obtenu la résidence permanente pour retourner dans leur pays d’origine. Toutefois, le statut de réfugié peut être révoqué s’il s’avère que la personne n’a plus besoin de la protection internationale de son pays d’origine, et dans les cas où il est établi que les demandeurs d’asile ont fourni de fausses informations sur leur besoin de protection. D’autres pays ont des règles plus strictes. La Suisse, par exemple, n’autorise pas les demandeurs d’asile à retourner dans leur pays d’origine pour voir des membres de leur famille ou partir en vacances, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Dans ce cas, le ressortissant étranger perd le droit de continuer à détenir un permis de séjour en Suisse, selon le HCR.

En Allemagne, les voyages de vacances des demandeurs d’asile dans leur pays d’origine sont également devenus une question politique, les voyages de vacances étant considérés comme incompatibles avec l’affirmation selon laquelle ils ont fui pour sauver leur vie et cherché une protection en Allemagne en raison du danger qui les guette dans leur pays d’origine. Dans une déclaration faite en 2019, Horst Seehofer, alors ministre de l’Intérieur de l’Allemagne, a averti les réfugiés qu’ils feraient l’objet d’une enquête et se verraient retirer leur permis de séjour s’ils se rendaient dans leur pays d’origine.

« Si quelqu’un, un réfugié syrien, passe régulièrement des vacances en Syrie, il ne peut pas honnêtement prétendre être persécuté en Syrie », a-t-il déclaré, ajoutant « nous devrions le priver de son statut de réfugié ».

Par exemple, selon DW (Deutsche Welle), en 2016, des enquêtes ont permis à 66 réfugiés d’Irak et de Syrie de se voir retirer leur permis de séjour et d’être considérés comme n’ayant plus besoin de protection parce qu’ils avaient voyagé dans leur pays d’origine.

Angela Merkel a également critiqué les voyages de vacances des réfugiés dans leur pays d’origine, affirmant que cela pourrait être interprété comme une réévaluation de leurs besoins de protection.

Source : Bulletin (Suède)


dimanche 12 novembre 2023

Norvège — Les écoles chrétiennes menacées par le budget prévisionnel 2024

Présentée dans le budget prévisionnel 2024, la forte réduction des subventions menace directement les écoles chrétiennes en Norvège. Elles expriment de grandes inquiétudes quant à leur avenir.

Certaines pourraient fermer. Les écoles chrétiennes de Norvège ont découvert avec grand étonnement le plan du gouvernement. Présenté le 6 octobre, le budget prévoit en effet une réduction des subventions aux établissements scolaires de 4,3 millions d’euros. D’ici cinq ans, le gouvernement projetterait ainsi d’économiser environ 42 millions d’euros, selon le quotidien Vart Land.

« C’est très grave »

Cette réduction de subventions concerne au moins 110 établissements chrétiens. Conseillère principale de l’Association des écoles chrétiennes libres, Sidsel Høland Olausson exprime son désarroi: «C’est très grave et cela signifie que les écoles doivent licencier du personnel. Nous imaginons également que des écoles devront fermer à cause de cela».

Par ailleurs, l’ancien Ministre des Finances (janvier 2020 et octobre 2021), Jan Tore Sanner incite le gouvernement «à retirer la proposition et à proposer un ajustement dans le budget». Le parlementaire du Parti conservateur pointe le «manque de dialogue» avec les organisations d’écoles indépendantes. Selon lui, la proposition envoyée aux établissements en janvier 2022 est «peu documentée et mal formulée».

Source

samedi 4 novembre 2023

Immigration : les pays nordiques renforcent leur coopération pour faciliter les expulsions de clandestins

Le Danemark, la Suède, la Norvège, la Finlande et l'Islande organiseront notamment des « vols Frontex communs » afin de transporter les clandestins vers leur pays d'origine.

Les pays nordiques durcissent leur politique d’immigration. Au terme d’une réunion de deux jours, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Finlande et l’Islande ont convenu de renforcer leur coopération afin de faciliter le renvoi de sans-papiers. Pour ce faire, les pays nordiques se sont entendus sur trois mesures cruciales, rapporte Le Figaro.

En premier lieu, les représentants de ces cinq pays se rencontreront régulièrement, afin de « renforcer ensemble la coopération avec les pays tiers pour mieux réaliser les retours vers les pays concernés, et pour apporter un soutien à la réintégration », a annoncé le ministère danois des Migrations, mardi 31 octobre. Deuxièmement, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Finlande et l’Islande organiseront des « vols Frontex communs », afin de renvoyer les migrants qui se trouvent en situation irrégulière sur leur sol. Créée en 2004, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes vise à aider les États membres de l’UE à protéger les frontières extérieures de l’espace Schengen.

Une politique migratoire dissuasive

En outre, ces pays nordiques se sont mis d’accord afin « d’aider ensemble les migrants en situation irrégulière en Afrique du Nord ». Ces clandestins se verront ainsi « proposer un rapatriement volontaire vers leur pays d’origine ainsi qu’une aide à la réinstallation dans le pays tiers », a précisé le ministère danois des Migrations.

Depuis maintenant dix ans, le Danemark mène une lutte acharnée contre l’immigration illégale. Si les expulsions sont facilitées, les conditions du droit d’asile ou de l’acquisition de la nationalité ont elles aussi été durcies. Ainsi, toute condamnation à une peine d’amende entraîne un report de l’examen de la demande d’asile, et une peine de prison empêche définitivement un étranger de demander la nationalité.

mardi 8 août 2023

Les Pays nordiques veulent limiter la place de l’anglais à l’université

De nombreux citoyens du Danemark, de la Finlande, des Pays-Bas, de la Norvège et de la Suède parlent couramment l’anglais et impressionnent souvent les touristes par leur maîtrise de la langue. Toutefois, cette aptitude a également suscité des controverses, car les universités sont devenues d’excellentes institutions internationales proposant des cours dispensés principalement, voire entièrement, en anglais.

Certains citoyens des Pays-Bas et des pays nordiques s’interrogent sur la place qui sera dévolue à leur langue nationale si leurs universités phares dispensent de moins en moins de cours dans cette langue. Les linguistes parlent de « perte de domaine ». La langue ne disparaît pas, puisque de nouvelles générations d’enfants continuent d’être élevées dans cette langue, mais les locuteurs l’utilisent dans moins de contextes éducatifs.

En juin, Robbert Dijkgraaf, ministre de l’Éducation des Pays-Bas, a annoncé qu’au moins deux tiers de l’enseignement dans les programmes de premier cycle devraient être dispensés en néerlandais. Les dirigeants des universités ont mal pris cette décision. Le directeur de l’université technologique d’Eindhoven a déclaré que « pour un certain nombre de cours, nous ne pouvons même pas trouver de professeurs qui parlent néerlandais », citant l’exemple de l’intelligence artificielle. (Le gouvernement néerlandais est tombé par la suite, laissant la politique dans les limbes.)
 
On craint qu’une langue comme le néerlandais, si elle est négligée dans les contextes éducatifs, finisse par manquer du vocabulaire nécessaire pour les sujets les plus pointus. Les personnes discutant de ces sujets devront agrémenter leur néerlandais de mots anglais, jusqu’à ce que cette façon de parler devienne si encombrante qu’ils passeront entièrement à l’anglais. Cela risque de laisser l’impression que le néerlandais est en quelque sorte indigne, ce qui alimente un cercle vicieux.

Les préoccupations linguistiques ont été renforcées par les problèmes économiques. Les universités européennes sont largement ou entièrement financées par l’État. Dans certains pays, les étudiants étrangers exercent une pression sur des ressources rares telles que le logement. (Quelque 120 000 étudiants vivent aux Pays-Bas, l’un des pays les plus densément peuplés d’Europe). Dans d’autres pays, comme le Danemark, ils peuvent même recevoir des bourses pour couvrir leurs frais de subsistance. Si les étudiants terminent leur cursus sans jamais avoir appris la langue locale, ils risquent de partir au lieu de rester et de contribuer à l’économie. Pourquoi les pays devraient-ils subventionner ces diplômes sans aucun bénéfice pour le pays d’accueil ?
 
La cause réside en partie dans les efforts nécessaires pour attirer des enseignants et des étudiants de qualité [selon les classements très discutables des universités] — et pourrait être une conséquence involontaire de ces efforts. Michele Gazzola, de l’université d’Ulster à Belfast, note que les classements mondiaux des universités, tels que celui réalisé par le Times Higher Education, prennent en compte le nombre d’étudiants et d’enseignants internationaux dans le cadre de leur évaluation. Cela incite les universités à tenter de les attirer afin de progresser dans les classements et, par conséquent, à proposer toujours plus de cours en anglais. [À ce sujet : « Les classements évaluent très peu la qualité de l'enseignement » de déclarer Matthieu Gillabert, professeur d'histoire à l'Université de Fribourg dans Que valent les classement des universités ?]

Comme les Pays-Bas, le Danemark a suscité la controverse. En 2021, dans le but de stimuler l’apprentissage du danois à l’université, le gouvernement a limité le nombre de places dans les cours dispensés uniquement en anglais. Cette année, il semble qu’il ait encore changé d’avis, en augmentant le nombre de places dans les programmes de maîtrise en anglais. Janus Mortensen, de l’université de Copenhague, explique que la récente politique linguistique de son établissement prévoit que les enseignants titulaires devront « contribuer » à l’enseignement en danois dans un délai de six ans. L’université doit mettre à disposition du temps et des cours — les professeurs ne sont pas censés apprendre la langue pendant leur temps libre — mais on ne sait pas exactement ce qu’il adviendra de ceux qui ne respecteront pas ce délai.

L’université d’Oslo prescrit également un « parallélisme linguistique ». Le norvégien doit être la principale langue d’enseignement, l’anglais étant utilisé « lorsque c’est approprié ou nécessaire » ; tous les étudiants et enseignants doivent se voir proposer des cours d’apprentissage du norvégien ; les résumés des publications doivent être rédigés dans les deux langues ; l’université doit donner la priorité au développement de la terminologie technique en norvégien, et ainsi de suite. C’est le genre de politique que l’on peut attendre de riches et raisonnables Scandinaves. Elle est aussi potentiellement redondante, coûteuse et vague. Qui, par exemple, décidera quand l’anglais est « approprié » ?
 
Dans le passé, la résistance à l’anglais s’est surtout manifestée en France, qui n’appréciait pas la primauté de l’anglophone (et le déclin de la domination du français). Il s’agissait d’une simple question de concurrence entre les langues. Aujourd’hui, certains des pays les plus libéraux et les plus polyglottes du monde commencent à s’inquiéter de la domination de l’anglais. C’est une conséquence de leur succès. Si tous les habitants peuvent passer d’une langue à l’autre, la nature à somme nulle de la concurrence est réduite, mais elle n’est pas éliminée. Les Européens du Nord apprennent que leurs langues ont aussi besoin d’être entretenues. 

Source : The Economist

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mardi 23 mai 2023

Norvège rejoint Suède, Finlande, Royaume-Uni, Kentucky, Texas et Floride en interdisant la stérilisation, la castration et les mastectomies sur les mineurs

La semaine dernière, le Comité norvégien d’enquête sur les soins de santé a annoncé qu’il allait réviser ses lignes directrices actuelles concernant les soins dits « d’affirmation du genre » pour les mineurs, car il ne les considère plus comme fondées sur des preuves. Le conseil a également reconnu que le nombre croissant d’adolescentes qui s’identifient comme des hommes après la puberté reste sous-étudié.

Selon les lignes directrices actualisées proposées, l’utilisation de bloqueurs de puberté, d’hormones de sexe opposé et de chirurgie liée à la transition serait limitée aux contextes de recherche et ne serait plus proposée dans des contextes cliniques. La Norvège rejoint la Finlande, la Suède et le Royaume-Uni dans l’introduction d’une plus grande protection des enfants. Aux États-Unis, huit États ont jusqu’à présent interdit les soins affirmatifs aux personnes de moins de 18 ans, le Tennessee étant le dernier à avoir adopté une telle législation.

Il est bon que davantage d’organisations professionnelles reconnaissent la nature expérimentale de cette approche chez les enfants. Un certain nombre d’études montrent que la plupart des enfants souffrant de dysphorie de genre se sentent à l’aise dans leur corps à la puberté et que ceux qui souhaitent effectuer une transition soudaine après la puberté peuvent être victimes d’une contagion sociale. Ces études ont été rejetées parce qu’elles ne correspondent pas au discours militant préféré.

Selon la Dr Debra Soh, ce discours militant, cependant, va continuer à s’effondrer. Un article récent publié dans la revue universitaire Archives of Sexual Behavior explique comment l’effet placebo n’a pas été suffisamment pris en compte dans l’interprétation des nouvelles découvertes en faveur de la transition chez les enfants. Bien que le terme « effet placebo » fasse généralement référence à la réaction d’un patient à une intervention inefficace, il peut également décrire les effets psychologiques et physiques bénéfiques associés à un traitement, par opposition au traitement lui-même.

Par exemple, la participation à une étude permet souvent d’accorder une attention particulière à un patient et de s’attendre à ce que son état (par exemple, la dysphorie de genre) s’améliore. Si cela peut être positif dans un contexte thérapeutique, les chercheurs ne devraient pas souhaiter que les résultats de l’étude soient confondus, car l’objectif de la recherche est de déterminer objectivement si un traitement est efficace ou non. Cela est particulièrement important lorsqu’il s’agit d’évaluer des interventions qui peuvent avoir des conséquences sur la fertilité, le fonctionnement sexuel futur et la santé à long terme d’une jeune personne.

vendredi 15 juillet 2022

Norvège — féministe risque 3 ans de prison pour avoir dit qu'un homme ne peut être lesbienne


Une féministe norvégienne qui a déclaré à Tucker Carlson sur Fox News (vidéo ci-dessous) être de gauche risque jusqu’à trois ans de prison pour avoir déclaré que les hommes biologiques ne peuvent pas être lesbiennes.

Christina Ellingsen, de l’organisation féministe mondiale Women’s Declaration International (WDI), fait l’objet d’une enquête policière pour avoir formulé cette affirmation dans un tweet dans lequel elle critiquait le groupe d’activisme trans FRI.

« Pourquoi le FRI enseigne-t-il aux jeunes que les hommes peuvent être lesbiennes ? N’est-ce pas une thérapie de conversion ? » a tweeté Ellingsen.

Elle a également remis en question la légitimité du conseiller de FRI Christine Jentoft qui s’identifie comme lesbienne bien qu’il soit né homme.

« Jentoft, qui est un homme et un conseiller au FRI, se présente comme une lesbienne — cela illustre jusqu’à quel point cette organisation qui prétend protéger les intérêts des jeunes lesbiennes est cinglée. Comment cela aide-t-il les jeunes lesbiennes lorsque des hommes prétendent aussi être lesbiennes ? », de déclarer Ellingsen.

« Vous êtes un homme. Vous ne pouvez pas être une mère », aurait déclaré Ellingsen à Jentoft.

« Normaliser l’idée que les hommes peuvent être mères est une forme définie de discrimination à l’égard des femmes. »

« Amnesty International accuse également Ellingsen de harcèlement pour avoir dit que Jentoft est un homme à la télévision nationale », rapporte Reclaim the Net.

Les lois norvégiennes sur les crimes de haine ont été rendues plus draconiennes l’an dernier pour faire de la critique de l’idéologie de genre un crime. En conséquence, Ellingsen risque jusqu’à trois ans de prison si elle est reconnue coupable.

« Pour certains groupes, le fait que les femmes et les filles soient des femmes et que les hommes ne puissent pas être des femmes, des filles, des mères ou des lesbiennes, est considéré comme haineux », a déclaré Ellingsen à Reduxx, ajoutant que la police enquêtait sur elle pour « avoir fait campagne pour les droits des femmes ». »

« Le fait que la police soit légalement en mesure d’enquêter et de persécuter les femmes qui défendent les droits des femmes est préoccupant », a déclaré Ellingsen.

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jeudi 20 janvier 2022

Norvège : vaccination des enfants (5 à 11 ans) limitée aux cas vulnérables

Les autorités norvégiennes estiment que les enfants de 5 à 11 ans pourraient être mieux protégés contre les futures variantes de la couronne s'ils sont infectés naturellement plutôt que vaccinés. Le vaccin sera une offre destinée aux personnes vulnérables.

L'autorité sanitaire norvégienne, l'Institut national de la santé publique, ne recommandera pas que les enfants âgés de 5 à 11 ans soient vaccinés contre le coronavirus. En effet, les enfants en retirent très peu de bénéfices pour eux-mêmes, on ne peut pas exclure des effets secondaires rares liés à la vaccination et les enfants sont alors mieux protégés par l'infection au virus que par les vaccins.

Cependant, le vaccin sera proposé à ceux qui le souhaitent, notamment les enfants atteints de maladies chroniques ou ayant des parents vulnérables (les enfants atteints des maladies chroniques les plus graves se voient déjà proposer le vaccin). Mais la plupart des enfants ne bénéficient pas de la vaccination, explique l'Institut national de la santé publique dans un entretien avec Politiken.

Source : Politiken.dk


lundi 1 novembre 2021

La Norvège défend l’environnement et les hydrocarbures… avec l'argent du pétrole et du gaz

Alors que le Premier ministre du Québec, François Legault, se vante d’interdire toute exploration et exploitation des hydrocarbures au Québec (voir le gisement Old Harry), la Norvège  joue résolument sur les deux tableaux : l’environnement (elle bénéficie d'un fort secteur hydroélectrique comme le Québec) et le pétrole pour maximiser ses chances de profiter de la conjoncture.


 

Le professeur Alejandro Varela pousse la porte de la salle et jette un œil. Il grimace. « Il y en a quatre qui ne viennent plus », dit-il. Il salue son collègue installé sous un écran géant noirci de formules mathématiques. Le cours de géophysique est désert. Seuls trois étudiants y participent, deux Italiens et un Ghanéen. Ils recopient les équations énoncées en anglais par l’enseignant. Celui-ci parle à voix basse, mais chacun l’entend dans cet amphi oublié conçu pour une centaine de personnes. « On sera bientôt plus nombreux que nos élèves », souffle Alejandro, Vénézuélien de 47 ans, titulaire d’un doctorat de géologie obtenu au Texas, employé depuis plus de dix ans à Stavanger, berceau de l’industrie pétrolière norvégienne. L’université est l’une des meilleures du pays, mais, pour lui, la rentrée s’annonce catastrophique. Les maîtrises spécialisées dans les hydrocarbures n’attirent que 35 postulants. Trois fois moins qu’il y a cinq ans ! Pourtant, il se démène. Il a rebaptisé sa discipline : plus question d’y faire apparaître « pétrole » ou « gaz », seules les « sciences de la Terre » y sont mentionnées. Mais rien ne bouge. « On nous a prévenus qu’il fallait remonter les courbes, sinon on risque de fermer le département », poursuit Alejandro.

Le désamour s’explique : sensibles [sensibilisés] à l’urgence climatique, les jeunes boudent les métiers polluants. Sauf qu’il frappe un lieu emblématique. C’est ici, sur les côtes de Stavanger, que l’ex-compagnie américaine Esso a entrepris, en 1966, ses premiers forages. Et que la folie de l’or noir a suivi, avec la découverte du gisement géant Ekofisk et la ruée des multinationales. C’est aussi ici que se bâtit la richesse d’un pays de 5,3 millions d’habitants, devenu le premier producteur de pétrole d’Europe de l’Ouest et le troisième exportateur mondial de gaz, derrière la Russie et le Qatar. Un demi-siècle plus tard, Stavanger et ses 140 000 âmes ont oublié les boîtes de sardines décorées de leur Viking moustachu, jadis l’unique ressource du coin. Le baril a transformé la vie des habitants des petites maisons de bois colorées. Le salaire moyen avoisine les 10 000 euros [14 300 $ canadiens] mensuels, et le sandwich aux crevettes roses, les 15 euros [21,4 $ canadiens]. Alors, au fond du fjord, derrière les façades de verre de l’université, les malheurs d’Alejandro illustrent le dilemme norvégien : comment défendre son statut de champion des hydrocarbures face au défi écologique ? Côté pile, tout va bien. La Norvège affiche de grandes ambitions environnementales : 70 % des voitures vendues sont électriques ; les véhicules essence ou diesel disparaîtront des catalogues en 2025 ; 93 % de l’électricité provient des barrages, et le chauffage au fioul est banni depuis l’an passé. Quant aux taxes sur les émissions de CO2, le pays prévoit de les quadrupler à l’horizon 2030. Objectif ? Atteindre la neutralité carbone en 2050, conformément à l’accord sur le climat.

Côté face, c’est plus compliqué. Les autorités protègent les puits, pourtant responsables d’un tiers des émissions. Pas question de fermer les robinets : la manne représente 14 % du PIB, plus de 40 % des exportations et près de 200 000 emplois. Et qu’importe si l’Agence internationale de l’énergie préconise l’arrêt immédiat des développements de nouveaux gisements afin de respecter les critères de 2050. Certes, la classe politique s’accorde à penser que l’ère pétrolière s’achèvera un jour, mais ce jour appartient à un horizon lointain.

Tentation. À la chambre de commerce de Stavanger, un homme incarne la procrastination norvégienne : Ulf Rosenberg, une carrière consacrée à l’énergie, influent conseiller de la ville et tromboniste à ses heures perdues. Il déplie une carte constellée de pastilles noires. On y dénombre 37 champs récemment découverts — y compris en mer de Barents, la nouvelle province pétrolière et gazière arctique — et prêts à jaillir au cours des deux prochaines années. « Il y en a pour au moins 30 milliards d’euros d’investissements, affirme-t-il, enthousiaste, 45 milliards en comptant large. » Il désigne deux pépites sous-marines, l’une toute au nord, Wisting, l’autre à l’ouest, Noaka : « Si les autres ont des réserves de 100 millions de barils, ces deux-là peuvent en atteindre 500 millions. » Abandonner le pétrole et le gaz ? « Pourquoi ? Vous voulez dépendre de Poutine et de l’Algérie ? » répond-il. Avant d’ajouter, se voulant rassurant : « On n’augmente pas nos investissements, ils restent stables. »

Et ce n’est pas le nouveau gouvernement travailliste issu des élections de septembre qui entend freiner le rythme. « On se concentrera sur les petits champs », a tout de même précisé le Premier ministre Jonas Gahr Store, un francophile, ancien de Sciences Po Paris. Un engagement qui laisse perplexe. « Ils ont besoin d’une grosse découverte pour maintenir l’activité, alors ils accorderont de nouvelles licences d’exploration », regrette l’expert Jon Evang, de l’Institut Zero, organisme chargé de conseiller la nouvelle équipe au pouvoir sur la stratégie environnementale. « Ce n’est plus “fore, bébé, fore”, poursuit-il en reprenant le credo des lobbys pétroliers, mais “fore encore un petit peu plus”. » 

Autre symptôme du malaise : la lenteur avec laquelle le pays procède à la fermeture de sa dernière mine de charbon, dans l’archipel arctique du Svalbard. Une échéance fixée à 2023 vient enfin de tomber. Mais, d’ici là, l’exploitant a reçu l’autorisation de gonfler sa production. Résultat, sur la scène politique, les positions se crispent. Le nouveau gouvernement a échoué à rallier le Parti socialiste de gauche, pourtant candidat à la coalition. « On demandait la fin de l’exploration, mais ils veulent encore produire pendant vingt à vingt-cinq ans », souligne la députée Kari Elisabeth Kaski, 34 ans, connue pour avoir arraché, il y a deux ans, l’interdiction des projets de forage au large des îles Lofoten, où se trouve la plus grande barrière de corail en eaux froides. « Il va falloir que l’on pousse au Parlement en menaçant de ne pas voter le budget. »

Statu quo. En face, les partisans du statu quo soignent leurs arguments. Et usent d’une tactique : jouer sur les deux tableaux. Oui, il faut continuer, mais en participant à la transition verte, affirment-ils. À Stavanger, au siège de la compagnie nationale Equinor (ex-Statoil), détenue à 70 % par l’État, les professions de foi écologiques s’enchaînent. L’énergie éolienne ? Une capacité de 12 à 16 gigawatts, essentiellement en mer, arrivera sur le marché d’ici à 2030, soit l’équivalent de 13 réacteurs nucléaires. L’hydrogène ? Des projets se développent dans le nord de l’Angleterre et en Allemagne. La capture et le stockage de dioxyde de carbone ? Un partenariat voit le jour avec Shell et Total. « Mais on veut que tout cela soit profitable, nuance Philippe Mathieu, un Français chargé de la stratégie du groupe. Et, pour assurer le financement, nous avons besoin de l’argent généré par nos activités d’hydrocarbures. »

Du coup, l’affaire risque de traîner. Le plan d’Equinor prévoit qu’en 2030 la moitié des investissements ira aux énergies renouvelables. On en est loin. Pour l’heure, 5 % leur sont alloués.

[…]

[L]e pays peut compter sur un fabuleux trésor : son fonds souverain — le plus élevé du monde —, estimé à 1 162 milliards d’euros, alimenté par les taxes pétrolières et prospérant via ses placements en actions auprès de 8 800 entreprises, au point de détenir 1,5 % de la capitalisation boursière de la planète. Une simple remontée des cours et ses réserves gonflent de 100 milliards d’euros ! Or ce magot — quatre fois le PIB du pays —, destiné à payer les retraites des futures générations, personne n’entend y toucher. Il réconforte. « Après la guerre, on était le pays le plus pauvre d’Europe, explique Ingrid, venue d’Oslo en famille visiter le musée du pétrole à Stavanger. On tient à notre niveau de vie. » Puis, se tournant vers son fils qui s’extrait d’une capsule sous-marine exposée : « Tu te souviens des intérêts dégagés cette année par notre fonds ? » « Plus de 10 % », répond-il sans hésiter.

À Oslo, le ministre du Climat et de l’Environnement, Espen Barth Eide, est, lui, catégorique. « Si demain la production pétrolière s’interrompt, cela n’empêchera pas le fonds d’augmenter, même lentement. » Mais, là encore, on le pare d’une identité verte pour masquer ses origines fossiles. « Nous souhaitons qu’il investisse dans des firmes engagées dans une stratégie zéro carbone », poursuit le ministre. Un bas de laine gorgé d’or noir qui sert à donner des leçons de vertu. Ainsi va le paradoxe norvégien… « Bien sûr qu’on a une responsabilité morale, admet l’ex-vice-ministre de l’Énergie Tony Christian Tiller, 40 ans, fier de se rendre en bus à son bureau. D’ailleurs, nos taxes sur le carbone remontent aux années 1990, quand d’autres subventionnaient encore leurs industries fossiles. »

[…]

Pétrole : 1er producteur en Europe
Les plus grands producteurs de pétrole brut en 2019, en millions de barils par jour


Gaz : 3e exportateur mondial
Exportations nettes de gaz naturel en 2019, en milliards de mètres cubes


(Source : BP Statistical Review of World Energy 2020.)

Le pétrole brut et le gaz naturel représentent 42 % de la valeur totale des exportations norvégiennes de marchandises en 2020.

Source : Le Point

Voir aussi 

The Guardian : nous avions tort au sujet du pic pétrolier (2012) 

Quarante-neuf prédictions écoapocalyptiques qui ne se sont jamais réalisées  

Côte d'Ivoire : « Découverte majeure » de pétrole et de gaz naturel (2021)

Alaska : gisement géant de 1,2 milliard de barils (168 millions de tonnes de brut) (2017)

Chine : découverte du plus grand gisement de pétrole de schiste jamais découvert (2021)

Turquie : découverte de 405 milliards de mètres cubes de gaz naturel en mer Noire (2021)

Abou Dhabi : 22 milliards de barils de pétrole non conventionnel récupérables ont été découverts (2020)

Mexique : l'une des dix « découvertes [de pétrole] les plus importantes au monde au cours des 15 dernières années » (2018)

Bahrein : découverte du plus grand champ pétrolier jamais découvert sur le territoire (2018)

« Urgence climatique » — Le point de rupture à nouveau reporté ? (Pas grave, les gens oublient)

Greta La Science Thunberg devant le Congrès : « Même avec 1 ° C, un nombre inacceptable de vies perdues »

Climat et élèves en grève : « On ne veut pas mourir dans 10 ans » (m-à-j)

Allemagne — les élèves qui ne manifestent pas pour le climat « ont un problème ».

Québec — consommation d’antidépresseurs a augmenté de 68 % chez jeunes filles au cours des 5 dernières années
 

Les États-Unis bientôt premier producteur de pétrole grâce aux schistes... Que fait le Québec ?

 

samedi 25 septembre 2021

La Covid-19 en Norvège peut désormais être comparée à la grippe, selon le chef de la santé

Le coronavirus peut désormais être classé parmi plusieurs maladies respiratoires à variations saisonnières, a déclaré Geir Bukholm, directeur adjoint de l’Institut norvégien de santé publique.

Depuis un an et demi, le Covid-19 est classé comme une maladie généralement dangereuse. Cependant, cela pourrait changer bientôt, car le directeur adjoint de l’Institut norvégien de santé publique (NIPH), Geir Bukholm, a déclaré que le coronavirus peut désormais être classé dans la même catégorie que des maladies telles que la grippe, le rhume et le VRS (virus respiratoire syncytial). Le virus respiratoire syncytial est la cause la plus fréquente, dans le monde, d’infections respiratoires des jeunes enfants. Très contagieux, ce virus infecte principalement les nourrissons âgés de moins de deux ans. Chez l’adulte, l’infection à VRS est rare, bénigne (sauf chez le sujet âgé), elle est responsable d’une rhinite ou d’un syndrome pseudogrippal.

« Nous sommes maintenant dans une nouvelle phase où nous devons considérer le coronavirus comme l’une des nombreuses maladies respiratoires à variations saisonnières », a déclaré Bukholm au journal VG.

La semaine dernière, le ministère de la Santé et des Affaires sociales a demandé à l’Institut norvégien de santé publique d’évaluer si Covid-19 était toujours une maladie dangereuse.

Alors que l’Institit n’a pas encore rendu ses conclusions, son directeur adjoint a clairement indiqué que le niveau de danger de la Covid serait abaissé.

La gravité de la Covid pourrait désormais être comparée à celle du rhume et de la grippe, car la grande majorité des personnes les plus à risque de développer une maladie grave lorsqu’elles sont infectées sont désormais complètement vaccinées.

« C’est parce que la grande majorité des personnes à risque sont protégées », a expliqué Bukholm.

« Et bien que l’infection circule toujours, le nombre d’hôpitaux reste faible. Ainsi, le coronavirus n’entraînera pas une lourde charge pour les services de santé. Pour les personnes vaccinées qui peuvent être infectées et développer des symptômes, la grande majorité présentera de légers symptômes ressemblant à un rhume. »

Cependant, Bukholm a averti que même si Covid pouvait désormais être comparé à d’autres maladies respiratoires courantes, la pandémie était loin d’être terminée.

« La pandémie n’est pas terminée tant qu’elle existe dans le monde et dans les pays où la couverture vaccinale est encore faible. Tant que les maladies se propageront dans le monde, il y aura toujours une pandémie », a averti Bukholm. [Même là, le coronavirus existe dans des réservoirs animaux, il est douteux que ces animaux seront tous vaccinés…]

VG a émis l’hypothèse que le déclassement de la maladie pourrait être un signe que la levée des dernières restrictions nationales de Covid-19 pourrait être imminente.

Le document pointe le Danemark où les restrictions liées à la Covid-19 ont été levées le 10 septembre quand les autorités ont déclaré que le coronavirus n’était plus considéré comme une maladie dangereuse.

Voir aussi

Covid — Le Danemark dépasse la Suède et devient le pays nordique avec le moins de restrictions

Bienvenue au Danemark, le pays qui a « vaincu » le Covid-19

dimanche 5 septembre 2021

Covid — Le Danemark dépasse la Suède et devient le pays nordique avec le moins de restrictions

Le gouvernement danois ne considère plus la Covid-19 comme une menace critique pour la société.

Le pont de l’Oresund reliant le Danemark et la Suède avait été fermé plus tôt lors de la pandémie


Le Danemark, un pays dont la stratégie plus tôt lors de la pandémie de Covid était considérée comme le contraire de celle adoptée par la Suède, avec des restrictions frontalières et des fermetures d’écoles précoces, a désormais dépassé son voisin pour devenir le pays avec le moins de restrictions sanitaires en Scandinavie.

Un article paru aujourd’hui dans Svenska Dagbladet, un grand journal suédois, observe :

Tout d’un coup, on dirait le monde à l’envers : les Danois, qui au début de la pandémie battaient froid aux voyageurs suédois sur le pont de l’Oresund et leur disaient de s’en retourner dans leur pays parce que les restrictions suédoises contre la Covid étaient trop laxistes, lâchent désormais complètement les rênes.

– SVENSKA DAGBLADET

Les boîtes de nuit au Danemark sont ouvertes depuis la semaine dernière, et à partir du 10 septembre, les clients n’auront plus besoin de montrer leur « Coronapass » qui sert de preuve de vaccination ou d’un test négatif récent. Malgré un nombre de cas plus élevé que la Suède, toutes les restrictions restantes seront levées — le gouvernement danois ne considère plus Covid-19 comme une « menace critique pour la société ».

La Suède progresse plus prudemment. L’administration a établi un plan en 5 étapes pour lever les restrictions. L’étape 3 a été adoptée le 15 juillet, comprenant la fin de l’obligation de porter des masques dans les transports en commun et une augmentation de la taille des tables de restaurant autorisées de 4 à 8 convives.

L’étape 4, y compris la suppression de toutes les restrictions sur la taille des rassemblements, a été provisoirement fixée à septembre, mais, le nombre de cas augmentant doucement en Suède, la date n’a pas encore été confirmée. Les responsables de la santé ont averti qu’il pourrait être encore retardé, avec certaines restrictions jusqu’à l’année prochaine.

Lone Simonsen, professeur d’épidémiologie à l’université de Roskilde au Danemark, a déclaré à Svenska Dagbladet :

Les Suédois étaient sur la bonne voie plus tôt dans la pandémie. Anders Tegnell avait déclaré : « nous garderons les écoles ouvertes, nous devons faire attention à ne pas étrangler la société » puis a réussi à maîtriser l’épidémie tout au long de l’été 2020. C’est une histoire qu’on ne raconte pas assez souvent… Nous étions vraiment jaloux ici au Danemark, car nous étions davantage coincés à la maison.

– PROFESSEUR LONE SIMONSEN

Pendant ce temps, la Norvège, qui affichait auparavant le nombre de Covid les plus bas de la région, connaît une forte augmentation des infections. Jeudi a vu 1785 nouvelles infections, le nombre quotidien le plus élevé depuis le début de la pandémie au printemps 2020.

Entretemps au Québec, à la traîne de la France

Christian Dufour de La Presse revient sur la facilité inquiétante avec laquelle le Québec a imposé le passeport sanitaire, ce laissez-passer moderne.

Alors qu’on nous disait au départ que tout reposait sur la nécessité de sauver des vies, presque personne n’ose plus attirer l’attention sur le fait que la COVID-19 fait désormais peu de morts, 90 % des citoyens les plus vulnérables étant doublement vaccinés.

Le but premier est de protéger notre irréformable système de santé d’un variant Delta menaçant les jeunes non pas de mourir, mais d’être malades. En attendant d’autres variants potentiellement plus dangereux et résistants aux vaccins : Epsilon, Zêta, Êta… Sans parler du reste de la planète où la vaccination souvent tarde.

L’approche québécoise de cette crise comporte quelque chose de foncièrement malsain parce qu’elle est basée sur l’absurdité du risque zéro, elle est basée sur la peur de vivre.

On l’a encore vu la semaine dernière au sujet du passeport vaccinal qui entre en vigueur au Québec aujourd’hui et plus en tard en Ontario, et dont il faut rappeler qu’il n’est pas justifié par des motifs avant tout sanitaires.

Comme le couvre-feu, cette importation française est passée comme une lettre à la poste bien qu’il s’agisse véritablement d’une première : des Québécois qui se verront désormais imposer, comme les Français, le port d’une carte d’identité à présenter obligatoirement avec leur passeport vaccinal.

Il n’a pas fallu 48 heures pour qu’il soit à nouveau clair dans cette affaire que l’obsession de la sécurité l’emporte désormais sur la liberté au Québec.

[...]

Un peuple qui fait passer à ce point la sécurité avant la liberté ne peut pas devenir indépendant.

mardi 22 juin 2021

Plus de travail, moins de bébés ? Carriérisme contre familisme

Les taux de natalité ont atteint des niveaux extrêmement bas dans de nombreux pays du monde, notamment dans pratiquement tous les pays riches.

Les attitudes des gens envers le travail — en particulier la grande place prise par l’avancement de leur carrière parmi leurs priorités personnelles — peuvent influencer la fécondité.

Le dernier rapport de l’Institute for Family Studies (IFS) analyse deux théories rivales proposées pour expliquer la faible fécondité dans les pays développés :

  1. La théorie de la « deuxième transition démographique » met l’accent sur la montée d’attitudes individualistes comme principale cause de la baisse de la fécondité. 
  2. En revanche, la théorie de la « révolution sexuelle en deux temps » suggère que le changement en matière d’égalité entre les sexes a d’abord eu lieu dans des contextes publics (juridique, éducatif, professionnel) et, dans un second temps, dans des contextes privés (garde d’enfants partagée et travail domestique). Ce retard entraînerait la persistance d’inégalités au sein des couples, laquelle expliquerait, selon cette théorie, la réduction de la fécondité, car les femmes assument une part disproportionnée du travail à domicile. Si les hommes partageaient une part égale de ce fardeau, la baisse de la fécondité serait moindre.

L’IFS soutient que l’importance que les gens accordent au travail et à la famille est un facteur important pour la fécondité. Pour démontrer les implications de ces valeurs, que l’institut appelle le « carriérisme » et « familisme », le rapport explore la relation entre le travail, la famille, les attitudes envers les rôles sexuels et la fécondité à travers quatre ensembles de données différents.

L’étude utilise les données de l’Enquête mondiale sur les valeurs et de l’Enquête européenne sur les valeurs. Elles permettent d’évaluer l’impact de l’importance accordée à la famille et à la carrière, ainsi que les rôles sexuels au sein du couple, sur la fécondité au niveau national et individuel dans de nombreuses sociétés et à des époques différentes. L’IFS constate que les pays à revenu élevé qui deviennent plus carriéristes connaissent de fortes baisses de fécondité. Plus précisément, l’IFS affirme que :

  • Les valeurs et les attitudes sociales fortement axées sur le travail chez les hommes et les femmes sont fortement associées à des taux de natalité plus faibles dans les pays riches.
  • La baisse des taux de natalité au cours de la dernière décennie dans de nombreux pays à revenu élevé, y compris certains pays nordiques, peut s’expliquer en partie par l’importance croissante que les individus accordent au travail en tant que source de sens et de valeurs dans leur vie.
  • Les politiques gouvernementales qui tentent d’augmenter la fécondité en offrant plus d’avantages destinés aux travailleurs, tels que les programmes universels de garde d’enfants ou de congé parental, peuvent saper leurs efforts de redressement démographique, car elles renforcent l’idée que la vie idéale est « carriériste » plutôt que « familiste ».

Cette forte relation entre la priorité donnée ou non à la carrière et la démographie est une constatation importante pour les pays à faible fécondité. Pour les gouvernements, il met en lumière la difficulté de tenter d’augmenter la fécondité en réconciliant la carrière et la vie de famille. Dans la mesure où la politique familiale contribue à favoriser l’augmentation du temps de travail, les politiques visant à atteindre « l’équilibre travail/vie personnelle » peuvent être vouées à l’échec. Pour l’IFS, les réformes qui réduisent considérablement la charge de travail sur les familles sont plus susceptibles de produire des avantages démographiques à long terme.

Ces dernières années, le taux de fécondité a fortement chuté dans de nombreux pays progressistes que l’on croyait naguère à l’abri d’une fécondité très faible. On avait auparavant attribué à des valeurs égalitaires et à un État-providence généreux la natalité moins désastreuse des pays nordiques, mais depuis 2008, les taux de natalité dans ces pays ont néanmoins chuté.

Ces dernières années, des universitaires ont avancé une théorie séduisante pour les progressistes : une « courbe en U » décrirait la relation entre l’égalité des sexes et la fécondité. Au fur et à mesure que les sociétés deviennent plus égalitaires, la fécondité chute d’abord, probablement parce que les femmes ne sont plus enfermées dans leurs rôles domestiques traditionnels. Mais finalement, la relation s’inverse et les progrès en matière d’égalité des sexes augmentent à nouveau la fécondité. Selon cette théorie, cela s’expliquerait par le fait que les femmes seraient prêtes à avoir plus d’enfants dans une société qui les aide et où les pères partagent mieux les tâches ménagères. En d’autres termes, à ce stade de l’histoire du monde développé, le féminisme et un fort État-providence qui aide les femmes sont censés être les seules manières pour augmenter la fécondité. Une étude récente du sociologue Martin Kolk, publiée en 2018 dans la série Stockholm Research Reports in Demography, remet toutefois cette théorie en question. La courbe en U apparaît quand on effectue une comparaison simple entre les pays. Mais une analyse historique au sein des pays mêmes dément cette théorie : il n’y a pas de redressement peu importe si le pays devient plus égalitaire.

La baisse récente et rapide de la fécondité dans de nombreux pays, y compris dans des sociétés très égalitaires comme la Finlande et la Suède, a remis en question les paradigmes de recherche existants. Peu importe l’égalitarisme ou le post-matérialiste d’un couple, si la priorité absolue de ce couple est leurs carrières dans un environnement de plus en plus compétitif et instable, et si aucun des partenaires ne considère que l’élément domestique doit primer, alors la fécondité de ce couple sera vraisemblablement faible.

Certes, les femmes confrontées à un « deuxième quart » de travail, la « charge mentale » supplémentaire des femmes, en raison de responsabilités domestiques inégales peuvent être découragées d’avoir des enfants.De plus, les conflits nés d’une révolution sexuelle incomplète peuvent renforcer le « carriérisme » parce que le milieu de travail paraît relativement pacifique comparé aux conflits dans la sphère privée liés aux rôles sexuels parfois encore mal définis. Néanmoins, il est frappant de constater qu’une attitude carriériste dans les pays hautement développés a nettement plus d’effet sur la fécondité que l’égalité des sexes. 

L’IFS a testé l’impact de la théorie de la « révolution sexuelle en deux temps » en utilisant les résultats d’une enquête menée auprès de femmes américaines. En tenant compte des femmes qui signalent que leur partenaire les aide peu à la maison, le carriérisme demeure, indépendamment du peu d’aide conjugal, hautement prédictif du nombre d’enfants du couple et de leurs préférences en matière de fécondité. L’étude affirme également que concept de carriérisme est prédictif des résultats et des préférences en matière de fécondité parmi de nombreux autres ensembles de données. Le carriérisme est un phénomène social clairement identifiable fortement corrélé à la fécondité. Le désir d’un emploi porteur de sens ou important, pas simplement d’un poste bien rémunéré, a des implications significatives et négatives sur la procréation.

Les décideurs politiques sont confrontés à nombre de défis face à une faible fécondité. Les efforts visant à atteindre la pleine égalité des sexes entre les partenaires dans la sphère privée ne sont pas susceptibles de rétablir la fécondité, surtout si ces efforts consistent à valoriser davantage la carrière. Par exemple, la composante féminine des « Abenomics » prônée par le Japon, loin de stimuler l’égalité des sexes et les taux de natalité, peut avoir pour effet d’accroître l’importance de la carrière comme norme sociale, mais cette fois à la fois pour les femmes et les hommes. De même, la campagne en Corée du Sud pour amener les hommes à faire plus de tâches ménagères ou les efforts de nombreux pays pour développer les garderies subventionnées sont également susceptibles d’échouer, car ils ne remettent pas fondamentalement en cause la primauté de la vie professionnelle sur la famille.

Alors que les efforts qui visent à l’égalité des sexes sont, pour de nombreuses raisons, souhaitables pour les gouvernements, l’égalité des sexes qui repose principalement sur la promotion de la primauté de la carrière, désormais partagée par les hommes et es femmes, peut avoir des conséquences néfastes, notamment de faibles taux de fécondité. Pour l’IFS, une meilleure solution vers l’égalité des sexes, en particulier dans les pays avec des marchés du travail très rigides et à deux vitesses comme la Corée du Sud ou l’Italie, serait de permettre aux hommes de travailler moins, plutôt que de chercher à faire travailler davantage les femmes. Ceci est particulièrement important, car dans de nombreux pays à très faible fécondité comme le Japon et la Corée, le nombre total d’heures de travail rémunérées et non rémunérées des hommes est similaire ou supérieur à celui des femmes ; les hommes n’ont pas beaucoup de temps libre pour les loisirs par rapport aux femmes, ce qui suggère que le problème est le travail en soi et non la division de ce travail au sein du ménage.

La dynamique décrite par l’IFS peut expliquer pourquoi la plupart des études empiriques ont montré que les allocations en espèces augmentent davantage la fécondité pour chaque dollar dépensé par l’État que le financement gouvernemental de la garde d’enfants. (Évidemment, le Québec a fait l’inverse : aide massive aux garderies alors que natalité ne faisant pourtant que descendre…) Les allocations en espèces permettent aux familles de réduire le travail, tandis que les politiques universelles de garde d’enfants normalisent encore plus la norme sociale où la carrière prime. Plus généralement, pour l’IFS, l’assouplissement des modalités de travail, l’élimination de règles tatillonnes d’autorisation ou de certification pour exercer certains emplois pourraient être des stratégies natalistes bénéfiques, parce qu’elles permettraient de rétablir l’importance de la vie familiale par rapport à la vie professionnelle et ceci pour tous les parents.

 
Voir aussi
 
 

Un pays à très faible fécondité peut-il jamais renouer avec le taux de renouvellement des générations ?

 
 
 

  
 

Québec — Indice de fécondité pour 2020 est tombé à 1,52 enfant/femme, il était de 1,57 en 2019 

Radiographie des Français 

Canada — Faire passer l’immigration de 300 000 personnes par an à un million 

Un fort recul des naissances en janvier à travers le monde développé (m-à-j pour le Québec)  

Implosion démographique : y remédier en renouant avec des valeurs qui privilégient descendance et transmission  

Covid — nombre de naissances en France en janvier 2021 a chuté de 13 % par rapport à janvier 2020

Politiques familiales — hausse des naissances de 9 % en Hongrie, nombre des mariages double (janvier 2020) 

Hongrie — vers un remboursement intégral de la fécondation in vitro  

Hongrie — 20 % de mariages en plus en 2019 à la suite de la politique pro famille  

La politique nataliste hongroise 


 Orban : la procréation plutôt que l’immigration
 

lundi 8 février 2021

Nouvel accroc à l'histoire des Vikings : actrice noire incarnera un chef viking dans feuilleton Netflix

Netflix a annoncé une série dérivée de son feuilleton à succès Vikings. Elle s’appellera Vikings : Valhalla. Cette nouvelle saga, qui se situe 100 ans après la fin de la série originelle, porte à l’écran les aventures des plus célèbres Norrois qui ont marqué l’histoire. Elle racontera les histoires de certains des hommes du Nord les plus connus de l’histoire : Leif Erikson, Freydís Eiríksdóttir, Harald Hardrada et le roi normand Guillaume le Conquérant (un descendant viking).

Netflix a annoncé que Caroline Henderson rejoindra la distribution de Vikings : Valhalla dans le rôle du Jarl Haakon. Le jarl (prononcer « yarl ») est en norrois l’équivalent de comte (apparenté à l’anglais « earl »). Caroline Henderson est une chanteuse de pop et de jazz dano-suédoise. Elle vit à Stockholm. Elle n’a pas le type scandinave…

Caroline Henderson
 
Netflix décrit son personnage comme une « grande guerrière », chef de Kattegat, la ville où se déroule la série originale.

Haakon est une païenne, mais elle a réussi à maintenir Kattegat comme un lieu accueillant des confessions multiples. Kattegat paradis multiculturel ?

Un bref synopsis de Haakon, fourni par Netflix, révèle qu’elle deviendra une puissante mentor pour Freydis Eiriksdottir. Fredyis est une femme nordique légendaire, qui serait la fille de l’explorateur nordique Erik le Rouge. Erik le rouge a établi la première colonie viking au Groenland. Fredvis est également la sœur de Leif Erikson qui aurait été le premier Européen à mettre le pied en Amérique du Nord continentale.

Freydis dans Vikings : Valhalla est décrite comme « farouchement païenne, fougueuse et entêtée ». Les amateurs de la série devront attendre la diffusion du feuilleton sur Netflix pour en savoir plus sur Jarl Haakon et Freydis.

Il existe bien un Jarl Haakon. Il était très différent.

L’illustrateur Christian Krohg en a dessiné un portait, repris ci-dessous.
 
 
Notons que jarl (comte) est un titre masculin. De même en anglais, le titre « earl » de même origine n’a pas de forme féminine saxonne, mais un titre d’origine française : « countess ». 

Jarl Haakon, le jarl de Lade (Hlaðir) Haakon Sigurdsson, surnommé le Puissant, naquit vers 937 à Lade et mourut en 995 à Romol, aujourd’hui Melhus en Norvège. Il exerça le pouvoir dans ce pays avec le titre de jarl jusqu’en 995.

Des femmes comme chefs de guerre ?

Dans la série Vikings, après sa séparation d’avec Ragnar, Lagertha devient « comte » de Hedeby en son nom propre avec le titre de jarl Ingstad. C’est bien évidemment anhistorique. Pour le portrait de Lagertha, une figure légendaire, lire la notice Wikipédia.

Les femmes pouvaient devenir des dirigeants politiques dans la Scandinavie de l’ère viking, comme c’est le cas de Gunnhild, la mère des rois, qui commandait à ses fils royaux. Les femmes pouvaient également diriger des voyages d’exploration et fonder des établissements tels que Aude la Très-Sage, la fondatrice d’une colonie scandinave en Islande.

Cependant, en ce qui concerne le commandement militaire, nous n’avons que des légendes, pour la plupart antérieures à l’ère viking, qui nous parlent d’une poignée de guerrières et de femmes chefs militaires. Il n’y a aucune preuve, comme des squelettes féminins montrant des traces de blessures à l’épée, pour établir que les femmes occupaient une place militaire ou martiale importante, voire significative, dans la Scandinavie norroise. Lagertha, par exemple, nous est connue par Saxo Grammaticus grâce à sa Geste des Danois. Mais, selon Judith Jesch, la riche variété des contes des neuf premiers livres de la Geste de Saxo, qui comprennent l’histoire de Lagertha, est « généralement considérée comme largement fictive ». En dépeignant les nombreuses femmes guerrières dans ces contes, Saxo s’est notamment appuyé sur la légende des Amazones de l’Antiquité classique.

À quel point la série Vikings est-elle historique ?

Voici quelques erreurs, imprécisions ou parti-pris idéologiques peu fondés historiquement :

  • La série s’ouvre en postulant que les Scandinaves ignoraient à l’époque qu’il y avait des terres à l’ouest, au-delà de la mer du Nord : la Grande-Bretagne. C’est faux. Les Norrois étaient commerçants et avaient des relations dans toute la mer du Nord et la Baltique. 
  • Le feuilleton présente les Anglo-Saxons surpris de l’arrivée des Vikings qui parlent une langue impénétrable. En réalité, les Anglo-Saxons connaissaient la Scandinavie, car ils étaient eux-mêmes originaires du nord de l’Allemagne (Saxons) ou du sud de la Scandinavie (Jutes et Angles). En d’autres termes, Ragnar n’a pas découvert l’Angleterre. Les deux peuples parlaient donc des langues germaniques proches, relativement compréhensibles entre elles.
  • La représentation de la société viking sous le comte/jarl Haraldson n’est pas exacte. Haraldson est décrit comme un dirigeant absolu qui garde le meilleur butin pour lui-même et qui décide seul des lieux que ses guerriers pillent. Or la société nordique était très égalitaire.
  • Ragnar et ses fils sont des personnages semi-légendaires.
  • Rollo n’était pas (même dans la légende) le frère de Ragnar.
  • Ragnar n’a pas été le premier à attaquer l’Ouest.
  • Les drakkars n’ont pas été inventés à l’époque des premiers raids en Angleterre, mais bien plus tôt.
  • Les Anglo-Saxons n’utilisaient probablement ni arcs longs ni cavalerie cuirassée, certainement pas en nombre. En général, la représentation des armes, des armures et des batailles est inexacte.
  • Les soldats et les pilleurs nordiques ne comprenaient pas de femmes, ou alors uniquement à titre exceptionnel.

    Les chroniqueurs chrétiens d’Europe avaient peu de sympathie pour ces pilleurs païens scandinaves. Pourquoi aucun ne mentionne-t-il la présence de guerrières parmi les pilleurs qui attaquèrent l’Angleterre anglo-saxonne, l’Irlande et l’Empire franc? S’il y avait des femmes guerrières, il semblerait naturel que les observateurs chrétiens la remarquent comme des exemples de la barbarie, de l’étrangeté ou de la perversité païenne.

    Adam de Brême (né bien avant 1050) se rendit à Uppsala, c’est le seul observateur lettré du monde chrétien à se rendre dans cette région alors païenne. Adam de Brême ne fit aucune mention à des guerrières. Pourquoi ? L’explication la plus simple est qu’il n’en a vu aucune.

    De récentes analyses d’ADN effectuées sur les restes humains dans une tombe de l’âge viking contenant une tombe typiquement masculine démontreraient que l’occupante de cette tombe était une femme. Cet exemple unique a été saisi par les producteurs de la série comme preuve à postériori de l’exactitude historique de leur divertissement féministe-ment correct. Cette étude a été publiée en septembre 2017. La série Vikings a été lancée en 2013.

    L’ennui c’est que cette théorie a été battue en brèche par une universitaire spécialiste de la culture viking, Judith Jesch, citée par les auteurs mêmes de cette « découverte »… Rappelons d’abord que la tombe en question (Bj 581) a été découverte au XIXe siècle.

    La professeur Judith Jesch rejette les conclusions selon lesquelles le squelette de la tombe Bj 581 était celui d’une femme en raison du fait que, d’une part, depuis 1889, d’autres os provenant des tombes environnantes ont pu être mélangés aux ossements du site. Dans les termes de la professeur Jesch : « les tombes ont été principalement excavées au XIXe siècle et il y a eu une certaine confusion quant à l’origine des différents sacs d’ossements. Assez extraordinairement, cela n’est même pas mentionné dans l’article actuel. » En outre, aucune blessure pathologique ou traumatique n’a été constatée sur le squelette. Une excellente guerrière ou pas du tout une guerrière... Les découvreurs de la « femme guerrière » ne précisent pas non plus s’il y avait des indications sur les os des types d’activités auxquelles on pourrait s’attendre de la part d’une guerrière, car une activité physique intense pourrait avoir laissé des traces, en particulier si cette guerrière était assez bonne pour éviter toute blessure grave.

    Judith Jesch critique ensuite les inférences établies sur base de la présence de pièces de jeu faisant de ces conclusions des spéculations prématurées et, enfin, parce que les chercheurs n’ont pas considéré les autres motifs qui pourraient expliquer la présence d'os féminins dans la tombe d’un guerrier.

    La professeur Jesch conclut que « la fascination pour les femmes guerrières, tant dans la culture populaire que dans le discours universitaire, est fortement, probablement trop fortement, influencée par les désirs des XXe et XXIe siècles. » [Cette même fascination très contemporaine et anhistorique pour les femmes fortes qui rivalisent au combat avec les hommes (et dans les affaires) se retrouve dans la série anglo-canadienne Frontières sur la Compagnie d’Hudson]
  • Les sociétés saxonne et nordique étaient dominées par les hommes. Les femmes n’occupaient habituellement pas de postes de commandement. Il n’était pas plus d’usage pour elles — même en tant qu’épouses de chefs — de s’adresser à des guerriers avec le ton autoritaire et fier qu’elles adoptent dans la série. Pas plus qu'avec de simples hommes libres. Elles n’auraient adopté ce ton qu’avec des esclaves et des serfs.
  • Il n’existe aucune attestation historique d’orgies sexuelles. Si un chef pouvait amener une esclave dans sa couche, l’inverse ne s’appliquait pas aux femmes — on s’attendait à ce qu’elles préservent l’honneur de leur mari et qu’elles soient publiquement fidèles. Les Lois de l’oie grise montrent clairement que connaître ses parents était d’une importance capitale. Avant qu’un mariage ne soit légal, les deux parties devraient réciter leur ascendance sur 5 générations devant des témoins pour s’assurer qu’elles n’étaient pas des cousins trop proches. Cela ne reflète pas une société de mariages « libres » où l’on ne saurait pas trop qui était son père… La Saga des Sturlunga nous fournit des images de femmes échangées par les hommes comme des gages. Comme l’écrit Lévi-Strauss, le code des Lois de l’oie grise souligne le statut quasi commercial ou presque de cheptel des femmes.
  • Certains des engins flottants que les Vikings construisent pour attaquer Paris sont de la pure fantaisie.
  • L’architecture parisienne est gigantesque par rapport aux normes médiévales, plus proche de la fantaisie et complètement inexacte pour l’époque.
  • Les Francs et les Saxons de l’époque ne portaient pas d’uniformes.
  • On voit des montagnes partout en Scandinavie. Des montagnes apparaissent dans l’épisode qui se déroule à Uppsala alors que la région est plate…
  • Kattegat (Cattégat) est un détroit pas une ville. C’est un nom hollandais (le trou du chat, la chatière) qui désigne l’étroitesse du détroit. Ce nom exotique est aussi anachronique, car postérieur à l’ère viking.
  • Les Vikings du feuilleton s’amusent à trucider des moines désarmés, des chrétiens dans leur église, mais épargnent des musulmans en pleine prière. C’est ainsi que Floki massacre allègrement des chrétiens, viole des religieuses et utilise même des évêques pour s’entraîner au tir. Mais le même Floki préférerait mourir plutôt que de voir les musulmans blessés. On ne comprend pas très bien pourquoi si ce n’est qu’il est plus prudent aujourd’hui de ne pas paraître islamophobe. Notons que les raids contre les musulmans, en Espagne par exemple, furent très rares comparés aux raids en Europe occidentale. Les auteurs de la série n’ont pourtant pas hésité à les représenter.

Sources : Express, Variety, Wikipédia, carnet de Judith Jesch

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