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dimanche 18 octobre 2026

Haine et ressentiment contre la France ?

Dans les rues de toutes les grandes villes s’est déchaînée une violence inédite contre la France, son État, sa politique, sa culture mais aussi sa beauté… Un texte de Christian Rioux. 
Le symbole est parlant : la magnifique mairie de Limoges a résisté à deux guerres mondiales. Samedi elle a été ravagée et incendiée par les émeutiers. Magasins pillés, office du tourisme incendié, statues de Marianne décapitées, résidence des préfets saccagée, mairies et préfectures vandalisées, octogénaires dépouillés, même l’académicien Jean-Claude Ruffin a été battu. Le 17 octobre est une journée historique à marquer au fer rouge. Jamais, la France n’avait vécu de telles émeutes étudiantes. Pas même en Mai 68.

L’importance des revendications (remplacement des professeurs, état des locaux, surcharges de travail, etc.) semble pourtant inversement proportionnelle au niveau de violence. La France consacre en effet 24 % de plus à l’éducation que la moyenne des pays de l’OCDE. Pensons simplement à ces élèves du lycée Paul-Éluard, à Saint-Denis, qu’on a vu se plaindre sur les écrans du monde entier du délabrement de leur école. Ils se sont bien gardés de dire que sa rénovation était déjà bien engagée au coût de… 45 millions d’euros !

Place de la République à Paris, pas un drapeau français

Cette grève étudiante n’a rien à voir avec celles qui l’ont précédée et que j’ai couvertes depuis que je suis correspondant à Paris. Même les 3 millions de manifestants contre le CPE (2006), les 500 000 contre le CIP (1994), le million contre la loi Devaquet (1986) n’avaient pas fait de tels dégâts. La différence est évidente : avec ses drapeaux algériens et palestiniens, ce mouvement a été dès le début kidnappé par celui des banlieues et submergé par la même fureur et le même déchaînement que les émeutes de 2023.
Il y aura évidemment des débats sur la responsabilité de tout cela. On entend déjà une certaine gauche — et les idiots utiles qui la soutiennent au Québec — blâmer la violence policière et dénoncer un gouvernement « fasciste » (dixit le député LFI Aymeric Caron). Ce samedi, on a pourtant vu des policiers submergés par le nombre et manquant cruellement d’effectifs et de moyens, ne serait-ce que pour protéger les dizaines de pompiers agressés par les émeutiers alors qu’ils tentaient d’éteindre des feux.

Mais l’important n’est pas là. Sans l’esprit des Français que j’ai croisés dans la rue, à l’épicerie comme chez le fleuriste, quelque chose semblait s’être cassé ce samedi. Devant ces scènes inédites au parfum insurrectionnel, il a bien fallu se rendre à l’évidence qu’elles exprimaient d’abord et avant tout une véritable détestation de la France. Sur BFM, LCI, CNews, France Info mes collègues n’avaient que ces mots à la bouche : on n’a jamais vu ça ! On se serait cru à Jérusalem, Bagdad ou Ryad. Je ne peux m’empêcher de comparer, toutes proportions gardées, cette fracture à celle que j’avais constatée de mes propres yeux dans l’esprit des Israéliens lors de la seconde intifada alors qu’ils découvraient sidérés que des fous de Dieu étaient prêts à se faire sauter à deux pas d’un marché, d’une école ou d’une gare routière. Cette fracture ne s’est jamais refermée.
Samedi, s’est déployé une révolte, non pas destinée à satisfaire des revendications précises, mais essentiellement dirigée contre la France et tout ce qui en est le symbole : mairies, écoles, commissariats, etc. Mais, j’ajouterais que cette révolte est aussi une révolte esthétique contre la magnificence de ses monuments, le charme de ses bords de Seine, l’harmonie de ses rues, l’élégance de ses places publiques, la splendeur de ses paysages. Bref, contre tout ce qui fait la beauté de la France.

De ça, le pays ne se remettra pas de sitôt.
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 30.000 pillards rien qu'à Marseille (8000 casseurs identifiés par la préfecture !)