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vendredi 1 octobre 2021

Canada — Université menace ses étudiants en ligne de suspension s'ils ne sont pas vaccinés, mis en demeure par des avocats, elle recule


L’Université Mount Royal (« la MRU ») est établie à Calgary malgré son nom.

Elle a fait marche arrière à la suite d’un avertissement juridique du Centre de justice, après avoir initialement exigé que les étudiants exclusivement en ligne divulguent leur statut de vaccination ou s’exposent à une éventuelle désinscription de leurs cours.

Le 20 septembre 2021, la MRU a envoyé un courriel à un étudiant qui assiste à tous ses cours en ligne, l’avertissant que s’il ne déclarait pas son statut vaccinal avant le 21 septembre à 16 heures, il « pourrait être désinscrit de vos cours ». Un organisme, le Centre de justice pour les libertés constitutionnelles, a été contacté par d’autres étudiants qui ont reçu des courriels similaires.

Le 22 septembre 2021, l’étudiant a reçu un autre courriel de la part de MRU indiquant que son compte MRU en ligne avait été suspendu et l’a de nouveau averti qu’il pourrait être « désinscrit » de ses cours. Le message indiquait qu’il était obligatoire selon la MRU que « tous les étudiants, qu’ils étudient en personne ou en ligne, déclarent leur statut vaccinal ».

Le 23 septembre 2021, le Centre de justice a envoyé une lettre à MRU au nom de l’étudiant, avertissant que l’exigence de MRU violait la vie privée des étudiants, la Charte et les droits de l’homme. La lettre mettait en garde contre une action en justice si la MRU annulait l’inscription des étudiants qui suivent des cours en ligne.

Le 27 septembre 2021, la MRU a envoyé un courriel à l’étudiant confirmant que l’accès de l’étudiant à son compte MRU en ligne serait rétabli le 29 septembre 2021. Le message électronique ne mentionnait plus l’exigence précédente de la MRU selon laquelle les étudiants en ligne doivent déclarer leur statut de vaccination.

« L’intimidation et la coercition exercées par des institutions publiques telles que l’Université Mount Royal pour exiger la divulgation de renseignements médicaux personnels sont injustifiées et inacceptables », a déclaré Marty Moore, avocat du Centre de justice.

« L’obligation totalement inutile pour les étudiants en ligne de divulguer s’ils sont vaccinés est révélatrice de l’abus de pouvoir irrationnel que les autorités publiques exercent dans la confusion actuelle. Il est essentiel que les gens se lèvent et s’opposent à ces abus de pouvoir. »


lundi 12 avril 2021

France — Enseignement à distance, la semaine calamiteuse

Emmanuel Macron participe, mardi, à une session d’enseignement à distance depuis l’Élysée.

Pépins, piratage, afflux de connexions, informations contradictoires… La semaine qui s’achève a été calamiteuse pour l’enseignement à distance.

Le contexte. Fin mars, la Cour des comptes a publié un bilan critique de l’enseignement à distance durant le premier confinement. Un an plus tard, on aurait pu croire que des leçons auraient été tirées. Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, avait promis que tout serait «prêt» cette semaine. Ce fut loin d’être le cas. L’enseignement à distance s’est encore fait dans des conditions déplorables.

Il y a eu deux problèmes:

  1. Le site du Cned s’est retrouvé indisponible mardi, et encore perturbé mercredi. Le ministre a pointé la responsabilité d’attaques informatiques «probablement venues de l'étranger». Il semble que des ordinateurs russes et chinois ont servi de relais pour une attaque par déni de service, qui consiste à faire tomber un site sous un afflux de connexions. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.
  2. Les Environnements numériques de travail (ENT) n’étaient pas assez bien dimensionnés pour accueillir un si grand nombre d’élèves mardi, et ont croulé sous la charge. Ils dépendent des régions et des départements, à qui le gouvernement a renvoyé la faute.

Ce qui n'a pas marché, ce sont les 'tuyaux', qui ne sont pas de la compétence de l’Éducation nationale. Cela relève des régions et des départements. Les collectivités locales nous avaient dit qu'elles étaient prêtes.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, mercredi.

Le point OVH. Tout aussi perturbant, fut la mention par Jean-Michel Blanquer d’un «opérateur privé qui a eu un incendie à Strasbourg il y a quelque temps et qui n'a pas pu faire face à l'afflux de connexions ce matin». Or OVH, puisque ce c’est de lui dont il s’agit, n’a pas de lien avec «Ma classe à la maison», et avec les ENT perturbés. Un problème technique? Accusez OVH !

mercredi 31 mars 2021

Michel Desmurget : « Le télé-enseignement est une parodie éducative »

Pour Michel Desmurget, directeur de recherche en neurosciences à l’INSERM et essayiste, le premier confinement a révélé que l’enseignement numérique ne pouvait être que temporaire et de courte durée. Car il favorise le décrochage des élèves et accroît les inégalités. Le dernier ouvrage de Michel Desmurget est La Fabrique du crétin digital [numérique].

Notre monde marche décidément sur la tête. Depuis des années, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, amplifie, organise et promeut avec une rare opiniâtreté la numérisation du système scolaire. Pourtant, aujourd’hui, à l’heure où cette démarche pourrait prendre tout son sens, notre homme recule. Il se cabre, proteste et affiche sa ferme volonté de maintenir ouvertes les écoles, aussi longtemps que possible. Ce choix relève, nous expliquent nombre de ténors de la majorité présidentielle, d’une triple nécessité humaine, pédagogique et de justice sociale. Nul ne peut le contester, tant cette conclusion est conforme à l’ensemble des données scientifiques disponibles. L’enseignement numérique, qu’il soit opéré en présentiel ou en distanciel, n’est toujours qu’un piètre pis-aller.

Alors, oui, Jean-Michel Blanquer a parfaitement raison, fermer les écoles doit constituer une décision d’ultime recours. Si la mesure est prise, il faut en circonscrire la durée autant que faire se peut et il faut reconnaître que l’opération ne sera pas sans coût pour nos enfants, notamment les moins favorisés. Mais, dire cela, c’est quasiment articuler un truisme. Au fond, ce qui est ici intéressant, c’est avant tout la dimension quasi schizophrénique des politiques éducatives défendues : d’un côté on vante et développe massivement l’enseignement numérique ; de l’autre on s’inquiète de ses impacts profondément négatifs et inégalitaires.

Un article publié il y a quelques années par un économiste français laisse à penser que la solution se trouve, encore une fois, dans les méandres de la nécessité économique. Évaluant le risque politique de diverses mesures de contraction budgétaires susceptibles d’être mises en place dans certains pays en développement, cet ancien cadre dirigeant de l’OCDE, soulignait « qu’il fallait veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants ».

C’est à peu près ce qui se passe avec l’actuelle numérisation du système scolaire. En effet, celle-ci opère ses méfaits à bas bruit. Les dégâts interviennent loin des yeux parentaux. En outre, la pente est suffisamment subtile et progressive pour ne pas être directement perceptible. C’est d’autant plus vrai que l’affaire s’accompagne de grilles d’évaluations toujours plus accommodantes et d’un joli forfait promotionnel. À l’arrivée, le gain est double : d’une part, les parents sont ravis de voir leurs enfants ainsi projetés dans l’ère de la modernité éducative ; d’autre part, les difficultés budgétaires et de recrutement trouvent une issue partielle (car, même si le processus de numérisation coûte cher, son déploiement reste bien plus économique que le recrutement de « vrais enseignants » solidement formés et qualifiés). Cela ne veut pas dire bien sûr qu’un professeur ne peut pas s’appuyer sur certains supports digitaux qu’il juge appropriés. Cela signifie simplement que la médiation numérique n’est utile que quand elle est placée entre des mains humaines expertes… pas quand elle est mobilisée pour remplacer ces mêmes mains, comme c’est actuellement le cas.

Tout change évidemment lorsque l’on ferme les écoles. Dans ce cas, la dégradation n’advient plus à bas bruit dans le cocon scolaire. Elle éclate au grand jour. Placé aux premières loges, l’adulte voit bien que les outils proposés aux enfants relèvent d’une véritable parodie éducative. Il voit bien que les supports mis en place sont peu individualisés, motivants et efficaces. Il voit bien que l’affaire ne fonctionne que si un parent s’intronise pseudo-prof. Certes, en période de confinement, mieux vaut cela que rien. Mais l’expérience n’est pas sans bousculer les discours prosélytes si chers aux hagiographes de la cause numérique.

Depuis dix ans, des milliards d’euros d’argent public ont été investis, sans que personne ne s’occupe vraiment des problèmes de contenus Les deux derniers rapports de la Cour des comptes sont, de ce point de vue, tout à fait fascinants. En 2019, cette institution dénonçait une gabegie financière, centrée sur l’achat de terminaux mobiles et dépourvus de toute réflexion pédagogique. En 2021, rebelote avec la parution d’un rapport relatif à la continuité scolaire pendant le confinement. Derrière une façade verbale joliment policée, le constat s’avéra sans appel : difficultés matérielles, notamment pour les enfants défavorisés (ordinateur, connexion internet, promiscuité domestique, etc.) ; manque de formation des enseignants ; problème d’autonomie et de motivation des élèves (en particulier pour les plus jeunes) ; risque de décrochage accru chez les individus les plus fragiles ; manque de maîtrise des « compétences numériques de base » (y compris chez les adolescents) ; et, surtout, absence accablante d’outils pédagogiques structurants. Comme l’explique le rapport, « les fonctions de simple communication ont prédominé. […] La poursuite des programmes et l’acquisition de nouvelles connaissances ou compétences ont été minoritaires ». Cela signifie que, depuis dix ans, des milliards d’euros d’argent public ont été investis, sans que personne ne s’occupe vraiment des problèmes de contenus.

Bien sûr, la Cour des comptes tâche d’arrondir un peu les angles en se livrant à l’interminable jeu du « en faisant toujours plus de la même chose on finira bien par obtenir un meilleur résultat ». Dans ce cadre elle propose sagement quelques solutions mille fois réitérées. Il faudrait investir, former, innover, etc. Curieusement, jamais les auteurs ne contestent le dogme numérique lui-même. Jamais ils ne se demandent, ce qui est pourtant leur raison d’être, si les budgets disponibles ne pourraient pas être plus efficacement alloués (soutien scolaire, recrutements, revalorisations salariales, etc.). Jamais ils ne considèrent la possibilité que les expériences négatives empilées depuis vingt ans aux quatre coins du monde traduisent moins un problème de dosage que l’infériorité structurelle des outils numériques pédagogiques.

Ainsi, en fin de compte, confronté à l’expérience du premier confinement, il n’est pas surprenant que nos décideurs, dont Jean-Michel Blanquer, soient réticents à l’idée de fermer à nouveau les écoles. Le désastre de tous ces plans numériques, vanté avec acharnement depuis plus de vingt ans, se fait alors bien trop visible pour ne pas être politiquement dangereux.

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vendredi 17 juillet 2020

France — À l’université, des résultats étonnamment bons : bienveillance et triche à distance

À la bienveillance des professeurs s’est ajouté la triche, visiblement massive avec les examens à distance.

Le 6 mai dernier, à Rouen, une étudiante en biologie prépare ses examens du second semestre qui ont eu lieu en ligne le jour du déconfinement.

Une réussite en nette augmentation, dans tous les domaines. Après les résultats exceptionnels du bac 2020 - 95,7 % d’admis après les rattrapages —, les universités vont à leur tour connaître une explosion de leur taux de réussite. C’est en tout cas ce qui ressort des premiers chiffres révélés par les différents établissements d’enseignement supérieur. « Cette année, dans notre université, le taux de réussite va augmenter d’une dizaine de points », atteste Pierre Denise, le président de l’université de Caen Normandie. Même constat à l’université Paul-Valéry de Montpellier, qui anticipe également une augmentation de près de 10 points de la réussite sur l’ensemble de l’établissement. « Nous avons même quelques filières où la hausse est supérieure à 15 points. C’est par exemple le cas en première année de licence d’information-communication, où le taux de validation passe d’un peu plus de 70 % à 90 % », renseigne Patrick Gilli, le président de l’établissement. Les chiffres sont également éloquents à l’université d’Angers, où les étudiants de première année de droit sont 56 % à avoir validé leur année, contre moins de 40 % les années précédentes.

Les raisons de cette hausse sont multiples. Il y a tout d’abord la bienveillance dont tous les enseignants ont fait preuve dans leur notation. « Avec le confinement, les cours en ligne, les examens à distance, nous avons demandé à nos collègues d’être compréhensifs à l’égard des étudiants », explique le président de l’université Paul-Valéry. Les partiels du second semestre n’ont d’ailleurs porté que sur une petite partie du programme. « Nous avons allégé les examens et interrogé les étudiants uniquement sur les cours qu’ils avaient suivis en présentiel », témoigne Mohammed Benlahsen, président de l’université de Picardie Jules-Verne. « Certains syndicats étudiants souhaitaient que l’on attribue la moyenne à tout le monde, nous avons refusé. Mais nous devions tout de même tenir compte de la situation exceptionnelle, nous avons donc élaboré des sujets moins difficiles et été plus souples dans la correction », confirme Pierre Denise (université de Caen).

« Du jamais vu »

Autre facteur qui a pesé dans cette réussite accrue : le « présentéisme » des étudiants lors des examens. Là où, tous les ans, les universités constatent de nombreuses absences lors des partiels de fin de semestre, elles ont cette année remarqué une participation en nette augmentation. À l’université de Caen par exemple, 95 % des étudiants ont composé lors des partiels à distance du second semestre. « Du jamais vu », selon le chef d’établissement. « Nous avons eu un taux de défection beaucoup plus faible que les années précédentes. Il semble que les partiels à la maison aient connu un meilleur succès que les examens en présentiel », abonde Christian Roblédo, le président de l’université d’Angers.

Des partiels en ligne qui ont permis aux étudiants de tricher plus facilement. Pendant la période des examens, nombre d’entre eux ne s’en sont d’ailleurs pas cachés et l’ont clamé sur les réseaux sociaux. « Dans ma fac, la plupart des étudiants ont triché. C’est le cas de tous mes camarades de promotion, mais aussi, de tous mes amis d’autres filières », avoue une étudiante. Si les universités jurent avoir tout fait pour limiter et détecter les fraudes, elles reconnaissent que les tricheries ont pu jouer un rôle dans la réussite exceptionnelle des étudiants cette année. « Il est fort possible que les cas de fraude aient augmenté, mais nous ne pouvons pas chiffrer cela », concède Patrick Gilli (université Paul-Valéry). « Au-delà des cas de triches, certains étudiants ont composé dans un environnement extrêmement favorable et ont pu être aidés par leur entourage », complète Denis Varaschin, le président de l’université Savoie Mont-Blanc. Une fois de plus, cette réussite inédite pose une question essentielle : celle de la valeur des diplômes obtenus par les étudiants dans ces conditions.

Source : Le Figaro

jeudi 14 mai 2020

Aide aux écoles françaises de l'étranger



Est-ce que le prêt de 100 millions d’euros attribué à l’AEFE et les 50 millions d’euros supplémentaires injectés pour les bourses scolaires seront suffisants pour sauver le réseau des Établissements Français de l’Étranger ?

Virginie Royer (ci-dessous), Vice-présidente de la FAPEE nous fait part des préoccupations des parents d’élèves qui font face à des difficultés financières, mais aussi pédagogiques. Aujourd’hui, nous parlons de survie du réseau des établissements français présents à l’étranger.


Comment les parents d’élèves qui scolarisent leurs enfants dans un établissement français à l’étranger perçoivent l’aide financière qui a été allouée à l’enseignement français à l’étranger ?

Pour commencer, nous sommes très contents d’avoir été entendus par le gouvernement français sur la nécessité d’annoncer des aides pour rassurer les familles qui sont confrontées à une situation exceptionnelle.

Depuis le début de la crise, nous avons demandé que toutes les familles rencontrant des difficultés financières, françaises et également celles qui ne le sont pas, puissent être aidées. Concernant l’aide financière d’un montant de 100 millions d’euros octroyés à l’enseignement français à l’étranger, il est important de noter que c’est une avance. Les établissements français à l’étranger vont devoir rembourser cette somme.

Il est important de savoir si l’aide financière qui va être versée aux familles étrangères passe par ces 100 millions d’euros. À ce moment-là, nous pouvons nous poser la question de la solidarité à crédit remboursable. Depuis plusieurs années, nous parlons de pistes de réformes de l’AEFE. Il faudra mener cette réforme en lien avec la crise actuelle que nous vivons. En l’état, les 100 millions d’aides ne suffiront pas. Le gel ou la maîtrise sur les frais de scolarité sur une durée de trois ans, rendu possible par cette aide vis-à-vis des établissements et des opérateurs serait un geste fort en vue de la rentrée qui s’annonce compliquée.

Il faut penser que nous sommes en pleine période de réinscription et comme l’a mentionné Olivier Brochet, directeur de l’AEFE lors de son audition au Sénat, la baisse d’effectif de la rentrée entraînera un cercle vicieux. La réduction d’élèves présents à la rentrée engendrera une diminution de postes et des frais de scolarité qui augmenteront. Quant aux familles, elles ne pourront pas continuer à payer.

Nous nous posons donc des questions : par quels critères et par quelles modalités l’aide sera calculée ? Comment, pour qui et quand cette aide financière sera-t-elle versée ? Il y a encore trois mois, nous parlions d’un plan de développement de l’enseignement français à l’étranger. Aujourd’hui, nous parlons de survie du réseau des établissements français présents à l’étranger.

Dans quelles zones géographiques, les familles rencontrent les plus grandes difficultés ?

Dès aujourd’hui, nous constatons que des familles sont en grandes difficultés et dans les prochains jours, semaines et mois, leur situation ne s’améliorera pas.

Les conséquences économiques dues à la crise sanitaire vont perdurer. De façon générale, certains parents d’élèves font face à la perte d’emploi entraînant une diminution forte de leurs revenus notamment dans les pays où les familles sont privées d’aides sociales ou dans des pays où l’économie s’est complètement effondrée comme au Liban.

Dans d’autres pays où l’économie est basée sur le tourisme ou encore la restauration comme les pays du sud de l’Europe ou l’Asie du Sud-Est, la situation est également très difficile pour les parents d’élèves.

L’industrie pétrolière en Russie et dans certains pays d’Afrique s’effondre complètement. Les familles sont aussi amenées à subir une dévalorisation de leur monnaie locale qui, comme en Amérique latine, provoque des hausses de prix concernant les frais de scolarité appelés en euros.

Même lorsque la crise sanitaire sera moindre, la crise économique, elle, impactera les familles pendant plusieurs années.

Est-ce que les fonds alloués aux bourses scolaires seront suffisants pour aider les familles ?

Les familles sont en train de déposer les dossiers de bourse donc nous ne savons pas pour le moment si l’aide allouée sera suffisante. Les parents d’élèves ont la possibilité de déposer soit des demandes de révisions de dossiers ou soit de nouveaux dossiers de bourse.

Habituellement, les bourses scolaires prennent en compte les revenus des familles de l’année n-1. Exceptionnellement, les revenus des familles de cette année seront pris en compte notamment pour calculer les baisses de revenus engendrés par la pandémie de Covid-19. Les familles n’auront donc pas besoin d’attendre l’année 2021 pour déclarer leurs revenus. Nous demandons que les bourses soient allouées dans une logique de besoin et non pas dans une logique d’enveloppe.

Cette enveloppe de 50 millions d’euros devrait permettre d’aider de nouveaux demandeurs de bourse sans affecter les boursiers actuels et nous espérons qu’elle sera suffisante. Le montant accordé aux bourses scolaires doit cependant être ajusté dans les années à venir. Nous avons des conseils consulaires de bourse, c’est-à-dire, des commissions locales présentes dans chaque pays qui vont statuer sur l’obtention des bourses.

Ces conseils consulaires de bourses se tiennent ou vont se tenir avant la date limite de dépôt des dossiers. Or, on nous a demandé de repousser la commission nationale des bourses en septembre pour que les commissions locales puissent être elles aussi repoussées. Nous craignons une certaine rupture d’égalité dans les traitements des dossiers puisqu’ils seront observés après les conseils consulaires des bourses. Les dossiers seront instruits en comités restreints et notamment sans la participation des représentants de parents d’élèves qui connaissent très bien les dossiers.

Les 50 millions d’euros qui ont été octroyés pour les bourses sont un montant conséquent puisqu’il représente quasiment 50 % d’augmentation du budget. Cette aide permettra d’aider les familles françaises en difficultés pour le troisième trimestre autant que pour l’année 2021 et ainsi éviter que les élèves ne quittent le réseau.

Notre point de vigilance repose sur le fait que cette aide ne concerne que les enfants français. Or, deux tiers des élèves du réseau des Établissements français à l’étranger ne sont pas de nationalité française. L’aide ne concerne donc qu’un tiers des élèves du réseau. Nous sommes inquiets sur le sort des familles étrangères : vont-elles recevoir une aide quelconque ?

Le directeur de l’AEFE, Olivier Brochet, a abordé ce point, devant les sénateurs, en parlant de la mise en place de commissions au sein des Établissements conventionnés ou en gestion directe qui permettrait d’attribuer des remises partielles ou totales des frais de scolarité à ces familles. Nous attendons d’avoir plus d’informations notamment sur la composition de cette commission et sur les critères qui seront appliqués. Nous sommes conscients que les difficultés des familles ne vont pas disparaître dans les six mois à venir, c’est pour cela que les familles doivent être accompagnées sur le moyen terme.

Pensez-vous que les établissements français à l’étranger ont bien assuré la continuité pédagogique ?

Les équipes enseignantes et les directions des Établissements français à l’étranger se sont mobilisées pour assurer la meilleure continuité pédagogique possible. Au fil des semaines, les cours en distanciel se sont organisés.

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer et Olivier Brochet ont mentionné l’évidence que l’enseignement à distance ne remplace pas l’enseignement en présentiel. Néanmoins, les deux objectifs principaux sont d’atteindre les objectifs fixés de l’année par des moyens différents et faire en sorte qu’aucun élève ne décroche.

Encore une fois, la continuité pédagogique n’est pas la même pour les élèves qui sont allophones puisque les parents ne peuvent pas les accompagner dans l’enseignement de la langue française. Dans certains établissements, les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM), les établissements français à l’étranger ou encore les parents bénévoles aident à traduire les cours pour ces élèves et leurs familles.

De plus, nous constatons des disparités entre les établissements que ce soit par zone géographique ou par type d’établissement. Certains élèves font face à des difficultés d’accès à Internet dans des pays. Les enseignants n’ont pas tous été formés aux nouveaux outils de la communication. Les parents d’élèves ne sont pas tout le temps du même avis que les enseignants concernant la liberté pédagogique, tel que le recours ou non aux visioconférences.

Les visioconférences permettent aux enfants de rester en contact avec la langue française, et le rythme proposé par les enseignants est parfois contesté par les parents. La continuité pédagogique à distance n’est pas prévue sur le long terme, or, nous avons des établissements qui sont fermés depuis la mi-janvier comme c’est le cas au Vietnam et en Chine.

Des établissements commencent à rouvrir leurs portes, mais d’autres resteront fermés jusqu’en septembre comme c’est le cas dans les pays du Golfe et fort probablement en Italie et en Espagne. Une certaine forme de culpabilité ou de colère naît chez certains parents d’élèves qui ne peuvent pas faire cours à leurs enfants, car ils télétravaillent. Au cours des prochaines années, il faudra réfléchir sur un grand plan de numérisation à destination des établissements français présents à l’étranger en gestion directe par l’AEFE. Les établissements doivent tous avoir accès aux équipements numériques et des formations massives au numérique doivent être organisées pour les enseignants.

Quelles sont vos inquiétudes concernant les examens nationaux ou encore le baccalauréat que devront passer certains élèves à la fin de l’année ?

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a déclaré que le contrôle continu serait pris en compte dans l’obtention du baccalauréat. Toutefois, nous restons vigilants concernant certaines situations, comme au Vietnam où les élèves n’ont que des notes pour le premier trimestre. Ces élèves obtiendront peut-être des notations au troisième trimestre seulement si la réouverture des classes est confirmée. Pour l’oral de français, nous nous demandons comment il va être organisé puisque beaucoup d’établissements restent fermés. Nous travaillons avec le service pédagogique de l’AEFE, qui est pleinement mobilisé avec les missions de pilotage des examens du ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse.

Je pense qu’il y aura bientôt des précisions sur les modalités de passage d’examens. Nous restons persuadés que les spécificités de l’enseignement français à l’étranger sont bien défendues et comprises et qu’aucun élève ne sera délaissé.

Les parents d’élèves redoutent-ils la fermeture d’établissements français à l’étranger ou des fermetures de classes ?

Les gros établissements devraient réussir à rester ouverts, car ils pourront adapter leur structure pédagogique si nécessaire. Mais comme je l’ai précisé, il y aura peut-être des fermetures de postes si la baisse des effectifs s’avérait trop grande. À un moment donné, il faudra réorganiser la structure des établissements français à l’étranger, car nous ne pouvons pas seulement fonctionner sur la base d’une aide financière.

Concernant les petits établissements qui ont parfois une seule classe par niveau, certains rencontreront sûrement des difficultés de réouverture dès la rentrée. Il faudra les aider notamment sur le moyen terme pour qu’ils retrouvent une stabilité pour pouvoir poursuivre l’enseignement. Nous pensons que malgré l’aide financière, il y aura peut-être des établissements qui devront fermer des classes homologuées, avoir recours au Centre national d’enseignement à distance (CNED) ou les deux.

Il est très difficile aujourd’hui d’avoir des chiffres clés. Comme l’a précisé Olivier Brochet, lors de son audition devant les sénateurs, une perte d’effectif de 5 %, ce qui fait environ 20 000 élèves, représenterait 140 millions d’euros en moins dès la rentrée de septembre. La réouverture des établissements français de l’étranger coûte cher.

De plus, les établissements français à l’étranger sont dépendants des mesures sanitaires demandées et prises par chaque pays d’accueil. Nous n’avons donc pas un seul plan de déconfinement, une seule date de réouverture. La hausse des frais de scolarité ne doit pas être le seul moyen permettant de faire face aux pertes financières.

Nous avons toutefois une lueur d’espoir grâce aux témoignages de plusieurs établissements qui rouvrent. Nous avons des chaînes de courriels où différentes associations d’élèves membres de la FAPEE échangent sur les bonnes pratiques afin d’assurer le retour à l’école.

vendredi 17 avril 2020

Le télé-enseignement ? C’est très surfait, nous dit Platon

Les éloges enthousiastes du télétravail que l’on lit ici ou là semblent singulièrement peu appropriés à l’enseignement à distance dans les classes du secondaire, en collège ou en lycée. Et ce pour plusieurs raisons, certaines superficielles et de nature technique quand ce télé-enseignement est oral, d’autres plus fondamentales et de nature philosophique quand il est écrit. Qu’on ne se méprenne pas : mon propos ne vise nullement à minimiser le travail admirable des professeurs qui, ces temps-ci, développent des trésors d’imagination pour garder le contact avec leurs élèves, mais, au contraire, à souligner la nature profonde et véritable d’un métier qui ne saurait se réduire à un enseignement à distance.

Platon à son Académie, en plein dialogue
Dans un monde parfait, un professeur pourrait sans doute faire cours oralement en ligne, voir ses élèves ou répondre à leurs questions en direct. Encore que ce que l’on voit en ce moment sur les chaînes de télévision, ces entretiens individuels (et non en groupe), hachés, ces images floues, ces réponses souvent inaudibles qui viennent un temps incertain et toujours trop long après la question, sont plus dignes de la télévision du Professeur Tournesol que de la technique du XXIe siècle. Mais comment percevoir la fatigue d’une classe entière à travers Skype ou Teams ? Son degré d’adhésion à la progression du professeur ? Ses distractions inévitables ? Comment tenir compte des réactions infimes de sa classe, de ces signes souterrains d’ennui ou d’approbation, parfois même de passion ou du moins de curiosité, des réactions que ne perçoit qu’un professeur en chair et en os, seul capable de recevoir ces messages subliminaux toujours, discrets la plupart du temps, bruyants exceptionnellement ?


La mode en matière d’enseignement à distance vante la pédagogie dite inversée : cette méthode consiste à mettre les connaissances à disposition des élèves par écrit avant, en cours, à l’oral, de les exploiter avec eux. Rien de plus beau, rien de plus noble, rien de plus séduisant… si la chose était réalisable. Au fond, il suffirait d’un accès aux encyclopédies en ligne et le tour serait joué ! Mais, dans une masse énorme de connaissances, « pourquoi choisir ceci plutôt que cela ? », se demandait déjà André Gide, dans son Journal à la date du 10 octobre 1942. Il y faut un guide, un professeur en chair et en os — même s’il demeure en chaire — car sans lui, poursuivait le romancier, « le plus apparent sans cesse offusque le plus important ».

La méthode de la pédagogie dite inversée, loin de là, ne comporte pas que des inconvénients. Mais elle repose sur une illusion. Aucun professeur digne de ce nom ne récite jamais à l’oral un cours préalablement écrit. Au contraire, il interrompt son discours à des moments choisis ou contraints par les réactions de son public, et il l’enrichit en permanence par deux sortes d’interventions personnelles : des réflexions méthodologiques et des doutes. Le professeur est par définition, à sa place, un savant et donc, en même temps, un épistémologue : il réfléchit, par nécessité, sur sa pratique et a un jugement sur la manière dont il a acquis son propre savoir. Il est ensuite un homme, qui a ses doutes et ses interrogations sur ce qu’il pense savoir et a lui-même appris. De ces deux types de réflexions, il nourrit son cours pour le plus grand profit de ses auditeurs. Aucun cours écrit et diffusé à distance, qui obéit forcément à d’autres règles parce qu’il n’a pas de public réel mais seulement un lecteur idéal, ne laisse ainsi place à ce métalangage, à ce retour réflexif sur sa pratique, son discours et sa réception, toutes choses qui sont, au fond, l’essence même de la pédagogie.

L’écrit relève de la littérature et ne saurait jamais être autre chose qu’un médium trompeur et insuffisant, faible quand il n’a pas d’interlocuteur et encyclopédique, donc inassimilable, quand il se veut trop fort, excessif, exhaustif. Un cours écrit est en outre un grand muet : « Il n’offre aucune réponse aux questions de ceux qui brûlent du désir d’apprendre », disait déjà Nietzsche dans son cours sur Platon, professé à l’université de Bâle en 1871.

Car cette idée-là, bien sûr, constitue l’un des points essentiels de la pensée de Platon. Dans le Phèdre, le philosophe grec met en scène un dialogue entre le roi égyptien Thamos et le dieu Theuth. Le second, dans le mythe, est présenté comme l’inventeur de l’écriture, un procédé inouï qui apporte la solution aux insuffisances de la mémoire et constitue l’outil idéal au service de la transmission du savoir. Quelles sont les raisons pour lesquelles Thamos — et Platon — condamnent l’écriture ? Parce qu’il n’y a, aux yeux du philosophe, d’enseignement qu’oral, par le dialogue, l’échange contradictoire, l’enquête : l’enseignement s’apparente à une maïeutique, à un jeu de questions-réponses. Là réside la nature profonde de l’enseignement : un cours qui s’apparente à un dialogue dirigé par un maître tour à tour faussement naïf, habilement ironique, jamais péremptoire. Le contraire d’un cours écrit télé-enseigné.

La primauté de l’oral sur l’écrit que défendait Platon ne devrait pas nous laisser indifférents en ces temps de séparation entre maîtres et élèves, et l’on ne saurait trouver plus bel encouragement à maintenir, dans un enseignement moderne, le dialogue. « L’entretien oral, disait Nietzsche, est une occupation sérieuse ; l’écriture est seulement un jeu. »

Texte de Stéphane Ratti, agrégé de lettres classiques, le professeur des Universités est l’auteur de nombreux ouvrages remarqués, comme « Le Premier saint Augustin » (Les Belles Lettres, 2016) et « Les Aveux de la chair sans masque » (Éditions universitaires de Dijon, 2018), analyse de l’interprétation discutable, par Michel Foucault, de textes des Pères de l’Église sur la sexualité. Paru dans le Figaro du 13 avril.

dimanche 22 mars 2020

Pandémie : la TÉLUQ prête à admettre de nouveaux étudiants

L’université à distance du Québec (TÉLUQ) dit être en mesure d’accueillir de nouveaux étudiants dans le contexte où le gouvernement du Québec autorise les institutions d’enseignement supérieur à maintenir la formation à distance.



«En tant qu'université entièrement à distance et leader dans ce créneau depuis près de 50 ans, notre corps professoral, nos personnes tutrices et chargées d'encadrement sont en mesure de poursuivre notre mission d'enseignement auprès de nos étudiants», a dit vendredi le directeur général par intérim, André G. Roy, par communiqué.

«Avec nos 125 programmes et plus de 450 cours, nous permettons déjà à des milliers de personnes d'obtenir un diplôme universitaire à distance», a-t-il ajouté.

Les admissions et les inscriptions à la TÉLUQ peuvent se faire à tout moment, et les cours se déroulent sans contrainte de distance et d'horaire, rappelle-t-on. Les étudiants peuvent donc faire leur formation à leur propre rythme.

La TÉLUQ rappelle par ailleurs qu’elle «offre son soutien à toute autre université au Québec, au Canada, et même ailleurs dans le monde».

«Nous accueillons annuellement plusieurs milliers d'étudiants par entente interuniversitaire et nous croyons que notre formule d'admission, d'inscription et de cours en continu offre une flexibilité unique qui permettrait d'accueillir rapidement des étudiants qui souhaitent éviter les impacts des situations exceptionnelles comme celles causées par la COVID-19», a-t-on indiqué.

mardi 10 mars 2020

Coronavirus : l’école française face au défi des cours à distance

Plus de 300 000 élèves, sur 12 millions d’enfants scolarisés en France, sont concernés par la fermeture de leurs établissements.

Mère de deux enfants âgés de 6 et 9 ans, Sophie a appris ce week-end que l’école privée de ses enfants à Mulhouse (Haut-Rhin) était fermée par précaution pendant quinze jours pour éviter la propagation du coronavirus. « Pour le moment, ce sont mes parents qui s’occupent des petits », raconte-t-elle. Les grands-parents sont âgés, ce n’est pas l’idéal, « mais mon mari et moi-même sommes commerçants. Nous ne pouvons pas arrêter le travail ». Sophie a bien « reçu un courriel de l’école promettant un contact mercredi pour d’éventuels devoirs », mais, faute de temps, elle ne s’y est pas encore intéressée.

Comme pour beaucoup de parents, son urgence, c’est d’abord de trouver une solution de garde pérenne. Dans les Hauts-de-France, Amélie s’appuie ainsi depuis la semaine dernière sur les « quelques consignes » envoyées « en une fois » via un mail par l’enseignante de sa fille de 10 ans : « on fait des révisions le matin. Mais en une heure, elle a fait le tour. Je l’envoie dans sa chambre pour lire, mais elle passe aussi du temps devant la télé. Car moi-même je travaille à distance pour mon entreprise. » Au total, plus de 300 000 élèves, sur les 12 millions scolarisés en France, de la maternelle au lycée, sont concernés en ce début de semaine par la fermeture de leurs établissements scolaires. Pour assurer une « continuité pédagogique », le ministère de l’Éducation nationale a prévu des dispositifs d’enseignement à distance, dans l’Oise, le Haut-Rhin et Ajaccio. Quelques classes ont par ailleurs été fermées lundi après des cas positifs chez des élèves ou enseignants à Paris, Woippy (Moselle), Louvres (Val-d’Oise).


Les enseignants des collèges et lycées « jouent plutôt le jeu », car ils ont « l’habitude, comme leurs élèves » d’utiliser des espaces numériques de travail et d’y glisser documents et devoirs, selon Hubert Salaün, porte-parole de la PEEP (deuxième fédération des parents d’élèves de l’enseignement public).

Dans le lycée de sa fille à Chantilly (Oise), une professeur de français a même mis des vidéos de ses cours en ligne. « Certes, l’engagement des enseignants est variable, poursuit Hubert Salaün. L’un d’eux a demandé de bénéficier d’un droit de retrait. C’est choquant, mais exceptionnel. On n’était d’ailleurs pas surpris quand on a vu le nom du professeur… »

Quant aux parents et aux élèves, si tous disposent d’un téléphone relié à internet, certains n’ont pas forcément ordinateur ou tablette à domicile, ce qui peut être handicapant. C’est dans les écoles primaires que la continuité est la plus difficile à assurer, la plupart des élèves et professeurs ne disposant pas d’espace numérique de travail.

« Classe virtuelle »

Les enseignants n’ont à leur disposition que les courriels des parents. Certains ont bien envoyé des « fiches » par ce biais, assure Francette Popineau, du principal syndicat d’enseignants du primaire. De petites révisions pour l’essentiel « qui ressemblent à ce qu’on trouve dans les cahiers de vacances », raconte une enseignante de Senlis (Oise). Beaucoup renvoient aussi vers le Cned, le Centre national d’enseignement à distance, qui propose une plateforme avec des exercices pour chaque niveau de classe, censée compléter les directives des enseignants.

Si certains cours et exercices sont très interactifs, d’autres ressemblent à des pages peu attractives, émanant de manuels papiers

La qualité est assez inégale, mais « elle a été mise en place très rapidement. C’est un travail colossal », observe Stéphane Crochet du syndicat enseignant Se-Unsa. Si certains cours et exercices sont très interactifs, d’autres ressemblent à des pages peu attractives, émanant de manuels papiers. La directrice de l’école Viefvillers (Oise), fermée jusqu’au 20 mars, a demandé lundi aux parents de s’y inscrire, et donné des consignes très générales. Pour les CP « revoir les différents sons étudiés, les tables d’addition et les nombres jusqu’à 59 ». Pour les CE2 et CM1 « revoir les verbes au présent, les tables de multiplication 1 2 3 5 et faire un résumé du livre Les Doigts rouges… ».

Quant à la « classe virtuelle » proposée par le Cned, elle ne fait pas recette auprès des enseignants qui se disent « insuffisamment formés » selon Francette Popineau. « Il faut bien reconnaître que les enseignants ne sont pas du tout habitués au télétravail », note Stéphane Crochet de l’Unsa, selon qui il n’est « pas évident de donner du travail à distance à des enfants très jeunes, encore non autonomes. D’autant plus que de nombreuses familles parlent mal le français surtout en zones d’éducation prioritaire (REP et REP+) ».


Il ne faudrait pas non plus que ces cours et devoirs créent des conflits entre parents et enfants, craignent des enseignants : « suivre les devoirs trente minutes le soir, c’est plus facile que de suivre son enfant une matinée chaque jour », soutient-il. « C’est assez éprouvant, reconnaît Stéphanie, confinée avec ses enfants collégiens dans l’Oise, additionner sa journée de travail et un semblant de cours de mathématiques ou de physique, c’est vraiment la double peine. Je ne tiendrai pas des semaines. Et pourtant mes enfants sont plutôt bons élèves. »

Source : Le Figaro

samedi 13 septembre 2014

La « Khan Academy » maintenant complètement traduite en français

Depuis début septembre, Bibliothèques sans frontières, avec le soutien de la Fondation Orange, propose aux élèves et enseignants francophones du monde entier une nouvelle plateforme numérique d’éducation : la Khan Academy (en « chinois » dans le texte).

Imaginée en 2006 par l’Américain Salman Khan, cette plateforme internet offre gratuitement des cours de soutien personnalisés interactifs en vidéo à 10 millions d’utilisateurs par mois. La Khan Academy, qui jusqu'à présent n'était que très partiellement traduite en français, vient d’être entièrement traduite en français à l’initiative de l’association Bibliothèques sans frontières, cofondée par Jérémy Lachal et par l'historien Patrick Weil, et grâce au soutien financier de la Fondation Orange.

Plus de 3 millions de mots ont été traduits en quelques mois sous la supervision d’un comité scientifique. Les leçons en ligne sont accompagnées d’exercices d’évaluation des compétences, d’outils de suivi pour les enseignants et les parents, et intègrent plus de 2 700 séquences vidéo de 10 minutes couvrant les programmes de maths du CP (1ère année du primaire) à la Terminale (dernière année du cégep), ainsi que des cours de sciences comme la biologie, la physique ou encore la chimie.



Avant tout un soutien scolaire

Un enseignement à distance qui n’a pas vocation à remplacer les cours traditionnels prodigués en classe. Il s’agit avant tout d’un soutien scolaire, jamais un programme en ligne, aussi pertinent soit-il, ne pourra rivaliser avec un professeur, affirme Jérémy Lachal, le directeur de Bibliothèques sans Frontières.

L’association Bibliothèques sans Frontières, compte également apporter les ressources éducatives et pédagogiques de la Khan Academy dans les camps de réfugiés au cœur des zones de conflits, grâce au développement de conteneurs modulables et connectés, comprenant un ensemble d’outils et de services éducatifs, informatifs et culturels qui sont destinés aux populations en situation d’urgence. Les « Ideas Box », c’est leur nom [en français ?], sont déjà déployées au Burundi, dans les camps de réfugiés congolais. L’association prévoit l’implantation prochaine d’autres modules, au Liban et en Jordanie pour les réfugiés syriens scolarisés en français.

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À la maison, l’étudiant suit les cours en vidéo, à l’école les enseignants surveillent les exercices

 

vendredi 13 décembre 2013

Kartable : l'instruction secondaire en ligne à la française


Ils ont 27 ans, ont intégré HEC avec une note de 20 en maths et sont les inventeurs d’un site d’e-learning inédit, Kartable.fr. Sarah Besnaïnou et Julien Cohen-Solal ont planché deux ans avec une cinquantaine d’enseignants pour parvenir à mettre en ligne ce qui paraît simple : tous les cours dans toutes les matières pour collégiens et lycéens. Soit 10 000 leçons.

Une offre centralisée qui n’existait pas sur le Web. Tout parent qui aura tenté de faire réviser des cours d’histoire à son ado en classe de troisième saura apprécier la clarté bienvenue de ces programmes scolaires. Cours – enfin – lisibles, présentation sobre. Dans chaque matière, des exercices et leurs corrigés. En prime : de la méthodologie pour apprendre aux élèves comment s’approprier efficacement ces contenus.

« 200 000 inscrits en deux mois, 6 000 nouveaux abonnés chaque jour », assurent les concepteurs. « L’élève peut se fabriquer ses devoirs, observer sa progression, conserver ses fiches dans un classeur », précise Sarah Besnaïnou.

Gratuit, le site se financera en proposant des services supplémentaires payants tels qu’un suivi personnalisé ou une ligne de soutien sur laquelle des enseignants répondront en direct. Seul regret, la faute d’orthographe du nom du site.

Source : Le Point

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Prochainement (en 2009), tous les cours du CNED en accès gratuit





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

samedi 31 août 2013

À la maison, l’étudiant suit les cours en vidéo, à l’école les enseignants surveillent les exercices

Une révolution pédagogique est en marche. Elle a pour nom un drôle de sigle : CLOM (pour cours en ligne ouverts et massifs). Le principe est simple : des enseignants postent la vidéo de leurs cours sur Internet. C'est gratuit et ouvert à tous. En classe, leurs étudiants ont droit de poser leurs questions ou de mettre en œuvre, via des exercices, ce qu'ils ont retenu de la leçon.

Ce phénomène, qui se répand à grande vitesse et modifie l'économie de ce gigantesque marché qu'est l'éducation, a désormais son gourou. Salman Khan, 37 ans, fondateur de la Khan Academy. De son bureau de la Silicon Valley, Khan poste ses vidéos (4 500 à ce jour, diffusées en 28 langues) qui sont visionnées par quelque 6 millions de personnes par mois ! En France, elles sont mises en ligne par Bibliothèques sans frontières, traduites bénévolement par deux polytechniciens, Elsa Sitruk et Julien Braun. La Khan Academy est à but non lucratif. Financée par un investisseur de la Silicon Valley à son lancement, elle a été soutenue à coup de (gros) chèques par Google et la Fondation Bill et Melinda Gates.

Version en français

Bibliothèque sans frontières, une ONG œuvrant pour l'accès au savoir, lancera le 4 septembre sur son site internet la version francophone de la plateforme Khan Academy, qui regroupera plus de 250 leçons vidéos de mathématiques.

En lançant la Khan Academy en français, Bibliothèques sans frontières (BSF) souhaite favoriser l'accès aux connaissances pour le plus grand nombre, des plus jeunes aux adultes, en France comme dans le reste du monde, a expliqué l'historien Patrick Weil et président de l'organisation.

L'ONG est en contact avec les institutions, les écoles pour expérimenter ce projet dans certaines classes, a-t-il précisé à La Croix.

Selon Jean-Manuel Bourgeois, éditeur et administrateur de BSF, « il devrait y avoir un effet viral important ». En France, où la gratuité de l'école est « un principe de base », le problème lié à « l'obligation pour les parents d'acheter des compléments scolaires disparaît » avec un système de vidéos gratuites en ligne, a-t-il estimé.

La version francophone de la Khan Academy, soutenue par la fondation Orange (France Télécom), comprendra des leçons et exercices de pré-algèbre, d'arithmétique ainsi que de géométrie destinés à un large public.

Les élèves de primaire et du début de secondaire pourront visionner les contenus de manière autonome ou encadrés par leurs professeurs. Le projet est aussi destiné aux adultes souhaitant une remise à niveau de leurs connaissances.

Les vidéos sont réalisées par de jeunes professeurs et chercheurs, avant d'être validées par un comité scientifique de professionnels du monde de l'éducation, de l'édition et du numérique.

L'ONG prévoit de mettre sur son site internet http://www.khanacademy.bibliosansfrontieres.org/ 800 vidéos de mathématiques d'ici à la fin de l'année 2013 et traduire l'intégralité du contenu de la plateforme américaine pour janvier 2014. Elle envisage également de diversifier les contenus vidéos en proposant des leçons de français.



Aguiche pour le lancement de la version en français

Khan, parmi les 100 personnes les plus influentes du monde

vendredi 19 juin 2009

Prochainement, tous les cours du CNED en accès gratuit

À compter du 15 septembre, les cours d’été du site Académie en ligne feront place aux cours de l’année avec, en premier lieu, les classes du CP au CM2 en français, histoire-géographie, mathématiques, sciences et technologie, allemand, anglais, chinois et espagnol.

À compter du 30 octobre, les cours du collège et du lycée seront également en accès sur ce site, dans les disciplines d’enseignement général.



Xavier Darcos ministre de l'Éducation nationale française.