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dimanche 20 septembre 2026

Le plan « nataliste » du PQ : couverture de la SRC et réaction de Mme Fréchette


Le 20 septembre, le Parti québécois a présenté une série de mesures destinées à soutenir les familles et à enrayer le déclin de la fécondité : 10 000 nouvelles places en CPE en quatre ans, en plus des 15 000 déjà prévues, bonification du Régime québécois d’assurance parentale, remboursement des deuxième et troisième cycles de fécondation in vitro et supplément aux allocations familiales pour les troisième et quatrième enfants. Ce dernier atteindrait 350 $ par année pour le troisième enfant et 700 $ pour le quatrième. Le Parti québécois présente ces mesures comme un ensemble destiné à permettre aux familles de réaliser leur projet familial.

La couverture de Radio-Canada et la réaction de Christine Fréchette soulèvent toutefois plusieurs questions. Certaines sont de simple précision factuelle; d’autres concernent le choix des éléments mis en avant et ceux qui sont laissés de côté. Quant au plan du PQ lui-même, on peut prendre au sérieux son diagnostic sans pour autant considérer que l’ampleur des mesures annoncées soit nécessairement à la hauteur du problème.

Une présentation étonnamment lacunaire de la SRC

Comparés aux autres encadrés consacrés aux partis, les quelques mots réservés au programme du PQ donnent une image particulièrement appauvrie de ses propositions. Pas un mot sur les montants, les modalités, le RQAP, la FIV ou le supplément au 3e et au 4e enfant. L’encadré vide le programme dont le texte, deux paragraphes plus loin, souligne le caractère nataliste.

La remontée à 1,73 est escamotée

La SRC écrit :

« Le taux de fécondité, présentement au Québec, est de 1,33, a affirmé le chef péquiste. C'est le plus bas de notre histoire.

L'Institut de la statistique du Québec le  place plutôt à 1,36 pour l'année 2025, à égalité avec le taux enregistré en 1986. »

Notons que la SRC se trompe même d’année pour le creux, elle écrit 1986, il s'agit de 1987.

Entre le précédent creux de 1987 et le taux de 2025, l’indice synthétique de fécondité québécois est fortement remonté : 1,42 en 1988, 1,51 en 1989, 1,63 en 1990, puis 1,73 en 2008 et en 2009, avant de redescendre jusqu’à 1,33 en 2024 et 1,36 en 2025. La série historique de l’ISQ est parfaitement claire.

Or cette remontée importante est escamotée dans le traitement de Radio-Canada : on passe simplement du précédent creux au niveau actuel. Cet escamotage permet de présenter une histoire beaucoup plus simple que la réalité: le Québec s’inquiétait déjà de sa faible fécondité en 1987, il s’en inquiète encore aujourd’hui et, malgré des décennies de politiques familiales, il serait finalement au même point. Pourquoi tout ce foin donc?

Mais ce n’est pas toute l’histoire. La question intéressante n’est pas de savoir que le Québec est à nouveau à 1,36; il faut d'abord dire qu'il est monté à 1,73, comprendre les raisons de cette hausse, puis pourquoi il a reperdu ces 0,37 enfant par femme.

Cette question oblige notamment à examiner les politiques familiales mises en œuvre pendant cette période, au lieu de considérer rétrospectivement que les expériences antérieures ont été globalement vaines ou de supposer que les politiques actuelles constituent nécessairement la bonne réponse.

Le « bébé bonus » : ni miracle ni échec pur et simple

Le programme d’allocation à la naissance instauré par le gouvernement Bourassa en 1988 était beaucoup plus généreux que le supplément annoncé aujourd’hui par le PQ : 500 $ pour le premier enfant, 1 000 $ pour le deuxième et jusqu’à 8 000 $ pour un troisième enfant ou un enfant de rang supérieur.

Mme Fréchette affirme, selon l'article de SRC, que ce programme d'allocation à la naissance a été « un échec ».

Le programme a été abandonné en 1997 et son bilan politique a souvent été présenté par les médias et les politiciens progressistes comme celui d’un échec. Mais il faut distinguer ce jugement politique de ce que les travaux empiriques ont effectivement établi.

L’économiste Kevin Milligan a estimé que le programme avait contribué à plus de 93 000 naissances supplémentaires entre 1989 et 1996, pour un coût moyen d’environ 15 000 $ par naissance supplémentaire. Il a également estimé un effet positif important sur les naissances de rang élevé. Cardus reprend ces résultats dans son étude consacrée à la dénatalité québécoise.

Ces résultats ne signifient évidemment pas que le « bébé bonus » aurait à lui seul provoqué la remontée jusqu’à 1,73. Une évolution démographique n’a jamais une cause unique. Ils signifient en revanche que « le programme n’a pas résolu la dénatalité » et « le programme n’a eu aucun effet » sont deux propositions très différentes. La seconde n’est pas compatible avec les résultats de cette évaluation.

Le bilan honnête est donc plus nuancé : le programme semble avoir produit un effet démographique réel, mais relativement coûteux et insuffisant à lui seul pour maintenir durablement une fécondité élevée. Ce n’est ni une recette miracle ni un non-événement. Nous disons relativement coûteux car le programme des CPE mis de l'avant par la suite est nettement plus coûteux comme nous le verrons ci-dessous.

Deux politiques, deux échelles de dépenses

La comparaison des moyens financiers permet aussi de relativiser les jugements portés sur les politiques familiales québécoises. Le « bébé bonus » de 1988-1997, que l’on présente volontiers comme un échec, a coûté au total environ 1,4 milliard de dollars sur huit ans, soit quelque 176 millions par année en moyenne. Selon l’évaluation de Kevin Milligan, il aurait pourtant entraîné environ 93 000 naissances supplémentaires. L’étude de l’Institut C.D. Howe chiffre le coût moyen à environ 15 000 $ par naissance supplémentaire.

À titre de comparaison, le gouvernement du Québec consacre aujourd’hui 3,8 milliards de dollars par année au financement des services de garde éducatifs à l’enfance, qui comprennent les CPE, les garderies subventionnées et non subventionnées ainsi que les services de garde en milieu familial. Le budget de dépenses 2026-2027 indique 312 349 places et 3,8 milliards de dollars de financement. Tout cela alors que le Québec atteint à nouveau un creux historique démographique.

Il faut évidemment comparer avec prudence des politiques qui n’ont ni le même objectif ni la même structure. Mais l’ordre de grandeur est difficile à ignorer : le financement annuel actuel de l’ensemble des services de garde est environ vingt-deux fois supérieur à la dépense annuelle moyenne du « bébé bonus ».

Cette comparaison ne permet évidemment pas de juger de l’efficacité respective des deux politiques : elles n’ont ni les mêmes objectifs ni la même structure. Elle donne néanmoins une idée de l’écart d’échelle : le financement annuel actuel de l’ensemble des services de garde est environ vingt-deux fois supérieur à la dépense annuelle moyenne du “bébé bonus”. Dès lors, il serait pour le moins étrange de qualifier automatiquement l’un de succès et l’autre d’échec sans préciser le critère retenu.

Notons, en outre, que le bilan des CPE est loin d’être unanime : les travaux de Baker, Gruber et Milligan ont associé le programme à une hausse de l’anxiété, de l’agressivité et de l’hyperactivité, sans gain cognitif durable, cependant que d’autres évaluations insistent sur l’emploi des mères et la conciliation travail-famille.

Quand on compare les CPE et le « bébé bonus », il faut constater que les critères utilisés pour juger leur efficacité ne sont manifestement pas les mêmes et que ces critères dépendent d'une vision du monde. L’un juge d’abord le renouvellement des générations ; l’autre, le taux d’emploi des mères. On peut tenir les deux pour légitimes. On ne peut pas déclarer l’un « échec » et l’autre « succès » sans dire quel critère principal on a choisi. 

Si l’objectif des garderies était de réduire l’écart entre le nombre d’enfants souhaité et le nombre effectivement né, il faut mesurer cet effet.

Or le bilan démographique rend cette question difficile à éluder. En 2025, le Québec a enregistré 78 200 naissances pour 80 450 décès. Les décès ont donc dépassé les naissances pour une deuxième année consécutive. L’âge moyen à la naissance du premier enfant atteint désormais 30,2 ans. L’ISQ fournit ces données dans son bilan démographique de 2025.

« Cela ne reflète pas ce que veulent les Québécois » ?

Réagissant au plan du PQ, Christine Fréchette l’a qualifié de clairement « nataliste » et a déclaré : « Je crois que cela ne reflète pas ce que veulent les Québécois. » Ses propos ont notamment été rapportés par TVA Nouvelles.

Cette affirmation appelle une question simple : qu’est-ce que veulent les Québécois en matière de nombre d’enfants?

Un indice synthétique de fécondité de 1,36 ne répond évidemment pas à cette question. Il mesure une fécondité observée, pas un idéal familial. Les deux notions ne doivent pas être confondues.

Les données de Cardus sont précisément intéressantes sur ce point. Dans son étude consacrée au Québec, Cardus rappelle qu’un sondage du ministère de la Famille montre que 66,7 % des jeunes Québécois souhaitent avoir des enfants et que, parmi ceux qui en désirent, 90,3 % souhaitent en avoir au moins deux. Une autre enquête de Cardus auprès de femmes canadiennes montre, selon les groupes d’âge, des nombres d’enfants désirés de 2,00 à 2,40; 59,8 % des femmes interrogées déclarent avoir moins d’enfants qu’elles ne le souhaiteraient.

Ces données ne démontrent pas qu’une politique particulière permettrait de combler cet écart. Elles établissent néanmoins un point important : la faiblesse de la fécondité réalisée ne peut pas être assimilée à une préférence collective pour les familles de 1,36 enfant.

La déclaration de Mme Fréchette est donc, pour le moins, insuffisamment étayée. Si elle veut dire que les Québécois ne souhaitent pas une politique explicitement pronataliste, cette proposition pourrait être étayée par des données d’opinion portant précisément sur ce sujet. Si elle veut dire que les Québécois ne souhaitent pas avoir davantage d’enfants que n’en indique leur fécondité actuelle, les données disponibles ne permettent pas de l’affirmer.

Cette lecture du « désir » des Québécois n’est d’ailleurs pas un accident de conférence de presse. Plus tôt dans la campagne, face à la proposition conservatrice de verser une aide directement aux parents qui gardent leurs jeunes enfants à la maison, Mme Fréchette a repris le désormais très vieux soupçon : l’argent qui suit l’enfant, plutôt que la place en service de garde, ramènerait les femmes aux berceaux et aux fourneaux. Rappelons que cette formule est ancienne, déjà en 1982, Claire Bonenfant, alors présidente du Conseil du statut de la femme, craignait qu’une politique familiale encore embryonnaire ne soit un natalisme « déguisé » renvoyant les femmes « aux berceaux et aux fourneaux » (p. 125). La rhétorique n’a pas changé depuis près d’un demi-siècle. La situation démographique, elle, n’est plus la même : le Québec enregistre maintenant plus de décès que de naissances.

Dans les déclarations de Christine Fréchette, le choix parental semble n’être pleinement légitime que lorsqu’il coïncide avec le modèle qu’elle juge émancipateur — les deux parents au travail, l’enfant en institution. L’autonomie, dans cette logique, ne consiste pas à laisser une mère ou un père arbitrer entre le CPE, les grands-parents ou la maison ; elle consiste à orienter fiscalement et rhétoriquement vers une seule de ces options. 

Mme Fréchette dit « nataliste » comme on dit « réactionnaire » : non pour décrire une mesure, mais pour la rendre moralement suspecte. Un supplément de 350 $ au troisième enfant est une aide ciblée, d’ailleurs trop modeste. Le logiciel de la chef de la CAQ est suranné, c'est un vieux réflexe : traiter le désir d’enfant comme une menace pour l’autonomie, plutôt que comme un projet que l’État peut lever ou entraver.

Le plan du PQ est très modeste 

On peut prendre au sérieux le diagnostic du PQ sans considérer que l’ampleur des mesures annoncées soit nécessairement à la hauteur du défi.

Le choix de cibler le troisième enfant n’est pas absurde : le passage de deux à trois enfants entraîne souvent des dépenses qui changent d’échelle, notamment en matière de logement et de transport. Le PQ met d’ailleurs lui-même l’accent sur ces coûts.

Mais 350 $ par année pour le troisième enfant et 700 $ pour le quatrième ne constituent pas un nouveau « bébé bonus » comparable à celui de la fin des années 1980. Même en tenant compte des autres mesures — RQAP, CPE et fécondation in vitro —, l’incitation financière directe à avoir un troisième enfant demeure limitée.

Il serait donc prématuré de présenter ce plan comme capable, à lui seul, de renverser la tendance. Si ces mesures sont adoptées, leur intérêt devra être évalué sur des résultats concrets : nombre de naissances supplémentaires, coût par naissance, effet sur le calendrier des naissances et surtout effet durable sur le nombre total d’enfants par famille.

Le PQ avec cette annonce a le mérite de poser explicitement la question de la fécondité. Le Québec est très loin du seuil de remplacement des générations et connaît désormais un accroissement naturel négatif.

lundi 27 juillet 2026

Le diffuseur gouvernemental (1,4 milliard de subventions/an) se penche sur les vacances des minorités confrontés au racisme (blanc, patriarcial, cisgenré, etc.)


« Phoenyx Ahmed se définit comme une personne queer, trans non binaire, musulmane, Sud-Asiatique et réfugiée au Canada. Je suis aussi une personne grosse et cela compte beaucoup quand je voyage, ajoute-t-iel. »

Bien : curiosité de la part des Thaïlandais qui veulent toucher sa peau noire


Mal : plusieurs hommes (européens) lui demandent de se prendre en photo avec elle

1,4 milliard de dollars

Le budget fédéral de CBC/Radio-Canada pour 2026-2027 s'élève à 1,38 milliard de dollars, ce qui représente une baisse de 192 millions de dollars par rapport aux 1,58 milliard de l'année précédente.



Source : Radio-Canada.

jeudi 25 juin 2026

Le manifeste du tueur de Côte-des-Neiges à Montréal : hypergamie, anticapitalisme et terrorisme révolutionnaire


La fusillade de Côte-des-Neiges : trois morts et un manifeste de 104 pages


Le 22 juin 2026, vers 11 h 35, une fusillade meurtrière a éclaté dans le quartier de Côte-des-Neiges à Montréal, à proximité du Hilton Garden Inn et du siège d’Aylo, société propriétaire de Pornhub. L’auteur de l’attaque, Seth Scott Hatfield, était armé d’une carabine semi-automatique SKS et avait préparé son opération depuis plusieurs semaines.

Selon les informations rendues publiques par les enquêteurs, Hatfield avait séjourné dans un hôtel du secteur avant de passer à l’action. Après avoir ouvert le feu, les événements ont rapidement pris la forme d’une attaque ciblant les forces de l’ordre. Une importante intervention policière a suivi et l’assaillant a finalement été abattu.

Le bilan humain est lourd : le policier montréalais Mohamed Lamine Benredouane, âgé de 34 ans, a été tué dans l’exercice de ses fonctions ; Michel Moshe Mizrahi, 38 ans, membre bien connu de la communauté juive montréalaise, a également perdu la vie. Une policière a été grièvement blessée. L’assaillant a lui-même été abattu par les forces de l’ordre.

Dans sa chambre d’hôtel, les enquêteurs ont découvert un manifeste de 104 pages intitulé Manifesto of June 22nd. Ce document, rédigé avant l’attaque, expose les motivations idéologiques de son auteur et constitue la principale source permettant de comprendre son raisonnement politique et social.

Seth Hatfield : du campus universitaire à l'attentat

Seth Scott Hatfield était un homme de 25 ans originaire de Lethbridge, en Alberta. Étudiant en philosophie à l’Université de Lethbridge, il figurait notamment sur la liste d’honneur du doyen. Les témoignages recueillis après l’attentat le décrivent généralement comme une personne intelligente, introvertie, solitaire et fortement investie dans les débats idéologiques.

À première vue, rien ne le destinait à devenir l’auteur d’un attentat. Aucun passé criminel significatif n’était connu publiquement. Toutefois, son manifeste révèle un processus de radicalisation intellectuelle déjà avancé depuis plusieurs années.

Contrairement à l’image parfois donnée d’un individu mû principalement par une rancœur personnelle ou sentimentale, Hatfield cherchait manifestement à inscrire son geste dans une vision globale du monde. Son texte ne se limite pas à des plaintes sur sa propre situation ; il prétend développer une théorie générale de l’histoire humaine, de l’économie, des rapports entre les sexes, du capitalisme moderne et de la révolution politique.

Le document est structuré comme un essai idéologique : chapitres, définitions, références historiques, citations d’auteurs, notes de bas de page et bibliographie. Hatfield cherche visiblement à présenter ses thèses sous une apparence intellectuelle et systématique. Cette volonté de construire une doctrine cohérente distingue son texte de nombreux manifestes criminels plus improvisés ou purement autobiographiques.

L'angle des médias de grand chemin : misogynie et mouvance incel

Dans les jours ayant suivi la fusillade, la majorité des grands médias québécois et canadiens ont principalement insisté sur la dimension incel, misogyne et antiféministe du manifeste. 20minutes parle d'un manifeste « masculiniste ».

Les titres ont souvent évoqué un « attentat incel », un « manifeste anti-femmes » ou encore la haine des femmes. L’accent a été mis sur les passages consacrés à l’hypergamie, à la solitude masculine et à la critique du féminisme. Plusieurs reportages ont rapproché l’événement d’autres actes de violence associés à des milieux masculins radicalisés ou à la mouvance incel (célibataires involontaires).

Cette lecture n’est pas entièrement erronée. Le manifeste contient effectivement de nombreux développements consacrés aux rapports hommes-femmes, à l’hypergamie, à la critique du féminisme contemporain et à ce que Hatfield considère comme l’effondrement de la monogamie.

Toutefois, cette présentation tend à laisser dans l’ombre une partie importante du document. Celui-ci ne se réduit pas à une dénonciation des femmes ou du féminisme. Une grande partie de ses 104 pages est consacrée à des questions économiques, historiques et révolutionnaires. Le texte mobilise abondamment le vocabulaire du marxisme, développe une critique systématique du capitalisme moderne, dénonce la bourgeoisie, attaque la pornographie comme industrie et contient également des passages visant les « sionistes » ou ce qu’il appelle parfois une « classe judéo-bourgeoise ».

La focalisation quasi exclusive sur la dimension incel par les gros médias a ainsi conduit une partie du public à percevoir le manifeste comme un simple document de haine antiféministe, alors que son contenu réel est plus vaste, plus complexe et parfois plus contradictoire (ou plus syncrétiques).

Au-delà du label « incel » : le contenu réel du manifeste

mardi 24 février 2026

Radio-Canada, le PLQ et QS : annonces catastrophistes sur l'effet des restrictions en immigration sur l'école

Dans un paysage médiatique où les titres accrocheurs occupent souvent le devant de la scène, il arrive que Radio-Canada adopte un angle de traitement qui met surtout en relief les critiques envers les politiques d’immigration du gouvernement québécois. Récemment, la société d’État a publié un article intitulé « Fin du PEQ : une situation “catastrophique” en éducation, dit l’opposition », relayant largement les réactions de certains partis à la disparition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Présentée comme l’annonce d’un grave problème pour le réseau scolaire, cette situation mérite toutefois d’être examinée avec un peu de recul : s’agit-il d’une analyse équilibrée ou d’une amplification d’un discours politique particulier ? Un regard attentif sur les faits et le contexte permet de mieux distinguer ce qui relève du constat et ce qui tient davantage de l’interprétation.


Le cœur de l’annonce : une « catastrophe » annoncée


Selon l’article de Radio-Canada, publié récemment, près de 1 000 employés du réseau scolaire québécois — dont plus de 200 enseignants et plus de 700 membres du personnel de soutien issus de l’immigration — pourraient voir leurs permis de travail expirer en 2026. Cette situation découlerait de la fin du PEQ, remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).

Les critiques les plus appuyées proviennent notamment de la gauche radicale Québec solidaire et du Parti libéral du Québec, parti immigrationiste appuyé par à peine 10 à 20 % des francophones. Ruba Ghazal, co-porte-parole de QS, a ainsi déclaré : « C’est catastrophique ! On est en train de nuire au Québec, à nos enfants dans nos écoles. On nuit à nos entrepreneurs, à notre économie, à nos services publics, c’est ridicule ! » De son côté, Madwa-Nika Cadet, du PLQ, a demandé au gouvernement d’accorder rapidement une clause de droits acquis, jugeant la situation « absolument inacceptable ».

L’article du diffuseur gouvernemental fédéral met l’accent sur l’incertitude qui touche ces travailleurs temporaires arrivés notamment par le Programme des travailleurs étrangers temporaires. Le risque évoqué est celui de départs forcés qui viendraient accentuer la pénurie de main-d’œuvre en éducation. On y cite des exemples, notamment d'enseignants immigrés en Montérégie ou à Montréal confrontés à des délais administratifs importants. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, est également critiqué pour ne pas avoir étendu au personnel scolaire les garanties accordées au secteur de la santé, où 6 300 employés ont bénéficié d’une clause dite « grand-père ».

Un contexte nettement plus nuancé : la réalité des politiques d’immigration

Ces chiffres — compilés par Radio-Canada à partir de données provenant de 10 centres de services scolaires sur 72 — peuvent sembler préoccupants à première vue, mais ils doivent être replacés dans un cadre plus large. Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec a annoncé en novembre 2025 une réduction des seuils d’immigration permanente à 45 000 personnes par an jusqu’en 2029, soit 15 000 de moins qu’auparavant, dans l’objectif déclaré d’alléger la pression sur les services publics.

Cette décision s’appuie notamment sur certains constats : en 2025, le ministre Roberge indiquait que 62 000 enfants de résidents temporaires fréquentaient le système scolaire québécois, ce qui avait nécessité l’embauche d’environ 4 500 enseignants supplémentaires. Les flux migratoires temporaires, encouragés par certaines politiques fédérales mises en place après 2016, n’ont pas résolu les pénuries de main-d’œuvre ; dans plusieurs cas, ils ont aussi accru la demande en logement, en soins de santé et en services éducatifs.

L’abolition du PEQ vise ainsi à privilégier une immigration plus ciblée par l’entremise du PSTQ, avec 29 000 invitations prévues en 2026. Le secteur de l’éducation fait d’ailleurs partie des priorités annoncées par le gouvernement le 30 janvier 2026, notamment pour les enseignants du primaire et du secondaire. Parmi les 221 déclarations d’intérêt admissibles soumises par des enseignants, 84 invitations avaient déjà été envoyées depuis juillet 2025.

Dès lors, la question se pose : faut-il parler d’une « catastrophe » ? Certains acteurs politiques le soutiennent, mais d’autres observateurs invitent à nuancer ce diagnostic. En août 2025, le ministre Bernard Drainville évoquait déjà plus de 4 000 postes d’enseignants vacants à la rentrée, un chiffre néanmoins en baisse par rapport aux années précédentes grâce à des efforts de recrutement local. La perte potentielle d’environ 1 000 employés issus de l’immigration dans un réseau qui compte plus de 92 000 postes (données de 2025) représente un défi réel, mais pas un effondrement du système. Des spécialistes, dont l’avocat en immigration Yves Martineau, parlent plutôt d’une situation incertaine, tout en rappelant l’existence de voies alternatives par le PSTQ.

Une couverture médiatique à examiner avec prudence

Au-delà du débat politique, certains estiment que la manière dont la question est présentée dans les médias peut accentuer une perception d’urgence ou de crise. Dans ce cas précis, Radio-Canada a surtout mis en avant les réactions les plus alarmistes provenant de partis généralement favorables à des niveaux d’immigration plus élevés, sans toujours accorder le même poids aux éléments de contexte ou aux ajustements en cours dans les politiques publiques.

Autrement dit, le débat porte moins sur l’existence de difficultés réelles potentielles — qui ne sont pas contestées — que sur la façon de les interpréter et de les présenter. La transition entre programmes d’immigration comporte inévitablement des zones d’incertitude, mais elle s’inscrit aussi dans une volonté politique de rééquilibrer un système qui a fortement reposé sur les statuts temporaires au cours des dernières années.

En définitive, la situation décrite par Radio-Canada ne correspond pas à une catastrophe imminente, mais plutôt à une phase d’ajustement dans la gestion de l’immigration au Québec. Le défi pour le gouvernement sera d’assurer une transition efficace afin de retenir les travailleurs essentiels, tandis que le débat public gagnerait sans doute à s’appuyer sur des analyses plus complètes et moins polarisées dans les médias de grand chemin.

vendredi 2 janvier 2026

Vos impôts à l'œuvre : la télévision d'État caricature une famille « traditionnelle » (chrétienne, il va sans dire) fantasmée

Le Bye Bye est une émission spéciale (censément) humoristique diffusée par Radio-Canada le 31 décembre. Depuis 1968, elle propose une revue satirique de l’actualité de l’année écoulée à travers une série de sketches.

Caricature 

La vidéo en cause (visible ci-dessous) est un extrait du Bye Bye 2025, intitulé « Une famille comme les autres », interprété par Pierre-Yves Roy-Desmarais et Katherine Levac. Sur un air de musique country, le sketch met en scène un une famille caricaturale dite traditionnelle : femme au foyer, homme viril, nombreux enfants, valeurs chrétiennes affirmées, refoulement de tendances au travestissement et rejet des modes modernes. Le ton bascule rapidement dans une moquerie appuyée, notamment par l’utilisation d’un crucifix sorti du pantalon ou par des allusions à l’homophobie, comme la suggestion de brûler un drapeau LGBTQ. 

Des cotes d’écoute en baisse

Comme le rapporte TVA Nouvelles dans un article du 2 janvier 2026, l’édition 2025 a enregistré une baisse notable d’audience par rapport aux années précédentes (baisse de 12% par rapport à ceux de l’an 2024), confirmant une tendance déjà observée depuis plusieurs années. Cette érosion témoigne d’un détachement progressif du public, de plus en plus nombreux à juger l’humour prévisible, polarisant et déconnecté des réalités de nombreuses familles québécoises.

Émission très coûteuse et déficitaire 


L’émission, bien qu’elle engendre des revenus publicitaires importants — les tarifs des annonces comptant parmi les plus élevés de l’année télévisuelle québécoise — demeure une production extrêmement coûteuse pour le contribuable. Elle est déficitaire. Dans un contexte où Radio-Canada dépend largement de fonds publics, financer un spectacle clivant, dont l’audience est en déclin, soulève des questions légitimes quant à la gestion responsable de l’argent public. Si le Bye Bye n’est pas réellement « rentable » au sens commercial strict, il l’est encore moins lorsque l’on considère son rendement culturel et social pour l’ensemble des Québécois.

À sens unique

Le sketch cible exclusivement une parodie de familles chrétiennes traditionnelles, présentées comme arriérées, oppressives, intolérantes avec des tendances étranges refoulées. On y ridiculise la femme au foyer, l’homme rural, la foi catholique pratiquante et l’idée même de la famille nombreuse. Or, comme le soulignent de nombreux observateurs, il serait impensable pour Radio-Canada de produire un équivalent satirique visant une famille musulmane traditionnelle, une communauté autochtone conservatrice ou certains stéréotypes associés aux minorités sexuelles ou aux femmes dites « progressistes ». À quand une saynète représentant des femmes dite libérées, dépressives, sans enfant, délaissées et qui récitent avec une foi de charbonnier leur chapelet progressiste à leur dernier compagnon, leur chien, le tout dans un appartement sinistre de Montréal ? Cette asymétrie révèle un biais idéologique marqué, où seule une frange conservatrice ou traditionnelle «  blanche  »est jugée socialement « attaquable ». Un humour financé par tous devrait pourtant aspirer à une satire plus équilibrée, plutôt que de conforter les certitudes d’une bulle progressiste urbaine.

 

En pleine crise démographique

Le Québec traverse actuellement l’une des crises de natalité les plus sévères du monde occidental, avec un indice de fécondité (1,33 enfant/femme) largement inférieur au seuil de remplacement des générations. Dans ce contexte, diffuser un sketch qui ridiculise les familles nombreuses et les valeurs qui les soutiennent — stabilité conjugale, investissement parental à temps plein, transmission culturelle et religieuse — apparaît non seulement maladroit, mais irresponsable. Cela revient à financer, par des fonds publics, une forme de propagande qui décourage indirectement la natalité et fragilise les liens familiaux traditionnels, pourtant historiquement centraux dans la survie du peuple québécois. Il est vrai que pour certaines féministes militantes : « Les femmes enceintes, ça me dérange ».

Avec 1,33 enfant/femme, quatre grands-parents ont moins de 2 petits-enfants (cette génération descendants est donc deux fois moins nombreuse, c'est l'implosion démographique)

Stéréotypes grossiers insultants, mépris de classe

À ces reproches s’ajoutent plusieurs aspects aggravants. L’humour repose largement sur des stéréotypes grossiers — accent campagnard, vêtements caricaturaux, allusions sexuelles gratuites — qui frôlent le mépris de classe envers les Québécois ruraux ou « de souche ». L’offense religieuse, incarnée par l’usage trivial du crucifix, heurte inutilement une population encore attachée à son héritage catholique, sans apporter de réelle profondeur satirique. Enfin, dans une société déjà fragmentée, une émission censée rassembler les Québécois lors du passage à la nouvelle année en vient à aliéner une portion significative du public, renforçant l’impression que Radio-Canada s’adresse avant tout à une élite montréalaise plutôt qu’à l’ensemble de la nation.

Diffuseur gouvernemental hypersubventionné

Radio-Canada reçoit annuellement plus de 1,4 milliard de dollars en subventions du gouvernement fédéral, un montant relativement stable au fil des dernières années, malgré certains ajustements. Une part de cette somme considérable finance des contenus « progressistes » comme ce sketch qui se veut satirique, ce qui rend d’autant plus légitime le débat sur la pertinence, l’équilibre et l’impartialité dans l’utilisation de ces fonds publics.


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États-Unis — Progressistes blancs nettement plus susceptibles d’avoir un problème de santé mentale que les conservateurs blancs 

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vendredi 1 novembre 2024

Délire réchauffiste sur Radio-Canada (le service public)

Le modérateur de l'émission ne dit rien, mais dodeline de la tête.

—Jean-François Lisée, ancien ministre, ancien chef du Parti québécois : « mes petits-enfants vont me dire quand la température sera à 45 degrés, + 45°,  en février »
— Michelle Courchesne, ancienne ministre, « dans 15-20-25 ans une grosse partie de la planète n'existera plus ».

Selon le très politiquement correct organisme de prospective climatique Ouranos, voici le climat du Québec d'ici 2100:

Évolution des températures moyennes annuelles sur le Québec de 1950 à 2100. La partie gauche montre le climat récent intégrant des observations, la partie droite montre le climat projeté. Le SSP2-4.5 est un scénario d’émissions de GES médian, le SSP3-7.0 est un scénario élevé. Tiré des Portraits climatiques d’Ouranos basés sur CMIP6.

Avec le « pire » des scénarios SSP3-7.0 (peu probable), la température moyenne du Québec sera(it) celle de la Belgique en 2100 (12 °C en moyenne l'année), personne ne trouve que la Belgique actuellement à un climat ne fût-ce que chaud, il ne fera jamais +45 °C en plein hiver...

On remarquera, en outre, que les valeurs observées (en bleu) n'indiquent pas un emballement quelconque.

Ouranos poursuit:

Températures hivernales

Les températures hivernales ont aussi tendance à se réchauffer, et ce de façon plus marquée dans le nord de la province avec des augmentations atteignant 8 à 13 °C à la fin du siècle pour un scénario d’émissions de GES élevé. La partie nord du Nunavik verra ainsi le nombre de jours avec un minimum hivernal inférieur à -25 °C passer de 60 jours durant les dernières décennies à 35 jours à l’horizon 2050. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean perdra environ 15 jours de grands froids, alors qu’en Montérégie, la diminution se situe autour de 2 jours.

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jeudi 2 mai 2024

Diversité — « homogénéiser les cultures anglophone et francophone » du diffuseur public ?

Un plan visant à « rapprocher » les services français et anglais de Radio-Canada occupe actuellement la haute direction du diffuseur public. La programmation pourrait être touchée par cet effort de convergence, ce qui fait craindre pour l’autonomie des services français. Le service anglais (la CBC) a une réputation d’être nettement plus à gauche (plus woke, voir notamment ci-dessous la controverse sur l’usage du mot nègre) que Radio-Canada. La CBC est aussi nettement moins regardée que Radio-Canada (5,8 % des téléspectateurs anglophones par rapport à 24,8 % des francophones aux heures de grande écoute). Certains voient dans cette mesure une ruse pour empêcher le Parti conservateur du Canada d’arrêter le financement que de la CBC, comme son chef Pierre Poilièvre le propose. Le Parti conservateur mène dans les sondages de près de 20 points sur le Parti libéral de Justin Trudeau. Cette volonté d’homogénéité de la part d’un organisme qui chante sans cesse les vertus de la diversité (sexuelle, raciale, religieuse) est assez étonnante.


Ce « plan de transformation » sera présenté au conseil d’administration à l’automne. Il s’agirait entre autres de réunir les directions de CBC et de Radio-Canada afin de faire face à la « concurrence des géants numériques ». La programmation pourrait être touchée par cet effort de convergence, ce qui fait craindre pour l’autonomie des services français. Une source bien au fait du dossier qui a requis l’anonymat a confirmé l’existence de ce plan au journal la Presse.



« On veut qu’une seule personne dirige l’ensemble des services », redoute Alain Saulnier, ancien directeur général de l’information de Radio-Canada, qui a eu accès à certains détails des changements qui guettent la société d’État.

Ce que ça signifie, c’est qu’on veut homogénéiser les cultures anglophone et francophone

Marco Dubé, vice-président et chef de la transformation à Radio-Canada, a été mandaté par le conseil d’administration pour piloter le dossier. « Le diffuseur public veut demeurer pertinent à long terme et le C.A. a demandé une réflexion sur comment on pouvait se transformer pour poursuivre notre transition vers le numérique », explique-t-il dans une entrevue pendant laquelle il a confirmé la volonté de la haute direction de rassembler des ressources de CBC et Radio-Canada.

En juin dernier, Catherine Tait, présidente-directrice générale du diffuseur, a vu son mandat renouvelé pour une période réduite de 18 mois, soit jusqu’en janvier 2025, dans un contexte délicat, marqué notamment par des tensions entre CBC et Radio-Canada et le départ surprise, en octobre dernier, du vice-président principal des Services français, Michel Bissonnette.

Le conseil d’administration de la Société est présidé par Michael Goldbloom, tandis que Catherine Tait y siège. Marco Dubé, considéré par plusieurs comme le « dauphin » de la patronne sortante de CBC/Radio-Canada, a tour à tour été journaliste, directeur général des Services régionaux et chef de cabinet de la PDG.

Un rapprochement entre les programmations française et anglaise est-il dans les cartons ? « Pas nécessairement », répond-il. « CBC et Radio-Canada jouent des rôles très particuliers chacun dans leur marché respectif. Radio-Canada joue un rôle très spécifique auprès des francophones. On doit préserver ça à tout prix et on va prendre les moyens pour le faire. »

« Pas nécessairement », mais l’idée n’est pas écartée ? « C’est le prochain PDG qui va décider de ces grandes questions-là, mais il y a vraiment derrière [notre réflexion] une utilisation judicieuse des fonds publics, et les Canadiens s’attendent à ce qu’on utilise l’argent de manière efficace. Ils s’attendent à avoir une qualité de programmation en français et en anglais, mais ils s’attendent aussi à ce qu’on soit une organisation qui ne dédouble pas les ressources juste pour le plaisir de dédoubler les ressources. C’est un peu ça qu’on regarde présentement et qu’on regardait il y a déjà plusieurs années. »

Empêcher la fin du financement public de la seule CBC ?

En décembre 2023, la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, avait annoncé la création d’un comité d’experts pour assurer la « pérennité » du diffuseur public. Cette initiative n’est pas liée à la « réflexion » lancée par le conseil d’administration, selon nos informations.

Toutes deux s’inscrivent néanmoins dans le même contexte, soit d’importantes pertes de revenus au sein du diffuseur public et la menace d’un définancement de CBC dans l’éventualité de l’élection du Parti conservateur aux prochaines élections fédérales.

Lors de sa campagne à la direction, Pierre Poilievre a martelé son intention de couper les vivres aux services anglais de la société d’État. Le chef conservateur, qui brandit encore aujourd’hui le slogan « Defund the CBC », a toutefois précisé qu’il comptait épargner la minorité francophone desservie par Radio-Canada.

Laisser tomber une seule moitié du diffuseur public nécessiterait des modifications législatives : un rapprochement entre les deux entités rendrait le plan conservateur encore plus difficile à mettre en œuvre. « Certains prétendent qu’on essaie d’empêcher Poilievre de démanteler CBC » en la raccordant à Radio-Canada, explique M. Saulnier.

« Ce n’est pas ça du tout », assure le chef de la transformation, Marco Dubé. Pas plus qu’il ne s’agit d’un legs que souhaite laisser la présidente-directrice générale Catherine Tait avant son départ, précise-t-il.

Les services français et anglais du diffuseur public mettent déjà en commun bon nombre de ressources. « C’est impossible d’imaginer Radio-Canada sans la présence de CBC, parce qu’on partage nos infrastructures, nos édifices, la technologie, les équipements, et même pour tout ce qui est de l’administration, des finances. Tout ça, c’est partagé. On est une seule entreprise, sauf pour la programmation [et] les nouvelles », avait expliqué la PDG lors d’un comité parlementaire à la fin du mois de janvier dernier.

Selon Alain Saulnier, Catherine Tait épouse la vision « one company » (une seule entreprise) d’Hubert Lacroix, président-directeur général de CBC/Radio-Canada de 2008 à 2017.

En décembre 2023, la décision de la haute direction de réduire de façon égalitaire le nombre de postes dans les services français et anglais avait causé la polémique, alors que la performance de Radio-Canada est nettement supérieure à celle de CBC, eu égard à leur marché respectif.

La question de l’autonomie des services français avait déjà refait surface en 2022 : le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes avait ordonné au diffuseur public de s’excuser après qu’un chroniqueur radio avait prononcé quatre fois en ondes le titre d’un essai de Pierre Vallières, Nègres blancs d’Amérique. La manière de réagir et de répondre au blâme de l’organisme public — qui a été annulé par la Cour d’appel fédérale en juin 2023 — a engendré un bras de fer tendu entre les directions de Radio-Canada et de CBC.

Alain Saulnier, qui est également spécialiste des médias, s’inquiète grandement d’une possible fusion des directions responsables des contenus. « Depuis 1970, on défend jalousement l’autonomie des services français à Radio-Canada, explique-t-il. Raymond David [ancien vice-président des services français de Radio-Canada] a obtenu cette indépendance [en 1968] parce qu’il jugeait essentiel de développer une programmation qui soit sensible à la réalité québécoise et à la réalité des francophones du pays. »

C’est ce que M. Saulnier craint de voir s’effriter.

La CBC/Radio-Canada en chiffres
 
125 millionsDéficit prévu de CBC/Radio-Canada pour l’exercice 2024-2025 avant l’annonce d’un nouveau financement de l’État. Quelque 800 postes étaient en jeu, soit 10 % de l’effectif.
346 Réduction de l’effectif à CBC/Radio-Canada depuis le mois de décembre dernier. L’entreprise s’est départie de 141 employés et a éliminé 205 postes vacants. Davantage de mises à pied sont écartées pour l’année en cours.
1,42 milliard Financement de CBC/Radio-Canada en 2024-2025, contre 1,3 milliard l’année précédente, selon des documents du ministère du Patrimoine canadien.
42 millionsVersement d’aide supplémentaire à CBC/Radio-Canada pour l’année en cours, selon le budget fédéral déposé le 16 avril dernier.

Source : La Presse, SRC, CBC

vendredi 22 septembre 2023

Expliquer sans complexe qu'on déteste les blancs et les Québécois «de souche» dans une ambiance complice à Radio-Canada

Le 17 septembre, à la radio publique Ici Première, Rebecca Makonnen interviewe Mara Joly, scénariste, réalisatrice, productrice et créatrice de la série Après le déluge, à son émission De l’huile sur le feu. Après le déluge est une série du réseau de télévision privé Noovo dont « 80 % de l’équipe est racisée ». Noovo appartient à Bell Média.

Rebecca nous présente ainsi Mara Joly, qui a vécu en France et en Afrique. « Née au Québec d’une mère d’origine afro-américaine et d’un père blanc, tu es afro-descendante mais » elle passe pour blanche (“white passing” dans le texte car on parle franglais pour faire métissé sans doute).


C'est sans doute faire œuvre d'anti-racisme en déstabilisant le patriarcat blanc colonial. 

Voici la transcription mot à mot de cet échange pour le moins affligeant.

Rebecca Makonnen. — « Pendant longtemps, tu as dit que tu n’aimais pas les Blancs. »

Mara Joly. — « Oh mon Dieu, oui c’est vrai, Bon Dieu, tu vas là ? Oui je détestais les Blancs. Mais tsé j’veux dire, je ne pense pas que tu peux aimer les Blancs quand tu habites en Afrique, et je pense que tu ne peux pas aimer les Blancs quand tu es afro en France. »

Rebecca Makonnen.. — « OK. Pourquoi ? »

Mara Joly. — « Tu peux là, tu peux. Mais c’est tellement violent, tu sais. Je veux dire, c’est trash en cr***, là. À un moment donné, tu es tannée puis tu es juste comme “Not a safe space”, bye ! »

Rebecca lui parle de son identité. La réponse : « Ma base, c’est afro. Après ça, je te dirais que j’ai développé en arrivant ici un sentiment d’appartenance pas à la culture québécoise, mais aux cultures québécoises. Tsé parce que si être Québécois de souche, c’est être Canadien français, moi je suis comme “non !”. Québécois de souche, c’est genre les Autochtones, qu’on est en train de “génocider” encore en ce moment d’ailleurs. »

Isabelle Laporte sur X a commenté : « Dans la boîte où on se demande s'il faut laisser un invité prononcer le “mot en N” tout au long [en toutes lettres : nègre ou noir] sans émettre au préalable un “traumavertissement” ou s'excuser et tout le bataclan, doit-on en conclure que Radio-Canada s'est débarrassée de ses scrupules ? »

dimanche 10 septembre 2023

Congrès du Parti conservateur du Canada: pour la protection des mineurs contre les chirurgies de changement de sexe

Les militants conservateurs réunis en congrès à Québec ont envoyé à leur chef le message que le parti devrait sauter à pieds joints dans le débat sur les droits des personnes transgenres et non binaires.

Les délégués conservateurs ont massivement appuyé deux propositions, dont une interdisant les chirurgies de changement de sexe chez les mineurs, à 69% contre 31%. Même les délégués du Québec ont voté pour cette proposition à 58 %.

Les militants ont aussi voté, à 87%, pour interdire aux hommes biologiques d'avoir accès aux espaces intimes des femmes (tels que les toilettes, les douches et les prisons) et aux sports féminins. 

Une politique anti-euthanasie plus ferme a été adoptée, avec 71 % de votes positifs. Elle s'oppose explicitement à l'extension du régime de mort sur demande de Trudeau aux personnes déprimées, aux malades mentaux, aux pauvres et aux handicapés, ainsi qu'aux personnes qui ne sont pas en phase terminale. Cette complétée par une politique de soins palliatifs et une politique nationale de soins aux personnes âgées qui, si elles étaient mises en œuvre par un gouvernement conservateur, réduiraient la demande d'euthanasie.

Une autre proposition notable qui promeut le respect des enfants à naître et de la maternité, bien qu'indirectement, provient de l'association de Louis-Saint-Laurent. Elle engage le PCC à éliminer la taxe fédérale sur les «produits essentiels pour la maternité et les nouveau-nés».

Les 30 résolutions débattues par les militants ce samedi sont non contraignantes. C’est-à-dire que M. Poilièvre pourra les ignorer s’il le souhaite au moment de l’élaboration de la prochaine plateforme électorale.  

Les prétendus « droits des personnes transgenres et non binaires » font l’objet d’un débat politique de plus en plus intense au Canada anglais.  

Le Nouveau-Brunswick a récemment adopté une loi qui oblige les enfants de moins de 16 ans à obtenir le consentement parental avant de changer leur prénom ou leur pronom à l’école.

Le premier ministre Justin Trudeau a vertement critiqué le gouvernement de Blaine Higgs, qu’il a associé à la droite dure américaine.  

En réponse, Pierre Poilievre a demandé au premier ministre canadien de «laisser les provinces gérer les écoles, et les parents élever leurs enfants». 

Contre la discrimination positive

Les délégués conservateurs ont aussi voté massivement en faveur d’une résolution visant à abolir la discrimination positive dans les embauches au sein d’organismes de recherche recevant des fonds fédéraux, à 95% contre 5%.  

«Il faut se débarrasser de ces politiques wokes», a dit au micro un militant d’origine asiatique, qui souhaite «être reconnu pour ses compétences, et non pour son origine ethnique».  

Ils ont aussi voté à 80% en faveur d’une résolution visant à abolir les ateliers obligatoires de sensibilisation à la diversité et à l’inclusion en milieu de travail. 

La partialité de Radio-Canada 

Reportage de la SRC ci-dessous, évidemment, Radio-Canada n'a invité aucun opposant aux traitements et aux chirurgies (stérilisation, castration, ablations des seins) avant 18 ans, ni aucune personne ayant regretté sa transition. Et bien sûr, les commentaires sont désactivés.

 


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Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté

 
 
 
 

dimanche 23 juillet 2023

La SRC et les lucioles... menacées d'extinction, mais cependant particulièrement plus abondantes

Radio-Canada nous informe : 

 Les changements climatiques, qui perturbent le régime de précipitations en provoquant des phénomènes météorologiques extrêmes, menacent aussi ces insectes. Une sécheresse importante ou même des précipitations menant à des inondations peuvent nuire à leur survie.

Comme le cycle de vie de la plupart des lucioles est réparti sur deux ans, elles pourraient toutefois encore offrir un joli spectacle lumineux en 2024. « S’il y en a beaucoup cette année, on peut penser que la reproduction va être bonne pour l’an prochain, mais il est encore trop tôt pour le prédire. Tout dépend de la météo », conclut M. Drapeau Picard.
En moins d’une semaine, Radio-Canada nous dit, d’une part, que les activités humaines et les changements climatiques (les fameux et vagues phénomènes extrêmes en augmentation) menacent les lucioles et, d’autre part, que les pluies exceptionnelles récentes sont la raison de leur abondance cette année tant à la campagne qu’en ville malgré ses activités humaines :



mercredi 19 juillet 2023

Radio-Canada : « Record historique de chaleur à Rome  ». Vraiment ?

Hier, Radio-Canada titrait que Rome avait connu une chaleur historique et que cela devait perdurer jusqu’à la fin du mois.

Le site officiel de l’Institut météorologique italien affichait les valeurs ci-dessous pour mardi (maximum de 40 °C) pour la station Urbe (centre). D’autres stations romaines donnent des valeurs maximales inférieures ou égales (Latina : 37 °C, Vigna di Valle : 37 °C, aéroport de Ciampino : 40 °C, aéroport de Fiumicino : 33 °C).

Observations à Rome (station Urbe) pour dimanche, lundi et mardi (avec un fond un peu plus clair)

Quant aux températures prévues, elles sont en baisse : 

Prévisions maximales : 38° C pour jeudi, 36° C vendredi, 34° C samedi, 36° C dimanche.

Il semble que certains quartiers de Rome auraient enregistré des températures de près de 43 °C, mais il ne s’agit pas à notre connaissance de mesures officielles dans des conditions précises (à l’ombre, entre 1,50 mètre et 2 mètres du sol, avec une sonde éloignée de surfaces artificielles qui risquent de réchauffer l’air comme celle de la façade de la pharmacie ci-dessus à Rome, etc.)

Notons que les villes sont des îlots de chaleur (elles sont plus chaudes que les campagnes environnantes) et qu’elles tendent à le devenir de plus en plus fortes avec l’urbanisation croissante (le béton, l'asphalte, les bâtiments vitrés captent la chaleur solaire) la densification et l’utilisation de la climatisation qui s'accroît. Or, Rome est une ville très « minéralisée » avec peu d’espaces verts. Il faut donc prendre les valeurs « historiques » du centre-ville de Rome — et de toute autre grande ville — avec un certain scepticisme.

Et puis quelle est la température maximale enregistrée à Rome ? Prenons une source (au-dessus de tout soupçon) comme Wikipédia.

On trouve en français :

« La plus haute température à Rome fut de 44,6 °C le

En italien, Wikipédia donne ces valeurs (pour la station « Urbe »). Le maximum enregistré est de 40,7 °C l’année passée. Pas de record battu apparemment.


Quant à Wikipédia en anglais, la page consacrée spécifiquement au climat de Rome (3 stations) ne note aucun record battu cette année. Mais la page plus générale sur Rome donne (sans préciser de station…) un nouveau record sur la foi d’un article de presse : « The highest temperature ever recorded in Rome was 41.8 °C (107,2 °F) on 18 July 2023. ». L’article en question ne donne aucune source, ne mentionne aucune station météorologique : « Temperatures in Rome hit 41.8 C on Tuesday ». Où ? Dans quelles conditions ? Pourquoi le site officiel de l’Institut météorologique n’indique-t-il que 40 °C pour la station « Urbe » à 15 h et 16 h le 18 juillet 2023 ?


Et qu’en est-il du 43 °C mentionné par la SRC pour mardi ? 

Voir aussi

Wall Street Journal : « Les journées les plus chaudes jamais enregistrées ? N’en croyez rien »

Éducation — Des symptômes d’écoanxiété présents chez près d’un jeune adulte québécois sur deux

(Le titreur de Radio-Canada — vos impôts à l’œuvre — a écrit  ILÔTS plutôt que ÎLOTS)

La société progressiste nous rend-elle malades ?

Hippopotames dans la Tamise, fermes vikings au Groenland : ces réchauffements climatiques qui ont déjà marqué l’Histoire

Climat — Désormais notre sort est scellé (Greta Thunberg 5 ans plus tard)

Crise climatique — Le Sahel reverdit

 

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