Le taux décès/naissances de 3,55 en Ukraine au premier semestre 2026 est probablement sans précédent moderne sauf sous les Khmers rouges au Cambodge et le génocide rwandais (mais la guerre d'Ukraine est plus longue).
Les données du ministère de la Justice ukrainien indiquent 73 292 naissances (-15,56 %) et 259 853 décès (+4,4 %), avec une baisse généralisée des naissances dans toutes les régions, particulièrement marquée à l'est.
Cette évolution reflète l'impact démographique prolongé de la guerre, combinant pertes humaines, émigration et baisse de la natalité dans un contexte de conflit prolongé. En 2019, le rapport entre décès et naissances étaient de 2,02 décès pour chaque naissance en Ukraine.
Premier semestre 2026 :
Naissances : 73 292 (-15,56 %)
Décès : 259 853 (+4,4 %)
Le rapport décès/naissances passe de 2,87 à 3,55 !
Source : données définitives du Ministère de la Justice, Kiev, 2026.
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
mercredi 22 juillet 2026
Démographie, Ukraine : 3,55 décès pour chaque naissance au 1er trimestre 2026
lundi 1 décembre 2025
Sondage gouvernemental — Prédominance du russe chez les écoliers de Kiev
À l’échelle nationale, l’usage de l’ukrainien par les enseignants atteint 86 % en classe et 79 % en pauses, marquant une progression organique depuis 2022, malgré un léger recul global de 55 % à 49 % chez les enfants dus à des habitudes familiales.
Kiev apparaît comme une anomalie démographique due à l’afflux de réfugiés russophones de l’Est, incitant le gouvernement à proposer des blocages de contenus russes en ligne et des limites d’accès web pour mineurs, vu comme un enjeu de sécurité nationale.
samedi 27 septembre 2025
Ukraine — sa population est tombée à 29 millions (elle était de 37,6 au début 2022) [ m-à-j: 28,7 millions en 2025]
Selon la note explicative du projet de loi sur le budget de l'État pour 2026, d'après les données du Service national des migrations, au 1er septembre, le nombre de personnes en Ukraine y ayant déclaré/enregistré leur lieu de résidence s'élève à 28,7 millions. Il s'agit de la population résidente dans la zone contrôlée par Kiev. Ceci exclut les réfugiés ayant quitté cette zone et les habitants des zones annexées par la Russie.
Source : UNN.ua
Billet du 8 juin 2023
En février de cette année, nous nous étions interrogés sur le nombre d’Ukrainiens qui restaient en Ukraine en 2023. Voir notre billet originel ci-dessous.
Nous avons désormais des chiffres officiels provenant de Kiev : 29 millions.Selon l’Institut ukrainien de l’avenir, si rien ne change à l’avenir, le pays pourrait avoir très peu de personnes pour générer le produit intérieur brut de l’Ukraine, car il y aurait deux fois plus de retraités que de membres de la population active.
8,6 millions d’Ukrainiens ne sont pas rentrés en Ukraine depuis le début de l’invasion totale de l’Ukraine par la Russie.
En mai 2023, la population résidente de l’Ukraine, selon les estimations de l’IUA, est de 29 millions de personnes.
Seuls 9,1 à 9,5 millions d’Ukrainiens ont un emploi, et si l’on soustrait les employés de l’État, il reste environ 6 à 7 millions de personnes. Ils sont la locomotive qui soutient le reste — 22-23 millions de personnes, y compris les retraités, les enfants, les étudiants, les chômeurs, les personnes à charge, les travailleurs du secteur public, etc.
L'indice de fécondité a déjà chuté en dessous de 1 enfant/femme, alors qu’il devrait être supérieur à 2,1 pour qu’il y ait croissance de la population.
Notre billet du 12 février 2023
Sombre perspective démographique, combien reste-t-il d’Ukrainiens en Ukraine en 2023 ?
lundi 25 août 2025
Priorité : le Canada a donné 22 milliards de dollars depuis 2022 à l'Ukraine
22 milliards c'est
- Par Canadien : ~537 $
- Par contribuable : ~1 100 $
mardi 3 septembre 2024
Poutine visite une école à Oulan-Bator malgré le mandat d'arrêt de la Cour internationale de La Haye
« M. Poutine effectuera une visite officielle en Mongolie le 3 septembre », a indiqué jeudi le Kremlin dans un communiqué. Il s’agira du premier déplacement du président russe sur le sol d’un État signataire du Statut de Rome, depuis l’émission par la CPI d’un mandat d’arrêt contre lui en mars 2023.
La Mongolie a signé le Statut de Rome en 2000, avant de le ratifier en 2002. Or, chaque État membre est tenu d’arrêter toute personne sur son sol qui est visée par un mandat d’arrêt de la CPI, ce qui est le cas de Vladimir Poutine. Le Kremlin a toujours fermement rejeté les accusations de la CPI à l’encontre du président russe.
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| Poutine à son arrivé en Mongolie pour une visite d'État. Il a été reçu avec tous les honneurs par la ministre des Affaires étrangères mongole Battsetseg : tapis rouge et pompe militaire. |
À Moscou, cette politique est en effet tout à fait assumée. L’on assure qu’il s’agit de protéger des « réfugiés » provenant de zones de combat. En mai dernier, Maria Lvova-Belov annonçait ainsi l’arrivée de 100 enfants âgés de 3 à 17 ans, le plus souvent orphelins qui bénéficiaient de la citoyenneté russe grâce à une procédure expéditive. Une loi est modifiée à cet effet à l’été 2022 par décret présidentiel, pour accélérer l’attribution de la citoyenneté russe aux enfants et faciliter leur adoption.
Mme Lvova-Belova a affirmé que l’État russe était tout à fait disposé à réunir les enfants avec leurs parents s’ils se manifestaient.
Le 31 mai 2023, le service ukrainien de Radio Free Europe/Radio Liberty (organisme financé par le gouvernement des États-Unis) a rapporté que M. Zelenskiy avait déclaré que 371 enfants ukrainiens réfugiés en Russie étaient retournés en Ukraine.
Dans le cadre de cette visite, le président russe et son homologue mongol (ci-dessus au centre) ont été accueillis par un groupe de fillettes qui lui ont chanté « Framboise, tu es ma douce baie » en russe « сладкая ты моя ягода — малинка... ». Il existe quatre écoles russes à Oulan-Bator, la capitale mongole. La classe en question se trouve dans une école primaire de l’antenne locale de l’université russe d’économie Plekhanov.
« сладкая ты моя ягода — малинка ... »
— Волк Путина🐺.🇷🇺В миру Василий. (@bulah003) September 3, 2024
Милее этого вы сегодня уже ничего не увидите. Владимир Путин и президент Монголии Ухнагийн Хурэлсух побывали на занятии по хореографии в начальной школе Улан-Баторского филиала Российского экономического университета имени Плеханова pic.twitter.com/QiW98zBHYu
L’école fait partie de l’antenne à Oulan-Bator de l’université russe d’économie Plekhanov, qui a ouvert ses portes le 1er septembre 1999. Aujourd’hui, c’est la seule université de Mongolie qui propose des programmes d’études conformes aux normes éducatives russes. L’antenne mongole forme 1 500 étudiants.
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| Poutine sous la yourte avec son homologue mongol |
samedi 18 mai 2024
Die Welt : « Le document secret qui aurait pu mettre fin à la guerre en Ukraine »
Jacques Baud, ancien membre du renseignement stratégique suisse, spécialiste des pays de l’Est et ancien chef de la doctrine des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, revient sur ces pourparlers de paix du début 2022 dans la vidéo ci-dessous, citant de nombreuses sources anglo-saxonnes et ukrainiennes.
Mise à jour du 15 mai
Trois semaines plus tard, Le Figaro mentionne ce document:
VU D’AILLEURS - Peu après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, des négociateurs des deux camps avaient rédigé un projet d'accord de paix. Un document de 17 pages que «Die Welt» a pu consulter en exclusivité. Même [Note du carnet: surtout...] après plus de deux ans de guerre, l'accord semble toujours avantageux a posteriori. Une solution pacifique aurait pu être trouvée quelques semaines après l'invasion russe de l'Ukraine. Voilà ce qu'il ressort d'un projet d'accord négocié par les deux belligérants jusqu'au 15 avril 2022. Die Welt a pu consulter le document original. Si l'on en croit ce qu'il contient, Kiev et Moscou s'étaient largement mis d'accord sur les conditions de la fin de la guerre. Seuls quelques points restaient en suspens, des points qui devaient être négociés personnellement par Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky lors d'une rencontre au sommet — qui n'a jamais eu lieu. [...]
Billet du 26 avril
Peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, des négociateurs délégués par les deux belligérants avaient rédigé un traité de paix.
Le document de 17 pages a été présenté en exclusivité au journal dominical allemand WELT AM SONNTAG (tirage de 350 000 exemplaires en 2017). Les espoirs d’un accord étaient grands. Mais l’étape décisive n’a jamais été franchie.
Quelques semaines après l’invasion russe de l’Ukraine, une solution pacifique aurait pu être trouvée. C’est ce qui ressort d’un projet d’accord que les deux belligérants avaient négocié jusqu’au 15 avril 2022. Le WELT AM SONNTAG a obtenu l’original du document. Selon ce document, Kiev et Moscou se sont largement mis d’accord sur les conditions d’une fin de la guerre. Seuls quelques points restaient en suspens. Ceux-ci devaient être négociés personnellement par Vladimir Poutine et Volodymyr Selensky lors d’une rencontre au sommet — qui n’a toutefois jamais eu lieu.
Immédiatement après le début de la guerre, les négociateurs russes et ukrainiens ont commencé à négocier ensemble la fin des hostilités. Alors que le monde et les Ukrainiens étaient sous le choc de l’invasion russe, Moscou a tenté d’obtenir la reddition de Kiev à la table des négociations.
Après le succès croissant de l’Ukraine sur le champ de bataille, la Russie s’est même éloignée de ses positions maximalistes. Les discussions ont finalement abouti aux premières négociations directes à Istanbul sous la médiation du président turc Recep Tayyip Erdogan fin mars [2022]. Les images de la rencontre sur les rives du Bosphore ont suscité globalement l’espoir d’une fin rapide de la guerre. En effet, les deux parties ont ensuite commencé à rédiger un projet d’accord.
Les grandes lignes de la paix ont fait l’objet d’un accord. Ainsi, selon l’article 1 du projet de traité, l’Ukraine s’engageait à une « neutralité permanente ». Kiev renonçait ainsi à toute appartenance à une alliance militaire. Une adhésion du pays à l’OTAN aurait ainsi été écartée. Les 13 sous-points du premier article montrent l’étendue de la définition de la neutralité.
Le pays s’est ainsi déclaré prêt à ne jamais « recevoir, produire ou acquérir » des armes nucléaires, à ne pas autoriser la présence d’armes et de troupes étrangères sur son territoire et à ne pas mettre son infrastructure militaire, y compris ses aérodromes et ses ports maritimes, à la disposition d’un autre pays. En outre, Kiev renonçait à organiser des exercices militaires avec la participation de pays étrangers et à prendre part à tout conflit militaire. Selon l’article 3 du document, rien ne s’opposait à l’adhésion de Kiev à l’Union européenne.
En contrepartie, la Russie garantissait qu’elle n’attaquerait pas à nouveau l’Ukraine. Pour que Kiev puisse en être sûr, Moscou acceptait que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie elle-même, puissent donner à l’Ukraine des garanties de sécurité complètes. Dans l’article 5 du projet de traité, Kiev et Moscou ont convenu d’un mécanisme qui rappelle la clause d’assistance de l’OTAN.
En cas d’« attaque armée contre l’Ukraine », les États garants s’engageraient à aider Kiev à exercer son droit à la légitime défense, garanti par la Charte des Nations unies, dans un délai maximal de trois jours. Cette assistance pourrait prendre la forme d’une « action commune » de toutes les puissances garantes ou de certaines d’entre elles. Selon l’article 15, ce traité aurait dû être ratifié dans chaque État signataire afin de garantir son caractère contraignant en droit international.
Les deux parties avaient ainsi élaboré un mécanisme qui se distingue nettement du mémorandum de Budapest de 1994. À l’époque, la Russie avait déjà assuré l’Ukraine de son intégrité territoriale. Les pays occidentaux avaient promis leur aide à Kiev en cas d’attaque, mais ne l’avaient pas garantie.
Toutefois, les garanties de sécurité qui étaient sur la table au printemps 2022 auraient encore dû être approuvées dans un deuxième temps par les États-Unis, la Chine, la Grande-Bretagne et la France. La Russie souhaitait en outre inclure la Biélorussie, Kiev souhaitait la participation de la Turquie. Le premier objectif des négociateurs à Istanbul était toutefois de créer une entente entre Kiev et Moscou afin d’utiliser le texte comme base pour des négociations multilatérales.
Cette démarche a manifestement été entreprise à la demande de l’Ukraine, afin de montrer que la Russie accepterait un mécanisme de protection sur le modèle de l’OTAN. En effet, l’Ukraine a réussi à imposer ses vues à Moscou. La formulation du projet d’accord ressemble en grande partie à celle du communiqué d’Istanbul. Il s’agissait d’un document de deux pages dont WELT AM SONNTAG a [également] obtenu une copie.
Dans ce document, l’Ukraine exposait ses exigences avant la réunion des négociateurs du 29 mars 2022 à Istanbul, sous la médiation du président turc Erdogan.
À la suite de ces discussions, les délégations des deux pays ont rédigé le projet d’accord du 15 avril lors de négociations menées en ligne.
Il en ressort de l’article 8 que la Crimée et le port de Sébastopol sont exclus des garanties de sécurité. Kiev a ainsi accordé de facto à la Russie le contrôle de la péninsule. La demande initiale de l’Ukraine, à laquelle un passage du communiqué d’Istanbul a été consacré, selon laquelle le statut de la Crimée doit être clarifié dans le cadre de négociations dans les dix à quinze prochaines années, ne se retrouvait pas dans le projet d’accord.
Le document ne précise pas quelle partie de l’Ukraine orientale devrait être exclue de la promesse de protection des États garants. Les passages concernés ont été marqués en rouge. Il ressort du communiqué d’Istanbul que Kiev aurait accepté d’exclure certaines parties des oblasts de Donetsk et de Louhansk, que la Russie contrôlait déjà avant le début de la guerre. La délégation russe a en revanche insisté pour que la définition des frontières soit effectuée par Poutine et Zelensky en personne et reportée sur une carte.
La délégation ukrainienne a rejeté cette idée. Kiev a exigé que l’on détermine où se situe la frontière selon la vision ukrainienne. Autre problème : la Russie a exigé qu’en cas d’attaque, tous les États garants soient d’accord pour activer le mécanisme d’assistance. Cela aurait donné à Moscou un droit de veto lui permettant de neutraliser le mécanisme de protection. En outre, Moscou a rejeté la demande ukrainienne selon laquelle les États garants pouvaient établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine en cas d’attaque.
La Russie a certes signalé lors des négociations qu’elle était prête à se retirer d’Ukraine, mais pas de la Crimée ni de la partie du Donbass qui devait être exclue des garanties de sécurité. Les chefs d’État devaient discuter directement des détails de ce retrait. Deux négociateurs ukrainiens l’ont confirmé indépendamment l’un de l’autre au journal WELT AM SONNTAG.
La question de la dimension future de l’armée ukrainienne n’a pas non plus été résolue. Kiev a partiellement répondu à la demande russe de démilitarisation. Selon l’« Annexe 1 », Moscou a exigé que Kiev réduise son armée à 85 000 soldats — environ un million servent actuellement. L’Ukraine a proposé un effectif de 250 000 soldats.
Les deux parties ont également divergé sur la question du nombre d’équipements militaires. Ainsi, la Russie demandait de réduire le nombre de chars [ukrainiens] à 342, Kiev voulait en garder jusqu’à 800. L’Ukraine ne voulait réduire le nombre de véhicules blindés qu’à 2400, la Russie demandait à ce que seuls 1029 soient conservés.
En ce qui concerne les pièces d’artillerie, la différence était également importante. Moscou en prévoyait 519, Kiev 1900. Kiev voulait conserver 600 lance-roquettes multiples d’une portée allant jusqu’à 280 kilomètres, alors que la Russie en aurait voulu 96 d’une portée maximale de 40 kilomètres. Les mortiers devaient être réduits à 147 unités selon les vœux de la Russie et les missiles antichars à 333, contre respectivement 1080 et 2000 selon Kiev.
En outre, l’armée de l’air ukrainienne devait être fortement réduite. Moscou exigeait le maintien de 102 avions de combat et 35 hélicoptères, Kiev insistait sur 160 avions à réaction et 144 hélicoptères. Les navires de guerre devaient être au nombre de deux selon les Russes, de huit selon les Ukrainiens.
Même si des points essentiels restaient en suspens, le projet d’accord montre à quel point on était proche d’un possible accord de paix en avril 2022. Poutine et Zelensky auraient dû régler les points litigieux restants lors d’un face-à-face. Mais après le sommet prometteur d’Istanbul, Moscou a posé des exigences ultérieures que Kiev n’a pas acceptées.
Elles sont notées en italique dans le document. Selon ce document, la Russie a demandé que le russe devienne la deuxième langue officielle en Ukraine, que les sanctions réciproques soient levées et que les plaintes déposées devant les tribunaux internationaux soient abandonnées. Kiev devait également faire interdire par la loi « le fascisme, le nazisme et le nationalisme agressif ».
Comme l’a appris le journal WELT AM SONNTAG auprès de plusieurs diplomates impliqués dans les négociations, l’intérêt pour une solution au printemps 2022 était grand. La Russie s’était retirée du nord de l’Ukraine après l’échec de son avancée sur Kiev et avait annoncé vouloir se concentrer sur des conquêtes territoriales à l’est. L’Ukraine a pu défendre sa capitale en déployant les plus grands efforts, les livraisons d’armes lourdes occidentales n’étaient pas encore en vue.
« Le meilleur accord que nous aurions pu avoir »
Même après plus de deux ans de guerre, l’accord paraît toujours avantageux rétrospectivement.
« C’était le meilleur accord que nous aurions pu avoir », a déclaré un membre de la délégation de négociation ukrainienne de l’époque au WELT AM SONNTAG. Depuis des mois, l’Ukraine est sur la défensive et subit de lourdes pertes. À l’époque, l’Ukraine était dans une meilleure position de négociation que maintenant. Si l’on avait pu mettre fin à cette guerre coûteuse après environ deux mois, cela aurait sauvé d’innombrables vies et épargné beaucoup de souffrances.
Il ressort de l’article 18 du projet de traité que les négociateurs pensaient à l’époque que les deux chefs d’État signeraient le document en avril 2022. Le négociateur ukrainien David Arakhamia a donné au moins un indice sur la raison pour laquelle Poutine et Zelensky ne se sont jamais rencontrés pour le sommet de paix final espéré, lors d’une interview télévisée en novembre 2023.
Selon ce rapport, le Premier ministre britannique de l’époque, Boris Johnson, s’est rendu à Kiev le 9 avril et a déclaré que Londres ne signerait « rien » avec Poutine — et que l’Ukraine devait poursuivre les combats. Johnson a certes démenti cette assertion par la suite. On peut toutefois soupçonner que la proposition de donner des garanties de sécurité à l’Ukraine de concert avec la Russie avait déjà échoué à ce moment-là. L’Ukraine aurait pourtant eu besoin de ces garanties pour se prémunir à l’avenir contre la Russie.
Source : Die Welt
samedi 13 avril 2024
L’Allemagne fait le lien entre immigration et délinquance
En 2023, la police a recensé 923 000 délinquants présumés d’origine étrangère, soit 41 % de l’ensemble des suspects appréhendés.
L’augmentation de la migration entraîne une augmentation des délits : cette corrélation a été clairement établie, mardi, non par le parti d’extrême droite allemand AfD mais par la ministre de l’intérieur sociale-démocrate, Nancy Faeser. Celle-ci s’est émue d’une hausse, en 2023, du nombre de délinquants d’origine étrangère, soit 923000 personnes représentant 41% de l’ensemble des suspects appréhendés. «Nous devons en parler clairement, sans timidité ni ressentiment », a déclaré la ministre lors d’une conférence de presse, faisant état d’une dégradation globale de la situation sécuritaire. L’an dernier, 5,9 millions de délits ont été enregistrés en Allemagne, soit une hausse de 5,5%. Les actes de violence ont crû de 8,6 %.
Cette déclaration marque un tournant, outre-Rhin, dans le débat sur l’immigration. Invisible et inaudible lors de la campagne électorale de 2021, qui a amené la coalition sociale-libérale au pouvoir, le sujet a ensuite émergé avec l’afflux soudain de réfugiés dans le pays. Le nombre de demandes d’asile a augmenté de 51 % l’an dernier (329000), créant des difficultés d’hébergement dans les communes. Avant de se tasser. À six mois d’élections régionales dans l’est de l’Allemagne, où l’AfD fait volontiers la course en tête dans les sondages, le thème devient un enjeu de sécurité publique.
Les délinquants dépourvus de passeport allemand «doivent quitter l’Allemagne beaucoup plus rapidement que jusqu’à présent », a déclaré Nancy Faeser, prônant [soudainement] la « tolérance zéro » à leur égard. La tonalité nouvelle de son discours a relégué au second plan ses appels à l’intégration et ses mises en garde contre les « généralités » sur l’immigration. Candidate aux élections régionales en Hesse (dans l’ouest), l’an dernier, la ministre avait été sèchement battue alors même qu’elle avait déjà durci son discours sur l’immigration. Pour sa part, l’AfD avait progressé de 5 %.
Présent lors de la conférence de presse, le ministre de l’intérieur du Brandebourg, Michael Stütgen, a enfoncé le clou. «Le fait d’expulser les criminels relève d’une obligation. Après des années de très forte immigration, l’Allemagne est à la limite de l’intégration. Cela doit enfin être reconnu et compris par la politique fédérale », a déclaré ce dirigeant conservateur (CDU), également président de la Conférence des ministres des seize Länder (régions).
Enfin, l’AfD a ironisé sur le changement de pied du gouvernement : « La réaction de Nancy Faeser relève de la pure moquerie : elle assume d’évoquer ce problème après avoir, durant des années, criminalisé, dénigré et stigmatisé ceux qui justement en parlaient », relève le parti de droite, ciblé par la ministre. La lecture du rapport de l’agence fédérale sur la criminalité apporte une vue imparfaite du phénomène. La part des immigrés d’origine ukrainienne impliqués dans des actes de délinquance - 1,1 million de réfugiés ont été accueillis outre-Rhin – est minime. Or, ces derniers restent plus souvent inactifs et sans travail par rapport à la moyenne des résidents étrangers, ce qui tend à affaiblir l’argumentaire sociologique de la délinquance.
Source : Le Figaro
mardi 27 février 2024
Canada : 4 millions de dollars à l'Ukraine pour « une action antimines transformatrice en matière de genre »
Dans le jargon inimitable de la Trudeaupie:
Activités de déminage tenant compte des sexospécificités pour un avenir durable en Ukraine
Financement : 4 millions de dollars
Ce projet de HALO Trust vise à protéger la vie et les moyens de subsistance des Ukrainiens, y compris les femmes et les personnes déplacées à l’intérieur du pays, en s’attaquant à la menace que posent les munitions explosives présentes dans de vastes régions du pays. Les activités du projet comprennent : la réalisation d’enquêtes non techniques dans les communautés ciblées et le déminage manuel de celles-ci par la suite; le renforcement des capacités des principaux acteurs nationaux; la création d’un groupe de travail sur l’égalité des sexes et la diversité afin de promouvoir une action antimines transformatrice en matière de genre en Ukraine.
vendredi 9 février 2024
« Guerre en Ukraine: le narratif s’effondre » - Jacques Baud (par Stéphan Bureau)
Un constat qui confinait tous ceux qui avaient l’audace de le faire au rôle d’apologiste de Vladimir Poutine. Dans cette perspective, la lecture du réel s’est vite transformée en discours de propagande. La fiche Wikipédia de notre invité, Jacques Baud, ne laisse d’ailleurs pas de place au doute, nous serions en face d’un personnage à la solde de Moscou ! Jacques Baud n’aurait-il pas plutôt annoncé et répété très tôt une vérité que personne ne voulait entendre à l’ouest?
Baud a travaillé pour le renseignement stratégique suisse, ancien chef de la doctrine des opérations de la paix de l’ONU, il a aussi collaboré à des programmes de l’OTAN en Ukraine. Selon lui, « la cause ukrainienne est perdue », « Zelensky a fait un pacte avec le diable. » La guerre n’est entretenue par l’Occident que dans l’espoir secret d’affaiblir Moscou.
Jacques Baud est l’auteur de plusieurs livres sur le conflit en Ukraine, son plus récent, L’Art de la guerre russe est sorti en janvier 2024 aux éditions Max Milo.
Voir aussi
Le taux de natalité de l’Ukraine s’effondre alors que sa population décroît rapidement
Ukraine — sa population est tombée à 29 millions à la mi-2023 (elle était de 37,6 au début 2022)
« Le déclin démographique de l’Ukraine risque d’amenuiser ses capacités de résistance à la Russie »
L’Ukraine se vide, le taux de fécondité y serait à 0,7 enfant/femme (la moitié du russe)
samedi 3 février 2024
Le taux de natalité de l’Ukraine s’effondre alors que sa population décroît rapidement
L’Ukraine a désormais le taux de fécondité total le plus bas du monde, avec une moyenne de 0,7 enfant par femme en âge de procréer, a révélé un groupe de réflexion financé par le gouvernement au Times de Londres. Ce manque d’enfants, aggravé par les morts violentes massives et l’exode de millions de réfugiés, remet en question la survie de la nation. Selon les spécialistes, le tableau démographique est sombre.
« L’espérance de vie des hommes est passée de 66-67 ans avant la guerre à 57-58 ans, selon les estimations de nos experts », explique Ella Libanova, directrice de l’Institut de démographie et d’études sociales de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine. Seuls le Tchad (54), le Nigeria (54), le Lesotho (55) et la République centrafricaine (55) ont une espérance de vie inférieure.
Avant la guerre, l’Ukraine comptait déjà une infime proportion de personnes âgées de 20 à 40 ans
Les pertes militaires sont tenues secrètes en Ukraine, mais une équipe de 12 universitaires spécialistes de la démographie a calculé leur impact sur la société ukrainienne en utilisant un éventail de sources différentes. « L’information fuit et nous avons connaissance de l’âge des personnes tuées. Nous nous penchons sur l’expérience de la guerre des Balkans, nous examinons nos données antérieures et nous utilisons toutes les sources disponibles pour estimer la situation actuelle. Nous discutons avec les maires et comprenons la situation du taux de mortalité dans les grandes villes, comme Kiev, Kharkov, Zaporijié, Dniepropetrovsk (Iekaterinoslav), etc. », explique Mme Libanova.
L’Ukraine connaissait déjà une profonde crise démographique avant la guerre, avec un taux de natalité de 1,16 et une infime proportion de la population âgée de 20 à 40 ans, la tranche la plus susceptible de mourir au combat.
Aujourd’hui, la crise est devenue si grave que les ministres ukrainiens ont dû élaborer une stratégie de repeuplement pour 2040, révèle Mme Libonova, mais il n’y a pas de plan concret pour contrer la tendance.
« Il existe des objectifs stratégiques : augmentation du taux de natalité, élimination de la mortalité précoce, croissance des migrations, adaptation de la société au vieillissement de la population. Mais aucune mesure n’est préconisée. Pour parler franchement, ils ont essayé de sauter tout ce qui devait être fait ».
Quelque six millions de personnes auraient fui le pays pour l’Europe (1,2 million en Russie), et environ quatre millions d’autres dans les territoires qui font désormais partie de la Russie (Zaparojié, Kherson, Donetsk, Lougansk et Crimée). Les hommes en âge de servir dans l’armée n’ont pas le droit de quitter le pays et beaucoup d’entre eux servent au front, de sorte que les sexes sont largement séparés.
Selon une étude réalisée par Gradus, une société de recherche ukrainienne, seuls 57 % des familles de réfugiés ukrainiens déclarent qu’elles retourneront en Ukraine à la fin de la guerre.
La population de l’Ukraine a diminué d’environ 11 millions de personnes en raison des pertes dues à la guerre et de l’émigration, selon des chercheurs
Selon des chercheurs, la population de l’Ukraine a diminué d’environ 11 millions de personnes en raison des pertes dues à la guerre et de l’émigration.
« Ils disent qu’ils vont revenir maintenant — mais s’ils restent assez longtemps, ces enfants vont dans des jardins d’enfants et des écoles, ils s’intégreront et finiront par perdre la motivation de revenir », déclare Timofiy Brik, recteur de l’École d’économie de Kiev et chercheur invité à l’École d’économie et de sciences politiques de Londres (LSE).
« Avant la guerre, la population était estimée à 36 millions d’habitants, et l’on pense qu’elle est tombée à environ 25 millions aujourd’hui. C’est une chute énorme. Même si la guerre prend fin, l’émigration devrait se poursuivre », estime M. Brik. À titre de comparaison, la population de la Russie au 10 décembre 2023 était d’environ 146 115 376 personnes, soit 5,8 fois plus.
« Si les hommes sont libérés du service militaire, les familles reviendront-elles ou ces hommes iront-ils les retrouver à l’étranger ? L’émigration se poursuivra. »
« L’immensité du territoire ukrainien entraînera des problèmes de densité de population qui laisseront les gens dispersés dans tout le pays et nuiront aux perspectives de redressement économique », ajoute-t-il.
« Il faut du capital humain pour reconstruire le pays et pour investir. Qui va ouvrir une nouvelle société informatique ou une nouvelle banque dans un pays aussi peu peuplé ? »
« Tout gouvernement d’après-guerre devra ouvrir ses frontières afin d’accueillir de nouveaux migrants si le pays veut se redresser », ajoute-t-il.
Selon lui, « politiquement, l’Ukraine doit être prête à accepter cette réalité et mener une politique migratoire très intelligente. Nous devrons attirer de nombreux migrants d’autres pays, notamment des pays asiatiques post-soviétiques, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, ainsi que des pays européens comme la Pologne, tout en nous efforçant de faire revenir la diaspora ukrainienne. Cela implique également des changements culturels. »
Source : Le Times de Londres
Voir aussi
Ukraine — sa population est tombée à 29 millions (à la mi-2023, elle était de 37,6 au début 2022)
« Le déclin démographique de l’Ukraine risque d’amenuiser ses capacités de résistance à la Russie »
L’Ukraine se vide, le taux de fécondité y serait à 0,7 enfant/femme (la moitié du russe)
vendredi 12 janvier 2024
La moitié des enfants ukrainiens d'âge scolaire en Pologne ne vont pas à l'école
Sur les 300 000 enfants ukrainiens, seuls 47 % étudient dans des écoles polonaises. "Nous ne savons pas ce qu'il advient de 150 000 élèves et écolières ukrainiens". - alerte "Gazeta Wyborcza".
Le Centre pour l'éducation civique a produit un rapport intitulé "Les élèves réfugiés dans le système éducatif polonais. Que disent les nouvelles données ?" L'étude montre que plus de 53 % des réfugiés en âge d'être scolarisés sont en dehors du système éducatif polonais. Parmi eux, 112,8 milliers d'enfants en âge de fréquenter l'école primaire et 43,6 milliers de jeunes en âge de fréquenter l'école secondaire. En une seule année, 4,5 milliers d'élèves ukrainiens, garçons et filles, ont disparu des écoles polonaises. Il s'agit des données collectées jusqu'en octobre 2023.
Au total, la Pologne compte 300 000 enfants d'origine ukrainienne. "Nous ne savons pas ce qu'il advient de 150 000 élèves et écolières d'Ukraine", écrivait la Gazeta Wyborcza de jeudi. Comme le souligne le directeur général de l'organisme le Dr Jędrzej Witkowski, les parents de tous ces enfants ont déclaré qu'ils poursuivaient leur éducation ukrainienne à distance. Cependant, il n'existe pas d'outils permettant de vérifier si c'est réellement le cas.
- Pour les enfants traumatisés par la guerre, la routine scolaire est très importante. Car c'est aussi la présence d'adultes qui peuvent réagir, aider à se rendre chez un spécialiste", souligne le Dr Jędrzej Witkowski dans les pages de Gazeta Wyborcza.
dimanche 3 septembre 2023
Jeunes ukrainiens scolarisés en anglais à Québec (mais en français en France)
Il est temps de songer à éliminer l'exception héritée d'une autre époque qui permet aux "immigrants temporaires" de s'inscrire à l'école anglaise.
Six jeunes ukrainiens, qui avaient participé au Tournoi international de hockey pee-wee en février dernier, déménagent dans la ville de Québec.
— Radio-Canada Info (@RadioCanadaInfo) September 2, 2023
Le reportage de @masson_magalie au #TJ18h pic.twitter.com/yht0VAHrgn
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Vers l'interdiction du russe en Ukraine ?
Des élèves réfugiés ukrainiens étudieraient en anglais au Québec malgré la loi 101 (et la loi 96)
Les Russes de Lettonie passent un test linguistique pour éviter d'être expulsés
samedi 22 juillet 2023
Élèves réfugiés ukrainiens « s'intègreront » dans une école anglaise à Québec
On apprenait hier que six membres de la formation ukrainienne qui avait soulevé les foules au dernier Tournoi international de hockey pee-wee déménageront à Québec le mois prochain.
Ils porteraient les couleurs des Fighting Irish, club de hockey de l'école secondaire anglophone Saint-Patrick, à Québec.
Sean Bérubé, l'homme qui a orchestré leur participation au tournoi de 2023, a travaillé d'arrache-pied au cours des derniers mois afin que ces joueurs puissent revenir au pays. "Ils sont tombés en amour avec Québec", relate-t-il.
La clause de la Charte qui donne accès aux écoles anglaises pendant 3 ans aux immigrants "temporaires" doit sauter.
— Frédéric Lacroix (@nacroix) July 23, 2023
Cette clause n'est plus adaptée au monde actuel.https://t.co/us0ASa402e
lundi 17 juillet 2023
L'Ukraine se vide, le taux de fécondité y serait à 0,7 enfant/femme (la moitié du russe)
Extrait d’un article du Corriere della Sera de Milan de ce dimanche 16 juillet.
L’Ukraine se vide : moins d’enfants et d’habitants « Beaucoup ne reviennent pas, c’est une catastrophe ».
De 52 millions à moins de 30 : l’avenir est en danger
Ligne de front Un artilleur ukrainien accroupi sur la ligne de front près de Bakhmout, dans le Donbass.
Au cours de ces 16 mois de guerre, de nombreuses villes, en particulier dans l’est du pays, ont perdu beaucoup d’habitants. Les cas de séparation se sont également multipliés : des soldats abandonnés par leur compagne ou vice-versa.
Des villes et surtout des villages vides, des familles éclatées, des soldats seuls au front avec femmes et enfants à l’étranger qui ne reviennent pas, un taux de natalité au plus bas : l’Ukraine traverse une crise démographique d’une ampleur catastrophique.
« L’effondrement de la population entraînera bientôt de très graves problèmes économiques et sociaux. […]
On en parle peu en public, le problème est brûlant, mais personne ne sait comment l’aborder, et l’urgence de la lutte contre l’invasion russe oblige à repousser toutes les autres questions. Lorsque la maison brûle, il faut d’abord éteindre le feu et ce n’est que plus tard que l’on pensera aux meubles à acheter », se défendent les fonctionnaires du gouvernement Zelensky.
Pourtant, la question semble trop urgente pour être remise. Il suffit de regarder les chiffres : au moment de l’indépendance en 1991, après l’implosion de l’Union soviétique, l’Ukraine comptait environ 52 millions d’habitants. Le recensement national de 2001 faisait état de 48,5 millions, chiffre qui aurait chuté à 42 dans les mois précédant l’invasion ordonnée par Poutine le 24 février 2022. Ces chiffres coïncident avec le déclin de la population dans toutes les anciennes républiques soviétiques [européennes]. Mais le coup le plus dur a été porté dans les premières semaines des 16 derniers mois de guerre, qui ont provoqué la fuite massive des femmes et des enfants à l’étranger, le gouvernement ayant immédiatement interdit le départ des hommes âgés de 18 à 65 ans.
Et aujourd’hui, la population résidente est estimée entre 28 et 31 millions.
De 52 millions à moins de 30 millions en trois décennies : une perte très grave pour le pays, qui compromet ses chances de reconstruction après la fin de la guerre, pénalise la normalisation économique et sape le système de retraite », explique Alexander Démentchouk, recteur de la faculté de sciences politiques de Kiev : « Il n’y a pas d’enfants, donc pas d’avenir ». Les jeunes femmes issues des classes moyennes supérieures et ayant un excellent niveau de scolarité s’en vont. Et ce qui est encore plus grave, c’est que plus de la moitié d’entre elles n’ont pas l’intention de revenir en Ukraine. Les enfants étudient dans des écoles allemandes, polonaises, autrichiennes, françaises ou néerlandaises. Les mères ont immédiatement trouvé du travail.
La politique européenne d’accueil nous a d’abord semblé un miracle de générosité, mais elle se révèle aujourd’hui une malédiction ». Selon Ella Libanova, démographe réputée de l’Académie nationale des sciences, tout cela affecte le taux de fécondité, qui a chuté à 0,7 %, l’un des plus bas du monde.
Ce sont des faits que nous, journalistes, vérifions tous les jours. Tous les centres urbains autour du Donbass sont semi-déserts : il ne reste que les personnes âgées, les malades et les pauvres. Mais le problème est national. La plupart de mes meilleurs employés ont rapidement trouvé du travail en Pologne et en France. Nos industries ne fonctionnent pas, il n’y a pas de marché.
Aucun d’entre eux ne reviendra », déclare Sergueï, un entrepreneur en informatique qui possède des bureaux dans tout le pays. Il lui arrive de rencontrer des soldats et des officiers qui racontent qu’ils sont restés seuls. « Ma femme et nos deux enfants de cinq et sept ans sont partis pour l’Allemagne dès les premiers jours de la guerre.
Depuis, nous sommes de moins en moins en contact. Et voilà que j’apprends qu’elle s’est trouvé un nouveau compagnon », raconte Alexei, un capitaine de 40 ans cantonné près de Bakhmout (Artemyovsk). Le conflit va accroître le nombre de divorces. Les femmes quittent les hommes, mais même les soldats trouvent parfois de nouvelles compagnes », explique Ioulia Komar, une psychologue qui s’occupe des difficultés familiales. Le débat est ouvert sur la question des retours possibles. Une étude récente du HCR estime que 76 % des réfugiés ont l’intention de rentrer. Mais les experts ukrainiens restent très sceptiques. Dans les deux prochains mois, notre gouvernement élaborera un programme de soutien aux retours, en essayant d’impliquer les partenaires européens », déclare le professeur Démentchouk. Il espère que cela se fera « le plus tôt possible ».
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mardi 27 juin 2023
Allemagne : le nombre d'immigrants a battu un record en 2022
En dépit d’une démographie en perte de vitesse, l’Allemagne a vu sa population s’accroitre en 2022. Une augmentation qui s’explique en partie par le nombre record de migrants arrivés sur le territoire, l’année dernière.
En conséquence, la population globale a atteint le chiffre inégalé de 84 millions d’habitants en 2022, relate RFI. Ce nouveau record s’explique avant tout par l’arrivée de plus d’un million de réfugiés ukrainiens.
La démographie de l’Allemagne est en constante augmentation ces dernières années, et ce, alors que le nombre de décès reste supérieur à celui des naissances.
L’Allemagne adopte un système migratoire à points
Le 23 juin dernier, une nouvelle loi a été votée par la coalition de gauche au pouvoir composée des sociaux-démocrates, des Verts et des libéraux. Ce texte visant à faciliter la naturalisation des étrangers, introduira entre autres, un système à points pour gérer la venue de migrants qualifiés non européens. Dans les faits, douze critères seront pris en compte, tels que la qualification les connaissances linguistiques ou encore l’âge des migrants.
Face aux chefs d’entreprise locaux qui disent manquer de main-d’œuvre, Olaf Scholz enjoint l’Allemagne à s’ouvrir davantage au monde pour accueillir les « bras » faisant défaut. La ministre de l’Intérieur Nancy Faeser s’est par ailleurs félicitée d’avoir mis en place « les règles d’immigration les plus modernes au monde ».
D’ici 2035, 20 millions de personnes auront plus de 67 ans Allemagne, selon l’Office fédéral de la Statistique. Des chiffres qui inquiètent le gouvernement, alors même que dans les quinze prochaines années, treize millions de travailleurs devraient partir à la retraite.
mardi 23 mai 2023
Ukraine — Les ravages de la « guerre d’usure »
Au fil de la dizaine d’appels à servir le drapeau bleu et jaune réalisés depuis le début de la guerre, les résultats ont beaucoup baissé. Malgré les renforts, les rangs des unités se sont éclaircis. Les neuf brigades reconstituées avec l’aide de l’OTAN en vue de la future offensive du printemps alignent entre 2 500 et 3 000 hommes, quand les standards otaniens oscillent entre 5 000 et 8 000. Lorsqu’ils sont loin des journalistes et des communicants, les opérationnels ukrainiens dressent pour leurs interlocuteurs étrangers un tableau militaire plus conforme aux informations brutes qui proviennent du front qu’aux éléments de langage colportés sans nuance par les chaînes d’info occidentales. Dans le Donbass, pendant tout l’hiver, confirment-ils, leurs hommes ont subi la pression russe. Les unités au contact étaient en permanence dans la position « du faible au fort » en raison de la « supériorité absolue de leurs feux ».
Trois fois plus d’artillerie russe
Ces témoignages recoupent les calculs des rapports de force effectués par les militaires français. Selon eux, au Donbass, les Russes disposeraient d’environ trois fois plus de tubes d’artillerie que les Ukrainiens. Qui, de surcroît, pâtissent d’un autre handicap, de notoriété publique : les stocks de leurs alliés ont fondu et leur capacité industrielle est lente à remonter en puissance. Actuellement, quand les attaquants russes tirent en moyenne 15 000 coups par jour, les défenseurs ukrainiens répliquent par 5 000 coups. Comme la majorité des morts et des blessés de cette guerre est causée par l’artillerie, certains spécialistes contestent que les pertes soient équivalentes dans les deux camps comme l’affirment les officiels américains. Qui viennent de réviser leurs estimations. En janvier, ils annonçaient environ 100 000 morts et blessés de part et d’autre. Début mai, ils évoquent « au moins 200 000 et peut-être 250 000 morts et tués ». C’est une confirmation que la guerre des tranchées est particulièrement meurtrière. À Bakhmout, chaque camp assure étriller l’autre.
« Oui, les Ukrainiens ont moins de canons, mais leurs modèles sont beaucoup plus performants et leurs servants les utilisent mieux », rétorquent les partisans du bilan « équilibré », en référence aux Caesar français et aux Himars américains livrés à Kiev. Ceux qui minimisent les effets de ces armes (« trop peu nombreuses ») avancent que les Ukrainiens auraient perdu au cours des huit derniers mois a minima deux fois plus d’hommes que les Russes. Les ratios se seraient donc inversés par rapport au début de la guerre, où les attaquants, en position d’infériorité tactique et numérique, ont eu beaucoup plus de tués et de blessés, notamment parmi leurs forces spéciales et leurs officiers, habitués à commander au feu.
[Notons aussi que « ces derniers mois, les systèmes [Himars] ont été rendus de moins en moins efficaces par le blocage intensif des Russes, ont indiqué à CNN cinq sources américaines, britanniques et ukrainiennes » et « Ces derniers mois, la Russie a contrecarré plus fréquemment les systèmes de roquettes mobiles de fabrication américaine en Ukraine, en utilisant des brouilleurs électroniques pour désactiver le système de ciblage guidé par GPS et faire en sorte que les roquettes manquent leur cible, ont déclaré à CNN plusieurs personnes informées de la question.» Asia Times de Hong Kong qui cite Forbes et le Royal United Services Institute de Londres : « La Russie gagne la guerre électronique en Ukraine. Les capacités de guerre électronique de la Russie ont décimé les drones ukrainiens »]
Les derniers chiffres des pertes communiqués par Moscou, en septembre 2022, étaient à l’évidence sous-évalués : 5 900 morts, 3 800 blessés. Cependant, les autorités ne cherchent pas vraiment à dissimuler le coût humain de leur guerre. Elles incitent d’ailleurs la population à rendre hommage à ses « héros ». L’antenne russe de la BBC, en partenariat avec un média indépendant, a pu éplucher les listes nécrologiques publiques et visiter les cimetières pour s’en faire une idée plus précise. À la fin février, ses journalistes ont confirmé la mort certaine d’environ 15 500 soldats et en ont déduit une fourchette de 45 000 à 60 000 blessés (selon le ratio militaire : un mort pour trois ou quatre blessés). Le total recoupe la première estimation américaine.
Profondeur stratégique…
Dans cette « guerre d’attrition » (d’épuisement du potentiel humain et matériel ennemi, en langage militaire [simplement « guerre d'usure » en français, attrition est le terme anglais]), la Russie dispose d’un avantage majeur sur l’Ukraine. Son réservoir de population est trois fois et demie plus important (143 millions d’habitants [146 selon Rosstat] contre 41 millions [en 2021, probablement proches de 30 millions en 2023]). Toutefois, la question de l’« acceptabilité » de morts est sans doute plus sensible chez les Russes, qui ne se battent pas directement pour défendre leurs frontières et leurs terres et ne sont pas dos au mur, comme les Ukrainiens. Tant que l’appel au volontariat, à des conditions financièrement très attractives, suffira pour combler les rangs, Vladimir Poutine s’en contentera sûrement et les généraux devront adapter leur stratégie en conséquence. Devant le Congrès des États-Unis, début mai, le général Christopher Cavoli, qui commande les troupes américaines en Europe et est, à ce titre, chef militaire de l’OTAN, a douché l’enthousiasme d’un élu se félicitant de la dernière estimation des pertes russes communiquée par le Pentagone : « Une grande partie de l’armée russe n’a pas été affectée par ce conflit. »
dimanche 30 avril 2023
Ukraine — Très forte augmentation des inscriptions à l'université pour échapper à la mobilisation
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| L’Université nationale de droit Yaroslav le Sage à Kharkov (ancienne université impériale russe de Kharkov, fondée en 1804) |
Les Ukrainiens en âge de conscription, qui tentent d’éviter la mobilisation, seraient de plus en plus nombreux à s’inscrire dans l’enseignement supérieur moyennant des frais, le nombre d’étudiants masculins pour la seule année 2022 ayant augmenté de 82 %, selon le journal ukrainien Nachi Hrochi (« Notre argent »).
Les établissements d’enseignement supérieur ukrainiens enregistrent une augmentation sans précédent du nombre d’étudiants. Par rapport à l’année dernière, le nombre de nouveaux étudiants payants a augmenté de près de 40 % et de 82 % si l’on ne considère que les hommes. Dans certaines universités, le nombre de nouveaux étudiants masculins a été multiplié par dix ou plus.
Compte tenu de la baisse significative de la population (selon les Nations unies, plus de 8 millions de personnes auraient quitté l’Ukraine), le nombre d’étudiants payants aurait dû diminuer. C’est en partie vrai : il y a moins d’étudiantes de moins de 20 ans, l’âge traditionnel d’entrée à l’université. En revanche, le nombre d’étudiants âgés de 30 à 50 ans a augmenté de façon spectaculaire — plusieurs fois. Il s’agit de dizaines de milliers d’hommes qui ont soudainement décidé de poursuivre des études supérieures.
Le secret est simple. Selon la loi, le statut d’étudiant garantit un sursis à la mobilisation pendant la loi martiale. Dans le même temps, les frais de scolarité moyens s’élèvent à un peu plus de 20 000 hryvnias (488 euros, 728 dollars canadiens) et les conditions d’admission en 2022 ont été considérablement simplifiées, en particulier pour les soldats sous contrat. Pour certaines spécialités, un simple entretien ou une lettre de motivation suffit.
Au moins 85 000 hommes en âge de servir dans l’armée ont profité de cette occasion au cours de l’année universitaire 2022/2023, selon une analyse du comité de rédaction de Nachi Hrochi de Lvov (Lemberg/Lviv/Léopol).
« C’est une meilleure solution que de payer des milliers de dollars et de s’enfuir. »
Andriy Pekar*, un habitant de Lvov âgé de 37 ans, est diplômé du département militaire de l’université nationale Ivan Franko de Lvov. Il admet ouvertement qu’il a étudié dans cette université uniquement pour éviter le service militaire.
« En mars [2022], j’ai reçu ma première convocation parce qu’il s’est avéré que ma spécialisation était très demandée. J’ai ignoré la convocation et j’ai reçu plus tard un avertissement concernant ma responsabilité pénale. J’avais peur de sortir, car je pensais que des officiers militaires m’attendaient partout. Lorsque j’ai appris que je pouvais entamer une maîtrise et bénéficier d’un sursis, j’ai immédiatement pris la décision », a déclaré Andriy Pekar, qui poursuit actuellement ses études à l’école polytechnique de Lvov et envisage même un diplôme de troisième cycle si nécessaire.
Serhiy Chopyk*, 33 ans, originaire de Volhynie, travaille pour une société informatique ukrainienne. Il a décidé de retourner à l’université pour avoir la possibilité légale d’obtenir un sursis de mobilisation, explique-t-il à « Notre argent ». Les conditions d’admission au programme de maîtrise ayant été simplifiées en raison de la guerre, il n’a pas passé une batterie de tests, mais a seulement apporté ses documents et une lettre de motivation au département.
« Je suis entré à l’école polytechnique de Lvov pour obtenir un master parce que je n’ai aucun désir de servir dans l’armée, honnêtement. J’ai un travail, j’ai la possibilité de donner des sommes assez importantes pour aider l’armée. Je pense que je ferai plus de bien si je travaille, parce que je paie beaucoup d’impôts et que je donne de l’argent pour aider les forces armées. Il n’y a pas eu de problèmes d’inscription, car il y avait un manque de candidats à l’époque », explique Serhii Chopyk.
Il avoue ne pas être très intéressé par l’enseignement donné, mais assiste de temps en temps aux cours pour éviter d’être renvoyé.
« Aujourd’hui, nous avons un système mixte : certains cours sont dispensés en ligne, d’autres en personne. En général, je ne participe pas aux cours en personne, mais il m’arrive d’assister aux cours en ligne. De plus, je ne fais pas de mon mieux, car je dois terminer la session avec un C minimum et c’est tout. Je pense que c’est une meilleure option que de payer des milliers de dollars de pots-de-vin, de courir à travers les forêts pour traverser la frontière et de s’enfuir quelque part », déclare Serhiy Chopyk, 33 ans.
Apparemment, beaucoup de ses pairs suivent la même stratégie. Par rapport aux deux années précédentes, les universités ukrainiennes comptent 15 fois plus d’étudiants âgés de 30 à 39 ans. La croissance dans la catégorie des 40 ans et plus est encore plus importante.
Cette année, plus de trois mille étudiants comme Andrii Pekar et Serhii Chopyk se sont inscrits à la seule école polytechnique de Lvov. Le nombre d’étudiants masculins payants en première année d’études, selon le ministère de l’Éducation, y a augmenté de 187 %.
Toutefois, dans certaines universités, le pourcentage d’augmentation du nombre d’hommes est encore plus impressionnant. Par exemple, l’université technique nationale du pétrole et du gaz d’Ivano-Frankivsk (+406 %), l’université technique nationale de Loutsk (+442 %), l’université forestière nationale d’Ukraine (+606 %), l’université nationale de gestion de l’environnement de Lvov (+616 %) et l’Académie ukrainienne de l’imprimerie (+754 %). Le record parmi les grandes universités est détenu par l’Institut de commerce et d’économie de Tchernivtsi [encore appelée Tchernovtsy ou Tchernowitz] (+1134 %), où le nombre d’étudiants payants de première année a été multiplié par 12.
Pour des raisons évidentes, la plupart de ces « étudiants » sont attirés par les régions occidentales, éloignées du front, mais les statistiques montrent une forte augmentation du nombre d’étudiants dans toutes les régions du pays, à l’exception de la région de Kherson en grande partie désormais rattachée à la Russie.
Le nombre d’étudiants contractuels de première année à l’Université d’État ukrainienne des transports ferroviaires de Kharkov a presque décuplé.
Nadiya Kovaltchouk, vice-recteur de l’université technique nationale de Loutsk, où le nombre de candidats masculins a augmenté de près de 450 %, affirme que les raisons ne sont pas à trouver dans le désir d’obtenir un report de la mobilisation. Cette augmentation du nombre de candidats serait due à la fois aux changements transformationnels de notre université et à l’amélioration de la qualité du processus éducatif ». « Nous avons ouvert de nouveaux programmes d’enseignement qui sont demandés sur le marché du travail ». En 2022, la demande a augmenté pour les spécialités techniques, la construction, l’architecture et l’informatique. Cette tendance est également observée dans d’autres universités. »
Cependant, certains directeurs d’universités ukrainiennes admettent qu’ils ne se font pas d’illusions sur la popularité soudaine de leurs établissements. « À quoi dois-je attribuer [l’augmentation du nombre d’étudiants payants] ? À la guerre ! Toutes les universités sont comme ça », déclare Volodymyr Zahorskyi, recteur de l’université nationale de foresterie de Lvov.
En fait, dans certaines universités, le nombre d’étudiants payants est resté le même, voire a diminué. Cela concerne principalement les universités spécialisées, telles que les écoles de médecine ou de musique, dont l’accès est sélectif.
Le ministère de l’Éducation et des Sciences (MES) ne voit pas de problème. « Je pense que la situation est un peu plus simple. Si le commandement militaire arrive à la conclusion qu’il a besoin [d’étudiants], la législation sera modifiée et les étudiants seront mobilisés. Et si, disons, ce n’est pas si nécessaire maintenant, alors les gens recevront une éducation supplémentaire et seront mieux préparés aux différentes situations de la vie, y compris la mobilisation », a déclaré à Oleg Charov, directeur général de la direction de l’enseignement supérieur professionnel du ministère ukrainien de l’Éducation et de la Science.
L’Ukraine a instauré la loi martiale le 24 février de l’année dernière et, le lendemain, Volodymyr Zelenskyy a signé un décret sur la mobilisation générale et a interdit aux hommes astreints au service militaire de quitter le pays.
* Les nom et prénom ont été changés par le journal ukrainien.
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Marioupol, les élèves retournent en classe (vidéos), heureux de pouvoir étudier en russe
Lettonie — Vers l’élimination de l’enseignement en russe en 2025
Budapest bloque adhésion de l’Ukraine à l’OTAN en raison des lois linguistiques de l’Ukraine (2017)Ukraine — Sombre perspective démographique, combien reste-t-il d’Ukrainiens en Ukraine en 2023 ?
« Le déclin démographique de l’Ukraine risque d’amenuiser ses capacités de résistance à la Russie »
Vers l’interdiction du russe en Ukraine ?
Pologne — Des classes pour élèves ukrainiens en russe




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