Affichage des articles dont le libellé est tradition. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est tradition. Afficher tous les articles

jeudi 30 juillet 2026

États-Unis — Quand les familles fortunées embauchent une équipe pour gérer jusqu’aux petits gestes du quotidien


Dans les familles américaines les plus aisées, une nounou ne suffit plus toujours. Certains parents salariés très fortunés dépensent désormais jusqu’à 250 000 dollars par an pour constituer une véritable équipe chargée de tout ce qui concerne leurs enfants : apprentissage de la propreté, cours de vélo, organisation scolaire, préparation des vacances ou gestion des tâches domestiques. Une nouvelle forme de parentalité apparaît : la parentalité de dirigeant, où la famille est gérée comme une petite entreprise et où l’on délègue tout ce qui semble chronophage ou peu gratifiant.

Christine Landis, ancienne dirigeante d’une société de technologie financière installée à San Diego, consacre ainsi environ 250 000 dollars par an à son personnel domestique : une assistante familiale vivant sur place, une nounou de week-end, un cuisinier particulier et une femme de ménage. Elle explique qu’elle ne coupe jamais les ongles de ses enfants, trop anxieuse pour le faire, et qu’elle confie souvent le bain du soir à son assistante. Elle délègue également ce qu’elle appelle les « jeux répétitifs » : relire cinq fois le même livre ou regarder son enfant ouvrir et fermer une porte pendant trois quarts d’heure.

« Chaque heure où je ne suis pas accaparée par les tâches pratiques est une heure où je peux être pleinement présente avec mes enfants », explique-t-elle. Elle dirige aujourd’hui une entreprise, Peacock Parent, qui utilise l’intelligence artificielle pour aider les familles à gérer leur organisation quotidienne.

Autour de ces familles s’est développée une industrie du service haut de gamme. Certaines sociétés de conciergerie prennent en charge des dossiers d’inscription en école maternelle, l’organisation de longs voyages familiaux avec des enseignants itinérants, ou même des recherches très spécifiques pour satisfaire les demandes des enfants.

Les agences spécialisées dans le recrutement de personnel domestique constatent notamment une forte progression du métier d’assistante familiale : un poste hybride qui combine les fonctions de nounou, d’assistante personnelle et de gestionnaire de maison. Pendant les heures d’école, ces professionnelles organisent les emplois du temps, les rendez-vous, les activités et les courses ; lorsque les enfants rentrent, elles reprennent un rôle classique de garde.

Les demandes peuvent aller très loin : nounous accompagnant des enfants à des compétitions d’équitation, cuisiniers spécialisés dans les purées pour bébés adaptées à certaines cultures, stylistes personnels pour enfants. Une agence raconte même avoir reçu la mission de trouver une figurine Labubu en édition limitée, avec une nounou chargée de publier des annonces sur les réseaux sociaux jusqu’à ce qu’un exemplaire soit trouvé.

« Ce sont les milliers de petites choses », résume Olivia Fountain, directrice des opérations d’une agence de personnel familial. « Emballer un cadeau d’anniversaire, vider un sac d’école, jeter les cartons Amazon… Ce sont toutes ces tâches qui finissent par faire disparaître une journée. »

Certaines demandes deviennent encore plus spécialisées. Une agence a par exemple placé une personne auprès d’une famille pratiquant l’éducation sans couches, où la nounou devait interpréter les signaux du bébé et l’emmener aux toilettes au bon moment. D’autres recrutements recherchent des profils ayant travaillé sur des yachts ou capables de supporter des déplacements en hélicoptère. Les agences spécialisées expliquent n’avoir jamais eu autant d’activité, portée par la multiplication des millionnaires et des milliardaires.

Cette culture gagne aussi les célébrités. Emma Grede, cofondatrice des marques Skims et Good American liées à l’univers Kardashian, explique qu’elle se considère comme une mère qui ne consacre pas plus de trois heures d’affilée à certaines obligations parentales : elle passe les matinées du week-end avec ses quatre enfants avant de se consacrer à des activités qui lui apportent davantage d’énergie.

« Découper des sandwichs en forme d’étoile ? Ce n’était jamais mon truc », a-t-elle déclaré. Elle s’appuie sur des nounous, des employés de ménage, un cuisinier et un chef de cabinet afin de préserver du temps pour des moments qu’elle considère comme essentiels, notamment les vacances en famille.

Les tarifs de ces services témoignent de cette nouvelle économie familiale : un consultant en apprentissage de la propreté facture entre 600 et 4 500 dollars pour quelques jours d’accompagnement intensif ; une leçon privée de vélo coûte de 80 à 450 dollars ; faire préparer les affaires d’un enfant pour une colonie de vacances revient à environ 125 dollars de l’heure. Une nounou voyageant avec une famille peut coûter de 120 000 à 170 000 dollars par an, tandis qu’une gouvernante privée chargée à la fois de l’éducation et du développement social peut atteindre 200 000 dollars.

Alexandra Fine, mère de trois jeunes enfants et dirigeante de Dame Products, dépense environ 85 000 dollars par an pour une équipe de six personnes comprenant des nounous, une organisatrice de maison, un homme à tout faire et une assistante virtuelle.

« Chaque heure passée à plier du linge ou à organiser la venue d’un réparateur est une heure où je ne suis pas présente avec mes enfants », explique-t-elle. « Ce n’est pas une philosophie. Ce sont des mathématiques. »

Mais cette vision de la parentalité est contestée.

Pour certains parents, ce sont précisément les petites tâches ordinaires — préparer un repas, ranger un sac, accompagner un enfant dans ses apprentissages — qui constituent l’essence même du lien familial. Les déléguer reviendrait à perdre des occasions de proximité.

Le regard d’Ivana Greco : la valeur des moments ordinaires

Ivana Greco, mère au foyer, ancienne avocate, anime la lettre d’information The Home Front consacrée à la vie familiale et assure l’instruction à domicile de ses quatre enfants. Elle considère que ces tâches quotidiennes sont au contraire des occasions privilégiées de créer une relation avec eux.

« Les moments les plus importants que je vis avec mes enfants sont totalement imprévus, explique-t-elle. Ils existent parce que nous passons du temps ensemble. »

Elle s’interroge sur ce que les enfants peuvent comprendre ou ressentir dans des organisations où une partie importante de leur quotidien est confiée à des employés. Ils remarquent la présence des personnes qui s’occupent d’eux, mais aussi leur absence.

« Si vous n’êtes pas celui ou celle qui est là, votre enfant le remarque », affirme-t-elle.

Christine Landis reconnaît elle-même que certains moments avec sa nounou l’ont profondément émue. Lorsqu’elle est tombée malade après la naissance de son bébé, la nounou lui a apporté du thé et du jus d’orange sans qu’elle ait besoin de demander quoi que ce soit. Elle décrit cet épisode comme l’un des moments les plus touchants de ses débuts de maternité.

La première fois que l’un de ses enfants a dit « je t’aime » à cette nounou, et que celle-ci lui a répondu de la même manière, Landis a ressenti une brève inquiétude. Puis ce sentiment s’est dissipé.


« Il n’existe aucun monde dans lequel mon enfant ne sait pas que je suis sa mère, dit-elle. Notre lien, notre amour, sont irremplaçables. »

Elle refuse cependant de déléguer certaines choses : « Le moment où nous parlons de notre journée, où nous nous blottissons dans le lit, où nous lisons des livres ensemble, cela a une valeur particulière pour moi. »

Car même lorsque l’exécution des tâches est confiée à d’autres, la charge mentale demeure. Les décisions, la coordination et l’organisation invisible qui font fonctionner une maison restent souvent du ressort des parents.

« Les choses à faire étaient prises en charge, conclut Landis. Mais la réflexion restait la mienne. »


Source : Wall Street Journal

mardi 16 juin 2026

France : Excel­lence Rura­li­tés (hors contrat) contre vents et marées face au décro­chage sco­laire


Der­nier-né du réseau Excel­lence Rura­li­tés, fondé par Hervé Catala et Jean-Bap­tiste Nouail­hac, le col­lège hors contrat [non subventionné en France] Vau­ban accueille depuis sep­tembre der­nier 10 élèves de 6e et 5e dans la com­mune d’Étang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire [centre de la France], où vivent 1 800 habi­tants. Sa pro­messe : « Des petits effec­tifs, un accom­pa­gne­ment per­son­na­lisé et une péda­go­gie adap­tée », sur un ter­ri­toire où l’offre édu­ca­tive est réduite, notam­ment pour des enfants à besoins par­ti­cu­liers. « Chez nous, la quasi-tota­lité des enfants ont des troubles de l’appren­tis­sage, explique Marie de Seroux, direc­trice de l’éta­blis­se­ment. Notre objec­tif est d’accueillir et d’offrir une sco­la­rité à des enfants qui n’ont de place nulle part, pas l’inverse. Nous n’avons pas pour objec­tif de vider les classes de l’école publique. »


Le secret de réus­site de l’éta­blis­se­ment est de remettre au goût du jour des méthodes tra­di­tion­nelles. Ici, tous les enfants sont en uni­forme. Quatre polos blancs, deux pulls bor­deaux et une jupe ou un pan­ta­lon gris sont four­nis par l’école contre 120 euros. Les parents doivent se pro­cu­rer eux-mêmes les chaus­sures, sombres et sans marque. Le lundi matin, le rituel de la levée des cou­leurs au son de La Mar­seillaise ouvre la semaine. Les cours com­mencent à 8 heures et ter­minent à 16 h 30, après une heure d’étude diri­gée. « L’orga­ni­sa­tion est plus simple pour les parents et les enfants, puisque l’emploi du temps est tou­jours le même. Nous pou­vons ainsi accom­pa­gner à pied, matin et soir, tous les élèves qui viennent en train à la gare d’Étang », explique Dorian Maillot, pro­fes­seur de mathé­ma­tiques.

Enfin, règle d’or pour l’équipe péda­go­gique de l’éta­blis­se­ment : les ensei­gnants sont éga­le­ment des «édu­ca­teurs». Dans la cour de récréa­tion, les pré­ado­les­cents jouent encore à chat ou à la gamelle. Les élèves se mélangent volon­tiers, mais ils sont rare­ment seuls. «Je chausse mes bas­kets, et j’y vais!», lance Dorian Maillot, avant de rejoindre deux d’entre eux pour une par­tie de foot­ball. « Au début, ils me bat­taient, mais fina­le­ment, j’ai repris le des­sus », sou­rit l’ensei­gnant. À midi, élèves et pro­fes­seurs par­tagent la même table. Des moments de com­pli­cité impor­tants pour les enfants. « Il y a un esprit super fami­lial ici. On joue tous ensemble, sans se juger les uns et les autres, à l’inverse d’un col­lège nor­mal où tout le monde reste dans son coin à se racon­ter des potins », se réjouit Anas­ta­sia, élève de 5e.

Chaque ven­dredi après-midi, les col­lé­giens sortent le nez de leurs cahiers pour pro­fi­ter d’un ate­lier ludique animé par un ensei­gnant. Cou­ture, cui­sine, réno­va­tion de meubles, jar­di­nage… « Aujourd’hui, c’est cla­fou­tis ! », lance Louis, élève de 6e, en dénoyau­tant les cerises appor­tées par Anas­ta­sia. De l’autre côté du jar­din, Loan visse rigou­reu­se­ment les planches arra­chées d’une palette pour consti­tuer un bac de com­pos­tage. « C’est mon moment pré­féré de la semaine. J’adore les tra­vaux manuels et pas­ser du temps dehors», confie-t-il.

La méthode a déjà fait ses preuves ailleurs en France. Le pre­mier col­lège d’excel­lence Rura­li­tés, bap­tisé Cours Clo­vis, a vu le jour en 2017 à La Fère, dans l’Aisne [dans le Nord du pays]. Ins­tallé dans un ancien maga­sin Lidl, il accueille aujourd’hui des élèves du CP à la 3e. Le lieu d’implan­ta­tion a été mûre­ment réflé­chi : cette com­mune de 3000 habi­tants comp­tait alors 37% de décro­chage sco­laire. En 2022, le Cours Alié­nor d’Aqui­taine a vu le jour dans l’ancienne école com­mu­nale d’esse (500 habi­tants), en Cha­rente.

Le Cours Vau­ban, lui, a trouvé sa place dans un champ, où cinq Algeco [modules préfabriqués] ont été amé­na­gés som­mai­re­ment. « On essaie de déco­rer comme on peut, on colle des cartes de France ou des pro­duc­tions des élèves pour habiller les murs », sou­rit Aline Bou­he­ret, ensei­gnante de français. Les chaises et les tables sont issues de la récu­pé­ra­tion quand la vais­selle et l’équi­pe­ment de la kit­che­nette – les élèves apportent cha­cun leur repas à l’école – ont été chi­nés ou don­nés par les parents. Deux autres Algeco seront ins­tal­lés cet été, pour accueillir les futures classes de 4e et 3e qui ouvri­ront à la ren­trée 2026 pour l’une et en sep­tembre 2027 pour l’autre.

Si l’éta­blis­se­ment privé hors contrat ne reçoit, par défi­ni­tion, aucune aide de l’état, les frais de sco­la­rité, cal­cu­lés en fonc­tion du quo­tient fami­lial, ne sont que de 30 à 90 euros par mois. En moyenne, ces tarifs sont plus proches de ceux d’un col­lège privé sous contrat, quand une sco­la­rité hors contrat coûte entre 400 et 800 euros par mois. « Cela nous a confor­tés dans notre choix d’y ins­crire notre fils », indique François Lal­le­mand, ingé­nieur en BTP et père d’étienne, élève de 5e, diag­nos­ti­qué TDAH (trouble défi­cit de l’atten­tion avec ou sans hyper­ac­ti­vité). Excel­lence Rura­li­tés fonc­tionne grâce au mécé­nat et aux dons de par­ti­cu­liers (L’Oréal, Fonds du bien com­mun – détenu par le mil­liar­daire conser­va­teur Pierre-Édouard Sté­rin –, Hel­lio…), qui repré­sentent «90% de nos finances», explique Jean-bap­tiste Nouail­hac.

Mal­gré son action « à voca­tion sociale », comme l’indique son direc­teur géné­ral, le réseau est sous le feu des cri­tiques depuis plu­sieurs mois. D’abord en rai­son de la par­ti­ci­pa­tion finan­cière de Pierre-Édouard Sté­rin, véri­table épou­van­tail de la gauche média­tique. Le 15 avril der­nier, Media­part titrait un article «Excel­lence Rura­li­tés, l’ensei­gne­ment tra­di­tio­na­liste qui fleu­rit là où l’école publique est en souf­france », dans lequel il assu­rait que le pro­jet édu­ca­tif «lar­ge­ment financé par le mil­liar­daire d’extrême droite Pierre-Édouard Sté­rin, veut mener la bataille idéo­lo­gique dans des régions où l’édu­ca­tion natio­nale est à la peine ». Un mois plus tard, Libé­ra­tion égra­ti­gnait à son tour Excel­lence Rura­li­tés dans une tri­bune inti­tu­lée « Ne lais­sons pas les écoles rurales à l’extrême droite de Pierre-Édouard Sté­rin». Par ailleurs, des carences péda­go­giques et des man­que­ments en matière d’hygiène, de sécu­rité et de suivi des élèves ont été rele­vés dans des rap­ports d’ins­pec­tion de l’édu­ca­tion natio­nale, notam­ment au sein du Cours Alié­nor d’aqui­taine. Le rec­to­rat de Bor­deaux a saisi le pré­fet pour envi­sa­ger une éven­tuelle fer­me­ture admi­nis­tra­tive. Direc­teur de l’éta­blis­se­ment, Phi­lippe Sauer assure avoir pris les mesures néces­saires : « Venez voir à quoi res­semblent nos écoles, vous ver­rez que nos élèves s’y sentent bien. Nous avons répondu à tous les man­que­ments sou­le­vés lors des ins­pec­tions de 2023, 2025 et du mois de mai der­nier. »

Le Cours Vau­ban, der­nier-né du réseau, n’est pas épar­gné par la cri­tique. «Cer­taines per­sonnes sont per­sua­dées que nous nous sommes ins­tal­lés là pour poli­ti­ser les enfants et que nous leur dis­pen­sons une édu­ca­tion ultra-catho­lique, ce qui est faux. Nous sommes une école laïque », avance Marie de Seroux. Pour Pierre-françois Chanu, direc­teur péda­go­gique au sein du réseau, les méthodes employées «n’ont rien d’idéo­lo­giques» ni « d’antan ». « Nous uti­li­sons la méthode syl­la­bique pour apprendre à lire, comme c’était le cas autre­fois. À l’inverse, en mathé­ma­tiques, nous pré­fé­rons la méthode Shan­ghai, qui date des années 2000», détaille-t-il.

Excel­lence Rura­li­tés peut comp­ter sur le sou­tien de ses ensei­gnants et des parents d’élèves. « Notre équipe reste sou­dée. Nous savons pour­quoi nous avons choisi cette école », confie Paul Pré­di­gnac, ensei­gnant en his­toi­re-­géo­gra­phie à Esse depuis la ren­trée der­nière. Même son de cloche chez Can­dice Debock, mère de trois élèves sco­la­ri­sés au Cours Clo­vis depuis cinq ans. « Cet éta­blis­se­ment a été une chance pour nous d’offrir une meilleure édu­ca­tion à nos enfants multi-dys. Depuis qu’ils suivent leur sco­la­rité, ils sont méta­mor­pho­sés », sou­ligne-t-elle. Et cela paie : l’été der­nier, Excel­lence Rura­li­tés se féli­ci­tait des résul­tats au bre­vet de ses élèves, avec une moyenne de 14,1 sur 20 au Cours Clo­vis et de 12,4 au Cours Alié­nor d’Aqui­taine. 

Source : Le Figaro

lundi 20 avril 2026

Les hommes occidentaux partent à l’étranger pour trouver des épouses « traditionnelles »

Il y a quelques années, Mike s’est lassé des rencontres amoureuses aux États-Unis. « Beaucoup de femmes là-bas ont été conditionnées à penser qu’il est normal de mal traiter les hommes », affirme-t-il. Travaillant à distance, il a décidé de s’installer en Thaïlande, où son pouvoir d’achat est plus élevé, et où il a rencontré le type de partenaire qu’il recherchait. Il est aujourd’hui fiancé à une Thaïlandaise, Pafan. (Tous deux ont souhaité rester anonymes.)

Le couple publie régulièrement des vidéos pour leurs milliers d’abonnés. Dans l’une d’elles, devenue virale et intitulée « Point de vue : tu as une petite amie thaïlandaise », Pafan est agenouillée en train de couper les ongles de Mike. Celui-ci explique que la majorité de ses abonnés sont des hommes américains, souvent « impressionnés » par l’attention qu’elle lui porte.

Mike fait partie d’un nombre croissant d’hommes surnommés les « passport bros » [les potes à passeport] : de jeunes Occidentaux qui voyagent à l’étranger pour améliorer leurs perspectives amoureuses. Sur des forums, des chaînes YouTube ou TikTok, ils classent les pays selon leurs critères, en recommandant ceux où les femmes seraient les plus « féminines », « traditionnelles » et enclines à prendre soin des hommes. La Thaïlande, le Brésil, la Colombie, les Philippines et le Vietnam figurent parmi les destinations les plus prisées. « C’est le truc génial en 2026 », affirme Austin Abeyta, installé à Da Nang (Tourane, Viet-Nâm).

Si ce phénomène évoque une rencontre entre les années 1950 et la « manosphere » contemporaine — cet univers en ligne où les frustrations amoureuses masculines se transforment en critiques plus larges des femmes — ce n’est pas un hasard. Comme le rappelle l’historienne Beth Bailey, le rejet de certaines femmes américaines au profit de partenaires jugées plus « traditionnelles » n’est pas nouveau. Après la Seconde Guerre mondiale, près de 100 000 soldats américains ont épousé des femmes étrangères (surtout européennes), dans un contexte où les rôles féminins évoluaient fortement aux États-Unis.

Aujourd’hui, ce mouvement est facilité par le télétravail et les visas pour nomades numériques, permettant aux hommes de s’installer directement à l’étranger plutôt que de faire venir leur partenaire.

Pourquoi ce regain d’intérêt ? Certains hommes estiment que le marché des rencontres leur est devenu défavorable. Ils dénoncent notamment les applications comme Tinder ou Hinge, où une minorité de profils concentrerait l’attention. Des études montrent en effet une forte inégalité : selon certaines analyses, les 10 à 20 % des hommes les plus populaires reçoivent la majorité des interactions, laissant les autres en forte concurrence.

Un changement culturel plus large est également en jeu. Certains jeunes hommes adoptent des positions plus conservatrices et recherchent des partenaires perçues comme plus « dociles ». Une étude récente d’Ipsos menée dans une trentaine de pays indique que :
  • plus de 50 % des hommes de la génération Z estiment que l’égalité femmes-hommes est allée assez loin,
  •  environ 30 % pensent qu’une épouse devrait toujours obéir à son mari.

D’autres enquêtes confirment un malaise croissant : aux États-Unis, par exemple, près de 60 % des jeunes hommes déclarent se sentir ignorés ou désavantagés dans les relations amoureuses, tandis que la proportion d’hommes se déclarant célibataires est nettement plus élevée que chez les femmes dans les moins de 30 ans.

L’économie joue aussi un rôle important. Vivre à l’étranger permet parfois de retrouver un modèle familial traditionnel plus accessible financièrement. Aux États-Unis, soutenir un foyer avec un seul revenu est devenu difficile : ajusté à l’inflation, le pouvoir d’achat des jeunes hommes a stagné, tandis que le coût du logement a fortement augmenté. « Cela ne me dérange pas de sortir avec une femme pauvre », confie Justin, un autre « pote à passeport ». « C’est plus probable d’obtenir des rôles traditionnels dans ces conditions. »

Les critiques ne manquent pas. Certains accusent ces hommes d’exploiter les femmes ou d’alimenter le tourisme sexuel. D’autres estiment que les femmes sont attirées principalement par la perspective d’un passeport occidental. Mais la réalité est souvent plus complexe. Jewel Clyte, la petite amie philippine d’Austin Abeyta, affirme par exemple ne pas vouloir vivre aux États-Unis, tout en reconnaissant que leur relation lui apporte une sécurité financière qu’elle n’aurait peut-être pas trouvée localement.

Source principale : The Economist

vendredi 2 janvier 2026

Vos impôts à l'œuvre : la télévision d'État caricature une famille « traditionnelle » (chrétienne, il va sans dire) fantasmée

Le Bye Bye est une émission spéciale (censément) humoristique diffusée par Radio-Canada le 31 décembre. Depuis 1968, elle propose une revue satirique de l’actualité de l’année écoulée à travers une série de sketches.

Caricature 

La vidéo en cause (visible ci-dessous) est un extrait du Bye Bye 2025, intitulé « Une famille comme les autres », interprété par Pierre-Yves Roy-Desmarais et Katherine Levac. Sur un air de musique country, le sketch met en scène un une famille caricaturale dite traditionnelle : femme au foyer, homme viril, nombreux enfants, valeurs chrétiennes affirmées, refoulement de tendances au travestissement et rejet des modes modernes. Le ton bascule rapidement dans une moquerie appuyée, notamment par l’utilisation d’un crucifix sorti du pantalon ou par des allusions à l’homophobie, comme la suggestion de brûler un drapeau LGBTQ. 

Des cotes d’écoute en baisse

Comme le rapporte TVA Nouvelles dans un article du 2 janvier 2026, l’édition 2025 a enregistré une baisse notable d’audience par rapport aux années précédentes (baisse de 12% par rapport à ceux de l’an 2024), confirmant une tendance déjà observée depuis plusieurs années. Cette érosion témoigne d’un détachement progressif du public, de plus en plus nombreux à juger l’humour prévisible, polarisant et déconnecté des réalités de nombreuses familles québécoises.

Émission très coûteuse et déficitaire 


L’émission, bien qu’elle engendre des revenus publicitaires importants — les tarifs des annonces comptant parmi les plus élevés de l’année télévisuelle québécoise — demeure une production extrêmement coûteuse pour le contribuable. Elle est déficitaire. Dans un contexte où Radio-Canada dépend largement de fonds publics, financer un spectacle clivant, dont l’audience est en déclin, soulève des questions légitimes quant à la gestion responsable de l’argent public. Si le Bye Bye n’est pas réellement « rentable » au sens commercial strict, il l’est encore moins lorsque l’on considère son rendement culturel et social pour l’ensemble des Québécois.

À sens unique

Le sketch cible exclusivement une parodie de familles chrétiennes traditionnelles, présentées comme arriérées, oppressives, intolérantes avec des tendances étranges refoulées. On y ridiculise la femme au foyer, l’homme rural, la foi catholique pratiquante et l’idée même de la famille nombreuse. Or, comme le soulignent de nombreux observateurs, il serait impensable pour Radio-Canada de produire un équivalent satirique visant une famille musulmane traditionnelle, une communauté autochtone conservatrice ou certains stéréotypes associés aux minorités sexuelles ou aux femmes dites « progressistes ». À quand une saynète représentant des femmes dite libérées, dépressives, sans enfant, délaissées et qui récitent avec une foi de charbonnier leur chapelet progressiste à leur dernier compagnon, leur chien, le tout dans un appartement sinistre de Montréal ? Cette asymétrie révèle un biais idéologique marqué, où seule une frange conservatrice ou traditionnelle «  blanche  »est jugée socialement « attaquable ». Un humour financé par tous devrait pourtant aspirer à une satire plus équilibrée, plutôt que de conforter les certitudes d’une bulle progressiste urbaine.

 

En pleine crise démographique

Le Québec traverse actuellement l’une des crises de natalité les plus sévères du monde occidental, avec un indice de fécondité (1,33 enfant/femme) largement inférieur au seuil de remplacement des générations. Dans ce contexte, diffuser un sketch qui ridiculise les familles nombreuses et les valeurs qui les soutiennent — stabilité conjugale, investissement parental à temps plein, transmission culturelle et religieuse — apparaît non seulement maladroit, mais irresponsable. Cela revient à financer, par des fonds publics, une forme de propagande qui décourage indirectement la natalité et fragilise les liens familiaux traditionnels, pourtant historiquement centraux dans la survie du peuple québécois. Il est vrai que pour certaines féministes militantes : « Les femmes enceintes, ça me dérange ».

Avec 1,33 enfant/femme, quatre grands-parents ont moins de 2 petits-enfants (cette génération descendants est donc deux fois moins nombreuse, c'est l'implosion démographique)

Stéréotypes grossiers insultants, mépris de classe

À ces reproches s’ajoutent plusieurs aspects aggravants. L’humour repose largement sur des stéréotypes grossiers — accent campagnard, vêtements caricaturaux, allusions sexuelles gratuites — qui frôlent le mépris de classe envers les Québécois ruraux ou « de souche ». L’offense religieuse, incarnée par l’usage trivial du crucifix, heurte inutilement une population encore attachée à son héritage catholique, sans apporter de réelle profondeur satirique. Enfin, dans une société déjà fragmentée, une émission censée rassembler les Québécois lors du passage à la nouvelle année en vient à aliéner une portion significative du public, renforçant l’impression que Radio-Canada s’adresse avant tout à une élite montréalaise plutôt qu’à l’ensemble de la nation.

Diffuseur gouvernemental hypersubventionné

Radio-Canada reçoit annuellement plus de 1,4 milliard de dollars en subventions du gouvernement fédéral, un montant relativement stable au fil des dernières années, malgré certains ajustements. Une part de cette somme considérable finance des contenus « progressistes » comme ce sketch qui se veut satirique, ce qui rend d’autant plus légitime le débat sur la pertinence, l’équilibre et l’impartialité dans l’utilisation de ces fonds publics.


Voir aussi

Valeurs — L'écart de fécondité entre conservateurs et « progressistes » se creuse

 
 
 

États-Unis — Progressistes blancs nettement plus susceptibles d’avoir un problème de santé mentale que les conservateurs blancs 

La (dé) natalité, un sujet tabou au Québec ?

Pourquoi les Français font moins d’enfants qu’ils n’en voudraient

Des « seuils astronomiques » d’immigration peuvent nuire à la natalité

« Faire des bébés, c’est payant… mais personne au Québec n’en veut ! »

Quelle majorité assimile quelle minorité dans les écoles montréalaises ?

 

mercredi 23 avril 2025

Pape François : Un pontificat de confusion ?


Pour Laurent Dandrieu de Valeurs Actuelles, élu pour remettre de l’ordre dans l’Église catholique, François la laisse plus divisée et troublée que jamais. Non sans avoir profondément renouvelé son visage.

La renonciation surprise de Benoît XVI, le 28 février 2013, avait laissé l’Église en plein désarroi : outre qu’elle la plaçait dans une situation inédite depuis 1415, elle était l’aboutissement d’une série de crises qui faisaient de la réorganisation de l’Église la mission prioritaire du nouveau pape. Cette nécessité fut l’une des clés de l’élection, non moins inattendue, de François. Douze ans plus tard, à la mort du pape argentin, le désarroi n’est pas moindre, et l’Église n’apparaît pas vraiment en meilleur état qu’au début d’un pontificat prodigue en polémiques, qui a été avant tout source de profondes divisions et de nombreuses confusions. Tentons ici l’esquisse d’un bilan.

Une personnalité complexe et difficile

Inconnu du grand public à son élection, Jorge Mario Bergoglio a suscité au début de son pontificat ce qu’il faut bien qualifier de “Franciscomania”. En affichant simplicité et humilité, parlant un langage direct de curé de campagne, n’hésitant pas à décrocher son téléphone pour répondre aux demandes de simples fidèles, François a su se rendre immédiatement populaire – popularité particulièrement marquée auprès des non-catholiques et des médias, pourtant généralement hostiles à l’Église. Télérama célébrait « un pape qui dépote», le Point « un pape sans la pompe». Le tableau s’est pourtant rapidement contrasté. Si les premiers essais publiés saluaient Un pape pour tous, le Pape des pauvres ou même François, la divine surprise, quelques années plus tard pouvaient paraître un essai à succès sur le Pape dictateur, quand un autre dénonçait au contraire une Françoisphobie. En cause, une politique clivante, mais aussi un caractère et une gouvernance beaucoup moins doux qu’on ne l’avait auguré. Le soir de son élection, un prélat de la Curie, en entendant son nom place Saint-Pierre, fit un malaise, tant il avait eu l’occasion de tester sa brutalité. Bipolaire, imprévisible, autoritaire, François était coutumier des colères homériques et même ses soutiens reconnaissaient qu’il faisait régner au Vatican un « climat de terreur ». Ses vœux annuels aux cardinaux étaient devenus une habituelle volée de bois vert. Ce sera l’une des clés de sa succession : l’envie profonde, au sein de la Curie, d’élire un successeur au caractère plus aimable et bienveillant.

Pauvreté et pouvoir

Ce pontificat aura été profondément marqué par une plus grande attention pour ce que François appellait les « périphéries de l’existence», pour la pauvreté matérielle, spirituelle ou existentielle. Dès son accession au trône de Pierre, François, qui a emprunté son nom de pape au « poverello», François d’Assise, ancien riche qui s’était dépouillé de tout, a rêvé à voix haute d’une « Église pauvre pour les pauvres ». François avait joint le geste à la parole en refusant d’occuper le spacieux appartement papal au profit d’une suite plus modeste à la résidence Sainte-Marthe, où évêques et laïcs de passage pouvaient le croiser à la machine à café, et en adaptant un mode de vie très simple, où prière et travail occupaient tout son temps. C’est une évidence : le pape François n’avait aucune attirance pour les biens de ce monde. Détachement qui n’excluait pas un véritable goût du pouvoir, qui se traduisit par une incapacité notable à déléguer et à faire confiance, et par l’habitude de gouverner seul.

Un exercice personnel du pouvoir

C’est l’un des nombreux paradoxes de François : il aura passé un temps considérable à réformer la curie, tout en se passant très largement d’elle pour gouverner. La réorganisation de l’Église, qui aura essentiellement constitué en une simplification de l’organigramme, aura été presque universellement jugée décevante – y compris par le pape, qui ne sera pas gêné pour critiquer l’inefficacité de la nouvelle organisation de la communication romaine, qu’il avait pourtant lui-même mise en place… Au quotidien, François n’aura cessé de passer par-dessus cette Curie censée l’assister, publiant ses textes sans consulter les experts, multipliant les annonces que les principaux concernés apprenaient par les médias. C’est seul, entouré d’un petit cercle de fidèles, qu’aura gouverné ce pape qui avait pourtant érigé en grand projet de son pontificat la synodalité, c’est-à-dire une gouvernance décentralisée de l’Église. Cette synodalité aura constitué l’un des principaux champs de bataille du règne, certains y voyant l’avenir d’une Église plus simple et plus proche des fidèles, l’autre la voie d’un inéluctable déclin, d’une confusion doctrinale et d’un affadissement du message d’une Église trop soucieuse de se concilier les bonnes grâces de l’opinion et de s’aligner sur l’air du temps. Le paradoxe est en tout cas patent : cette politique de décentralisation aura été lancée au cours du pontificat le plus autoritaire et le plus centralisé depuis le XIXe siècle, qui n’aura cessé de priver les évêques de nombre de leurs prérogatives, rapatriées à Rome, comme sur la question traditionaliste.

La guerre au traditionalisme

C’est l’un des points où la rupture avec Benoît XVI fut la plus nette. Par son motu proprio Summorum Pontificum de 2007, celui-ci avait mis fin à la stigmatisation des traditionalistes et remplacé la guerre liturgique par l’enrichissement mutuel des rites. Son credo, énoncé en 2008 à Lourdes : « Nul n’est de trop dans l’Église.» En annulant ce texte au profit du motu proprio Traditionis Custodes de 2021, François avouait au contraire son intention d’éradiquer cette mouvance, soupçonnée de constituer une Église dans l’Église. En caricaturant au passage le traditionalisme en nostalgie obscurantiste, ignorant la recherche de spiritualité et de sacralité dont elle témoigne, l’attirance pour sa liturgie de nombreux jeunes, comme les nombreuses conversions et vocations qu’elle suscite. Une défiance qui s’étendit jusqu’aux évêques suspects de bienveillance à l’égard de cette mouvance, comme le montra la démission exigée en 2024 par le pape de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, pourtant le plus dynamique et le plus missionnaire des diocèses de France. Hostilité qui témoignait, de la part du pape, d’une forme d’idéologisation et de sacralisation de la pastorale post-Vatican II, en dépit de son bilan catastrophique, au risque de vouloir casser le peu de choses qui portent du fruit dans l’Église.

Une Église en voie de rétrécissement

Car les statistiques ne sont guère encourageantes. Si la proportion de catholiques dans la population mondiale reste stable (17,5% en 2022), le nombre de prêtres (- 3% en 10 ans) et surtout de séminaristes (- 11%) ne cesse de décroître : l’essor en Afrique et en Asie ne suffit plus à compenser le déclin des autres continents. Dans Pape François. La révolution (Gallimard), le vaticaniste du Figaro Jean-Marie Guénois souligne : « Les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI semblent avoir poussé et maintenu plus de monde dans les églises et dans les séminaires que le pontificat de François, plus clivant à beaucoup d’égards, peu amène pour les clercs, plus social et moins religieux.»

Une communication erratique

François avait la parole facile et imagée, et se faisait comprendre de tous, ce qui avait le mérite de rapprocher de l’Église des gens rebutés par son côté élitiste et intellectualisant. L’inconvénient était que son goût pour l’improvisation et les formules à l’emporte-pièce, les interviews données à des journalistes amis mais hostiles à l’Église, publiées sans jamais être relues, les conférences de presse dans les avions à l’issue de voyages harassants, ont multiplié les faux-pas, les déclarations démenties dès le lendemain, les polémiques inutiles et les raccourcis médiatiques, introduisant une atmosphère de confusion qui a lassé jusqu’à ses plus fidèles soutiens. Et d’autant plus dommageable qu’elle ne s’est pas limitée au domaine de la communication, mais a aussi affecté la clarté du discours sur la foi, suscitant des polémiques théologiques comme l’Église n’en avait plus connu depuis les années 1960.

Une Église profondément divisée

Jamais, dans l’histoire contemporaine, les divisions au sommet de l’Église n’auront ainsi été étalées au grand jour. À plusieurs reprises, des prélats de premier plan (les cardinaux Müller, Burke, Sarah ou Pell) ont, de manière plus ou moins feutrée (le cardinal Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a un jour taxé le pape François de « barbarie théologique»), attaqué des initiatives du pape ou des textes publiés par le Vatican avec son aval, sur des sujets aussi divers que la famille, la théologie morale, la synodalité ou l’immigration. En cause : une confusion noyant la sûreté doctrinale dans des formulations floues visant à flatter l’opinion, une remise en cause de l’héritage théologique et moral de Jean-Paul II et de Benoît XVI, une tentation d’aligner les positions de l’Église sur les évolutions sociétales contemporaines, une pastorale qui, pour se vouloir miséricordieuse, ferait fi de la doctrine et serait comprise par la plupart des fidèles comme une disparition de la notion même de péché – le journaliste athée Eugenio Scalfari, interlocuteur privilégié du pape qu’il a interviewé à plusieurs reprises, l’a ainsi félicité d’« avoir aboli le péché». Le comble a été atteint lors de la publication, en décembre 2023, de Fiducia supplicans, le texte de la Congrégation pour la doctrine de la foi autorisant la bénédiction des couples homosexuels, qui a suscité l’opposition publique de nombreuses conférences épiscopales et de l’Afrique entière. Du jamais-vu dans l’histoire de l’Église.

La défense de la vie
 
Sur un domaine pourtant, la défense de la vie de la conception à la mort naturelle, François a défendu les positions de l’Église avec fermeté, n’hésitant pas à employer des mots qui choquent pour réveiller les consciences : rappelant à des nombreuses reprises que l’avortement « est un homicide», allant jusqu’à comparer les médecins qui le pratiquent à des « tueurs à gages» ou évoquant à propos de l’euthanasie une « culture du rebut ». Ses détracteurs notent pourtant qu’en dépit de ces fermes déclarations, François ne s’est jamais précipité pour soutenir les défenseurs de la vie et que, que ce soit au sein de l’épiscopat américain ou par son lâchage de l’ancien archevêque de Paris Mgr Aupetit sur la foi de simples rumeurs, il a constamment mis des bâtons dans les roues des évêques les plus en pointe sur ces sujets.

Les abus sexuels

Même ambiguïté sur ce sujet ô combien brûlant, où le pape n’a cessé d’alterner dénonciations virulentes et attitudes plus ambiguës, allant jusqu’au soutien obstiné à des personnalités mises en cause, ou même convaincues de tels abus. Le voyage de François au Chili, en 2018, tourna ainsi au fiasco, à cause d’une phrase du pape balayant les accusations contre un prélat, soupçonné d’avoir protégé un prédateur, comme autant de « calomnies» (l’évêque en question, Mgr Barros, devra plus tard démissionner). Cette même année, un scandale avait éclaté lorsqu’il était apparu que l’un des conseillers de François, le cardinal américain McCarrick, était l’auteur d’agressions sexuelles pour lesquelles il avait été sanctionné par Benoît XVI. Dans la foulée, un site américain avait écrit, citant une source vaticane, que la réticence du pape à sanctionner divers prédateurs avait été la cause de sa rupture avec le cardinal Müller. Fin 2022, on révélait qu’un jésuite et célèbre mosaïste, le père Rupnik, ami du pape François, était accusé d’agressions sexuelles sur des religieuses : motif pour lequel il avait été excommunié en mai 2020 – excommunication levée le même mois. Or la seule autorité légitime pour lever ainsi une excommunication est celle du pape… Ledit père Rupnik vivrait aujourd’hui dans un couvent qu’il partage avec d’autres jésuites… mais aussi des religieuses !

La promotion des femmes

Les féministes lui reprochent certes de ne pas en avoir fait assez, en refusant de changer la politique constante de l’Église réservant la prêtrise aux hommes, ou en n’ouvrant pas le dossier du diaconat féminin : reste qu’on peut porter au crédit de François d’avoir ouvert comme jamais les postes de responsabilité aux femmes, nommées à la tête des dicastères (ministères) vaticans ou à des responsabilités importantes à la curie, tandis que les religieuses se voyaient ouvrir les portes du synode.

Écologie et pandémie

L’encyclique du pape sur l’écologie, Laudato si’, restera comme son texte le plus marquant, source d’inspiration pour nombre de jeunes chrétiens. Si cette insistance de François sur l’écologie a beaucoup contribué à sa popularité, beaucoup y ont vu aussi l’un des signes de la transformation progressive de l’Église en une simple ONG focalisée sur des thèmes très horizontaux, par des discours guère différents de ce que l’on peut entendre dans les différentes instances de gouvernance mondiale. L’attitude du pape face la pandémie de Covid-19 aura suscité, à ce titre, de profondes réticences dans le monde catholique : là où l’on attendait une lecture spirituelle permettant de redonner une espérance et profitant de cette crise pour bousculer le rapport des sociétés modernes à la mort, l’Église de François s’est contentée de relayer des consignes hygiénistes, se comportant en simple supplétive de l’OMS et avalisant le fait que la messe soit considérée comme une activité “non-essentielle”… Un paradoxe de plus pour un pape qui n’aura cessé de défendre la piété populaire, tout en condamnant la messe en latin, l’encens et les beaux ornements liturgiques, et en laissant l’un de ses proches déclarer que l’attachement à la messe relevait d’une forme « d’analphabétisme spirituel»…

La pomme de discorde de l’immigration

« Notre théologie est une théologie est une théologie de migrants», déclarait le pape François dès les premières pages de son livre Politique et Société. Le sujet, là encore très horizontal, aura accaparé la parole et l’énergie du pape comme aucun autre. Défendant l’accueil des migrants sans souci du bien commun, ni des conséquences culturelles, économiques et sociales, sécuritaires ou même religieuses de l’immigration de masse, ni même de l’intérêt réel à long terme des migrants ou de leurs pays d’origine, François aura fait du droit à migrer une sorte d’impératif catégorique sous forme de martèlement obsessionnel, et du migrant une sorte de figure rédemptrice – allant jusqu’à faire remplacer l’image du Christ, sur un crucifix du Vatican, par un gilet de sauvetage… Mêlant sans arrêt charité et politique, il n’aura cessé de condamner les politiques visant à maîtriser les flux migratoires et de culpabiliser les opinions occidentales en les taxant d’égoïsme et de racisme. En diabolisant l’attachement légitime des peuples à leur continuité historique, il aura commis une faute pastorale majeure, en détournant de l’Église des pans entiers de l’opinion européenne.

Une diplomatie contestée

Comme Emmanuel Macron, François a souvent voulu faire de la diplomatie par-dessus la tête de ses diplomates – avec des résultats guère plus heureux. Les relations avec la France auront d’ailleurs été tendues, à cause de la volonté insistante du pape qu’aucun de ses trois passages sur le territoire national n’apparaisse comme une visite officielle en France. La grande affaire diplomatique du pontificat de François aura été la normalisation des relations avec la Chine communiste, à travers un accord secret conclu en 2018, négocié par le cardinal Parolin, qui reconnaît à Pékin un droit de regard sur les nominations d’évêques. L’accord a été vivement critiqué par l’ancien archevêque de Hong Kong, Mgr Zen, comme une trahison de l’Église catholique clandestine. Il n’a en tout cas pas mis fin aux persécutions antichrétiennes du régime. Sur la question ukrainienne, les initiatives intempestives du pape auront réussi à mécontenter les deux parties. Sur le plan du dialogue interreligieux, la déclaration cosignée par François et l’imam d’Al-Azhar en février 2019 à Abu Dhabi, reconnaissant « la pluralité des religions» comme « une sage volonté divine »), a horrifié nombre de théologiens, dont le franciscain Thomas Wainandy, membre de la Commission théologique internationale, qui a dénoncé « une subversion doctrinale» qui « sape les fondements mêmes de l’Évangile ». En 2017, le même théologien avait écrit au pape une lettre où il lui reprochait d’entretenir « une confusion chronique » et de « dévaloriser la doctrine de l’Eglise ».

Et demain ?

Le pape a profondément renouvelé le collège des cardinaux : 80 % des électeurs du futur pape auront été nommés par lui. Est-ce à dire que le successeur de François sera son clone ? Pas forcément, car ses nominations furent souvent des “coups de cœur”, impulsifs, qui pouvaient profiter aussi à plus conservateurs que lui. Si des noms de papabili circulent bien évidemment (parmi lesquels le Philippin Tagle, le Hongrois Erdő, le Suédois Arborelius ou le Français Aveline), il faut se rappeler que rien n’est plus incertain qu’un conclave, rencontre sous haute tension d’hommes venus du monde entier et qui ne se connaissent guère, voire pas du tout. Où manœuvres de factions, enjeux psychologiques et questions de fond s’entrechoquent pour un résultat imprévisible. Une seule chose est certaine : s’il veut enrayer le déclin de l’Église, le nouveau pape devra lui donner un nouvel élan missionnaire. Outre l’indispensable réconciliation entre chrétiens, celui-ci ne semble pouvoir passer que par un discours plus clair, plus cohérent, plus lisible, et surtout plus spirituel, réaffirmant avec une netteté sans ambiguïté la spécificité du message catholique et la véritable révolution qu’il a pour mission d’apporter aux hommes : l’amour du Christ, qui leur ouvre la porte de la vie éternelle.

Voir aussi

Mort du pape : comment François a-t-il réconcilié les non-croyants avec l’Église ? (ses positions sur l’environnement ou encore l’accueil des exclus, le pape François a contribué, en douze années de pontificat, à casser certains préjugés sur l’Église catholique selon La Croix).

lundi 7 avril 2025

Navet empoisonné — le nouveau Blanche Neige est un fiasco, Disney suspend le nouveau Raiponce

Disney a freiné le tournage de l'adaptation en prises de vue réelle de son célèbre dessin animé Raiponce sorti en 2010, après l'échec de Blanche-Neige aux guichets de cinéma.

Selon le Hollywood Reporter, les dirigeants ont mis le film en pause bien qu'ils aient déjà engagé le réalisateur du Maître de scène (au Québec, The Greatest Showman à Paris), Michael Gracey, pour le diriger.

Jusqu'à présent, le projet battait son plein avec un scénario de la coscénariste de Thor : Amour et Tonnerre, Jennifer Kaytin Robinson, en cours de rédaction.

Le film était en phase de préproduction et les dirigeants avaient commencé à chercher des talents avant que les choses ne s'arrêtent brusquement, selon Deadline.

Les deux médias ont rapporté que la décision de Disney était en grande partie due au lancement désastreux du remake de Blanche-Neige en prises de vue réelle, qui est sorti en salles le 21 mars.

Cette nouvelle adaptation de Blanche-Neige en prises de vue réelle a eu des résultats « désastreux » au box-office.

Le studio a dépensé 270 millions de dollars pour réaliser et promouvoir le film avec Rachel Zegler (ci-dessous), qui n'a rapporté que 70 millions de dollars aux États-Unis et 146 millions de dollars dans le monde.

 
À titre de comparaison, Mufasa: le roi lion, la précédente production de Disney sortie en décembre dernier, avait récolté plus de 120 M$ après une dizaine de jours à l’affiche sur le seul marché nord-américain.

Rappelons qu’en plus d’avoir obtenu des critiques mitigées dans la presse internationale, Blanche-Neige a accumulé les polémiques depuis l’annonce de la distribution du film, il y a quelques années. Le choix de l’actrice Rachel Zegler, d’origine sud-américaine, a notamment soulevé la colère de plusieurs fans et commentateurs conservateurs, tout comme la représentation des sept nains du film, qui ne sont pas tous joués par des personnes atteintes de nanisme. La semaine dernière, le fils du producteur du film, Jonah Platt, a vivement critiqué le «narcissisme» et «l’immaturité» de Rachel Zegler dans un message publié sur Instagram en déclarant que les propos politiques de l’actrice pendant la campagne de promotion avaient «clairement nui au box-office du film».

The Economist de Londres s'est demandé quels étaient les critères de réussite d'une reprise cinématographique. 

Blanche-Neige, la nouvelle version en prises de vues réelles du film d'animation bien-aimé de Disney, a reçu un accueil glacial avant sa sortie dans les salles de cinéma le 21 mars. Une bande-annonce publiée il y a trois mois n'a obtenu que 60 000 de « j'aime » et plus d'un million de « je n'aime pas ». « Si je voyais ce film dans un avion, j'en sortirais malgré tout », s'insurge un utilisateur de YouTube. « Heureusement, nous disposons aujourd'hui de la technologie nécessaire pour que l'animation ait l'air pire que l'original de 1937 », déplore un autre.

Parmi les nombreux péchés de la reprise, il y en a sept en particulier : les nains, qui ont été rendus de façon mièvre par ordinateur (CGI), après une querelle sur la question de savoir s'il était politiquement correct de faire jouer les rôles de nains par des acteurs nains. (Face aux critiques, Disney a transformé les nains du film en « créatures magiques » - quoi que cela veuille dire). Il y a aussi la question de Rachel Zegler, l'actrice choisie pour incarner Blanche-Neige, qui a qualifié le film original d'« extrêmement daté » et a déclaré que le prince « harcelait littéralement » la princesse, que la princesse ne serait plus sauvé par le prince mais qu'elle réaliserait son potentiel de chef de file, etc. (Voir vidéo ci-dessous.) Il s'avère que les fans n'aiment pas que l'héroïne d'une nouvelle adaptation méprise le film classique qui l'a inspirée.

En redonnant vie à des contes familiers, les reprises peuvent offrir aux studios une voie plus sûre vers le succès commercial. Par le nombre de réactions négatives et de controverses qu'il a suscitées, Blanche-Neige est un film inhabituel. Toutefois, à un autre titre, le film reflète une tendance actuelle, qui consiste pour les studios à remonter toujours plus loin dans le passé pour trouver des sources d'inspiration. Entre 2020 et 2024, l'âge moyen des films sources sur lesquels les nouveaux remakes étaient basés était de 35 ans. C'est environ 13 ans de plus qu'entre 2011 et 2015, selon l'analyse par The Economist des données de The Numbers, un site web consacré au cinéma.

Qu'est-ce qui fait le succès d'une reprise ? C'est une question qui préoccupe de nombreux dirigeants d'Hollywood, ainsi que les cinéphiles. Pour y répondre, The Economist a analysé 200 remakes sortis depuis 1995 ; chacun d'entre eux avait reçu un minimum de 5 000 évaluations sur IMDb, une base de données cinématographique en ligne.

Premièrement, il ne suffit pas d'utiliser des effets spéciaux à la pointe de la technologie
; l'imagerie générée par ordinateur doit être manipulée avec précaution. Sur les 20 pires refontes (d'après les taux d'audience d'IMDb), la moitié sont des films d'horreur, en partie à cause de l'utilisation d'effets spéciaux peu convaincants. Le cinquième remake le plus mauvais, celui de Le Brouillard (Fog à Paris), un classique culte de John Carpenter datant de 1980, a été réalisé en 2005 ; un brouillard surnaturel et vengeur s'abat sur une ville insulaire au large de l'Oregon. Les effets chocs à bon marché remplacent la tension : les spectateurs se sont plaints que le brouillard se déplaçait trop rapidement et que les fantômes dans le brouillard (jamais clairement visibles dans l'original) étaient ridicules, une plainte également formulée par les spectateurs à propos des nains dans le nouveau film Blanche-Neige.

Deuxièmement, les comédies comportent des risques importants. C'est le genre le moins performant pour les réadaptations, avec une note IMDb moyenne inférieure de 1,5 point (sur dix) à celle des originaux. Les remakes de comédies sont également ceux qui rapportent le moins. Aucun d'entre eux ne surpasse de manière significative le film original sur lequel il est basé, d'après les taux d'audience. Il se peut que les spectateurs de comédies et de films d'horreur aient besoin d'un élément de surprise, ce qui est difficile à offrir dans un remake fidèle, car le public sait déjà à quels gags et à quelles émotions il doit s'attendre. Il n'est alors qu'une resucée.

Les meilleurs reprises s'inspirent de ce qui se fait à l'étranger. Depuis 1995, environ un tiers des meilleurs remakes ont été réalisés à partir de sources étrangères, dont six des dix premiers. Il en va de même pour les deux seuls adaptations ayant remporté l'Oscar du meilleur film : Les Infiltrés (2006), basé sur un film de Hong Kong, et CODA (2021), basé sur le célèbre film franco-belge, La Famille Bélier (2014).

Le fait de ne pas connaître les films originaux peut signifier que le public arrive avec des attentes moindres et sans aucun attachement envers l'original. Prenons l'exemple de Bugonia, avec Emma Stone, dont la sortie est prévue en novembre. Il s'agit d'un remake en anglais d'un film sud-coréen ; au lieu d'un directeur général masculin, la nouvelle histoire est centrée sur une femme. Toutefois, il est peu probable que le public, qui ne connaît pas le film original, s'émeuve de ce changement. On ne peut pas en dire autant de la nouvelle Blanche-Neige qui semble vouée à jamais à une fin malheureuse.

mercredi 5 mars 2025

Plus d'enfants maltraités par une femme que par un homme (et souvent c'est alors le compagnon non marié)


Les changements survenus au cours du siècle dernier, et plus particulièrement au cours des 50 dernières années, nous ont fourni un ensemble de données sur l'organisation familiale la plus propice au développement des enfants. La première leçon est que l'éducation des enfants par les deux parents biologiques mariés produit les meilleurs résultats et présente le moins de risques pour les enfants.

Le ministère américain de la santé et des services sociaux suit les données sur la maltraitance et la négligence des enfants depuis 1978 dans le cadre de l'étude nationale sur l'incidence (National Incidence Study - NIS). L'étude nationale sur l'incidence est une initiative périodique du ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis, mandatée par le Congrès. Il y a eu quatre rapports de ce type, le dernier étant le NIS-4, publié en 2010. Ce rapport comprend une ventilation des données collectées au niveau national sur la maltraitance et la négligence des enfants par situation de vie (section 5.3.2).

Cette section de l'étude s'ouvre comme suit : 

La figure 5-9 montre les taux d'incidence des mauvais traitements selon la norme de mise en danger pour les différents sous-groupes de structure familiale et de conditions de vie. Le taux global de mauvais traitements selon les normes de mise en danger pour les enfants vivant avec deux parents biologiques mariés (15,8 enfants pour 1 000) est nettement inférieur aux taux pour les enfants dans toutes les autres circonstances (51,5 enfants ou plus pour 1 000). Les enfants vivant avec un parent dont le partenaire non marié fait partie du ménage présentent l'incidence la plus élevée de maltraitance selon la norme de mise en danger (136,1 enfants pour 1 000). Cela équivaut à plus de 13 enfants sur 100, ou à plus d'un enfant sur 8 dont le parent unique a un partenaire cohabitant dans la population générale des enfants. Le risque de maltraitance selon la norme de mise en danger de maltraitance est plus de 8 fois supérieur à celui des enfants vivant avec deux parents biologiques mariés. 

Parmi les autres enseignements importants de ce rapport, citons les suivants : 

  • Les enfants vivant avec un parent seul dont le partenaire n'est pas marié sont ceux qui ont subi le plus de violences physiques, et de loin, soit plus de 10 fois le taux le plus bas.
  • Seuls 0,7 pour 1 000 enfants vivant avec deux parents biologiques mariés ont été victimes d'abus sexuels, contre 12,1 pour 1 000 enfants vivant avec un parent célibataire ayant un partenaire non marié.  
  • En ce qui concerne la violence psychologique, le taux de 15,0 pour 1 000 enfants vivant avec un parent célibataire ayant un partenaire non marié est plus de 8 fois supérieur à celui des enfants dont les deux parents biologiques sont mariés.
  • L'incidence la plus faible de mise en danger de la vie d'autrui (négligence physique) a été observée chez les enfants vivant avec deux parents biologiques mariés (6,5 enfants pour 1 000), ce qui est nettement inférieur aux taux observés pour les enfants vivant dans toutes les autres conditions de vie.
  • Le taux de négligence physique le plus élevé concerne les enfants vivant avec un parent seul ayant un partenaire cohabitant (47,4 enfants pour 1 000), ce qui est plus de 7 fois supérieur au taux le plus bas.
  • Les enfants dont le parent unique avait un partenaire non marié présentaient également le taux le plus élevé de négligence émotionnelle, soit 68,2 pour 1 000 enfants, ce qui représente un facteur de plus de 10 fois supérieur au taux le plus bas.
  • L'incidence des enfants ayant subi des sévices graves en raison de mauvais traitements de type « mise en danger » était significativement plus faible chez les enfants vivant avec leurs parents biologiques mariés (2,8 enfants pour 1 000), par rapport aux taux d'incidence des enfants vivant dans d'autres conditions (9,5 enfants ou plus pour 1 000).
  • La gravité des sévices physiques varie en fonction de l'éloignement parental qui sépare l'auteur des sévices de l'enfant. Un enfant maltraité physiquement était plus susceptible de subir une blessure grave lorsque l'agresseur n'était pas un parent.

L'une des conclusions les plus pertinentes et les plus surprenantes est peut-être la suivante : 68% des enfants maltraités l'ont été par une femme, tandis que 48% l'ont été par un homme (certains enfants ont été maltraités par les deux). Parmi les enfants maltraités par leurs parents biologiques, les mères ont maltraité la majorité d'entre eux (75%), tandis que les pères ont maltraité une minorité non négligeable (43%). En revanche, les auteurs masculins étaient plus fréquents pour les enfants maltraités par des parents non biologiques ou par les partenaires des parents (64%) ou par d'autres personnes (75%).

Cette statistique est l'élément le plus illustratif des données prouvant que l'éloignement du père biologique de l'enfant est le plus grand facteur de risque de maltraitance. Cela semble confirmer l'affirmation selon laquelle les pères, les patriarches de la famille, ont le plus grand intérêt et le plus grand effet protecteur sur la vie des enfants. Ils sont moins susceptibles de commettre des abus que les mères biologiques et, une fois retirés, font des foyers de mères célibataires une cible facile pour les prédateurs qui n'ont pas de lien de parenté avec l'enfant. 

Deuxièmement, ce sont les mères, et non les pères, qui sont les plus susceptibles de maltraiter ou de négliger les enfants. En 2021, environ 210 746 enfants aux États-Unis ont été maltraités par leur mère, alors que 132 363 enfants ont été maltraités par leur père cette même année. (Source : Département américain de la santé et des services sociaux ; Administration for Children & Families) Ce constat est cohérent avec l'ensemble des données du NIS.  

Les défenseurs du féminisme s'opposent principalement à ces données en soulignant que les mères sont plus susceptibles d'être les principales pourvoyeuses de soins et de passer le plus de temps avec les enfants, ce qui, selon eux, explique pourquoi les taux de maltraitance sont plus élevés de la part des mères que des pères. Toutefois, une tendance permet de vérifier cette hypothèse. Le nombre d'enfants vivant avec leur père a plus que quadruplé, passant de 0,8 million (1 %) à 3,3 millions (4,5 %) entre 1968 et 2020. Dans ces conditions, on pourrait s'attendre à une augmentation de la violence à l'égard des pères au cours de cette même période, en corrélation avec l'augmentation de la garde principale et du temps parental des pères. Or ce n'est pas le cas. Le fait est que les données sont très cohérentes à cet égard au cours des 45 dernières années d'études de l'ENI, ce qui signifie que on n'a pas constaté d'augmentation de la maltraitance à mesure que les pères deviennent une part plus importante des principaux gardiens et dispensateurs de soins. 

mercredi 5 février 2025

L’inconfort face à l'homosexualité en hausse chez les jeunes du Québec (m à j critique du rapport)

Extraits de la critique du rapport «Montée de l’intolérance dans les écoles» de GRIS-Montréal par François Chapleau, professeur émérite au Département de biologie de l’Université d’Ottawa.

Si l’on fait abstraction des problèmes méthodologiques, les résultats de l’étude font état d’une hausse généralisée du « mal à l’aise » pour toutes les questions, mais de façon plus marquée pour les cas suivants: 

  • Le malaise avec les personnes et couples homosexuels est systématiquement plus élevé chez les garçons.
  • Connaître une personne non hétérosexuelle diminue le malaise envers les personnes et les couples homosexuels.
  • Le fait d’avoir une religion et de la pratiquer augmente le niveau de malaise envers les personnes et couples homosexuels.

Le terme « genre » est utilisé 30 fois dans le rapport de 2025, alors que le mot « sexe » y est absent. Il est important de noter que le mot « genre » est absent du questionnaire. Les élèves ne savaient donc pas que le terme « homme » ou de « femme » représentait pour le GRIS une identité de genre et non pas une appartenance sexuelle. 

Le communiqué de presse indiquait « une augmentation des discours haineux et des violences dans les écoles ». Or, dans la discussion, on reconnait que le niveau de malaise n’est pas un indicateur de transphobie et d’homophobie. Mais, on ajoute que : « un sentiment de malaise ou d’inconfort élevé est vu comme une menace à la sécurité perçue, ce qui peut contribuer à créer des conditions propices à la violence ». Et l’on ajoute à ce dernier commentaire quelques citations « anonymes » particulièrement crues.

Il n’en fallait pas plus pour que plusieurs médias fassent état à la suite de la conférence de presse que l’étude indique une hausse de la transphobie, de l’homophobie, de l’intolérance et de la haine, alors qu’elle n’indique qu’une hausse de l’inconfort par rapport aux orientations sexuelles des personnes et de couples.

Parmi les « hypothèses » suggérées pour expliquer le déclin du sentiment d’aise par rapport à l’homosexualité dans les écoles, on indique :

1.« la conversation sociale polarisée (controverses) et polarisante autour des sujets LGBTQ+ — et particulièrement de l’identité de genre — depuis quelques années. » On ajoute que « si cette conversation sociale porte plus directement sur les personnes trans et non binaires, elle semble générer des impacts négatifs qui vont aussi toucher sur les acquis liés à l’orientation sexuelle. »

2. « La crise actuelle du journalisme met en péril la circulation d’informations vérifiables et dans l’intérêt du public et accentue les processus de désinformation » et on ajoute à ceci l’impact négatif des réseaux sociaux.

3. Finalement, le déclin précipité des attitudes face à la diversité sexuelle des jeunes hommes serait lié avec une montée des discours masculinistes et conservateurs qui, chez ces derniers, prônent un retour aux valeurs traditionnelles.

Remarques :

1. Noter que, dans la discussion, les termes LGBTQ+ et transphobie reviennent dans la phraséologie alors que l’étude n’a rien à voir avec les transgenres/queers et ne s’intéresse qu’à l’orientation sexuelle.

2. Il n’y a aucune donnée dans cette étude et il n’y a aucune question dans les questionnaires qui permettent de pointer le doigt vers une des causes externes suggérées. En fait, la discussion du rapport ne s’appuie en rien sur les résultats de l’étude ni sur des connaissances liées à la réalité des élèves dans les écoles. Décevant !

3. En fait, la discussion évite de parler des données. Par exemple, on ne discute même pas du fait que les religions semblent un facteur explicatif de la hausse du malaise et que celles-ci réprouvent généralement l’homosexualité.  

4. Si les enjeux liés à l’identité de genre créent des impacts négatifs qui touchent « les acquis liés à l’orientation sexuelle », il faudrait qu’un organisme indépendant examine l’impact d’organismes comme GRIS-Montréal qui font la promotion de la pseudoscience du genre dans les écoles ; une idéologie qui ne reconnait pas la binarité du sexe et qui fait fi du fait que les homosexuels revendiquent une sexualité fondée sur la réalité du sexe et non pas sur le ressenti du genre.

5. En comparant les deux derniers rapports sur l’orientation sexuelle, celui de 2017[xiii] et celui qui fait l’objet de cette critique, il est malheureux de constater que le GRIS, en moins de 7 ans, a trahi sa mission première qui lui donnait toute sa crédibilité. Elle se préoccupait alors de démystifier l’homosexualité et de la bisexualité et de favoriser l’acceptation des personnes homosexuelles et bisexuelles à l’école et en société. En quelques années, l’organisme est devenu le porte-étendard grassement subventionné par le gouvernement (et d’autres organismes) d’une idéologie qui fait la promotion de la pseudoscience du genre. Actuellement, le GRIS endoctrine au lieu d’éduquer dans nos écoles. C’est inacceptable. Ce rapport s’aligne davantage avec l’hypothèse que le « nouveau » GRIS fait plus partie du problème que de la solution.




Billet du 18 janvier
Un guide pédagogique du GRIS réalisé
grâce à une subvention du
Ministère de la Justice du Québec


Une étude de l’organisme militant pro-LGBTQ2SAI+ GRIS-Montréal indique, parmi les jeunes, une hausse face à l’homosexualité et aux formes d’orientation sexuelle non traditionnelles.

Dévoilée jeudi, l’étude a été réalisée à partir de 35 000 questionnaires remplis par des élèves du secondaire dans plusieurs régions du Québec.

Selon l’organisme militant, le constat est « sans équivoque » : pour la première fois depuis qu’il a commencé à recueillir ces données il y a 30 ans, l’organisme observe « un recul » des attitudes chez les jeunes face « à la diversité sexuelle ».

« Pendant très longtemps, on avait l’impression que les jeunes avaient toujours une longueur d’avance sur ces enjeux. Là, il y a une régression, et une régression en très peu de temps », réagit le titulaire de la Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres de l’UQAM, Martin Blais.

Que veut-on dire par « inconfort » ?

Dans le cadre du sondage, les élèves ont été appelés à commenter différents scénarios afin de mesurer leur degré d’« ouverture ».

En 2017-2018, 25 % des répondants disaient éprouver un malaise face à l’orientation sexuelle d’un ami homosexuel, comparativement à près de 40 % en 2023-2024. Pour une amie lesbienne, la proportion est passée de 15 % à près de 34 %.

De plus, 24 % des élèves se disent très mal à l’aise devant un couple de pères homosexuels, contre 10 % en 2017-2018. Pour les familles de couples lesbiens, le niveau d’inconfort a triplé, passant de 7 % à 21 %.

Selon le sociologue et sexologue Martin Blais, ces chiffres confirment une réalité observée sur le terrain depuis quelques années. « Plusieurs groupes communautaires [LGBTQ2SAI+] rapportent une augmentation des discours hostiles », note-t-il.



À qui la hausse est-elle attribuable selon ces experts ?

Cette hausse n’est pas le fait d’un groupe particulier. L’augmentation du sentiment de malaise est observée chez les jeunes, peu importe leur âge, leur genre, leur niveau de religiosité ou la région qu’ils habitent, souligne l’organisme militant.

Elle est cependant plus marquée chez les jeunes scolarisés en dehors de la grande région de Montréal et chez les garçons.

De manière générale, les hommes et les jeunes hommes « ont toujours eu plus de résistance à l’égard de la diversité [sic] que les femmes », affirme M. Blais.

Qu’est-ce qui expliquerait ce recul ?

On a reproché beaucoup de choses aux personnes queers et aux personnes trans. De menacer les enfants, de vouloir faire du lobby auprès des enfants. D’accorder des droits aux personnes trans qui enlèveraient potentiellement des droits aux femmes. Ce genre de dialogue social percolerait dans le milieu scolaire. La normalité de ce ressac devant la radicalité croissante du discours et des exigences du lobby LGBTQ2SAI+, qui va bien au-delà de la simple tolérance, ne semble pas effleurer les « chercheurs » du GRIS.

Autre piste : la montée des discours masculinistes et conservateurs, alimentés en ligne par des influenceurs comme Andrew Tate.

Les experts ne semblent pas considérer que les « progressistes » urbains « ouverts sur la diversité » ont moins d'enfants et qu'ils sont remplacés par les enfants de parents plus traditionnels (« plus fermés sur la diversité ») souvent ruraux (y avoir des enfants est moins cher) ou immigrés, enfants qui épousent les valeurs traditionnelles de leurs parents.

Les plateformes de réseaux sociaux auraient peut-être aussi contribué au recul des attitudes face à la diversité en « amplifiant des voix qu’on entendait moins avant », souligne Martin Blais. Faut-il comprendre que ces voix étaient privées de tribune auparavant par les médias de grand chemin ?

Solution : davantage de propagande à l'école

Avec la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), le GRIS-Montréal appelle le gouvernement à augmenter la sensibilisation et la formation dans les écoles.

« C’est clair qu’il y a encore des enjeux d’éducation », affirme Martin Blais. Le sociologue rappelle qu’un moyen efficace de contrer l’intolérance est d’entrer en contact avec des personnes de l’autre groupe.

« C’est un levier extrêmement puissant », souligne-t-il.

« Extrêmement préoccupé par ces données », le cabinet du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, indique qu’il prendra « le temps d’analyser l’étude réalisée par le GRIS-Montréal ».

« Ce qui est certain, c’est que des gestes d’intolérance n’ont aucunement leur place dans nos écoles. Jamais on ne doit accepter ça », plaide-t-il, rappelant qu’il a déposé un plan de lutte contre la violence et l’intimidation en milieu scolaire.

On attend toujours des plans de lutte pour un français de qualité, la culture générale, l'application de la loi 101 aux cégeps, la francisation progressive des universités anglophones, etc.

Absence d'accès à l'étude complète et aux données

Notons que le sondage du GRIS n'est pas accessible au moment d'écrire ces lignes, on ne peut voir l’ensemble des données, une description de la méthodologie, du profil des écoles sondées, des analyses faites, etc. 
 
Voir aussi
 
 
 
 
 
 
 

dimanche 2 février 2025

Le 2 février : la Chandeleur

(D’après « La Tradition », paru en 1904)

La fête de la Chandeleur, qui aujourd’hui n’est plus chômée en France, a pour objet de rappeler la présentation, au Temple, de l’enfant Jésus né quarante jours plus tôt la nuit de Noël, et la purification de la Sainte-Vierge. Son nom lui vient des cierges bénits qu’on y portait en procession à l’église.

Le pape Gélase (472) jugeant plus sage de christianiser un usage païen que d’essayer de le détruire, l’aurait substitué, d’après Bède le vénérable, moine et historien anglais du VIIe siècle, aux antiques Lupercales romaines, ou, d’après d’autres auteurs, aux fêtes de Proserpine et de Cérès, qui se célébraient à la même époque et où l’on portait aussi des torches allumées.

Aujourd’hui, la Chandeleur n’est plus fêtée que par l’Église catholique, le 2 février, et les paysans chez qui se sont encore conservées les traditions ancestrales. Et ces traditions ont quelque chose de curieux que nous voulons raconter.

C’est une des superstitions et des coutumes de la vieille France qu’à la Chandeleur on fait des crêpes dans l’âtre du laboureur et que chacun doit retourner la sienne. « À la Chandeleur, dit Abel Hugo, si les paysans ne faisaient point de crêpes, leur blé de l’année serait carié. Et celui qui retourne sa crêpe avec adresse, qui ne la laisse pas tomber dans les cendres, ou qui ne la rattrape point dans la poêle, sous la forme navrante de quelque linge fripé, celui-là aura du bonheur — de l’argent, cette forme tangible du bonheur — jusqu’à la Chandeleur de l’année suivante. »

Qu’elle est jolie, cette coutume des crêpes. Le laboureur de France, qui bat sa farine pour en faire de légères pâtes dorées qu’il retourne avec soin afin que son blé de la moisson prochaine soit bon et dense, se doute-t-il qu’il rend, comme le firent ses ancêtres perdus dans la nuit des siècles, un hommage à la blonde Cérès ? Que de traditions de ce genre dans nos mœurs et qui — devenues inexplicables aujourd’hui — subsistent encore, en dépit des années et des révolutions ! Il y a l’atavisme des coutumes comme il y a l’atavisme des tempéraments, des caractères et de la chair.

Depuis que la Chandeleur existe, il y a eu des parties de crêpes homériques. Nous en connaissons du temps de Henri II et aussi du XVIIIe siècle qui seraient toutes intéressantes à raconter. Citons seulement cet exemple qui doit, il le faut, passer à la postérité :

Avant de partir pour la campagne de Russie, Napoléon, fêtant la Chandeleur, faisait une partie de crêpes. Arriva son tour de « tenir la queue de la poêle ».

— Si je retourne celle-ci, dit-il, je gagnerai la première bataille !

Et la crêpe se retourna ronde comme une lune.

— Si je retourne cette autre, je gagnerai la deuxième !

Et encore la crêpe tournoya comme un louis d’or. La troisième fit de même ; quant à la quatrième, comme un torchon boueux, elle roula dans la cendre. Celle-là, c’était la Bérézina ! Peut-être, durant l’incendie de Moscou, qui éclairait ses premiers revers, l’empereur se rappela-t-il la quatrième crêpe du palais des Tuileries.

Dans nos campagnes, on fait encore bénir le jour de la Purification un cierge neuf. On l’allume et on essaie de le rapporter « tout clairant » à la maison : s’il ne s’éteint pas, c’est un heureux présage, et celui qui le tient est sûr de ne pas mourir dans l’année.

Le cierge de la Chandeleur passe pour le plus précieux des talismans contre les sortilèges et les maléfices. Quand un animal domestique est malade, on fait couler trois ou quatre gouttes du cierge dans son breuvage. On l’allume pour conjurer la foudre lorsque l’orage gronde On l’allume aussi pour bénir les premiers communiants et les fiancés avant leur départ pour l’église : de même lorsque le prêtre vient administrer les derniers sacrements à un mourant.

La fête de la Chandeleur est aussi consacrée aux amoureux. Les jeunes filles et jeunes garçons qui veulent savoir ce que l’avenir leur réserve, font une neuvaine à la chapelle de la Vierge. Le dernier jour écoulé, le jeune homme, une fois endormi, verra en rêve celle qui sera son épouse, et inversement. Dans la Haute-Saône, les fiancés devaient se rendre, le 2 février, à la source la plus voisine pour y échanger des gâteaux. Toutes ces coutumes, dont le sens symbolique échappe souvent, remontent à la plus haute antiquité. Enfin, les proverbes nous affirment que, s’il fait beau le jour de la Chandeleur, l’hiver reprendra pendant quarante jours.