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vendredi 29 août 2025

« On ne respecte pas l'autorité parentale au Québec »

Des organisations opposées au contenu du programme de Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) ont distribué et déposé des lettres sur le pare-brise des voitures dans le stationnement de quelques écoles de Montréal, dont les établissements Sophie-Barat et Henri-Bourassa. 

Selon elles, le programme en question fait notamment la promotion de l’hypersexualisation des jeunes et l’idéologie de genre ce qui peut menacer la santé mentale des enfants.

Écoutez Jean-Léon Laffitte, vice-président de l’organisation Ensemble pour Protéger Nos Enfants, en discuter à Lagacé le matin jeudi.


Ces parents demandent au ministère de l'Éducation le retrait de tout contenu relatif à l'identité de genre à l'intérieur comme à l'extérieur du cours de culture et citoyenneté québécoise.

M. Laffitte, qui est également président de l'Association des parents catholiques du Québec, revendique le droit des parents de retirer leurs enfants des cours d’éducation sexuelle.

C'est l'autorité parentale et ça c'est très important. C'est reconnu par toutes les chartes internationales. C'est le parent qui a l'autorité ultime sur l'éducation de l'enfant, ce n'est pas le gouvernement, ce n'est pas les professeurs. Et au Québec, c'est très différent d'ailleurs où il y a des régimes pédagogiques multiples. Ici, il y a un monopole et on impose à tous les parents le même enseignement, que le parent soit d'accord ou pas. On ne respecte pas l'autorité parentale au Québec.


Jean-Léon Laffitte

 

Liens connexes

Recommandations pour renforcer la laicité : évincer les parents, imposer les églises, priver les écoles de subventions, lutter contre les organismes pro-vie ?

Critique de la définition du sexe dans un manuel approuvé par le ministère de l'Éducation du Québec

Parents catholiques et leurs inquiétudes par rapport au nouveau cours obligatoire de Culture et citoyenneté (CCQ)

 

Sortie d'un livre sur le cours d'éducation sexuelle du Québec (m-à-j)

Québec — Appel aux parents à retirer leurs enfants des cours de sexualité

dimanche 17 novembre 2024

Québec — Imposition du cours de la sexualité : théorie du genre, incitation au polyamour

Les témoignages des parents, l'un catholique et l'autre musulman (accompagné de son avocat) à partir de la 13e minute de l'émission complète (sur Vimeo):

L'extrait (sur YouTube) :


vendredi 25 octobre 2024

Retombées de la dérive islamiste à l'école publique Bedford — Le gouvernement continuera à financer la cinquantaine d’établissements semi-privés

Le gouvernement caquiste entend continuer à financer la cinquantaine d’établissements semi-privés très majoritairement chrétiens et juifs qui reçoivent chaque année environ 160 millions $ de l’État. La CAQ a d’ailleurs battu, jeudi à l’Assemblée nationale, une motion du Parti Québécois qui réclamait entre autres la fin de leur financement partiel par l’État, dans la foulée des dérives islamistes à l’école PUBLIQUE Bedford.

Le Premier ministre n’a rien contre les écoles privées catholiques créées jadis « par des membres du clergé ». « Selon nous, il n’y en a pas de problème avec ces écoles-là ! », a-t-il tonné.

François Legault accuse les partis d’opposition de vouloir ainsi couper les vivres à des établissements comme les collèges Brébeuf ou Notre-Dame à Montréal, ou les collèges Jésus-Marie ou François-de-Laval à Québec. Il estime cependant que le régime pédagogique doit être respecté.

« Les écoles privées religieuses sont financées à 60 % par le gouvernement, ça veut dire que le 40 % qui vient du privé, on le perdrait demain matin, donc il n’y en aurait pas d’économies ! », a insisté le Premier ministre.


Combien y a-t-il d’écoles religieuses ?

Le ministère de l’Éducation n’en a aucune idée, car les établissements ne sont pas classés selon leur statut confessionnel.

Il y a plus de 10 ans, un comité ministériel recensait 138 écoles religieuses (catholique, grecque orthodoxe, arménienne apostolique, évangélique, juive, musulmane, etc.). Il y a deux ans, une revue de Radio-Canada en dénombrait une cinquantaine : v
ingt-sept d’entre elles sont catholiques, 14 juives, quatre musulmanes, deux protestantes évangéliques, deux arméniennes et une grecque orthodoxe.

Dans ces écoles, la religion est enseignée au même titre que le programme d’enseignement officiel du Québec. La loi québécoise 21 sur la laïcité de l’État, qui interdit aux personnes en position d’autorité — y compris les enseignants — de porter des symboles religieux tels qu’un crucifix ou un hijab sur leur lieu de travail, ne s’applique pas à ces écoles.

Si certaines de ces écoles — comme le Collège Brébeuf à Montréal, fondé par l’ordre religieux des Jésuites — ont décidé de devenir laïques au fil des ans, d’autres, comme la Loyola High School à Montréal, ne l’ont pas fait et ont défendu leur droit d’offrir des cours religieux devant les tribunaux et ont obtenu gain de cause.

Il est faux de dire que ces écoles sont privées dans les faits le Monopole de l’Éducation du Québec y impose un grand nombre de contraintes : en commençant par un programme éducatif strict et parfois même une pédagogie (voir la victoire de Loyola en justice contre la « neutralité » que devait exercer l’école en parlant de la religion ou de morale).

Front laïciste commun de l’opposition

Péquistes, libéraux et solidaires font désormais front commun pour définancer les écoles confessionnelles au nom de la laïcité des établissements scolaires. C’est un changement de cap et une toute nouvelle position pour le Parti libéral du Québec, poussé dans cette direction par la députée Marwah Rizqy (d’origine marocaine).

On est en 2024… (et ?)

« Le PLQ a 157 ans et a toujours été un parti de son temps. Et on considère qu’on est rendus là en 2024 », a soutenu le chef intérimaire Marc Tanguay. Il reconnaît néanmoins que cette nouvelle position a engendré des discussions au sein du caucus.

Les partis d’opposition accusent François Legault de créer la confusion en faisant référence à des écoles comme le Collège Brébeuf, qui sont laïques depuis bon nombre d’années déjà.

Brandissant le rapport de la Commission consultative de l’enseignement [dit] privé, Gabriel Nadeau-Dubois a soutenu que le fameux cours Culture et citoyenneté québécoise (CCQ), si cher au gouvernement de la CAQ et qui a remplacé le cours d’Éthique et culture religieuse (ECR), n’était pas donné dans certaines de ces écoles, comme à l’école secondaire catholique Loyola. Cet établissement s’est rendu jusqu’en Cour suprême pour être exempté de l’obligation d’offrir le cours d’ECR. Ce programme est pourtant critiqué dans sa composante sexualité en dehors des cercles religieux…  Voir Critique de la définition du sexe dans un manuel approuvé par le ministère de l'Éducation du Québec

En début d’année, Québec a renouvelé le permis de l’école juive Belz d’Outremont, même si elle n’applique pas entièrement le programme éducatif québécois. L’établissement a donc encore droit à ses subventions publiques.

Le ministre responsable du Monopole de l’Éducation, Bernard Drainville, a promis de « vérifier » si toutes les écoles du Québec respectaient le régime pédagogique, comme elles se doivent de le faire. « Nous allons faire des vérifications pour s’assurer qu’ils enseignent [sic, recte : donnent] le cours CCQ et s’ils ne l’enseignent pas, ils devront l’enseigner », a-t-il ajouté.

Citations :

« Tant qu’on continue à subventionner les écoles privées religieuses, la déconfessionnalisation de l’école québécoise est inachevée. Le ministre de l’Éducation, qui a écrit la loi n° 118 il y a 25 ans, est ici avec nous aujourd’hui. Il est maintenant Premier ministre du Québec » — Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Doit-on comprendre qu’elles seront privées de subventions parce que tradition religieuse, mais que les écoles « athées » dites privées pourraient avoir des subventions ?

« Dans un Québec qui a fait beaucoup de débats sur la laïcité, qui a adopté une loi sur la laïcité, maintenant ça prend des gestes de cohérence pour compléter » —Le député péquiste Pascal Bérubé

« Toutes les écoles du Québec, qu’elles soient publiques, privées subventionnées ou privées non subventionnées, doivent enseigner le contenu du régime pédagogique et ça inclut le cours de Culture et citoyenneté québécoise » —Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville. Pourquoi ? Pourquoi pas un programme libéralement équivalent (ou meilleur) selon le choix des parents ?

Voir aussi
 
 
 
La HSLDA fait appel dans un dossier portant sur la notion de programme équivalent [Nouvel épisode dans la série, appareil éducatif du Québec juge et partie] 

mardi 15 octobre 2024

Critique de la définition du sexe dans un manuel approuvé par le ministère de l'Éducation du Québec

François Chapleau, professeur émérite de biologie, a écrit au ministère de l'Éducation afin de recommander des changements dans les manuels scolaires.

Dans sa lettre, il explique pourquoi la définition du "sexe" donnée est erronée. Il offre ce que pourrait être une définition scientifique du "sexe" pour le programme. Finalement, il critique le processus de vérification du programme du ministère.

Comme il s'agit d'un dossier d'intérêt public qui devrait intéresser tous les parents et élèves, il a rendu cette lettre publique.

Le 13 octobre, 2024

M. Martin Cléroux, directeur
Direction des ressources didactiques et des bibliothèques scolaires
Ministère de l’Éducation
1035, rue de la Chevrotière, 13e étage
Québec (Québec) G1R 5A5

Cher Monsieur,

Merci pour votre réponse du 30 juillet 2024[1] à ma lettre du 23 mai[2] au ministre de l’Éducation concernant la définition pseudoscientifique du mot « sexe »[3] dans le manuel de 5e année de la collection Passeport Citoyen de la maison ERPI pour le programme Culture et citoyenneté québécoise (CCQ).

Dans votre réponse, vous avez indiqué que le manuel concerné était encore en cours d’approbation ce qui sous-entendait que la version controversée de la définition du mot « sexe » n’était pas approuvée.

Vous avez également écrit que : « Le programme [CCQ] a été approuvé au terme d’un processus de vérification rigoureux impliquant de nombreux experts des domaines de référence en éducation, en philosophie et en sociologie. » [Aucun en biologie...]

Les manuels de la série Passeport Citoyen ont finalement été approuvés le 2 septembre 2024. La définition du mot « sexe » a été modifiée et correspond maintenant à la nouvelle définition du programme CCQ[4]. Le sexe serait une : catégorie qui répartit la population entre femmes et hommes à partir de caractéristiques physiologiques.

Malheureusement, cette définition n’a aucun lien véritable avec la réalité du sexe dans le monde vivant (incluant l’humain). On n’y indique même pas son rôle fondamental dans la reproduction. Il semble donc que vous n’ayez pas de véritable expert en sciences naturelles ou en biologie dans votre équipe de vérification. C’est une grave omission et cela invalide votre processus de vérification sur ce sujet.

1. Critique de la définition du mot «sexe » du programme CCQ

La définition de « sexe » en tant que « catégorie », nécessite l’ajout d’un qualificatif et une explication puisqu’une catégorie peut prendre plusieurs formes[5]. Le sexe est une catégorie « biologique » qui s’appuie sur une propriété universelle de la reproduction sexuée (par rapport aux autres modes de reproduction) qui est : la fusion de deux gamètes de tailles distinctes pour former un nouvel individu[6]. Cette réalité doit être communiquée aux élèves.

En plus d’être anthropocentrique (il y a plus d’un million d’espèces à reproduction sexuée), le fait d’indiquer que le sexe « répartit la population entre hommes et femmes » est tout simplement faux. Le sexe ne « répartit » rien, il est au cœur du processus de production de mâles et de femelles (c’est-à-dire, la reproduction sexuée). Et puisqu’il n’y a que deux sexes, il est toujours binaire. Ainsi, il aurait été préférable de dire que la catégorie « sexe » chez les humains est « constituée » de deux catégories d’individus, les mâles et les femelles, qui se distinguent, non pas par des « caractères physiologiques »[7], mais par une anatomie qui produira l’un ou l’autre des deux types de gamètes. Il s’agit donc ici de deux catégories bien délimitées, bien ancrées dans la biologie et le monde réel. Et, vous en conviendrez, nos enfants sont en droit d’avoir une éducation fondée sur la réalité.

Bien que dans des cas extrêmement rares, l’identification du sexe d’une personne peut être complexe, aucune anomalie du développement sexuel[8] et aucun enjeu social[9] ne peuvent remettre en question la réalité strictement binaire du sexe. Or, jamais le caractère strict de cette réalité n’est affirmé dans le programme CCQ, dans les manuels associés[10] ou dans le matériel connexe produit par des partenaires d’enseignement[11]. Ainsi, nulle part, les mots « femme » et « homme » ne sont définis. Cela invisibilise la réalité biologique de ces mots qui est pourtant importante dans nos sociétés (médecine, espace sécuritaire pour les femmes, sports féminins, éducation des enfants, etc.). Ces omissions sont indignes d’un programme qui prétend être ancré dans la réalité et l’esprit critique. Nos enfants méritent mieux.

2. Vers une définition scientifique du mot « sexe » pour le programme CCQ

Le sexe pourrait être défini comme suit[12] :

Sexe : terme lié au processus de formation d’un nouvel individu dans le cadre de la reproduction sexuée. Le sexe est « binaire » parce que la reproduction sexuée nécessite toujours deux types de gamètes de tailles distinctes pour la production, lors de la conception, d’un nouvel individu. Ainsi, 

  1. le sexe mâle correspond à l’individu (ou la structure[13]) dont l’anatomie a évolué pour la production de petits gamètes (spermatozoïdes ou pollen) et 
  2. le sexe femelle correspond à l’individu (ou la structure) dont l’anatomie (ou la structure) a évolué pour produire de gros gamètes (ovules, ovocytes ou œufs).

Note : Il n’existe pas de 3e type de gamète ou de 3e sexe.

Chez l’humain, 

  • la trajectoire développementale mâle ou femelle est déterminée à la conception, par l’assemblage des chromosomes sexuels provenant des deux gamètes[14]. 
  • une fois le sexe déterminé chez un humain, la trajectoire développementale de l’autre sexe est activement inhibée[15], 
  • l’appartenance à un des deux sexes est définitive et immuable, 
  • cette appartenance est inscrite dans chaque cellule du corps, 
  • cette appartenance fait partie de l’identité de chaque personne puisqu’elle a une influence sur les comportements et les attitudes, 
  • la femme est la femelle adulte de notre espèce, et 
  • l’homme est le mâle adulte de notre espèce.

Toutes les caractéristiques humaines ci-haut mentionnées du sexe se retrouvent chez les mammifères, sauf pour le nom commun des mâles et des femelles.

3. Revoir les volets sexualité et identité du programme CCQ

Peu importe les raisons qui ont mené à l’élaboration de la définition fautive du sexe dans le programme CCQ, rien ne peut justifier que nos programmes d’enseignement se dissocient de la réalité ou la transforment. Ceci est d’autant plus important que le déni de réalité pour un concept aussi fondamental que le sexe peut pousser des enfants vulnérables vers des questionnements inutiles et potentiellement délétères concernant leur identité.

Je vous demande donc de revoir immédiatement la définition du mot « sexe » dans le programme CCQ, et de vous assurer que l’identité sexuelle y soit expliquée de façon réaliste, positive et constructive en se fondant sur les données existantes. Ceci doit être fait non seulement dans le programme CCQ, mais aussi dans le matériel pédagogique (manuels et autres documents) lié au programme, incluant le matériel fourni par les partenaires d’enseignement concernés par ce sujet (regroupement, associations, etc.).

Quant au caractère « rigoureux » de votre processus de vérification, permettez-moi de douter de son efficacité, car dans le cas du « sexe » vous avez permis que des éléments transformateurs de notre rapport avec le monde réel s’incrustent dans le programme. La population est en droit d’exiger qu’un organisme dont la responsabilité est de veiller sur la qualité de l’éducation de nos enfants fasse un meilleur travail.

Pour le moment, le lien de confiance avec le ministère sur ce sujet est brisé. J’espère qu'il saura rectifier la situation.

Je demeure disponible pour répondre à vos questions.

Veuillez agréer, monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

François Chapleau
Professeur émérite
Département de biologie
Université d’Ottawa
Ottawa, Ontario.
+
(Résident de Cantley, Qc)

Cc: Bernard Drainville, ministre de l’Éducation
Comité de sages sur l’identité de genre

Références

[1]Réponse du ministère de l’Éducation (30 juillet) https://dropbox.com/scl/fi/ecpgnqr3k4vi78dedj6qn/Lettre-M.-Chapleau.pdf?rlkey=puypbc8swgez5qrck5lf9jckd&dl=0

[2] Lettre du 23 mai : https://dropbox.com/scl/fi/vztermda35j9nx781piyu/Lettre-au-min.-Drainville.pdf?rlkey=ymo3sfnnc71gpx8l74r477nv1&dl=0

[3] La définition précédente du mot sexe dans le Passeport Citoyen était : catégorie sociale déterminée à la naissance à partir de certains critères comme l’observation des organes sexuels externes.

[4] https://education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/education/jeunes/pfeq/CCQ-Programme-Primaire.pdf (p. 59)

[5] La version précédente de la définition du sexe du programme CCQ indiquait qu’il s’agissait d’une catégorie « sociale ». Enlever le qualificatif « sociale » de la définition n’exclut pas que la catégorie soit interprétée comme étant « sociale », alors que cela est faux.

[6] Il s’agit de l’anisogamie https://larousse.fr/dictionnaires/francais/anisogamie/3611

[7] L’utilisation de l’expression « caractères physiologiques » suggère implicitement que l’identification des mâles et femelles serait liée à des traits qui montrent une certaine variabilité. Ceci impliquerait que la définition des sexes serait arbitraire (c-à-d, une construction sociale), alors que c’est faux.

[8] Voir la vidéo « Le sexe est réel et binaire : 2. Les personnes intersexes n'invalident pas la binarité sexuelle » https://youtu.be/nI9lvjxPFQU Transcription (avec réf.) sur http://lesexeestbinaire.com

[9] Ce sujet est traité dans les 2 vidéos suivantes de la série « Le sexe est réel et binaire » : Le sexe n'est pas un continuum https://youtu.be/giCZ2zWmnz8 ; Le sexe n'est pas une construction sociale https://youtu.be/-MM0krDt6MI Transcription (avec réf.) sur http://lesexeestbinaire.com

[10] Girard, M.-C. et F. Chapleau. Analyse des manuels didactiques de l’élève Culture et citoyenneté québécoise sous les angles de la rigueur scientifique et du droit des femmes à l’égalité. Étude déposée au Comité de sages sur l’identité de genre; au ministère de l’Éducation du Québec; au Secrétariat à la condition féminine et Conseil du statut de la femme. (Octobre 2024)

[11] Girard, M.-C. et F. Chapleau. Analyse des ressources et outils liés aux stéréotypes sexuels et à l’identité de genre de la Boîte à outils SansStéréotypes. Étude déposée au Comité de sages sur l’identité de genre, au Secrétariat à la condition féminine, au Conseil du statut de la femme et au ministère de l’Éducation du Québec. (Juin 2024)

[12] Sur ce sujet, voir la vidéo : Le sexe est réel et binaire : 1. Importance, définition et controverses Lien : https://youtu.be/k7z5RQa4ucI Transcription (avec réf.) sur http://lesexeestbinaire.com

[13] Chez la plupart des animaux, un individu sera mâle ou femelle (gonochronisme). Il y existe d’autres systèmes sexuels (trad. libre de « sexual systems ») beaucoup plus rares et qui ne se retrouvent pas chez les mammifères. Ainsi, chez les poissons, on retrouve des espèces qui sont des hermaphrodites séquentiels, c’est-à-dire qu’ils changent de sexe durant leur vie (p. ex. poissons clowns) ou des hermaphrodites simultanés qui portent les deux sexes et qui sont même capables d’autofécondation (p. ex., killi des mangroves). Mais, peu importe le système d’organisation du sexe; il sera toujours binaire.

[14] Il n’est certainement pas assigné à la naissance.

[15] Biason-Lauber A. WNT4, RSPO1, and FOXL2 in sex development. Semin Reprod Med. 2012 Oct; 30(5):387-95.Le 13 octobre, 2024

M. Martin Cléroux, directeur
Direction des ressources didactiques et des bibliothèques scolaires
Ministère de l’Éducation
1035, rue de la Chevrotière, 13e étage
Québec (Québec)
G1R 5A5


Table des matières du manuel approuvé de 5e année de la collection Passeport Citoyen de la maison ERPI pour le programme Culture et citoyenneté québécoise (CCQ). Le manuel reprend de vastes pans du programme ECR sur le dialogue, la diversité, le vivre-ensemble, la transition écologique (tout cela très politiquement correct).

Voir aussi

L'idéologie LGBTQ/trans dans le nouveau cours de culture et citoyenneté québécoise

Le rôle des femmes dans les religions selon le livre ECR d’ERPI pour la 2e secondaire

Canada — cinq femmes anthropologues bannies d'un colloque pour « transphobie »

Pour le gouvernement québécois, le sexe est une catégorie sociale, la biologie abolie (2023, extraits du programme ci-dessous) :

France -- Le ministère n'approuve pas les manuels. « Seul le régime de Vichy s’est permis cela. » (contrairement au Québec...)

Table ronde sur le matériel pédagogique ECR

Conférence du « politburo » du Monopole de l'Éducation du Québec (rencontre avec le personnel du Bureau d'approbation du matériel didactique, BAMD)

ECR — Dix ans plus tard, le ministère considère corriger les manuels qu'il a pourtant approuvés

 

 

 

mercredi 9 octobre 2024

France — Proposition de loi visant à rétablir le droit à l’instruction à la maison

Emmenés par Marie-France Lorho, les députés RN ont déposé une proposition de loi visant à rétablir le droit pour les parents à instruire leurs enfants à la maison. Dans l’exposé des motifs, les députés soulignent que la liberté d’instruction est consacrée par la loi du 28 mars 1882 relative à l’enseignement primaire obligatoire, qui disposait en son article 4 que
l’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, âgés de six à quatorze ans révolus ; elle peut être donnée soit dans les établissements d’instruction primaire ou secondaire, soit dans les écoles publiques ou libres, soit dans les familles
Cette loi encourageait ainsi la nécessité d’instruction des enfants et non nécessairement leur scolarisation.

Le Code de l’éducation en reprenait d’ailleurs les termes, disposant au premier alinéa de son article L. 131‑2 que :
L’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix
D’un régime de déclaration à un régime d’autorisation

L’instruction en famille (ou plutôt à domicile) concerne essentiellement les enfants les plus jeunes, de 3 à 11 ans. Ainsi, 85 % des enfants instruits à domicile le sont au cycle primaire (de 3 à 11 ans) contre 13 % au niveau du collège et 2 % au niveau du lycée. Comme le soulignait la proposition de résolution n° 3742 (XVe législature) invitant le Gouvernement à proposer un moratoire sur la modification législative de l’instruction en famille,
les raisons de recourir [à l’instruction à domicile] sont nombreuses : elle peut être un moyen de répondre aux difficultés d’adaptation de l’enfant, un moyen de répondre aux contraintes géographiques auxquelles peuvent être confrontés les parents, une façon de moduler l’enseignement à un choix potentiel de l’enfant (pratique sportive de haut niveau). Dans certains cas, l’instruction à la maison permet d’éviter à l’enfant d’être confronté au harcèlement scolaire ; il arrive que les enfants ne parviennent pas à s’adapter à un environnement scolaire qui leur est hostile.
Pourtant, à l’occasion de l’examen de la loi n° 2021‑1109 du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, le gouvernement a souhaité restreindre cette liberté, créant un arsenal de conditions pour pouvoir exercer ce droit. Dans sa section 21, la loi limite ainsi l’instruction en famille à des autorisations assorties de motifs particuliers, à l’image de l’état de santé de l’enfant ou l’éloignement géographique éventuel de la famille. L’instruction en famille est ainsi passée d’un régime de déclaration à un régime d’autorisation, transition validée par le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État [organismes aux décisions parfois politisées, voir notamment la partialité du président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius dans le cadre des politiques sur l'immigration].

Une restriction excessive et inadaptée dans un contexte scolaire dégradé


Depuis la rentrée de septembre 2022, les possibilités d’avoir recours à l’instruction en famille ont donc été réduites. À l’heure où 29 % des personnels de l’éducation « ne trouvent plus de sens à ses missions », où 30 % sont en état de fatigue avancée et 17 % en proie à la colère (baromètre UNSA Éducation, cette décision apparaît déraisonnable. Car si l’on en croit le Conseil d’État, le « projet du Gouvernement pourrait conduire, selon les indications de l’étude d’impact, à scolariser obligatoirement plus des trois‑quarts des enfants actuellement instruits en famille », ce qui engendrerait une sollicitation accrue desdits personnels. Le coût généré par l’inscription d’élèves supplémentaires au sein de l’Éducation nationale constitue par ailleurs une charge non négligeable pour l’État.

Comme cela avait également été souligné dans la proposition de résolution susmentionnée, « le caractère arbitraire des conditions d’éligibilité pour instruire au sein de sa famille [du] projet de loi [est contestable] : pour l’heure, comment l’administration compte‑t‑elle distinguer les familles aptes à enseigner des autres ? Sous couvert de lutte contre le radicalisme islamiste, le gouvernement entend priver près de 30 000 enfants d’une instruction au sein de leur famille alors même que l’enquête de MM. Dominique Glasman et Philippe Bongrand dans la Revue française de pédagogie soulignait que « les connaissances actuelles ne permettent en rien d’affirmer [que les familles radicalisées pratiquant l’instruction à la maison] seraient prépondérantes parmi les familles qui instruisent hors établissement… ». Dans cette perspective, Jean‑Baptiste Maillard, secrétaire général de Liberté éducation, soulignait en février 2022 que : « seulement 0,09 % de ces enfants font l’objet d’une injonction de rescolarisation et aucune pour radicalisation ou séparatisme». Les critères excessifs employés pour disqualifier l’instruction en famille des modes d’instruction soulèvent, notamment dans un contexte scolaire particulièrement dégradé, des interrogations comme des réticences légitimes de la part des familles attachées à cette liberté, dont il faut s’interroger sur la nature fondamentale.

Une liberté fondamentale, un mode d’instruction satisfaisant


L’instruction à domicile constitue un mode d’apprentissage aux résultats satisfaisants. Si l’on en croit les rapports de la Direction générale de l’enseignement scolaire, cités par M. Maillard, auteur de L’école à la maison : une liberté fondamentale :
plus de 98 % des enfants instruits en famille satisfont les attendus du socle commun de connaissances
Par ailleurs, cette liberté comporte une dimension d’ordre fondamental que le Conseil d’État avait déjà relevé. Celui‑ci indiquait que « l’instruction des enfants au sein de la famille, institué par la loi du 18 mars 1882 » pourrait relever d’un principe fondamental (décision n° 77‑87 DC du 23 novembre 1977) reconnu par les lois de la République, autonome ou inclus dans la liberté de l’enseignement. La décision n° 406150 du Conseil d’État indiquait à cet égard que le
principe de la liberté de l’enseignement, qui figure au nombre des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, implique la possibilité de créer des établissements d’enseignement, y compris hors de tout contrat conclu avec l’État, tout comme le droit pour les parents de choisir, pour leurs enfants, des méthodes éducatives alternatives à celles proposées par le système scolaire public, y compris l’instruction au sein de la famille
Par ailleurs, l’article 2 du Protocole additionnel à la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales que la France a ratifié le 3 mai 1974 stipule que :
Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction. L’État, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques.
Cet article du traité engage donc la France à respecter le droit pour les parents d’assurer l’instruction de leur enfant.

Conclusion

L’instruction à la maison constitue un mode d’instruction satisfaisant : ayant de longue date fait ses preuves, ce système fonctionnel n’a pas fait l’objet de contestations sérieuses permettant de le remettre en cause. Les articles de cette proposition de loi visent donc à rétablir le système antérieur et permettre aux parents qui le souhaitent d’instruire leurs enfants au sein de leur foyer. L’article 4 entend conserver la valorisation des acquis de leur expérience professionnelle pour les personnes déclarées comme dispensant cette instruction.
 

Voir aussi

Ce n’est pas aux législateurs de décider ce qui est bon pour les enfants, c’est aux parents  

Instruction en famille : un couple de Gilets jaunes assume sa désobéissance civile

France — Aucun lien avéré entre « séparatisme » et instruction à la maison 

L’enseignement à domicile a doublé au Canada entre 2019 et 2021  

France — Des propositions de loi pour restaurer la liberté d’instruire à la maison vont être déposées  (2023)

Les centres d’apprentissage libre, dits « écoles démocratiques », se multiplient depuis trois ans ; le gouvernement cherche à légiférer [Québec] 

France — Victoire pour la liberté scolaire devant le tribunal administratif de Toulouse

France — Chute de 9100 à 4000 des nouveaux enfants instruits en famille 

France, instruction à domicile : des décrets beaucoup trop restrictifs

mercredi 4 septembre 2024

Le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise reproduit les tares du cours Éthique et culture religieuse (ECR)

Un texte de Mathieu Bock-Côté paru dans le Journal de Québec :

Pascal Bérubé vient de sonner l’alarme: le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise, qui a pris le relais du cours Éthique et culture religieuse (ECR), semble reproduire ses tares.

On s’en souvient, le cours ECR est devenu un objet de polémique permanent lorsqu’on a compris qu’il avait surtout pour fonction d’imposer une propagande multiculturaliste aux étudiants québécois.

Ce cours poussait les jeunes Québécois à embrasser aveuglément les accommodements raisonnables, et à dédaigner leur propre culture.

D’ailleurs, ses théoriciens et concepteurs le reconnaissaient sans gêne: ils voulaient fragiliser la culture québécoise pour la rendre plus ouverte à la «diversité».

Idéologues

Autrement dit, à défaut de convaincre les adultes de la vertu de l’idéal diversitaire, on allait l’imposer aux enfants, plus facilement manipulables.

Je suis de ceux qui ont applaudi la disparition d’ECR.

Je note toutefois que dans le discours public, c’est la trop grande place accordée dans ce cours à la religion qui motivait son rejet. On lui reprochait d’avoir une vision sans nuance, trop positive, presque bigote, du fait religieux.

Si je rappelle tout cela, c’est que cela n’est pas sans lien avec les problèmes du cours qui l’a remplacé.

Certes, on a congédié les excès religieux du cours Culture et citoyenneté québécoise. [Le cours ECR supprimé était foncièrement relativiste en matière religieuse, mettant sur un pied d'égalité, les contes de Noël [Le Noël des souris dans un des manuels], les légendes autochtones, l'islam et le christianisme.

Pour l’avocat Me Mark Phillips qui a plaidé en Cour suprême sur le sujet, ECR est tout sauf un cours d’histoire des religions. En réalité, le programme ECR interdit de donner un tel cours :

Ainsi, le programme ECR interdit de présenter les religions de manière séquentielle et linéaire, mais prescrit qu’elles doivent être présentées en juxtaposition entre elles et avec des êtres mythiques et surnaturels. Ce qui ne veut pas dire, en passant, que tous les professeurs suivent ces prescriptions.
]


Mais on y a globalement recyclé tout le contenu idéologique d’ECR, tout en l’adaptant aux temps présents.

On y a même fourgué la fameuse référence à la discrimination «systémique» à laquelle François Legault s’était courageusement opposé en 2020 – on parlait alors de racisme systémique.

De même, il sert à normaliser des concepts absurdes comme celui du sexe assigné à la naissance, comme si un médecin, à la naissance de l’enfant, ne constatait pas son sexe, mais le décrétait arbitrairement. Ce nouveau cours normalise la théorie du genre.


Pour ce manuel de CCQ, le sexe est assigné à la naissance et associé à un genre. Cahier d'apprentissage de 1re secondaire, éditions CEC, 2024, à Anjou (Québec)

En fait, nous dit à sa façon Bérubé, le cours Culture et citoyenneté québécoise vire dans le wokisme.

Ce qui nous rappelle une chose simple: le ministère de l’Éducation, au Québec, mais ailleurs aussi en Occident, ne cherche pas à transmettre une culture et un patrimoine de civilisation.

Il veut faire de l’école le laboratoire à partir duquel construire une société multiculturaliste, néo-socialiste, écologiste radicale, honteuse d’être occidentale.

Les enfants sont ici des cobayes. Autrement dit, les idéologues du ministère, alliés aux idéologues déguisés en savants universitaires, se contrefichent de ce que veut le gouvernement du Québec. Ils ont construit un cours qui permet la poursuite d’ECR par d’autres moyens.

Le ministère de l’Éducation mène une politique qui n’a jamais été approuvée par la population et ses élus. C’est le cas d’autres ministères aussi.


Technocratie

On doit aussi nommer les agences bureaucratiques de l’État, comme la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui maquillent derrière la promotion des «droits» la promotion de l’idéologie diversitaire, en plus d’imaginer des discriminations partout.

Les Québécois, avec leurs impôts, paient d’immenses structures technocratiques qui se sont donné pour mission de les endoctriner.

D’un point de vue démocratique, il serait indispensable de sortir de ce piège.

[Il faudrait déjà simplement rendre ce cours optionnel... et rendre la liberté aux écoles surtout celles privées...]

Voir aussi
 

mercredi 1 novembre 2023

Québec : la guerre contre l'école privée est une guerre injuste

Ci-dessous un texte de Mathieu Bock-Côté qui rappelle quelques principes de base. Pour ce carnet, il est regrettable que le Parti québécois ait encore cédé à sa volonté étatiste populiste de gauche en cherchant à « conventionner » (nationaliser dans les faits) les écoles dites privées. Notons que les écoles privées, au Québec, le sont en fait très peu : elles doivent notamment enseigner le programme du public, y compris dans leur pédagogie, c’est ce qui a opposé le collège Loyola au Monopole de l’Éducation. La sélection qu'on leur reproche peut-être une excellente chose: s'imagine-t-on une école de musique qui accepte le tout venant ? Enfin, il existera toujours un écrémage ne fût-ce que géographique, les écoles des quartiers cossus regrouperont des enfants de parents nantis. Le public ferait mieux de relever son niveau, ses exigences et sa discipline de manière interne sans vouloir aspirer le privé qui parvient à mieux s’en sortir.

On a reparlé de l’école privée ces derniers jours, dans le cadre du Conseil national du Parti Québécois.  

Et chaque fois, on en parle de la même manière, comme s’il s’agissait d’une institution problème, fondamentalement illégitime, qu’il faudrait mater et faire rentrer dans le rang.

C’est une erreur, et une grave erreur, et cela, encore plus quand l’école publique s’effondre à grande vitesse, et ne parvient plus à transmettre les savoirs élémentaires, et ne sait pas non plus transmettre la culture.

L’école privée se présente alors à la manière d’une bouée de sauvetage.

Comportement

On reproche à l’école privée de sélectionner selon le comportement des élèves et selon leur profil scolaire — autrement dit, selon leurs notes. 

C’est pourtant sa plus grande vertu.

D’abord pour le comportement. Brisons ce tabou : l’école paie cher le prix de l’inclusion à tout prix des élèves à problèmes dans les classes. 

Les élèves turbulents condamnent les professeurs à faire de la discipline à temps plein — une discipline qu’ils n’ont même pas le droit de faire, car s’ils faisaient preuve de la moindre manifestation d’autorité, on les accuserait de brutaliser les élèves.

Dans un monde normal, on mettrait les élèves à problèmes dans une classe à part et on cesserait de les transformer en fardeau pour tous ceux qui veulent enseigner et apprendre calmement.

De même, il est normal que l’école privée sélectionne selon les notes. Elle cherche ainsi à créer un environnement d’excellence.

Bouée de sauvetage

Je précise qu’elle n’est pas parfaite.

Mais elle offre, redisons-le, une bouée de sauvetage alors que le système scolaire public coule devant nous. Il serait immoral de lui compliquer la vie.

J’ajouterais même qu’elle devrait servir d’exemple au public, où tant de professeurs se démènent admirablement, malgré un système éducatif qui les empêche de faire leur métier.

Nous en sommes loin. 

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Réaction à « Près de 75 % des Québécois contre le financement public des écoles privées »

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L’école privée ferait épargner 4452 $ par élève au Trésor public québécois

Éducation : les variables non significatives (notamment les dépenses par élève) et la variable pertinente (la qualité)

 « Les écoles privées, c’est pour les riches »

vendredi 28 avril 2023

Québec — Résister au corporatisme des facultés en éducation

Un texte d’Antoine Robitaille paru dans le Journal de Québec.

À quelque chose, malheur est bon.

Puisqu’il manque quelque 1000 enseignants dans nos écoles, on va valoriser le savoir et les connaissances.

Je m’explique : nos écoles sont pleines de « NLQ », dont je vous ai déjà parlé. Ces profs étiquetés « non légalement qualifiés » (NLQ), puisqu’ils n’ont pas complété la voie royale vers le métier : quatre ans dans une faculté des sciences de l’éducation.

L’ennui : une bonne partie des NLQ ont déjà (au moins) un baccalauréat [licence en Europe] dans une discipline donnée. S’ils peuvent exercer le métier, c’est qu’ils se trouvent sous le coup d’une « tolérance d’enseignement » renouvelable une fois par décennie.

Mais ils ne seront jamais admissibles au fameux brevet d’enseignement, à moins qu’ils fassent une « maîtrise qualifiante » de 60 crédits, qui peut prendre deux ans à temps plein et plus longtemps à temps partiel.

Après avoir enseigné plus de 15 ans avec une « tolérance », un lecteur enseignant m’a écrit il y a quelques mois qu’il était enfin devenu « légal » il y a 4 ans, grâce à une telle maîtrise.

Il se disait « particulièrement amer » d’avoir été contraint de débourser « près de 10 k » afin de se former à un métier qu’il exerçait depuis 15 ans… « sans sécurité d’emploi ».


Voie rapide

La pénurie devenant plus aiguë, le ministre Drainville a demandé, en janvier, aux universités de développer des passerelles en pédagogie de 30 crédits. Tous ses prédécesseurs avaient malheureusement refusé cette solution qui tombe sous le sens.

Vous avez un bac en français, mathématiques, anglais, histoire, géographie, etc., etc. ? Vous complétez ce parcours court (les 30 crédits) et vous voilà admissible au brevet.

La Téluq, dont tous les cours sont à distance, est toutefois la seule université (sur 13 candidates potentielles) qui a jusqu’à maintenant proposé un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) pour les niveaux préscolaire et primaire. Il sera disponible dès l’automne 2023. Le ministre Drainville souhaite étendre ce type de solution au niveau secondaire.

Résistance

Mais la résistance est forte. Fin mars, Jean Bélanger, le président de l’ADEREQ (Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l’étude et la recherche en éducation au Québec) déclarait : « On pense que le programme n’est pas suffisant pour obtenir le brevet d’enseignement. »

Dans Le Devoir hier, des professeurs de l’UQAM aussi s’élevaient contre les passerelles « Drainville » : « Diminuer les attentes de formation pour répondre à une crise à court terme […] ne constitue certainement pas une solution durable au double problème de la qualité de l’enseignement et de la constitution d’une solide relève enseignante. »

Les mots peuvent être trompeurs.

Permettre aux personnes diplômées dans une discipline d’accéder plus facilement au métier d’enseignant, est-ce vraiment diminuer « les attentes » ?

Au contraire, n’est-ce pas rendre le métier plus attrayant à des personnes possédant de solides formations disciplinaires ? Ça me semble être une manière de valoriser le savoir, les connaissances. Ceux qui appuient la solution des 30 crédits le soulignent. Souvent, ce sont des voix émanant du « terrain ».

Les universités, qui décernent des diplômes dans tous les domaines, devraient résister à la résistance émanant des départements de sciences de l’éducation. Et le ministre Drainville devrait insister pour persister dans cette voie.


Voir aussi

Des professeurs autrement qualifiés

Québec — Les intérêts du ministère et des syndicats au centre du système scolaire ?

On se rappellera cette histoire rapportée dans Le Devoir d’un excellent prof de latin qui, lui aussi, n’était pas qualifié au sens de la Loi. Il avait dû renoncer à son poste et enseigner le latin à son successeur qui ne le connaissait pas ou peu, mais qui détenait le diplôme nécessaire en pédagogisme. La chose avait même ému Josée Boileau dans le Devoir qui dénonçait « un incroyable salmigondis administratif, goutte d’eau qui s’ajoute à un parcours fait d’obstacles syndicaux et bureaucratiques qui ne peuvent faire rire que dans les films de Denys Arcand ou un épisode des Bougon. » 
 
 
 
 
Le vague à l’âme des pédagogos (bouh, on conteste partout leur réforme, pourtant ils sont des experts)
 
Suède — La baisse du niveau scolaire en partie imputable à l’immigration ? (pénurie d’enseignants à cause de l’afflux d’immigrés qui nécessitent plus de ressources que les Suédois de naissance)
 
 

mercredi 18 mai 2022

Google : la Loi sur les nouvelles en ligne donnerait au gouvernement fédéral une « influence sans précédent »

La vice-présidente et directrice générale de Google Canada, Sabrina Geremia, a averti lundi dans un long article que le projet de loi C-18 — également connu sous le nom de Loi sur les nouvelles en ligne — donnerait au gouvernement fédéral « de nouveaux pouvoirs étendus » pour réglementer le contenu des nouvelles. Extrait du communiqué de Google sur la Loi sur les nouvelles.

La loi sur les nouvelles en ligne donnerait aux régulateurs une influence sans précédent sur les nouvelles.

Le projet de loi donne au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de nouveaux pouvoirs sans précédent pour réglementer tous les aspects de l’industrie canadienne de l’information. Le CRTC serait chargé de déterminer qui est un journaliste, ce qu’est une entreprise de presse éligible et combien d’argent sera versé à chaque entité — des décisions bien au-delà de son expertise en tant qu’organisme de réglementation de la radiodiffusion. Il superviserait et régirait toutes les négociations entre les éditeurs de nouvelles et les entreprises technologiques, y compris la fixation de conditions obligatoires, tout en résolvant tout litige en résultant et en ayant le pouvoir d’imposer des sanctions. Le projet de loi donnerait également au CRTC un pouvoir pratiquement illimité d’exiger des informations des plateformes et des entreprises de presse.

En fin de compte, le CRTC aurait un pouvoir énorme lorsqu’il réglementerait les nouvelles sur lesquelles les Canadiens comptent, avec peu ou pas de freins et contrepoids.

Google n’est pas la seule entreprise à avoir publiquement dénoncé l’intention du gouvernement Trudeau de réglementer les nouvelles en ligne. Meta (anciennement connu sous le nom de Facebook) et Twitter ont également qualifié la législation de « défectueuse ».

Le projet de loi C-18 obligerait, par exemple, les agrégateurs internet à payer pour les liens vers des nouvelles. Le CRTC appliquerait la négociation obligatoire, surveillerait la conduite des parties impliquées et pénaliserait celles qui ne se conforment pas à ses règles.

Meta a récemment menacé de bloquer l’accès aux nouvelles au Canada sur Facebook si le gouvernement mettait ses plans à exécution.

« Pour faire bref, notre réponse est que nous continuons d’évaluer cette loi », a déclaré Rachel Curran, responsable des politiques publiques de Meta pour le Canada, aux parlementaires en avril. « Nous n’en connaissions pas la portée jusqu’à ce qu’il soit déposé très récemment. Je dirais que nous avons des préoccupations assez sérieuses.

En réponse à des lois similaires introduites par l’Australie l’année dernière, Meta avait mis fin à l’accès au contenu d’actualités sur Facebook. Cette décision a contraint le gouvernement australien à renégocier certaines parties de son régime de réglementation de l’internet. Le Canada a cité la législation australienne comme base sur laquelle ses propres lois proposées ont été fondées.

Source : Google

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Libéraux de Trudeau veulent davantage censurer le discours qui leur déplaît sur internet 

Le théologien Guilbeault s’embrouille dans sa volonté de bannir “la haine” de l’internet

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé 

Cour suprême du Canada — “toutes les déclarations véridiques” ne doivent pas “être à l’abri de toute restriction”   

Ingrid Riocreux sur les médias, les “vérificateurs de faits”, la pandémie, la censure  

Australie — Facebook cède, Google et Facebook passent des accords de rémunération avec divers médias australiens

mercredi 17 novembre 2021

« Culture et citoyenneté québécoise », de quelle culture parle-t-on ? (m à j)

À la suite de cette lettre ouverte, le ministère de l'Éducation (la Direction de la formation générale des jeunes) a voulu rassurer les Québécois catholiques :

Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez aux travaux entourant l’élaboration du programme d’études Culture et citoyenneté québécoise. Nous prenons note de vos commentaires et suggestions. Il est important de vous préciser que la réalité religieuse continuera d’être abordée comme un fait social, mais dans un ensemble plus vaste de phénomènes culturels et sociaux importants au Québec. La place prépondérante prise par la religion catholique dans l’histoire du Québec sera également considérée dans le programme en élaboration.


Billet originel du 9/XI/2021

Lettre ouverte de Monique Khouzam Gendron publiée dans le Journal de Montréal sur le nouveau programme « Culture et citoyenneté québécoise ». Notons d'abord que le « québécoise » est au singulier et ne s'applique donc grammaticalement qu'à la citoyenneté. Bien que le site du Monopole de l'Éducation du Québec souligne que : « Cet axe amènera l'élève à s’intéresser à la culture et à la comprendre, en mettant de l’avant la culture québécoise, celle qui définit notre société. »

M. le ministre de l’Éducation,

Permettez-moi de vous demander que, lorsque vous avez décidé de remplacer le cours « d’Éthique et culture religieuse » par celui de « Culture et citoyenneté québécoise », à quel type de culture vous faites référence? Pensez-vous réellement pouvoir faire abstraction de la culture intrinsèque d’un peuple en niant ses croyances d’origine religieuse?

Comment peut-on aborder les fondements de la société québécoise sans aborder sa croyance religieuse d’origine judéo-chrétienne, ses mœurs et coutumes, et les traditions qui y sont rattachées? Les valeurs que vous souhaitez implanter soit: le respect, la liberté d’expression, la liberté de conscience, les droits, les libertés et les responsabilités de chacun sont pertinentes en soi, mais elles émanent d’une certaine croyance religieuse que nous avons reçue en héritage et de laquelle on ne peut pas se dissocier.

Rejeter tout ce qui est religieux

Il existe présentement une certaine tendance, ou plutôt une tendance certaine, de rejeter tout ce qui est religieux. Il y a quelques années, on a supprimé de nos écoles les cours d’éducation religieuse pour les remplacer par des cours d’éthique et de culture religieuse, et maintenant, on cherche à faire disparaître le terme religieux de notre culture. Peut-on exclure réellement la culture des religions, tout au moins de ses origines? Peut-on exclure les religions d’une société, alors que les deux « Culture et Religion » témoignent de ce que nous sommes.

Au risque de vous contredire, monsieur Roberge, le dogme n’est pas une erreur en soi. L’erreur est de vouloir remplacer le dogme existant par un autre dogme sans repère qui s’appelle « dogme du relativisme » et qui peut favoriser l’individualisme et l’anarchie, aux dépens de valeurs et pratiques communes.

Oui, chacun a droit à son opinion, mais est-ce que toutes les opinions se valent, même celles qui manquent de raisonnement logique et de cohérence? N’est-ce pas contradictoire de vouloir promouvoir la liberté d’expression tout en censurant l’enseignement religieux et en étouffant à petites doses les connaissances religieuses?

Il y aurait lieu de se demander si le Québec est prêt à se défaire petit à petit de ses croyances, de ses valeurs sûres, de ses mœurs et coutumes, et de ses traditions basées sur ses origines judéo-chrétiennes et faire table rase de son histoire depuis des siècles au nom de la laïcité et la neutralité? À moins que ce soit intentionnel de vouloir redonner une autre image du Québec et de reconstruire une image basée sur une variété de « je pense que et je sais que », sur une vision à portée politique, en pensant ainsi régler les problèmes existants, car on n’a pas su les régler à la base.

Le respect des croyances

La vraie laïcité et la neutralité, ce n'est pas le rejet de tout ce qui est religieux, c'est au contraire le respect de la diversité des croyances des hommes et de la nécessité de les unir pour assurer leur coexistence, en établissant des règles communes visant l'intérêt général.

Pour ce qui est du dialogue et de la pensée critique, vous avez tout à fait raison. Ils devraient effectivement faire partie de toute formation de base d’un individu, mais pourquoi faut-il remplacer un cours par un autre au lieu de les juxtaposer?

Vouloir supprimer la culture religieuse des écoles est, à mon humble avis, une erreur en soi, car quelles que soient notre religion, nos origines, nos croyances, l’homme cherchera toujours un sens à la vie qu’il mène et se questionnera toujours sur le « d’où je viens et où je vais? » et aucun individu, ni programme, ni état, ni pays ne pourra l’en empêcher.

Monique Khouzam Gendron, Gestionnaire et bibliothécaire professionnelle


mercredi 29 septembre 2021

Guerre médiatique: YouTube supprime purement et simplement la chaîne allemande de RT (m à j)

Dans un communiqué de presse publié le 29 septembre, le régulateur russe des médias, Roskomnadzor, a exigé que la chaîne YouTube de RT en allemand, fermée par la plateforme la veille, soit de nouveau accessible sous peine de devoir prendre des mesures contre la firme américaine, et maison mère de YouTube, Google.

Dans le document, Roskomnadzor « exige la levée de toutes les restrictions des chaînes YouTube RT DE et Der Fehlende Part [La Pièce manquante, émission qui possède sa propre chaîne], gérées par le média RT, dès que possible ».

Selon l’autorité de régulation, un refus de Google serait une violation de la législation russe et constituerait une « atteinte aux droits et libertés fondamentaux de l’homme » pouvant déboucher sur un avertissement formel.

Autorité russe évoque un blocage total ou partiel de YouTube en Russie

« Dans le cas où le propriétaire de la plate-forme ne se conforme pas à l’avertissement, la législation nous permet de prendre des mesures, notamment en bloquant totalement ou partiellement l’accès à celle-ci », précise Roskomnadzor.

La veille, le ministère russe des Affaires étrangères avait dénoncé la suspension comme un « acte d’agression médiatique sans précédent » et de « manifestation de censure et d’oppression de la liberté d’expression ». Moscou a par ailleurs estimé que YouTube avait agi « avec l’assentiment évident, sinon sur l’insistance » des autorités allemandes.

Berlin a réagi, mettant en garde contre des représailles à l’égard de médias allemands. Le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, a assuré que l’exécutif allemand n’avait « rien à voir » avec ce blocage. « Quiconque appelle ou parle de telles représailles ne démontre pas un bon respect de la liberté de la presse », a-t-il ajouté.

Cité par Ria Novosti, Google a expliqué les raisons motivant la décision de la plateforme :

Sur YouTube, il y a des règles de la communauté claires qui énoncent ce qui est autorisé sur la plateforme […]. RT [en allemand] a reçu un avertissement pour le chargement d’un contenu qui violait notre politique sur les fausses informations médicales concernant l’infection au Covid-19. Cela a entraîné la suspension de leurs droits de publier des vidéos. Pendant la suspension des droits, les propriétaires des chaînes ont tenté de contourner les restrictions en utilisant une autre chaîne. En conséquence, les deux chaînes [RT en allemand et l’émission La Pièce manquante] ont été fermées pour violation des conditions d’utilisation de YouTube

Qualifiant d’« imaginaires » les règles d’utilisation dictées par YouTube, Margarita Simonian, rédactrice en chef monde de RT, a dénoncé une politique du deux poids, deux mesures : « En parallèle, les anti-vaccins, les terroristes et les fascistes de toutes sortes parlent tranquillement sur YouTube. »

 


Billet du 28 septembre

YouTube a bloqué l’accès au contenu de la branche allemande de RT, l’accusant de désinformation sur le Covid-19. La plateforme américaine semble avoir une dent contre les médias russes depuis plusieurs années.

YouTube continue à prêter le flanc aux accusations de censure. La plateforme de vidéos a en effet cessé d’héberger la branche allemande de Russia Today, ainsi que son programme Der Fehlende Part (« La pièce manquante », dans la langue de Goethe). Une suppression pure et simple, sans possibilité de restauration, a déclaré sur Telegram Dinara Toktosounova, responsable de la chaîne allemande. Laquelle tenait pourtant le haut du pavé sur YouTube pour les contenus en allemand. Elle était classée parmi les cinq plus populaires de la catégorie Actualité et politique, selon Tubular Labs, référence en matière de mesure d’audiences numériques.

La une du site de RT allemand traduite en français

 

YouTube a justifié sa décision en avançant que RT avait violé sa politique d’information sur les sujets liés au Covid. À la suite d’un premier bannissement, la chaîne a alors tenté d’émettre via un canal secondaire, a affirmé un porte-parole de YouTube au Deutsche Welle.

La rédactrice en chef de Sputnik et de Russia Today, Margarita Simonian, a réagi en condamnant la « guerre médiatique déclarée par l’État allemand à l’État russe ». Sur Twitter, elle a ironisé sur le tollé que provoquerait une telle décision si elle était prise côté russe.

« J’attends avec impatience que mon pays natal m’interdise de regarder Deutsche Welle ou d’autres médias allemands en Russie et ferme les bureaux d’ARD et de ZDF », a-t-elle déclaré.

Kyrielle d’« erreurs » techniques de la part de Google/YouTube

Ce n’est pas la première fois que YouTube s’en prend ainsi à RT. Fin mars, la plateforme avait déjà soulevé un tollé en interdisant temporairement l’accès à RT Arabic, suivi par 5,5 millions d’abonnés. Le géant américain avait par la suite rétropédalé en déclarant que ce blocage n’était « pas intentionnel » mais était survenu après les signalements d’un utilisateur.

En 2020, YouTube avait restreint neuf fois l’accès à des médias russes. Notamment en rendant impossible à consulter une allocution de Vladimir Poutine sur le Covid-19, retransmise par le diffuseur NTV. Google, propriétaire de la plateforme, avait là encore argué d’une « erreur ».

En avril dernier, le Service antimonopole russe (FAS) avait finalement décidé d’ouvrir une enquête. L’organisme estimait que la réglementation en la matière était « opaque » et pouvait donc contrevenir aux lois russes sur la concurrence.

 

Les manchettes de RT allemand traduites en français

 

Représailles de la Russie ?

La rédactrice en chef de RT, Margarita Simonyan, a qualifié la censure de YouTube de guerre médiatique contre la Russie, a souhaité que Moscou sanctionne les médias allemands ainsi que la plate-forme YouTube appartenant à Google.

Le ministère des Affaires étrangères russe a fait écho à ce sentiment, affirmant que des mesures de rétorsion semblent « non seulement appropriées, mais également nécessaires » à la lumière de tout ce qui s’est passé, et « le seul moyen possible pour amener les partenaires à  un dialogue constructif et significatif au sujet de cette situation inacceptable. »

Alors que l’appel de RT DE auprès de YouTube est à l’étude, a déclaré le ministère, le gouvernement russe élabore des mesures de rétorsion contre l’entreprise, ainsi que contre les médias allemands.

RT DE figurait parmi les cinq premières chaînes en langue allemande dans la catégorie Actualités et politique de YouTube, selon la base des données de Tubular Labs pour le mois d’août, avec plus de 600 000 abonnés et près de 547 millions de vues au total et 21,3 vues en juin 2021. Plusieurs banques allemandes ont refusé de faire affaire avec le diffuseur, et le Luxembourg a rejeté sa demande de licence de diffusion télévisée le mois dernier, dans un geste que la chancelière Angela Merkel a nié avoir été influencé par les pressions de Berlin.

jeudi 23 septembre 2021

Des professeurs autrement qualifiés


Depuis quelques jours, de nombreux articles traitent des enseignants « non légalement qualifiés » qui sont dans notre réseau scolaire. Julie Stea (ci-contre) croit qu’il faut arrêter d’avoir peur des professeurs « non légalement qualifiés » et les considérer comme des professeurs « autrement qualifiés ».
Sa lettre ouverte :

Ces derniers sont compétents, ont un parcours différent mais sont très bien qualifiés pour faire ce travail. Ils ont des diplômes universitaires dans des domaines pertinents et souvent beaucoup d’expérience auprès des jeunes.

Je suis moi-même une enseignante « non légalement qualifiée ». Le mot important ici est « légalement » et c’est, à mon avis, ce qui devrait changer.

Nous sommes découragés d’être perçus négativement par la population. J’ai plus de 20 ans d’expérience avec les jeunes, j’ai un diplôme universitaire, j’ai passé mon examen de français du premier coup avec une excellente note et j’adore ce travail ! Je me sens aussi compétente qu’une enseignante qualifiée avec le parcours traditionnel. J’ai beaucoup de facilité à travailler dans les écoles, j’ai d’excellentes relations avec les directions et, surtout, avec mes collègues qui préfèreraient de loin que je puisse continuer avec eux au lieu de me faire remplacer par une jeune étudiante sans expérience ! (Rien contre l’étudiante, elle va apprendre et acquérir de l’expérience comme tout le monde.)

Une solution à la pénurie

Monsieur le Ministre de l’Éducation, les universités ainsi que le système nous mettent des bâtons dans les roues pour rendre nos qualifications légales. À 47 ans, faire une maîtrise qualifiante (d’une durée de quatre ans à temps plein) me prendrait sept ans ! D’autres avant moi l’ont fait et c’est le temps que cela leur a pris : sept ans, car nous avons des familles et devons travailler en même temps. Si M. Roberge permettait aux enseignants « qualifiés autrement » (qu’on appelle les « non légalement qualifiés ») de bénéficier de certaines équivalences, d’être évalués sur le terrain, de rendre légales et valides leurs qualifications et surtout leur expérience, d’une autre façon qu’avec la maîtrise qualifiante, alors il n’y aurait plus de pénurie dans le domaine de l’éducation !

D’ailleurs, il y a seulement quelques années de cela, il était possible d’être légalement qualifié en ayant terminé des études universitaires dans un domaine précis (par exemple : histoire, géographie, physique, musique, etc.) et en faisant ensuite une mineure ou un certificat de 30 crédits en éducation. Depuis quand et pourquoi n’est-il plus possible de cheminer de cette façon ? Pourquoi ce changement et à qui profite-t-il ?

Ceux qui ont déjà un diplôme universitaire ont quatre ans ou plus d’études dans leur champ. Ils acquièrent encore plus de connaissances que ceux qui ont un parcours traditionnel. Ce n’est pas logique de leur demander encore quatre ans d’études pour une maîtrise qualifiante.

Pensez-vous que ces gens diplômés et passionnés par leur domaine vont vouloir se tourner vers l’éducation si on leur impose encore quatre ans d’étude ? La conséquence est néfaste, nous perdons ces passionnés qui sont souvent les meilleurs pour captiver et transmettre leur passion à nos jeunes.

Nous sommes nombreux dans cette situation, à avoir les compétences adéquates, et nous ne demandons qu’à être légalement qualifiés. J’ai même dû faire la passation de la classe que je souhaitais cette année, et où j’étais l’an dernier, à une jeune qui sortait directement de l’université. La directrice a même appelé les ressources humaines pour essayer de me garder dans l’équipe. C’est moi qui ai ouvert la classe cette année les deux premières semaines. Lorsque le poste a été accordé à ma successeure, je suis restée une journée avec elle (j’ai vu toutes les lacunes dues à son manque d’expérience) et l’ai aidée à se familiariser avec les jeunes, les parents, le fonctionnement de l’école, etc.

La direction et mes collègues auraient bien aimé que je puisse conserver le poste. Moi, encore plus. Tout cela nous donne vraiment l’impression que nous n’avons aucune valeur, mais ce n’est pas le cas ! Ma valeur, je la connais, mes collègues de travail la connaissent, les parents des élèves auxquels j’ai enseigné la connaissent, les élèves eux-mêmes la connaissent et même la direction de l’école où j’étais la connaît… Mais sur le plan administratif et aux yeux de la population, nous, les « qualifiés autrement », on ne vaut rien. Cela doit changer car malheureusement, la société québécoise perd de très bons professeurs qui sont compétents et qui adorent le métier.

En espérant que ce message reçoive une écoute et apporte un changement dans la façon dont nous sommes perçus, nous, les « non légalement qualifiés ».

Voir aussi 

Québec — Les intérêts du ministère et des syndicats au centre du système scolaire ?

On se rappellera cette histoire rapportée dans Le Devoir d’un excellent prof de latin qui, lui aussi, n’était pas qualifié au sens de la Loi. Il avait dû renoncer à son poste et enseigner le latin à son successeur qui ne le connaissait pas ou peu, mais qui détenait le diplôme nécessaire en pédagogisme. La chose avait même ému Josée Boileau dans le Devoir qui dénonçait « un incroyable salmigondis administratif, goutte d'eau qui s'ajoute à un parcours fait d'obstacles syndicaux et bureaucratiques qui ne peuvent faire rire que dans les films de Denys Arcand ou un épisode des Bougon. »

samedi 24 juillet 2021

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j'ai créé

Si vous êtes jamais allé sur Internet, il est fort probable que vous ayez déjà consulté Wikipédia. C’est le cinquième plus grand site Web au monde, attirant près de 6,1 milliards de lecteurs par mois et sert d’aide-mémoire pour presque tous les sujets dans le monde. L’influence de l’encyclopédie en ligne est si grande qu’elle est le plus grand et « le plus lu ouvrage de référence de l’histoire », avec pas moins de 56 millions d’éditions.

Mais la vérité sur ce fournisseur d’informations censément neutres est un peu plus complexe. Historiquement, Wikipédia a été écrit et surveillé par une communauté de bénévoles qui collaboraient et arbitraient les conflits entre des présentations concurrentes soumises par des rédacteurs, eux aussi bénévoles.

Cet arbitrage entre les idées, cette bataille d’idées selon le cofondateur de Wikipédia Larry Sanger, qui avaient lieu sur la plate-forme Wikipédia a constitué un élément crucial dans la promesse de neutralité de l’encyclopédie. Selon Sanger, cet engagement de neutralité a été abandonné après 2009. Dans les années qui ont suivi, sur des questions allant de la Covid à Joe Biden, elle est devenue de plus en plus partisane, épousant principalement un point de vue politiquement correct qui confine de plus en plus à la « propagande ». C’est, dit Sanger, la raison pour laquelle il a quitté l’organisation Wikipédia en 2007, le décrivant comme « irréparable ».


La traduction automatique est disponible (lancez la vidéo, appuyez sur la molette en bas à droite de la vidéo, puis Sous-titres, puis Traduire automatiquement et enfin choisir français).

Sur le parti pris de gauche de Wikipédia :

Il est impossible de citer le Daily Mail [journal populaire de droite]. Vous ne pouvez pas non plus citer Fox News sur des questions sociopolitiques. C’est interdit. Alors qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que, si une controverse n’est pas reprise par les grands médias de centre-gauche, elle n’apparaîtra pas plus sur Wikipédia.

LARRY SANGER

Sur la Covid :

Si vous regardez les articles de Wikipédia, vous pouvez simplement voir comment ils répètent simplement le point de vue du Conseil économique mondial, du Forum économique mondial, de l’Organisation mondiale de la santé, du CDC et de divers autres porte-parole de l’ordre établi comme Fauci — les articles de Wikipédia emboîtent le pas de ces sources autorisées… On fait respecter au niveau mondial un certain point de vue, ce qui est étonnant pour moi, étonnant pour un libertaire ou un conservateur épris de liberté.

LARRY SANGER

Dans quels autres domaines que la politique. cette vision de l’ordre établi se manifeste-t-elle ?

La médecine orientale est essentiellement appelée charlatanisme de manière dédaigneuse, assez critique, etc. C’est fait, apparemment sans aucun scrupule. Ensuite, en ce qui concerne le christianisme, l’angle adopté sur le christianisme est libéral et on le trouverait dans les principales confessions protestantes et le catholicisme libéral par opposition au point de vue de type fondamentaliste qui croit en la Bible.

LARRY SANGER

Comment les entrées Wikipédia sont-elles déformées :

Il existe des sociétés comme Wiki PR, où des rédacteurs et des éditeurs rémunérés se connectent à Wikipédia et en modifient les articles. Il existe peut-être un moyen de faire fonctionner un tel système, mais pas si on ne connaît pas le nom de ces personnes payées n — elles sont en fait censées s’identifier par leur nom et déclarer « nous représentons cette entreprise » s’ils sont officiellement enregistrés auprès d’une sorte de société qui rédige des articles sur Wikipédia. Mais ils ne sont pas forcés de le faire.

LARRY SANGER

Pourquoi cela se produit-il ?

Parce qu’il y a beaucoup d’influence. Wikipédia est maintenant connu de tous pour avoir beaucoup d’influence dans le monde. Il on assiste donc à un jeu très important, sale et complexe qui se joue dans les coulisses pour faire dire à l’article ce que quelqu’un veut qu’il dise.

LARRY SANGER

Sur le rachat par la Big Tech

Nous avons fait confiance à des médias comme Facebook, Twitter et YouTube avec nos données, et leur avons essentiellement permis de conquérir le monde des médias. C’est notre liberté et notre vie privée que nous leur avons confiées et qu’ils ne pourraient, en gros, pas nous faire taire. Mais ils nous ont, en substance, poignardés dans le dos.

LARRY SANGER

Pourquoi la neutralité est-elle importante ?

On a besoin des outils pour réfléchir à un problème… Lorsque nous essayons d’obtenir des informations de base pour comprendre un sujet, nous ne voulons pas nous laisser guider par le nez, n’est-ce pas ? Nous sommes des individus libres qui veulent nous faire notre propre opinion.

LARRY SANGER

Détruire l’autonomie intellectuelle pour assurer l’avènement de l’utopie progressiste ?

Exemples d’articles partiaux de Wikipédia relevé par Larry Sanger. L’analyse est du cofondateur de Wikipédia.

Les scandales autour de Biden et de sa famille

Le président Biden a fait face à deux scandales potentiellement dévastateurs qui ont éclaté lors des élections de 2020. Il a facilement échappé à ces scandales. L’un concernait l’Ukraine et l’autre les relations commerciales louches que Hunter et son père auraient eues avec une société contrôlée par le gouvernement chinois. La question qui divisait les républicains et les démocrates ici, évidemment, était la suivante : y avait-il des preuves d’actes répréhensibles ? Tous les républicains au niveau national ne pensaient pas que les scandales valaient la peine d’être évoqués, mais certains l’ont certainement fait et une grande partie de la base républicaine en a parlé. Les démocrates, quant à eux, ont essentiellement serré les rangs, ont refusé d’évoquer ces scandales potentiels et refuser de discuter des problèmes soulevés. Lorsqu’ils l’ont fait, ils ont généralement simplement tout nié en bloc.

Un traitement neutre de ces nombreuses accusations déroutantes ne devrait pas laisser l’impression que Biden était coupable de quoi que ce soit. Mais cela ne le disculperait pas non plus de toutes les charges portées contre lui. Au contraire, un traitement impartial présenterait suffisamment de détails quant aux les accusations et aux prétendues preuves en ne laissant rien d’important de côté ; puis il présenterait en détail comment Biden a été défendu par les démocrates et ses alliés. C’est le moins qu’on puisse s’attendre à trouver dans un traitement neutre sur des scandales. Est-ce là ce qu’on lit sur Wikipédia ?

Le scandale de la famille Biden en Ukraine

Pas du tout. On peut consulter quelques articles pertinents, d’abord sur le scandale ukrainien. Dans la section « Campagne électorale » de l’article de Wikipédia sur Biden, il y a deux paragraphes expliquant les allégations (les notes de bas de page et les liens ont été supprimés de cette citation) :

En septembre 2019, on a signalé que Trump avait fait pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’il enquête sur les actes répréhensibles présumés de Biden et de son fils Hunter Biden. Malgré ces allégations, en septembre 2019, aucune preuve n’avait été produite d’actes répréhensibles de la part des Biden. Les médias ont largement interprété cette pression pour enquêter sur les Biden comme une tentative de nuire aux chances de Biden de remporter la présidence, entraînant un scandale politique et la destitution de Trump par la Chambre des représentants.

À partir de 2019, Trump et ses alliés ont faussement accusé Biden d’avoir fait limoger le procureur général ukrainien Viktor Chokine parce qu’il était censé mener une enquête sur Burisma Holdings, qui employait Hunter Biden. Biden a été accusé d’avoir retenu 1 milliard de dollars d’aide à l’Ukraine dans cet effort. En 2015, Biden a fait pression sur le parlement ukrainien pour retirer Chokine parce que les États-Unis, l’Union européenne et d’autres organisations internationales considéraient Chokine comme corrompu et inefficace, et en particulier parce que Chokine n’enquêtait pas avec assurance sur Burisma. La retenue de l’aide d’un milliard de dollars faisait partie de cette politique officielle.

Il s’agit, bien sûr et de façon patente, de blanchir unilatéralement Biden sur toute la ligne. Ces paragraphes dédaigneux ne permettent pas de comprendre les accusations portées contre Biden ; on y mentionne la suspension de l’aide par Biden, mais le contexte et les explications essentielles à l’affaire sont omis.

Quiconque connaît passablement le dossier sait que les accusations vont bien au-delà de ce qui est décrit par Wikipédia. Il n’y a rien ici sur le fait que la société ukrainienne de gaz naturel Burisma a payé au fils de Joe Biden, Hunter, environ 600 000 $ par an de 2014 à 2019 pour siéger au conseil d’administration, alors que celui-ci n’avait aucune expérience dans l’industrie, mais bénéficier uniquement d’être le fils du vice-président des États-Unis. Wikipédia a même la témérité d’affirmer que « Trump et ses alliés ont faussement accusé Biden d’avoir fait limoger le procureur général ukrainien Viktor Chokine, parce qu’il aurait censément mené une enquête sur Burisma Holdings, qui employait Hunter Biden ». Bien que la raison pour laquelle Biden a demandé le renvoi de Chokine ait été contestée, on ne peut nier que Biden ait exigé ce limogeage. C’est, en effet, Joe Biden lui-même qui l’a révélé — avec force fanfaronnades et rires — dans une vidéo célèbre d’une interview devant le Council on Foreign Relations. La vidéo, bien sûr, n’est pas tellement mentionnée par Wikipédia. Il n’y a pas non plus de mention à l’ordinateur portable de Hunter Biden qui avait défrayé la chronique et des preuves accablantes qu’il contient. 

Wikipédia a bien un article entier intitulé — et le titre en annonce le parti pris flagrant — « Théorie du complot Biden-Ukraine ». Il commence ainsi :

La théorie du complot Biden-Ukraine [en gras dans l’original] est une série d’affirmations non prouvées centrées sur la fausse allégation selon laquelle, alors que Joe Biden était vice-président des États-Unis, il s’est livré à des activités de corruption liées à l’emploi de son fils, Hunter Biden, embauché par de la compagnie gazière ukrainienne Burisma.

Il y a, bien sûr, un grand nombre de personnes qui pensent que les affirmations ne sont pas « fausses » et qu’ils ne s’agit pas d’une simple « théorie du complot ». Leur point de vue n’est pas présenté, mais rejeté d’emblée. L’article sombre à partir de là pour virer au règlement de comptes Trump, Rudy Giuliani et le New York Post, sans jamais vraiment exposer en détail les allégations contre les Biden. Wikipédia propose quelques détails supplémentaires dans une section de l’article de Hunter Biden — un point positif — mais là encore l’article se lit comme un mémoire tendancieux écrit par les propres avocats de la famille Biden. 

 

La famille Biden (Hunter et Joe en bout de table) en Chine

Les affaires chinoises de la famille Biden

À ce stade, les défenseurs de Wikipédia pourraient bien se rabattre sur leur idée que seules les « sources fiables » devraient et sont autorisées, et, fort à propos, aucune source fiable ne s’est penchée longuement sur la vidéo où Biden se vante du limogeage ou à l’ordinateur portable du fils Hunter mentionnés ci-dessus. 

« Ah !, pourriez-vous faire remarquer, mais on en parla beaucoup pendant un certain temps. Et Wikipédia a décidé, après examen, qu’il y avait une absence de source fiable. Et alors ? » La raison en est que les sources qui fournissent une couverture grand public des points de vue conservateurs, notamment Fox News, The New York Post et le Daily Mail (Royaume-Uni), ainsi que pratiquement toutes les nouvelles sources médiatiques conservatrices, qui sont aujourd’hui les seuls médias qui font des reportages sur de nombreuses sujets importants (mais peu politiquement corrects) ont tous été ajoutés à une liste de sources « déconseillées » quand elles traitent de l’actualité politique. Il ne s’agit pas d’une plaisanterie ni d’une exagération. Les sources favorables aux républicains, y compris les plus courantes, ne peuvent tout simplement pas être utilisées sur Wikipédia, même pas pour expliquer un point de vue républicain. [Larry Sanger en discute en détail dans la dernière section de cet article.]

Le scandale chinois de Biden est similaire. Il est traité de la même manière dans Wikipédia que celui sur l’Ukraine. Dans ce cas-ci, Hunter était directeur d’une coentreprise alliant une société américaine, Rosemont Seneca, dont Hunter était un partenaire, et Bohai Capital, une société d’investissements contrôlée par le gouvernement chinois. La coentreprise s’appelait BHR. Selon le témoignage explosif de Tony Bobulinski, un conseiller chevronné et partenaire d’affaires engagé par les Biden pour la gestion de certaines opérations en Chine, Hunter s’est arrangé pour que Jonathan Li, le PDG de Bohai Capital, « serre la main » de son père. Joe Biden était, selon Bobulinski, directement impliqué dans les transactions.  Le désormais président Joe Biden a toujours nié avoir quoi que ce soit à voir avec les négociations commerciales de son fils.

Interdire Fox News (ainsi que le Daily Mail et le New York Post) en tant que source relève du bon sens, prétend Wikipédia.
 

Outre l’entretien de Bobulinski, de nombreuses preuves provenant de l’ordinateur portable de Hunter Biden mentionné ci-dessus étayent ces accusations. Notamment un courriel qui indique que les frères Hunter et Jim Biden, ainsi que « le grand gars » — Bobulinski l’a identifié comme le désormais président Joe Biden — se verraient chacun attribuer des actions dans une entreprise commerciale avec le géant chinois de l’énergie CEFC.

Est-ce qu’on retrouve certaines de ces informations sur le scandale chinois de Biden, même manipulées et tendancieuses, dans l’article de Wikipédia sur Joe Biden ? Non. Au moment d’écrire ces lignes, cet article ne contient pas un seul mot sur les accords chinois, Rosemont Seneca, Tony Bobulinski, l’ordinateur portable ou le CEFC. « Mais, diriez-vous, ne peut-on trouver des informations ailleurs sur Wikipédia à ce sujet ? » Oui, un peu. La majeure partie se trouve à nouveau dans l’article sur Hunter Biden qui dresse un portrait aussi élogieux que possible de Hunter, malheureuse victime des « fausses accusations » de Trump (ces mots précis et méprisants sont bien utilisés dans l’article Wikipédia).

Encore une fois, l’histoire est bien plus complexe que l’article de Wikipédia ne le fait croire. Le fait est que les scandales liés aux Biden divisent profondément le peuple américain. Une ressource idéologiquement neutre expliquerait les arguments et accusations de chaque camp de manière complète et équitable. Elle laisserait au lecteur le soin de se faire sa propre opinion. Est-ce ce que fait Wikipédia ? Non. Wikipédia est clairement partial. Vous pourriez sans doute soutenir que c’est le seul côté légitime ; mais c’est aussi ce que les idéologues disent le plus souvent de leurs opinions. Ce que vous ne sauriez affirmer sérieusement c’est que le traitement par Wikipédia des scandales liés à Biden est neutre. Wikipédia prend grossièrement parti.

Voir aussi

Article de Larry Sanger sur la partialité croissante de Wikipédia avec exemples (en anglais)

Joe Biden — pour que les enfants de 8 ans puissent décider d’être transgenres

Biden signe décret qui permet aux étudiants nés hommes de concourir chez les femmes s’ils se sentent femmes

 

Biden se vante d’avoir été arrêté pour intrusion illégale dans le Capitole à 21 ans

Capitole, la police prête à coopérer pacifiquement ? « Restez pacifiques et calmes » (vidéo) 

 

Joe Biden en colère quand on l’interroge sur ses conflits d’intérêts

Éric Zemmour : « Quand Joe Biden et le pape François jouent contre les évêques américains »

Cabinet de Joe Biden regorge de catholiques en rupture avec l’enseignement catholique sur des questions fondamentales 


La Grande Purge : Rumble poursuit Google/YouTube, Telegram gagne 25 millions d’abonnés en 3 jours, GoDaddy (partenaire d’Amazon) ferme site, Parler hors ligne (sans hébergeur) poursuit Amazon 

Le cas de Bret Weinstein (PhD en biologie, ancien professeur d'Evergreen college) et de l'article qui lui est consacré sur Wikipédia