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mercredi 16 octobre 2024

Kamala Harris et ses cinq années d'adolescence passées à Montréal (m à j)

Dans un long profil hagiographique sur Kamala Harris, le Washington Post ajoute ces détails:

Le gouvernement du Parti québécois de René Lévesque prit le pouvoir en 1976, l'année même où la mère de Kamala Harris déménagea à Montréal pour y travailler à l'université McGill. Le Washington Post note qu'en 1978, la Westmount High School [dans la banlieue très cossue anglophone de Westmount], où Harris était inscrite, accueillit un important contingent d'élèves noirs à faible revenu, dont les écoles de langue anglaise allaient fermer leurs portes.

En tant que personne d'origine noire et indienne, sans parler de son statut d'étrangère aux États-Unis, Mme Harris serait devenue la cible d'insultes raciales.

« Elle a été victime de brimades dans une certaine mesure », a déclaré Jamie Ward, un camarade de classe de Westmount, au journal, tout en refusant d'entrer dans les détails. « Je ne répéterais jamais cela. Moi-même étant biracial, c'est nuisible et blessant ».

Mais le journal affirme que Kamala Harris aurait été endurcie par les épreuves. « La vie quotidienne dans le Montréal de la fin des années 1970 et du début des années 1980 a montré à Kamala Harris les conséquences concrètes d'une profonde division politique, tandis que les éruptions de conflits à son école secondaire lui ont fait comprendre la réalité du racisme auquel elle serait confrontée en tant que femme biraciale », écrit le quotidien.

L'article se poursuit : « Harris affina ses premiers instincts politiques alors qu'elle affrontait les brutes du lycée et une atmosphère politique en ébullition, émergeant, selon ses camarades de classe, comme une étudiante confiante et populaire au-delà des lignes raciales. »



Billet du 23 juillet

Kamala Harris, dans son livre Nos vérités : Mon rêve américain (2019), fait largement l’impasse sur ses années passées à Montréal, où elle a terminé ses études primaires avant de faire son secondaire à la Westmount High School. Non seulement la native d’Oakland expédie-t-elle son expérience montréalaise en moins de 400 mots — dans un livre de 352 pages —, mais elle ne retient qu’un seul souvenir positif de son séjour québécois et aucun de son expérience à l’école secondaire de Westmount, dont elle ne mentionne même pas le nom.

« J’étais heureuse là où j’étais », écrit-elle après avoir raconté son enfance à Oakland, où sa mère d’origine indienne, divorcée de son père né en Jamaïque en 1938. Donald Jasper Harris est un économiste jamaïcain-américain et professeur émérite à l'université Stanford.

« Mais quand j’étais [en sixième année, en 1976], nous avons dû partir. Ma mère s’était vu offrir une occasion unique à Montréal : enseigner à l’Université McGill et poursuivre ses recherches [sur le cancer du sein] à l’Hôpital général juif. C’était une étape excitante dans la progression de sa carrière. Ce n’était pas, cependant, une occasion excitante pour moi. J’avais 12 ans, et l’idée de quitter la Californie ensoleillée en février, au milieu de l’année scolaire, pour aller dans une ville étrangère d’expression française ensevelie sous 12 pieds de neige m’était pour le moins pénible. » [12 pieds = 3,65 mètres, devenus 12 cm dans un article du 17 août 2020 du Monde... C'est inexact. Il tombe en réalité en moyenne un peu plus de 2 mètres de neige par an à Montréal, mais comme la neige fond certains jours en hiver et se tasse, il n’y a jamais plus d’un mètre [102 cm] de neige au sol là où la neige n’est pas accumulée en congères, souvent beaucoup moins.]

Sa mère, la doctoresse Shyamala Gopalan Harris, titulaire d’un doctorat en endocrinologie et nutrition de l’Université de Californie à Berkeley, a passé 16 ans à Montréal, à l’Hôpital général juif et à la Faculté de médecine de l’Université McGill. Mme Gopalan Harris est décédée en 2009. La famille a habité une maison victorienne sur l’avenue Grosvenor.

L’impression d’être une cane (coin, coin) à l’école francophone

Selon Kamala Harris, le choc du déracinement a été d’autant plus grand que sa mère, Shyamala, a insisté pour que sa sœur cadette Maya et elle aillent à l’école primaire Notre-Dame-des-Neiges, fréquentée par des petits Montréalais francophones.

Elle écrit : « Cela a été une transition difficile, étant donné que le seul français que je connaissais venait de mes cours de danse, où madame Bovie, ma professeure de ballet, criait : “Demi-plié, and up !” J’avais l’impression d’être un canard, car durant toute la journée à notre école, je répétais : “Quoi ? Quoi ? Quoi ?” »

Sa mère a mis fin à ses difficultés linguistiques en la transférant dans une école anglophone.

Passage par une école artistique

Kamala Harris et sa jeune sœur Maya ont fréquenté la FACES (Fine Arts Core Elementary School) en 1977-1978 (et peut-être pendant une partie de l’année scolaire précédente, 1976-1977). Harris est alors en huitième année.

Comme l’école accueillait seulement les élèves jusqu’à la 8e année à l’époque, les élèves étaient ensuite obligés de changer d’école. Plusieurs d’entre eux, parmi lesquels Kamala Harris, se retrouvèrent à l’école secondaire de Westmount.

Harris se plaignait de ses cours de français

Kamala Harris fréquenta l’École secondaire de Westmount de 1978 à 1981. L’école secondaire de Westmount (en anglais Westmount High School), est une école secondaire publique située dans le quartier très aisé de Westmount, au Québec. L’école a été construite en 1961.

Kamala Harris, au centre en chemisier blanc et veste beige, photographiée en 1981 avec ses camarades de classe à l’école secondaire de Westmount

Selon le New York Times, « ses amis d’enfance se souviennent d’une jeune femme sûre d’elle, qui manifestait des velléités de militantisme, trouvait une affirmation culturelle dans son identité noire et se plaignait du cours de français. »

Cégep anglophone

Kamala Harris a également brièvement fréquenté le Cégep anglophone Vanier l’année suivante en 1982. Le cégep correspond à un collège pré-universitaire et post-secondaire. La première année du cégep correspond à la terminale du lycée en France.

Nostalgie des États-Unis dans son livre lancé pour sa candidature à la présidence des États-Unis

 « Au moment d’arriver au secondaire, je m’étais adaptée à notre nouvel environnement […] Ce à quoi je ne me suis jamais habituée, c’est le sentiment de nostalgie pour mon pays », écrit Kamala Harris avant d’enchaîner sur sa décision inéluctable de faire ses études universitaires aux États-Unis, où elle a d’abord fréquenté l’Université Howard, surnommée la Black Harvard, avant de s’inscrire à l’École de droit Hastings de l’Université de Californie.

Kamala Harris relie à son éducation auprès des amis militants de sa mère à Oakland sa seule anecdote positive concernant son séjour à Montréal. « Un jour, Maya et moi avons organisé une manifestation devant notre immeuble pour protester contre le fait que les enfants n’étaient pas autorisés à jouer au soccer sur la pelouse. Je suis heureuse de rapporter que nos demandes ont été acceptées », écrit-elle.


Kamala parmi ses camarades de promotion en 1981 (livre des diplômés de l’école). Elle y dit la nostalgie persistante pour son pays natal, quand elle cite encore « la Californie » au rang de ses « meilleurs souvenirs », mais elle témoigne aussi des bons moments vécus, en confiant que son passe-temps préféré est de « danser avec la bande des six, les Midnight Magic » — une troupe de danse montée avec cinq copines, qui se produit dans des maisons de retraite ou dans des galas de collecte de fonds.

Kamala Harris est la descendante d'un propriétaire d'esclaves irlandais en Jamaïque

Des recherches menées par un historien irlandais révèlent que l'ancêtre du vice-président américain, Hamilton Brown, propriétaire d'esclaves, est né dans le comté d'Antrim en 1776.

Mme Kamala Harris est la fille de Donald J. Harris, né en Jamaïque, et de Shyamala Gopalan Harris, originaire d'Inde.

Des recherches généalogiques menées par l'historien nord-irlandais Stephen McCracken ont révélé que le quadruple arrière-grand-père paternel de Mme Harris, Hamilton Brown, est né dans le comté d'Antrim en 1776, l'année de la Déclaration d'indépendance des États-Unis.

Brown a émigré en Jamaïque, alors colonie britannique, et est devenu un propriétaire d'esclaves enthousiaste dans les plantations de sucre qui constituaient le pilier de l'économie de l'île. Il s'opposa à l'abolition de l'esclavage dans tout l'Empire britannique en 1832 et se rendit à Antrim pour remplacer ses esclaves par des travailleurs de son comté natal.

Il a donné son nom à Brown's Town en Jamaïque et est enterré à l'intérieur de l'église anglicane St Mark, qu'il a construite avec ses propres fonds.

Le père de Mme Harris, professeur émérite d'économie à l'université de Stanford, a reconnu le passé esclavagiste de sa famille dans un article publié dans un journal jamaïcain en 2018. Curieusement, sa mère s'appelle Finegan. Les ancêtres irlandais du président Joe Biden s'appellent également Finegan (Finnegan).

Donald Harris a écrit : « Mes racines remontent, de mon vivant, à ma grand-mère paternelle, Miss Chrishy (née Christiana Brown, descendante de Hamilton Brown, dont on sait qu'il était propriétaire de plantations et d'esclaves et fondateur de Brown's Town) et à ma grand-mère maternelle, Miss Iris (née Iris Finegan, agricultrice et éducatrice, originaire d'Aenon Town et d'Inverness, dont l'ascendance m'est inconnue).

« Le nom Harris vient de mon grand-père paternel, Joseph Alexander Harris, propriétaire terrien et exportateur de produits agricoles (principalement du piment ou du quatre-épices), qui est décédé en 1939, un an après ma naissance, et qui est enterré dans la cour de la magnifique église anglicane construite par Hamilton Brown à Brown's Town (et où, enfant, j'ai appris le catéchisme, j'ai été baptisé et confirmé, et j'ai servi en tant qu'acolyte) ». 

La mère indienne de Kamala Harris et son père professeur d'économie d'origine jamaïcaine

Burnard, qui a écrit un livre sur le surveillant d'esclaves jamaïcain Thomas Thistlewood, nous dit que si le père de Kamala Harris dit qu'il est un descendant d'Hamilton Brown, « je serais enclin à le croire ».

Il ne serait pas inhabituel que Kamala Harris ait « un certain héritage de propriétaire d'esclaves », a déclaré M. Burnard. « Ce serait tout à fait normal pour les membres de la classe moyenne jamaïcaine, en particulier l'élite éduquée, d'où vient Kamala Harris.

Jessian Prince, que l'arbre généalogique identifie comme la mère de Miss Crishy et qui serait donc l'arrière-arrière-grand-mère de Kamala Harris, figure sur les registres de naissance et de décès en tant qu'« ouvrière ». Selon M. Zoellner, les travailleurs de la Jamaïque à cette époque étaient presque toujours « des personnes d'origine africaine, enfants et petits-enfants de personnes asservies qui avaient été libérées en 1838 ».

Voir aussi

Ce groupe de discussion composé de femmes du Wisconsin consulté par la chaîne MSNBC (plutôt démocrate) a été brutal envers Kamala Harris.

Elise Jordan : « Comment percevez-vous la vice-présidente Harris par rapport au président Biden en termes de compétence et d'expérience ? »
Groupe de discussion : « Je pense qu'elle est pire ».
« Elle ne sait même pas ce qui se passe à la frontière. Or, c'est ce qu'elle était censée faire. »

Elise Jordan : « Y a-t-il quelqu'un que Kamala Harris pourrait nommer vice-président et que vous trouveriez rassurant ? »
Groupe de discussion : « Je n'envisagerais jamais de voter pour elle. Je penserais à RFK Jr bien avant de voter pour elle ».

Elise Jordan : « Quand pensez-vous que l'Amérique aura une femme présidente ? »
Groupe cible : « Quand il y en aura une compétente ».
« Je ne la sens pas bien. »
« Je pense que c'est une idiote. »

Elise Jordan : « Pourquoi pensez-vous qu'elle n'est pas très intelligente ? »
Groupe de discussion : « Parce qu'elle n'a rien fait pendant le temps qu'elle a eu. Elle n'est pas très intelligente.»

Les origines indiennes de Kamala Harris :

Certificat de naissance de Kamala Harris (mère de race/couleur « caucasienne », père de race/couleur « jamaïcaine »)

jeudi 2 mai 2024

Inculture d'une étudiante américaine qui étudie en Argentine et choc racial

Une Américaine d'origine mexicaine qui a grandi en Californie du Sud part étudier en Argentine. Elle est choquée par tous les Blancs qu'elle rencontre à Buenos Aires qui "ressemblent à des Européens" et non à des Blancs américains... Quand elle se rend au Mexique, chaque année, elle ne voit pas de blancs, du moins où elle va au Mexique. Le sujet de la race étant tabou elle susurre plusieurs fois le mot « blanc », elle ne craint pas de dire normalement « afro-mexicains » ou des « bruns ».

Les États-Unis financent l'"éducation" à l'étranger de personnes qui ne sont même pas capables de consulter une encyclopédie sur l'endroit où elles se rendent.
Version plus longue:

mercredi 24 janvier 2024

Des allées de jouets unisexes sont désormais obligatoires dans les grands magasins californiens

Les allées de jouets non sexistes sont devenues obligatoires dans les grands magasins de la Californie, un État dirigé par les démocrates.

La loi, qui est entrée en vigueur au début du mois de janvier, s’applique aux magasins comptant au moins 500 employés dans cet État dirigé par les démocrates.

Les magasins qui refusent de s’y conformer se verront infliger une amende de 250 dollars américains pour une première infraction et de 500 dollars s’ils continuent à défier la règle.

En vertu de la loi, les magasins doivent disposer d’une allée « dans laquelle est présentée une sélection raisonnable d’articles et de jouets pour enfants qu’ils vendent, qu’ils aient été traditionnellement commercialisés pour les filles ou pour les garçons ».

Le projet de loi ajoute : « Séparer des articles similaires traditionnellement commercialisés soit pour les filles, soit pour les garçons, rend plus difficile pour le consommateur la comparaison des produits et implique à tort que leur utilisation par un sexe n’est pas appropriée ».

Les magasins pourront avoir des rayons de jouets séparés pour garçons et pour filles, ainsi que des espaces unisexes désormais obligatoires.

La loi a été adoptée en 2021 et signée par le gouverneur de l’État, Gavin Newsom.

« Nous devons laisser les enfants être des enfants »

La loi a été initialement présentée par Evan Low, législateur démocrate à l’Assemblée de l’État de Californie, qui a déclaré avoir été incité à agir par une enfant de huit ans qui se demandait pourquoi un magasin devait lui dire ce qui était un jouet ou une chemise de fille.

Des groupes chrétiens, tels que le California Family Council (CFC), ont critiqué ce changement.

« Nous devrions tous avoir de la compassion pour les personnes souffrant de dysphorie de genre », a déclaré Jonathan Keller, président du CFC.

« Mais les activistes et les législateurs de l’État n’ont pas le droit de forcer les détaillants à épouser les messages approuvés par le gouvernement sur la sexualité et le genre. C’est une violation de la liberté d’expression et c’est tout simplement inacceptable ».

Par le passé, M. Low a été coauteur d’un projet de loi autorisant le tourisme de « transition de genre », faisant de la Californie un « État sanctuaire » pour les enfants à qui l’on refuse une opération de changement de sexe ou une thérapie hormonale dans un autre État.

Des États conservateurs comme le Texas ont interdit ces procédures, arguant qu’elles s’apparentent à de la maltraitance d’enfants.

jeudi 22 juin 2023

Californie — manifestation anti-LGBT à l'école de Glendale

Le 20 juin, un rassemblement anti-LGBT a eu lieu devant le siège du district scolaire unifié de Glendale à Glendale, en Californie. Des contre-manifestants se sont également rassemblés sur place, et la police pouvait être vue déployée dans la zone pour éviter les affrontements. Parents inquiets de la « propagande LGBT » contre activistes inquiets d'une « Amérique blanche suprématiste décomplexée et fasciste »...


dimanche 16 octobre 2022

Société métissée — Le New York Times craint la perpétuation du racisme malgré la minorisation des blancs

Charles McRay Blow (né le 11 août 1970) est un journaliste, commentateur et éditorialiste américain pour le New York Times et analyste politique actuel pour MSNBC.

Pour Charles McRay Blow, dans un article d’opinion publié par le New York Times, alors que les États-Unis deviennent moins blancs, la suprématie blanche pourrait simplement se muer en une suprématie « plus pâle », dans laquelle les personnes à la peau plus claire (comprendre y compris les Hispaniques) perpétuent un racisme anti-noir modifié plutôt que de l’éliminer.

Traduction de son article :

J’ai une théorie sur l’avenir de l’Amérique que je ne veux pas voir se réaliser.

C’est une théorie qui m’inquiète et sur laquelle j’ai déjà écrit : avec le brunissement de l’Amérique, la suprématie blanche pourrait simplement être remplacée par — ou renforcée par — une forme de suprématie « pâle », dans laquelle les personnes à la peau plus claire perpétuent une version modifiée du racisme anti-noir plutôt que de l’éliminer.

Les commentaires racistes révélés cette semaine provenant d’un enregistrement de dirigeants latinos à Los Angeles — trois membres du conseil municipal et un dirigeant syndical — n’ont rien fait pour apaiser ces craintes.

Dans les enregistrements, la présidente du Conseil, Nury Martinez, qui a démissionné de son poste de président du Conseil lundi et a démissionné du Conseil mercredi, a fait les commentaires les plus flagrants. Elle a insulté les gens de la manière la plus grossière et la plus racialement offensante, comparant le fils noir d’un collègue à un singe et semblant insulter les Oaxaca — des gens de la région disproportionnellement amérindienne d’Oaxaca au Mexique — en les qualifiant de « petites personnes foncées et courtes » qui sont « laides ». »

Mais ce qui me dérange le plus, c’est le tribalisme racial, ethnique de ses calculs politiques. Après tout, l’enregistrement est celui d’une réunion sur le redécoupage électoral décennal de la ville. Il s’agit d’une réunion portant sur le pouvoir politique et sur comment aider ou nuire à l’élection de certains selon le découpage des districts électoraux.


 

Dans l’enregistrement, lorsque l’ancien président de la Fédération du travail du comté de Los Angeles, Ron Herrera, dit : « Je suis sûr que Katz et son équipe ont un programme », se référant à l’ancien membre de l’Assemblée d’État Richard Katz, qui est juif, Martinez répond que les Juifs « ont passé un accord avec South L. A. »

Plus direct, Martinez licencie un responsable en disant : « [juron] ce type… Il est avec les Noirs. »

Je ne veux pas suggérer que les personnes qui participent à cet appel sont représentatives de la société dans son ensemble, mais je comprends que la politique est un sport de contact et qu’elle divise les gens en groupes. Parfois, ces regroupements se font sur la vision des partis, leurs programmes. Parfois, ils tournent autour de choses plus fondamentales comme l’identité et la culture.

Pour être clair, je crois à la répartition représentative du pouvoir politique. Los Angeles est presque à moitié latino. Il devrait y avoir un pouvoir politique latino fort et décomplexé dans cette ville. En fait, la sous-représentation est un problème qui continue d’affliger la communauté latino.

Comme Paul Barragan-Monge, le directeur de la mobilisation de l’U.C.L.A. Latino Policy and Politics Institute, a expliqué cette semaine à propos du pouvoir hispanique en Californie : « Bien qu’ils représentent 39 % de la population de l’État, ils ne constituaient que 18,4 % des nominations au postes de direction dans le cabinet du gouverneur. »


Ce déséquilibre doit être corrigé. Le problème que pose cet enregistrement est que les personnes qui participaient à l’appel semblent voir le pouvoir parmi les électeurs de la ville comme un jeu à somme nulle, et dans ce jeu, ils ont ouvertement dénigré d’autres groupes en raison de leur identité.

Au lieu de s’allier avec d’autres groupes défavorisés, ils les ont rabaissés. Leur discussion était anti-noire, anti-autochtone, anti-juive.

Ils faisaient le travail de la suprématie blanche. Et pas parce qu’ils voient le pouvoir blanc comme étant le leur. À un moment de l’enregistrement, tout en discutant de la question de savoir si le membre du Conseil Mark Ridley-Thomas, qui est noir, continuera à être payé après son inculpation pour corruption, Martinez dit : « Ce n’est pas nous. Ce sont les membres blancs de ce Conseil qui vous [juron] en un claquement de doigts. »

Le racisme intraminoritaire [devenu majoritaire en Californie et bientôt aux États-Unis…] est complexe à certains égards, mais simple à d’autres.

Le racisme est perpétué par ceux qui en profitent. Le racisme anti-noir profite à ceux dont les apparences sont les moins noires. La suprématie blanche profite à ceux qui sont blancs, ou à ceux qui sont voisins du blanc à la fois en apparence, en culture et en affect.

Moi aussi, je souhaite que nous vivions l’avenir idéalisé auquel aspirent certains militants : une Amérique qui, en devenant moins blanche, devient également moins raciste et plus égalitaire et tolérante sur le plan racial.

Mais cet avenir plein d’espoir n’est pas assuré, peu importe à quel point nous croyons que nos enfants sont plus tolérants sur le plan racial, peu importe si la diversité raciale est davantage présente dans la culture pop, peu importe la fréquence à laquelle nous avons des repas-partage multiculturels au travail.

C’est en partie parce qu’une partie de l’alliance que nous vivons est performative. Pendant l’été des protestations [émeutes] en 2020, vous auriez pensé que Martinez était solidaire des Noirs et des vies noires. Elle a déposé une requête pour réduire le financement du département de police de Los Angeles — pour supprimer le financement de la police — et elle a publié un gazouillis approuvant cette décision : « Aujourd’hui, nous avons introduit une motion visant à réduire le financement de la police de Los Angeles, alors que nous réinitialisons nos priorités à la suite du meurtre de #GeorgeFloyd et de l’appel #BlackLivesMatter et que nous voulons tous pour mettre fin au racisme. Ce n’est qu’un petit pas. Nous ne pouvons pas parler de changement, nous devons être axés sur le changement. »

Elle a soutenu la fin du racisme en public, mais l’a perpétué en privé.

Même dans la partie de l’enregistrement où elle parle de l’enfant noir comme d’un singe, elle explique qu’elle était avec cet enfant sur un char du défilé du Martin Luther King Day rempli de personnes noires et brunes.

La triste réalité est que la suprématie blanche anti-noirs ne se limite ni aux Blancs ni aux républicains, même s’ils la courtisent et la dorlotent. Martinez est démocrate dans une ville majoritairement démocrate.

L’erreur est de croire que chaque personne dans chaque communauté qui a été opprimée par la suprématie blanche la rejettera. Ce n’est tout simplement pas vrai, car certains voient l’oppression comme le fait d’avoir un perchoir : il faut être juché dessus pour pouvoir opprimer. Dans cette optique, être en mesure d’opprimer devient une aspiration ; être anti-Noirs — et être capable d’éviter la majorité racisme anti-noirs — permet de trier les gens. C’est un signe de réussite. C’est très américain.

Voir aussi

États-Unis — district scolaire exclut élèves asiatiques des personnes de couleur et les classe avec les Blancs

Le nouvel exode blanc 

États-Unis — Pas de réduction de l’écart scolaire en maths et lecture entre les groupes ethniques

La Californie dit « oui » à l’éducation bilingue

Massacres de la quasi-totalité de blancs de 1804 en Haïti, les mulâtres forcés de participer aux massacres (Wikipédia)

Le déclin des blancs : rejeter, réprimer, fuir ou métisser ? (Whiteshift)

Citations ethniquement incorrectes de Karl Marx 
 
 
  
 
 
 
 

mardi 12 juillet 2022

Prof de droit de Berkeley en Californie : dire que seules les femmes sont « capables de grossesse » est transphobe

Khiara M. Bridges, une professeure de droit de Berkeley (Californie) dit au sénateur Hawley du Missouri qu’il est transphobe pour avoir dit que seules les femmes peuvent tomber enceintes. Khiara M. Bridges a écrit de nombreux articles concernant la race, la classe, les droits reproductifs et l’intersection des trois.

Maintenir que seules les femmes peuvent tomber enceintes serait, selon elle, ouvrir la voie à la violence.

D’aucuns pourraient se demander comment cette femme est professeur de droit. Son ton est celui d’une institutrice autoritaire, d’une maîtresse d’école intolérante. Elle devrait être une source d’embarras pour l’université qui l’emploie.


Voir aussi
 
 
 
 
 
Qu'est-ce que le wokisme ? Décryptage d'un phénomène mondial (voir la période des questions à la fin)  
 

lundi 3 janvier 2022

L'Université d'État de Californie considère abandonner les tests standardisés comme critères d'admission

Si l’université d’État de Californie donnait suite à une recommandation de son conseil consultatif d’admission, cela signerait l’abandon des tests standardisés alors que les campus du réseau universitaire s’efforcent de diversifier ethniquement leurs campus.

Dans cette photo d’archive du 15 août 2017, des étudiants traversent un portail du campus de l’Université de Californie à Berkeley

L’Université d’État de Californie est en passe de devenir le prochain grand réseau d’enseignement supérieur à éliminer définitivement les exigences d’admission sur la base de notes SAT et ACT — une décision qui risque de perturber davantage l’avenir des tests standardisés à un moment où des milliers de collèges et d’universités ont suspendu les exigences d’admission pendant la pandémie de coronavirus.

« Je suis très favorable à cela », a déclaré cette semaine le chancelier de l’Université d’État de Californie, Joseph Castro, alors qu’il s’exprimait sur l’élimination des exigences de test mentionnée pour la première fois par le Los Angeles Times. « Je veux juste que les gens sachent que je ne désire pas en tant que chancelier rendre l’accès à l’Université d’État plus difficile pour les étudiants. »

Le conseil d’administration devrait examiner en ce mois de janvier une recommandation rendue la semaine dernière par un conseil consultatif d’admission à l’échelle du réseau des campus universitaires de l’État visant à supprimer l’exigence de tests standardisés pour s’inscrire à l’université. Le conseil doit voter sur la recommandation en mars.

Si l’Université d’État de Californie éliminait ces conditions d’admission, elle rejoindrait l’Université de Californie, qui a approuvé l’année dernière un plan visant à supprimer progressivement les exigences liées aux tests SAT et ACT.

Rappelons que les tests standardisés ont été introduits au Royaume-Uni puis aux États-Unis par des penseurs de gauche qui estimaient à juste titre qu’ils aideraient à repérer des élèves talentueux dans la classe ouvrière jusqu’alors ignorés. Ces tests étaient et sont sans doute encore le meilleur ami que la classe ouvrière ait jamais eu. Il semble désormais que la race comptera davantage dans la sélection des étudiants.

Le réseau de l’Université d’État de Californie est composé de 23 campus où se répartissent 414 000 étudiants et 44 000 professeurs et membres du personnel. Ce réseau ne doit pas être confondu avec celui de l’université de Californie est une université américaine qui comprend dix campus situés dans l’État de Californie et accueille 200 000 étudiants et emploie 150 000 personnes.

Source


mercredi 5 mai 2021

Californie veut retarder l'inscription des élèves dans des classes de mathématiques avancées

Le ministère de l’Éducation de Californie travaille sur un nouveau programme de mathématiques de la maternelle à la 12e année qui décourage les élèves doués de s’inscrire à des cours accélérés qui étudient des concepts avancés comme le calcul intégral et différentiel.

Le projet-cadre fait des centaines de pages et couvre un large éventail de sujets. Mais sa principale préoccupation est l’iniquité. Le département craint que trop d’élèves ne s'inscrivent dans des classes différentes de mathématiques en fonction de leurs aptitudes ou intérêt, ce qui conduit certains à étudier le calcul différentiel et intégral avant la fin de l’école secondaire (12e année) tandis que d’autres élèves se contentent de n’étudier que l’algèbre de base. La solution du ministère est d’interdire toute sélection jusqu’à l’inscription au lycée (15/16 ans) en s’assurant que les enfants doués restent dans les mêmes classes que leurs camarades moins enclins aux mathématiques et cela jusqu’à au moins la neuvième année.

« L’iniquité des classes différenciées en mathématiques en Californie peut être contrecarrée grâce à une approche coordonnée de la 6e à la 12e année », lit-on dans une ébauche de janvier 2021 du projet-cadre. « Bref, les élèves du collège sont mieux servis par un enseignement dans des classes hétérogènes. »

Le document conclut que l’importance du calcul intégral et différentiel est surévaluée, même pour les élèves doués. « La priorité accordée au calcul différentiel et intégral en douzième année est en soi malavisée », affirme le projet.

Comme preuve de cette affirmation, le document cite le fait que de nombreux étudiants qui prennent cette matière finissent par devoir la reprendre à l’université de toute façon. Bien sûr, réduire l’importance de l’enseignement du calcul intégral au secondaire ne résoudra pas vraiment ce problème — et en fait, l’aggravera probablement — mais le ministère ne semble pas trop inquiet. La philosophie du cadre proposé est que l’enseignement des sujets difficiles est l’apanage de l’université : le système de la maternelle à la 12e année devrait se préoccuper de faire en sorte que chaque enfant aime les mathématiques de base.

De manière générale, cela implique de rendre les mathématiques aussi faciles et non mathématiques que possible. Selon le document du ministère, les mathématiques tournent en réalité autour de la langue, la culture et la justice sociale. En outre, personne ne serait naturellement meilleur que quiconque dans ce domaine.

« Tous les élèves méritent des mathématiques puissantes […] ; nous rejetons les idées de dons et de talents naturels », lit-on en exergue dans le premier chapitre. « La croyance que “je traite tout le monde de la même façon” est insuffisante : des efforts actifs dans l’enseignement des mathématiques sont nécessaires pour contrer les forces culturelles qui ont conduit aux inégalités actuelles et les perpétuent. »

L’ensemble du deuxième chapitre du cadre est consacré au lien entre les mathématiques et les concepts de justice sociale tels que les préjugés et le racisme : « Les enseignants peuvent soutenir les discussions axées sur le raisonnement mathématique plutôt que sur les questions de statut et de préjugé en définissant intentionnellement ce que signifient faire et apprendre les mathématiques ensemble de différentes manières qui incluent et mettent en évidence les langues, les identités et les pratiques des communautés historiquement marginalisées. » Désolé pour le jargon… Les enseignants devraient également réfléchir de manière créative à ce que les mathématiques impliquent : « Pour encourager des classes de mathématiques vraiment équitables et stimulantes, nous devons élargir les perceptions des mathématiques au-delà des méthodes et des réponses afin que les élèves en viennent à voir les mathématiques comme une matière connectée et multidimensionnelle qui concerne la création de sens et le raisonnement, à laquelle ils peuvent contribuer et appartenir. »

« Un objectif important de ce cadre est de remplacer les idées de “talent” et de “don” en mathématiques innées par la reconnaissance que chaque élève est sur une voie de croissance », déclare le document. « Il n’y a pas de seuil à partir duquel un enfant est » doué « et un autre ne l’est pas. »


Voir aussi 

 Le juteux marché de l’éducation et de la formation diversitaires 

États-Unis — Suppression de classes « avancées » au nom de l’« équité » (trop de blancs et d’asiatiques y sont inscrits)

La Virginie considère aussi imposer un tronc commun plus long (plus de classes avancées les premières années du secondaire, les classes avancées ne seraient plus qu'en 11 et 12 années).

 

vendredi 30 avril 2021

Le juteux marché de l’éducation et de la formation diversitaires

En Californie, les affrontements idéologiques autour du controversé programme d’études ethniques sont enfin terminés, du moins pour l’instant. Le programme contesté a été approuvé par la législature de l’État en mars. Bientôt les lignes directrices destinées aux écoles secondaires seront diffusées aux conseils scolaires locaux à travers l’État.

L’été dernier, cependant, alors que les choses étaient encore indécises, les professeurs d’études ethniques et des bureaucrates de l’éducation, principaux instigateurs du nouveau programme, étaient furieux qu’il y ait la moindre résistance au programme d’études ethniques. « Je suis furieuse », avait alors déclaré Allyson Tintiangco-Cubales, professeur d’études ethniques à l’université d’État de San Francisco et principal architecte du programme controversé. Elle s’adressait à une réunion Zoom, rejointe par des collègues inquiets issus de tout l’État. Ils étaient en colère au sujet des révisions alors proposées au programme, qui, à leur avis, auraient porté atteinte à l’essence politique du programme. « Nous gifler ainsi au visage ! Ce n’est pas sympa. »

Les révisions imposées furent minimes et la législature aux mains des démocrates était presque certaine d’adopter le projet de loi — une loi qui exige que chaque école secondaire publique de l'État mette en place des classes d’études ethniques, en utilisant leur programme comme modèle. Ils étaient sur le point de réaliser leur rêve. Alors pourquoi la panique ?

Malgré tout le discours selon lequel ce programme serait un mouvement pour le bien social, une nouvelle aube pour les étudiants américains et une solution à l’oppression, les études ethniques sont aussi, surtout même, une industrie de service naissante. En effet, alors que les preuves de sa valeur éducative ou même sociale sont vivement débattues, ce qui n’est pas contesté, c’est que cette révolution éducative commence à être rentable — juteuse même.

En Californie, cela se traduit par des millions de dollars que le ministère de l’Éducation de l’État investira dans l’embauche de nouveaux professeurs d’études ethniques, de nouveaux administrateurs d’études ethniques et, surtout, d’une armée de consultants experts qui mettront en œuvre et superviseront le nouveau programme dans des milliers de salles de classe de Californie. En outre, les principales figures du mouvement ont déjà commencé à monétiser leur expertise, avant même la ratification du nouveau programme, en facturant leurs conseils auprès des écoles californiennes qui ont été les premières à adopter les programmes d’études ethniques.

La professeure Tintiangco-Cubales elle-même co-dirige un cabinet de conseil appelé Community Responsive Education Corp., qui a facturé 11 000 $ pour la formation des enseignants du district scolaire unifié de Poway (Sud de l’État), 65 000 $ pour un discours liminaire et une série d’ateliers de développement professionnel pour l’équipe de direction de l’école élémentaire de Chula Vista et 40 000 dollars « pour faciliter le développement d’unités et de cours d’études ethniques » au district scolaire élémentaire Jefferson, au sud de San Francisco. Mme Tintiangco-Cubales, qui n’a pas répondu à la demande du journaliste de Tablet de discuter de ses honoraires, travaille également en dehors de la Californie, notamment en tant que formatrice principale pour un consortium d’éducateurs de Boston dans le cadre d’un projet financé en partie par la Fondation NoVo de Peter Buffett.

Aujourd’hui, dans tout le pays, les programmes scolaires « antiracistes » sont très recherchés. À New York, les programmes de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) prospèrent dans les écoles privées élitistes. Conçus pour les écoles et les entreprises, ces programmes sont issus du même mélange de théorie critique de la race, de culpabilisation de la « fragilité blanche » et de mots à la mode sur lesquels sont fondées les études ethniques des écoles publiques.

 
Rien d’étonnant à ce que Tintiangco-Cubales ait semblé frustrée lorsque le ministère de l’Éducation de Californie menaçait de ralentir le processus d’approbation du programme qu’elle défendait. Elle et ses collègues avaient plus que leur réputation en jeu.

mercredi 7 avril 2021

Passé historique blanc : San Francisco débaptise 44 écoles (m-à-j : projet suspendu)

Le Conseil scolaire de la ville de San Francisco a voté à l’unanimité ce mardi la suspension du projet consistant à renommer un tiers de ses écoles publiques, y compris celles portant les noms des présidents George Washington et Abraham Lincoln, mettant ainsi fin à la controverse qui animait les débats depuis plusieurs mois.

En annulant le vote de janvier dernier, le conseil offre un répit à de nombreux San-Franciscains qui s’étaient déclarés outrés par ce projet de changement le nom des écoles publiques, considérant cette procédure comme irrespectueuse du processus de décision habituel.

A contrario, cette décision a bien évidemment été mal reçue par les militants qui espéraient que la ville n’honorerait plus des personnages historiques du pays qu’ils considèrent comme liés à la suprématie blanche, à la colonisation, à l’esclavage et à l’oppression.

Lorsque le conseil avait voté à la majorité absolue ces changements de nom en janvier, Jeremiah Jeffries, enseignant et chef du comité de changement de nom, ravi, déclarait : « Nous poursuivons sans vergogne la suprématie blanche ». Certains étudiants et familles du quartier se sont réjouis du fait que de nouveaux noms mettent en valeur des héros communautaires plus modernes.

« Nous reconnaissons que nous devons ralentir. Et nous devons être davantage à l’écoute de la communauté. Nous travaillons avec des enseignants pour impliquer et éduquer nos communautés scolaires sur tout processus de changement de nom d’établissement », indique Gabriela López, présidente du Conseil, dans un éditorial du San Francisco Chronicle.

Cette décision de suspendre le processus fait suite à l’action d’associations d’anciens élèves du secondaire et aux parties prenantes de la communauté, dirigées par l’avocat Paul Scott. Celles-ci poursuivaient le conseil scolaire afin qu’il annule le vote qu’il avait organisé pour renommer les écoles. Ces associations alléguaient que le conseil avait violé la loi Brown, qui régit la manière dont les réunions publiques doivent être menées et que le conseil avait refusé aux membres de la communauté scolaire de suivre la procédure régulière lors de la décision de changement de nom initiale.

Source : Los Angeles Times


Billet originel du 27 janvier 2021

Les présidents George Washington et Abraham Lincoln ou le missionnaire espagnol Junipero Serra ne sont plus en odeur de sainteté à San Francisco : le conseil des écoles de la ville a décidé de débaptiser quarante-quatre établissements (un tiers des 114 écoles publiques de la ville) portant le nom de personnalités selon lui associées au racisme, à l’esclavage ou à la colonisation blanche.

Cette mesure, qui a suscité une vive controverse localement, remonte à la création d’une commission chargée de réviser les noms des écoles publiques en mai 2018, avant que des statues de Christophe Colomb et des monuments confédérés ne soient mis à bas par des manifestants dans la foulée des rassemblements dénonçant le meurtre de l’Afro-Américain George Floyd.

La commission en question a produit une liste de quarante-quatre établissements à rebaptiser. Parmi eux figurent des écoles aux noms des présidents Washington et Jefferson, qui possédaient tous deux des esclaves. Outre Washington et Thomas Jefferson — anciens présidents liés à l’esclavage ou à « l’oppression » — la liste comprend le naturaliste John Muir, le prêtre espagnol Junipero Serra, le patriote de la révolution américaine Paul Revere (descendant de huguenots français) et Francis Scott Key, le compositeur de l’hymne national, le « Star Spangled Banner ». Également banni, Balboa le conquistador qui découvrit le Pacifique. Doivent changer de nom la Mission High School (les missions espagnoles c’est mal) et la Presidio Middle School (les forts espagnols c’est mal). La liste complète est ici.

Lutter contre « le racisme »

Selon le San Francisco Chronicle, 6 commissaires scolaires ont voté en faveur de cette résolution contre un seul qui s’y est opposé. La majorité a noté que l’effort de changement de nom « est opportun et important, compte tenu du passé raciste du pays ». Mark Sanchez, membre du conseil d’administration de l’école, a ajouté : « C’est un message pour nos familles, nos élèves et notre communauté. Ce n’est pas seulement symbolique. C’est un message moral ». 

Liste bâclée

Des critiques ont déclaré que le Comité consultatif des noms d’écoles n’était « pas minutieux », utilisant des sites tels que Wikipédia et des sources sélectionnées de manière orientée au lieu d’« universitaires, de documents historiques ou de recherches approfondies ». Le comité n’aurait même pas su si le collège Roosevelt avait été nommé en l’honneur du 26e président (Theodore Roosevelt)… ou de son cousin le 32e (Franklin Delano Roosevelt) Lors de la réunion de mardi, le conseil scolaire a également présenté des excuses officielles aux Amérindiens pour le « vol de terres » et la « douleur et le traumatisme causés par les images racistes, les manuels scolaires racistes et les mascottes racistes ». 

Abraham Lincoln visé

Plus surprenant, Abraham Lincoln, pourtant symbole de l’abolition de l’esclavage dans le pays, est aussi visé, car il est accusé par certains d’avoir joué un rôle dans le massacre de tribus amérindiennes. La sénatrice démocrate Dianne Feinstein, 87 ans, se retrouve sur la liste adoptée par six voix contre une : la commission lui reproche d’avoir fait remettre un drapeau confédéré qui faisait partie d’une vingtaine d’autres étendards flottant traditionnellement devant l’hôtel de ville et qui avait été vandalisé lorsqu’elle était maire de San Francisco, en 1986. Le drapeau sudiste est désormais devenu pour les progressistes un symbole des discriminations raciales et de ceux qui prônent la suprématie de la « race blanche ».

Critiques

La décision de rebaptiser ces écoles a provoqué de nombreuses critiques, parmi lesquelles l’actuelle maire de San Francisco, London Breed, qui est noire. En octobre dernier, London Breed avait jugé « insultant » pour les parents d’enfants privés d’écoles à cause de la pandémie que les autorités scolaires consacrent leur énergie à changer le nom des établissements plutôt que de les rouvrir. Notons cependant que London Breed ne s’oppose pas à ce que ces noms soient changés à l’avenir.

Des critiques ont souligné le coût du changement de nom, estimé à au moins 1 million de dollars et « potentiellement beaucoup plus ». Le district est déjà confronté à un déficit budgétaire de 75 millions de dollars.

Écoles publiques désertées par les blancs

À San Francisco, 40,0 % de la population totale est blanche non hispanique, selon l’estimation du recensement de 2018. Seuls 28 % des jeunes  âgés de 19 ans et moins de la ville sont blancs (les blancs sont vieux et ont peu d’enfants, voir Des grandes villes progressistes sans enfants aux États-Unis ?) On pourrait donc s’attendre à ce que les élèves blancs représentent environ 28 à 30 % du réseau scolaire public. Mais, au cours de l’année scolaire 2013-2014, seuls 12,9 % des élèves des écoles publiques de San Francisco étaient blancs.

 Données démographiques

Selon les estimations du Bureau du recensement américain de 2018, la population du comté de San Francisco était à 45,4 % blanche (40,0 % de Blancs non hispaniques et 5,4 % de Blancs hispaniques), 5,2 % de Noirs ou Afro-Américains, 34,3 % d’Asie, 8,1 % d’une autre race, 0,3 % d’Autochtones Amérindien et originaire d’Alaska, 0,2 % d’île du Pacifique et 6,5 % de deux races ou plus.

Proportion des blancs à San Francisco au cours des 80 dernières années 

201820102000199019701940
  45,4 %    48,5 %    49,7 %    53,6 %    71,4 %    95,0 %

 La population de San Francisco était de 634 536 habitants en 1940, elle est aujourd’hui de 881 549.

Voir aussi

Les nouveaux talibans à l’école californienne
 
 
 
 
  
 
  
   
 
 
 

lundi 15 mars 2021

Californie — Nouveau programme scolaire recommande de chanter un « mantra d'unité » et autres incantations

Cette semaine, le ministère de l’Éducation de Californie votera sur un nouveau programme d’études ethniques à l’échelle de l’État qui prône la « décolonisation » de la société américaine et élève le symbolisme religieux aztèque — le tout au service d’une idéologie politique de gauche.

Le nouveau programme, appelé Modèle de Programme pour les études ethniques (Ethnic Studies Model Curriculum), vise à étendre une idéologie revendicatrice à l’ensemble du système d’enseignement primaire et secondaire de l’État, qui comprend 10 000 écoles publiques desservant un total de 6 millions d’élèves.

R. Tolteka Cuauhtin, le premier coprésident du programme d’études d’études ethniques, a développé une grande partie du matériel concernant les débuts de l’histoire américaine. Dans son livre Rethinking Ethnic Studies, Cuauhtin soutient que les États-Unis ont été fondés sur un « eurocentrique, suprémaciste blanc (raciste, anti-Noir, anti-indigène), capitaliste (classiste), patriarcal (sexiste et misogyne), hétéropatriarcal (homophobe) et anthropocentrique apporté d’Europe. »

La solution, selon Cuauhtin et le programme d’études ethniques, est de « nommer, parler, résister et transformer la condition néocoloniale eurocentrique hégémonique » dans une posture de « résistance transformationnelle ». Le but ultime est de « décoloniser » la société américaine et d’établir un nouveau régime de « contre-génocide » et de « contre-hégémonie », qui déplacera la culture chrétienne blanche et conduira à la « régénération de la futurité [sic : futurity en anglais, c’est tout aussi jargonneux] épistémique et culturelle indigène ». 

Mantra communautaire des études ethniques

Ce concept religieux s’incarne dans le « mantra communautaire des études ethniques » officiel du programme d’études. 

 

(Si Se Puede) Si Se Puede (x2) Oui, on le peut (espagnol)
Harambe UmojaSynergie, unité (souahéli)
Kemaktzin MochihuaOui, on peut y arriver (nahuatl)
Isaaaaaaaaaang BagsakUne lutte de faite,
beaucoup plus à venir (tagalog)
(Holla Back) We Got Your Back (x2) Nous vous soutenons (afro-américain)
(Amaaandla), AwethuÀ nous le pouvoir,
le pouvoir au peuple (zoulou/xhosa)
(Panche Bé), Panche BéLa racine de la vérité
(maya)
(In Lak Ech), In Lak Ech ! Tu es mon autre moi
(maya)
Tu eres mi otro yo,
You are my other me
Tu es mon autre moi (espagnol)
Tu es mon autre moi (anglais)
Si te hago daño a mi mismo,
I do harm to myself,
Si je te fais du mal à moi-même (espagnol)
Je me fais du mal (anglais)
Si te amo y respeto,
If I love and respect you,
Si je t’aime et te respecte (espagnol)
Si je t’aime et te respecte (anglais)
Me amo y respeto yo,
I love and respect myself.
In Lak Ech!
Je m’aime et me respecte (espagnol)
Je m’aime et me respecte (anglais)
Tu es mon autre moi (maya)
 

Chants, mantras et affirmations autochtones

Le programme recommande que les enseignants conduisent leurs élèves dans une série de chants, mantras et affirmations autochtones, y compris « l’affirmation In Lak Ech », qui fait appel directement aux dieux aztèques. Les élèves applaudissent et chantent d’abord le dieu Tezkatlipoka — que les Aztèques adoraient traditionnellement avec des sacrifices humains et du cannibalisme — lui demandant le pouvoir d’être des « guerriers » pour la « justice sociale ». Ensuite, les étudiants chantent aux dieux Quetzalcoatl, Huitzilopochtli et Xipe Totek, cherchant « des épistémologies de guérison » et « un esprit révolutionnaire ». Huitzilopochtli, en particulier, est la divinité aztèque de la guerre et a inspiré des centaines de milliers de sacrifices humains pendant le règne aztèque. Enfin, le chant atteint son paroxysme avec une demande de « libération, transformation [et] décolonisation », après quoi les élèves crient « Panche beh! Panche beh ! à la poursuite de la “conscience critique” ultime. »

In Lak Ech

Comme l’indique le matériel didactique, cette incantation « s’inspire de l’In Lak Ech (amour, unité, respect mutuel) et de Panche Bé (à la recherche des racines de la vérité) tel qu’élaboré par Roberto Cintli Rodriguez dans Notre Maïs sacré est notre Mère : Indigéneité et Appartenance dans les Amériques. Cependant, ce chant va un peu plus loin dans le Nahui Ollin (Quatre mouvements), tel qu’enseigné par Tupac Enrique Acosta de Tonatierra, et intégré par le professeur d’ELA Curtis Acosta anciennement du Département d’études mexicaines américaines de Tucson Unified School District) ».

Début et fin de l’incantation (nous avons traduit l’anglais en français et laissé l’espagnol)

Tú eres mi otro yo.
Tu es mon autre moi.
Si te hago daño a ti,
Si je te fais du mal,
Me hago daño a mi mismo.
Je me fais du mal.
Si te amo y respeto,
Si je t’aime et te respecte,
Me amo y respeto yo.
Je m’aime et me respecte.
In lak ech, (ressentez de l’empathie)
Panche bé, panche bé panche bé (pensez de manière critique)
Recherche des racines de la vérité, recherche de la vérité sur les racines,
les anciens et nous, les jeunes, (les jeunes), la pensée critique par :
Tezkatlipoka, Tezkatlipoka (bis)

[...]
la création pulsante huitzilopochtli
cause comme la lumière du soleil, la lumière à l’intérieur de nous,
dans la volonté d’agir ce qui apporte…
Xipe Totek, Xipe Totek, (bis)
transformation, libération, éducation, émancipation.
Revitalisation de l’imagination, libération, transformation,
Décolonisation, libération, éducation, émancipation,
changer notre situation dans cette transformation humaine,
la source de force qui nous permet de nous transformer et de nous renouveler.
Nous devons avoir la force de rejeter des opinions naïves ou auto-sabotantes,
ce qui peut nous empêcher de nous retenir plus
que nous ne l’avons jamais imaginé,
formidable quand nous embrassons une conscience créative
nouvelle et améliorée, critique et compatissante
Nous sommes ici pour transformer le monde
dans lequel nous tournons et tournons en spirale,
Rendre grâce tous les jours, Tlazokamati,
Remercier quotidiennement, Tlazokamati,
Guérissant et transformant alors que nous évoluons dans cet univers,
cet univers, de
Hunab Ku, Hunab Ku, (Bis)
Nahui Ollin Lak Ech — Panche Beh,
Études ethniques pour tous,
représentez !!

Un modèle de programme, pour l’instant, à imposer et bonifier pour le L. A. Times

Pour l’instant, le programme est un modèle. Comme le fait remarquer l’éditorialiste du Los Angeles Times, Karin Kleine, le 9 mars : « les districts scolaires seront libres de choisir ce qu’ils veulent dans le programme. » Karin Kleine préconise moins de souplesse : « Après tout, l’État va probablement exiger un semestre d’études ethniques au lycée. […] Plus que tout, j’aimerais qu’il y ait des directives plus définitives pour les écoles. Nous établissons des normes pour la plupart des programmes dans cet état. La souplesse est une bonne chose, mais si nous voulons obliger les étudiants à étudier l’une des questions les plus importantes de leur temps, ne devrait-il pas y avoir certaines normes minimales pour ce qu’ils doivent apprendre ? »

Pour l’éditorialiste, le programme a encore des défauts : « Même en se concentrant, comme il se doit, sur les quatre groupes qui sont historiquement le sujet des études ethniques — Noirs, Latino, Asiatiques et Amérindiens — le programme est mince sur trop de sujets clés ». Si dans cette troisième et finale mouture du programme, « le racisme systémique est maintenant mentionné à quelques reprises, le modèle n’examine pas ce sujet en particulier ni en profondeur. De même, il n’y a plus qu’un murmure sur le privilège des blancs. Alors que ces questions sont aujourd’hui à la base des relations raciales, certains groupes étant privés de nombreux avantages qui permettent aux Blancs d’accéder plus facilement à de bons éducateurs et à de bonnes carrières. »

mercredi 17 février 2021

Covid — Floride se félicite d'avoir gardé les écoles ouvertes

Le gouverneur de la Floride, Ron de Santis, s’est félicité que les écoles soient restées ouvertes en Floride : « Nos enfants doivent être à l’école et la décision de la Floride de garder les écoles ouvertes était la bonne. Comparée à d’autres États de taille similaire, la Floride compte moins de tests positifs à la Covid chez les enfants par 100 000 habitants. » Près 99,8 % des élèves suivent une scolarité en personne en Floride, alors que seuls 5,4 % des élèves en Californie en bénéficient. 

Il a accompagné son intervention sur les médias sociaux de ces graphiques :

Les syndicats dans les États démocrates de l’Illinois, de la Californie et de l’État de New York se sont fortement opposés à une réouverture des écoles. (Lire Procès à San Francisco, menaces de grève à Chicago : la pression s’accentue depuis quelques jours aux États-Unis sur les enseignants et leurs syndicats pour obtenir la réouverture rapide des écoles, dont beaucoup sont totalement fermées depuis 11 mois à cause de la gestion de la pandémie. et La rentrée en présentiel des écoles publiques new-yorkaises prévue cette semaine sera-t-elle à nouveau reportée ? Le principal syndicat des responsables d’établissements a demandé dimanche à ce que la mairie de New York soit dessaisie de son autorité sur les établissements, la jugeant incapable de gérer leur réouverture pendant la pandémie.)

Danse de la part d’enseignantes syndiquées à Chicago pour protester contre la réouverture des écoles. La vidéo est accompagnée de ce message :

Six professeurs de danse de base se réunissent pour utiliser leur forme d’art pour exprimer leur désir de se sentir en sécurité dans le cadre de la politique de retour des enseignants des Écoles publiques de Chicago (CPS). Comme d’autres, ces enseignantes déclarent que tout projet des Écoles publiques de Chicago et du maire devrait avoir du sens. Elles restent déterminées à continuer à enseigner.

Certaines enseignantes dansent avec leurs enfants, y compris Diana Muhammad, enseignante à l’école élémentaire de Beasley, dont la fille a surmonté une forme mortelle du syndrome inflammatoire multisystémique chez l’enfant (en période de Covid-19)

Elles sont toutes solidaires des éducateurs en danger, car personne ne devrait avoir à choisir entre son gagne-pain et la vie.

Par rapport à la Floride, 38 autres États des États-Unis déplorent une mortalité liée à la COVID plus importante chez les personnes âgées de 65 ans et plus par habitant.

Comparaison les taux d'hospitalisations par million d'habitants entre la Floride (peu de restrictions) et la Californie et New York (fortes restrictions)

 



 Voir aussi 

New York reporte encore la rentrée en personne dans les écoles publiques 

Profs américains s'opposent à l'ouverture des écoles malgré les leçons européennes

 
 

 

jeudi 10 décembre 2020

Profs américains s'opposent à l'ouverture des écoles malgré les leçons européennes

Les salles de classe à Washington se remplissent à nouveau d’enfants — sauf qu’il n’y a pas d’enseignants. Dans le cadre de cet arrangement inhabituel, les élèves sont surveillés par du personnel non enseignant et non syndiqué et doivent apprendre avec leurs tablettes iPad à leur pupitre.

Peu de gens s’entendent sur qui rejeter la faute. Randi Weingarten, président de l’American Federation of Teachers, le syndicat national du personnel enseignant, affirme que le gouvernement de la ville de Washington est responsable, insistant sur le fait que le personnel reviendrait pour autant que ce retour se fasse sur une base volontaire.

« C’est la pagaille à Washington », de déclarer Mme Weingarten. « Mais cela ne devrait pas être ainsi — c’est très frustrant. »

L’impasse est symptomatique d’une réticence plus générale aux États-Unis (plus particulièrement dans les États démocrates) à rouvrir les écoles. Cet automne, les écoles ont rouvert dans la majeure partie de l’Europe. De nombreux gouvernements l’ont fait au départ principalement pour aider les parents à retourner au travail et pour stimuler leur économie. Ils s’inquiètent également du retard du niveau de scolarité, en particulier pour les élèves plus jeunes. Cette décision est étayée par un nombre croissant de preuves suggérant que les enfants sont moins susceptibles de propager la maladie et que la réouverture des écoles a eu peu d’impact sur la propagation de l’épidémie.

Dès ke début de l’été, des études indiquaient le peu de risque à garder ouvertes les écoles pour les moins de 15 ans. La Suède n’avait jamais fermé ni ses garderies ni ses écoles primaires ou secondaires (jusqu’à 15 ans) pendant la pandémie. Elle ne déplorait en juillet aucun décès dû à la Covid-19 chez 1,8 million d’enfants âgés de 1 à 15 ans. En outre, les enseignants n’avaient aucun excès de risque par rapport aux autres professions, leur mortalité était même inférieure (voir entretien avec Anders Tegnell du 23 juillet). La Suisse a commencé à rouvrir les écoles le 11 mai. À la fin juillet, une seule personne de moins de 30 ans était décédée du virus en Suisse.

Le redémarrage des écoles en Norvège et au Danemark, qui ont franchi le pas plus tôt que la plupart des pays, ne semble pas avoir entraîné une nouvelle poussée de Covid-19. Depuis, le reste de l’Europe a emboîté le pas de la Suède et de ses voisins scandinaves. Au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Espagne et dans la majeure partie du continent, la réouverture n’a pas eu d’impact notable sur la pandémie.


En Angleterre, par exemple, des éclosions se sont produites dans seulement 4 % des écoles primaires après leur ouverture, mais dans 22 % des écoles secondaires, selon les données des autorités sanitaires. D’autres données scientifiques provenant d’autres régions du monde montrent que plus les enfants sont jeunes, moins ils sont susceptibles de propager le virus. C’est pourquoi de plus en plus de pays ont adopté le modèle suédois.

Sur 94 pays qui ont rouvert leurs écoles à l’automne, 88 ont évité de nouvelles fermetures nationales. Selon Insights for Education, un centre de réflexion sur l’éducation ce serait dû aux mesures de santé renforcées telles que le port obligatoire de masques dans les locaux scolaires et la distanciation sociale dans les salles de classe.

Israël a été une exception notable : les cas ont plus que doublé dans les 50 jours qui ont suivi la réouverture des écoles à la fin du mois de mai, de nombreux cas étant liés à des enfants âgés de 10 à 19 ans. Français. Les scientifiques peinent à expliquer pourquoi, certains pensent que les températures caniculaires ont poussé les étudiants et les enseignants à abandonner leurs masques.

Aux États-Unis, des États dirigés par les républicains, notamment le Dakota du Nord, ont rouvert leurs écoles après les vacances d’été, souvent avec l’encouragement de l’administration Trump. Quatre mois plus tard, les responsables locaux sont surpris de voir que la pandémie a peu touché les salles de classe, alors même que les infections se propageaient rapidement dans la population plus âgée.

« Nous n’avons pas eu d’absences massives en raison d’étudiants infectés et obligés de rentrer chez eux », a déclaré Terry Brenner, directeur des écoles publiques de Grand Forks, dans le Dakota du Nord.

Terry Brenner estime que 15 % des élèves ont été infectés ou sont entrés en contact avec un autre élève infecté. Mais, conseillés par le service de santé local, la plupart des élèves exposés et qui n’avaient pas développé de symptômes ont pu continuer à suivre des cours, en portant un masque et en évitant des activités telles que jouer d’un instrument ou faire de l’exercice physique.

Le district de M. Brenner a été récemment contraint de fermer à nouveau ses écoles pendant 17 jours, mais uniquement parce qu’un grand nombre de membres du personnel avaient contracté la maladie en dehors de l’école.

Seuls 0,02 % des étudiants et 0,04 % du personnel ont été testés positifs dans des écoles qui ont rouvert aux États-Unis, selon Emily Oster, économiste à l’Université Brown qui a collecté des données.

Les taux d’infection étaient inférieurs à ceux de la communauté dans son ensemble, avec des pics qui épousaient ceux de la population générale — ce qui suggère que les écoles n’en sont pas la cause. Des événements dits super-propagateur (un groupe de cinq cas ou plus dans une école) ont été enregistrés dans moins de 5 % des écoles, une proportion similaire à ce qui a été observé au Royaume-Uni.

Manquer l’école signifie moins de compétences élémentaires et moins de perspectives de vie. Et cela se concentre parmi ceux qui peuvent le moins se permettre de rater l’école. Simon Burgess, université de Bristol.

Pourtant, la résistance à la réouverture des écoles est toujours forte dans de nombreuses régions, notamment démocrates, des États-Unis. À New York, les écoles ont de nouveau fermé le 16 novembre moins de deux mois après leur réouverture. Réouverture qui a été annulée après que le maire Bill de Blasio avait facilité les fermetures en assouplissement les critères pour ce faire. En Californie, 51 comtés sur 58 se trouvent désormais en zone « violette », ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas rouvrir s’ils n’étaient pas déjà ouverts. (Voir Corona — Les écoles publiques de la ville de New York referment)

Mme Oster a déclaré que l’atmosphère hautement politisée aux États-Unis ne facilitait pas les choses : « De nombreuses écoles dans les zones plus progressistes envisageaient de rouvrir, mais au moment où elles étaient sur le point de le faire, le président [Donald Trump] leur a dit qu’elles devraient le faire. Et donc beaucoup de ces gens ont changé d’avis et lui ont envoyé un doigt d’honneur. »



Comme leurs homologues européens l’avaient fait il y a quelques mois, les syndicats américains insistent sur le fait qu’il reste dangereux pour les enseignants de travailler. Mme Weingarten maintient cependant que « Si vous vous attaquez à la propagation au sein de la population et prenez les bonnes mesures de protection, les enfants — en particulier les plus jeunes — ne transmettront pas le virus dans les écoles. »

Pendant ce temps, l’éducation des enfants en pâtit. Selon l’organisation de recherche en éducation NWEA basée aux États-Unis, les étudiants âgés entre 8 et 13 ont obtenu des notes en moyenne inférieures de 5 à 10 % en mathématiques cette année comparées à celles des élèves qui ont passé les mêmes tests l’année dernière. Les premières données semblent indiquer que ces disparités sont pires encore pour les élèves issus de minorités et ceux qui fréquentent des écoles présentant de taux élevés de pauvreté.
 
Selon l’organisation américaine de recherche en éducation NWEA, les étudiants âgés de 8 à 13 ans ont obtenu en moyenne 5 à 10 % de moins aux tests de mathématiques cette année par rapport à ceux qui ont passé le test l’année dernière. Les premières données semblaient suggérer que les disparités étaient encore pires pour les élèves issus de minorités et ceux qui fréquentaient des écoles où le taux de pauvreté était élevé.
 
Sources : Financial Times, NWEA, ECDC, UNESCO