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lundi 24 août 2026

Québec : la première ministre Fréchette contre l’autonomie et le choix des femmes

La Première ministre du Québec Christine Fréchette laisse entendre que le plan nataliste d’Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, porterait atteinte à l’autonomie des femmes. Comment ? En leur offrant notamment la possibilité de rester à la maison pour s’occuper elles-mêmes de leurs enfants, en versant l’aide directement aux familles plutôt qu’en la consacrant exclusivement au financement des services de garde.

Davantage de choix, donc. Mais, pour Mme Fréchette, cette liberté supplémentaire pourrait ouvrir la porte, dans certains foyers, à une discussion comme celle-ci : « Si tu retournes sur le marché du travail, chérie, nous n’arriverons peut-être pas à joindre les deux bouts, contrairement à ce qui se passerait si tu restais à la maison. »

On comprend surtout, dans cette réaction, qu’il serait problématique pour Mme Féchette qu’une femme puisse choisir de s’occuper elle-même de ses enfants plutôt que de retourner sur le marché du travail. C’est une conception pour le moins singulière de l’autonomie : proposer aux femmes davantage de possibilités serait une menace pour leur liberté, parce que certaines pourraient faire un choix que Mme Fréchette désapprouve.



Cette position repose sur une conception infantilisante des femmes : d’une part, celles-ci seraient apparemment trop vulnérables pour pouvoir exercer librement un tel choix ; d’autre part, l’État saurait mieux qu’elles-mêmes quelle décision est bonne pour elles.

On avait cru comprendre que le féminisme moderne avait fait du « choix » et de l’autonomie des femmes des principes fondamentaux.
Il faudrait manifestement apporter une nuance : le choix serait acceptable à condition que les femmes choisissent ce que les politiciennes leur disent de choisir.

La position de Mme Fréchette rappelle d’ailleurs certains débats féministes des années 1990, lorsque le Québec avait instauré les allocations à la naissance. Cette politique, nettement moins coûteuse que l’actuelle politique familiale, avait été vivement critiquée par certaines féministes. Claire Bonenfant, alors présidente du Conseil du statut de la femme, s’interrogeait ainsi, à propos d’une politique dont les effets natalistes étaient pourtant modestes : « Cette politique sera-t-elle une politique nataliste déguisée cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux ou bien se présente-t-elle comme une politique de justice sociale ? »

La question demeure étonnamment actuelle. Pourquoi considérer comme suspecte une politique qui permettrait à une famille de recevoir une aide pour s’occuper elle-même de ses enfants, plutôt que de conditionner cette aide au recours à un service de garde ? Pourquoi l’État devrait-il déterminer non seulement quelles familles méritent d’être aidées, mais aussi la manière dont elles doivent organiser leur vie familiale pour recevoir cette aide ?

Dans le système défendu par Mme Fréchette, le choix n’est donc pas véritablement laissé aux familles : l’aide publique privilégie un modèle précis, celui où les enfants sont confiés à un service de garde pendant que leurs parents travaillent. Le modèle familial dans lequel un parent choisit de rester auprès de ses jeunes enfants est, lui, beaucoup moins digne du soutien de l’État.

C’est précisément ce que l’on pourrait reprocher à cette conception de l’« autonomie » : elle ne consiste plus à permettre aux femmes et aux familles de choisir entre plusieurs possibilités, mais à orienter financièrement leurs choix vers celui que le gouvernement juge souhaitable.

Une politique réellement fondée sur l’autonomie devrait faire exactement l’inverse : donner aux familles les moyens de choisir. Certaines préféreront les services de garde, d’autres voudront les grands-parents, d’autres encore souhaiteront qu’un des parents réduise son activité professionnelle ou reste temporairement à la maison. Si l’on fait confiance aux femmes, il faut accepter leurs choix même lorsqu’ils ne correspondent pas à ceux que l’on aurait faits à leur place.

L’autonomie ne consiste pas à choisir à la place des femmes. Elle consiste précisément à leur laisser le choix.


Voir aussi

La fécondité continue de chuter au Québec (article de 2016 quand la natalité était encore de 1,6 enfant/femme).

lundi 30 décembre 2024

S'envoyer des vœux de Nouvel An, une pratique antirépublicaine...sous la Révolution

On sait que les révolutionnaires de 1789 tentèrent d'interdire aux Français le vouvoiement et l'usage de Monsieur ou Madame. On sait moins que le parfum et le maquillage étaient suspects et qu'ils tentèrent aussi d'interdire socialement l'envoi de vœux de Nouvel An.

 Ainsi, le Secrétaire des républicains qui paraît sous la Révolution se donne comme mission non seulement d'imposer le tutoiement et de supprimer systématiquement les usages établis sous l'Ancien Régime. « Nous ne sommes plus au temps du cérémonial », explique son auteur, qui rappelle qu'il faut désormais cesser d'envoyer à ses parents des vœux de bonne année, « cette lettre ridicule et bizarre » dont la politesse ancienne faisait une obligation : « Je ne crois pas, écrit ainsi un fils à son père que tu sois fâché de ne plus [les] recevoir [...]. C'est un usage que le républicain doit annuler. Les bienfaits d'un père sont autrement [précieux]; il n'y a point de jour marqué pour lui témoigner la reconnaissance qui, dans un fils, doit être continuelle... » Et le père d'opiner, en réponse : « Combien d'hypocrisie ! Que de faux baisers ! Il faut que le vice n'ait plus de subterfuges, et la vertu n'a plus besoin d'époque ».

Ce qui, dans ce manuel de correspondance républicaine, semble n'être qu'une recommandation prend dans la vie quotidienne un tour parfois plus menaçant. Trois ans plus tard, la République proclamée, la célébration du Jour de l'an — qui correspondant au 12 nivôse dans le calendrier républicain — est interdite : « La mort à qui fera des visites ! » commentent les Goncourt, historiens aussi partiaux que perspicaces. « La mort à qui osera des compliments ! Et les gouvernants vont jusqu'à faire décacheter, ce jour-là, toutes les lettres à la poste, pour s'assurer si tous ont bien oublié le calendrier grégorien et les souhaits de bonne année ». Plus que des historiens, les frères Concourt sont des romanciers, et l'on sent qu'ils dramatisent à plaisir la situation. Pourtant, le fait est que ceux qui célèbrent le « Jour de l'an » sont désormais des suspects, comme le note un agent secret du ministre de l'Intérieur dans un rapport du 31 décembre 1793 : « L'Ancien Régime n'est pas encore supprimé dans les cœurs. On voir partout à Paris les trois quarts des citoyens s'apprêter pour souhaiter une bonne année. » Le lendemain, un autre mouchard, Rolin, confirme dans son rapport : « Les anciens préjugés ont bien de la peine à disparaître. On a remarqué que, quoique l'année [républicaine] soit déjà au quart, beaucoup de citoyens ne la considèrent encore que commençant en ce jour. Les visites ont existé presque comme de coutume dans les rues mêmes on a entendu des citoyens se souhaiter une bonne année » — ce qui est un comble, et une information qui mérite d'être rapportée au ministre. « Il faut du temps, conclut Rolin, pour oublier des préjugés, des habitudes que nous avons contractés en naissant ».

Source : Histoire de la politesse, de Frédéric Rouvillois, pp. 38-39.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

jeudi 26 décembre 2024

Le polythéisme antique était-il synonyme de tolérance religieuse ?

Pour l’historien Stéphane Ratti dans l'article ci-dessous, la «tolérance» romaine à l’égard des pratiques religieuses relève en partie d’une construction postérieure. Rome moquait et punissait même sévèrement les cultes qui lui étaient étrangers. Stéphane Ratti  est professeur émérite d’histoire de l’Antiquité tardive à l’Université de Bourgogne-Franche-Comté. Son dernier ouvrage: Histoire Auguste et autres historiens païens, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2022.

Observer une réelle tolérance religieuse serait, dit-on, le meilleur moyen d’éviter les diverses tensions qui traversent les sociétés occidentales contemporaines. Il y a un peu moins de dix ans, en 2016, l’intérêt suscité par un ouvrage qui semblait dans son titre proposer, sous la plume de l’universitaire italien Maurizio Bettini, un Éloge du polythéisme, a conduit un peu vite la critique qui a rendu compte de l’ouvrage à célébrer les vertus du paganisme ancien comme s’il s’agissait d’un antidote magique aux fanatismes monothéistes. Or, il convient, même si, dans le contexte actuel, on saisit bien les enjeux, de nuancer les choses et de relativiser la tolérance des Anciens afin de mieux comprendre la véritable nature du paganisme gréco-romain.

Commençons par les sources latines anciennes afin de mettre un terme à un malentendu : la notion de tolérance est inconnue du monde gréco-romain, y compris de l’Antiquité tardive après la victoire du christianisme au IVe siècle. La notion n’existait pas et aucun mot n’existe en latin pour dire la tolérance. En effet, Cicéron n’emploie qu’une seule fois le mot tolerantia — il semble bien, en outre, que ce soit la première apparition de ce mot dans l’histoire de la littérature latine, un mot qui réapparaît plus tard chez Pétrone pour qualifier la complaisance des courtisanes — lequel mot désigne, dans un passage qui propose une définition du stoïcisme, la force de caractère qui permet de supporter l’adversité. Chez les Romains de l’époque classique tolerantia est synonyme de toleratio, l’endurance. Sous l’Empire, le philosophe Sénèque n’emploie le mot tolerantia qu’à cinq reprises dans toute son œuvre et, chez lui, comme chez Cicéron, il s’agit de la vertu qui permet au sage de demeurer ferme en face de l’adversité, une vertu parfois aussi désignée par les termes de constantia, aequanimitas, patientia ou encore perpessio.

Romains massacrent les druides et brûlent leurs bois consacrés au Ier siècle comme le décrit Tacite

On ne se battait pas dans l’Antiquité pour des raisons religieuses. La chose demeure vraie jusqu’aux persécutions contre les chrétiens aux IIIe et au début du IVe siècle, à l’époque de l’empereur Dioclétien, puis, après l’édit de tolérance de Constantin en 313 jusqu’à la fin du IVe siècle, à l’époque où l’on observe à nouveau d’importantes violences religieuses lors du conflit entre païens et chrétiens, par exemple la destruction du temple de Sérapis à Alexandrie en 392 ou le meurtre de la philosophe néoplatonicienne Hypatie en 415. Cette relative indifférence à la religion de l’autre, une spécificité de l’Antiquité pendant des siècles jusqu’au IVe siècle, s’explique par le fait que, ni en Grèce ni à Rome, le paganisme n’est un choix ou un engagement, et ce pour une raison simple : on était païen comme on respirait autour de soi l’air méditerranéen, sur les bords du Mare nostrum ou plus loin dans les terres. On ne pouvait être rien d’autre que païen et d’ailleurs ce dernier mot n’existait même pas en latin (sauf sous la forme pagani qui désignait les paysans dans les villages ou pagi) : inutile de nommer ce qu’on était naturellement. Imaginons qu’aujourd’hui on veuille faire du paganisme une religion parmi d’autres, la décision apparaîtrait ipso facto comme un choix décidé par ses adeptes, ce qui ôterait incontinent à la nouvelle religion son innocence naturelle et primitive. On ne saurait aujourd’hui être païen qu’en vertu d’un choix et d’un refus – celui des grands monothéismes –, ce qui n’était pas le cas, et pour cause, dans l’Antiquité.

Le paganisme était, dit-on, polythéiste et par conséquent tolérant. Même l’éminent historien Paul Veyne le pensait, allant jusqu’à écrire, il est vrai dans un article de vulgarisation simplifiant quelque peu sa pensée, que « le monde antique avait vécu dans une tolérance universelle, comparable à celle des sectes hindouistes entre elles ». Dire le paganisme antique polythéiste et tolérant, c’est pourtant aller deux fois trop vite en besogne. La pluralité infinie des dieux du paganisme est sous-entendue par le préfixe grec, polu, mais une polyphonie n’est pas constituée d’un nombre infini de voix. Hésiode comptait certes, dans Les Travaux et les Jours, 30 000 dieux. Mais le caractère innombrable des dieux païens est aussi un mythe né des caricatures peintes par les chrétiens : c’est saint Augustin, dans les premiers livres de La Cité de Dieu, vers 413-415, notamment les livres IV et VI, qui a brocardé, à partir d’emprunts déformés et mal intentionnés à Varron, le nombre extravagant des dieux païens. Si on ajoute, comme le faisait saint Augustin, que les païens avaient en outre un dieu spécialisé dans les accouchements, un autre pour faire tomber la fièvre, d’autres encore pour veiller sur les bornes de propriété ou encore sur les égouts, on est sûr de son effet. On n’oubliera jamais que saint Augustin était non seulement un brillant rhéteur mais aussi maître en l’art de la satire : on décrédibilise le paganisme en infantilisant ses adeptes. C’était l’objectif du maître-livre de l’évêque d’Hippone. Combien de dieux connaissait réellement un Romain ordinaire ?

La question est celle-ci : les Romains étaient-ils tolérants en matière religieuse ? Bien sûr les Romains ont accepté d’importer à Rome des dieux étrangers, Cybèle, la déesse phrygienne de l’Ida, importée à Rome en 204 avant J.-C., en étant l’exemple le plus fameux à défaut d’être le plus représentatif, mais on pourrait aussi citer Mithra ou Isis, sans parler des dieux grecs. Les Romains « importaient » des dieux, mais ce verbe est inadéquat : ils les « romanisaient » plutôt, les débaptisaient même parfois (on sait que Jules César, dans La Guerre des Gaules, appelle tous les dieux gaulois de noms latins) et surtout les faisaient « leurs ». Et c’était d’ailleurs une cérémonie religieuse qui permettait de faire du dieu d’une cité ennemie vaincue un dieu romain désormais non plus hostile mais ami, la procédure de l’euocatio. Scipion Émilien, par exemple, promit à la divinité de Carthage, en 146 avant J.-C., de lui offrir un sanctuaire en terre romaine. Nous possédons, grâce à l’un des derniers écrivains païens de Rome, Macrobe, actif au début du Ve siècle, le texte poétique, datant du IIe siècle avant J.-C., de la prière par laquelle on suppliait les dieux de l’ennemi de quitter leur panthéon d’origine pour migrer dans celui des dieux romains. La cérémonie, en outre, était strictement encadrée par les prêtres d’un collège spécialisé. Pour éviter d’ailleurs que l’ennemi ne fasse de même avec les divinités romaines la divinité Roma portait un nom secret, jalousement gardé. La supposée tolérance romaine passait donc par un filtre institutionnel, patriotique et religieux et n’avait pas de caractère systématique ni le visage accueillant d’une tolérance idéalisée par certains de nos contemporains.

Interdictions, punitions et moqueries des cultes étrangers

Plusieurs épisodes dans l’histoire prouvent plutôt, et au contraire des idées reçues, l’intolérance de Rome envers les cultes étrangers. La crise la plus fameuse est celle que déclencha, en 186 avant J.-C., la découverte de pratiques secrètes associées au culte de Dionysos et qui provoqua le scandale des Bacchanales, connu pour nous par le fameux et fort détaillé récit de Tite-Live, scandale à la suite duquel le Sénat de Rome prononça de lourdes condamnations et engagea pour de longues années une féroce et systématique persécution contre les adeptes du culte de Dionysos soupçonnés, pour simplifier, de complot contre l’État et de licence morale. Les limites de la tolérance religieuse ne s’imposaient pas uniquement en temps de guerre mais aussi dans les contextes de crise politique. Sous l’Empire, Auguste, réprima le culte d’Isis tout en réorganisant profondément la religion romaine. Mécène, son conseiller, poussa le prince à la sévérité la plus grande envers les cultes étrangers selon le témoignage de l’historien grec Dion Cassius : « … que les fauteurs des cérémonies étrangères soient haïs et punis par toi, non seulement en vue des dieux, attendu que, lorsqu’on les méprise, il n’est rien autre chose dont on puisse faire cas ; mais aussi parce que l’introduction de nouvelles divinités engage beaucoup de citoyens à obéir à d’autres lois ; de là des conjurations, des coalitions et des associations que ne comporte en aucune façon un gouvernement monarchique ». L’empereur Tibère reprocha aux Gaulois la pratique de sacrifices humains (mentionnés par Tacite) et les fit interdire en même temps qu’il s’attaqua aux pratiques druidiques, ainsi que nous l’apprend Pline l’Ancien. Tibère encore, à la suite d’Auguste, voulut éteindre le culte d’Isis, fit brûler les vêtements et objets sacrés de ses adeptes et exila les Juifs en les menaçant d’une « servitude perpétuelle » aux dires de Suétone. L’empereur Claude, enfin, si l’on se fie à la thèse de Jérôme Carcopino, fit fermer la basilique souterraine de la Porte Majeure, à Rome, au motif que le culte pythagoricien représentait un danger religieux peut-être lié au fait que les stucs qui ornaient les plafonds et les murs de cette « église païenne » célébraient l’immortalité de la poétesse Sappho, un destin — l’apothéose — en principe réservé aux princes de l’Empire.

On le constate, bien avant les persécutions contre les païens, ni la liberté religieuse ni la tolérance à l’égard des cultes étrangers n’étaient, la plupart du temps, garanties à Rome. Bien avant ces persécutions l’étrangeté de certains cultes venus d’ailleurs suscitait incompréhension et moqueries. C’était le cas des divinités égyptiennes pourvues de têtes d’animaux ou encore des premiers chrétiens, caricaturés au IIe siècle, à Rome, comme adorateurs d’un dieu à tête d’âne, ainsi que le montre le célèbre graffito d’Alaxamenos, retrouvé sur le Palatin. À cette date la question du refus de la part des chrétiens de sacrifier en l’honneur de l’empereur ne se posait pas encore, seule l’étrangeté de ce culte nouveau dont on calomniait les croyances dérangeait.

Quant à la tolérance du paganisme impérial romain à l’égard du monothéisme chrétien, on sait bien ce qu’il en fut : si elle a été à de longues périodes la règle (en gros pendant les deux premiers siècles de l’Empire), elle s’est affaiblie en face de « l’entêtement » des chrétiens, pour parler comme Marc Aurèle dans ses Pensées pour lui-même et a tourné à la persécution lors de brefs et relativement limités épisodes paroxystiques, sous l’empereur Dioclétien, entre 303 et 311 notamment. Le paganisme institutionnel romain n’a pas pu indéfiniment tolérer une croyance religieuse qui niait le caractère sacré du principe impérial, celui de la personne même du prince.

Le paganisme, religion révélée

Les Romains, enfin, auraient-ils pu être tolérants par indifférence religieuse ? Il est, en effet, un aspect du polythéisme gréco-romain qui est particulièrement difficile à appréhender : c’est ce qu’on pourrait appeler, après Lucien Jerphagnon, le coefficient personnel de leur adhésion à la transcendance divine. On a généralement, à la suite de travaux des chercheurs américains notamment, suiveurs d’Alan Cameron, remis en question à la fin du siècle dernier « la croyance » des Anciens en leurs mythes : tout à leurs occupations commerciales, sociales et militaires, les Romains n’auraient réellement cru ni en leur mythologie ni en l’existence de leurs dieux, mais n’auraient eu qu’un goût d’antiquaires pour les textes de leur littérature ou même, au pire, fait semblant d’y croire. À vrai dire, on le sait, Cicéron déjà racontait qu’un prêtre païen, à Rome, ne pouvait en croiser un autre sur le forum sans échanger un sourire de connivence. C’est là, en réalité, largement caricaturer la complexité des mentalités anciennes et faire fi de ces poèmes funéraires gravés sur les tombeaux et qui donnaient ce conseil aux passants : « Croyez les mythes d’antan ! ».

Pour expliquer la tolérance des Romains, qui, on l’a compris, n’avait rien d’aussi solide qu’on le dit, on a souvent avancé que le paganisme n’était point une religion révélée et que les Anciens n’appuyaient leur croyance sur aucun livre sacré. Ils ne pouvaient donc nourrir aucune foi, tout juste respectaient-ils un formalisme ritualiste qu’on nomme parfois orthopraxie. C’est oublier que ce mot même de foi vient du latin fides. C’est négliger surtout toute une tradition intellectuelle et philosophique, celle de l’hermétisme et du néoplatonisme. Ces deux courants, sous l’Empire romain, du IIe au IVe siècles, ont nourri les grands esprits. Ils ont surtout inspiré toute une série d’ouvrages, la plupart en grec, qui forment comme la bible du paganisme. Ce sont des recueils « de sagesses révélées » selon la formule du grand savant chrétien André-Jean Festugière qui n’avait pas hésité à donner au magnifique livre qu’il leur consacra un titre révélateur, La Révélation d’Hermès Trismégiste. La dernière tentative de réhabilitation d’un paganisme d’État fut menée au IVe siècle par l’empereur Julien (361-363), auxquels les chrétiens revanchards donnèrent par la suite le cruel surnom de « l’Apostat ». Or Julien avait ressenti la nécessité, pour soutenir son entreprise politique et religieuse, de l’appuyer sur un catéchisme : il demanda à son ami le philosophe Saloustios, afin d’édifier la population, de rédiger un bref manuel du parfait païen. Nous avons la chance de posséder encore ce traité Des dieux et du monde qui résume ce qu’il faut savoir sur le sujet. Le paganisme était donc lui aussi une religion révélée, fondée sur des livres. Il était même la seule pensée à identifier absolument la culture livresque antique, des poèmes homériques aux traités néoplatoniciens de Plotin, Porphyre et Jamblique, en passant par Virgile, ce qu’on appelle la paideia, avec le trésor de l’enseignement des dieux.
 
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Afficher le nom des proscrits, c'est ainsi que mourut Cicéron en 43 av. J.-C.

Le télé-enseignement ? C’est très surfait, nous dit Platon

jeudi 28 novembre 2024

Histoire du premier réseau d'écoles publiques aux É.-U.

Samuel Blumenfeld dans son livre Is Public Education Necessary? — ouvrage sur lequel nous reviendrons — nous rappelle comment le premier réseau d'écoles publiques vit le jour aux État-Unis.

Couverture de Is Public Education Necessary?,
enlèvement par la police d'un enfant éduqué
à la maison sous les yeux effarés de sa mère.
Vers 1817, un mouvement apparut à Boston dont le but était d’étendre le système d’écoles financées par les contribuables aux écoles primaires. Pour déterminer si un tel réseau se justifiait le Comité scolaire de Boston commanda une enquête.

« [L']enquête eut lieu en novembre 1817, elle révéla que Boston, alors peuplée d’environ 40 000 habitants, avait 8 écoles publiques [qui n’accueillaient que les enfants sachant déjà lire, leur fréquentation était libre, en partie payante et était en partie contrôlée par les parents], y compris l’École latine, une école africaine pour les enfants des Afro-Américains et une école dans l’Hospice pour les enfants des pauvres. L’effectif total de ces 8 écoles était de 2 365 élèves. Il s’agissait là d’approximativement 33 pour cent de la population d’âge scolaire. L’enquête révéla également que 154 écoles privées pour garçons et filles avec un effectif total de 3 757 étaient réparties à travers toute la ville. Il existait également 8 « écoles gratuites de la charité » avec un effectif de 365 élèves. Tout compris, plus de 4 000 étudiants âgés de 4 à 14 ans fréquentaient des écoles privées d’un type quelconque au prix total de près de 50 000 $ payés par les parents. L’enquête signalait que seuls 283 enfants âgés de 7 ans et moins ne fréquentaient aucune école. Ainsi, un pourcentage étonnant des enfants de la ville fréquentait bien l’école et les quatre pour cent qui n’en fréquentaient pas, pouvaient aller aux écoles de la charité si leurs parents le voulaient » (p. 43 de Is Public Education Necessary?)



Le grand architecte Bulfinch déclara en conclusion de ce rapport que l’imposition d’un système d’écoles primaires publiques complet pour y inclure les premières années d'apprentissage était inutile. En effet, non seulement 96 % des enfants fréquentaient déjà une école à l’époque, mais, au besoin, il vaudrait mieux aider financièrement les parents des 4 % restants, la plupart pauvres, à fréquenter une école de leur choix grâce à des bourses plutôt que de mettre en place un nouveau système d’écoles publiques financé par les contribuables, système dispendieux qui dédoublerait le réseau des écoles déjà en place. Bulfinch expliquait que « la plupart des parents qui envoient leurs enfants à l’école privée payante ne considèrent pas cette dépense comme une charge : il paie volontiers les frais, mus par l’amour de leur progéniture et par un sens du devoir. Ceci en fait de meilleurs parents. Ils sont, en effet, plus enclins à se préoccuper des affaires liées à l’éducation quand ils doivent verser une petite contribution que lorsque cette dépense est complètement prise en charge par le trésor public. » Bulfinch laissait, en outre entendre, que l’utilisation d’argent public pour usurper une compétence manifestement du domaine privé ne pouvait mener qu’à la dégénérescence morale. La solidarité familiale serait affaiblie par l’action d’un gouvernement qui prendrait en charge ce qui revenait de droit aux familles. Il ne faut pas oublier – devait-il ajouter – que la charge d’éducateur revient aux parents et que ceux-ci ne délèguent au maître d’école qu’une partie du rôle de parent et des droits afférents.

Malgré ce rapport et cette analyse de Bulfinch, la ville de Boston, principalement à l'instigation des unitariens, se décida à étendre le réseau des écoles publiques subventionnées par les contribuables pour y inclure désormais des écoles élémentaires.

L’instauration du premier système d’école publique aux États-Unis, celui de Boston, ne trouve donc pas sa cause dans un échec des nombreuses écoles publiques et privées qui couvraient Boston pas plus que dans une défaillance du libre marché. Il s’agit plutôt du résultat de l’action conjointe – et en apparence contradictoire – de plusieurs groupes de pression qui cherchaient tous à utiliser l’éducation publique pour accroître leur influence politique ou pour renforcer la puissance de l’État, qu’ils espéraient maîtriser. Les conservateurs religieux, les unitariens (des hérétiques ariens pour les calvinistes et les congrégationalistes) et les socialistes considéraient tous que l’éducation publique était une prise idéale dont il fallait à tout prix se rendre maître. Chacun de ces groupes avait plus à cœur de modifier les sentiments et les idées des enfants de leurs concitoyens selon des normes gouvernementales (qu’ils édicteraient) que de prodiguer un enseignement de base de qualité à ces enfants.

mardi 15 octobre 2024

France — Tous contre l’enseignement catholique : cible à abattre


Mise à pied d’un chef d’établissement catholique à Pau pour « atteintes à la laïcité » [!?], attaques par voie de presse contre l’établissement parisien Stanislas, caricature des écoles hors contrat : ces tirs croisés contre l’enseignement libre menacent-ils son identité ?

Le Grand Fossé n’est pas seulement le 25ème album des aventures d’Astérix et Obélix, il est aussi l’abîme d’incompréhension qui sépare l’enseignement catholique d’avec la vision caricaturale que s’en font nombre d’acteurs du paysage politique et médiatique français. Sans aucun doute, le grand effondrement du catholicisme hexagonal de ces soixante dernières années, savamment analysé par le sociologue Guillaume Cuchet, n’est pas pour rien dans cette difficulté grandissante à se comprendre. À force de manquer de clarté évangélique, le rétablissement d’une proclamation authentique de la foi au sein des écoles privées fait grincer des dents, en interne, et pousser des cris d’orfraie, en externe.

Raccourcis idéologiques et vérité brutalisée

Il n’empêche, alors même que les progressistes chantent les bienfaits de l’ouverture, le bonheur de l’acceptation des différences, ce sont les mêmes bien-pensants qui s’érigent, sans gêne aucune, en censeurs à tout crin. Les apôtres du vivre-ensemble n’ont pas le dialogue pour tous chevillé à l’âme. Quand le dialogue et la confrontation d’idées favorisent le sens de la nuance, le pointage réflexe du doigt témoigne d’un déficit intellectuel, sinon d’une peur panique. On jette l’anathème ou l’on voue aux gémonies pour mieux s’affranchir de débattre. Lorsque l’outrance a valeur de carburant et que l’exagération tient lieu de boussole, l’excès se pratiquant au mépris du sens des mots, c’est toujours la vérité qui se trouve brutalisée.

S’il était nécessaire, une simple promenade sur les réseaux ou une revue de presse non exhaustive permettrait de s’en convaincre. À propos de la question scolaire, voici un petit florilège. L’universitaire Mathilde Larrère – par ailleurs membre du parlement de la Nupes et collaboratrice au site web Arrêt sur images – décrit sur X l’actuel gouvernement comme une « sortie de messe de Saint-Nicolas-du-Chardonnet ». L’Humanité titre en Une : « École privée : Sous contrat mais hors de contrôle ». Sur France 3, à l’occasion d’un journal télévisé régional est évoquée une école hors-contrat catholique dans laquelle le journaliste affirme que « les enfants sont élevés à la dure », sans autre forme de procès. L’émission du service public Complément d’enquête diffusait jeudi dernier sur France 2 un reportage à charge – dans le sillage de celui réalisé sur le Puy du Fou – “sobrement” intitulé : « Stanislas : les dérives d’une école d’excellence ». Autoritarisme, sexisme, homophobie : tout y est passé…

La réussite des méthodes traditionnelles d’enseignement

« Les plus petits esprits ont les plus gros préjugés » estimait Victor Hugo. Lorsque l’on assiste, sinon consternés, le plus souvent impuissants, à la détérioration des conditions de transmission du savoir dans l’enseignement public – sans même parler du contenu –, on s’attendrait à davantage d’humilité et de retenue chez les détracteurs de l’enseignement privé. Mais derrière ces critiques, il est difficile ne pas y voir de la jalousie [le ressentiment]. « Leur comportement nous est un reproche vivant, leur seule présence nous pèse. » lit-on dans le livre de la Sagesse (Sg 2, 14). Comme le soulignait la journaliste du Figaro, Eugénie Bastié, un Complément d’enquête sur les dérives de Sciences-Po aurait été, sans aucun doute, bien plus pertinent.

La réussite en effet des méthodes traditionnelles d’enseignement où se mêlent ordre, discipline, vouvoiement, estrades (supposées dans l’école catholique, et qui prévalent spécialement dans l’écosystème “hors contrat”) est à mettre en balance avec l’adversité ordinaire à laquelle est confrontée une grande partie des enseignants du public. Ce contraste interroge nécessairement et la ligne éducative et le projet pédagogique de ces deux univers scolaires. Sardou pourrait-il encore chanter : « J’ai fait les deux écoles et ça n’a rien changé. » ?

Jules l’imposteur (Dominique Martin Morin), petit ouvrage rédigé par François Brigneau dans lequel, avec une plume vive et documentée, le cofondateur du quotidien Présent épingle l’anticléricalisme de Jules Ferry. En parcourant l’histoire de la Troisième République, il en rappelle l’ambition à peine cachée : celle d’extorquer de l’âme des enfants les vérités de l’Église catholique. Des “hussards noirs” de Ferry aux propos de Vincent Peillon vantant l’école républicaine comme l’instrument privilégié d’émancipation « de tous les déterminismes », il n’y a qu’une suite logique. Déjà en 1866, le fondateur de la ligue de l’enseignement, Jean Macé, déclarait : « Nous avons à faire, non de la pédagogie, mais de la propagande républicaine ».

Catholique donc signe de contradiction

Des catholiques, de plus en plus nombreux, constatent avec effroi que l’État ne cesse d’évider sa législation des dernières normes morales d’origine chrétienne. Année après année, le ministère de l’Éducation Nationale donne le sentiment d’être davantage préoccupé par le transformisme social de ses élèves que par leur instruction.

Sur l’autre flanc, celui interne à la vie des écoles catholiques, la politique du plus petit dénominateur commun prévaut depuis longtemps. Aux Assises de l’enseignement catholique de l’an 2000, son secrétaire général dénonça la nostalgie d’une « école citadelle » et se prononça pour une « école carrefour ». Cette posture débouchera sur deux désastres : l’analphabétisme religieux généralisé et la disparition d’une culture chrétienne élémentaire.  

Dans ce contexte, certains chefs d’établissements catholiques sous-contrat et l’univers catholique hors contrat dans son ensemble souhaitent absolument sortir de la tiédeur d’un catéchisme affadi. Comment peut-on se satisfaire d’un humanitarisme bon teint duquel le Christ n’apparaît plus que comme un instrument de décor parmi d’autres ? Désormais, même le secrétaire général de l’enseignement catholique, Philippe Delorme, plaide pour l’instruction obligatoire de cours de culture chrétienne dans les établissements privés catholique.

Depuis Antigone et le Christ lui-même, c’est rendre hommage à la raison humaine que de défendre ses convictions. C’est participer à l’élévation du débat que d’apporter la contradiction. Vivre en chrétien, c’est d’ailleurs accepter d’en devenir un signe. Et vivre en Français, c’est se réjouir d’en voir se lever. 


Source : Valeurs actuelles

mardi 19 mars 2024

Organisation chrétienne refuse 100 k$ et un règlement à l'amiable, mais poursuit le gouvernement du Québec

Une organisation chrétienne poursuit le gouvernement du Québec après s’être vue refuser l’accès à un centre de congrès l’été dernier parce qu’elle est pro-vie.

Caroline Proulx, la ministre du Tourisme du Québec


Le pasteur Art Lucier de Harvest Ministries a récemment révélé qu’il avait refusé une proposition de règlement de 100 000 $ et qu’il allait poursuivre le gouvernement provincial du Québec en justice après que celui-ci ait interdit à Harvest Ministries d’organiser un événement dans un centre de congrès public en raison de son engagement moral pro-vie.

« Nous avons rejeté un règlement de 100 000 $ du gouvernement du Québec pour que nous nous fassions oublier », a déclaré M. Lucier.

« En outre, le gouvernement n’allait assumer aucune responsabilité pour leur action », a-t-il ajouté. Selon le pasteur Lussier, il aurait répondu : « Gardez votre argent. Il faut que vous reconnaissiez que vous avez enfreint la loi. »

Harvest Ministries International, qui est basé en Colombie-Britannique, avait prévu d’organiser un événement religieux, culturel et artistique appelé « Bataille pour le Canada » au Centre des congrès de Québec, du 23 juin au 2 juillet.

Cependant, après l’annonce de l’événement, la ministre québécoise du Tourisme, Caroline Proulx, avec la bénédiction du Premier ministre du Québec, François Legault, de la Coalition Avenir Québec (CAQ), a demandé au directeur général du centre des congrès de mettre fin au rassemblement de Harvest en raison de son thème supposé « anti-avortement » (ce qui n’était pas le cas), malgré le fait que Harvest Ministries avait signé un contrat avec le centre des congrès.

 

Le pasteur Lussier s’explique sur cette poursuite. Il indique aussi que l’événement à Québec avait pour thème la réconciliation des peuples au Canada et non de s’opposer à l’avortement, contrairement au bobard propagé par la CBC.

Au cours de la rencontre de règlement, qui s’est tenue les 6 et 7 février, M. Lucier a « clairement indiqué que nous ne nous contenterions pas de prendre l’argent des contribuables et de nous enfuir ».

« Nous voulons que le gouvernement du Québec reconnaisse qu’il a commis une erreur et qu’il nous permette d’organiser une réunion à l’avenir », a-t-il expliqué.

Cependant, au lieu de s’excuser, le gouvernement du Québec a fait pression pour que l’affaire soit résolue à l’amiable en promettant une compensation monétaire pour l’événement annulé.

« Nous allons maintenant aller devant les tribunaux parce que nous ne sommes pas intéressés par une simple compensation pour la perte subie par notre ministère, même si elle a été substantielle », a déclaré M. Lucier.

« Nous avons besoin de savoir que nous ne serons plus ciblés de la sorte à l’avenir », a-t-il poursuivi. « Nous avons besoin que la ministre Proulx reconnaisse qu’elle a commis une erreur et qu’elle s’y est mal prise ».

« Aucune lettre de ce type n’a été envoyée et nous irons donc au tribunal, malheureusement », a ajouté M. Lucier.

Bien que la date du procès n’ait pas encore été fixée, M. Lucier est convaincu que Harvest Ministries aura gain de cause, expliquant que c’est la raison pour laquelle le gouvernement du Québec souhaitait régler le litige à l’amiable.

« Ils savent qu’ils vont perdre, et c’est pourquoi ils essaient de faire disparaître cette affaire », a-t-il déclaré.

« Nous sommes convaincus que nous gagnerons », a déclaré M. Lucier. « Il s’agit d’une affaire assez simple, mais surtout, nous pensons qu’il est important de s’opposer à la tyrannie de nos jours et à l’ingérence gouvernementale, que nous gagnions ou non est moins important que le fait de nous opposer à ces pratiques. »

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Extrémisme — vandalisme contre Radio-Canada pour un documentaire sceptique envers les « soins transgenres » sur les ados

samedi 16 mars 2024

Des exemples de prosélytisme musulman dans les écoles publiques montréalaises

Les tenants de la Loi sur la laïcité de l’État pourront maintenant répliquer à leurs adversaires les accusant de combattre un ennemi imaginaire : deux mères montréalaises affirment que des éducatrices voilées ont fait pression sur leurs filles pour qu’elles adoptent elles aussi des pratiques musulmanes. Une preuve, selon elle, que le hidjab n’est pas toujours neutre et conduit parfois au prosélytisme.

Deux mères montréalaises affirment que leurs filles ont subi des pressions pour adopter des pratiques musulmanes.

Dans le cadre de la contestation judiciaire de la loi 21, le groupe féministe Pour le droit des femmes du Québec (PDF Québec) a été autorisé à intervenir et à présenter des témoins. PDF a donc présenté le cas d’Ines Hadj Kacem et de Ferroudja Si Hadj Mohand, deux femmes ayant émigré au Canada qui disent vouloir élever leurs filles dans la plus totale égalité des sexes. Or, elles estiment que l’école publique montréalaise a échoué à cet égard.

    J’ai quitté la Tunisie pour que ma fille puisse grandir dans un milieu respectueux de ses choix et décisions
    — Hadj Kacem
 Dans une déclaration faite sous serment, Mme Hadj Kacem relate que sa fille fréquentant le service de garde de son école primaire d’Hochelaga-Maisonneuve a subi la pression d’éducatrices voilées pour qu’elle remercie Allah à la fin des repas et qu’elle cesse d’avoir recours au traiteur de l’école parce que la nourriture servie n’est pas halal ou contient du porc. Mme Hadj Kacem dit avoir retiré sa fille du service de garde après avoir déposé plusieurs plaintes à la direction.

Libre de ses choix

« J’ai quitté la Tunisie pour que ma fille puisse grandir dans un milieu respectueux de ses choix et décisions », est-il écrit dans la déclaration sous serment. « Or, c’est en fréquentant l’école publique de mon quartier que ma fille subit des pressions pour se comporter comme une “bonne musulmane”. […] J’ai la forte impression que le port d’un signe religieux par des personnes en position d’autorité influence les comportements de ma fille et la fait questionner ses choix et ceux de sa mère. »

Mme Hadj Kacem relate que sa fille subit aussi la pression d’autres écoliers parce qu’elle ne porte pas le voile. Tout cela, note la mère montréalaise, « porte préjudice à ce que nous venions chercher au Québec, soit l’égalité de faits entre les femmes et les hommes ».

Pour sa part, Ferroudja Si Hadj Mohand raconte qu’une éducatrice portant le hidjab aurait interpellé une amie de sa fille de 9 ans parce qu’elle enlevait et remettait son voile islamique dans la cour de l’école de Montréal-Nord qu’elles fréquentent. L’éducatrice lui aurait dit qu’une fois mis, le voile ne devait plus être enlevé. Puis, se tournant vers la fille de Mme Hadj Mohand, elle lui aurait demandé quand elle commencerait à le porter. La jeune fille s’est sentie « gênée » et obligée de répondre « Peut-être au secondaire ».

Un interdit légitime

« Nous avons dû avoir une longue conversation [avec notre fille] pour lui expliquer qu’elle n’était pas obligée de mentir sur sa croyance pour plaire à son éducatrice, témoigne Mme Mohand dans sa déclaration sous serment. Il est très difficile pour mes filles de résister aux pressions de leurs pairs à porter le voile, car elles ne veulent pas déplaire, et il s’agit parfois d’un signe d’appartenance au groupe. »

Les deux femmes ont refusé de parler au Devoir afin que le débat se tienne au tribunal, comme il se doit. L’avocate de PDF Québec, l’ex-présidente du Conseil du statut de la femme Christiane Pelchat, explique que ces deux témoignages sont importants. « Ça démontre que l’interdiction de signes religieux chez certains fonctionnaires est tout à fait légitime et prend en compte le droit des femmes à l’égalité, mais aussi le droit des enfants et des petites filles à l’égalité, au respect de leur liberté religieuse et le droit de ne pas être l’objet de prosélytisme. »
 
Le Mouvement laïque québécois, qui appuie lui aussi la loi 21 et la défend dans le cadre de la même contestation judiciaire, présentera pour sa part le témoignage de Jafaar Bouchilaoun. Ce père d’origine algérienne déplore que l’enseignante de son fils porte un signe religieux, lui qui a connu « l’intégrisme religieux » dans son pays d’origine, raconte son avocat Guillaume Rousseau.

La cause devrait être plaidée sur le fond cet automne. C’est le juge Marc-André Blanchard qui présidera la cause. C’est ce même juge qui, en juin 2018, avait tranché que la loi 62 sur la prestation de services publics à visage découvert du gouvernement libéral de Philippe Couillard pourrait porter un « préjudice irréparable » aux femmes musulmanes.

L’an dernier, le sociologue Gérard Bouchard, qui avait coprésidé la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, avait vilipendé la loi 21 du gouvernement de François Legault. Il avait mis ce dernier au défi de prouver que le port d’un symbole religieux par une enseignante avait un effet négatif sur les élèves.

« Ce qu’on entend souvent durant ce débat, c’est que le seul fait de porter un signe religieux — le hidjab, par exemple — entraîne une forme d’endoctrinement chez les élèves. On entend aussi que ça traumatise certains élèves, ou alors que c’est contraire à l’exercice pédagogique, ou bien que ça compromet le climat de travail dans la classe, etc. », avait lancé M. Bouchard. « Si jamais un seul de ces éléments était prouvé, personnellement, je vous le dis tout de suite, je serais tenté d’appuyer votre projet de loi. »

Source : Le Devoir

mardi 23 janvier 2024

L’obligation de scolarisation par l’État est-elle toujours bénéfique ?

Extrait du livre Dumbing us Down (« Nous abrutir ») de John Taylor Gatto, professeur de l’année de l’État de New York (1991) :
« Notre système d’éducation obligatoire, invention de l’État de Massachusetts, date des années 1850. Il fut combattu – parfois les armes à la main – par près de 80 % de la population du Massachusetts, le dernier réduit de Barnstable au cap Cod ne rendit ses enfants que dans les années 1880 quand la milice occupa la région et les enfants furent conduits sous garde armée à l’école.

Considérons maintenant ce fait curieux : le bureau du Sénateur Ted Kennedy a récemment publié un communiqué indiquant que le taux d’alphabétisme au Massachusetts avant l’imposition de l’éducation obligatoire était proche de 98 % et que, par la suite, ce chiffre n’a jamais excédé récemment 91 %, niveau où il se stagne en 1990. » (p. 22 de l'édition de 2005, publiée chez New Society Publishers)
Gatto souligne également l'existence d'un lectorat important avide de lire en l'absence de toute scolarisation publique obligatoire :
« Le livre de Thomas Paine Le Sens commun (1776) se vendit à 600 000 exemplaires sur une population [totale des États-Unis] de 3 000 000 dont 20 % étaient des esclaves et 50 % des serviteurs sous contrat. Les colons américains étaient-ils des génies ? Non, la vérité est qu’apprendre à lire, écrire et compter peut se faire en aussi peu qu’une centaine d’heures pour autant que l’élève soit enthousiaste et avide d’apprendre. Le truc, c’est d’attendre que quelqu’un demande et d’alors foncer pendant que l’élève est enthousiaste. » (p. 12, édition 2005)
Ces chiffres sont corroborés par plusieurs témoignages cités dans Public Schools, Public Menace de Joe Turtel :
« En 1765, John Adams écrivait qu’« un Américain de naissance, plus particulièrement en Nouvelle-Angleterre, qui ne sait ni lire ni écrire est un phénomène aussi rare qu’une comète. » Jacob Duché, aumônier du Congrès en 1772, disait de ses compatriotes : « Presque tous savent lire. » Daniel Webster confirma que l’instruction en famille avait eu comme résultat l’alphabétisation quasi complète de la population quand il déclara « un adolescent de quinze ans, quel que soit son sexe, qui ne sait ni lire ni écrire, est très difficile à trouver. » Au début des années 1800, l’entrepreneur et économiste français Pierre Samuel du Pont de Nemours [...] vint en Amérique et se pencha sur l’éducation ici. Il découvrit que la plupart des jeunes Américains savaient lire, écrire et compter et que les Américains de tout âge pouvaient lire la Bible et le faisaient. Il évaluait que moins de 4 Américains sur 1000 ne savaient pas écrire de manière claire et lisible. »

vendredi 22 septembre 2023

Suisse — Zurich recommande aux parents de bannir les termes «papa» et «maman»

Le dernier bulletin du Bureau zurichois de conseils aux parents exhorte ces derniers à utiliser un langage neutre du point de vue du genre. De vives réactions se sont fait entendre.

Exit les papas et les mamans zurichois ! Il faut désormais les appeler « parent » (Elternteil) ou « tuteur » (Betreuungsperson). C’est du moins ce que recommande la Ville dans son dernier bulletin de conseils aux parents, qui porte sur la thématique du langage non sexiste. Cette suggestion s’applique particulièrement dans les situations où les géniteurs parlent d’autres familles à leurs enfants, précise le bulletin. Les parents y sont également invités à « mettre de côté leurs propres héritages au sujet du genre et les goûts vestimentaires qui en découlent pour l’enfant ».

Selon Julia Köpfli, chargée de communication aux services sociaux de la Ville, le choix de cette thématique répond à un besoin de plus en plus présent. Apparemment, les questionnements autour du genre et de l’éducation préoccupent toujours davantage de parents. Nombre d’entre eux se seraient rendus récemment au centre de conseils afin d’obtenir des éclaircissements sur la question.

« Alarmant et totalement détaché de la réalité »

Les réactions ne se sont pas fait attendre du côté de l’UDC. Pour Susanne Brunner, élue au parlement de la Ville de Zurich, le contenu du bulletin est « alarmant et totalement détaché de la réalité ». Cette dernière dénonce un mode d’emploi pour une éducation visant à la dissolution des genres. Par ailleurs, elle considère que l’éducation est une affaire privée, et que la Municipalité n’a donc pas à s’immiscer dans celle-ci. L’élue zurichoise s’était déjà fait remarquer en 2020 en menant un véritable combat contre l’écriture inclusive.

Mais il n’y a pas que la droite qui semble étonnée par le discours tenu dans ce bulletin. Michel Matter, conseiller national genevois et vice-président des Verts Libéraux, a réagi avec force sur le réseau social LinkedIn en partageant une capture d’écran d’un article sur le sujet : « Et on va où ?!?!?! Plus de maman, plus de papa ?!?! Il faut savoir dire STOP ». En quelques heures, la publication de l’élu a suscité une centaine de commentaires, la plupart allant dans le sens de ce dernier.

Source

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Québec — Le Guide gouvernemental à l'intention des milieux scolaires reprend les clichés militants LGBTQ2SAI+

 Québec — Cours d’éducation à la sexualité ou comment endommager une génération en une seule prise… 

Au Québec, un cours d’éducation sexuelle « imprégné par la théorie du genre » ?
 
Promouvoir la déclaration de non-binarité : l’inscription d’enfants non-binaires rapportera plus d’argent aux clubs
 
Assiste-t-on à l'effritement de l'alliance entre la gauche libérale woke et l'islam politique au Canada ?
 
La « personne » enceinte — Loi sur les normes du travail du Québec, article 81.4 (oui, oui, sous la CAQ)
 
Projet de loi 15 du Québec — les parents de plus en plus évincés par l’État comme protecteur de l’intérêt de l’enfant

Loretta et le droit en tant qu’homme d’avoir des bébés

 
 
Angleterre — La chirurgie transgenre a endommagé mon corps pour toujours - « ce n'est pas une chirurgie sûre »
 
Associated Press : n'écrivez plus « les Français », « les malades mentaux », mais les « personnes atteintes de maladies mentales »... (m à j)

Novlangue — Chirurgie du torse, Vaginoplastie 

Novlangue — la gauche « s’indigne » ou « s’engage », la droite « récupère »

Ministère de la Justice du Québec finance les pronoms trans
 
Effacement des femmes : Teen Vogue parle de « non-propriétaire de prostate »
 
Antiféminisme, antiscientisme : « Corps avec des vagins, personne en capacité de porter un enfant »
 
Québec — Pronoms personnels « iel » et « iels » seraient maintenant enseignés en français de secondaire 2
 
Trudeau défendra toujours les enfants LGDP... LGT... LBT, ....LGBTQ2+ 
 
Colombie-Britannique — Un père emprisonné pour avoir qualifié sa fille biologique de fille et utilisé le pronom féminin « elle » (m à j)
 

mercredi 18 mai 2022

Google : la Loi sur les nouvelles en ligne donnerait au gouvernement fédéral une « influence sans précédent »

La vice-présidente et directrice générale de Google Canada, Sabrina Geremia, a averti lundi dans un long article que le projet de loi C-18 — également connu sous le nom de Loi sur les nouvelles en ligne — donnerait au gouvernement fédéral « de nouveaux pouvoirs étendus » pour réglementer le contenu des nouvelles. Extrait du communiqué de Google sur la Loi sur les nouvelles.

La loi sur les nouvelles en ligne donnerait aux régulateurs une influence sans précédent sur les nouvelles.

Le projet de loi donne au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de nouveaux pouvoirs sans précédent pour réglementer tous les aspects de l’industrie canadienne de l’information. Le CRTC serait chargé de déterminer qui est un journaliste, ce qu’est une entreprise de presse éligible et combien d’argent sera versé à chaque entité — des décisions bien au-delà de son expertise en tant qu’organisme de réglementation de la radiodiffusion. Il superviserait et régirait toutes les négociations entre les éditeurs de nouvelles et les entreprises technologiques, y compris la fixation de conditions obligatoires, tout en résolvant tout litige en résultant et en ayant le pouvoir d’imposer des sanctions. Le projet de loi donnerait également au CRTC un pouvoir pratiquement illimité d’exiger des informations des plateformes et des entreprises de presse.

En fin de compte, le CRTC aurait un pouvoir énorme lorsqu’il réglementerait les nouvelles sur lesquelles les Canadiens comptent, avec peu ou pas de freins et contrepoids.

Google n’est pas la seule entreprise à avoir publiquement dénoncé l’intention du gouvernement Trudeau de réglementer les nouvelles en ligne. Meta (anciennement connu sous le nom de Facebook) et Twitter ont également qualifié la législation de « défectueuse ».

Le projet de loi C-18 obligerait, par exemple, les agrégateurs internet à payer pour les liens vers des nouvelles. Le CRTC appliquerait la négociation obligatoire, surveillerait la conduite des parties impliquées et pénaliserait celles qui ne se conforment pas à ses règles.

Meta a récemment menacé de bloquer l’accès aux nouvelles au Canada sur Facebook si le gouvernement mettait ses plans à exécution.

« Pour faire bref, notre réponse est que nous continuons d’évaluer cette loi », a déclaré Rachel Curran, responsable des politiques publiques de Meta pour le Canada, aux parlementaires en avril. « Nous n’en connaissions pas la portée jusqu’à ce qu’il soit déposé très récemment. Je dirais que nous avons des préoccupations assez sérieuses.

En réponse à des lois similaires introduites par l’Australie l’année dernière, Meta avait mis fin à l’accès au contenu d’actualités sur Facebook. Cette décision a contraint le gouvernement australien à renégocier certaines parties de son régime de réglementation de l’internet. Le Canada a cité la législation australienne comme base sur laquelle ses propres lois proposées ont été fondées.

Source : Google

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Libéraux de Trudeau veulent davantage censurer le discours qui leur déplaît sur internet 

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Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé 

Cour suprême du Canada — “toutes les déclarations véridiques” ne doivent pas “être à l’abri de toute restriction”   

Ingrid Riocreux sur les médias, les “vérificateurs de faits”, la pandémie, la censure  

Australie — Facebook cède, Google et Facebook passent des accords de rémunération avec divers médias australiens

jeudi 9 décembre 2021

Le Sénat du Canada adopte en priorité le projet de loi C-4 interdisant les « thérapies de conversion »


Le gouvernement canadien a adopté le projet de loi C-4, un projet de loi qui viserait à interdire les thérapies de conversion, mais qui semble porter atteinte aux droits des individus du même coup.

Mercredi dernier, le projet de loi C-4 interdisant les thérapies de conversion a été adopté de façon accélérée à la Chambre des communes, à peine celle-ci reconvoquée après une longue suspension. Cette semaine, le sénateur soi-disant conservateur Leo Housakos a demandé l’approbation unanime pour que le projet de loi devienne loi et a réussi. Le projet de loi C-4 sera donc la loi du pays grâce à l’appui massif des « conservateurs » dans les deux chambres.

Deux projets de loi antérieurs visant à interdire des thérapies de conversion similaires avaient échoué en raison à la fois de leur teneur troublante et du fait que le Canada avait déjà mis en place des lois qui empêchent les pratiques thérapeutiques abusives ou forcées associées aux thérapies de conversion coercitives, chimiquement invasives et abusives.

Pour plusieurs, comme le député Garnett Genuis, un farouche opposant aux deux projets de loi qui avaient échoué, le projet de loi C-4 est un pas de trop. D’aucuns, à l’instar de Genuis, soulignent les graves problèmes entourant certaines des définitions du projet de loi.

Le projet de loi C-4, qui avait été auparavant présenté sous le nom de projet de loi C-6 et qui s’est heurté à une forte opposition, a été adopté avec une célérité inhabituelle, voire suspecte, au Parlement alors que Genuis était à l’étranger.

Pourquoi les gens devraient-ils s’inquiéter ?

Le projet de loi C-4 rendrait illégal toute thérapie ou conseil qui encourage un individu à réduire son attirance ou son comportement homosexuel — même si un adulte décide de son plein gré de les recevoir. Pour ces critiques, il criminalise également tous les services de conseil qui peuvent chercher à aider toute personne, y compris les enfants, qui souhaitent « détransitionner » et revenir à leur sexe biologique.

Ce projet de loi ne viserait pas à protéger qui que ce soit, il s’agit d’imposer une vision idéologique particulière : on ne peut regretter des tendances homosexuelles ou ne peut regretter avoir entamer une « transition ».

Il faut s’opposer à toute thérapie de conversion forcée, nuisible ou coercitive ; il faudrait également s’opposer à ce que des gens ne soient pas en mesure de rechercher librement les conseils qu’ils souhaitent. Il s’agit d’un affront aux droits et libertés de citoyens qui souhaitent peut-être mettre un frein à des comportements sexuels ou une identité qu’ils ne désirent pas.

Selon les critiques du projet de loi C-4, voici un exemple de thérapie désormais illégale : un homme trompe sa femme avec un homosexuel et demande des conseils afin d’améliorer sa vie de famille et de maintenir son engagement de fidélité envers sa femme. Un conseiller prodiguant des conseils pour que le mari cesse sa liaison homosexuelle offrirait des conseils qui encouragent la réduction du comportement homosexuel et enfreindrait donc la loi.

Le projet de loi C-4 serait tout simplement vicié dans sa formulation. Cette formulation vague donnera un pouvoir arbitraire sans précédent aux autorités si elles souhaitent punir un thérapeute qui ne sera pas de leur bord idéologique tout en fermant les yeux sur d’autres pratiques jugées conformes à leur prisme idéologique.

L’autre préoccupation majeure du projet de loi est que pratiquement toutes les grandes religions ont un enseignement sur la sexualité, y compris le genre et l’orientation. Ce projet de loi serait un affront direct aux libertés religieuses, car il érigerait en crime tout conseil religieux donné par un chef religieux en matière de comportement ou d’attirance sexuels acceptables selon ces religions.

Pour Adam Soos, un journaliste de Calgary auprès de Rebel News, il s’agit d’un projet de loi choquant et qui doit être contesté.

Il a rejoint un groupe de personnes qui se battent actuellement, y compris des experts cliniques, une femme qui a tragiquement subi une thérapie de conversion forcée et qui s’élève toujours contre le projet de loi C-4 et Jose Ruba, qui est le directeur de FreeToCare.ca et a lancé un réseau d’intervention psychologique et sociale (« counseling ») entre pairs à BeyondGay.ca, qui a lui-même été attiré par le même sexe, mais a pu choisir l’intervention psychologique et sociale qu’il désirait et vivre sa vie librement selon ses convictions.

Adam Soos préconise de se rendre sur BanBillC4.com et de signer la pétition contre ce projet de loi qu’il qualifie de troublant. (Plus de 5200 signatures à l’heure d’écrire ces lignes.) 


En même temps, en France, le parti du président « progressiste » Macron pousse un projet de loi similaire. Extraits d’un article de l’Incorrect sur le sujet :

Après le délit d’entrave à l’IVG [avortement], on risquait de s’ennuyer : viendra bientôt un délit d’entrave à l’identité sexuelle. Il devient interdit d’informer, d’accompagner, pire encore de soigner une personne qui s’interrogerait sur son identité sexuelle. Sous prétexte d’une plus grande liberté, accroissons encore un peu la confusion des mineurs. Professionnel de la santé ou parent, attention dorénavant à vos propos qui pourraient vous coûter cher.

L’enfer est pavé de bonnes intentions, nous dit-on. C’est encore pire lorsqu’elles sont feintes. Le 5 octobre, une proposition de loi interdisant les « thérapies de conversion » a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale. Le texte prévoit de sanctionner d’une peine de deux ans d’emprisonnement assortis de 30 000 euros d’amende « les pratiques, les comportements ou les propos répétés visant à modifier ou à réprimer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, vraie ou supposée, d’une personne et ayant pour effet une altération de sa santé physique ou mentale ». Si la victime est mineure, la peine monte à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

Pendant les débats à l’Assemblée nationale, Laurence Vanceunebrock (LREM), rapporteur de la loi, a justifié la nécessité du texte par l’existence de pratiques telles que des « exorcismes, retraites, stages de guérison, séances d’humiliation, hypnose, traitements par électrochocs, prescriptions d’anxiolytiques, d’antidépresseurs, injections d’hormones, ou encore mariages forcés, séquestrations, privations de nourriture, coups et violences, viols, et même excision ». Comment mettre sur le même plan une retraite et un mariage forcé, ou bien une prescription d’anxiolytiques et une séquestration ? Sans compter que la plupart des actes cités sont déjà réprimés par le Code pénal. Ensuite, l’intitulé du nouveau délit est tellement flou qu’il ne répond pas aux critères de la loi pénale, voulant qu’une peine précise soit infligée en réponse à un délit clairement défini. En réalité, sous couvert de lutte contre l’homophobie, le gouvernement institue la théorie du genre dans le droit français. Cela par un texte dangereux à double titre, dont les premières victimes seront les enfants.



jeudi 7 octobre 2021

La défense des intérêts du Québec version Bloc Québécois : pas d'exemption religieuse à la vaccination obligatoire

Le Bloc québécois a décidé de se faire entendre. Il y a urgence. Le BQ, donc, demande au gouvernement fédéral de reculer sur l'exemption à la vaccination obligatoire contre la COVID-19 de ses fonctionnaires pour des motifs religieux.

Martin Champoux, porte-parole du Bloc québécois en matière de laïcité [de laïcisme plutôt], veut que les libéraux écartent toute exemption pour motifs religieux. Selon lui, la santé publique ne doit pas être compromise par des croyances personnelles. 

Les gens ont-ils encore le droit d'avoir une opinion distincte de celle exprimée par l'État quant à ce que l'on veut leur injecter ? Et si les gens sont déjà immunisés parce qu'ils ont attrapé le virus plus tôt, doivent-ils quand même obéir aux désirs des bureaucrates fédéraux ? Quid s'ils sont en bonne santé et jeunes et donc peu susceptible de souffrir de la Covid ? Pourquoi cette intolérance de la part de Trudeau et de son allié le BQ ? Sommes-nous devant la peste bubonique qu'il faille, toute affaire cessante, appuyer les exemptions pour objection de conscience ? En quoi est-ce une priorité pour le BQ ?

« Alors que le gouvernement [Trudeau] propose des mesures sanitaires extraordinaires basées sur la science [le passeport vaccinal n'est pas une mesure basée sur la science puisque les vaccinés peuvent contaminer d'autres gens!], ce grave manque de cohérence porterait lourdement atteinte à la cohésion sociale. Ottawa doit reculer et réserver l'exemption à la vaccination obligatoire aux personnes qui ne peuvent se conformer aux règles pour des raisons de santé », a déclaré M. Champoux par voie de communiqué.

Voir aussi  

L'Ontario, la Suède et le Danemark suspendent le vaccin anti-Covid de Moderna pour certains jeunes (m à j : Finlande aussi) [6 et 7 octobre 2021]

Le vaccin d'AstraZeneca suspendu pour les moins de 55 ans [Le Soleil 29 mars 2021 : « Après avoir clamé sur tous les fronts que le vaccin d’AstraZeneca est efficace et sécuritaire, les autorités fédérales et provinciales en suspendent maintenant l’utilisation pour les personnes de moins de 55 ans. »]

«Un nombre important de cas d'échec du vaccin Janssen a été rapporté, avec notamment des formes graves (décès, réanimation) ainsi qu'une surreprésentation des patients vaccinés par Janssen en réanimation dans deux CHU» (Centres Hospitaliers Universitaires), à Marseille (sud) et Tours (ouest), note l'ANSM dans son rapport périodique de surveillance des vaccins.

Du Dr Martin Blacher, médecin français spécialiste en santé publique : «Ce passe sanitaire est une hérésie car ce sont les vaccinés qui contaminent les non-vaccinés »

Comparez à l'enseignant d'art dramatique Trudeau :

Trudeau : les non vaccinés assis à côté de vaccinés mettent ces derniers en danger

Voir aussi

Une étude révèle que l'immunité naturelle serait supérieure à la vaccination

mercredi 11 août 2021

Arguments contre l'imposition des masques aux enfants

Lettre ouverte des docteurs Marty Makary et H. Cody Meissner parue le 8 août 2021 dans le Wall Street Journal. Le Dr Makary est professeur à la Johns Hopkins School of Medicine, rédacteur en chef de Medpage Today et auteur de « The Price We Pay ». Le Dr Meissner est chef des maladies infectieuses pédiatriques au Tufts Children’s Hospital et a siégé au comité consultatif externe de la Food and Drug Administration pour les vaccins Covid-19.

Les masques réduisent-ils la transmission du Covid chez les enfants ? Croyez-le ou non, nous n’avons pu trouver qu’une seule étude rétrospective sur la question, et ses résultats n’ont pas été concluants. Pourtant, il y a deux semaines, les Centres pour le Contrôle et la Prévention des maladies (CDC) ont décrété de manière draconienne que 56 millions d’enfants et d’adolescents américains, vaccinés ou non, devraient se couvrir le visage, quelle que soit la prévalence de l’infection dans leur communauté. Les autorités de nombreux endroits ont pris le parti d’imposer de telles obligations dans les écoles et ailleurs, sur la base de la théorie selon laquelle les masques ne peuvent faire aucun mal.

Ce n’est pas vrai. Certains enfants supportent bien un masque, mais ce n’est pas vrai pour d’autres. Ceux qui souffrent de myopie peuvent avoir des difficultés à voir, car le masque embue leurs lunettes. (Cela a longtemps été un problème pour les étudiants en médecine dans la salle d’opération.) Les masques peuvent causer de l’acné grave et d’autres problèmes de peau. L’inconfort d’un masque distrait certains enfants de l’apprentissage. En augmentant la résistance des voies respiratoires pendant l’expiration, les masques peuvent entraîner une augmentation des niveaux de dioxyde de carbone dans le sang. Et les masques peuvent être des vecteurs d’agents pathogènes s’ils deviennent humides ou s’ils sont utilisés trop longtemps.

En mars, le ministère irlandais de la Santé a annoncé qu’il n’exigerait pas de masques dans les écoles, car ils « pourraient exacerber l’anxiété ou les difficultés respiratoires de certains élèves ». Certains enfants compensent ces difficultés en respirant par la bouche. La respiration buccale chronique et prolongée peut altérer le développement du visage. Il est bien documenté que les enfants qui respirent par la bouche -- en raison de végétations adénoïdes qui bloquent leurs voies respiratoires nasales -- peuvent développer une déformation de la bouche et un visage allongé.

Les dommages psychologiques possibles du port du masque généralisé sont encore plus préoccupants. Les expressions faciales font partie intégrante de la communication humaine, en particulier pour les jeunes enfants, qui commencent à signaler la peur, la confusion et le bonheur. Couvrir le visage d’un enfant met en sourdine ces formes de communication non verbales et peut entraîner des interactions robotiques et sans émotion, de l’anxiété et de la dépression. Voir les gens parler est un élément constitutif du développement phonétique. Il est particulièrement important pour les enfants atteints de handicaps tels que les troubles auditifs.

Les effets néfastes sur le développement de l’obligation de porter des masques pendant quelques semaines sont probablement mineurs. Mais nous ne pouvons pas affirmer la même chose lorsque cette pratique s’étend sur des mois ou des années.

Qu’en est-il des risques liés à la Covid que cette obligation de port de masque est censée atténuer ? Le CDC rapporte que pour la semaine du 31 juillet, le taux d’hospitalisation avec Covid pour les enfants de 5 à 17 ans était de 0,5 pour 100 000, ce qui représenterait environ 250 patients. Le CDC reconnaît que tous ces enfants n’étaient pas à l’hôpital à cause de la Covid : les tests viraux à l’admission sont systématiques, même pour les patients qui ne présentent aucun symptôme de la Covid. Les enfants qui développent des symptômes de Covid courent un risque minime de « long Covid », selon une étude du Lancet publiée le 3 août : « Presque tous les enfants ont eu une résolution des symptômes en 8 semaines, ce qui rassure sur les résultats à long terme. »

On sait que les enfants transmettent la Covid, mais beaucoup moins souvent que les adultes. Une étude menée en Caroline du Nord avant que les vaccins ne soient disponibles n’a trouvé aucun cas de transmission d’élève à enseignant lorsque 90 000 élèves étaient à l’école. La variante Delta à propagation plus rapide est apparue depuis, mais de nombreux enseignants, parents et enfants de 12 ans et plus ont également été vaccinés [ou immunisés parce qu’ils ont attrapé le virus entretemps].

Les décrets sur les masques du CDC sont de façon perverse permissifs et inutilement stricts. Les masques en tissu ne sont pas aussi efficaces que les respirateurs N95, mais les directives du CDC ignorent la distinction. « Beaucoup de masques en tissu que les gens portent ne réduisent pas de manière très efficace l’inhalation ou l’exhalation du virus », a déclaré à CNN l’épidémiologiste Michael Osterholm, qui a fait partie du groupe de travail Covid de l’équipe de transition de Biden, la semaine dernière. En juillet, après avoir été attaqué pour des commentaires similaires, M. Osterholm a écrit une clarification de 5 000 mots cherchant à dissiper « l’idée selon laquelle je suis “anti-masque” ».

Nous encourageons les Américains à porter des masques depuis le début de la pandémie. Mais une attention particulière doit être accordée aux nombreux enfants qui ont des difficultés à porter un masque. Les responsables de la santé publique prétendent fonder leurs décisions et leurs conseils sur la science, mais il n’y a pas de science derrière les décrets imposant le port de masques pour les enfants. Une nouvelle étude de recherche menée par l’un d’entre nous (le Dr Makary) et ses collègues de Johns Hopkins a révélé que sur les 42 milliards de dollars que les National Institutes of Health ont dépensés pour la recherche l’année dernière, moins de 2 % sont allés à la recherche clinique de la Covid et pas une seule subvention n’a été consacrée à l’étude des masques chez les enfants.

En l’absence de données, l’obligation du port de masques a déclenché une guerre culturelle. Pourtant, si les masques réduisent la transmission asymptomatique chez les enfants, il ne s’agit probablement pas d’une des quatre premières stratégies d’atténuation de la transmission que les écoles peuvent adopter, après la ventilation, la distanciation et la division des élèves en petits groupes appelés cellules. La vaccination obligatoire de tous les enseignants et autres adultes dépourvus d’immunité naturelle — à laquelle les syndicats d’enseignants se sont vigoureusement opposés — serait également utile.

Tout enfant qui souhaite porter un masque doit être libre de le faire. Mais les forcer à faire des sacrifices personnels, de santé et de développement pour le bien des adultes qui refusent de se faire vacciner est abusif. Avant d’ordonner le port obligatoire du masque à 56 millions d’Américains qui sont trop jeunes pour voter et n’ont pas de lobby, voyons les données qui démontrent les avantages de cette mesure et pesons-les contre les dommages à long terme.

Voir aussi 

Alliance des professeurs de Montréal a fait pression pour l’imposition du port du masque à l’école

Covid-19 — La Suède est-elle un contre-exemple ? (les enfants n’ont jamais été obligé de porter un masque)

dimanche 21 mars 2021

Philippe Lemoine: «Le confinement n’a rien d’une fatalité»

Le confinement est inspiré par des modèles d’épidémiologistes qui reposent sur des postulats fragiles, argumente le doctorant en philosophie des sciences*. Au lieu de céder à l’injonction de « faire quelque chose », le gouvernement devrait mettre en balance plus froidement les coûts et les avantages du confinement, plaide-t-il dans les colonnes du Figaro.

« Les confinements et plus généralement les restrictions ont un coût extrêmement important, non seulement économique, mais aussi humain », rappelle Philippe Lemoine. 

Seize départements métropolitains sont à nouveau « confinés ». Il s’agit cependant d’un confinement très relatif puisque peu de choses ont changé pour les habitants de ces départements. Les partisans d’un confinement « strict » se plaignent que ces mesures n’auront aucun effet sur l’épidémie, ce en quoi ils ont sans doute raison. Hormis les restrictions sur les déplacements qui sont difficiles à faire respecter et ne changeront sans doute pas grand-chose aux comportements, le principal changement consiste dans la fermeture des commerces « non essentiels ». Or, d’après l’étude ComCor de l’Institut Pasteur, seul 0,07 % des cas dont on connaît la source de contamination ont été infectés dans un commerce. L’analyse statistique utilisée dans l’étude, qu’il convient de prendre avec prudence, conclut même que la fréquentation des commerces était associée à un risque moins important de contamination.

 

Malgré des politiques de confinement (ou non) très différentes, la pandémie a connu une courbe similaire dans de très nombreux pays. La Suède, au même niveau que le Québec, n’a jamais confiné sa population.

 

Autant dire que si l’incidence se met à baisser dans les départements concernés par ces mesures au cours des jours ou des semaines qui viennent, il est très improbable que cela ait quoi que ce soit à voir avec ces dernières. Cela n’empêchera pas tous les commentateurs, à commencer par les partisans d’un confinement « strict » qui dénoncent aujourd’hui un confinement trop souple à leur goût, d’attribuer la baisse à celui-ci ou, à défaut de baisse, d’expliquer que c’est grâce à ces mesures que les projections apocalyptiques des épidémiologistes auront été démenties. Ce qui ne manquera pas d’arriver. En effet, les modèles des épidémiologistes continuent de partir du principe que les mesures gouvernementales sont le principal, voire dans bien des cas le seul facteur influençant la transmission du virus, alors que toutes les données, françaises comme internationales, montrent qu’il n’en est rien. Il existe de nombreux exemples d’endroits qui n’ont pas confiné, mais où l’épidémie a quand même fini par reculer.

L’exemple le plus connu est sans doute la Suède, où il y a certes des restrictions, mais beaucoup moins sévères qu’en France. Tandis qu’en France [et au Québec] les bars et restaurants sont fermés depuis octobre et qu’un couvre-feu est en vigueur depuis le 15 décembre, les bars et restaurants sont restés ouverts en Suède, même s’ils sont soumis à des restrictions, et il n’y a jamais eu de couvre-feu. Pourtant, plus d’un an après le début de la pandémie, le nombre de morts par habitant est à peu près identique en France [et au Québec] et en Suède.

Les partisans d’un confinement « strict » prétendent que, si la Suède a réussi à s’en sortir aussi bien que la France avec des restrictions beaucoup moins dures, c’est parce que la densité de population y est moins importante ou pour une autre raison du même type. Mais il y a beaucoup d’autres exemples, comme la Serbie, la Floride ou l’Espagne, d’endroits qui n’ont pas confiné et où l’incidence est malgré tout retombée bien avant que le seuil d’immunité collective ne soit atteint.

Ces endroits sont très différents sur les plans culturel, démographique et géographique, donc il n’y a aucune raison de penser qu’ils ont en commun des caractéristiques qui expliquent pourquoi ils ont échappé au destin que leur promettaient les modèles. Il est plus probable que ce soit parce que, même en l’absence de confinement et de restrictions dures, les gens modifient leurs comportements en réponse à l’évolution de l’épidémie, ce qui fait baisser la transmission quand le nombre d’hospitalisations et de décès augmente.

C’est probablement aussi pour cette raison que, tant que le seuil d’immunité collective n’a pas été atteint, l’incidence finit toujours par repartir à la hausse, car, dès que les gens n’ont plus peur et reprennent leurs habitudes, la transmission augmente à nouveau. C’est pourquoi la vaccination reste indispensable pour sortir de la crise. Les changements de comportement qui réduisent la transmission se produisent même sans restrictions quand la situation devient critique et que suffisamment de gens ont peur. Et il semble que les restrictions aient du mal à cibler les comportements qui contribuent le plus à la transmission, ce qui explique sans doute pourquoi l’incidence repart à la hausse même dans des pays comme l’Allemagne qui sont confinés (à des degrés très variables) depuis des mois.

En revanche, les confinements et plus généralement les restrictions ont un coût extrêmement important, non seulement économique, mais aussi humain. Il est frappant que, alors même que les gouvernements occidentaux se livrent depuis des mois aux violations des libertés individuelles les plus importantes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, pas un seul d’entre eux n’ait publié la moindre analyse coûts-avantages pour justifier cette politique.

Il est vrai que, à moins de faire des hypothèses complètement fantaisistes sur l’effet des restrictions sur l’épidémie, une telle analyse montrerait à coup sûr qu’elles n’en valent pas la peine. Malheureusement, la plupart des commentateurs ne prennent en compte que le nombre de morts et le risque de saturation des unités de réanimation, à l’exclusion de tout le reste. Bien sûr, la saturation des unités de réanimation a des conséquences tragiques, mais confiner plusieurs millions de personnes pendant des semaines est bien plus terrible encore, même si ça ne donne pas lieu à des images spectaculaires de gens cloués dans des lits d’hôpital au journal télévisé.

De plus, il est probable que le confinement ne changera pas grand-chose à la saturation des unités de réanimation, car, même sans confinement, l’incidence retombera vraisemblablement avant que les hôpitaux ne soient totalement submergés, comme partout où les autorités ont résisté aux appels à imposer des restrictions dures quand l’incidence explosait. Le confinement et plus généralement les restrictions ne sont pas une fatalité. Rien ni personne ne force le gouvernement à prendre ces mesures. Il pourrait et devrait commencer à lever les restrictions en place depuis des mois, alors même que dans la plupart des cas il est douteux qu’elles aient le moindre effet, sinon à la marge.

Beaucoup d’autres pays l’ont fait, il n’y a donc pas de raison pour que la France ne puisse pas faire la même chose. Encore faudrait-il que le gouvernement prenne ses responsabilités et traite les Français comme des adultes au lieu de gérer la crise au fil de l’eau en prenant des décisions absurdes de temps à autre pour répondre à l’injonction constante de « faire quelque chose ».

* Philippe Lemoine est doctorant à l’université Cornell (États-Unis) et chargé de recherche au Center for the Study of Partisanship and Ideology.

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Il y a une raison pourquoi aucun gouvernement n’a fait une analyse coûts-bénéfices des confinements… 

Covid en Catalogne et Occitanie : des mesures opposées… pour un même résultat ?