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dimanche 13 septembre 2026

« Grand remplacement » : retour sur une polémique et un tabou

Nous ne sommes pas sûr de suivre Mathieu Bock-Coté quand il dit (vers 1 min 24) : « Et là, on tombe sur la fameuse question de la théorie du Grand Remplacement. Et là, c'est la formule médiatique consacrée, c'est la théorie conspirationniste et raciste du grand remplacement. Et je lui demande est-ce que c'est une théorie raciste ? Elle me dit, elle est fausse, c'est mensongère. Très bien, elle est inexacte. »

Ou plus précisément, on ne sait si le « inexact » est une concession rhétorique pour faire avancer le débat comme pour dire « admettons qu'elle soit raciste, faut-il alors, selon vous, traîner les gens qui utilisent cette formule devant les tribunaux ? ». Ou Bock-Côté dit-il qu'elle inexacte car son auteur, Renaud Camus, n'y voit qu'une description factuelle et non un complot ourdi en secret par quelques noirs cénacles ?

En effet, Renaud Camus a nié, de façon répétée et explicite, que le « Grand Remplacement » soit un complot ou une « théorie du complot ». Il a réagi très souvent à cette accusation.

Ce que Camus dit lui-même

Sa position constante est à peu près celle-ci :

  • le Grand Remplacement n’est pas une théorie ;
  • ce n’est donc pas une théorie du complot ;
  • c’est un constat, un « chrononyme » (comme « Grande Guerre » ou « Grande Dépression ») : le nom d’une époque d’après son phénomène principal, le « changement de peuple et de civilisation ».

Dans un entretien de 2023 (repris dans son journal), à la question « Qu’est-ce qui se cache derrière, un complot ? », il répond :

Certainement pas. Le mot est infiniment trop petit. Il s’agit de mécanismes infiniment plus vastes, dont les rouages ne sont pas forcément des hommes, des femmes, des groupes ou des coalitions d’intérêts.

Ailleurs, il écrit qu’il n’a « jamais fait allusion au moindre “complot” », mot qu’il juge « ridiculement petit » face à des mécanismes industriels, financiers, cybernétiques, ontologiques.

Il ajoute souvent qu’un complot est censé être secret, alors que le processus, selon lui, « s’étale en pleine lumière », même si les médias et les élites le nient ou le taisent.

A-t-il réagi à l’accusation de complot ?

Oui, de façon obsessionnelle depuis plus de dix ans. Il appelle cela « la théorie de la théorie du complot » : selon lui, coller l’étiquette « complotiste » à toute description du changement démographique sert à décrédibiliser la question sans la discuter.

Il s’est parfois demandé s’il n’avait pas eu tort de passer tant de temps à se défendre de l’être. En 2015, dans son journal, il écrit même être devenu « semi-complotiste a posteriori » : non pas qu’il croie à un complot au sens classique, mais à une « volonté agissante ». Plus récemment, il ironise : les journalistes qui répétaient « théorie du complot ! » avaient peut-être raison de pointer une volonté, même si le mot reste « dix millions de fois trop petit ».

Source de ce phénomène démographique, selon Camus ?

Pas par une cabale secrète à la manière des Protocoles de Sion. Camus écarte en général l’idée d’un petit groupe d’inspirateurs cachés. Il distingue deux plans :

  • Le Grand Remplacement : le phénomène qui décrit l'immigration de masse, les différentiels de fécondité entre populations et la « déculturation », qu’il présente comme un fait, pas comme un plan ourdi dans l’ombre.
  • Le « remplacisme global » / la « davocratie » : sa théorie des causes. Ce serait la gestion managériale du « parc humain » par Davos, les banques, les fonds spéculatifs, les fonds de pension, les multinationales, les GAFAM, la cybernétique. Voir par exemple cet entretien.

Les « acteurs » qu’il nomme ne sont pas un comité secret unique :

  • les élites « remplacistes » (politiques « La Nouvelle France » de Mélenchon par exemple, médiatiques, intellectuelles) qui, selon lui, acceptent, encouragent ou taisent le processus ;
  • des intérêts économiques très concrets (main-d’œuvre, croissance, interchangeabilité) ;
  • une logique systémique plus qu’une intention claire : il compare cela à la Révolution industrielle, parle de Machenschaft (Heidegger) et dit que « la Machine se corrige et se contrôle elle-même » ;
  • parfois « vous, moi, la petite bourgeoisie universelle ».

Il parle aussi d’une « conspiration du silence » des élites sur le sujet, ce qui, pour ses critiques, suffit à classer le récit comme complotiste. Voir notamment l’article Grand remplacement sur Wikipédia.

Comment les autres le présentent

Wikipédia, Conspiracy Watch, Le Monde, franceinfo, etc., qualifient le Grand Remplacement de théorie complotiste d’extrême droite : substitution démographique acceptée, soutenue, voire organisée par une élite « remplaciste », dans un cadre « mondialiste ».

La tension est donc celle-ci : Camus refuse le mot « complot » et le schéma du secret ourdi par un petit groupe identifiable ; il décrit pourtant des élites complices, une volonté politique/financière et un silence organisé. Ses détracteurs retiennent le second volet ; lui insiste sur le premier.

L’existence des peuples, contre Habermas

Après le rappel de la polémique récente sur l'expression taboue de « Grand Remplacement », Bock-Côté dit que, pour nier toute idée de « remplacement » ou de « submersion », on commence par nier l’existence même des peuples historiques :

  • si le peuple d’un pays n’existe plus au sens ethnoculturel, démographique, civilisationnel, il ne peut pas être « submergé » ;
  • « si une réalité n’existe pas, elle ne peut pas disparaître » ;

  • mais réduire les peuples à de pures constructions juridiques rend le monde « inintelligible ».

Il donne des contre-exemples : les Irlandais face à l’Empire britannique ; les Slovènes et les Croates au moment de l’éclatement de la Yougoslavie ; les Catalans et les Écossais aujourd’hui. Dans chaque cas, des gens juridiquement citoyens d’un État disent qu’ils forment un peuple irréductible aux catégories légales du régime.

L'éditorialiste québécois pose ensuite la question pour la France : le mot « France » n’a-t-il qu’un sens constitutionnel, ou désigne-t-il aussi un peuple avec 1 500 ans d’histoire, au-delà des valeurs « circonstancielles » (républicaines, libérales, monarchiques, etc.) ?

Selon Bock-Côté, Habermas, pour tirer les leçons du nazisme, redéfinit la nation comme adhésion à un pacte constitutionnel sans arrière-plan culturel. Le chroniqueur de CNews dit comprendre le traumatisme allemand, mais refuse que tous les peuples occidentaux « abolissent leur identité culturelle » pour se définir seulement par un texte administratif et juridique, « pour payer les fautes de l’Allemagne ».

Il pousse l’argument : si demain la France était peuplée majoritairement d’Allemands ou de Danois, serait-elle encore la France, ou une extension de l’Allemagne ou du Danemark ?

Il cite aussi les pays baltes (Estoniens, Lettons, Lituaniens) après 1945 : selon lui, ils ont dû définir un droit de la nationalité pour que les populations russes installées par la colonisation soviétique ne les privent pas, par le vote, de leur indépendance.

Les peuples minoritaires : Taubira et la Guyane


Bock-Côt. enchaîne avec Christiane Taubira. Il rappelle des propos de 2007 (et d’environ deux ans plus tôt) sur la Guyane :

Nous sommes à un tournant identitaire. Les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leur propre terre.
Elle expliquait cela, dit-il, par des « plans de peuplement » lancés dans les années 1970 pour noyer les mouvements indépendantistes et sécuriser le centre spatial.

Or Taubira a le droit de parler ainsi, et personne ne la traite de complotiste, de raciste ou d’extrême droite. La mise en minorité d’un peuple historique sur son territoire n’est donc pas, en soi, une thèse interdite — sauf, apparemment, quand il s’agit du peuple français [occidental plus globalement dirions-nous].

L’Initiative du siècle au Canada

L'éditorialiste évoque l’Initiative du siècle (Century Initiative) : un projet visant un Canada de 100 millions d’habitants, dont la croissance reposerait surtout sur l’immigration.

Selon lui, l’État canadien s’en est historiquement servi pour :

  • noyer la présence française au Québec** ;
  • et surtout affaiblir le poids politique des indépendantistes québécois.

Le parallèle avec Taubira est clair : elle parlait de « plans de peuplement » pour noyer l’indépendantisme guyanais ; Bock-Côté applique le même schéma au Québec dans le Canada.

Rappelons que l’Initiative du siècle est un groupe de pression canadien, lancé notamment par Dominic Barton (alors McKinsey) et Mark Wiseman (BlackRock), qui milite pour porter la population du Canada à 100 millions d’ici 2100. Bock-Côté et d’autres nationalistes québécois y voient une « noyade » du Québec francophone dans un Canada beaucoup plus peuplé et plus anglophone.

Voir aussi

Le Premier ministre canadien Mark Carney a invité à son conseil un confondateur de l'Initiative du Siècle

 
 
 


samedi 8 août 2026

Québec — Pour la ministre de l’Enseignement supérieur, « Débattre… est troublant et inquiétant »



« Débattre… est troublant et inquiétant » : une phrase indigne d’une ministre de l’Enseignement supérieur.

C’est pourtant ce qu’a écrit Mme Biron, l’actuelle ministre de l’Enseignement supérieur du Québec.

Une ministre de l’Enseignement supérieur devrait être particulièrement attachée au débat d’idées, à la confrontation des arguments et à la liberté de discussion. Or, Mme Biron présente comme « troublant et inquiétant » le simple fait de vouloir débattre d’une question controversée.

Le Canada a décriminalisé l’avortement jusqu’à la naissance, une situation exceptionnelle en Occident, où la quasi-totalité des pays fixent une limite, généralement au cours du deuxième trimestre ou à son issue.

Au Canada, il est donc théoriquement possible d’avorter jusqu’au terme, y compris après que le fœtus est viable.  C’est un fait. Rappelons que la viabilité fœtale est généralement atteinte vers 24 semaines de grossesse.

Dans une société démocratique, on doit pouvoir débattre de tout, y compris de sujets qui déplaisent à la gauche et à la CAQ — que d’aucuns ont, non sans ironie, qualifiée de parti de droite.

Rappelons d’ailleurs que l’interdiction de l’avortement au troisième trimestre, sauf lorsque la santé de la mère est en jeu, recueillait l’appui de 49 % des Canadiens et de 41 % des Québécois dans un sondage de l’Angus Reid Institute réalisé en 2020.

Et pourtant, on voudrait nous expliquer qu’il ne faudrait même pas en discuter.

En août 2025, un sondage de Research Co. indiquait que 49 % des Canadiens et 58 % des Québécois estimaient que l’avortement devrait être légal « en toutes circonstances ». Autrement dit, cette position ne recueille pas l’adhésion d’une majorité au Canada, et elle est loin de faire l’unanimité au Québec.

Ces chiffres, provenant de deux firmes de sondages sérieuses et régulièrement citées dans les médias, montrent que le débat n’est ni marginal ni « extrême ».

Lorsqu’une proportion aussi importante de la population — y compris au Québec — se montre favorable à l’instauration d’une limite comme il en existe dans la plupart des pays occidentaux, qualifier l’ouverture d’une discussion de « troublante et inquiétante » en dit peut-être davantage sur la fragilité du prétendu « consensus » que sur le débat lui-même.

Une autre question, tout aussi légitime, reste taboue : faut-il que le Trésor public rembourse tous les avortements, y compris ceux pratiqués alors que la vie de la mère n’est pas en danger et que l’enfant est déjà viable ? Et que faire lorsque l’« indication médicale » invoquée repose sur la santé mentale de la mère, au risque de transformer une notion aussi large en justification de convenance pour un avortement qui répond en réalité au simple choix de ne pas poursuivre une grossesse non désirée ? Pourquoi faire peser sur le budget de la santé le coût de tels avortements électifs ?

Pourquoi la ministre refuse-t-elle que ces questions soient discutées ? Pourquoi ce tabou ?

On assiste à une sacralisation de décisions vieilles de près de quarante ans — arrêt Morgentaler, 1988 — alors que la société québécoise a profondément changé. Avec un indice de fécondité tombé à un creux historique de 1,35 enfant par femme en 2024 (1,36 en 2025), le plus bas jamais enregistré, on pourrait au moins s’interroger sur la place que nous accordons à l’enfant. Et, plus fondamentalement, se demander si l’avortement, lorsqu’il est érigé en droit pratiquement intouchable, ne finit pas par dévaloriser l'enfant et la vie elle-même. Pourquoi cette question devrait-elle être soustraite au débat ?

Ces questions sont légitimes et devraient être ouvertes au débat.

Et pourtant : la crispation persiste, le débat  « inquiète » la ministre.

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lundi 3 août 2026

Larry San­ger : « Il faut arrê­ter de finan­cer Wiki­pé­dia »

L'hebdomadaire français Le Point a ren­con­tré un des deux fon­da­teurs, récem­ment banni, de l’ency­clo­pé­die en ligne. Il alerte sur ses dérives.

Le 22 juin, Wiki­pé­dia a pros­crit un de ses cofon­da­teurs. Larry San­ger
 (ci-contre) a posé, il y a vingt-cinq ans, aux côtés de l’entre­pre­neur Jimmy Wales, les pre­mières pierres de l’ency­clo­pé­die en ligne. Il lui est repro­ché d’avoir sol­li­cité ses abon­nés, hors pla­te­forme, afin de peser sur une dis­cus­sion interne : la créa­tion du Wiki­Pro­ject Intel­lec­tual Diver­sity, des­tiné à réin­tro­duire des points de vue conser­va­teurs, reli­gieux ou pro-israé­liens qu’il juge mar­gi­na­li­sés par une « mafia de gauche » ayant pris le pou­voir sur Wiki­pé­dia. San­ger dénonce une­ pro­cé­du­re ex­pé­di­tive, conduite par une poi­gnée d’admi­nis­tra­teurs ano­nymes, symp­tôme d’une gou­ver­nance opaque. La ver­sion anglo­phone compte des mil­lions d’uti­li­sa­teurs, mais seuls 833 admi­nis­tra­teurs dis­posent de droits éten­dus. Le pou­voir réel se concentre entre les mains de 62 comptes, les « bureau­crates », presque tous ano­nymes.

Larry San­ger ne pourra donc pas par­ti­ci­per à Wiki­ma­nia, la grand-messe de la Wiki­me­dia Foun­da­tion, orga­ni­sée à Paris du 21 au 25 juillet. Le malaise dépasse son cas. En mars, Samuel Le Goff, ancien pré­sident de Wiki­mé­dia France, a lui aussi quitté la com­mu­nauté, dénonçant son fonc­tion­ne­ment « toxique ». Une crise pro­fonde pour ce site pilier du Web, qui reven­dique 15 mil­liards de visites men­suelles.

Le Point — Selon vous, des contri­bu­teurs mili­tants mani­pulent le choix des sources pour orien­ter les articles. Com­ment?

Larry San­ger — Ils retiennent les sources qui confortent leur point de vue, écartent les sources neutres ou contra­dic­toires, puis invoquent un « consen­sus » qu’ils ont eux-mêmes fabri­qué. Je l’ai vu sur la page consa­crée à mon ban­nis­se­ment : un simu­lacre de vote, pro­fon­dé­ment hypo­crite. Sur Wiki­pé­dia, une mino­rité domine la majo­rité.

L’éven­tail des opi­nions est censé repo­ser sur des sources fiables. Mais leur sélec­tion est elle-même orien­tée. Si toutes penchent du même côté, l’article peut paraître neutre par rap­port à elles tout en étant très éloi­gné de la société réelle. Le jour où le public com­pren­dra que Wiki­pé­dia a aban­donné sa neu­tra­lité, cela se res­sen­tira dans son tra­fic et dans son uti­li­sa­tion par les intel­li­gences arti­fi­cielles. Beau­coup pensent encore que tout va bien, sans mesu­rer l’ampleur de la dérive.

— Wiki­pé­dia a-t-elle changé?

— Beau­coup, sur­tout depuis dix ans. En 2024, le Man­hat­tan Ins­ti­tute a étu­dié le lexique employé sur Wiki­pé­dia et conclu à un dés­équi­libre entre la droite et la gauche. L’étude est sérieuse. Pour­tant, parce qu’elle émane d’un cercle de réflexion consi­déré comme liber­ta­rien, des contri­bu­teurs ont dis­cuté de l’oppor­tu­nité même de la citer sur la page consa­crée aux accu­sa­tions de biais de Wiki­pé­dia. Dans une démarche intel­lec­tuel­le­ment hon­nête, sa pré­sence devrait aller de soi.

— Wiki­pé­dia a-t-elle un impact géo­po­li­tique?

— Évi­dem­ment. Lorsque l’opi­nion publique s’informe à tra­vers des articles orien­tés, cela sert les inté­rêts de ceux qui en contrôlent le contenu. Des gou­ver­ne­ments et des ser­vices de ren­sei­gne­ments s’y affrontent. Cer­tains pays com­prennent à peine com­ment Wiki­pé­dia fonc­tionne. Les grandes puis­sances, elles, le savent par­fai­te­ment. Je ne dis pas que Wiki­pé­dia est pilo­tée par la CIA. Je dis qu’elle est deve­nue un ter­rain d’affron­te­ment et d’influence. Il est pos­sible de rému­né­rer les contri­bu­teurs les plus actifs, qui conti­nue­ront d’appa­raître comme de simples béné­voles.

— Com­ment sau­ver Wiki­pé­dia?

— Il faut d’abord lever l’ano­ny­mat des per­sonnes qui détiennent un véri­table pou­voir. Il faut ensuite arrê­ter de finan­cer la Wiki­me­dia Foun­da­tion. Don­ner de son temps reste utile, mais l’argent col­lecté sert trop sou­vent à finan­cer des groupes mili­tants qui se pré­sentent comme neutres, alors qu’ils suivent un agenda pré­cis. La fon­da­tion recueille bien davan­tage d’argent qu’il n’en faut pour faire fonc­tion­ner les ser­veurs et payer les ingé­nieurs. Une baisse des dons favo­ri­se­rait une remise à plat du pro­jet. Il faut conti­nuer à contri­buer, choi­sir ses com­bats et ten­ter de rééqui­li­brer les articles de l’inté­rieur.

Voir aussi
 
Elon Musk lance Grokipedia pour concurrencer Wikipédia qu’il juge trop connotée à gauche [à la fin juillet 2026, le projet en est à sa version 0.2 avec 6 millions d'articles, mais uniquement en anglais. L'accent est mis sur l'IA Grok.]

La face cachée de Wikipédia - Enquête sur les dérives de l’encyclopédie libre

L'usage de certains services s'effondre devant la concurrence des nouvelles IA

Wikipédia, des militants y manipulent

Les activistes de la cause transgenre et de l’ultraféminisme ont pris une place considérable dans Wikipédia, instances dirigeantes comprises

Elon Musk contre Wikipédia, jugé trop « wokiste » : Idiopédia/Bitopédia/Wokopédia

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé (vidéo + exemples de parti-pris)

Article de Larry Sanger sur la partialité croissante de Wikipédia avec exemples (en anglais)

Wikipédia et le gouvernement britannique auraient décidé de censurer le débat sur le climat

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé

Wikipédia et les GAFAM : parti pris et désinformation sur le « grand remplacement »

Le cas de Bret Weinstein (PhD en biologie, ancien professeur d’Evergreen college) et de l’article qui lui est consacré sur Wikipédia 
 

vendredi 31 juillet 2026

Militantisme — Amende de 60 000 $ pour l’ex-ministre Caroline Proulx

L’ex-ministre du Tourisme Caroline Proulx devra payer une amende de 60 000 $ pour avoir fait annuler un évènement antiavortement à Québec en 2023. Le juge au dossier estime que Mme Proulx a « abus[é] de ses droits » et que cette action n’avait pas de justification valable.

Le dossier remonte à 2023. Harvest Ministries International (HMI), un organisme religieux de la Colombie-Britannique, souhaitait organiser le « Rallye Feu, Foi et Liberté » et avait conclu une entente de location avec la Société du Centre de congrès de Québec (SCCQ), qui dépend de la ministre Proulx, du 22 juin au 2 juillet. 

Caroline Proulx, qui n’est plus ministre depuis avril 2026, a été « outrée » lorsqu’elle a appris la tenue de ce rassemblement après une demande de réaction de la part du journaliste Sébastien Bovet, de Radio-Canada. Elle a promptement ordonné l’annulation du contrat de location entre HMI et la SCCQ, ce qui a mené à des contestations judiciaires des organisateurs.

Dans une décision de 26 pages rendue vendredi à Québec, le juge Alain Trudel a donné raison à HMI et a condamné Caroline Proulx à payer, en son nom et celui de la SCCQ et du Procureur général du Québec, 60 000 $ en amendes. Cette somme est composée d’une première amende de près de 30 640 $, imposée aux trois défendeurs et que Mme Proulx devra payer en entier, et d’une seconde de 30 000 $, imposée uniquement à la femme politique.

Les amendes sont justifiées en partie par « l’atteinte à la liberté d’expression de [HMI] », le caractère arbitraire de la décision » de Mme Proulx et « la gravité de la faute », écrit le juge Trudel dans sa décision, qui est par moment sévère envers l’ex-ministre.

« Son ingérence dans le processus décisionnel de la SCCQ motivée par des considérations de nature essentiellement politique et ses déclarations publiques contemporaines fondées sur des convictions personnelles à l’effet que l’expression de l’opinion antiavortement de la demanderesse n’avait pas sa place dans un lieu public appartenant à l’État, démontre une volonté de porter atteinte à la liberté d’expression de la demanderesse et de causer les conséquences prévisibles découlant de cette décision », affirme-t-il.

Le magistrat écorche aussi la SCCQ, qui s’est défendue en disant ne pas avoir pris la décision d’annuler l’évènement, mais d’avoir suivi les ordres de la ministre.

« Cette prétention ne lui est d’aucun secours eu égard à la réclamation d’HMI avec qui elle a dûment contracté l’entente de location de ses installations du Centre des congrès de Québec », assène le juge.


Voir aussi

La CAQ (censément de droite), ce gouvernement dur avec les conservateurs qui défend les travelos et les nus anti-blancs dans un musée

Organisation chrétienne refuse 100 k$ et un règlement à l'amiable, mais poursuit le gouvernement du Québec

 

mercredi 29 juillet 2026

France — L’inter­dic­tion des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, un dis­po­si­tif de contrôle social sans pré­cé­dent

Texte de Mathieu Bock-Côté paru dans le Figaro.

Les repré­sen­tants du bloc cen­tral [Macron et alliés] étaient heu­reux, même exta­tiques : ils ont obtenu une majo­rité à l’assem­blée natio­nale pour inter­dire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Ils y sont par­ve­nus parce que l’oppo­si­tion l’a per­mis, même l’oppo­si­tion natio­nale [de Marine Le Pen], ce qui a pu en sur­prendre cer­tains. On connaît le récit offi­ciel : les réseaux sociaux, en quelques années, auraient com­plè­te­ment déstruc­turé la psy­ché des jeunes géné­ra­tions, ils engen­dre­raient une dépen­dance à grande échelle, et pous­se­raient pro­ba­ble­ment à la mal­for­ma­tion du cer­veau. Ce n’est évi­dem­ment pas faux et il n’est pas inutile de cri­ti­quer vive­ment la forme nou­velle d’alié­na­tion qu’ils engendrent et de cher­cher des méca­nismes de régu­la­tion pour conte­nir leurs effets les plus des­truc­teurs.

Mais l’his­toire ne s’arrête pas là. Car, entre le récit offi­ciel et la réa­lité, il y a un grand écart. Le pou­voir se cherche depuis plu­sieurs années des rai­sons pour reprendre en main les réseaux sociaux. En effet, c’est sur ces der­niers, et sur les forums, aussi, qu’a pris forme une opi­nion publique trans­gres­sive, contes­ta­taire, dis­si­dente, même, déli­vrée des para­mètres média­tiques domi­nants. Alors que l’espace public offi­ciel était normé, que les opi­nions auto­ri­sées étaient clai­re­ment sépa­rées des opi­nions pros­crites, que les acteurs étaient éti­que­tés de telle manière qu’on savait immé­dia­te­ment les­quels étaient res­pec­tables et les­quels ne l’étaient pas, une masse de citoyens se désaf­fi­liait de l’offi­cia­lité pour consti­tuer un autre espace public, déta­ché des prin­cipes du régime. Ce der­nier a pris peur.

À tra­vers cette loi nou­velle, une infra­struc­ture de contrôle se met en place, sous le signe du fichage géné­ra­lisé. Car, pour s’assu­rer qu’un uti­li­sa­teur ne soit pas mineur, il faut ficher tout le monde. La chose ne sera pas simple - on peut s’attendre à bien du cafouillage infor­ma­tique. Il n’est pas inter­dit de croire que des mil­lions d’élec­teurs, au moment de la pré­si­den­tielle, seront pra­ti­que­ment inter­dits de réseaux sociaux, parce qu’ils n’auront pas réussi à obte­nir ce qui peut s’assi­mi­ler à un passe numé­rique. Ils seront ainsi pri­vés d’espace public. De même, le dis­po­si­tif censé assu­rer la sécu­rité des don­nées aura, même si on dit le contraire main­te­nant, bien des failles.

Mais ces cri­tiques tech­niques nous détachent du grand contexte pous­sant le pou­voir à mul­ti­plier, au fil des décen­nies, les légis­la­tions liber­ti­cides - au nom de la réédu­ca­tion d’une popu­la­tion mora­le­ment retar­da­taire, enfer­mée dans ses pré­ju­gés qu’elle serait inca­pable de conte­nir et qu’il fau­drait cen­su­rer et mater, au cas où l’idée lui vien­drait de s’insur­ger, moins dans les rues, évi­dem­ment, qu’élec­to­ra­le­ment. Le régime diver­si­taire a peur du peuple et on sous-estime à quel point l’extrême centre, qui en repré­sente l’expres­sion poli­tique prin­ci­pale, est prêt à tout pour se main­te­nir au pou­voir.

Com­ment retrou­ver le mono­pole du récit média­tique légi­time ? La méthode du pou­voir est connue : il bran­dit un objec­tif noble, mora­le­ment consen­suel, qui jus­ti­fie ensuite l’exten­sion des inter­dits, à tra­vers un dis­po­si­tif admi­nis­tra­tif insai­sis­sable, se récla­mant de l’état de droit. Chat Control entend ainsi scan­ner pré­ven­ti­ve­ment l’ensemble des conver­sa­tions par mes­sa­ge­rie au nom de la lutte contre la pédo­cri­mi­na­lité, contre le nar­co­tra­fic… Concrè­te­ment, toutes les conver­sa­tions, tôt ou tard, seront scan­nées. La loi Bergé pré­tend lut­ter contre l’anti­sé­mi­tisme et le racisme : elle per­met­tra demain de ban­nir juri­di­que­ment les cri­tiques de l’immi­gra­tion mas­sive. La loi Samuel Paty devait conte­nir le har­cè­le­ment. Elle per­met aujourd’hui de sanc­tion­ner les jour­na­listes menant leurs enquêtes contre cer­tains lob­bies orga­ni­sés pré­fé­rant ne pas être nom­més. La pro­chaine loi sur l’ingé­rence étran­gère, ciblant notam­ment la dés­in­for­ma­tion, per­met­tra de sanc­tion­ner les «ingé­rences inté­rieures». De même, la loi sur l’entrisme, à l’ori­gine cen­sée com­battre l’isla­misme, per­met­tra de trans­for­mer en sus­pects poli­tiques ceux qui s’éloignent trop de l’ortho­doxie idéo­lo­gique pri­vi­lé­giée par le pou­voir.

[Ajoutons : La loi pour lutter contre « le séparatisme » après les attentats islamistes sert à interdire de plus en plus l'instruction à la maison, loin de la pédagogie sourcilleuse progressiste instillée par l'État, aux familles françaises plus conservatrices ou plus autonomes alors que tous les terroristes islamistes avaient été éduqués dans des établissements inspectés par l'État, pire quasiment tous dans des établissements publics. Cette loi sert aussi à serrer la vis aux écoles libres non subventionnées. Voir aussi « L’État devrait agir sur l’école publique perméable à l’islamisation. Tous les djihadistes français en proviennent. » et Chez les Baldeck en Savoie, l’école à la maison et le brevet à 9 ans]

Il ne s’agit évi­dem­ment pas de dévoi­ler je ne sais quel com­plot, mais de décryp­ter un engre­nage liber­ti­cide défendu par des hommes et des femmes convain­cus de faire le bien, et évo­luant dans un milieu idéo­lo­gi­que­ment confor­miste où il est inima­gi­nable de voir le monde autre­ment. Mais la morale de l’inten­tion ne suf­fit pas : se met concrè­te­ment en place une infra­struc­ture de contrôle et de sur­veillance géné­ra­li­sée qui per­met­tra, demain, de ficher l’ensemble de la popu­la­tion - elle visera la délin­quance idéo­lo­gique, la seule que le régime diver­si­taire réprime sans conces­sions. Les sus­pects ou les condam­nés pour­ront se faire débran­cher numé­ri­que­ment. La fin de l’ano­ny­mat, dans la société de la déla­tion per­ma­nente, ren­for­cera le pou­voir des dif­fé­rentes milices numé­riques pra­ti­quant le « name and shame » avec les déviants. On connaît la réponse des naïfs : seuls ceux qui ont quelque chose à se repro­cher devraient s’inquié­ter. C’est oublier que le pou­voir trouve tou­jours de nou­velles choses à repro­cher à ceux qu’il admi­nistre, qu’il trouve tou­jours de nou­veaux com­por­te­ments à patho­lo­gi­ser, de nou­velles opi­nions à pros­crire.

Voir aussi
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 





lundi 27 juillet 2026

Canada : des publications sur les réseaux sociaux désormais surveillées par les autorités

Selon le Justice Centre for Constitutional Freedoms (JCCF), organisme canadien de défense des libertés constitutionnelles, la liberté d'expression en ligne au Canada fait l'objet d'une surveillance de plus en plus préoccupante.

Le JCCF estime que cette évolution ne résulte pas du seul projet de loi C-9, mais d'un ensemble de textes législatifs qui, selon lui, renforcent progressivement les pouvoirs de surveillance de l'État dans l'univers numérique, notamment en matière de contrôle des plateformes, d'accès aux données et de régulation des contenus en ligne.

« Nous recevons des témoignages selon lesquels des Canadiens sont contactés à leur domicile par des représentants des autorités au sujet de publications sur les réseaux sociaux remontant parfois à plusieurs mois, voire plusieurs années », a écrit le JCCF dans un message devenu viral sur 𝕩. « Ces signalements surviennent après l'adoption du projet de loi C-9, la Loi sur la lutte contre la haine, qui renforce les dispositions canadiennes relatives aux discours haineux en créant de nouvelles infractions, en alourdissant les peines et en supprimant certaines garanties juridiques qui limitaient auparavant les poursuites pour expression haineuse. »

« Il n'est malheureusement pas surprenant de voir se multiplier les signalements de personnes faisant l'objet d'enquêtes en raison de leurs propos, compte tenu des signaux extrêmement préoccupants envoyés récemment par le législateur fédéral, notamment avec l'adoption du projet de loi C-9 », a déclaré à LifeSiteNews Marty Moore, avocat spécialisé en droit constitutionnel et directeur du contentieux du JCCF. « Le Canada s'est déjà engagé très loin sur la pente glissante de la police de la parole. Si aucune correction n'est apportée, nous risquons de nous retrouver, dans un avenir proche, avec un régime de censure comparable à celui du Royaume-Uni. »

Marty Moore n'a pas souhaité révéler les détails des signalements reçus par le JCCF, mais il estime que les récentes initiatives du gouvernement canadien sont particulièrement préoccupantes.

« Le projet de loi C-9 aura un effet direct sur les décisions des enquêteurs et des procureurs concernant des propos religieux qui auraient auparavant pu être considérés comme une expression de bonne foi fondée sur un texte sacré », a-t-il expliqué. Entré en vigueur après avoir reçu la sanction royale le 18 juin, le projet de loi C-9 supprime en effet la défense dite de « bonne foi », qui protégeait les personnes exprimant ou cherchant à étayer, par un raisonnement, une opinion sur une question religieuse ou une opinion fondée sur un texte religieux. Rappelons que le Bloc Québécois a fortement appuyé ce projet de loi, pensant peut-être qu'il ne viserait que les islamistes radicaux.

Selon Marty Moore, l'effet le plus préoccupant pourrait toutefois être plus diffus. « Le projet de loi C-9, mais aussi d'autres textes ayant une incidence sur la liberté d'expression, notamment les projets de loi C-8 et C-34, risquent d'envoyer aux forces de l'ordre le message que la surveillance des opinions exprimées constitue désormais une priorité gouvernementale, justifiant davantage de moyens consacrés aux enquêtes et aux poursuites. »

Le JCCF souligne par ailleurs que le projet de loi C-34, présenté comme la « Loi sur les médias sociaux sûrs », conférerait d'importants pouvoirs de contrôle de l'expression en ligne à une Commission de la sécurité numérique dont les membres seraient nommés par le gouvernement.

Ceux qui seraient tentés de juger ces inquiétudes excessives peuvent notamment relever que le gouvernement libéral qualifie officiellement le morinommage — c'est-à-dire le fait de désigner une personne transgenre par son ancien prénom — de « violence facilitée par la technologie ». Selon sa définition, il s'agit d'une forme de violence émotionnelle liée au genre, à l'identité de genre, à l'expression de genre ou au genre perçu dans l'environnement numérique. Le gouvernement affirme également que le morinommage — « utiliser l'ancien nom d'une personne sans son consentement alors que son nouveau nom est connu » — constitue « une forme d'agression dégradante et irrespectueuse » parce qu'il « nie activement son identité ».

Plus tôt cette année, Barry Neufeld, ancien administrateur d'un conseil scolaire public de Colombie-Britannique, a été condamné par le Tribunal des droits de la personne de la province à verser 750 000 $ pour vingt-quatre publications — dont la plupart sur les réseaux sociaux — critiquant l'idéologie du genre et jugées constitutives d'un discours haineux. À la suite de cette décision, un autre administrateur d'école chrétienne, Laurie Throness, a annoncé sa démission, expliquant qu'il ne se sentait plus libre d'exprimer ses opinions sans risquer d'être visé par de lourdes sanctions financières.

Le JCCF encourage les Canadiens qui seraient contactés par les autorités au sujet de leurs publications sur les réseaux sociaux à prendre des précautions. « Si des représentants du gouvernement vous interrogent à propos de vos publications en ligne, envisagez d'enregistrer la conversation », conseille l'organisme. « Si vous estimez que vos droits ont été violés ou que vous avez été injustement pris pour cible, nous vous invitons à déposer une demande d'assistance par l'intermédiaire du portail en ligne du Centre de justice. »

mardi 2 juin 2026

Belgique — Quand la vérité des faits ne protège plus la liberté d’expression

Le tribunal correctionnel de Louvain a condamné, mardi le 26 mai, l'ancien député Dries van Langenhove (ci-contre) à une amende de 4 000 euros pour incitation à la haine et à la violence fondée sur la race, la couleur de peau ou l’ascendance ethnique, ainsi que pour diffusion d’idées fondées sur la haine raciale. 

Les faits remontent à une conférence donnée le 28 février 2024 à la KU Leuven (l'Université catholique de Louvain néerlandophone), à l’invitation de l’association étudiante nationaliste NSV. Initialement annoncée sur le thème de l’agriculture régénérative, l’intervention a ensuite dérivé vers une critique virulente de l’immigration de masse et de ses conséquences sur la criminalité, la qualité de l’enseignement, le logement et la sécurité sociale en Flandre.

Parmi les propos tenus figuraient plusieurs exemples devenus centraux dans le dossier : une comparaison sur l’attention portée qu'une personne attacherait à son téléphone mobile selon l’apparence « flamande » ou « rom » des personnes demandant leur chemin, la surreprésentation allochtone parmi les auteurs d’infractions, ou encore certaines disparités statistiques concernant les Noirs en prison ou au chômage. Van Langenhove dit n'avoir énoncé que « de simples faits », tirés d'études scientifiques et de données officielles.

Le jugement du tribunal reconnaît implicitement cette dimension. Le juge souligne en effet que, « même à supposer » que les déclarations reposent sur des preuves scientifiques et des statistiques, cela « n’enlève rien à ce qui précède ». Ce n’est pas la fausseté des informations qui est reprochée, mais la manière de les présenter, jugée susceptible de créer un climat d’intolérance ou de dénigrement envers des groupes protégés par la loi antiracisme de 1981. Le magistrat relève notamment l’établissement de liens de causalité entre « superdiversité » et problèmes sociétaux, ainsi que des affirmations sur des différences entre groupes ethniques — par exemple à propos des ponts en Afrique ou des performances différenciées.

Dirk Voorhoof, professeur émérite de droit des médias à l’Université de Gand, approuve cette analyse. Selon lui, le caractère répréhensible réside dans l’interprétation des faits et les conclusions qui en sont tirées, lesquelles s’inscrivent dans une logique de division et d’incitation à la haine. Le jugement rappelle, en s’appuyant sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qu’il n’est pas nécessaire d’appeler explicitement à des actes de violence : la création d’une « attitude générale d’intolérance » suffit. 

Présentation tronquée des médias de grand chemin

La grande majorité des médias traditionnels belges s'est arrêtée à cette présentation. L’article du Standaard (journal de référence, autrefois catholique et conservateur) donne une voix quasi-exclusive à un expert qui valide la décision (Voorhoof). Nul contre-expert pour critiquer la portée de la condamnation sur la liberté d’expression, ni d’analyse plus nuancée sur les données statistiques évoquées (sur-représentation dans la criminalité, différences de résultats scolaires, sportifs, etc.). C’est un défaut classique de couverture médiatique belge sur ces sujets : on y présente les jugements dans ces matières sensibles comme une application évidente et légitime de la loi anti-racisme, avec des experts dûment choisis qui expliquent ou confirment le bien-fondé des jugements, sans vraiment explorer les contre-arguments. 

Des voix critiques s’élèvent pourtant

Cette motivation suscite pourtant un malaise croissant, y compris au-delà des cercles habituels de soutien à Van Langenhove. Bart Eeckhout, éditorialiste en chef du journal De Morgen (centre-gauche), a qualifié la condamnation pour incitation à la haine d’injustice, malgré son opposition claire aux idées de l’intéressé. Le philosophe Maarten Boudry, souvent classé à gauche, a dénoncé sur les réseaux sociaux le risque de transformer en délit la discussion de statistiques ethniques publiques : « Dans un pays libéral, on ne condamne pas quelqu’un pour avoir évoqué la surreprésentation de certains groupes dans les statistiques criminelles. Ce n’est pas au juge de fermer le débat sur la dimension ethnique ou culturelle de la criminalité. »

mardi 19 mai 2026

Canada — Les enseignants sont-ils être obligés d'arborer le drapeau LGBTQ2SAI+ ?

Matt et Nicole Alexander, deux enseignants de Cobden, en Ontario, ont tous deux été licenciés par leur conseil scolaire public pour avoir discrètement refusé de soutenir le drapeau LGBTQ et l’idéologie qu’il représente.

Pire encore, leur syndicat n’a pas défendu leurs libertés de conscience, de religion et d’expression, pourtant protégées par la Charte canadienne des droits et libertés.

D’un seul coup, la vie des Alexander a basculé. Non seulement ils ont perdu leur emploi, mais ils ont été de fait mis sur liste noire, ce qui les empêche d’obtenir des postes d’enseignants dans d’autres écoles. « Nous avons été ruinés financièrement », a déclaré Matt. « Nous avons vendu notre maison familiale plutôt que de la perdre, et la pension pour laquelle nous avons cotisé pendant plus de 20 ans a été laminée. » Aujourd’hui, tel est le prix à payer pour faire valoir la liberté de conscience et de religion au Canada.

C’est pourquoi les avocats de l'association Justice Centre for Constitutional Freedoms sont intervenus. Ce jeudi 21 mai, ces avocats plaideront devant la Commission des relations de travail de l’Ontario pour que le syndicat de Matt et Nicole défende leur liberté de conscience et de religion garantie par la Charte.

Deux enseignants qui font la différence au sein de leur communauté


Matt et Nicole Alexander étaient des enseignants dévoués originaires de Cobden, en Ontario. Matt enseignait depuis plus de 20 ans ; ces dernières années, il enseignait aux élèves de 7e et 8e années (13-15 ans), avec un parcours irréprochable.

Nicole, enseignante en maternelle depuis trois ans, recevait régulièrement d'excellentes évaluations de performance soulignant son engagement en faveur de l'équité, de l'inclusion et de la lutte contre la discrimination en classe. Ni Matt ni Nicole n'avaient jamais été accusés de maltraitance envers des élèves ou de comportement discriminatoire.

Le 17 avril 2023, le directeur de l’école de Matt lui a annoncé qu’il était suspendu et faisait l’objet d’une enquête à la suite d’une plainte vague liée à son activité sur les réseaux sociaux. Mais Matt n’avait aucun compte sur les réseaux sociaux à l’époque ! Aucun autre détail ne lui a été fourni.

Deux semaines plus tard, Nicole a découvert qu’une affiche de la fierté LGBTQ2SAI+ avait été collée sur la porte de sa classe de maternelle, à son insu et sans son consentement. Constatant qu’aucune autre porte de classe n’affichait une telle affiche et qu’aucune consigne n’avait été donnée en ce sens, elle l’a discrètement retirée et rangée dans un placard avant de commencer sa journée d’enseignement.

Plus tard dans la matinée, elle a été convoquée à une réunion avec son directeur et le directeur des études, qui l’ont interrogée sur le retrait de l’affiche. Ils l’ont immédiatement suspendue dans l’attente d’une enquête.

Matt et Nicole Alexander

Curieusement, leurs suspensions ont eu lieu après que leur fils Josh a commencé à contester publiquement la politique de son école autorisant les hommes biologiques s’identifiant comme des femmes à utiliser les toilettes des filles. Josh, élève d’un conseil scolaire totalement différent, a commencé à participer et à organiser des manifestations pacifiques au sein de la communauté au sens large. La Fédération des enseignants du primaire de l’Ontario (ETFO) a publiquement dénoncé les opinions de Josh comme étant nuisibles et haineuses et a encouragé des contre-manifestations, auxquelles ont participé des délégués syndicaux locaux.

Le 26 octobre 2023, Matt et Nicole ont tous deux été licenciés par le conseil scolaire du comté de Renfrew pour avoir prétendument manqué de « célébrer et d’affirmer les questions LGBTQ ».

« Cela a jeté le discrédit sur nous », a déclaré Matt, « mettant ainsi fin à nos carrières dans l’enseignement public. Il est devenu nécessaire de se reconvertir professionnellement. »
 
Le syndicat des Alexander a refusé de les représenter

Après leur licenciement, le syndicat des Alexander, la Fédération des enseignants du primaire de l’Ontario, a d’abord déposé des griefs en leur nom, mais a ensuite refusé de porter l’affaire devant un arbitre. Le syndicat a également refusé de faire valoir que la liberté de conscience et de religion des Alexander avait été violée. De plus, le syndicat n’a pas cherché à obtenir des mesures d’adaptation en vertu de la législation sur les droits de la personne.

En réponse, les Alexander ont déposé des plaintes auprès de la Commission des relations de travail de l’Ontario, arguant que le syndicat n’avait pas assuré une représentation équitable. Ils ont également déposé une plainte pour violation des droits de la personne contre leur conseil scolaire, alléguant une discrimination fondée sur leurs croyances religieuses – un motif protégé par l’article 15 de la Charte.

À l’issue de l’audience du jeudi 21 mai, la Commission des relations de travail de l’Ontario déterminera si le syndicat des Alexander a manqué à son devoir en refusant de défendre leurs droits garantis par la Charte.
 
La liberté d’expression comprend à la fois le droit de s’exprimer et le droit de garder le silence. Elle inclut le droit de soutenir des idées, ainsi que le droit de refuser de les soutenir. De même, la liberté de religion protège non seulement le droit de pratiquer sa foi, mais aussi le droit de s’abstenir d’affirmer des croyances qui la contredisent.

« Il est difficile de décrire l’ampleur de ce qui est arrivé à notre famille », a déclaré Matt Alexander. « Après avoir consacré plus de deux décennies à mes élèves et à mon école, il semble qu’il n’y ait plus de place pour que les chrétiens puissent vivre leur foi au sein du système éducatif. »

Les districts scolaires publics sont des entités gouvernementales et sont tenus de respecter la Charte. Si le Canada veut être véritablement un pays libre, aucun citoyen ne devrait être contraint de soutenir, d’arborer ou de célébrer un drapeau ou une idéologie quelconque.

L’issue de cette affaire aura des répercussions au-delà de cette famille. Elle soulève la question plus large de la manière dont les institutions canadiennes traitent les personnes dont les convictions ne correspondent pas aux opinions dominantes. Une société libre soutient et protège la liberté des citoyens d’exprimer leur désaccord.

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mercredi 29 avril 2026

Menacé, le cinéma Cartier de Québec annule la première de Génération Trans


La soirée spéciale prévue le 30 avril prochain n’aura pas lieu à Québec

La première d’un film portant sur le phénomène trans a été annulée au cinéma Cartier, à Québec.

Après une soirée sans anicroche devant une centaine de personnes à Montréal, la projection du documentaire Génération Trans, prévue le 30 avril, n’aura pas lieu dans la capitale.

Menace

Le réalisateur indépendant se dit profondément ébranlé par cette décision. « J’avais réussi à louer une salle, mais le cinéma Cartier m’a confirmé qu’on ne veut plus projeter mon documentaire. Le propriétaire m’a confirmé officiellement la mauvaise nouvelle. Je l’ai appris[e] lundi », a expliqué Jean-Pierre Roy.

L’activité avait notamment été annoncée sur les réseaux sociaux. « C’était une erreur. Je me retrouve le bec à l’eau », déplore le cinéaste.

Selon lui, le cinéma aurait reçu des messages désobligeants et des menaces de membres de la communauté trans qui dénonçaient la projection du film. Il affirme aussi que des employés de l’établissement auraient également menacé de démissionner.

La face cachée

Génération Trans est décrit comme un documentaire indépendant sur la face cachée de la transidentité chez les jeunes.

Le point de départ est le suivant : au Québec, avant l’âge de 18 ans, on ne peut ni voter, ni acheter de l’alcool, ni faire un tas d’autres choses, parce que la loi présume qu’une personne mineure n’a pas encore la maturité requise.

Cependant, dès l’âge de 14 ans, un enfant peut décider qu’il appartient au « mauvais sexe » et entreprendre seul une transition de genre. Bienveillance ou négligence ?

« Je questionne [le fait] que les jeunes, des mineurs, à partir de 14 ans, ont l’autonomie décisionnelle pour avoir des traitements hormonaux, et plus tard, à 16 ans, pour [subir] des interventions chirurgicales, comme la mastectomie. Je le questionne comme citoyen, comme papa, comme réalisateur et comme Québécois », ajoute M. Roy.


Ce dernier a recueilli des témoignages de parents, d’experts et de membres du Comité de sages sur l’identité de genre. Des séquences ont même été tournées en Europe. Le projet a duré un an.

Des révélations

« Je me demande seulement comment le Québec a pu en arriver là. Il y a une zone grise que les cliniques de transition utilisent. Le film est troublant parce qu’il y a des révélations », termine-t-il.
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Le Journal n’a pas pu visionner le documentaire. Le propriétaire du cinéma, qui refuse de le présenter en salle, ne l’a pas vu non plus.

Le patron du cinéma Cartier ne reviendra pas sur sa décision d’annuler la projection. Il confirme avoir reçu des menaces.

« Des choses vraiment pas sympathiques. On voulait présenter le film avec une discussion, mais ça n’aura pas lieu. Les gens nous ont associés au film et ce n’est pas le cas. Ça s’est emballé de façon négative », précise Yvan Fontaine.

L’homme d’affaires aurait aimé se faire une idée du film. « J’aurais pu me faire ma propre opinion sur le contenu et peut-être calmer le jeu. C’est la première fois que je vis ça. »

Source : Journal de Québec
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mardi 17 mars 2026

« France, Belgique, Allemagne : l'occident autoritaire ? »

Mathieu Bock-côté évoque plusieurs incidents récents.

jeudi 5 mars 2026

Le fanatisme du Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique doit être dénoncé

Amy Hamm (ci-contre) est une infirmière canadienne (registered nurse) de la Colombie-Britannique, connue pour son implication dans un dossier très médiatisé lié aux questions de genre, d'identité transgenre et de liberté d'expression.

Elle a été accusée par le British Columbia College of Nurses and Midwives (BCCNM) d'avoir tenu des propos discriminatoires et dérogatoires envers les personnes transgenres sur diverses plateformes en ligne (réseaux sociaux, podcasts, écrits publiés) entre environ juillet 2018 et mars 2021 notamment
  • L'affirmation que le sexe biologique est binaire et immuable,
  • La défense des espaces réservés aux femmes biologiques (toilettes, prisons, refuges pour victimes de violence, etc.), qui ne devraient pas être accessibles aux personnes nées hommes qui se disent femmes.
En mars 2025, un comité disciplinaire du BCCNM l'a déclarée coupable de faute professionnelle. En août 2025, la sanction a été prononcée : suspension de son permis d'infirmière pour 1 mois, et obligation de payer environ 94 000 $ en frais et débours du collège (dans un délai de 2 ans). Amy Hamm a été licenciée de son emploi (notamment chez Vancouver Coastal Health) sans indemnité de départ suite à cette décision. Elle nie être transphobe et affirme défendre les droits basés sur le sexe biologique des femmes et des filles.Elle a fait appel de la décision disciplinaire devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique (avec l'aide du Justice Centre for Constitutional Freedoms), et cet appel est en cours (la sanction est suspendue en attendant le résultat). Elle a aussi déposé des plaintes pour discrimination (fondées sur ses croyances politiques) auprès du BC Human Rights Tribunal contre son ancien employeur et le collège.
Il est clair, après que l'ancien administrateur scolaire de Chilliwack, Barry Neufeld, ait été condamné par le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique (BCHRT) à verser 750 000 dollars aux enseignants LGBTQ du district, que je n'ai aucune chance de gagner mes propres plaintes pour discrimination fondée sur les convictions politiques devant le même tribunal.  

Les deux plaintes que j'ai déposées auprès du BCHRT en 2025 n'ont toujours pas été examinées ni acceptées. Avec l'avocate Lisa Bildy et le Justice Centre for Constitutional Freedoms, nous espérons obtenir une décision qui découragerait la discrimination fondée sur des convictions politiques critiques à l'égard du genre. (Comme Neufeld, j'ai été condamné à payer des frais exorbitants pour avoir énoncé des faits biologiques.)  

Je mènerai mon combat (contre le B.C. College of Nurses and Midwives et la Vancouver Coastal Health Authority) dans cet antre de fanatiques woke, quoi qu'il en coûte. Ils ont besoin de toute la visibilité possible. 

Ce mois-ci, le BCHRT a décrété que Neufeld avait violé les articles 7 et 13 du Code des droits de la personne de la Colombie-Britannique avec ses commentaires critiques sur l'idéologie du genre et le SOGI123 (ressources scolaires sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre destinées aux enseignants de la Colombie-Britannique).  

À l'origine de la prétendue hérésie de Neufeld se trouve son insistance sur le fait que le sexe biologique est réel et immuable. Le BCHRT a proclamé que quiconque ose le dire à haute voix, comme Neufeld et moi-même l'avons fait, tient des propos discriminatoires et haineux qui peuvent « effacer » l'existence des personnes identifiées comme transgenres. (Peu importe l'affirmation contradictoire du BCHRT, écrite dans sa dernière décision, selon laquelle Neufeld était simultanément coupable d'effacer l'existence des transgenres et d'utiliser « l'existence même » des personnes transgenres comme une menace pour les enfants, les familles et l'ordre social. Comment les deux peuvent-ils être vrais ?) 

Il semble que le BCHRT n'ait pas pu résister à la tentation d'insérer des piques mesquines à l'encontre de Neufeld dans sa décision chaque fois que cela était possible. Certaines parties de la décision se lisent comme une confession de la vendetta personnelle du tribunal à son encontre. Tout d'abord, ils ont attribué des pronoms — et donc une « identité de genre » — aux témoins de Neufeld, qui étaient là pour contester le non-sens métaphysique et invérifiable qui constitue l'« identité de genre » en soi. Lorsque le tribunal a rédigé la liste des témoins appelés à comparaître, il a ajouté « il/lui » ou « elle/elle » entre parenthèses après chaque nom — une démarche totalement inutile qui témoigne de sa fidélité à la doctrine du genre.

La défaite de Neufeld était courue d'avance. 

Les membres du BCHRT notent, au début de la décision, que Neufeld s'est déjà excusé publiquement d'avoir offensé des personnes avec ses opinions et qu'il a déclaré vouloir tenir un débat public respectueux. « Malheureusement, l'engagement de M. Neufeld en faveur d'une discussion respectueuse et d'une dissidence constructive n'a pas duré », ont-ils écrit avec sarcasme.  

Plus loin, le tribunal suggère que M. Neufeld pourrait se considérer comme un martyr. Il a fait valoir que même s'il « a peut-être été inefficace et politiquement isolé en tant qu'administrateur », il restait responsable du travail et de l'environnement d'apprentissage de son district.   

Ils ont également jugé pertinent de mentionner que Neufeld avait « sans succès » poursuivi en justice l'un des témoins du plaignant, Glen Hansman, pour diffamation. Aucune analyse juridique n'est fournie concernant cette affaire, et le BCHRT ne s'est pas appuyé sur l'affaire de diffamation pour rendre cette dernière décision. Elle a sans aucun doute été invoquée uniquement à titre d'insulte. 

La décision indique également que Neufeld « invoquait fréquemment son statut et ses qualifications autoproclamées ». Mais s'agissait-il vraiment de références ? Si Neufeld avait « falsifié » ses références professionnelles, nous n'en aurions certainement jamais entendu parler. Les membres du tribunal se sont donné beaucoup de mal pour dénigrer Neufeld, point final. (Pour mémoire, Neufeld est titulaire d'un diplôme en psychologie de l'adolescence et a passé de nombreuses années dans le système pénitentiaire, à la fois comme agent de probation et comme agent de facilitation de la justice réparatrice).

Il existe d'autres exemples, notamment la description d'une interview médiatique dans laquelle le BCHRT qualifie la prestation de Neufeld de « verbeuse et décousue ». (Pourquoi en arriver là ?) Son souci pour les enfants n'est pas réel, ont-ils écrit, mais « prétendu ».  

Les membres s'étendent sur le fait que, selon eux, Neufeld est imperméable à la logique : « Les opinions de M. Neufeld semblent fondées sur des hypothèses et des croyances profondément ancrées plutôt que sur un manque d'accès à l'information. » (Je recommande à tous les membres du BCHRT de suivre, et d'échouer — comme ils le feraient sans aucun doute — un cours de biologie de base ou de méthode scientifique — et ce n'est qu'alors qu'ils pourront critiquer ceux qui sont incapables de penser de manière critique.)  

Il est manifestement absurde que ce mépris passif-agressif à l'égard de Neufeld se soit retrouvé dans la décision du tribunal. Le BCHRT voit de la haine et du mépris partout autour de lui, même là où il n'y en a pas, mais il ne voit pas que cela jaillit de sa propre chambre étoilée [tribunal royal anglais qui pouvait condamner des actes qui ne tombaient pas sous le coup de la loi]. Il est grisé par ce qu'il croit être son pouvoir légitime d'imposer son propre dogme woke.  

Nous ne pouvons attendre aucune décision raisonnable ou juste de la part du BCHRT. Nous devons faire deux choses : les dénoncer, puis abolir complètement ce tribunal grotesque. 

Rappelons que ces « Tribunaux » des droits de la personne sont des organismes quasi-judiciaires fortement critiqués pour leur fonctionnement.

Qu’est-ce qu’un organisme quasi judiciaire ?

Ce n’est pas une cour de justice au sens strict, mais il agit comme une cour sur certains plans :

Il peut :

  • entendre des plaintes,
  • tenir des audiences,
  • recevoir des preuves,
  • rendre des décisions obligatoires,
  • imposer des réparations (dommages, ordonnances, sanctions administratives).

Mais il n’a pas :

  • le statut constitutionnel des tribunaux,
  • les mêmes garanties procédurales,
  • les mêmes règles de preuve,
  • les mêmes standards de responsabilité,
  • ni les mêmes protections pour les défendeurs.

Il s’agit donc d’un organisme administratif doté de pouvoirs judiciaires partiels. D’où le terme : quasi — « comme si », mais pas tout à fait.

Les critiques comme celles de Mark Steyn s’appuient sur des caractéristiques structurelles objectivement problématiques :

A) Norme de preuve beaucoup plus basse

Elles appliquent la norme civile prépondérance des probabilités et non la norme pénale. Cela rend plus facile la condamnation d’un défendeur.

B) Règles de preuve « souples »

Les commissions peuvent :

  • accepter des preuves indirectes,
  • restreindre le contre-interrogatoire,
  • voire contourner des règles qui seraient inadmissibles en cour.

C) Déséquilibre procédural

Très souvent :

  • le plaignant n’assume aucun risque financier,
  • alors que le défendeur paie sa défense,
  • même si la plainte est rejetée à la fin.

Certains parlent d’un « procès sans coût pour un côté, mais ruineux pour l’autre ». Mark Steyn dit que le procès (le processus) est la punition, la perte de temps et d’argent encouru pour se défendre devant ce qu’il nomme des parodies de tribunaux.

D) Mandat orienté

Le mandat légal des commissions est de détecter, corriger, sanctionner la discrimination. Pas d’être « neutres » : elles sont structurellement orientées vers la protection du plaignant qui n’engage le plus souvent aucuns frais à se plaindre. Cela crée un biais institutionnel réel.

E) Étendue des pouvoirs, mais absence de garanties judiciaires complètes

Ces organismes quasi judiciaires peuvent rendre des décisions très lourdes de conséquences — réputationnelles, financières, professionnelles — sans offrir les garanties équivalentes à une cour de justice.


Voir aussi

Ancien admnistrateur scolaire retraité condamné à 750 000 $ pour avoir critiqué l'éducation LGBT de façon « haineuse »

Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » (arrêt Whatcott)

Tribunaux suprémacistes (arrêt Whatcott, suite)

 Canada – Condamnée à verser 94 000 $ pour avoir affirmé qu’il existe deux sexes

Arrêt Whatcott : la Bible pas « haineuse », mais le juge Rothstein a-t-il tout lu ?

« Extirper l’hérésie et le blasphème » (progressistes) ?

Canada — 123 églises incendiées ou vandalisées depuis l'annonce de la découverte de tombes à l'ancien internat de Kamloops (aucune tombe n'a été trouvée après cette annonce largement relayée par les médias subventionnés).

 Faut-il continuer à réprimer les propos qui peuvent exposer à la haine ou au mépris, des « pré-crimes » ?

mercredi 4 mars 2026

Ancien admnistrateur scolaire retraité condamné à 750 000 $ pour avoir critiqué l'éducation LGBT de façon « haineuse »

Barry Neufeld
Le 18 février 2026, le Tribunal des droits de l’homme de la Colombie-Britannique a condamné Barry Neufeld, ancien administrateur scolaire de Chilliwack, qui avait critiqué un membre pro-LGBT à verser 750 000 dollars à l’Association des enseignants de Chilliwack, à la suite d’une plainte déposée par la Fédération des enseignants de la Colombie-Britannique.

Le Tribunal a conclu que vingt-quatre publications de M. Neufeld, diffusées sur plusieurs années, constituaient de la discrimination et relevaient du « discours haineux » au sens du Code des droits de la personne de la province. Les sommes devront être réparties entre les membres concernés dans un délai de six mois.

Un tribunal administratif, et non une cour de justice ordinaire

Il convient de préciser la nature de l’instance qui a rendu cette décision. Le Tribunal des droits de l’homme de la Colombie-Britannique n’est pas une cour de justice au sens classique, mais un tribunal administratif spécialisé, institué par la législation provinciale.

Au Canada, ces tribunaux dits « quasi judiciaires » exercent des fonctions juridictionnelles, mais selon des règles de procédure distinctes de celles des cours supérieures. Ils disposent généralement d’une plus grande souplesse dans l’admission et l’appréciation de la preuve, et ne sont pas tenus d’appliquer strictement les règles techniques de preuve en vigueur devant les tribunaux civils ou criminels. Leur mandat est spécialisé et circonscrit à l’application d’un régime législatif particulier, en l’occurrence le Code des droits de la personne.

Leurs décisions peuvent toutefois faire l’objet d’un contrôle judiciaire devant une juridiction supérieure, en Colombie-Britannique devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, laquelle examine notamment si la décision est raisonnable et respecte les principes d’équité procédurale.

Les faits à l’origine du litige

Barry Neufeld avait publiquement exprimé des positions critiques à l’égard de certaines conceptions de l’identité de genre, affirmant notamment qu’il n’existerait que deux genres fondés sur le sexe biologique. Il avait également critiqué l’élection d’une administratrice scolaire, Carin Bondar, en mentionnant des contenus à caractère sexuel qu’elle avait diffusés en ligne dans un cadre qu’elle présentait comme scientifique.

Ces déclarations ont donné lieu à plusieurs procédures. En matière de diffamation, les tribunaux civils avaient déjà statué en faveur de Mme Bondar et condamné M. Neufeld à verser 45 000 dollars de dommages-intérêts.

La décision récente du Tribunal des droits de l’homme se situe sur un autre terrain juridique : celui de la discrimination et de l’atteinte à la dignité des personnes protégées par le Code provincial.

Le Tribunal a conclu que :
  • 24 de ses publications violaient l'article 7(1)(a) du Human Rights Code (publications discriminatoires) et/ou l'article 13 (discrimination en emploi), en créant un environnement de travail "empoisonné" pour les enseignants LGBTQ+ du district. Il les accusait notamment d'associer les personnes trans et queer à des formes graves d'abus sur enfants, de les dépeindre comme une menace pour les familles et l'ordre social, et d'invoquer des stéréotypes négatifs et "insidieux".
  • 6 publications spécifiques constituaient du hate speech au sens de l'article 7(1)(b) du Code, car elles étaient susceptibles d'exposer les personnes trans, gaies et lesbiennes à la haine ou au mépris en raison de leur identité de genre ou orientation sexuelle.

Exemple d'un des six propos haineux

Publication du 23 octobre 2017 (Facebook, Ex 17, tab 1)
 « Permettre aux enfants de changer de sexe n'est rien d'autre que de la maltraitance infantile... SOGI 1 2 3 est une arme de propagande qui enseigne aux enfants la théorie absurde selon laquelle le genre n'est pas déterminé biologiquement, mais est une construction sociale... Ma motivation première est de protéger la MAJORITÉ des enfants. » 
Explication du Tribunal : Cette publication expose les personnes trans à la haine en les dépeignant comme une menace via des accusations d'"abus d'enfants" et de "propagande". Elle délégitime leurs identités en les qualifiant d'"absurde théorie", invocant un stéréotype de "menace puissante" pour les valeurs familiales et les enfants, ce qui inspire de l'inimitié et encourage la discrimination.

Une sanction d’une disproportion exceptionnelle

C’est le montant de 750 000 dollars qui retient particulièrement l’attention. Une telle somme est inhabituelle dans le contexte des litiges liés à l’expression publique d’opinions, même lorsqu’elles sont jugées offensantes ou discriminatoires.

Le Tribunal a estimé que les montants attribués étaient « raisonnables, voire modestes » au regard des préjudices retenus. Néanmoins, pour un particulier, une sanction financière de cette ampleur peut être perçue comme extrêmement lourde.

La question posée n’est pas celle de l’adhésion ou non aux opinions exprimées par M. Neufeld. Elle concerne la proportionnalité de la réponse institutionnelle. Lorsque l’expression d’une position sur un sujet de politique publique conduit à une condamnation pécuniaire aussi élevée, la frontière entre protection contre la discrimination et restriction de la liberté d’expression devient un enjeu central.

Un débat institutionnel plus large

L’affaire soulève également une réflexion sur le rôle des tribunaux administratifs dans le règlement de débats sociétaux sensibles. Leur mandat vise à offrir un mécanisme spécialisé, plus accessible et moins formaliste que les tribunaux ordinaires. Toutefois, lorsque les sanctions prononcées atteignent des montants aussi considérables, certains s’interrogent sur l’adéquation entre la nature administrative de l’instance et la gravité des conséquences financières imposées.

Il a été indiqué que M. Neufeld envisagerait un recours devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique. Ce contrôle judiciaire pourrait permettre d’examiner la solidité du raisonnement juridique retenu et, le cas échéant, la proportionnalité des dommages accordés.

Au-delà du cas individuel, cette décision s’inscrit dans un débat plus vaste sur l’équilibre entre la lutte contre la discrimination et la protection de la liberté d’expression dans une société démocratique. La manière dont les juridictions supérieures traiteront cette affaire contribuera à préciser cet équilibre.

Dérive autoritaire du système des droits de la personne au Canada, selon Mark Steyn

Barry Neufeld a fait appel de cette décision, et son argumentation repose en grande partie sur un précédent que le Tribunal peine à écarter : l'affaire Elmasry c. Maclean's.

Cette affaire portait sur un article de Mark Steyn publié dans Maclean's, dans lequel l'auteur soutenait que les populations musulmanes croissaient au point de remplacer les populations européennes et autochtones, menaçant ainsi les lois et la culture occidentales. L'article affirmait que l'islam « nourrit de sérieuses ambitions mondiales » et que les musulmans étaient davantage liés par « le djihad » que par leur citoyenneté nationale. Le Tribunal lui-même a reconnu que le texte était « blessant et de mauvais goût », qu'il cherchait à instiller la peur, s'appuyait sur des stéréotypes courants et contenait des inexactitudes historiques et religieuses. Autant d'éléments qui, en d'autres circonstances, pourraient aisément être qualifiés au Canada progressiste de marqueurs de haine. Pourtant, le Tribunal avait conclu que l'article ne constituait pas un discours haineux, estimant qu'il s'agissait d'une expression d'opinion sur des questions politiques légitimes et que, en tout état de cause, « la peur n'est pas synonyme de haine et de mépris ».


Commentaire du chroniqueur du National Post Tristin Hopper

C'est précisément sur ce raisonnement que s'appuie Neufeld. Si un texte aussi chargé de stéréotypes et d'amalgames n'a pas été jugé haineux à l'égard des musulmans, au nom de quelle cohérence ses propres publications — qui critiquent une politique éducative et une idéologie — le seraient-elles ? La question est directe, et l'argument, selon Steyn, particulièrement solide.

Le Tribunal tente de désamorcer le parallèle en rappelant qu'Elmasry a été tranché avant l'arrêt Whatcott de la Cour suprême du Canada (2013), lequel a formalisé et durci les critères permettant d'identifier un discours haineux. Si ce précédent avait existé à l'époque, suggère le Tribunal, la décision aurait peut-être été différente. Mais pour Steyn, cet argument ne fait qu'aggraver le problème : il révèle un système qui se durcit progressivement, et dont le resserrement frappe de manière disproportionnée les positions conservatrices sur les questions de genre et de sexualité, tandis que d'autres discours controversés ont bénéficié par le passé d'une plus grande indulgence. C'est cette asymétrie que Steyn juge inacceptable.

Au-delà du cas Neufeld, c'est l'ensemble du système des tribunaux (quasi-judiciaires) des droits de la personne que Steyn remet en cause. Il rappelle ses propres démêlés avec ces instances — les plaintes déposées contre lui et Maclean's avaient finalement été rejetées en 2008 — et la longue bataille qui avait conduit à l'abrogation de l'article 13 de la loi fédérale sur les droits de la personne en 2013, disposition qui permettait ces poursuites pour discours haineux. Il décrit des tribunaux fonctionnant avec des taux de condamnation frôlant les 100 %, des procédures parfois tenues secrètes, et une logique bureaucratique qui cherche à réguler non des actes, mais des émotions.

La sanction infligée à Neufeld lui paraît délibérément dissuasive, et ses effets sont déjà visibles : un autre élu scolaire du district, Laurie Throness, a préféré démissionner par crainte d'un sort identique. Pour Steyn, critiquer le programme SOGI 123 ou remettre en question l'idéologie du genre n'est pas de la haine — même si cela blesse certains. Et la révision judiciaire engagée par Neufeld devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique représente, à ses yeux, une occasion décisive de le faire reconnaître.

Le comédien  John Cleese (connu pour Monty Python) évitera la Colombie-Britannique afin de ne pas être victime pour non-respect de la théorie du genre


Voir aussi
 
 
  
 
 
Les Monty Pythons avaient prophétiquement prévu en 1979 ce qui agiterait notre époque (les « droits » LGBTQQIP2SAA+, ici le droit des hommes qui se disent femmes à avoir des enfants et à nier la réalité biologique).