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mercredi 15 juillet 2026

France : mieux vaut s'appeler Victoire que Mohammed pour obtenir le bac

Cette année, le Figaro Étudiant a choisi de publier une étude analysant les prénoms des 164 348 candidats au baccalauréat lors de la session 2025 des bacs général et professionnel ayant accepté de diffuser leurs résultats. Les données des 8,1 % de candidats ayant échoué à l'examen ne sont pas disponibles et seuls les prénoms comptant plus de 30 occurrences ont été retenus, mais l'échantillon est suffisamment important pour être pertinent.


Parmi les 944 prénoms identifiés, nous allons nous concentrer sur les quinze ayant obtenu le meilleur indice de réussite – indice calculé à partir des mentions reçues –, puis sur les quinze derniers de la liste. En ce qui concerne les prénoms obtenant les meilleurs résultats, cela donne : Aliénor, Adèle, Arwen, Isaure, Victoire, Églantine, Albane, Clothilde, Adélie, Domitille, Léopold, Daphné, Aglaé, Mila, Adèle. Et pour ceux de la seconde liste : Bilel, Mohammed, Arda, Abdoul, Yacine, Driss, Issa, Achraf, Imad, Kaïs, Zakaria, Abdallah, Abdoulaye, Aymane, Abdel. Difficile de faire plus caricatural...

Dans l'article du Figaro, le commentaire de ce résultat est laissé à Baptiste Coulmont, professeur à l'ENS Paris-Saclay, auteur de La Sociologie des prénoms, ouvrage dans lequel il étudie l'évolution historique du choix des prénoms en France ainsi que leur lien avec le milieu social – de manière fort intéressante, il observe ainsi que, malgré un individualisme grandissant qui voudrait faire du prénom la marque de notre identité particulière plutôt que le signe d'une appartenance à un groupe, jamais peut-être le prénom n'a été autant un marqueur social qu'aujourd'hui – mais, ajouterons-nous, tout le paradoxe est justement que l'individualisme ne produit pas des individualités : il nous abandonne à nos penchants grégaires. Depuis plusieurs années, le sociologue s'intéresse plus particulièrement aux prénoms des différents candidats au baccalauréat, et c'était à lui que, jusqu'ici, nous devions les études sur ce sujet.

Que retient-il du classement qui nous occupe ici ? Avant tout les conséquences d'une « société de classes », et des résultats qui reflètent le milieu socio-éducatif des parents. « Depuis 1945, nous dit-il, les classes populaires ont pris une autonomie culturelle en choisissant des prénoms qui n'étaient pas d'anciens prénoms bourgeois, mais en puisant dans les registres anglophones et celtiques [souvent anglicisés comme Kevin]. Dans les années 80, ça pouvait être "Mickaël", dans les années 90 "Kevin", et "Kylian" à partir des années 2000. Aujourd'hui, les parents dont le niveau de diplôme est le plus élevé préfèrent "Zélie " et " Hippolyte " à " Kylian" et "Mehdi" ».

La tarte à la crème des inégalités sociales


Une telle analyse, sans avoir rien de faux, n'en est pas moins particulièrement réductrice ; elle nous semble au moins borgne, au pire complaisante. Il saute aux yeux à la lecture des deux listes que nous avons présentées que le problème de notre système éducatif ne saurait se résumer à la question des inégalités sociales, comme voudrait encore le faire croire une certaine gauche dans son aveuglement volontaire à tous les autres facteurs entrant en jeu dans de tels résultats.

Non pas que le facteur social ne soit pas déterminant : en effet, grâce à l'idéologie égalitariste de nos politiques si soucieux de justice sociale, nous avons produit le système le plus inégalitaire au monde – ainsi que nous le rappellent systématiquement les classements PISA depuis des années, notre école est celle qui reproduit le plus les inégalités sociales. Comment ? En supprimant les exigences et la sélection précisément sous prétexte de laisser leur chance aux enfants issus des milieux défavorisés. Ce faisant, elle leur ôte toute envie de fournir à l'école les efforts qui leur permettraient d'acquérir ce que leur milieu d'origine ne leur a pas donné.

Alors, certes, dans les deux listes en question, on observe que les enfants des classes les plus favorisées sont également ceux qui obtiennent les meilleurs résultats. Mais est-ce vraiment tout, et n'y a t-il vraiment aucun autre constat à tirer de cette succession de prénoms ? En réalité, on y voit tout ce que notre société ne veut pas voir, tout ce qu'il est de bon ton de taire au sujet de notre jeunesse et du système éducatif, à savoir : les ravages d'une immigration mal intégrée et islamisée, double facteur qui s'ajoute à la problématique sociale et la décuple. Par ailleurs, on y voit également la triste réalité de l'échec scolaire des garçons, autre phénomène dont notre société, avec son prisme féministe fanatique, se détourne pour ne se soucier des « inégalités filles-garçons » que lorsqu'elles existent au détriment des filles, et refuse de reconnaître tout ce que le laxisme de notre système scolaire a de pernicieux pour les garçons, qui deviennent matures plus tard et sont moins à même de s'autoréguler que les filles.

Sur les quinze premiers prénoms du classement, à part Mila (diminutif de prénoms slaves) et Arwen (création de Tolkien aux consonances [anglo-]celtiques), tous les prénoms peuvent être identifiés comme français, parfois avec une origine germanique, grecque ou latine. Ils renvoient à des figures historiques (Aliénor), à des mots de notre langue (Victoire), et s'inscrivent dans la sphère culturelle européenne ; en outre, presque tous appartiennent au calendrier des saints chrétiens. Par ailleurs, on ne trouve qu'un seul prénom de garçon.

 


Qu'il est loin, le travailleur immigré soucieux d'intégration !

Dans la fin du classement, à part Arda, d'origine turque, l'ensemble des prénoms est d'origine arabe ; excepté Achraf, Imad, Kaïs et Aymane, tous sont de tradition islamique, issus du Coran ou des noms de compagnons du prophète. Et l'on y trouve 100 % de prénoms de garçons.
L'effet de symétrie inversée est presque parfait. Il traduit l'absence complète de mélange réel là où l'on prétend établir la « diversité ». En réalité, la France voit désormais vivre sur son sol deux populations qui existent côte à côte mais ne partagent rien : elles ne fréquentent pas les mêmes lieux y compris lorsqu'elles vivent dans le même quartier, ne font pas les mêmes métiers, n'ont pas les mêmes loisirs, ne mangent même pas la même chose.

Elle est bien loin, l'immigration de travail de gens soucieux de partager la culture française et qui, en premier lieu, faisaient le choix d'un prénom français pour leur enfant. C'était l'époque des Jean-Pierre italiens et des François vietnamiens… Nos médias ont fait leurs gorges chaudes de ce qu'ils considéraient comme l'obsession d'Éric Zemmour pour la question des prénoms ; pourtant, elle est loin d'être anodine, comme cela se voit désormais on ne peut plus clairement à travers l'exemple que nous prenons ici.

Cette liste de prénoms fait éclater à nos yeux le phénomène du communautarisme, la réalité d'une immigration qui n'a aucun projet d'intégration, et qui au contraire manifeste par tous les moyens son appartenance à l'islam. À travers quelques prénoms alignés, elle révèle que notre modèle de laïcité à l'école ne saurait être désormais qu'une fiction. Cette attitude est loin d'être sans rapport avec la question des résultats scolaires : des jeunes élevés dans la défiance à l'égard du pays et de toutes ses institutions ne peuvent avoir les dispositions positives nécessaires à ce que l'on attend d'eux à l'école. Ils seront les premiers à contester l'autorité de l'enseignant, et jusqu'aux savoirs qu'il représente. Pourquoi prendraient-ils ensuite la peine de les apprendre ? L'absence d'intégration signifie en outre souvent une absence de pratique et de maîtrise du français, dont nous faisons aussi les frais désormais, avec des lycéens qui, souvent, ne comprennent plus un texte simple.

Le choc des civilisations est palpable dès le collège


Ces deux listes sont finalement comme une illustration du choc des civilisations ; elles donnent à voir deux jeunesses qui bientôt devront vivre ensemble, mais n'auront rien à se dire, et qui se retrouveront peut-être un jour, il faut le craindre, « face à face », pour reprendre l'expression d'un ancien ministre. Choc des civilisations car, face au bloc de culture islamique, on trouve bien ici un bloc culturel tout aussi homogène, celui de la civilisation européenne avec ses racines chrétiennes, celle que l'on croyait déjà disparue. Ce classement consacre en effet l'échec du délire individualiste qui, depuis plusieurs décennies, a conduit les Français à choisir pour leurs enfants des prénoms cultivant le goût de l'originalité, avec la quête du prénom unique, parfois inventé, refusant l'orthographe classique, mettant en avant la plus infime origine étrangère, et donnant finalement lieu à des listes de classes entières où l'on ne trouve parfois pas un prénom identifiable. Les meilleurs bacheliers, au contraire, ont des prénoms bien connus, français pour la plupart, qui s'inscrivent dans une culture commune et dans une histoire.

« Les individus cosmopolites que nous étions spontanément font, sous le choc de l'altérité, la découverte de leur être », écrivait Alain Finkielkraut dans L'Identité malheureuse. On se prendrait à rêver que cela soit réellement le cas quand on regarde la liste des prénoms des meilleurs bacheliers de France… Cependant, ces prénoms manifestent-ils vraiment la renaissance d'une jeunesse française, consciente d'appartenir à une nation millénaire, et riche d'un passé retrouvé après des décennies d'oubli ? Ou ne sont-ils que le marqueur d'une recherche effrénée de « distinction sociale », selon l'expression de Bourdieu, pour des enfants destinés par leurs parents à la réussite individuelle au sein d'une société fracturée ? Cela, l'avenir seul nous le dira.

 Source : Valeurs actuelles 

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mardi 7 avril 2026

Boris Cyrulnik : l'école valorise la docilité des filles et dévalorise la hardiesse des garçons

Le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik s'exprime sur la différence entre les garçons et les filles à l'école et la théorie du genre dans un récent entretien avec l'hebdomadaire Le Point :
« Vers 17 mois, les filles disposent de cinquante mots, de règles de grammaire et d'un début de double réarticulation, par exemple être capable de dire « réembarquons », au lieu de « on va encore une fois dans cette barque ». Avec quatre phonèmes, les filles expriment un discours. Les garçons obtiennent cette performance six mois plus tard ! 75 % des garçons commettent de petites transgressions (chiper un biscuit, pincer un bras, etc.), contre 25 % des filles. Alors ces filles, plus dociles, parlant aisément, sont bien mieux entourées. Il est plus aisé d'élever une fille qu'un garçon. D'ailleurs, en consultation de pédopsychiatrie, il n'y a que des petits garçons, dont le développement est bien plus difficile. Certains scientifiques expliquent ce décalage par la biologie. La combinaison de chromosomes XX serait plus stable, parce qu'une altération sur un X pourra être compensée par l'autre X. La combinaison XY serait, elle, en difficulté évolutive. Ajoutons à cela le rôle majeur de la testostérone, l'hormone de la hardiesse et du mouvement, et non de l'agressivité, comme on le croit souvent. À l'école, les garçons ont envie de grimper aux murs, ils bougent, ils souffrent d'être immobilisés. Or notre société ne valorise plus la force et le courage physique, mais l'excellence des résultats scolaires. Elle valorise la docilité des filles. 
Pourquoi n'avoir rien dit dans cette querelle autour de la théorie du genre ? 
Je pense que le "genre" est une idéologie. Cette haine de la différence est celle des pervers, qui ne la supportent pas. Freud disait que le pervers est celui qu'indisposait l'absence de pénis chez sa mère. On y est. 
Pourtant, ces théories font observer que les filles, meilleures à l'école, sont beaucoup moins nombreuses dans les études prestigieuses ? 
C'est vrai, mais il n'est pas dit que cela dure. Aux États-Unis et au Canada, les filles ont envahi les grandes écoles. Et on est obligé d'aider les garçons à y parvenir. Notre système scolaire gagnerait à arrêter la culture du sprint. Prenons modèle sur l'Europe du Nord, qui a supprimé les notations jusqu'à l'âge de 12 ans, réduit drastiquement le nombre d'heures de cours, qui caracole en tête des classements, et dont le taux de suicide chez les enfants et les adolescents a diminué de 40 %. 
Supprimer les notes ? 
Un enfant qui grandit avec papa et maman qui s'aiment, sa petite chambre à lui, des devoirs surveillés, aura forcément de bonnes notes. Les notes ne sont pas un reflet de l'intelligence, mais le miroir de la stabilité affective. »


Boris Cyrulnik revient sur ces aspects dans son dernier ouvrage « Quand un enfant se donne "la mort" ». Pour celui-ci, l'école, est devenue aujourd'hui le nouveau classificateur social, elle est surinvestie par les parents. Cette institution réalise les conditions expérimentales de l'angoisse : immobilité physique et suppression de procédés spontanés de tranquillisation. La désorganisation des rythmes scolaires empêche les apprentissages et augmente le malaise.

Souffrances de la seconde génération d'immigrés

Le problème du XXIe siècle sera celui des déplacements de population. La première génération chassée de son pays, pillée pendant le voyage et souvent mal accueillie souffre beaucoup mais se suicide peu. C'est paradoxalement dans la deuxième génération qu'on note le plus de troubles et de suicides des jeunes. Les enfants, nés dans le pays d'accueil, suffisamment scolarisés souffrent beaucoup de troubles anxieux et d'idéal de soi. La niche affective qui a tutorisé leur développement était appauvrie par le malheur parental.

Favoriser la stabilité affective, adapter les rythmes aux processus d apprentissage des enfants, encourager les structures socialisantes, privilégier une politique d'intégration plutôt que d assimilation : tels sont les moyens de prévention proposés par le célèbre neuropsychiatre et directeur d'enseignement à l'université de Toulon.

Quand un enfant se donne « la mort ».
Attachement et sociétés,
par Boris Cyrulnik
chez Odile Jacob,
160 p.
21,90 euros
ISBN-13: 978-2738126887


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Comment faire réussir les garçons à l’école

Tiré d'un billet de Noémie Mercier (avec quelques réserves) :

« Que faire alors pour permettre aux gars d’exprimer leur plein potentiel à l’école, notamment en lecture et en écriture ? Cette préoccupation n’est pas propre au Québec : lors du plus récent test PISA (pdf), une épreuve internationale chapeautée par l’organisation de coopération et de développement économiques, les garçons ont obtenu de moins bonnes notes en lecture que les filles dans la presque totalité des 65 pays participants. (Les filles, de leur côté, ont moins bien réussi en maths que les garçons dans 37 pays sur les 65 sondés.)

Des chercheurs du monde entier se sont intéressés à ce troublant écart. Voici deux pistes de solution puisées dans leurs travaux.

Donnez-leur plus d’hommes profs…

Peut-être ont-ils besoin d’un modèle positif qui leur montre qu’être studieux et aimer la lecture, ce n’est pas qu’une affaire de fille. Ou peut-être qu’un enseignant est plus enclin qu’une enseignante à les comprendre, à croire en eux et à les traiter avec indulgence. C’est en tout cas ce que laisse présager une vaste étude publiée en 2007 dans le Journal of Human Resources par Thomas S. Dee, aujourd’hui professeur à l’Université Stanford.

Ce chercheur a analysé les résultats de tests d’anglais, de science et d’histoire qui avaient été administrés à quelque 21 000 élèves de 2e secondaire, partout aux États-Unis. Résultat : les garçons comme les filles ont moins bien réussi dans les matières qui leur étaient enseignées par un prof du sexe opposé.

Thomas Dee calcule que le simple fait de remplacer une femme prof par un homme dans un cours d’anglais, par exemple, réduirait du tiers l’écart entre les sexes dans cette matière, en améliorant le rendement des garçons… et en diminuant celui des filles.

Le spécialiste s’est aussi intéressé à l’engagement des jeunes envers leurs études et au jugement que les profs portent sur leurs ouailles. Encore là, observe-t-il, le sexe de l’instituteur n’y est pas étranger. Lorsqu’ils ont un homme comme prof, particulièrement en anglais et en histoire, les gars sont moins susceptibles d’être considérés comme des élèves qui dérangent et qui négligent leurs devoirs ; ils ont aussi davantage hâte au prochain cours.

Même chose pour les filles en science : elles ont moins tendance à être perçues comme étant dérangeantes ou inattentives lorsque leur prof est du même sexe qu’elles ; elles sont également plus portées à dire qu’elles ont hâte à ce cours et à trouver cette matière utile à leur avenir. Dans un domaine traditionnellement masculin, une enseignante de leur sexe les inspire, semble-t-il, à rêver plus grand que les stéréotypes.

Mais ne les séparez pas des filles !

Certains commentateurs soutiennent que le meilleur moyen d’amener les gars à se concentrer sur leurs études, c’est de les isoler des filles, dont la présence serait une source de distraction et leurs succès scolaires une cause de démoralisation. Pas fou.

Le hic, c’est que cette hypothèse n’est pas appuyée par la recherche. Selon des rapports issus tant du canada que des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, les jeunes qui fréquentent une école non mixte n’obtiennent pas de meilleures notes et n’ont pas plus de chances de décrocher un diplôme universitaire que ceux qui côtoient le sexe opposé en classe. [Noémie Mercier ne mentionne pas de sources]

La proximité des filles, qui sont en moyenne légèrement plus précoces sur le plan verbal, serait au contraire bénéfique pour leurs camarades, du moins chez les tout-petits. Car elles ont la parole contagieuse. Les garçons qui grandissent avec une sœur jumelle parlent déjà mieux à l’âge de deux ans que ceux qui vivent avec un frère jumeau (non identique) : la présence à leurs côtés d’une compagne un peu plus verbomotrice suffit à les tirer vers le haut, selon cette recherche [publiée en 2000] menée à Londres par une équipe dont faisait partie Ginette Dionne, professeure de psychologie à l’Université Laval. [Il faut voir si les hormones dans le milieu utérin partagé par les jumeaux n'auraient pas d'effets. En outre, on parle ici au mieux de contacts bien avant l'adolescence, époque à laquelle on parle de distractions et d'âges pubertaires différents.]

Les fillettes aussi bénéficient de ces contacts : celles qui sont élevées auprès d’un grand frère, par exemple, s’intéressent beaucoup plus aux jeux de construction, aux camions et aux sports — et sont donc plus aptes à développer leurs talents athlétiques et leurs compétences techniques — que celles qui n’ont pas cette chance.»

Noémie Mercier fournit comme justification à ce paragraphe l’étude « Sex-typed play in opposite-sex twins » d’Henderson et de Berenbaum effectuée en 1997. Cette étude ancienne porte principalement sur autre chose (est-ce que les hormones dans le milieu utérin expliqueraient l’attirance pour des jouets stéréotypiques garçons/filles ?) avec des résultats minoritaires par rapport aux autres études peu exploitables (voir p. 156 de Gender Development par Judith E. Owen Blakemore,Sheri A. Berenbaum et Lynn S. Liben.)

jeudi 5 décembre 2024

TEIMS/TIMSS 2023 - Résultats inquiétants pour les élèves de 4e année/CM1 en Belgique francophone et France, Québec dans la moyenne basse

L’étude Tendances de l’enquête internationale sur les mathématiques et les sciences (TEIMS) est une évaluation internationale qui mesure les connaissances et les compétences des élèves de 4e année en mathématiques et en sciences; le projet est parrainé par l’Association internationale pour l’évaluation du rendement scolaire (AIE). La TEIMS a lieu tous les quatre ans depuis 1995. Plus de 60 pays ont participé à la TEIMS 2023. L'Ontario et le Québec y ont aussi participé à titre séparé. L'enquête est connue en France sous son abréviation anglaise : TIMSS.

Les résultats de l'enquête 2023 sur le niveau des élèves de 4e année (CM1 en France) en mathématiques et en sciences ont été publiés.

Le niveau des élèves français est toujours très inquiétant. Les élèves québécois s'en sortent mieux, mais sont dans la moyenne basse de l'OCDE.


En France comme au Québec et en Ontario, l’écart entre garçons et filles s’accroit depuis les précédentes enquêtes, en sciences comme en maths :


Comme précédemment, la France présente des écarts particulièrement criants entre élèves de milieux favorisés et défavorisés. Même les élèves français les plus favorisés ont un niveau bien inférieur aux élèves similaires des autres pays de l’OCDE :


Les allophones (ceux qui ne parlent ni le français ni l'anglais comme langue maternelle en Ontario et au Québec) ont de meilleurs résultats que les locuteurs francophones et anglophones de langue maternelle. Ce n'est pas le cas en Belgique ou en Allemagne. Dans le tableau ci-dessous, on remarque que le Québec est la juridiction avec le moins d'élèves dont la langue toujours parlée à la maison est celle du test (49%) et ce sont ceux avec le pire résultat pour le Québec.
 

Les étudiants parlent la langue du test à la maison

 (mathématiques 4e année/CM1)


ToujoursPresque toujours Parfois Jamais
Pays%
d'étu-diants
Résultat Moyen%
d'étu-diants
Résultat Moyen%
d'étu-diants
Résultat Moyen%
d'étu-diants
Résultat Moyen
Allemagne 56
(1,0)
535
(2,3)
19
(0,6)
529
(4,5)
22
(0,8)
505
(3,8)
4
(0,3)
492
(7,7)
Belgique (Flandres) 56
(1,3)
534
(2,2)
15
(0,6)
524
(3,5)
25
(1,1)
497
(4,3)
4
(0,4)
508
(9,5)
Belgique (Franco) 55
(1,2)
497
(2,5)
19
(0,7)
495
(3,8)
23
(1,0)
470
(3,7)
3
(0,3)
467
(7,6)
France 64
(1,3)
488
(3,2)
15
(0,7)
498
(3,6)
19
(0,9)
464
(4,7)
2
~
~
~
Moyenne
internationale
62
(0,2)
505
(0,5)
16
(0,1)
512
(0,7)
18
(0,1)
496
(0,8)
4
(0,1)
461
(1,8)
Ontario 52
(1,5)
496
(3,8)
17
(1,0)
524
(5,4)
27
(1,2)
504
(5,2)
4
(0,7)
511
(21,2)
Québec 49
(1,9)
507
(3,4)
20
(0,9)
528
(3,7)
25
(1,6)
517
(4,0)
6
(0,6)
530
(6,4)

( ) Les erreurs types figurent entre parenthèses. En raison des arrondis, certains résultats peuvent sembler incohérents.
Un tilde "~" indique que les données sont insuffisantes pour présenter un résultat.

Voir aussi

La France dernière du classement européen en maths selon une nouvelle enquête

mardi 13 août 2024

Le sport à l'école primaire a un effet positif sur la réussite scolaire selon une étude

Selon une étude, on peut établir des liens entre la pratique d’un sport entre 6 et 10 ans et la réussite scolaire au secondaire, jusqu’à l’âge de 17 ans.


L’activité physique chez les jeunes n’est pas seulement bénéfique pour leur santé. La pratique d’un sport au primaire permet également de mieux réussir à l’école, et ce, jusqu’à la fin du secondaire, révèle une étude de l’Université de Montréal et du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, publiée cette semaine.

Prédire les chances de réussite scolaire grâce au sport

« Nous avons obtenu des résultats convaincants qui démontrent que la pratique d’un sport de la maternelle à la quatrième année a un effet positif sur tous les indicateurs de réussite scolaire jusqu’à la fin du secondaire », dit Linda Pagani, professeure de psychoéducation à l’Université de Montréal et coauteure de l’étude. L’équipe a suivi 746 filles et 721 garçons nés en 1997 ou 1998 en utilisant les données de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec de l’Institut de la statistique du Québec. Ils ont ainsi pu établir des liens entre la pratique d’un sport entre 6 et 10 ans et la réussite scolaire au secondaire, jusqu’à l’âge de 17 ans. Et ce, tant chez les filles que chez les garçons.

Des adolescents plus engagés et motivés

Les chercheurs ne se sont pas contentés d’analyser l’effet du sport sur les résultats scolaires des jeunes. « On a pris en compte plusieurs indicateurs de réussite », dit Mme Pagani. Non seulement les enfants qui pratiquaient régulièrement un sport obtenaient de meilleures notes, mais ils étaient aussi moins susceptibles d’abandonner l’école en dernière année du secondaire par rapport à ceux qui faisaient peu ou pas de sport. De plus, ils attachaient davantage d’importance à leurs résultats scolaires, étaient plus engagés envers leur école et nourrissaient des aspirations plus élevées quant à la poursuite de leurs études au cégep et à l’université. D’autres études avaient d’ailleurs déjà démontré que la forme cardiorespiratoire et la force musculaire étaient associées à de meilleurs résultats scolaires chez les adolescents.


« [Le sport] vient également stimuler le cerveau, les fonctions exécutives, qui sont très importantes pour les performances scolaires et le désir de s’engager à l’école », explique Kianouch Harandian, coauteure de l’étude.

Les filles qui pratiquaient régulièrement un sport à l’école primaire avaient un risque de redoubler une classe à l’adolescence réduit de 21 % par rapport à celles qui ne pratiquaient pas de sport de manière régulière. Pour les garçons, ce risque était réduit de 16 %.

Un environnement stimulant

« Le sport, surtout avec un entraîneur, crée un environnement stimulant et des opportunités sociales que l’enfant conserve dans les années qui suivent. Ça vient également stimuler le cerveau, les fonctions exécutives, qui sont très importantes pour les performances académiques et le désir de s’engager à l’école », explique Kianoush Harandian, coauteure de l’étude et étudiante au doctorat en psychoéducation à l’Université de Montréal. Pour être considérés comme faisant partie du groupe sportif, les jeunes devaient pratiquer régulièrement une activité physique avec un entraîneur, comme la danse, les arts martiaux ou le soccer, et poursuivre cette activité de façon constante pendant plusieurs années.

Des avantages considérables

« On voit que les parents impliquent de plus en plus les filles dans les sports comme le soccer, la ringuette et le basketball, observe la professeure Linda Pagani. C’est intéressant parce qu’on est en train de donner autant d’occasions aux jeunes filles qu’aux garçons d’expérimenter les sports et leurs défis. » Les chercheurs ont également observé que les filles qui pratiquaient régulièrement des sports durant leur enfance bénéficiaient d’avantages considérables dans leurs moyennes en cours de langue, comme le français et l’anglais. Selon eux, non seulement l’engagement dans le sport pendant l’enfance contribue à la réussite scolaire à l’adolescence, mais il pourrait augmenter les chances de réussite économique et personnelle à l’âge adulte.

mardi 5 mars 2024

Près d’un garçon sur cinq a abandonné ses études secondaires pendant la pandémie au Québec

Près d’un garçon sur cinq a abandonné ses études secondaires pendant la pandémie au Québec. Comment faire pour motiver nos jeunes garçons ?

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lundi 4 mars 2024

Vos impôts à l'œuvre : Télé-Québec veut redéfinir la masculinité

Vidéo de Télé-Québec publiée le 26 février 2024.

« Léane tente de redéfinir la masculinité. Arrivera-t-elle à déconstruire les stéréotypes et cultiver une nouvelle vision de l’homme moderne ? »

« Dans ce magazine social rassembleur [ah !?] et audacieux [les deux qualificatifs semblent contradictoires…], Fred, Léane et Meeker partent en mission pour s’ouvrir sur le monde, confronter leurs biais, décrypter des sujets plus denses et faire le pont entre les générations, avec humour et légèreté ! [prêchi-prêcha habituel assommant] »

Pourquoi redéfinir la masculinité ? Bin, parce qu’on est en 2024… L’argument habituel des progressistes.

Selon cette vidéo, le suicide des garçons serait dû à une vieille définition de la masculinité… pas le fait que la société (l’école très féministe par exemple) dévalorise les garçons, prend peu en compte les besoins des garçons et ne leur fournit pas des modèles valorisants.  Voir Pierre Vermeren : « Les jeunes hommes sont-ils en trop dans la société » ? et Étude — École non mixte n’augmente ni résultats ni intérêt des filles pour les sciences, mais bien pour les garçons et Boris Cyrulnik : l’école valorise la docilité des filles et dévalorise la hardiesse des garçons.

En passant, le sociologue de plateau ressemble beaucoup à un psychologue pop qui a un message simpliste à faire passer : il faut que les hommes parlent et le stéréotype traditionnel masculin leur nuit, pas la société actuelle moderne, pas l'école actuelle.

La discussion aboutit sur cette nouvelle définition de la masculinité (très politiquement correcte, LGBTQ2SAI+-compatible et diversitaire) :


Le plateau « adore ». Aucune contradiction.

Le participant de couleur affirme sans rire qu’elle est juste  assez précise et juste assez floue pour laisser la place à toutes sortes de masculinité. Pour nous, elle ne définit rien (une infinité de façons ? Tout ce que des trans font ? Tout ce que les hommes font y compris donc ce que les femmes font ?).

Un soutien majeur de 101,1 millions de dollars pour Télé-Québec

En mars 2023 lors du dévoilement de son budget 2023-2024, le gouvernement de Québec a annoncé l’octroi d’une somme de 101,1 millions de dollars sur cinq ans à Télé-Québec, réitérant ainsi son soutien au média public du Québec.

Le gouvernement explique cette dépense en affirmant que  « Télé-Québec accompagne la population québécoise en lui offrant des contenus francophones de qualité depuis plus de cinquante ans, le gouvernement a annoncé cet investissement majeur afin que Télé-Québec réaffirme son rôle en programmation jeunesse et culturelle et bonifie l’offre de services disponible sur ses différentes plateformes. »

Rappelons que le bilan financier de Télé-Québec est déficitaire depuis de nombreuses années et que la société de diffusion dépend essentiel des subventions publiques.

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Sur les stéréotypes masculins et féminins vue par une Française qui a vécu au Québec et a déménagé en Russie :  

mercredi 24 janvier 2024

Des allées de jouets unisexes sont désormais obligatoires dans les grands magasins californiens

Les allées de jouets non sexistes sont devenues obligatoires dans les grands magasins de la Californie, un État dirigé par les démocrates.

La loi, qui est entrée en vigueur au début du mois de janvier, s’applique aux magasins comptant au moins 500 employés dans cet État dirigé par les démocrates.

Les magasins qui refusent de s’y conformer se verront infliger une amende de 250 dollars américains pour une première infraction et de 500 dollars s’ils continuent à défier la règle.

En vertu de la loi, les magasins doivent disposer d’une allée « dans laquelle est présentée une sélection raisonnable d’articles et de jouets pour enfants qu’ils vendent, qu’ils aient été traditionnellement commercialisés pour les filles ou pour les garçons ».

Le projet de loi ajoute : « Séparer des articles similaires traditionnellement commercialisés soit pour les filles, soit pour les garçons, rend plus difficile pour le consommateur la comparaison des produits et implique à tort que leur utilisation par un sexe n’est pas appropriée ».

Les magasins pourront avoir des rayons de jouets séparés pour garçons et pour filles, ainsi que des espaces unisexes désormais obligatoires.

La loi a été adoptée en 2021 et signée par le gouverneur de l’État, Gavin Newsom.

« Nous devons laisser les enfants être des enfants »

La loi a été initialement présentée par Evan Low, législateur démocrate à l’Assemblée de l’État de Californie, qui a déclaré avoir été incité à agir par une enfant de huit ans qui se demandait pourquoi un magasin devait lui dire ce qui était un jouet ou une chemise de fille.

Des groupes chrétiens, tels que le California Family Council (CFC), ont critiqué ce changement.

« Nous devrions tous avoir de la compassion pour les personnes souffrant de dysphorie de genre », a déclaré Jonathan Keller, président du CFC.

« Mais les activistes et les législateurs de l’État n’ont pas le droit de forcer les détaillants à épouser les messages approuvés par le gouvernement sur la sexualité et le genre. C’est une violation de la liberté d’expression et c’est tout simplement inacceptable ».

Par le passé, M. Low a été coauteur d’un projet de loi autorisant le tourisme de « transition de genre », faisant de la Californie un « État sanctuaire » pour les enfants à qui l’on refuse une opération de changement de sexe ou une thérapie hormonale dans un autre État.

Des États conservateurs comme le Texas ont interdit ces procédures, arguant qu’elles s’apparentent à de la maltraitance d’enfants.

lundi 20 novembre 2023

Qui détruit la masculinité, récolte le masculinisme

Mathieu-Bock-Côté réagit à une série d’articles sur le masculinisme dans les écoles québécoises. (À quel point est-ce en partie le résultat d’un apport important de jeunes immigrés venus de pays latinos, arabes, africains ou même d’Europe orientale plus machos, plus virils, que le Québec ? Voir leur rôle dans la contestation contre la propagande LGBTQ2SAI+ dans les écoles, dans la vidéo vers 14 min 50 s)

La Presse a voulu lancer un signal d’alarme : le masculinisme serait en vogue dans les écoles québécoises. Plus encore, un influenceur peu recommandable, Andrew Tate, y aurait un grand succès auprès des adolescents.  

La Presse est perplexe : comment expliquer sa popularité ? Comment expliquer que de jeunes hommes trouvent en lui une source d’inspiration ?

Je le dis d’entrée de jeu, au cas où certains voudraient me faire un mauvais procès : je n’ai aucune sympathie, mais vraiment aucune sympathie, pour ce Andrew Tate, qui offre une version dégradée et caricaturale de la virilité, et qui, en plus de cela, se comporte comme un rustre, une brute et un parvenu — et cela, sans même mentionner ses problèmes avec la loi. Son discours de revalorisation de la masculinité traditionnelle s’accompagne d’un discours de dévalorisation des femmes qui est objectivement répugnant. Il laisse même croire que le premier est indissociable de la seconde, ce qui n’est pas la moindre des choses qu’on peut lui reprocher.

Garçon en jupe !

Mais une fois cela dit, il n’est pas très compliqué de comprendre pourquoi tant de jeunes hommes se tournent vers un semblable « modèle ». 

Ceux qui se contentent de se dire « déprimés » en lisant cela passent à côté de l’essentiel.

Il suffit de lire les trois articles de La Presse pour comprendre. 
 


Je cite le premier des trois articles. 

« Félix étudie dans une école privée de la Rive-Sud. Il a des parents progressistes. Une grande sœur féministe. Avant de découvrir Andrew Tate, il était un adolescent aux opinions modérées, le genre à porter une jupe à l’école pour dénoncer le sexisme ». 

Drapeau rouge ! La journaliste se rend-elle compte qu’elle assimile ici au registre des opinions « modérées » le fait de porter une jupe à l’école pour marquer son adhésion au féminisme idéologique ? Se rend-elle compte qu’elle normalise ici, et plus encore, qu’elle valorise, ce que des générations et des générations d’hommes et de femmes auraient assimilé à un comportement dégradant pour un homme, qui devient au mieux ici une bête de carnaval ? Se rend-elle compte qu’elle s’enthousiasme pour ceux qui ont voulu détruire la masculinité chez les garçons ? Se rend-elle compte que l’idéologie qu’elle professe est en bonne partie responsable de la détresse et de l’exaspération qui en poussent plusieurs vers Andrew Tate ?

La journaliste en dit davantage sur le parcours du jeune dénommé Félix.

« Sophie sourit encore en repensant à ces quatre mots, inscrits au feutre sur les cuisses frêles de son petit frère. C’était il y a trois ans. Un peu partout au Québec, des garçons se présentaient à l’école en jupe pour dénoncer les codes vestimentaires stricts imposés aux filles. Sophie n’a même pas eu besoin de convaincre son frère de se joindre à la cause. “Il a mis ma jupe. Il en a passé d’autres à ses amis. Il a même écrit ‘Mes cuisses te dérangent ?’ sur ses jambes”, raconte-t-elle. Assise en tailleur sur son lit, l’adolescente de 17 ans baisse la tête. […] Aujourd’hui, son petit frère — nous l’appellerons Félix — pense que la place de la femme est à la maison. Que son devoir est d’élever les enfants, de bien faire à manger. Que celui de l’homme est de pourvoir à sa famille, de la protéger. Que s’est-il passé en l’espace de 3 ans ? Deux mots : Andrew Tate ». 

Ce passage est lunaire, et pourtant, il n’a rien de surprenant. Il en dit beaucoup sur la morale dominante de nos sociétés, et sur son angle mort. 

Les garçons évoluent dans un environnement où, sous la pression du néoféminisme et de la théorie du genre, on cherche à déconstruire sans cesse leur identité et leur masculinité. On leur écrit même des slogans néoféministes sur les cuisses !

On veut déviriliser les garçons, on leur explique sans cesse que la masculinité est toxique, on célèbre les garçons qui affirment ne plus en être, et qui croient s’émanciper de leur anatomie et de leur vérité biologique en embrassant la non-binarité, on les pousse à adopter tous les symboles et les signes du féminin, et à assimiler à l’horreur la plus atroce ceux traditionnellement associés à la masculinité… et on se surprend vraiment qu’un jour, certains se révoltent, en se tournant vers les discours et les figures qui dénoncent ouvertement l’entreprise de déconstruction et de rééducation à laquelle on a voulu les soumettre ? 

Ce sont les mêmes, je devine, qui n’ont pas compris que c’est lorsque les partis conservateurs s’effondrent et tiennent un discours qui relève de la gauche pâle que les partis populistes émergent.

La nature n’est pas une fiction idéologique, et quand on la réprime, elle se révolte. Est-ce si difficile à comprendre ? 

La diabolisation du masculin et la célébration névrotique des hommes aux cheveux bleus qui portent du vernis à ongles fuchsia relèvent d’une opération de déstabilisation psychique des jeunes générations, transformées en générations cobayes d’une vision nouvelle de l’homme nouveau, censé s’affranchir tout à la fois de la nature et des traditions, pour devenir un individu à l’identité liquide, insaisissable, conforme aux exigences du gauchisme culturel et du capitalisme mondialisé. 

Autrement dit, si vous détruisez la masculinité et la virilité, vous aurez à terme le masculinisme, c’est-à-dire une revendication identitaire masculine terriblement dégradée. 

Quand les jeunes hommes se reconnaissent en Andrew Tate, ils entendent un discours plaidant pour une reconstruction décomplexée de leur masculinité, et qui prétend que la virilité n’est pas une pathologie. C’est ce qu’ils entendent et ce qui les allume au-delà des provocations et horreurs qui accompagnent ce discours. 

Si nous déconstruisons la masculinité construite, civilisée, nous retrouverons, au final, la masculinité primitive la plus dégradée, qui se confond souvent avec le culte de la force brute et une fascination morbide de la violence. Andrew Tate, pour y revenir, est l’enfant inattendu du néoféminisme et de la théorie du genre.

Il faudra, dans ce monde qui n’aime pas la masculinité et, surtout, qui trouve détestable l’homme occidental, reconstruire une masculinité forte et légitime. Il s’agit de renouer avec une tradition en la réinventant et en la conjuguant avec les exigences de l’égalité entre les sexes.

Il n’y a rien de dégradant pour un homme à vouloir protéger sa famille et en prendre soin, il n’y a rien de dégradant à vouloir s’accomplir dans des épreuves d’exception, il n’y a rien de dégradant pour un garçon à aimer les activités de « gars ». 

Et si la virilité avait ses droits ?

Il faudra reconstruire la figure de l’homme sûr de lui, responsable, courtois, élégant, sachant retenir ses larmes, et ne croyant pas que c’est en s’épanchant publiquement qu’il sera authentique. Il faudra reconstruire la figure du gentleman [homme du monde], comme le propose un Hugo Jacomet, dont les conseils dépassent les exigences de l’élégance masculine, et relèvent en fait d’un plaidoyer pour la reconstruction d’une masculinité civilisée. Ce n’est pas sans raison que ses vidéos ont un tel succès. 

L’homme qui refuse de se laisser déconstruire, et qui a peut-être entrepris de se reconstruire, peut être un sportif, un politique, un homme manuel, un intellectuel, un scientifique, un artiste ou bien d’autres choses : il ne vient pas dans un seul modèle. Il peut être urbain, de la banlieue ou des campagnes. J’ajoute que chaque pays a aussi élaboré au fil de l’histoire sa propre version de l’homme viril.

Mais une chose est certaine, cela présuppose de renouer avec une idée simple : l’homme n’est pas une femme, qui n’est pas un homme, et cette différence, qui n’est pas une pure construction sociale, est fondatrice pour toute civilisation. 

Écrivant cela, j’ai l’impression de rappeler une évidence absolue. Mais il s’agit d’une évidence perdue.

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Des enseignants d'ECR (le progressisme multiculti) pris au dépourvu par leurs élèves

Ce fut instantané. Le visage de plusieurs garçons jusque-là désintéressés s’est illuminé. Et celui des filles s’est rembruni.

« Andrew Tate est le G. O. A. T. [Greatest of All Time] ! », a lancé un élève au fond de la classe. Le meilleur de tous les temps.

« Ses propos résonnent clairement chez les jeunes », souligne Pénélope Beauchemin. Son but n’est pas d’être alarmiste. De généraliser le problème à tous les garçons. Mais ce qui se passe dans les classes devrait servir de son de cloche, croit l’enseignante en sciences.

Nous avons parlé à du personnel enseignant de huit écoles secondaires, privées et publiques, de la grande région de Montréal. Selon eux, Andrew Tate a légitimé des discours offensants, voire parfois violents, qu’ils entendent de plus en plus en classe.

Selon plusieurs enseignants au secondaire, Andrew Tate a légitimé des discours offensants, voire parfois violents, qu’ils entendent de plus en plus en classe.

« Des affaires du genre “la place des femmes est à la maison” et “le féminisme, c’est un problème”. Il y a des élèves qui osent dire ce genre de choses là », déplore Yves Roy, enseignant en éthique et culture religieuse.

Le phénomène touche des élèves de tous les niveaux.

Une discrimination banalisée

Également enseignant en éthique et culture religieuse, Samuel Déry constate une certaine banalisation d’un discours antiféministe dans ses plus jeunes groupes.

L’idée que les femmes dominent [la société] et que les hommes doivent reprendre leur place fait de plus en plus son chemin.

Louis Audet-Gosselin, directeur scientifique du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence

Directeur scientifique du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, Louis Audet-Gosselin entend des échos similaires en provenance d’un peu partout dans le milieu scolaire.

En plus d’offrir des ateliers de sensibilisation dans les écoles, l’organisme offre un service d’accompagnement consacré aux établissements qui s’inquiètent de la radicalisation d’un élève ou sont aux prises avec des actes à caractère haineux.

Depuis l’an dernier, les demandes concernant des enjeux liés au genre, comme des commentaires misogynes ou homophobes entendus en classe, sont en hausse.

« Ce n’est pas dans toutes les classes, et c’est souvent une minorité d’élèves qui ont des propos problématiques ou dérangeants, mais c’est suffisant pour qu’une petite alarme sonne », fait valoir M. Audet-Gosselin.


Une popularité observée en classe

Étudiante en enseignement au secondaire, Éliane Hétu fait de la suppléance dans une école de Laval.

Chaque fois qu’elle met les pieds en classe, c’est devenu quasi systématique. « Les élèves me demandent ce que je pense d’Andrew Tate », témoigne-t-elle.

Au printemps dernier, une jeune fille âgée d’à peine 14 ans a même qualifié l’influenceur de « dieu ».

En classe, Éliane Hétu croit parfois entendre le gourou masculiniste dans les propos de ses élèves.

 Éliane Hétu, étudiante en enseignement au secondaire, déclare : « L’autre jour, je débattais avec un gars qui disait que c’était normal que les domaines féminins comme l’enseignement soient moins bien payés, parce que les femmes travaillent moins bien. »

Dans son cours d’éthique et culture religieuse, Ismaël Seck aime demander à ses élèves qui les inspire.

« L’an dernier, beaucoup de garçons m’ont nommé spontanément Andrew Tate », raconte-t-il.

Mais ce n’est pas ce qui l’a le plus marqué, « c’était le déni total des injustices que pouvaient vivre les femmes et l’agressivité envers les étudiantes qui parlaient des inégalités », affirme-t-il.

De son côté, l’enseignant en éthique et culture religieuse Samuel Jean remarque que l’influenceur « est moins populaire qu’il l’a déjà été ».

Chaque année, il demande à ses élèves d’identifier trois personnes qui incarnent leurs valeurs. L’an dernier, « une vingtaine » d’entre eux avaient nommé le personnage controversé dans leur travail sur l’ensemble de ses groupes, qui totalisent 400 élèves.

« Cette année, il y en avait quatre ou cinq, dit-il. J’étais soulagé. »

Des directives rares

Des élèves d’une école de Londres, en janvier dernier. Au Royaume-Uni, un sondage mené en septembre a démontré qu’environ 1 jeune de 13 à 15 ans sur 4 (23 %) a une vision positive d’Andrew Tate.

Ce qui s’observe dans nos écoles se produit aussi ailleurs dans le monde. Au Royaume-Uni, un sondage mené en septembre a démontré qu’environ 1 jeune de 13 à 15 ans sur 4 (23 %) a une vision positive d’Andrew Tate, et ce, en dépit des graves accusations auxquelles il fait face.

Pour combattre son influence « toxique », les écoles secondaires du pays ont ajouté des formations pour le personnel et des ateliers de sensibilisation pour les élèves et les parents, a rapporté plus tôt cette année le Guardian.

Au Québec, un seul enseignant à qui nous avons parlé a reçu une directive claire de sa direction d’école, soit de sortir de la classe un élève qui contesterait un « fait historique ». Les autres réagissent aux commentaires offensants selon ce qui leur semble mieux. Certains interviennent. D’autres préfèrent les ignorer, craignant les dérapages.

« On est un peu pris au dépourvu », laisse tomber Yves Roy.

« On n’était pas préparés à cette tempête-là », résume un enseignant d’histoire qui n’a pas souhaité être nommé par crainte de représailles de son employeur.

« Depuis les 15 dernières années, il y a eu une amélioration pour ce qui est de l’acceptation des autres, du vivre-ensemble. Mais là, il y a un recul », lâche-t-il.

Il se souvient d’un évènement en particulier survenu l’an dernier, lorsqu’il avait abordé en classe l’iniquité salariale au XIXe siècle. « J’ai eu beaucoup de mains levées de garçons qui expliquaient qu’ils ne voyaient pas où était le problème », raconte-t-il.

L’enseignant a été pris de court. Jamais il n’avait entendu ce genre de propos en classe.

Plus tard dans l’année, il a été forcé de mettre fin à un atelier sur l’actualité lorsque des élèves ont défendu les dispositions discriminatoires du Qatar contre les personnes LGBTQ+..

À mesure que l’année scolaire progressait, les filles du groupe participaient de moins en moins en classe. « Quand je les ai questionnées, elles m’ont dit qu’elles étaient vraiment tannées, que c’était des propos intolérables. Elles ne comprenaient pas pourquoi on ne faisait pas plus », raconte-t-il.

« Ça m’a brisé le cœur. »

Source : La Presse

vendredi 10 novembre 2023

La sous-scolarisation des hommes n'intéresse pas le pouvoir

D'une chronique de Mario Dumont

Avouons-nous la vérité! Si la sous-scolarisation touchait les femmes, on en parlerait tous les jours, il y aurait un plan d’action impliquant tous les ministères. Pour les hommes, on se contente d’un sous-chapitre dans un document des Finances sur la perte de productivité.

Seuls 69% des garçons obtiennent leur diplôme secondaire dans les délais prévus. Seuls 41% des diplômés au Québec sont des gars. C’est la plus faible proportion de tout le Canada.

Évidemment, les garçons n’obtenant pas leur diplôme d’études secondaires, la sous-scolarisation se prolonge et s’aggrave au niveau collégial et universitaire. Au dernier relevé, il y avait 185 000 femmes dans les universités québécoises contre seulement 128 000 hommes. 


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samedi 30 septembre 2023

« Unique en son genre » : propagande au musée

Le 17 mai 2023, le Musée de la Civilisation a inauguré l’exposition Unique en son genre, qui propose « une série de contenus afin d’éclairer et favoriser une meilleure compréhension des dynamiques qui sont liées [à l’identité de genre] ». Cette exposition est présentée comme une œuvre éducative visant à ouvrir le dialogue. Cependant, elle se révèle être une véritable propagande. Ariane Beauféray et Laurence Godin-Tremblay, deux doctorantes formées respectivement en science et en philosophie, nous expliquent pourquoi.

Une exposition pour informer?

« Nous sommes un musée de société qui évolue avec celle-ci et qui doit donc rester agile pour suivre cette évolution (et parfois même pour tenter de devancer la société en la “brassant” un peu) », indiquait en 2021 Stéphan La Roche, PDG du Musée de la Civilisation.

Comme les questionnements de genre sont en croissance au Québec, il semble opportun d’y dédier une exposition. Cela correspond par ailleurs à l’une des missions du musée, qui est de « faire connaître l’histoire et les diverses composantes de notre civilisation ». Selon le PDG, le musée mène à bien cette mission en « transmettant des connaissances » et en interpelant l’esprit critique du visiteur grâce à « des points de vue multiples pouvant rejoindre le plus grand nombre ».


Lors de notre visite, nous avons toutefois observé que l’exposition vise plutôt à convaincre le visiteur qu’à l’informer, en imposant un point de vue unique et biaisé sur le genre. Or, il existe un mot pour qualifier une œuvre qui fait la promotion d’une idéologie en présentant une perspective réduite et déformée de la réalité : ce mot est propagande.


Dans ce texte, nous dressons tout d’abord un portrait général de l’exposition, de ses créateurs et de leurs intentions. Puis, nous commentons plusieurs aspects présentés en suivant la chronologie de l’exposition. Nous terminons en proposant une réflexion sur le concept de genre. Bonne visite avec nous!

 

La biologiste Ariane Beauféray s’émerveille des différences sexuelles

 

PREMIÈRE PARTIE
Propos général, origines et intentions

Repentez-vous de votre binarité

Dès l’entrée, l’exposition impose au visiteur ses « vérités ». Elle lui dicte le seul vocabulaire adéquat pour parler de l’expérience humaine et scinde l’identité de tous en cinq composantes (sexe, genre, identité de genre, expression de genre, attirances sexuelle et romantique). Toutes ces composantes se trouveraient sur un continuum, et les médecins « assigneraient » sexe et genre à la naissance.

Puis viennent les exemples concrets : biologie, culture et témoignages illustrent le propos principal. Et ce propos est fort simple : il faut sortir de la binarité imposée par la société. Car « deux catégories, c’est insuffisant! ».


Quitter la binarité et adhérer plutôt au continuum du genre se compare à passer d’une vie en noir et blanc à une vie en couleurs, plus nuancée et plus riche. À la fin de l’exposition, on comprend que délaisser la binarité oblige également à faire disparaitre la masculinité et la féminité. En effet, « malgré les normes sociales qui encadrent l’expression de genre, il n’y a pas de caractéristiques fondamentalement féminines ou fondamentalement masculines. Les caractéristiques sont tout simplement humaines et tout le monde devrait avoir le droit de s’approprier celles qui lui conviennent ».

Il ne reste au fond qu’une seule identité : celle d’être humain.   

Des militants pour créateurs

D’où viennent donc ces déclarations pleines d’assurance? À la scénarisation de l’exposition, on trouve Marie-Philippe Drouin, qui dirige l’organisme Divergenres et qui se dit non-binaire. Et dans le comité scientifique comme dans le comité consultatif de l’exposition, il n’y a quasiment que des activistes LGBTQ+ proposés par GRIS-Québec.

L’exposition n’est donc pas descriptive, et encore moins critique; elle sert une propagande « éducative et trans affirmative » – c’est ainsi que Marie-Philippe Drouin qualifie l’expérience offerte au musée –, qui impose sa loi avec « bienveillance et ouverture ». 

Le militantisme est particulièrement flagrant dans le guide de l’exposition. Il interdit clairement toute remise en question, puisqu’il s’agirait de « micro-agressions ». Remettre en question, c’est agresser; agresser, c’est mal; remettre en question, c’est donc mal. Il faut même aller plus loin, et devenir un allié de la cause LGBTQ+, ce qui implique « d’admettre ses erreurs ». Comment ne pas qualifier de propagande une exposition qui qualifie automatiquement toute opinion contraire d’erreur? 

Cette exposition ferme le dialogue plus qu’elle ne l’ouvre, contrairement à ce que prétend le PDG du Musée. Les quelques personnes qui ont tenté d’entrer en discussion avec des guides ou autre personnel du Musée ont d’ailleurs frappé un mur.

Lire la suite sur le site du Verbe

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