Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
La mairie de Paris a révélé, vendredi, un bilan glaçant : 52 animateurs périscolaires ont été suspendus entre 2022 et 2025 pour des signalements de violences sexuelles sur des enfants, majoritairement scolarisés en maternelle et en primaire, donc âgés de 3 à 6 ans. En 2025 seul, 16 cas ont déjà été recensés, un rythme constant depuis trois ans.Ces affaires, qui touchent les temps d’activités périscolaires (TAP) des mardis et vendredis après-midi, ont déclenché une vague d’indignation chez les parents et une réponse institutionnelle tardive, mais ferme.
Des faits précis, des victimes très jeunes
Dans le 11e arrondissement, deux établissements ont été particulièrement secoués :
École maternelle Alphonse-Baudin (avril 2025) : Deux animateurs suspendus. L’un sera jugé le 25 novembre pour agressions sexuelles sur cinq mineurs de moins de 15 ans et sur une collègue. L’autre a bénéficié d’un classement sans suite, mais reste écarté.
École maternelle Bullourde (octobre 2025) : Trois animateurs suspendus pour exhibition, agressions sexuelles et faits à caractère sexuel. Une fillette de 3 ans est au centre de l’enquête. Un camarade du même âge a témoigné avoir vu des actes. Lors de son audition par la Brigade de protection des mineurs (BPM), l’enfant a mimé des gestes précis, jugés incompatibles avec l’imagination d’un très jeune enfant.
La famille, par la voix de Me Arié Alimi, a porté plainte mi-novembre avec constitution de partie civile pour viol aggravé sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité. « Nous craignons un très grand nombre de victimes potentielles, des faits massifs », a déclaré l’avocat, dénonçant l’opacité totale des services d’enquête et de la mairie.
D’autres familles ont été entendues. Aucune n’a reçu de suivi régulier. Un recrutement massif, une vigilance défaillante ?
Pour Emmanuel Garot, président de la Peep (Fédération de parents d’élèves de l’enseignement public), la cause est structurelle : « Depuis la réforme des rythmes scolaires en 2013, le recrutement de 3 000 animateurs par an a été trop rapide et insuffisamment contrôlé. Des prédateurs en profitent. »
Rappel : tous les indicateurs démographiques sont au rouge foncé au Québec, nombre de naissances à un creux historique : 77 400 enfants nés en 2024, moins qu’en 1911 alors que la population était de 2 005 776 en 1911 soit près de 4,5 fois moins nombreuses (9,1 millions en 2024). Taux de natalité au plus bas : 8,5 enfants pour mille habitants, il était encore de 14,0 en 1990. Et enfin un indice de fécondité à un nadir : 1,33 enfant par femme alors qu’il était encore de 1,73 enfant par femme en 2008 et en 2009…
Dans un contexte où le peuple québécois constitue une minorité à l’échelle canadienne, il semble évident que ce peuple ne peut envisager d’intégrer et assimiler de larges vagues migratoires sans assurer d’abord sa propre pérennité démographique. Cela suppose, entre autres, de faire des enfants — des enfants assez nombreux auxquels les nouveaux arrivants pourront naturellement s’intégrer. Ce n’est déjà plus le cas à Montréal.
On pourrait donc s’attendre à ce que le retour de certaines femmes à la maternité et à des valeurs familiales traditionnelles soit salué. Or, c’est tout le contraire dans La Presse, qui consacre un dossier spécial à ces femmes dites « traditionnelles », dont la foi — jugée trop visible par le quotidien en ligne — semble déranger dans un Québec qui se dit « laïque ».
Mais en quoi la laïcité de l’État devrait-elle interdire à des femmes adultes d’être croyantes, ou de faire des choix de vie conformes à leurs convictions traditionnelles ? Ce glissement entre laïcité et athéisme semble de plus en plus fréquent. La laïcité, pourtant, n’a jamais signifié l’effacement des croyances y compris jusque dans la sphère privée — mais simplement la neutralité de l’État face à celles-ci.
Voici un de ces textes avec nos commentaires [entre crochets].
Zoé Roy berce sa fillette dans ses bras, debout dans sa cuisine de Limoilou. À 24 ans, la mère au foyer, qui s’identifie comme une conservatrice chrétienne, a déjà trois enfants. Elle aimerait un jour en avoir six.
Le texte, pourtant bref, contient des fautes d'orthographe («indentification» et «indicadeur») et des incohérences (accents sur certains mots en capitales mais pas d'autres).
Le contenu du guide d'Education à la Vie Relationnelle, Affective et
Sexuelle qui sera bientôt distribué dans les classes maternelles
en Belgique interpelle des pédopsychiatres qui jugent certains passages "inadéquats"
et "dangereux" pour les enfants.
Ajoutons que pour ce carnet, le ministre Roberge ne se distingue pas des ministres de l’Éducation précédents : il concentre les pouvoirs de plus en plus à Québec. Il lance des réformes de structures centralisatrices, se lance dans un projet coûteux et inutile (lire ci-dessous le manque de personnel pour ses maternelles), réforme le cours ECR plutôt que de l’abolir et le remplacera par un autre cours idéologique, serre la vis aux parents qui instruisent leurs parents à la maison. Mais il ne fait rien pour relever le niveau de culture générale des écoliers, garantir une plus grande liberté pédagogique des écoles, ne met pas en place un système (chèque scolaire ou déduction fiscale) qui permettrait aux enfants de familles moins nanties de fréquenter une école privée de leur choix et ne fait rien dans le domaine de la défense du français dans l’enseignement.
« La semaine dernière était la Semaine des enseignantes et des enseignants. Il s’agit d’une période devant servir à valoriser celles et ceux qui travaillent à pied d’œuvre afin d’éduquer les enfants et les adultes québécois. Disons que la Coalition avenir Québec de François Legault et de Jean-François Roberge a une drôle de conception du terme “valoriser”.
Depuis des années, cette profession est en crise. C’est une longue traversée du désert qui a débuté sous le règne des libéraux. Quand on constate le piteux état des écoles, les conditions de travail qui s’alourdissent année après année et les salaires risibles quand on les compare à ceux des autres provinces canadiennes, on en arrive à ce qui se passe actuellement : un exode des enseignantes. Les jeunes ne choisissent pas cette profession et les plus âgées fuient avant d’avoir atteint l’âge de la retraite.
Lors de son passage dans l’opposition, Jean-François Roberge était inspirant. C’était bon de voir un confrère parler avec passion de notre profession. De plus, lors de la dernière campagne électorale, François Legault promettait de faire de l’éducation une priorité nationale. Se laissant berner par ces grands espoirs, plusieurs enseignantes ont voté pour eux. Force est de constater, après deux ans de règne, qu’il s’agissait d’un mirage.
Les gifles en plein visage se multiplient depuis leur arrivée au pouvoir. Dans la dernière année, par exemple, le dépôt patronal en vue du renouvellement de la convention collective démontrait très bien le mépris de Jean-François Roberge et de la CAQ envers les enseignantes. Plus d’heures de travail, plus d’élèves par classe à certains niveaux, la possibilité de nous imposer des mesures disciplinaires si les élèves ne réussissent pas, etc. Le tout en nous appauvrissant, car ils n’offrent même pas une augmentation salariale qui suit l’inflation. Les enseignantes québécoises sont déjà les moins bien payées au Canada, faut-il les appauvrir davantage ?
Rebondissements
Cette année, la Semaine des enseignantes et des enseignants a été marquée de plusieurs rebondissements. Tout d’abord, le ministre était fier d’annoncer 350 nouvelles classes de maternelle 4 ans. Sait-il que de nombreuses classes actuelles, faute de suppléantes, n’ont même pas d’enseignantes et que de nombreuses enseignantes à temps plein doivent utiliser leur temps de planification et de correction pour remplacer des collègues absents ou malades ? La pénurie actuelle représente déjà un surplus de travail pour l’ensemble des enseignantes et le ministre est fier d’annoncer qu’il y en aura davantage.
De plus, le ministre, dans un mégaprojet de loi de 312 articles, vient d’adopter sous bâillon, et sans adéquatement consulter les enseignantes, une loi qui va modifier leurs conditions de travail. Par exemple, 15 heures de formation seront obligatoires chaque année. Ce qui est encore plus insultant avec cette décision, c’est que le ministre utilise une loi sur l’abolition des élections scolaires pour modifier la tâche des enseignantes. Le ministre ignorait-il qu’une négociation pour le renouvellement de la convention collective est en cours et qu’une telle loi bafoue le processus légitime de négociation ?
Finalement, pour clore en beauté la Semaine des enseignantes et des enseignants, le Premier ministre a indiqué que la formation des enseignantes se ferait pendant leurs vingt jours de congé. Avec ses paroles, le Premier ministre vient d’illustrer avec éloquence son manque de compréhension de cette profession si importante pour les jeunes Québécois.
Rappelons au passage qu’il a été ministre de l’Éducation sous le Parti québécois. On peut se questionner sur ce qu’il en a retenu, car les vingt jours de “congé” sont dans les faits des journées pédagogiques qui servent à planifier des cours, à corriger des évaluations, à rencontrer la direction ou des parents, à remettre des bulletins et aussi [déjà] à se former.
Enfin, si le ministre Roberge, qui disait au début de l’année souhaiter faire de la lutte contre la pénurie d’enseignantes sa priorité, pense qu’il est sur la bonne voie, il est dans l’erreur. Pendant que les enseignantes traversent le désert, lui, il marche dans les nuages. »
L’anxiété des enfants québécois est bien connue. Il y aurait entre 8 % et 14 % de petits qui ont reçu un diagnostic et ont ainsi été mis sous médication au Québec. Les causes sont multiples et le déni des adultes est évident. Personne ne veut être culpabilisé.
Éclatement de la famille
L’éclatement de la famille y joue un rôle. Plus de la moitié des enfants assistent à la rupture de leurs parents. À 12 ans, certains ont traversé parfois trois ou quatre ruptures amoureuses d’un parent. Ils ont dû s’adapter à de nouveaux conjoints et ont vu défiler des grands-parents, demi-sœurs et demi-frères passagers.
« À la maison, je m’ennuie ! À la garderie, je suis content ! » Affiche soviétique des années 30
Maternelles gouvernementales
À l’école, des enfants de maternelle à Montréal ont subi neuf suppléants depuis septembre dernier faute d’enseignants permanents.
Écoanxiété entretenue
De plus, les discussions sur l’environnement, qui devraient être à l’initiative d’enseignants responsables et rassurants, plongent de nombreux enfants dans l’écoanxiété. Celle-ci est aussi relayée par les médias portés à dramatiser la santé de la planète pour un public très diversifié. Et l’enfer d’antan est remplacé par l’apocalypse planétaire prophétisée par la jeune et perturbée Greta Thunberg.
École du correctivisme politique, LGBTQ
En classe, l’enseignement impose la rectitude politique nourrie du relativisme. Des enfants se font mettre en garde contre l’intolérance par des enseignants adeptes de la fluidité des genres. Exit le féminin et le masculin.
Les enfants apprennent le libre choix. « Je serai bisexuelle quand je serai grande », a déclaré une fillette de 11 ans, entendue par hasard à Radio-Canada la semaine dernière.
Une garderie de Notre-Dame-de-Grâce reçoit régulièrement une drag queen [un travesti] avec la bénédiction de la directrice et l’assentiment des parents. Le travelo lit des contes aux enfants bluffés par son déguisement.
SQDC = Société gouvernementale québécoise qui vend du cannabis
Faut-il se surprendre que ce regain d’anxiété se poursuive chez les adolescents qui auront, eux, à 21 ans, la possibilité légale de se déstresser en fumant des joints ? Du moins, ils l’espèrent.
Chaque classe de maternelle 4 ans coûtera en moyenne 800 000 $ à construire. Nous avons tenté de comprendre comment de simples salles de classe peuvent coûter si cher.
Quatre murs, quelques fenêtres et du mobilier, et pourtant, chaque classe de maternelle 4 ans coûtera en moyenne 800 000 $ à construire. En campagne électorale, la Coalition avenir Québec tablait sur un montant d’un peu plus de 120 000 $ en moyenne.
Fin avril, lorsque l’explosion des prévisions de coûts a été confirmée, le Premier ministre François Legault a justifié la dépense en expliquant que les classes sont « amorties sur 40 ans » et « qu’on doit bien ça à nos enfants pour être capables d’offrir ce qu’il y a de mieux ».
Mais le diable se trouve dans les détails ; c’est que la facture prévoit bien plus. L’architecte de la Commission scolaire des Navigateurs, Richard Dion, nous a accueillis dans le nouvel agrandissement de l’école du Grand-Voilier de Lévis. Une demande d’aide financière de 2,4 millions de dollars pour un ajout supplémentaire de trois classes destinés à des maternelles 4 ans — donc 800 000 $ par classe — a récemment été soumise au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.
Une fois les classes construites, le mobilier et le matériel doivent y être installés. Des 800 000 dollars, 40 000 y sont consacrés.
Seuls les frais d’opération, comme le salaire des enseignants, ne comptent pas.
Des chercheurs encouragent les parents à faire la lecture à leurs enfants dès le plus jeune âge en y incluant des notions de langage et de calcul. Cette habitude permettrait de développer leurs compétences en calcul, lecture et en écriture et ainsi d'améliorer leurs résultats scolaires dans ces matières au début de l'adolescence.
Toutes les familles peuvent soutenir et encourager la scolarité de leurs enfants dans la vie de tous les jours. Des chercheurs de la School Effectiveness and School Improvement viennent de mettre en avant un moyen simple et ludique pour y parvenir, à savoir la lecture à la maison. Selon leur dernière étude, les effets positifs d'un environnement d'apprentissage riche à la maison pendant les premières années d'un enfant, se poursuivent jusqu'à l'adolescence et les aident à améliorer les résultats scolaires plus tard dans la vie. Et le meilleur réflexe que les parents puissent adopter dans ce sens consisterait à lire régulièrement avec ses enfants et à parler aussi souvent que possible de lecture avec eux.
Les chercheurs ont étudié le profil de 229 enfants de leur 3 ans jusqu'à leur entrée dans le secondaire. Leurs compétences en lecture et en calcul ont été testées chaque année au cours de leurs trois années préscolaires (de 3 à 5 ans) et entre leur 12e et 13e année. Les chercheurs ont constaté que les enfants qui étaient stimulés intellectuellement à la maison en ce qui concerne la littérature et leur langage, présentaient de meilleurs résultats en lecture et en mathématiques lors de leur cycle secondaire, et ce quel que soit l'environnement d'apprentissage à la maison. Pour les chercheurs, ces résultats soulignent l'importance d'exposer les enfants à des livres, axés sur la lecture mais aussi le calcul.
En effet, « les compétences linguistiques précoces améliorent non seulement la lecture, mais renforcent également les capacités en mathématiques. », explique la Dr Simone Lehrl, directrice de l'étude. « Encourager les parents à s'engager avec leurs enfants dans des activités d'alphabétisation directes, comme la lecture partagée de livres et des interactions verbales avancées pendant la lecture, et à inclure du contenu linguistique et mathématique (par exemple, parler de chiffres et compter) au cours de ces activités, devrait promouvoir les capacités de lecture et de calcul des enfants à l'école secondaire. Ces expériences jettent de solides bases pour leur réussite scolaire ultérieure. », conclut-elle.
Réjean Parent dézingue le ministre Roberge quant à sa volonté d'implanter les maternelles 4 ans et à l'utilisation des deniers publics pour n'inviter que des experts qui pensent comme lui :
Rompant avec la tradition, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a assumé des frais de séjour somptuaires pour des représentantes newyorkaises et ontariennes venues témoigner en commission parlementaire sur les maternelles 4 ans et pour dire ce que le ministre voulait entendre. Encore plus choquant, c’est de l’entendre affirmer que c’était une bonne idée!
Imbu de sa personne, le jeune ministre emprunte à l’attitude royale que le président Macron a adoptée dans son début de quinquennat et qui l’a mené à la crise des Gilets jaunes. Le président français, convaincu de la justesse de ses réformes, faisait montre d’une indifférence à l’égard du peuple digne d’une Marie Antoinette au 18e siècle et affichait un air supérieur qui en a rebuté plus d’un. Le bilan du ministre ne présente rien de reluisant jusqu’à présent et s’avère plutôt décevant, ce qui explique mal son inclinaison à se donner des airs supérieurs [...]
Dans un réel souci de bien faire, le ministre aurait dû étendre son étude à ce qui se fait dans d’autres pays tout en considérant plus sérieusement l’environnement dans lequel la mission éducative se réalise. J’avais déjà mentionné dans des articles précédents que le préscolaire débute dès l’âge de trois ans dans plusieurs pays européens. Paradoxalement, dans un des systèmes éducatifs le plus vanté au cours de la dernière décennie, en l’occurrence celui de la Finlande, il n’y pas de préscolaire et les enfants débutent même une année plus tard que chez nous.
C’est inexact. Il s’agit plutôt que les parents eux-mêmes enseignent l’éducation à la sexualité à leurs enfants (l’opuscule traite de la maternelle à la 3e primaire) en accord avec l’école...
Deux heures plus tard, la société d’État corrigeait son titre pour le rendre moins inexact, mais pas complètement correct, car il s’agit de retirer des classes d’éducation à la sexualité pas tant de ne pas donner de cours d’éducation à la sexualité.
Extrait de l’article :
Le communiqué parle ainsi d’une « impasse », en présentant le manuel comme une porte de sortie. Le message indique également, de façon erronée, qu’« en bref, les parents peuvent parler avec les enseignants et prendre une entente spéciale pour donner la matière eux-mêmes ».
Les écoles du Québec devront obligatoirement offrir [c’est « imposer » pas « offrir » si l’on comprend bien le journaliste !] le programme du ministère de l’Éducation dans ce domaine à partir du mois de septembre, tant pour les élèves du primaire que du secondaire.
L’imposition de l’éducation à la sexualité dans la grille des matières à enseigner dans toutes les écoles du Québec empêche-t-elle tout dialogue et aux parents de donner la matière eux-mêmes ? Est-ce cela que le journaliste veut dire ?Sait-il qu’en 1992 cette possibilité avait été accordée par le ministre de l’époque pour le cours d’éducation sexuelle de l’époque ? Il devrait faire ses devoirs et demander au ministère ce qui a changé...
L’article poursuit
Au ministère de l’Éducation, on se dit surpris par cette sortie de l’abbé Gendreau.
Dans une déclaration transmise par courriel, on juge que « l’éducation à la sexualité est essentielle au bon développement de l’enfant », et que le retour de ces cours « est très attendu par les parents »
« Surpris » — Cet étonnement n’en est pas un pour ceux qui ont suivi la pétition contre le nouveau cours d’éducation à la sexualité. Le ministère avait été informé des résultats de cette pétition (plus de 33 000 signatures sans aucune publicité dans les médias). Nous sommes plutôt étonnés de « cette surprise ».
« Essentielle » — Tout dépend de quelle éducation à la sexualité, à quel âge (à 5 ans ?) et comment. C’est toute la question, mais là le journaliste ne creuse pas, n’émet aucune réserve, il ne fait que relayer et être du côté du manche.
Quant à très « attendu par les parents »... Il faut croire le ministère sur parole, mais surtout une nouvelle fois cette affirmation n’est pas contextualisée :
Le cours n’est pas attendu par les parents (tous), mais visiblement des parents (certains, peut-être même beaucoup)
On comprend que la machine gouvernementale parvient avec nos impôts à créer une certaine bienveillance auprès des parents pour le nouveau programme en insistant sur des nouveautés peu controversées (lutte au cyberharcèlement, au sexto, etc.), mais en ne parlant jamais des sujets plus controversés abordés par exemple par les auteurs de cet opuscule.
L’article à charge continue :
La réaction n’a pas non plus tardé du côté des enseignants. En entrevue à RDI, Éric Gingras, président du Syndicat de Champlain, un regroupement d’enseignants, a été formel : les cours d’éducation à la sexualité sont bénéfiques.
« Bien que l’on ait plusieurs problèmes avec l’implantation de ce projet, nous n’avons jamais été contre ça », a-t-il déclaré.
À nouveau pas « des enseignants » (à savoir tous), mais « du côté d’enseignants ». Nous connaissons des enseignants qui ne sont pas d’accord avec le contenu ou qui sont inquiets de possibles dérapages par des enseignants idéologues.
À nouveau « les cours d’éducation à la sexualité sont bénéfiques », tout dépend lesquels, donnés par qui, à quel âge, comment, à quels enfants, etc.
Il existe un consensus social sur le fait qu’il faut parler d’éducation à la sexualité aux jeunes. On a permis aux parents de le faire, et vraisemblablement, ça n’a pas fonctionné.
M. Gingras [président du Syndicat de Champlain] a par ailleurs rejeté les arguments de l’abbé Gendreau, selon qui les jeunes vivent une période de « latence sexuelle » entre les âges de 6 et 12 ans.
On a permis aux parents de le faire ? On a l’impression que les enseignants sont encore assez bons d'accorder aux parents la permission d’enseigner des choses à leurs enfants. Qui dit que « cela » n’a pas fonctionné ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Selon quels critères ? Chez combien de parents ? Faut-il préciser que l’éducation à la sexualité est déjà enseignée depuis longtemps dans les écoles québécoises (sous des formes différentes) et que « vraisemblablement, ça n’a pas fonctionné » non plus ?
« M. Gingras a par ailleurs rejeté les arguments de l’abbé Gendreau »... Quelle légitimité le syndicaliste Gingras a-t-il dans ce domaine ? Est-il pédiatre, psychologue, philosophe ? Peut-il imaginer que tous les enfants ne sont pas les mêmes ? Le journaliste de Radio-Canada a omis de signaler que l’abbé Gendreau s’appuyait sur l’avis du Dr Maurice Berger, professeur en psychologie de l’enfance. Pour combler cette innocente omission, nous incluons ci-dessous une brève vidéo du Dr Berger (il se dit clairement athée dès le début de la vidéo, ce n’est donc pas la raison de cette omission par la SRC).
Pour sa part, le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette, invite l’archevêché de Montréal à laisser la pédagogie « aux experts et aux expertes que sont les profs ».
« Je pense que l’archevêché, sous couvert de soutenir les profs, veut promouvoir un ordre du jour religieux en instrumentalisant une question très sensible, et en se préoccupant peu de la charge de travail des profs et des besoins des élèves », a-t-il indiqué sur les ondes de l’émission Midi Info.
Ce corporatisme devient risible.
L’anthropologie ou la philosophie entourant la sexualité n’est pas de la « pédagogie » que seuls des diplômés des facultés d’éducation du Québec, dûment patentés, peuvent enseigner comme des techniciens qui suivent des recettes de pédagogie.
La question est d’abord celle du contenu de ces cours, de conceptions anthropologiques, philosophiques, spirituelles qui peuvent varier. M. Mallette peut-il concevoir que tout le monde ne partage pas les mêmes valeurs entourant la sexualité ? L’importance de la fidélité, de l’abstinence avant le mariage, la primauté de l’amour par rapport à la recherche du seul acte sexuel mécanique sont des sujets sur lesquels les gens peuvent légitimement être en désaccord. Pourquoi le gouvernement doit-il se mêler de lutter contre les « stéréotypes de genre » ? Les « pédagogues » ne sont que de petits soldats dans ces disputes en rien des autorités. Est-ce que la théorie du genre, la lutte contre l’hétérosexisme (officielle !) ou la bienveillance envers le mouvement trans sont des vérités révélées ? Ces aspects dans les programmes d’éducation à la sexualité « modernisés » ne pourraient-ils pas en fait faire plus de mal que de bien ? Même si cette matière est donnée par ces « pédagogues », ces « experts » (dès la maternelle !)
Enfin, pourquoi cette crispation ? Pourquoi le ministère, les « pédagogues » ne peuvent-ils admettre la diversité des enfants, des sensibilités des parents ? Pourquoi ne pas permettre aux parents d’aborder ces questions de manière structurée à l’aide de ce genre de manuels ?
Pourquoi au Québec faut-il que ce soit toujours la taille unique pour tous ?
Une brochure destinée aux éducatrices cause l’émoi en Allemagne. Le livret de près de 60 pages est conçu pour aider à identifier les parents nazis — sur la base de l’apparence de leurs jeunes enfants.
Les filles porteraient des tresses et des robes, les garçons seraient très sportifs. Ce document a été rédigé par la fondation Amadeu Antonio de Berlin. Sa préface a été écrite par la ministre de la Famille, la socialiste (SPD) Franziska Giffey. Le quotidien Berliner Kurier (tirage de 120 000) qualifie ce fascicule de « grotesque ». La Fondation Amadeu Antonio, créée en 1998, est une fondation allemande qui lutte contre « l’extrémisme de droite, le racisme et l’antisémitisme ».
Le livret s’intitule « Am, stram, gram, et c’est toi qui sors ! » Cela ressemble à une invitation à exclure les filles avec des tresses des garderies. Selon la fondation berlinoise, il s’agirait plutôt de reconnaître les influences xénophobes ou de la droite radicale avant qu’elles ne puissent pénétrer dans la tête des enfants.
Nadine Schön (CDU, centre-droite, parti de Merkel), vice-présidente du groupe parlementaire de l’Union au Bundestag : « Si les éducateurs devaient se muer en surveillants et en correcteurs des convictions parentales, cela dépasserait les bornes ». Ce livret contient des « études de cas et des suggestions absurdes ».
Cette critique renvoie à des recommandations telles que l’organisation de rencontres à l’école entre parents et enseignants quand les enfants sont vêtus d’une certaine façon ou quand les garçons sont « fortement mis au défi physiquement » à la maison. La politicienne de la CDU, Schön, estime que cet « espionnage parental » n’a pas sa place en démocratie. En RDA, les enfants de la maternelle étaient interrogés sur les opinions de leurs parents. Schön n’a qu’une suggestion quant à l’utilisation pratique de ce livret : « Le mettre immédiatement au pilon ! »
La couverture de l'opuscule
Cette demande de mise au pilon est partagée par d’autres politiciens de la CDU. Elle constitue une attaque contre le partenaire de la grande coalition au pouvoir en Allemagne, le SPD socialiste. La ministre socialiste de la Famille, Giffey, a non seulement écrit un avant-propos élogieux à cette brochure destinée aux garderies et diffusée dans tout le pays, mais elle a également subventionné sa parution avec l’impôt des contribuables. On parle de plusieurs milliers d’euros.
Giffey se défend en soulignant qu’il s’agissait uniquement d’aider les éducatrices qui ont à la tâche délicate de reconnaître les cas où des enfants sont mis en danger par des parents radicalisés. Le politicien fédéral de l’AfD (droite nationaliste), Stephan Brandner, se demande toutefois comment la brochure peut se conformer à l’exigence de neutralité de la part du gouvernement fédéral. La brochure est « aberrante et complètement partiale ».
Selon le Berliner Kurier, la Fondation Berlin Amadeu Antonio a pu remarquer que leur brochure n’avait pas que des admirateurs. Le téléphone n’a pas dérougi depuis plusieurs jours, car les gens se plaignent. La Fondation souligne que toutes les études de cas proviennent de la pratique : la fille aux tresses avait des parents radicalisés à droite.
Plusieurs commentateurs ont noté l’importance accordée par François Legault à l’éducation dans son discours inaugural. Il parle même de redressement national.
École
Mais pour être à la hauteur de la mission qu’il se donne, le Premier ministre devra se référer à une définition exigeante de l’éducation. Il ne devra pas seulement parler d’argent, même s’il s’agit d’une question essentielle, mais préciser sa vision de l’éducation et sa philosophie. Il s’agira, en d’autres mots, de répondre à une question essentielle : qu’est-ce qu’une bonne éducation ?
Cette question en ouvre une autre : que souhaitons-nous transmettre avec l’école québécoise ?
On parle ici de la mission de l’école. Quoi qu’en pensent certains esprits à courte vue, elle ne doit pas se penser seulement, ni même d’abord, en fonction des besoins du marché du travail, mais transmettre une culture s’alimentant à notre riche patrimoine de civilisation. Pour l’instant, elle ne le fait pas.
Il y a 99 chances sur 100 qu’une jeune personne sortant du secondaire connaisse peu et mal l’histoire du Québec et celle de la civilisation occidentale. Il en ira de même pour la littérature française. Et plus tristement encore, il est bien possible que cette jeune personne maîtrise très approximativement la langue française.
Dans un même esprit, l’école devra prendre ses distances avec les théoriciens fous du ministère et des facultés de sciences de l’éducation qui ont contribué progressivement à sa décomposition.
Culture
Il faudrait rompre avec une pédagogie qui sacrifie les connaissances et sacralise la technologie.
Il faudrait restaurer la discipline en classe et cesser d’imposer aux enseignants des élèves avec des problèmes d’apprentissage ou de comportement qui rendent la vie en classe impossible.
Il faudrait aussi délivrer les enseignants de la paperasse pédagogico-bureaucratique comme les plans d’intervention et autres machins qui alourdissent leur vie.
En fait, il faudra beaucoup de choses ! Plus le gouvernement en sera conscient, mieux il gouvernera.
Le ministre du Monopole de l'Éducation, Jean-François Roberge, veut ouvrir 220 nouvelles classes de préscolaire 4 ans en septembre 2019. Les commissions scolaires de la région de Montréal lui rétorquent que c’est mission impossible à cause du manque de personnel et de locaux.
Le dépistage précoce des élèves à risque de difficultés ou d’adaptation peut contribuer à leur réussite éducative (en apprenant par exemple plus tôt le français aux enfants allophones) et pourrait réduire le décrochage scolaire.
Toutefois, le ministre doit considérer les difficultés signalées par les commissions scolaires et comment y remédier. S’il prévoit recourir à des enseignants moins qualifiés pour contrer la pénurie du personnel, il n’améliorera pas la situation auprès des ces élèves « vulnérables. À défaut, la création de ces classes n'améliorera sans doute rien et ne fera qu’augmenter les coûts pour les contribuables. Augmentation des coûts qui semble la seule certitude dans le domaine de l'Éducation au Québec.
Francesco Avvisati va plus loin en affirmant que « les classes à taille réduite dégradent le niveau moyen d’expérience, car elles amènent à embaucher plus de contractuels pour faire face au besoin plus important d’enseignants ».
La CAQ (Coalition pour l’avenir du Québec) a remporté les élections et le Premier ministre a désigné Jean-François Roberge, un ancien enseignant, à la barre de ce ministère.
Sur le plan de l’instruction à domicile qui connaît un succès croissant au Québec (en partie à cause de l’interdiction gouvernementale d’écoles religieuses décrétées illégales), on peut se faire une idée de ce que pense le nouveau ministre à la lumière de ses interventions au cours des débats qui se sont déroulé l’automne passé autour du projet de loi 144. Entre autres choses, il a présenté certains amendements proposant que l’enfant instruit à la maison doive être soumis au programme complet du ministère ainsi qu’aux examens ministériels. Réduisant la liberté de choix pédagogiques des parents à une peau de chagrin pour centraliser de plus en plus de pouvoir aux mains des bureaucrates.
M. Roberge a également proposé que la Direction pour la protection de la jeunesse (DPJ) puisse sévir contre les parents rétifs au Monopole de l’Éducation du Québec. Selon M. Roberge en décembre 2016, il faut qu’au Québec, le droit à l’éducation soit traité « sur le même pied que le droit à un toit, le droit d’être vêtu, le droit d’être nourri, le droit d’avoir des soins de santé ». Nous sommes d’accord avec M. Roberge quant au devoir d’éduquer ses enfants, le problème c’est qui décide du type de l’éducation de ses propres enfants ? Les parents ont-ils encore leur mot à dire ou le gouvernement sera-t-il juge et partie, et même seul juge et partie ? Les parents ont-ils encore le droit à ne pas suivre le programme étatique unique ? Rappelons que si les enfants ont le droit à avoir un toit, d’être vêtu et d’être nourri on ne sache pas que l’État impose un modèle unique de maison, des uniformes et un seulement type d’alimentation aux parents (« le programme d’éducation du Québec ») sous peine de visites de la DPJ. L'analogie de M. Roberge est donc boiteuse. Selon M. Roberge, il existe « un manque d’encadrement pour les jeunes qui font l’école à la maison » (J.-F. Roberge, 7/XII/2016). Les études ne prouvent pas que des contrôles plus tatillons assurent de meilleurs résultats scolaires pourtant...
C’est bien simple, ne pas suivre le programme d’éducation du Québec serait de la négligence pour l’instituteur Roberge, ce serait le nec plus ultra. Souhait du député J.-F. Roberge : « la DPJ intervient seulement si un jeune est victime de négligence, et, malheureusement, une scolarisation qui ne respecte pas le programme, qui ne mène pas à un diplôme, ce n’est pas considéré comme de la négligence. » (7/XII/2016) Espérons que M. Roberge voulait dire qui ne respecte pas le programme québécois ou un programme équivalent ou supérieur...
En général, M. Roberge survalorise l’action des professionnels embauchés par l’État et de la mise à l’écart des parents, comme l’implantation de la prématernelle à quatre ans. Des mesures inspirées du système ontarien, et « supportées par la science », selon lui. Sans doute fait-il référence à la partie des études du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD) soulignant l’augmentation du vocabulaire chez les enfants scolarisés tôt, mais il évite de mentionner que, selon les mêmes études, cet avantage académique en bas âge s’estompe dès la fin du primaire, et s’accompagne de problèmes de comportement qui, eux, perdurent.
Selon l’étude intitulée L’Ennui (ou les difficultés) avec les garçons, basée sur des données détaillées sur près de 20 000 enfants américains pendant plus d’une décennie, n’a pas découvert de preuve décisive que l’échec croissant des garçons à l’école trouvait son origine dans des facteurs liés à l’école.
Le nombre d’enfants à la maternelle qui sont «vulnérables» dans au moins un aspect de leur développement a augmenté depuis cinq ans, passant de 25,6 % en 2012 à 27,7 % en 2017, révèle une étude de l’Institut de la statistique du Québec, publiée jeudi.
La proportion d'enfants vulnérables a augmenté dans quatre des cinq domaines de développement entre 2012 et 2017, soit la santé physique et le bien-être (9,5 % contre 10,6 %); les compétences sociales (9,0 % contre 10,2 %); la maturité affective (9,7 % contre 11,5 %); ainsi que le développement cognitif et langagier (10,0 % contre 11,1 %).
Seul le domaine «habiletés de communication et connaissances générales» ne présente aucune différence significative entre 2012 et 2017.
De plus, les garçons (35 %) sont surreprésentés par rapport aux filles (20,2 %) parmi les enfants qui sont vulnérables dans au moins un domaine de développement.
Sans surprise, les enfants vivant dans un milieu très défavorisé sur le plan matériel (33,7 %) ou social (33,2 %) sont également plus susceptibles d'être vulnérables.
Pour arriver à ce constat, l’Institut de la statistique du Québec a recueilli de l'information sur plus de 83 000 enfants qui fréquentaient la maternelle 5 ans durant l'année scolaire 2016-2017.
Nous reproduisons ci-dessous les conclusions d’une recherche dont le mandat visait spécifiquement « à examiner la qualité de l’environnement préscolaire en maternelle 4 ans et sa contribution potentielle à la préparation à l’école chez des enfants en milieux défavorisés. »
Ce projet de recherche fut mené par la chercheuse Christa Japel de l’UQAM, épaulée par plusieurs autres intervenantes du milieu de la petite-enfance, il s’agit de l’analyse approfondie de plus de 300 enfants de ce groupe d’âge qui a été observé.
La qualité de l’environnement éducatif est généralement très basse avec des lacunes marquées en ce qui a trait au mobilier et à l’aménagement des lieux, aux soins personnels, à la stimulation du langage et du raisonnement, aux activités offertes, aux interactions et à la structure du service.
[...]
La performance cognitive et comportementale des enfants au début de la maternelle 4 ans et leur progrès au cours de cette année scolaire sont associés à des facteurs individuels et familiaux. Les diverses expériences préscolaires ne semblent pas mieux préparer les enfants à la maternelle 4 ans, et la qualité de l’environnement éducatif étant généralement faible, celle-ci ne contribue pas significativement au progrès des enfants.
[...]
Nos résultats indiquent que l’intensité et la qualité des maternelles 4 ans ont très peu d’effet sur la préparation à l’école et, ainsi, ne réduisent pas de façon significative l’effet des conditions sociodémographiques des enfants sur leur préparation à l’école. [...]
La Fondation pour l’école réagit à l’annonce gouvernementale de l’abaissement de la scolarisation obligatoire des enfants de 6 à 3 ans :
J’ai décidé de rendre obligatoire l’école maternelle et ainsi d’abaisser de 6 à 3 ans en France l’obligation d’instruction dès la rentrée 2019 […] Il faut cesser de considérer l’école maternelle comme une option.
Emmanuel Macron. Assises de l’École Maternelle, 27 mars 2018.
Les Assises de l’École maternelle se sont ouvertes ce mardi 27 février sur cette annonce phare du Président, reposant sur une proposition du Ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.
ENTRE INSTRUCTION ET SCOLARISATION, LE DEVOIR DE DISCERNER
La Fondation pour l’école rappelle à cette occasion que la liberté de choix donnée aux parents de scolariser ou non leur enfant au sein des établissements scolaires ne saurait être remise en cause, instruction et scolarisation ne pouvant être confondues. En France en effet, seule l’instruction est aujourd’hui obligatoire de 6 à 16 ans et non la scolarisation (article L131-1 du Code de l’Éducation : « l’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six ans et seize ans »).
Le cadre dans lequel cette instruction peut être offerte est fixé, lui, par article L131-2 : « l’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix ».
L’abaissement de l’âge de l’instruction à 3 ans ne peut remettre en question une liberté majeure : la liberté des parents à choisir le mode d’instruction de leur enfant.
EST-IL OPPORTUN DE LÉGIFÉRER POUR 2,4 % D’ENFANTS ?
Par ailleurs, le taux de scolarisation des enfants de moins de 3 ans étant de 97,6 % (source INSEE), on peut légitimement s’interroger sur la pertinence à légiférer pour les seuls 25 000 enfants que cette nouvelle loi concernerait. S’il s’agit bien de s’adresser uniquement aux enfants élevés dans des environnements linguistiques et culturels différents, qui compliquent leur apprentissage du français, pourquoi ne pas apporter une réponse adaptée et spécifique à ce seul segment de la population ?
Plutôt qu’imposer un modèle unique et indifférencié à tous, il serait plus judicieux de proposer une scolarisation précoce aux seuls enfants effectivement concernés par un retard d’apprentissage de la langue préjudiciable pour leur entrée en CP [1re année du primaire].
On se rappellera qu'il y deux mois sortait une première étude sur la qualité éducative de la maternelle quatre ans, depuis son déploiement en 2013, démontre qu’elle n’a pas atteint ses objectifs. Ceci s’expliquerait par un manque de qualité, selon la psychologue et professeure Christa Japel au Département d’éducation et formation spécialisées de l’UQAM, qui a piloté l’étude. La conclusion de son étude est sans équivoque : l’initiative a raté sa cible, puisqu’elle ne réussit pas à favoriser la préparation à l’école des enfants issus de milieux défavorisés.
Eh bien ! malgré cet échec, le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, annonce l'ouverture de 100 classes de maternelle 4 ans à temps plein dès la prochaine rentrée scolaire. Ces classes de maternelle qui accueillent des enfants dès l’âge de 4 ans sont créées en complément des services de préparation à la maternelle déjà offerts aux tout-petits dans les services de garde éducatifs. Ces classes de prématernelle visent particulièrement les enfants des milieux défavorisés qui ne fréquentent pas des services de garde éducatifs et qui ne bénéficient pas de cette période d’adaptation à la vie scolaire.
Les élections approcheraient-elles ? S'agit-il de cocher la case « Nous avons créé beaucoup de classes de maternelles à 4 ans » ? Même si l'argent des contribuables n'est pas nécessairement dépensé au mieux dans ce domaine ?
La réponse du milieu éducatif à cet échec était prévisible, pavlovienne : il faut plus de moyens, plus de subventions. Plus d’argent donc, mais au dépens de qui ? De quels autres enfants ?
Ceci dit nous ne sommes pas contre l’aide ponctuelle à des enfants très défavorisés, car ces enfants méritent d’être aidés. Mais, il faudrait aussi se demander qui sont ces enfants défavorisés ? Ceux de familles pauvres, de familles immigrées ne parlant pas le français, de familles monoparentales ? Et si l’on tentait également de réduire ce bassin de familles défavorisées ? En favorisant le développement économique, en limitant l’immigration de personnes ne parlant pas le français, en valorisant la stabilité des couples ?
Une première étude sur la qualité éducative de la maternelle quatre ans, depuis son déploiement en 2013, démontre qu’elle n’a pas atteint ses objectifs.
Ceci s’explique par un manque de qualité, selon la psychologue et professeure Christa Japel au Département d’éducation et formation spécialisées de l’UQAM, qui a piloté l’étude.
La conclusion de son étude est sans équivoque : l’initiative a raté sa cible, puisqu’elle ne réussit pas à favoriser la préparation à l’école des enfants issus de milieux défavorisés.
« On n’a pas alloué assez d’argent aux enseignants pour mettre en place un milieu qui est stimulant et accessible pour les enfants de quatre ans », explique Christa Japel, qui épingle au passage le manque de formation ciblée des enseignants.
La psychologue ne recommande pas pour autant l’abolition du service. Elle suggère plutôt au gouvernement de bonifier la qualité des services. « J’aimerais bien mettre en perspective le résultat parce que je veux bien qu’il serve à améliorer les maternelles, pas à les abolir, ce serait vraiment dommage », conclut-elle.
Le gouvernement a implanté la maternelle quatre ans en milieu défavorisé pour réduire l’écart entre les enfants de ce milieu et ceux qui sont plus nantis lorsqu’ils commencent leur scolarisation à cinq ans.
Dans leur méthodologie, la psychologue et son équipe ont choisi quelque 300 enfants dans 30 écoles différentes en milieu rural et urbain. L’année suivante, ces mêmes enfants ont été comparés avec un groupe témoin issus des mêmes écoles et des mêmes quartiers, qui n’avaient pas fréquenté la maternelle quatre ans. Les chercheurs n’ont observé aucune différence entre les deux groupes.
La psychologue salue l’énergie et les efforts du personnel de ces maternelles, mais constate que près d’un quart des enseignants n’a pas suivi de cours spécifiques en enseignement préscolaire. Elle note également le manque de personnel et de soutien matériel.
Le ministre de l’Éducation du Québec, Sébastien Proulx, appuie le programme. « Ce que j’entends c’est que c’est un bon programme et qu’il faut continuer, dit-il, mais s’intéresser à la qualité. C’est ce que je fais en service de garde, c’est ce que je fais à l’école, c’est ce que je vais faire en maternelle tant quatre ans que cinq ans dans notre système. »
Il promet même d’augmenter prochainement le nombre de classes pour les enfants de quatre ans.
Quant au chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, il estime que le gouvernement doit réinvestir dans le programme de maternelle quatre ans en milieu défavorisé.
Sources : Le Devoir et Radio Canada
Le programme Head Start aux États-Unis
Head Start est un programme du Département de la Santé, de l’Éducation et des Services sociaux des États-Unis qui fournit une éducation complète, des services d’implication parentale, de santé, de nutrition, aux enfants à faibles revenus et à leurs familles. Head Start a été créé en 1965 et fut modifié par le Head Start Act de 1981. Ce programme a été profondément refondu en décembre 2007. C’est aussi le programme ayant la plus grande longévité parmi ceux destinés à régler la pauvreté systémique aux États-Unis. De 1965 à 2005, plus de 22 millions d’enfants en âge préscolaire avaient participé au programme Head Start. Le budget de 6,8 milliards de dollars en 2005 a permis d’offrir ces services à plus de 905 000 enfants, 57 % d’entre eux avaient quatre ans ou plus, et 43 % en avaient trois ans ou moins.
Selon l’histoire administrative du Bureau des Opportunités économiques, les enfants qui terminent le programme Head Start et qui sont placés dans des écoles défavorisées ont de moins bons résultats que leurs homologues dès la deuxième année du primaire. Ce n’est qu’en isolant ces enfants, par exemple en les dispersant et en les envoyant dans des écoles plus performantes que les gains acquis en maternelle pourraient être maintenus par rapport à leurs homologues.
Dans un article publié par le New York Times en 2009 et intitulé « Head Start Falls Further Behind » (Head Start prend encore du retard), Besharov et Call discutent une évaluation de 1998 qui a conduit à une réévaluation nationale du programme. Les auteurs déclarent que la recherche concluait que le programme actuel avait peu d’impact significatif.
En 2011, le chroniqueur du magazine Time, Joe Klein, a appelé à l’élimination de Head Start, en citant un rapport interne selon lequel le programme est coûteux et a un impact négligeable sur le bien-être des enfants au fil du temps. Klein a écrit :
« Prenez environ un million d’enfants de 3 et 4 ans parmi les plus pauvres, mettez-leur le pied à l’étrier sur le plan de la socialisation et de l’instruction en leur fournissant gratuitement un enseignement préscolaire, si cela fonctionne, cela permet d’économiser de l’argent en produisant moins de criminels et moins de bénéficiaires de l’aide sociale... Voilà 45 ans que ce programme a été introduit. Nous consacrons plus de 7 milliards de dollars à Head Start auprès de 1 million d’enfants chaque année. Nous avons finalement des preuves indiscutables quant à l’efficacité du programme, preuves fournies par le ministère de la Santé et des Services sociaux : Head Start ne fonctionne tout simplement pas. »
Toutefois, pour W. Steven Barnett, directeur de l’Institut national pour la recherche de l’éducation de la petite enfance à l’Université Rutgers, « Si l’on considère toutes les preuves et pas seulement celles citées par des partisans d’un côté ou de l’autre, la conclusion la plus précise est que Head Start produit des bénéfices modestes, y compris quelques gains à long terme pour les enfants »
Enfin, les chercheurs Fryer et Levitt n’ont trouvé aucune preuve selon laquelle la participation à Head Start avait un effet durable sur les résultats scolaires pendant les premières années à l’école.
La Presse de Montréal nous apprend que « les libéraux vont de l'avant avec la maternelle [à] 4 ans ».
« Quand on pense à aider les plus démunis, le modèle des maternelles 4 ans c'est vraiment un succès », a reconnu le ministre, qui a qualifié le projet du gouvernement péquiste d'« excellent ». « La décision qui a été prise, c'est de le généraliser », a-t-il confirmé. Une fois de plus la communauté de pensée sociale du PQ et du PLQ ? Notons que ce constat d'excellence n'est pas unanime...
Dès septembre prochain, environ 75 classes de maternelle destinées aux enfants de 4 ans issus de milieux défavorisés devaient être mises sur pied.
« Le plan pour cette année, c'est que chaque commission scolaire ait une classe de maternelle 4 ans », a dit Yves Bolduc.
L'article ne dit pas en quoi les CPE ne sont pas suffisants pour ces enfants de milieux défavorisés...