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samedi 23 novembre 2024

Grève de Postes Canada — Le syndicat réclame des « soins d’affirmation du genre » gratuits dans ses revendications


Le syndicat représentant les travailleurs des services postaux nationaux du Canada en grève a inclus dans ses demandes de retour au travail l’accès gratuit à la chirurgie de changement de sexe.

Les employés de Postes Canada, une société d’État gérée par le gouvernement, se sont mis en grève vendredi dernier, et le syndicat représentant ses travailleurs, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), a demandé que les « soins d’affirmation du genre » soient ajoutés au régime d’avantages sociaux des employés.

Outre la demande évidente d’une augmentation de salaire, le syndicat déclare vouloir « des améliorations significatives à nos régimes d’avantages sociaux collectifs, y compris une couverture accrue pour les spécialistes de la santé, les traitements de fertilité, les soins d’affirmation du genre, les soins de la vue, et plus encore ».

Depuis plusieurs années, Postes Canada perd des millions de dollars chaque année.

Deux employés ont récemment été suspendus après avoir refusé de livrer des documents qui dénonçaient les « changements de sexe » ciblant les enfants.

Ces dernières années, de nombreuses branches du gouvernement fédéral canadien, dirigé par le Premier ministre libéral Justin Trudeau, ont mis en œuvre des politiques pro-LGBT et « diversitaire ».

Comme l’a récemment rapporté le Western Standard, l’agence d’espionnage officielle du Canada cherche à embaucher des étudiants pour l’été et du personnel permanent « avec le souci de former un effectif inclusif et diversifié ».


samedi 21 avril 2018

France — Pour les médias, un bon étudiant est un étudiant « en grève »

Du carnet d’Ingrid Riocreux, un décryptage de la rhétorique des médias français (qui s’appliquerait sans doute aux québécois) :

Pour les médias, un bon étudiant est un étudiant « en grève »
La violence ne viendrait pas des bloqueurs, mais des anti-bloqueurs



On trouve sans peine des articles et des reportages intitulés :


Mais on cherchera en vain : « qui sont les bloqueurs qui s’en prennent aux étudiants non grévistes ? »

Pourtant, le Premier Ministre, comme celui de l’enseignement supérieur, ou encore le Président de la République ont insisté sur le caractère minoritaire des étudiants au sein des comités de blocage des universités. Mais il est vrai qu’ils ont tout intérêt à nier la légitimité de ceux qui s’opposent à la réforme portée par le gouvernement :

Je constate quand même que dans beaucoup d’universités occupées, ce ne sont pas des étudiants, mais ce sont des agitateurs professionnels, les professionnels du désordre dont parlait Michel Audiard. […] [Et les vrais étudiants] doivent comprendre que s’ils veulent avoir leurs examens en fin d’année, c’est mieux de les réviser, parce qu’il n’y aura pas d’examens en chocolat dans la République. (Emmanuel Macron sur TF1)

Sur les examens en chocolat, on pourra aussi écouter Raphaël Enthoven et son billet matinal particulièrement bien senti :



Le problème est, en réalité, beaucoup plus large et devrait amener les médias à s’interroger sur la manière dont ils traitent les mouvements de contestation en milieu étudiant. On ne devrait pas les aborder comme n’importe quel soulèvement social. À proprement parler, un étudiant ne peut pas être « en grève » puisqu’il n’est pas salarié. La Charte de Grenoble (1946) qui consacre l’avènement du syndicalisme étudiant peut bien présenter les étudiants comme des « travailleurs », reste que les moyens d’action de ces mouvements eux-mêmes et leur capacité de nuisance invalident cette assimilation abusive.

L’étudiant « gréviste » peut, pour participer à des manifestations, se priver de cours. Mais c’est un risque qu’il prend, un dommage qu’il s’inflige et dont il doit être prêt à assumer les conséquences. Il ne pénalise que lui-même puisque, étant étudiant, il n’apporte rien à l’institution, mais a tout à recevoir d’elle.

À l’inverse, un ouvrier gréviste, au surplus s’il bloque son usine, paralyse les moyens de production et refuse de contribuer par sa force de travail à la prospérité de l’entreprise. Son action a donc un sens, en lien direct avec l’objet de sa colère.

Mais un étudiant qui bloque une université nuit seulement aux autres étudiants. Son action n’a donc aucun sens, manque sa cible et ne peut aboutir qu’à jeter le discrédit sur les revendications du mouvement.

Sans compter que n’importe quel petit lettreux un peu politisé ne saurait, avec ses petits bras, lancer et tenir un blocage. Les infos que j’ai pu recueillir ici et là confirment que « les étudiants » (dixit les médias) qui bloquent telle ou telle fac ne sont que très minoritairement des étudiants de la fac en question, certains n’étant même pas étudiants du tout.

Et là, on attendrait une enquête journalistique un peu rigoureuse pour nous donner des informations plus précises sur : qui vient d’où ? dans quel but et dans quelles proportions ? À bon entendeur…

La focalisation diabolisante sur les anti-bloqueurs, facilement réduits à quelques groupuscules néo-fascistes venus en découdre avec leurs homologues d’extrême gauche (dont tout le monde, en revanche, s’obstine à nier l’existence) prouve une nouvelle fois que, même pour les journalistes, un bon étudiant anti-blocage est un étudiant qui se tait.

Les bloqueurs ont le droit de transformer les AG en séances d’intimidation collective n’ayant absolument rien de démocratique, ils ont le droit de dégrader les locaux et de brutaliser leurs camarades de promo qui persistent à demander la tenue des cours et des examens.

Ils ont une marge de manœuvre très large avant qu’on les accuse de violence. Ceux d’en face ont des possibilités d’action bien plus réduite. S’ils essaient de forcer un barrage de grévistes : ce sont eux qui font preuve de « violence ».

À la grande époque du CPE [contrat première embauche], j’étais en classe préparatoire [aux Grandes écoles], ce qui signifie que la plupart des bloqueurs autour de moi étaient des lycéens (+ quelques étudiants de prépa). Avant de leur abandonner l’établissement, le proviseur avait négocié avec eux pour que les étudiants de prépa puissent continuer à bénéficier des cours, si bien que nous devions, chaque jour, présenter notre carte de khâgneux à des gamins qui nous autorisaient alors à entrer dans notre propre établissement ! Un matin, j’ai estimé que je n’avais pas à me plier à cette mascarade et j’ai fait mine de passer sans les voir. Une petiote m’a rattrapée et m’a réclamé mon attestation d’inscription en prépa. « Ah oui, c’est vrai, ai-je répondu, il faut que je te montre mon Ausweis pour entrer dans mon propre lycée ». Je l’ai vue se décomposer. Pas une seconde elle n’avait imaginé qu’on puisse la considérer comme une fasciste. Elle dut s’en ouvrir à ses camarades de lutte, car le lendemain, une affiche en format A3 était placardée à l’entrée de l’établissement ; paradoxalement, elle ne s’adressait pas aux personnes qui voulaient y entrer, mais aux élèves qui tenaient les piquets de grève : « ils nous traitent de fascistes ! » en était le titre chargé d’un étonnement rageur. L’épisode de l’Ausweis y était relaté : « alors qu’elle réclamait sa carte d’étudiante à une élève de classe préparatoire, l’une de nos camarades s’est vu répondre, etc. » et le document expliquait que les grévistes étaient déjà bien gentils d’accepter de nous laisser entrer et qu’il fallait remettre les choses à leur place : si fascistes il y avait, c’était moi, c’étaient tous ces gens qui ne soutenaient pas le mouvement de protestation contre le CPE et qui étaient donc « les complices du gouvernement, du grand capital et de la police ». Les mêmes rebelles à la petite semaine furent pourtant bien obligés de l’appeler, la police, quand quelques jours plus tard, les élèves de la ZEP [euphémisme pour zone d’éducation prioritaire, comprendre banlieue immigrée] décidèrent de venir casser du bourgeois gréviste à coups de barres de fer. Maman ! Le même genre d’incidents eut lieu dans d’autres établissements, mais les élèves de ZEP n’étant pas des néonazis, le silence médiatique autour de ces faits fut à peu près total : rien à voir avec le récent scandale de Montpellier…

En conclusion, je dirai juste : laissez bosser ma petite-sœur, elle a ses partiels dans un mois et là, elle en a vraiment marre de votre cirque.


mardi 28 février 2017

« Grève » du printemps érable : une association étudiante condamnée à indemniser un étudiant

Cinq ans après le printemps érable de 2012, une association étudiante de Montréal a été condamnée à verser plusieurs milliers de dollars à un cégépien pour l’avoir empêché de suivre ses cours pendant cette période tumultueuse.

Antoine Michaudville, ex-élève à la technique en assainissement des eaux, a obtenu un dédommagement de 6500 $ pour compenser le « retard dans son cheminement professionnel » causé par le débrayage de plusieurs mois au cégep de Saint-Laurent.

C’est l’association étudiante qui a été jugée responsable et qui a dû éponger la facture.

L’association « a appelé ses membres à rejoindre le mouvement et à manifester. Elle ne pouvait exercer son droit à la liberté d’expression au détriment du droit de Michaudville de recevoir les cours auxquels il était inscrit », a écrit la juge Magali Lewis, de la Cour du Québec, dans une décision des petites créances rendue l’automne dernier, mais qui vient de faire surface. « En agissant comme elle l’a fait, elle a engagé sa responsabilité et doit assumer les dommages ainsi occasionnés. »

M. Michaudville a fait la preuve que la grève a retardé de cinq mois l’obtention de son statut de technicien au sein de l’usine de traitement des eaux qui l’a embauché : de mai à octobre 2012, il était « payé au taux horaire de 16,60 $ comme étudiant, plutôt que 25,54 $ s’il avait travaillé comme opérateur ». C’est cette perte que l’association étudiante a dû rembourser, en plus de 1000 $ pour « troubles et inconvénients ».

Une injonction


M. Michaudville avait obtenu une injonction en avril 2012 afin de forcer le cégep à lui donner ses cours. Après une courte trêve, des membres de l’Association étudiante du cégep de Saint-Laurent (AECSL) ont toutefois continué à empêcher leur tenue, en bloquant les portes de l’établissement et en perturbant les séances.

Mais même sans injonction, les militants de l’AECSL commettaient une faute qui ouvrait la porte à des poursuites lorsqu’ils bloquaient les portes du cégep, a déterminé la juge Lewis.

« L’Association n’avait pas le pouvoir de déclencher une grève, non plus que celui d’obliger ses membres à respecter un “vote de grève”, ni de manifester en utilisant des mesures d’intimidation et en empêchant les étudiants désireux de suivre leurs cours de le faire dans un climat propice. »

La loi « ne contient aucune disposition permettant à une association étudiante de forcer un étudiant à boycotter ses cours contre son gré », a ajouté la juge.

Délai écoulé

Il n’a pas été possible de savoir si l’AECSL avait effectivement remis les 6500 $ à M. Michaudville. La personne qui a répondu au téléphone dans les locaux de l’association étudiante a indiqué qu’une réunion devrait être tenue avant afin que l’organisation puisse décider si elle souhaite discuter avec La Presse. Un procès-verbal d’une assemblée générale de l’automne dernier indique toutefois que la dépense a été approuvée.

Antoine Michaudville n’a pas voulu commenter le jugement.

En entrevue avec La Presse, l’avocat qui le représentait pour sa demande d’injonction en 2012 a toutefois mis en garde les étudiants qui voudraient lancer des poursuites contre leur association cinq ans plus tard.

« Ce serait très difficile actuellement, vu que le délai de prescription applicable est de trois ans et que les événements se sont déroulés en 2012 », a expliqué Me Damien Pellerin, qui ne s’exprimait pas au nom de M. Michaudville. « Il faudrait que les poursuites soient déjà lancées. »



D’AUTRES VICTOIRES JUDICIAIRES DES « CARRÉS VERTS »

Scolarité remboursée

En 2013, l’étudiant en histoire Marc-Antoine Dumas, de l’Université Laval, a réussi à convaincre un juge des petites créances d’obliger son association étudiante à lui rembourser ses droits de scolarité pour sa session perdue au printemps 2012. « Il reproche essentiellement à l’Association d’avoir organisé et coordonné des lignes étanches de piquetage, de telle sorte que les salles de cours étaient inaccessibles, donc d’avoir posé des gestes illégaux, brimant ainsi son droit à assister aux cours », a relaté le juge Daniel Bourgeois. Or, la loi « ne contient aucune disposition permettant à une association étudiante de forcer un étudiant à boycotter ses cours contre son gré ». Résultat : un dédommagement de 1300 $.

Injonctions à profusion

Après quelques semaines de débrayage, en 2012, les injonctions forçant les établissements à reprendre leurs cours se sont mises à pleuvoir au Québec. Parmi les premières : celle visant le Collège d’Alma, à la fin du mois de mars. Les associations étudiantes et au moins un syndicat de professeurs avaient rapidement dénoncé la « judiciarisation » du conflit. « Nous entendons reprendre les cours. On va se conformer à l’ordonnance, évidemment », avait expliqué à l’époque Bernard Côté, directeur général. Les activités normales n’avaient toutefois pas pu reprendre au lendemain de la décision, le piquetage se poursuivant malgré l’injonction interlocutoire de la Cour.

Nadeau-Dubois coupable, avant d’être innocenté

« Je crois qu’il est tout à fait légitime pour les étudiants de prendre les moyens de respecter le choix démocratique qui a été fait d’aller en [sic, de faire] grève. » C’est cette phrase qui a valu à Gabriel Nadeau-Dubois de se rendre jusqu’en Cour suprême afin que la justice détermine s’il avait commis un outrage au tribunal en la prononçant, en mai 2012, sur les ondes de RDI. Le 1er novembre 2012, ses opposants ont gagné une manche importante : le leader étudiant a « prôné l’anarchie » et « encouragé à la désobéissance civile » avec ses propos, avait tranché le juge Denis Jacques en le condamnant. La Cour d’appel l’a finalement blanchi, une décision confirmée par le plus haut tribunal du pays l’automne dernier.

Source : La Presse

mardi 24 mars 2015

La session sera annulée si le boycott se prolonge, dit Québec

Le ministre de l’Éducation, François Blais, menace d’annuler la session des étudiants boycotteurs si le boycott se prolonge dans des universités et des cégeps. Contrairement à 2012, le gouvernement n’a pas les moyens de financer la reprise des cours, prévient-il.

« Je veux que les étudiants le sachent : il pourra y avoir des conséquences de cette nature-là. Ça ne pourra pas être indéterminé dans le temps », a indiqué le ministre lors d’un bref point de presse mardi.

Manifestation du 21 mars 2015
« Pour le moment, la conséquence que nous envisageons, c’est qu’on sait très bien, dans le contexte financier qui est le nôtre, un contexte extrêmement difficile et exigeant, qu’on ne peut imaginer qu’il y aura un financement pour des reprises l’été prochain ou le printemps prochain. En 2012, le coût de la grève a été un coût pour la sécurité, mais aussi pour les reprises. Je ne vois pas comment je pourrais priver de financement les écoles primaires et secondaires pour financer des gens qui ont décidé de se mettre à la porte de l’université. On a cette préoccupation. »

Selon le ministre Blais, 10 % des cégépiens et des étudiants universitaires « n’ont pas eu accès à leurs cours » lundi en raison du boycott. Le pourcentage a baissé mardi : ce serait entre 5 % et 7 %, dit-il. Les mandats de boycott varient d’une association à l’autre. Le mouvement est plutôt « marginal » à ses yeux dans la mesure où ni la FEUQ ni la FECQ n’appellent à boycotter les cours.

Le ministre a lancé un appel à la « majorité silencieuse », celle des étudiants opposés au boycott, pour qu’elle s’exprime lors des assemblées. « La meilleure façon de sortir de cette spirale, c’est qu’ils aillent voter le plus tôt possible et disent non », a-t-il insisté.

En entrevue sur les ondes de CHOI hier, le nouveau ministre de l’Éducation, François Blais, rappelait que l’administration des cégeps et des universités ont tout en main pour assurer la sécurité des lieux et des conditions propices à l’enseignement. Ce matin, on apprend que même l’UQAM entend prendre les grands moyens. Toutefois, hier, à l’Université Laval, un agent de sécurité (voir vidéo ci-dessous) s’assurait que les étudiants respectent le vote de boycott de leur association. Cette consigne est non seulement incohérente avec la position du gouvernement, elle va à l’encontre de la mission de l’institution.




Joanne Marcotte fait remarquer que « l’illusion de la gratuité déresponsabilise. Les étudiants. Les parents. Et les recteurs. Il est temps de revaloriser l’importance de l’éducation et le respect du contrat qui lie les étudiants à leur institution d’enseignement. »






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mardi 17 mars 2015

Boycott étudiant: les carrés verts menacent de poursuivre le ministre et les recteurs


Les opposants au mouvement des boycotts étudiants menacent de poursuivre les recteurs d’université et le ministre de l’Éducation s’ils ne font pas respecter le libre accès aux cours.

La Fondation 1625 (dont le site Web ne semble plus fonctionner), qui les représente, a fait connaître, mardi, les recours qu’elle entend prendre, au moment où le mouvement de contestation des politiques d’austérité du gouvernement Couillard prend de l’ampleur dans les cégeps et universités du Québec.

En conférence de presse à la tribune de la presse parlementaire à Québec, le directeur des affaires juridiques de la fondation, Miguaël Bergeron, a fait comprendre que les étudiants « tannés de se faire prendre en otages » qu’il représente en ont assez. Les règles démocratiques élémentaires ainsi que les quorums ne sont pas respectés dans les assemblées étudiantes qui votent en faveur du boycott, estime la fondation.

« Nous agirons dès les premiers jours des grèves illégales, car nous sommes structurés et nous disposons maintenant de ressources pour faire respecter nos droits, a-t-il dit. Si les carrés rouges veulent nous priver de notre éducation, ils nous trouveront sur leur chemin. Il est fini le temps où tout le monde pouvait se foutre des étudiants qui veulent suivre leurs cours. Nous ne nous laisserons pas faire. »

M. Bergeron était flanqué d’un autre représentant de la Fondation 1625, Jean-François Morasse, un des acteurs des boycotts étudiants de 2012.

Une lettre a été transmise il y a une semaine aux directions des cégeps, aux recteurs et au ministre de l’Éducation, pour leur rappeler leurs obligations en vertu de la loi, et pour laisser entendre que la fondation n’hésitera pas à les viser personnellement par des procédures judiciaires si des étudiants n’ont pas accès à leurs cours. Les leaders étudiants seront aussi visés.

« À la différence de 2012, nous allons faire en sorte que les administrateurs des associations étudiantes, ainsi que les leaders étudiants, les recteurs et toute autre personne d’intérêt dans ces procédures, soient personnellement mis en cause dans les procédures afin de faciliter les recours en outrage au tribunal si les ordonnances n’étaient pas respectées, comme ce fut le cas en 2012 », a déclaré M. Bergeron.

En 2012, les autorités en place ont failli à leur devoir de faire respecter l’accès aux cours, estime la fondation. Jean-François Morasse a tenu à dire qu’il n’a rien contre les manifestations étudiantes, qu’il s’agit d’un droit, mais que les grèves étudiantes sont illégales, comme l’ont statué les tribunaux, a-t-il rappelé. Les opposants au mouvement de boycott s’organisent partout au Québec, a précisé M. Bergeron.

Un groupe de plus d’une centaine d’étudiants s’active à l’Université Laval, pas moins de 300 à l’UQAM, un autre groupe existe aussi à l’Université de Sherbrooke, et des dizaines d’étudiants ont communiqué avec la fondation au cours des dernières semaines, a rapporté M. Bergeron.

Écoutez : audio (20 minutes)

Conférence de presse de la Fondation 1625 :


« Démocratie étudiante, mon œil… »


Tiré d’un billet de Joanne Marcotte :

Épisode de vie chez la coiffeuse ce matin. La technicienne en coloration, également étudiante en sciences politiques à l’Université Laval :

– Eh oui. J’ai assisté à ma première assemblée d’association étudiante cette semaine.

– Ah oui. Raconte. Vous étiez combien dans la salle ?

– On était 300… mais l’association représente 10 000 étudiants. (Il s’agit de l’association qui regroupe toutes les sciences sociales, semble-t-il).

– D’accord. Et puis ?


– J’ai été déçue. C’est du gros n’importe quoi. Un étudiant a suggéré de faire un vote par voie électronique. On a débattu, mais ça n’a pas passé. Il y a une clique qui est très très forte. Le vote portait sur une grève pour les 2 journées du 23 mars et du 2 avril. L’assemblée avait commencé à 19 h et s’est terminée à 23 h. Moi, j’ai dû partir vers 21 h, je n’en pouvais plus.

– Et puis ?

– Et puis, j’ai su qu’il y avait aussi eu quelqu’un pour suggérer un vote dans des boîtes de scrutin. Le vote aurait pu s’étaler sur quelques jours sur le campus. Plus d’étudiants auraient pu voter, il me semble.

– Et puis ?

– Ça n’a sûrement pas passé parce que le vote de grève a passé à la fin de la soirée.




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lundi 2 mars 2015

La Fondation 1625 prépare sa riposte aux « grèves » étudiantes



Les associations étudiantes qui déclencheront la grève au printemps rencontreront sur leur chemin les membres de la Fondation 1625, promet un militant de l’organisation. « C’est sûr que ce ne sera pas comme au printemps 2012. On sera prêt au jour 1 des grèves qui seront déclenchées les 21 et 23 mars. On est déjà au travail », a assuré mardi au Soleil Miguaël Bergeron. Selon l’étudiant en administration de l’Université Laval, une vingtaine de personnes auraient récemment communiqué avec la Fondation 1625 pour « obtenir de l’aide » en prévision des grèves annoncées. « Ce sont des étudiants qui ont, par exemple, fait un retour à l’école ou qui achèvent leur formation qui veulent savoir quelles sont les démarches à suivre pour déposer des demandes d’injonction. On leur offre du support », d’expliquer M. Bergeron, dont le regroupement a mis une « trousse d’injonction » à la disposition des étudiants sur son site Web. Site qui éprouve des problèmes de congestion depuis quelques jours en raison d’une recrudescence du nombre d’utilisateurs, a précisé l’administrateur de la Fondation 1625. « On a dans notre poche à peu près 50 jugements rendus depuis 2012 qui disent que la grève est illégale. On n’est pas du tout dans la même situation qu’en 2012. On est organisé et on a des arguments juridiques », fait valoir Miguäel Bergeron.

Nouvelles mesures judiciaires

La Fondation 1625 prévoit d’ailleurs prendre de nouvelles mesures judiciaires contre les grèves étudiantes. « On ne peut pas en dire beaucoup pour l’instant parce qu’il reste des détails à régler, mais en gros, je peux vous dire que ça va viser tant les associations que les directions d’établissement et le ministre de l’Éducation. On veut qu’il y ait des gens qui soient imputables pendant la grève », précise M. Bergeron, ajoutant qu’« à la base, le rôle des institutions d’enseignement, c’est de donner des cours ». « On n’a pas à accepter que des étudiants soient pris en otages à cause d’associations qui sont parfois inconscientes et égoïstes dans leurs décisions », plaide le militant, selon qui la majorité des étudiants ne sont pas intéressés par les activités politiques menées par leurs associations. « Ce qu’ils veulent, c’est étudier. Il n’y a pas beaucoup d’intérêt pour les grèves et les processus qui mènent aux grèves », croit-il.

Requête en Cour supérieure

Miguaël Bergeron et Laurent Proulx, aujourd’hui conseiller municipal à Québec, ont déposé en 2013 une requête visant à faire invalider la Loi sur l’accréditation et le financement des associations étudiantes (LAFAE) parce qu’elle brime, selon eux, leur liberté d’association et leur liberté d’expression. À l’heure actuelle, déplorent les deux étudiants entendus en décembre par la Cour supérieure, la LAFAE donne un « monopole » à l’association qui représente les étudiants d’une faculté ou d’un programme. Les étudiants inscrits sont automatiquement membres de l’association, et leur cotisation est prélevée en même temps que leurs droits de scolarité. M. Bergeron en a tout particulièrement contre l’idée que les associations étudiantes puissent prendre l’argent des étudiants pour le dépenser selon leur bon vouloir. Le jugement de la Cour supérieure est attendu pour début avril, « en plein pendant la grève », souligne l’étudiant.

25 000 $ pour Jean-François Morasse

La Fondation 1625 aurait recueilli jusqu’ici quelque 25 000 $ en dons pour soutenir le recours de l’étudiant de l’Université Laval Jean-François Morasse contre Gabriel Nadeau-Dubois, a fait savoir mardi Miguel Bergeron. Jean-François Morasse souhaite que la Cour suprême se penche sur l’acquittement de l’ex-porte-parole étudiant dans une cause d’outrage au tribunal. Pendant la grève de 2012, GND avait été reconnu coupable d’avoir enfreint une ordonnance obtenue par Jean-François Morasse enjoignant aux grévistes de laisser un libre accès aux salles de cours du programme d’arts plastiques de l’Université Laval. La Cour d’appel a cassé la condamnation de GND en janvier. Un cocktail de financement a récemment été organisé par les animateurs du FM93 Éric Duhaime et Nathalie Normandeau en appui au recours de Jean-François Morasse.

Huit associations étudiantes ont un mandat de « grève »

Selon le plus récent décompte publié sur printemps2015.org, au moins huit associations étudiantes, issues en majorité de l’UQÀM, ont un mandat de « grève » reconductible (pour un total de 16 887 grévistes). [Notons que pour ce carnet, la notion de « grève » étudiante n’a aucun sens, il y a peut-être boycott ou blocus des classes, mais pas de grève : les étudiants ne sont pas rémunérés et peuvent abandonner leurs études si cela leur chante.] À Québec, l’Association générale des étudiants en théâtre de l’Université Laval a un tel mandat. Toujours selon le « Compteur des grévistes », 18 associations étudiantes prévoient tenir un vote de grève, dont l’Association des étudiants en histoire de l’art, celle des étudiants en science politique et le Mouvement des étudiants en service social de l’Université Laval. Enfin, au moins cinq associations prévoient des « AG (assemblées générales) de grève si un mouvement social se met en branle ».

Source : Le Soleil

Voir aussi

Climat de violence à l’UQAM ?




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