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vendredi 20 juin 2025

Révisionnisme — Pour Mélenchon, Saladin a permis aux Occidentaux de construire les cathédrales

En conférence hier sur la situation géopolitique au Proche-Orient, Jean-Luc Mélenchon a déclaré que « le roi Dagobert qui mettait sa culotte à l’envers, bon, les [peuples musulmans] ils la mettaient à l’endroit et ils inventaient les maths. Donc disons qu’il y avait une différence de niveau » avant d’ajouter que « s’il n’y avait pas eu Saladin, vous ne sauriez pas bâtir des cathédrales parce que c’est lui qui vous a appris comment on faisait ».

Dagobert est un roi mérovingien qui a régné de 623 à 629 (période d'ailleurs prospère). À cette date, impossible de dire que la civilisation islamique «invente les maths» : on est dans les toutes premières années de l'islam dans le désert d'Arabie où les combattants du djihâd n'inventent certainement pas les mathématiques !

Quand l'abbé Suger qui a posé les bases du style gothique et fait édifier Saint-Denis par la même occasion, est mort en 1151, Saladin avait 13 ans, Aix-la-Chapelle trois siècles et demie et Cluny III était devenue la plus grande construction de la chrétienté.

Saladin, sultan kurde (règne de 1174 à 1193), n'a absolument rien « appris », rien « transmis » aux Occidentaux. Il n'était pas un savant, ni un érudit. Admettons qu'ici « Saladin » soit utilisé comme une figure symbolisant l'ensemble du monde islamique médiéval. Peut-on dire alors que c'est via les savants musulmans qu'on aurait appris en Occident à faire cathédrales et vitraux ? Là encore, non.

L'architecture gothique est faite d'une multitude d'inventions et d'innovations : certaines viennent sans doute de la civilisation hispanique puis islamique (comme l'ogive), mais d'autres sont des inventions occidentales (la croisée d'ogives). Avant la conquête musulmane de l'Espagne en 711, l'architecture wisigothique, qui s'est développée dans la péninsule ibérique sous le royaume wisigoth (Ve siècle jusqu'à l'arrivée des Omeyyades), utilisait déjà des arcs en fer à cheval, également appelés outrepassés. Ces arcs, caractérisés par une courbure qui dépasse le demi-cercle (souvent environ un tiers de plus), étaient employés dans des églises et des édifices religieux. Après la conquête musulmane de 711, l'architecture omeyyade en El-Andalous (Espagne musulmane) a repris et amplifié l'usage des arcs en fer à cheval. Avec leur forme élancée et parfois légèrement pointue, ils ont joué un rôle dans l'évolution vers des formes ogivales, car ils permettaient une meilleure répartition des forces et une esthétique plus verticale.

Arcs outrepassés de Sainte-Marie de Melque (Espagne),
début de la construction au VIIe siècle (avant la conquête musulmane au siècle suivant).

Quant au vitrail, il est attesté en Europe dès l'Antiquité tardive, se transforme au IXe siècle (vitrail au plomb). Les christianismes orientaux vont dédaigner cet art. Dire que c'est Saladin qui l'aurait « appris » aux Occidentaux est tout bonnement faux.

Dans ces deux minutes de conférence, Mélenchon oppose une Europe médiévale arriérée à une civilisation islamique médiévale glorifiée (les maths, Saladin en professeur). Cette vision s'appuie sur plusieurs erreurs historiques majeures.

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mercredi 12 février 2025

Unilinguisme et féminisme — Peu de femmes dans les usines parce « manufacture » fait penser à « man »

La députée démocrate Janice Schakowsky (Illinois, 80 ans) se demande si la raison pour laquelle les femmes ne sont pas plus nombreuses à se lancer dans l’industrie manufacturière serait parce que « le nom “manufacturière” fait penser à un “man” (homme) »…

En français (manufacture, fabrication, usine), en espagnol (fabricación), en japonais (製造 – seizō), en russe (производство – proïzvodstvo), et dans bien d’autres langues, le mot désignant la fabrication ou la production industrielle n’a pas de connotation lexicale avec le sexe masculin.

Cela suggère clairement que la sous-représentation des femmes dans l’industrie manufacturière ne peut pas être attribuée uniquement à la terminologie utilisée en anglais. Car, si le mot « manufacturing » avait une influence déterminante sur l'emploi des femmes, on ne devrait pas observer les mêmes tendances dans des langues où ce terme est sans rapport avec le sexe masculin.

Or, la faible présence des femmes dans ce secteur est un phénomène transnational, davantage lié à des facteurs sociaux, culturels et économiques qu’à une simple allitération ou une fausse étymologie (manufacture est un mot relativement récent dérivé du latin classique manū facere « faire à la main », sans rapport avec homme en latin vir pour le sexe masculin, ni homo pour l'humain peu importe son sexe).


mercredi 21 septembre 2022

Ignorance des étudiants du collège anglophone Dawson (Montréal)

L’humoriste Guy Nantel ne pouvait s’empêcher de réaliser un nouveau micro-trottoir sur le sujet de la langue française et de la protection de la culture québécoise en en cette période électorale. Il a interrogé des étudiants au collège Dawson à Montréal. Il a posé des questions sur la Loi 96 et l'apprentissage de la culture francophone dans les cégeps anglophones ainsi que quelques questions de culture générale (vraiment de base). Le collège Dawson passe pour un établissement de qualité...

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jeudi 2 juin 2022

Montréal — écoles privées ajoutent 12e année pour éviter aux élèves d'apprendre le français et aller ensuite à l'université anglophone

D’autres écoles privées vont permettre à des élèves du Québec de ne pas suivre des cours de français avant qu’ils ne s’inscrivent le plus souvent dans une université anglophone financée par les contribuables québécois. C’est ce que nous apprend maintenant le Journal de Québec.

Des collèges privés s’attendent à une hausse de la demande pour leur programme de 6e secondaire, qui permet d’éviter les obligations de la nouvelle loi sur la langue officielle dans les cégeps anglophones.

North Star Academy de Laval
 
« On a beaucoup de demandes pour l’an prochain. Surtout avec la loi 96… C’est un enjeu », indique la directrice générale de l’Académie Étoile du Nord de Laval, Josée Pépin.

Au Québec, le cursus scolaire ne compte que cinq années d’études secondaires. Dans le reste du Canada et aux États-Unis, il y en a une sixième étant donné qu’il n’y a pas de cégep entre le secondaire et l’université.

Plusieurs écoles privées offrent donc la 6e année, dite grade 12 en anglais, qui mène en général à l’obtention d’un diplôme d’études secondaires ontarien.

Les élèves peuvent ensuite entrer directement dans les universités du monde entier, mais aussi au Québec, comme à McGill et Concordia, à Montréal, sans passer par le cégep.

La nouvelle Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (projet de loi 96) oblige les étudiants des cégeps anglophones à suivre plus de cours de français.

Selon un reportage de Global News, l’anxiété générée par cette nouvelle disposition aurait poussé l’Académie Kuper, à Kirkland, sur l’île de Montréal, à devancer l’annonce de son nouveau programme de 6e secondaire.

La direction de l’Académie Kuper n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.

La moitié

Le Journal a parlé aux responsables de quatre autres collèges privés qui offrent déjà la 6e année.

À l’école Alexander von Humboldt, à Baie-d’Urfé, les cours se donnent en allemand de la maternelle à la fin du secondaire. Chaque année, environ la moitié des élèves de 5e secondaire choisissent de continuer en 6e, tandis que les autres décident d’aller au cégep, indique le directeur adjoint Tobias Grygier.

« Mais si la loi est maintenue telle quelle, on peut penser que ça [incitera] d’autres à rester en 6e », suppose-t-il.

Capacité limitée [pour l’instant]

La plupart des responsables interrogés croient toutefois que c’est leur approche personnalisée qui attire les élèves, plus que la langue.

« De toute façon, on a une capacité limitée », dit Philippe Bertrand, directeur général du Collège Bourget, un établissement bilingue situé tout près de la frontière ontarienne à Rigaud.

Il compte cette année 28 élèves dans son programme de 6e secondaire non subventionné.

« Certains sont un peu dépassés par le système collégial », explique Suzanne Bailey, de l’Académie Kells, une école privée de Montréal.

Parmi la quarantaine d’élèves inscrits cette année, on compte des élèves qui ont fait toute leur scolarité à Kells, mais aussi des jeunes qui n’ont pas été acceptés dans leur premier choix au cégep, illustre Mme Bailey.

Au Collège Bourget, ce sont surtout des sportifs de haut niveau qui y sont inscrits en raison de leur horaire complexe, explique Philippe Bertrand.

Grâce à un partenariat avec une école virtuelle ontarienne, l’enseignement peut se faire à distance, ce qui permet aux jeunes hockeyeurs qui sont constamment sur la route de continuer à étudier, par exemple.

Plus cher que le cégep

La 6e secondaire offre une panoplie d’avantages, dit Josée Pépin de L’Académie Étoile du Nord. Plus de flexibilité dans le cursus pour obtenir les prérequis, pas de cote R, une bonne reconnaissance de la part des universités, la création d’un réseau de contacts dans le domaine rêvé, relate-t-elle.

Avec des frais de scolarité allant de 13 000 $ à 15 000 $, une année à Étoile du Nord est toutefois bien plus dispendieuse que le cégep.

Plusieurs programmes de 6e ont vu le jour dans les dernières années : en 2015, 2017 ou 2019.

Mais le Collège Stanstead, situé sur la frontière américaine, offrait déjà une 6e secondaire bien avant l’invention des cégeps et n’a tout simplement jamais cessé de l’offrir, explique la directrice Joanne Carruthers.

« Il y en a qui pensent que la 6e année, c’est une façon de sauter une année, mais ce n’est pas le cas puisque la plupart font ensuite [l’équivalent d’un baccalauréat] de 4 ans à l’université. C’est juste un système différent », résume-t-elle.

Le ministère de l’Éducation n’avait pas répondu à nos questions, hier.


Billet originel du 31 mai 2022

Une école privée de Montréal ajoute une 12e année pour éviter d’apprendre le français, circonvenir aux trois cours de français devenus obligatoires au cégep, pour s’inscrire directement à une université anglophone québécoise (il y en a trois !).


Répartie dans trois bâtiments à Kirkland (Ouest de l’île de Montréal), la Kuper Academy propose actuellement des classes préscolaires, élémentaires et secondaires.

Bientôt, l’école ajoutera un nouveau programme — la 12e année sera disponible à l’école à partir de 2023.

« J’ai entamé le processus il y a plusieurs années et j’allais l’annoncer en août de cette année, mais après l’annonce du projet de loi 96, j’ai décidé de le devancer », a déclaré la directrice de l’école, Joan Salette.

Le projet de loi 96 récemment adopté obligera les étudiants à suivre des cours de français supplémentaires au cégep pour obtenir leur diplôme.

Salette dit que, comme beaucoup d’autres, certains élèves et parents de Kuper étaient inquiets à propos du projet de loi et de la façon dont cela les affecterait. Mais elle dit qu’avec cette nouvelle, beaucoup poussent un soupir de soulagement.

« J’ai commencé à recevoir des messages disant : “Merci, je peux dormir ce soir, je ne cherche plus à déménager en Ontario” », a déclaré Salette. « Tant de messages de soutien. »

Le programme de 12e année durera un an et aboutira à un diplôme d’études secondaires de l’Ontario, qui permet aux élèves de postuler directement à une université.

Trois concentrations seront disponibles — sciences, commerce et sciences sociales — avec des cours principalement donnés en personne.

Les élèves de 10e année qui étudient actuellement à Kuper seront éligibles au programme, et beaucoup d’entre eux disent qu’ils seront les premiers à postuler.

« Tout le monde est ravi de ce nouveau programme », a déclaré Evan Cecere, élève de 10e année. « Ils sont vraiment préoccupés par les restrictions imposées par le projet de loi 96. »

L’école prévoit d’accepter les candidatures pour la 12e année en août.

À peu près au même moment, il organisera une séance d’information pour les parents et les élèves afin d’en savoir plus sur le programme.

Source : CTV


mercredi 27 avril 2022

Impossible de se faire servir en français au centre de Montréal

Serge Denoncourt était de passage à l’émission « Bonsoir Bonsoir ». Il a pris 2 minutes pour s'indigner du service lamentable de Tim Hortons au centre de Montréal… En effet, il n'est pas parvenu à se faire servir en français. Aucun employé ne parlait français. Tous les employés de Tim Horton l'évitaient et ne servaient que les gens qui se pliaient à l'obligation de parler anglais pour être servis.

Serge Denoncourt est le metteur en scène de Cher Tchekhov, présentée au TNM. Ce théâtre francophone est juste à côté de ce Tim Horton.

Source :  Radio-Canada, 26 avril 2022.

 

Autre témoignage, encore un artiste, Guy Nantel:



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Cégépiens : « Aujourd’hui, une phrase sur trois dite par un jeune est en anglais. »

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vendredi 8 avril 2022

« Paix linguistique » : 46 % des allophones qui étudient en anglais au Québec travaillent ensuite en anglais

Résumé : selon les chiffres de Statistique Canada, 46 % des allophones qui étudient au cégep et à l’université en anglais au Québec travaillent ensuite majoritairement en anglais, Comparativement à 7 % pour ceux dans institutions francophones.

Une étude publiée mardi 5 avril 2022 par Statistique Canada indique qu’au Québec, les diplômés post-secondaires qui ont fréquenté un établissement de langue anglaise sont plus susceptibles d’utiliser l’anglais au travail après leurs études.

L’agence fédérale ajoute que dans la province, cette tendance de l’usage de l’anglais après les études est particulièrement marquée chez les diplômés de langue maternelle tierce, c’est-à-dire une langue autre que le français ou l’anglais.

L’étude fondée sur les données du Recensement de la population de 2016 et du Système d’information sur les étudiants post-secondaires conclut que 48 % des diplômés d’un établissement anglophone qui travaillaient au Québec utilisaient l’anglais de façon prédominante au travail, comparativement à 4 % de ceux dont le dernier diplôme provenait d’un établissement francophone.

De plus, 23 % des diplômés de langue maternelle française utilisaient principalement l’anglais au travail lorsque le dernier diplôme avait été obtenu d’un établissement de langue anglaise.

Et 46 % des diplômés de langue maternelle tierce utilisaient principalement l’anglais au travail après avoir fait des études dans un établissement de langue anglaise, par rapport à 7 % de ceux qui avaient fait des études dans un établissement de langue française.

Statistique Canada a observé qu’en 2016 au Québec, 93 % des diplômés de langue maternelle française avaient obtenu leur dernier diplôme d’un établissement francophone. Cette proportion a chuté à 61 % chez les diplômés de langue maternelle tierce parmi les diplômés de langue maternelle anglaise, 82 % avaient obtenu leur dernier diplôme d’un établissement anglophone.

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mardi 6 juillet 2021

« "Connais-toi toi-même", ce proverbe africain », selon le plus grand syndicat d'enseignants américain

Le plus grand syndicat d’enseignants américain (NEA) a approuvé une proposition visant à promouvoir la théorie critique de la race dans les 50 États et 14 000 districts scolaires locaux.


Dans sa conclusion, la résolution approuvée affirme que « Connais-toi toi-même » est un proverbe africain. Sans aucune preuve. Pourtant les personnes cultivées (ou celles qui ont simplement compulsé les pages roses d’un Larousse) savent que γνῶθι σεαυτόν est une des maximes delphiques. C’est, en effet, selon le Charmide de Platon, le plus ancien des trois préceptes qui furent gravés à l’entrée du temple d’Apollon à Delphes. La Description de Delphes par Pausanias le Périégète en confirme l’existence. Platon mentionne également deux autres maximes gravées à l’entrée du temple d’Apollon à Delphes : « Sois tempéré » et « Donne-toi pour caution et tu n’es pas loin de ta ruine ».

La version latine du « proverbe africain »…
 
La National Education Association (NEA) a approuvé une résolution visant à « faire connaître » la théorie critique de la race et à mettre sur pied une « équipe de membres du personnel » pour aider les membres du syndicat qui cherchent à « lutter contre la rhétorique anti-TRC ». 

La NEA représente près de 3 millions d’employés des écoles publiques dans les 50 États. Son budget annuel est de 300 millions de dollars.

La nouvelle résolution 39 déclare également que le syndicat s’oppose aux interdictions de la théorie raciale critique (TRC) et du controversé Projet 1619 du New York Times Magazine. Interdiction qu’environ la moitié des États américains auraient déjà mise en œuvre ou seraient prêts de le faire.

En outre, la résolution appelle le syndicat à « se joindre à Black Lives Matter à l’école et au Zinn Education Project pour organiser une manifestation ce 14 octobre — l’anniversaire de George Floyd — en tant que journée nationale d’action pour enseigner des leçons sur le racisme structurel et l’oppression. »

Le troisième paragraphe s’engage à accomplir ce qui suit :

« Communiquer publiquement (à travers les médias existants) son soutien à l’enseignement précis et honnête des sujets d’études sociales, y compris des comptes rendus véridiques et adaptés à l’âge des aspects désagréables de l’histoire américaine, tels que l’esclavage, l’oppression et la discrimination des indigènes, noirs, bruns et d’autres peuples de couleur, ainsi que l’impact persistant de cette histoire sur notre société actuelle. L’Association fera également comprendre qu’en enseignant ces sujets, il est raisonnable et approprié que le programme d’études se fonde sur des éléments universitaires conçus pour comprendre et interpréter l’impact du passé sur la société actuelle, y compris la théorie raciale critique. »

Cependant, malgré l’approbation, une note sur le site Web du syndicat indique : « Cet élément ne peut pas être accompli avec le personnel et les ressources actuels dans le cadre du plan stratégique et du budget proposés et modifiés pour 2021-2022. Cela coûterait 127 600 $ supplémentaires. »

Cette décision intervient alors que les districts du pays et les experts libéraux ont tenté de repousser les critiques des parents anti-TRC en leur disant que le programme est trop complexe pour les élèves de la maternelle à la 12e année et ne serait donc enseigné qu’aux étudiants des cycles supérieurs.

Cette thèse progressiste est pourtant contredite par le fait que des séminaires sur la théorie raciale critique sont proposés aux enseignants et aux administrateurs et que des enseignants présentent des sujets inspirés de la théorie raciale critique dans certaines classes.

Les législateurs conservateurs ont déjà obtenu l’interdiction de la TRC dans environ deux douzaines d’États, l’Iowa allant même jusqu’à le déclarer d’« endoctrinement discriminatoire ». Et le sujet à lui seul a suscité des commentaires publics passionnés lors des réunions des conseils scolaires à travers le pays.

Les détracteurs de la TRC disent qu’il s’agit d’une philosophie intrinsèquement raciste qui encourage les stéréotypes et l’étiquetage tout en renforçant la division et la rhétorique anti-américaine plutôt que l’unité et les vertus des documents fondateurs.

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samedi 13 février 2021

Éric Zemmour : « Le déclin de l’empire américain ? Mais c’est aussi le nôtre ! »

Pour Éric Zemmour, l’Occident, jadis terre de conquérants et de baroudeurs, semble transformé en petite chose craintive et oublieuse de son grand passé.

Décidément, la presse américaine n’en rate pas une. Time, qui a consacré Assa Traoré en icône de la liberté contre une France raciste et islamophobe, a aussi dressé un bilan catastrophiste de l’année 2020 : « La pire année de l’Histoire. »

 On reste pantois devant une telle hyperbole. La pire, vraiment ? Pire que 1916, l’année de Verdun ? Pire que 1918, l’année de la grippe espagnole ? Pire que 1942, l’année de Stalingrad ? Pire que 1871, « l’année terrible », quand les Parisiens assiégés par l’armée prussienne mangeaient des rats ? Pire que 1709, l’année du « grand hiver », quand la famine tuait en masse dans la France de Louis XIV ? Et encore on ne parle que de l’Europe, et surtout de la France.

L’hiver de 1709, appelé grand hiver de 1709, fut un épisode de froid intense en Europe, qui marqua durablement les esprits, car il provoqua une crise de subsistance qui entraîna une famine. Cet épisode commença brutalement le jour de l’Épiphanie 1709, par une soudaine vague de froid qui frappa l’Europe entière.

En France cet hiver fut particulièrement cruel. À Paris, les températures furent très basses (Paris n’en connaîtrait de plus basses que bien plus tard notamment en décembre 1879). Les régions du Sud et de l’Ouest de la France furent sévèrement touchées avec la destruction quasi complète des oliveraies et de très gros dégâts dans les vergers. De plus, l’événement prit la forme de vagues de froid successives entrecoupées de redoux significatifs. Ainsi, en février, un redoux de deux semaines fut suivi d’un froid assez vif qui détruisit les blés et provoqua une crise frumentaire.

Environ 600 000 personnes moururent en France à la suite de ces intempéries, que ce soit directement du froid, de la faim ou en raison des épidémies particulièrement meurtrières sur une population sous-alimentée. La mortalité fut aggravée par la situation économique précaire engendrée par la guerre de Succession d’Espagne.

On nous avait dit que le niveau scolaire avait baissé aux États-Unis autant qu’en France et on n’y croyait pas. On nous avait dit que la presse américaine, que les journalistes français admirent tant, était désormais aux mains de jeunes trentenaires qui se qualifient de « woke » (éveillés), sensibles à l’écologie, au féminisme, à l’antiracisme et aux thèses décoloniales. On avait oublié qu’ils étaient sensibles tout court, génération qui n’avait pas connu la guerre, et qui avait été biberonnée dans les universités américaines aux « avertisseurs de sensibilité » qui les alertaient sur les œuvres du passé contrevenant aux règles de bienséance du politiquement correct.

La grande famine de 1693-1694 est due à un hiver très rigoureux en 1692, suivi en 1693 d’une récolte très médiocre, causée par un printemps et un été trop pluvieux, causant une flambée des prix des céréales et une sous-alimentation qui favorise les épidémies comme le typhus, jusqu’en 1694. La France, qui avait alors 20 millions d’habitants, eut 1 300 000 morts en plus de la mortalité normale, selon Emmanuel Leroy-Ladurie.

En français d’avant, on les aurait traités de « chochottes », mais ce mot sent trop fort la langue du monde d’hier, pleine de préjugés patriarcaux. Et puis, en réfléchissant, cette presse américaine, dont on aime se gausser autant qu’elle aime nous sermonner, c’est nous. Nous qui nous sommes enfermés et avons mis notre économie à terre pour une épidémie qui tue 0,5 % des personnes contaminées [au pire, sans traitement, ni vaccin; ce sera bientôt nettement moins donc]. Nous qui sommes tétanisés par la trouille et le principe de précaution. Nous qui sacrifions tout à la sauvegarde de la « vie nue », tout ce qui fait le plaisir de la vie. Nous qui menaçons, par juges interposés, les politiques qui n’oseraient pas tout faire pour nous protéger. Et nos politiques qui, rendus fous par la crainte des juges et par l’hubris de la toute-puissance, enferment tout un peuple de bien portants, régentant jusqu’à nos salles à manger.

Les grands esprits du XIXe, qui avaient vu les débuts de notre monde moderne, nous avaient prévenus : Auguste Comte avait prédit que la révolution technologique provoquerait l’avènement des valeurs féminines : pacifisme, recherche du consensus, principe de précaution, etc. L’inventeur de la sociologie, Émile Durkheim, avait annoncé que l’importance accordée aux questions économiques irait de pair avec l’anomie de sociétés individualistes et sans ressort.

Mais c’est surtout l’Occident qui semble touché par ces symptômes. L’Asie s’est déjà ressaisie et est repartie dans sa course en avant industrielle. L’Afrique semble rire de cette épidémie, ridicule par rapport au virus Ebola qui a ravagé le continent et ne ralentit pas son expansion démographique. L’Occident, jadis terre de conquérants et de baroudeurs intrépides et cruels, semble transformé en petite chose craintive et oublieuse de son grand passé. Comme un Empire romain décadent et émollient.


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lundi 4 janvier 2021

Pasteur (M.Div.) démocrate dans prière inaugurale du Congrès : ignorance crasse et correctivisme politique

L’élu démocrate Emanuel Cleaver a provoqué la fureur en clôturant une prière du Congrès avec les mots « amen et a woman » (un homme et une femme).

Le pasteur du Missouri a été invité à prononcer la prière pour ouvrir le 117e Congrès américain dimanche.

Cleaver a également mentionné le dieu hindou Brahma alors qu’il faisait sa prière au Congrès.

Le pasteur Cleaver a déclaré :

We ask it in the name of the monotheistic God, Brahma, and “god” known by many names by many different faiths. Amen and a woman.
Soit :
Nous le demandons au nom du Dieu monothéiste, Brahma, et « dieu » connu sous de nombreux noms par de nombreuses religions différentes. Amen (ou un homme) et une femme.


Cleaver (ci-contre) est un pasteur méthodiste ordonné, titulaire d’une maîtrise en théologie (M. Div) de la Saint Paul School of Theology, un séminaire méthodiste uni à Leawood au Kansas. Il est surprenant qu’il ne sache pas que « amen » n’a aucun rapport avec « men » (homme) ni que Brahma n’est pas un dieu « monothéiste » (les religions ou leurs adeptes sont monothéistes…), mais le premier membre de la Trimūrti, la trinité des déités hindoues majeures, avec Vichnou et Çiva. Amen est un mot hébreu (אמן) qui signifie « vraiment, assurément », il a été transmis par le grec (ἀμήν) et le latin tel quel. Il est souvent traduit par « ainsi soit-il ». Le mot est aussi utilisé en arabe (آمين, âmîne). Ce degré d’ignorance est consternant de la part d’un diplômé en théologie.

La prière « diversitaire » a été prononcée peu après qu’un comité tenu par les démocrates a proposé des changements dans les règles de la Chambre pour « honorer toutes les identités de genre » et éliminer les mots genrés tels que « père », « mère », « fils » et « fille ».

Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre (élue avec une minorité des voix), a annoncé la proposition, affirmant que cette décision ferait de la chambre basse la « plus inclusive de l’histoire » pour les personnes transgenres et non binaires.

Les nouvelles règles de la maison supprimeraient les références spécifiques au genre telles que « homme », « femme », « mari », « belle-mère », « cousin », « oncle », « tante », « nièce », « neuve », « bru », « gendre » et « épouse » dans le texte de 45 pages qui régit la Chambre.

Il semble que Nancy Pelosi a oublié de bannir deux de ces termes genrés de sa courte biographie sur Twitter.



jeudi 11 juin 2020

Manifestants BLM défigurent statue d'un des premiers abolitionnistes

Le 10 juin 2020, les manifestants de Black Lives Matter ont défiguré une statue de Matthias Baldwin devant l’hôtel de ville de Philadelphie à Philadelphie (États-Unis), avec le mot « colonisateur » et son visage peint en rouge malgré le fait que Baldwin s’est très tôt opposé à l’esclavage et aux mauvais traitements infligés aux personnes en fonction de la race.

En 1835, Baldwin donna de l’argent pour créer une école pour les enfants afro-américains à Philadelphie et continua pendant des années à payer les salaires des enseignants de sa poche par la suite. Baldwin était un fervent partisan de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, une position utilisée contre lui et son entreprise par des concurrents désireux de vendre des locomotives aux chemins de fer basés dans le Sud esclavagiste.

Baldwin était membre de la Convention constitutionnelle de l’État de Pennsylvanie de 1837 et a émergé en tant que défenseur des droits de vote des citoyens noirs de l’État.

Mais, Baldwin était un homme blanc mort cisgenre et hétérosexuel et puis la culture historique n'est qu'une construction colonialiste, c'est bien connu.



Voir aussi sur les iconoclastes






Personnes « racisées » devant un graffiti qui dénonce Churchill comme un raciste (7 juin 2020 à Londres)



vendredi 4 octobre 2019

Belgique — Connaissances scientifiques des élèves sur le climat en recul

Si la jeunesse est mobilisée en masse pour « sauver la Planète » et le climat, les savoirs scientifiques des élèves pour appréhender le réchauffement climatique (un peu plus d’un degré en un siècle) laissent à désirer. Une enquête effectuée auprès de plus de 3 250 jeunes de 5e et 6e secondaire, tant en Flandre qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, montre que leurs connaissances sont en recul par rapport à 2015.

« Le plus grand fossé observé est, comme toujours, celui qui sépare les élèves selon le type d’enseignement qu’ils fréquentent », regrette l’ASBL Appel pour une école démocratique (APED), à l’origine de l’étude. Cette ONG n’est en rien climatosceptique, mais plutôt à gauche, elle veut lutter contre les « inégalités scolaires » et cherche à ce que l’école transmette une « compréhension du monde » particulière, dans ce cas-ci il s’agit de « sensibiliser » encore davantage sur les enjeux climatiques et les migrants « climatiques » qu’il faudrait accueillir.... 

L’enquête, effectuée par questionnaire entre les mois d’avril et de mai 2019, a sondé 3 259 élèves de 5e et 6e secondaire fréquentant l’enseignement général, technique, professionnel ou technique de qualification.

Aujourd’hui, seuls 13 % des élèves comprennent ce qu’est l’effet de serre, le mécanisme par lequel les émissions de CO2 contribuent au réchauffement climatique. Ils étaient 19 % en 2015... Dans l’enseignement professionnel, on tombe à 4,6 % de bonnes réponses, soit deux fois moins qu’en 2015,62 % des élèves croient erronément que les centrales nucléaires sont émettrices de CO2. Ils n’étaient « que » 47 % en 2015. Par contre, seul un élève sur deux identifie correctement les centrales électriques au gaz et l’élevage animal comme émetteurs de gaz à effet de serre.

En 2015, 31 % des élèves croyaient que l’hydrogène était une énergie renouvelable (alors qu’il ne s’agit pas du tout d’une source d’énergie, mais seulement d’un moyen de la stocker). Ce pourcentage grimpe désormais à 48 %.

40 % des élèves croient tout à fait erronément qu’un déplacement en train émettrait autant, voire davantage, de CO2 par voyageur qu’un déplacement en voiture.

Face à un graphique indiquant l’augmentation de température globale depuis un siècle, un élève sur deux s’avère incapable d’en faire une interprétation correcte.

Comme lors de l’enquête de 2015, une grande majorité des élèves (78 %) estime erronément que la fonte des glaces du pôle Nord contribuerait à l’élévation du niveau des mers.

Greta et les filles mènent le combat à Bruxelles


Lorsqu’on traduit ces connaissances en notes chiffrées sur une échelle de moyenne 500 et d’écart-type 100 (comme pour les points des enquêtes PISA), on observe qu’il n’y a pratiquement aucune différence entre francophones et néerlandophones, mais une avance de 24 points pour les garçons par rapport aux filles [alors que les filles sont systématiquement mises à l’avant du combat contre le réchauffement climatique] et un énorme écart de 105 points entre les élèves de l’enseignement général et ceux de l’enseignement professionnel.


Greta et les filles à Washington

Voir aussi

Thunberg et jeunesse écocondriaque — « 86 % des jeunes pensent à tort que le nucléaire émet du CO2 »

Les « changements climatiques », une des causes de la guerre en Syrie... Vraiment ?

Climat et élèves en grève : « On ne veut pas mourir dans 10 ans » (m-à-j)

Entretien avec un professeur du secondaire qui encourageait ses élèves à manifester pour le climat : il n’en connaissait pas plus que les étudiants sur les bases physiques du « réchauffement climatique ». Édifiant...




dimanche 28 avril 2019

Ingrid Riocreux, les pulsions totalitaires des médias




La seconde en France regroupe habituellement des élèves de 15 ou 16 ans.

L'ouvrage de Michel Legris mentionné par Ingrid Riocreux est Le Monde tel qu'il est, publié chez Plon en 1976. Voici Michel Legris à Apostrophes face au rédacteur en chef du Monde de 1969 à 1985, André Fontaine, qu'il critique.



mardi 22 mai 2018

Rapport : les élèves passés par ECR connaissent mal les religions, mais sont tolérants envers les signes religieux

Au Québec, les élèves des cégeps ont peu de connaissances générales sur les différentes religions, mais ils se montrent tolérants à l’égard des signes religieux dans l’espace public. Il s’agit des élèves auquel le Monopole de l’Éducation du Québec a imposé le controversé programme d’éthique et de culture religieuse (ECR) pendant quasiment toute leur scolarité. Les résultats ne sont pas étonnants puisque le programme d’ECR n’est pas un programme « encyclopédique » (les faits ont en fait peu d’importance, voir ici), c’est l’attitude tolérante envers la diversité des religieux qui est valorisée. Attitude tolérante qui peut s’accompagner d’une certaine banalisation ou relativisation des religions : elles se valent toutes autant ou aussi peu.

Rappel (extrait) :

Pour Pierre Lucier, « un enseignement de type encyclopédique sur le contenu ou l’histoire des doctrines et des traditions religieuses » ne serait pas approprié, étant donné les « objectifs sociaux et visées éducatives du programme ». En fait, comme l’indique Georges Leroux, les connaissances ne font même pas partie du programme comme tel, elles sont au strict service des compétences : « Dans l’univers très riche des programmes formulés selon des compétences, nous ne travaillons pas à partir de contenus prédéterminés : les jeunes ne recevront pas dans ce programme des connaissances encyclopédiques sur telle ou telle religion, ou doctrine morale ». L’important dans le programme ÉCR, ce sont les « compétences » et les « visées éducatives ».

Quelles sont ces visées éducatives ? Selon le rapport Proulx (p. 90) qui a servi de base théorique à l’imposition de ce programme, il s’agit de développer « l’ouverture et la tolérance ».

Selon un rapport de recherche du Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux, les idéologies politiques et la radicalisation (CEFIR), moins de la moitié des répondants (sur 991) a fourni des bonnes réponses aux questions sur l’islam et le judaïsme. Même pour le christianisme, les pourcentages de bonnes réponses étaient globalement faibles.

Pour 50 % des sondés, les actions terroristes sont principalement dues à des idéologies religieuses alors que plusieurs sont commises au nom d’idéologies non religieuses.

Selon les auteurs du rapport, il ressort encore que les étudiants ne connaissent pas les groupes extrémistes québécois et que leurs connaissances en matière de radicalisation sont minimes.

« On peut craindre que l’ignorance ne fasse le lit de la radicalisation tout en renforçant des orientations politiques inappropriées et contreproductives », ont affirmé les chercheurs. Ils recommandent de revoir les cours d’éthique et de culture religieuse, que les étudiants interrogés ont par ailleurs tous suivis lors de leur scolarité, afin de mieux outiller les jeunes dans la compréhension de la radicalisation et des idéologies religieuses.

Rétention de l’islam, effondrement du christianisme chez les jeunes ?
Le détail du rapport est instructif. Le tableau ci-dessous donne les caractéristiques de l’échantillon des élèves sondés comparées à celles de la population de la région métropolitaine montréalaise voisine des cégeps sondés, ainsi qu’à celles de la population Québec pour des classes d’âge similaires.




Pour les auteurs du rapport, la surreprésentation des individus « sans religion » dans l’échantillon des cégépiens sondés, pourrait être le résultat d’une série de facteurs. Les données de l’Enquête nationale auprès des ménages de Statistique Canada pourraient poser problème ici, car ce sont les chefs de ménage qui répondent pour les autres membres du ménage aux questions de ce sondage national. En d’autres mots, ce sont souvent les parents des jeunes de 15 à 24 ans qui répondent à la question de l’affiliation religieuse de ceux-ci. Il se peut donc que les réponses des parents soient erronées quant à l’affiliation religieuse de leurs enfants (les parents supposent qu’ils sont catholiques par exemple), alors qu’on retrouve des taux beaucoup plus élevés de « sans religion » lorsqu’on pose la question « Quelle est votre religion, si vous en avez une ? » aux jeunes mêmes. Il se peut également que la juxtaposition des mots « religion » et « radicalisation » dans le titre du sondage, dans le but d’indiquer l’objet de l’étude aux répondants, ait poussé certains qui ont des attaches plus faibles avec la tradition religieuse à laquelle ils ou elles s’identifient à mettre de côté leur identité religieuse habituelle dans le contexte de ce sondage. Il se pourrait aussi que des individus qui sont généralement contre la religion, mais s’y intéressent pour mieux appuyer leurs positions et sentiments antireligieux aient répondu au sondage en plus grand nombre comparativement à leur poids sociodémographique dans la population générale. Notons cependant que les musulmans ne semblent pas affectés par cette divergence entre les chiffres de Statistiques Canada et ceux du sondage.

Très faible connaissance du christianisme, très faible connaissance de la part des athées et agnostiques

Les élèves de 17 à 24 ans sondés devaient répondre à quatre (4 !) questions de bases sur le christianisme et le catholicisme pour évaluer (très superficiellement) leurs connaissances du christianisme. Si 63 % des collégiens peuvent identifier l’énoncé sur l’eucharistie comme vrai, seuls 14 % peuvent identifier l’énoncé sur les quatre Évangiles comme faux (Paul n’est pas un des évangélistes, il manque Luc).


Les connaissances sur le judaïsme ou l’islam sont encore moins bonnes.

Un recoupement de ces résultats avec les profils des cégépiens permet d’établir que les hommes connaissent mieux, en moyenne, le christianisme et l’islam que les femmes. En deuxième lieu, comme on pouvait s’y attendre, les membres affiliés à une religion en connaissent plus sur cette dernière. Par exemple, les catholiques ont un score moyen de 0,204 point plus élevé sur l’échelle du christianisme que les athées et les agnostiques. Cette échelle de la connaissance religieuse va de 0 à 4, un point par bonne réponse. Les musulmans ont un score moyen de 0,840 point plus élevé sur l’échelle de l’islam que les athées et les agnostiques, et un résultat moyen de 0,527 point plus faible sur l’échelle du christianisme que les athées et les agnostiques.



Les répondants avec un niveau de religiosité plus élevé ont en moyenne plus de connaissance en ce qui concerne chacune des trois traditions religieuses : une augmentation d’un point sur l’échelle de religiosité est associée à une augmentation moyenne de 0,452 point sur l’échelle des connaissances du christianisme, de 0,203 point sur l’échelle des connaissances du judaïsme et de 0,112 point sur l’échelle des connaissances de l’islam.

Surestimation du poids (actuel) de l’islam et sous-estimation du christianisme

La conclusion principale qu’on peut tirer de ces résultats est que la vaste majorité des élèves surestime la présence des minorités religieuses musulmane et juive dans la province, peut-être en raison de la plus grande visibilité de ces minorités dans les médias ou parmi les jeunes que côtoient les cégépiens. À l’inverse, la plupart sous-estiment l’affiliation au christianisme peut-être à cause du silence de l’Église catholique depuis des décennies et du peu d’importance dans leur vie de jeunes souvent sans religion.

Comment lire le graphique 8 : 20 % des cégépiens ont estimé correctement la proportion de chrétiens au Québec (plus de 60 % de la population), 80 % des cégépiens ont sous-estimé ce poids.

Attitudes des élèves sortis de l’école québécoise envers les enjeux sociaux

Le sondage Connaissances et perceptions de la religion et du phénomène de la radicalisation chez les étudiants au collégial a également posé une série de questions aux répondants quant au niveau d’importance qu’ils accordent à certains enjeux de société, qui incluent la protection de l’environnement, la prévention et la lutte au terrorisme, le financement des services publics, l’intégration des immigrants, la croissance économique ainsi que les inégalités sociales.


Les résultats présentés au Graphique 9 indiquent qu’une majorité des répondants étudiants sont d’avis que tous ces enjeux sont importants ou très importants pour notre société. La protection de l’environnement et les inégalités sociales sont les deux enjeux qui ont reçu les plus grandes proportions de répondants indiquant que ces enjeux sont très importants (64 % et 62 % respectivement). La croissance économique est l’enjeu qui a reçu le taux le plus faible de répondants indiquant que cet enjeu est très important (25 %), et le taux le plus élevé de ceux qui disent que cet enjeu n’est pas très/pas du tout important (24 %).

Cela n’est pas une surprise étant donné les priorités instillées dès le plus jeune âge par l’école québécoise : l’immigration c’est bien par définition, la protection environnementale prend même dans des manuels d’ECR du primaire le pas sur le développement économique, voir analyse de trois manuels approuvés d’ECR. Ces manuels parleront du réchauffement climatique, oui, en ECR, des ours polaires qui mourraient anormalement de faim, il demandera à l’enfant conditionné « Explique comment ces actions contribuent à la santé de la planète », mais jamais les trois manuels analysés utilisés dans la même école ne parleront de notre développement, notre richesse, notre confort, etc. Il semble qu’il n’existe pas de responsabilité éthique à se développer dans ces trois manuels par exemple. Rappelons que l’Institut du Québec vient de publier un portrait de Montréal en comparaison avec d’autres grandes villes nord-américaines. On y trouve une mine incroyable d’informations sur l’état de Montréal, et notamment sur la position de Montréal par rapport à d’autres grandes villes. Au chapitre du niveau de vie, parmi les quinze grandes villes faisant l’objet de la comparaison, Montréal arrive dernière. Même quant au revenu disponible. Montréal est la plus pauvre. Cette année encore, comme l’an dernier.

Les immigrants s’intègreraient bien, le Québec ne devrait pas accueillir moins d’immigrants

Selon le rapport, 59 % de l’échantillon de cégépiens est tout à fait ou plutôt d’accord avec la déclation selon laquelle la très grande majorité des immigrants s’intègre bien à la société québécoise, et seulement 15 % pensent que le Québec devrait accueillir moins d’immigrants par année.


Certains effets sociodémographiques sont présents auprès des répondants qui sont plus méfiants envers l’immigration au Québec. Les répondants étudiants plus âgés (du groupe pourtant âgé de moins de 24 ans) sont plus enclins à avoir ces attitudes plus réservées envers l’immigration. Le rapport affirme que plus les cégépiens connaissent les religions, moins ils sont réservés envers l’immigration. Mais cette diminution est très petite, dix moins moindre qu’avoir un parent né hors Canada. Ces deux variables ne sont d’ailleurs pas nécessairement indépendantes (les musulmans, des immigrés, baignant dans une culture occidentale connaissent mieux les trois religions que les catholiques culturels). En outre, comme on pouvait s’y attendre, les élèves de première et de deuxième génération d’immigration ont généralement moins sujets à exprimer une telle méfiance envers l’immigration.

Pour le port de toutes formes de symboles religieux pour les employés de la fonction publique et contre une préférence de l’immigration chrétienne


Les résultats présentés dans le Graphique 12 nous indiquent que 47 % des cégépiens de l’échantillon sont tout à fait ou plutôt d’accord avec le port des symboles religieux par les employés de la fonction publique, 19 % sont indécis et 33 % sont plutôt ou tout à fait en désaccord. La vaste majorité des élèves (76 %) est plutôt ou tout à fait en désaccord que le Québec devrait accueillir moins d’immigrants de confession musulmane au profit de ceux et celles de cultures chrétiennes. Enfin, 47 % des cégépiens sont plutôt ou tout à fait en désaccord avec l’idée que les individus avec de fortes convictions religieuses tentent de les imposer aux autres, 23 % sont indécis quant à cet énoncé et 30 % sont plutôt ou tout à fait en accord.

La majorité des cégépiens de notre échantillon est également tout à fait ou plutôt d’accord avec l’idée que les enseignants et enseignantes devraient être autorisés à porter le hijab (67 %), une croix (74 %) ou la kippa (70 %) s’ils ou elles le souhaitent (voir Graphique 13).

Les résultats du graphique 14 (non illustré) indiquent, quant à eux, que la majorité des élèves serait à l’aise si un membre de leur famille avait un nouvel amoureuse ou amoureux musulman (72 %), chrétien (80 %) ou juif (73 %). Cela n’est pas étonnant pour des jeunes qui ne donnent guère d’importance à la religion, mais qui ont été instruits à être tolérants envers toutes les expressions de la religion (vue comme un ensemble indistinct, voir le peu de différence de traitement entre la croix, le hijab et la kippa dans un pays pourtant historiquement catholique).