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jeudi 13 août 2026

Un bilan peu flat­teur pour la loi aus­tra­lienne qui interdit les réseaux sociaux au moins de 15 ans


Il n’y a qu’Ins­ta­gram qui a banni notre fils. Il a tou­jours accès aux autres réseaux sociaux. La loi n’a pas eu d’impact sur ses habi­tudes en ligne.» Ce témoi­gnage d’un parent d’un ado­les­cent de 14 ans en rejoint un autre d’un col­lé­gien du même pays : « Cer­tains de mes amis ont perdu l’accès à leurs comptes. Mais pour moi, rien n’a changé. » Ces ver­ba­tim sont extraits d’un rap­port de l’ins­ti­tu­tion gou­ver­ne­men­tale aus­tra­lienne esa­fety, char­gée du suivi de la bonne mise en appli­ca­tion d’une loi pion­nière entrée en vigueur au prin­temps dans le pays : l’inter­dic­tion des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Et le moins que l’on puisse dire est que ce pre­mier bilan, trois mois après le « grand ban­nis­se­ment » des ado­les­cents aus­tra­liens d’Ins­ta­gram, Tik­tok, You­Tube ou Twitch, n’est pas flat­teur.

Avant la loi, 53,7% des Aus­tra­liens âgés de 10 à 15 ans avaient un compte per­son­nel sur un réseau social au moins. Ces der­niers auraient dû dis­pa­raître en vertu de la nou­velle légis­la­tion. Il n’en est rien. Trois mois plus tard, la pro­por­tion n’a baissé que de 10 points, à 42,1 %. Dans le détail, elle est pas­sée de 34,5 % à 23,3% chez YouTube, de 29,9% à 23,3 % chez Snap­chat, de 29 % à 21,7 % chez Tik­tok, et de 23,5 % à 19,3 % chez Ins­ta­gram. On note même une hausse sur la contro­ver­sée pla­te­forme vidéo Kick, pas­sée de 0,4 % à 0,6 %.

La rai­son n’est pas un recours mas­sif des col­lé­giens aus­tra­liens aux VPN, ces logi­ciels qui per­mettent de faire croire aux sites inter­net qu’on se connecte depuis un autre pays. La faute revient aux failles des réseaux sociaux dans leurs opé­ra­tions de contrôle de l’âge, selon le rap­port.

Manque de fia­bi­lité des véri­fi­ca­tions d’âge

Les son­deurs ont demandé aux ado­les­cents ayant tou­jours leurs comptes pour­quoi ils sont pas­sés entre les mailles du filet. Dans la moi­tié des cas, la réponse est simple : les pla­te­formes sociales ne leur ont jamais demandé de jus­ti­fier leur âge! Et quand cette véri­fi­ca­tion a lieu, elle n’est pas tou­jours fiable. Ainsi, cer­tains ado­les­cents ont menti en chan­geant leur date de nais­sance afin de faire croire qu’ils ont plus de 16 ans - ce qui a mar­ché (37,1 %). Et dans 18,2 % des cas, les outils de véri­fi­ca­tion de l’âge se sont trom­pés, en esti­mant qu’ils étaient plus âgés qu’ils ne le sont réel­le­ment.

Le rap­port note aussi que cer­taines pla­te­formes peuvent être consul­tées sans avoir besoin de se connec­ter à un compte, ou bien en uti­li­sant un compte fami­lial. C’est le cas notam­ment de YouTube, bien sou­vent pré­sent sur la télé­vi­sion du foyer. 73,6 % des 10-15 ans conti­nuent ainsi de regar­der des vidéos sur la pla­te­forme de Google. « En l’absence des mesures réel­le­ment effi­caces et robustes mises en œuvre par les pla­te­formes, la réduc­tion du nombre de comptes déte­nus par des ado­les­cents res­tera modeste », pré­vient l’étude.

Et qu’en est-il des ado­les­cents qui ont perdu accès à leurs réseaux sociaux ? Ont-ils lâché leurs smart­phones pour reve­nir à des acti­vi­tés sociales « dans la vraie vie » ? Eh bien, pas vrai­ment. Le rap­port montre au contraire une hausse de la fré­quen­ta­tion des mes­sa­ge­ries en ligne : la moi­tié (52,3 %) des 10-15 ans s’y connecte chaque jour, contre 40,5% avant la loi. Un quart d’entre eux déclarent s’y rendre « plu­sieurs fois par jour » (19% aupa­ra­vant), et 8,9% « une à deux fois par heure » (5,6 % avant la loi). Même phé­no­mène pour les jeux vidéo en ligne : 29 % des jeunes son­dés déclarent s’y connec­ter chaque jour, contre 26 % avant la loi. A contra­rio, les acti­vi­tés hors ligne, comme la pra­tique du sport, de la musique, des arts, n’ont pas pro­gressé. Et ces col­lé­giens voient à peine plus qu’avant leurs amis « en vrai ».

Der­nier point pro­blé­ma­tique : la pro­por­tion des parents igno­rant que leur enfant de 10 à 12 ans se rend sur les réseaux sociaux a for­te­ment aug­menté depuis l’entrée en vigueur de la loi, pas­sant de 35 à 49%! «Une consé­quence inat­ten­due » de la légis­la­tion, note le rap­port. L’ins­ti­tut esa­fety conti­nuera de publier des études régu­lières sur l’impact de la loi, mais pré­vient déjà :

« Des pro­grès signi­fi­ca­tifs, comme la réduc­tion du temps d’écran, la moindre expo­si­tion aux dan­gers du numé­rique, une meilleure santé men­tale et une réduc­tion des conflits intra­fa­mi­liaux, ne dépen­dront que du ren­for­ce­ment des mesures prises par les pla­te­formes sociales. »

Source : Le Figaro

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lundi 3 août 2026

Larry San­ger : « Il faut arrê­ter de finan­cer Wiki­pé­dia »

L'hebdomadaire français Le Point a ren­con­tré un des deux fon­da­teurs, récem­ment banni, de l’ency­clo­pé­die en ligne. Il alerte sur ses dérives.

Le 22 juin, Wiki­pé­dia a pros­crit un de ses cofon­da­teurs. Larry San­ger
 (ci-contre) a posé, il y a vingt-cinq ans, aux côtés de l’entre­pre­neur Jimmy Wales, les pre­mières pierres de l’ency­clo­pé­die en ligne. Il lui est repro­ché d’avoir sol­li­cité ses abon­nés, hors pla­te­forme, afin de peser sur une dis­cus­sion interne : la créa­tion du Wiki­Pro­ject Intel­lec­tual Diver­sity, des­tiné à réin­tro­duire des points de vue conser­va­teurs, reli­gieux ou pro-israé­liens qu’il juge mar­gi­na­li­sés par une « mafia de gauche » ayant pris le pou­voir sur Wiki­pé­dia. San­ger dénonce une­ pro­cé­du­re ex­pé­di­tive, conduite par une poi­gnée d’admi­nis­tra­teurs ano­nymes, symp­tôme d’une gou­ver­nance opaque. La ver­sion anglo­phone compte des mil­lions d’uti­li­sa­teurs, mais seuls 833 admi­nis­tra­teurs dis­posent de droits éten­dus. Le pou­voir réel se concentre entre les mains de 62 comptes, les « bureau­crates », presque tous ano­nymes.

Larry San­ger ne pourra donc pas par­ti­ci­per à Wiki­ma­nia, la grand-messe de la Wiki­me­dia Foun­da­tion, orga­ni­sée à Paris du 21 au 25 juillet. Le malaise dépasse son cas. En mars, Samuel Le Goff, ancien pré­sident de Wiki­mé­dia France, a lui aussi quitté la com­mu­nauté, dénonçant son fonc­tion­ne­ment « toxique ». Une crise pro­fonde pour ce site pilier du Web, qui reven­dique 15 mil­liards de visites men­suelles.

Le Point — Selon vous, des contri­bu­teurs mili­tants mani­pulent le choix des sources pour orien­ter les articles. Com­ment?

Larry San­ger — Ils retiennent les sources qui confortent leur point de vue, écartent les sources neutres ou contra­dic­toires, puis invoquent un « consen­sus » qu’ils ont eux-mêmes fabri­qué. Je l’ai vu sur la page consa­crée à mon ban­nis­se­ment : un simu­lacre de vote, pro­fon­dé­ment hypo­crite. Sur Wiki­pé­dia, une mino­rité domine la majo­rité.

L’éven­tail des opi­nions est censé repo­ser sur des sources fiables. Mais leur sélec­tion est elle-même orien­tée. Si toutes penchent du même côté, l’article peut paraître neutre par rap­port à elles tout en étant très éloi­gné de la société réelle. Le jour où le public com­pren­dra que Wiki­pé­dia a aban­donné sa neu­tra­lité, cela se res­sen­tira dans son tra­fic et dans son uti­li­sa­tion par les intel­li­gences arti­fi­cielles. Beau­coup pensent encore que tout va bien, sans mesu­rer l’ampleur de la dérive.

Wiki­pé­dia a-t-elle changé?

— Beau­coup, sur­tout depuis dix ans. En 2024, le Man­hat­tan Ins­ti­tute a étu­dié le lexique employé sur Wiki­pé­dia et conclu à un dés­équi­libre entre la droite et la gauche. L’étude est sérieuse. Pour­tant, parce qu’elle émane d’un cercle de réflexion consi­déré comme liber­ta­rien, des contri­bu­teurs ont dis­cuté de l’oppor­tu­nité même de la citer sur la page consa­crée aux accu­sa­tions de biais de Wiki­pé­dia. Dans une démarche intel­lec­tuel­le­ment hon­nête, sa pré­sence devrait aller de soi.

— Wiki­pé­dia a-t-elle un impact géo­po­li­tique?

— Évi­dem­ment. Lorsque l’opi­nion publique s’informe à tra­vers des articles orien­tés, cela sert les inté­rêts de ceux qui en contrôlent le contenu. Des gou­ver­ne­ments et des ser­vices de ren­sei­gne­ments s’y affrontent. Cer­tains pays com­prennent à peine com­ment Wiki­pé­dia fonc­tionne. Les grandes puis­sances, elles, le savent par­fai­te­ment. Je ne dis pas que Wiki­pé­dia est pilo­tée par la CIA. Je dis qu’elle est deve­nue un ter­rain d’affron­te­ment et d’influence. Il est pos­sible de rému­né­rer les contri­bu­teurs les plus actifs, qui conti­nue­ront d’appa­raître comme de simples béné­voles.

— Com­ment sau­ver Wiki­pé­dia?

Il faut d’abord lever l’ano­ny­mat des per­sonnes qui détiennent un véri­table pou­voir. Il faut ensuite arrê­ter de finan­cer la Wiki­me­dia Foun­da­tion. Don­ner de son temps reste utile, mais l’argent col­lecté sert trop sou­vent à finan­cer des groupes mili­tants qui se pré­sentent comme neutres, alors qu’ils suivent un agenda pré­cis. La fon­da­tion recueille bien davan­tage d’argent qu’il n’en faut pour faire fonc­tion­ner les ser­veurs et payer les ingé­nieurs. Une baisse des dons favo­ri­se­rait une remise à plat du pro­jet. Il faut conti­nuer à contri­buer, choi­sir ses com­bats et ten­ter de rééqui­li­brer les articles de l’inté­rieur.

Voir aussi
 
Elon Musk lance Grokipedia pour concurrencer Wikipédia qu’il juge trop connotée à gauche [à la fin juillet 2026, le projet en est à sa version 0.2 avec 6 millions d'articles, mais uniquement en anglais. L'accent est mis sur l'IA Grok.]

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L'usage de certains services s'effondre devant la concurrence des nouvelles IA

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Wikipédia et les GAFAM : parti pris et désinformation sur le « grand remplacement »

Le cas de Bret Weinstein (PhD en biologie, ancien professeur d’Evergreen college) et de l’article qui lui est consacré sur Wikipédia 
 

mercredi 29 juillet 2026

France — L’inter­dic­tion des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, un dis­po­si­tif de contrôle social sans pré­cé­dent

Texte de Mathieu Bock-Côté paru dans le Figaro.

Les repré­sen­tants du bloc cen­tral [Macron et alliés] étaient heu­reux, même exta­tiques : ils ont obtenu une majo­rité à l’assem­blée natio­nale pour inter­dire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Ils y sont par­ve­nus parce que l’oppo­si­tion l’a per­mis, même l’oppo­si­tion natio­nale [de Marine Le Pen], ce qui a pu en sur­prendre cer­tains. On connaît le récit offi­ciel : les réseaux sociaux, en quelques années, auraient com­plè­te­ment déstruc­turé la psy­ché des jeunes géné­ra­tions, ils engen­dre­raient une dépen­dance à grande échelle, et pous­se­raient pro­ba­ble­ment à la mal­for­ma­tion du cer­veau. Ce n’est évi­dem­ment pas faux et il n’est pas inutile de cri­ti­quer vive­ment la forme nou­velle d’alié­na­tion qu’ils engendrent et de cher­cher des méca­nismes de régu­la­tion pour conte­nir leurs effets les plus des­truc­teurs.

Mais l’his­toire ne s’arrête pas là. Car, entre le récit offi­ciel et la réa­lité, il y a un grand écart. Le pou­voir se cherche depuis plu­sieurs années des rai­sons pour reprendre en main les réseaux sociaux. En effet, c’est sur ces der­niers, et sur les forums, aussi, qu’a pris forme une opi­nion publique trans­gres­sive, contes­ta­taire, dis­si­dente, même, déli­vrée des para­mètres média­tiques domi­nants. Alors que l’espace public offi­ciel était normé, que les opi­nions auto­ri­sées étaient clai­re­ment sépa­rées des opi­nions pros­crites, que les acteurs étaient éti­que­tés de telle manière qu’on savait immé­dia­te­ment les­quels étaient res­pec­tables et les­quels ne l’étaient pas, une masse de citoyens se désaf­fi­liait de l’offi­cia­lité pour consti­tuer un autre espace public, déta­ché des prin­cipes du régime. Ce der­nier a pris peur.

À tra­vers cette loi nou­velle, une infra­struc­ture de contrôle se met en place, sous le signe du fichage géné­ra­lisé. Car, pour s’assu­rer qu’un uti­li­sa­teur ne soit pas mineur, il faut ficher tout le monde. La chose ne sera pas simple - on peut s’attendre à bien du cafouillage infor­ma­tique. Il n’est pas inter­dit de croire que des mil­lions d’élec­teurs, au moment de la pré­si­den­tielle, seront pra­ti­que­ment inter­dits de réseaux sociaux, parce qu’ils n’auront pas réussi à obte­nir ce qui peut s’assi­mi­ler à un passe numé­rique. Ils seront ainsi pri­vés d’espace public. De même, le dis­po­si­tif censé assu­rer la sécu­rité des don­nées aura, même si on dit le contraire main­te­nant, bien des failles.

Mais ces cri­tiques tech­niques nous détachent du grand contexte pous­sant le pou­voir à mul­ti­plier, au fil des décen­nies, les légis­la­tions liber­ti­cides - au nom de la réédu­ca­tion d’une popu­la­tion mora­le­ment retar­da­taire, enfer­mée dans ses pré­ju­gés qu’elle serait inca­pable de conte­nir et qu’il fau­drait cen­su­rer et mater, au cas où l’idée lui vien­drait de s’insur­ger, moins dans les rues, évi­dem­ment, qu’élec­to­ra­le­ment. Le régime diver­si­taire a peur du peuple et on sous-estime à quel point l’extrême centre, qui en repré­sente l’expres­sion poli­tique prin­ci­pale, est prêt à tout pour se main­te­nir au pou­voir.

Com­ment retrou­ver le mono­pole du récit média­tique légi­time ? La méthode du pou­voir est connue : il bran­dit un objec­tif noble, mora­le­ment consen­suel, qui jus­ti­fie ensuite l’exten­sion des inter­dits, à tra­vers un dis­po­si­tif admi­nis­tra­tif insai­sis­sable, se récla­mant de l’état de droit. Chat Control entend ainsi scan­ner pré­ven­ti­ve­ment l’ensemble des conver­sa­tions par mes­sa­ge­rie au nom de la lutte contre la pédo­cri­mi­na­lité, contre le nar­co­tra­fic… Concrè­te­ment, toutes les conver­sa­tions, tôt ou tard, seront scan­nées. La loi Bergé pré­tend lut­ter contre l’anti­sé­mi­tisme et le racisme : elle per­met­tra demain de ban­nir juri­di­que­ment les cri­tiques de l’immi­gra­tion mas­sive. La loi Samuel Paty devait conte­nir le har­cè­le­ment. Elle per­met aujourd’hui de sanc­tion­ner les jour­na­listes menant leurs enquêtes contre cer­tains lob­bies orga­ni­sés pré­fé­rant ne pas être nom­més. La pro­chaine loi sur l’ingé­rence étran­gère, ciblant notam­ment la dés­in­for­ma­tion, per­met­tra de sanc­tion­ner les «ingé­rences inté­rieures». De même, la loi sur l’entrisme, à l’ori­gine cen­sée com­battre l’isla­misme, per­met­tra de trans­for­mer en sus­pects poli­tiques ceux qui s’éloignent trop de l’ortho­doxie idéo­lo­gique pri­vi­lé­giée par le pou­voir.

[Ajoutons : La loi pour lutter contre « le séparatisme » après les attentats islamistes sert à interdire de plus en plus l'instruction à la maison, loin de la pédagogie sourcilleuse progressiste instillée par l'État, aux familles françaises plus conservatrices ou plus autonomes alors que tous les terroristes islamistes avaient été éduqués dans des établissements inspectés par l'État, pire quasiment tous dans des établissements publics. Cette loi sert aussi à serrer la vis aux écoles libres non subventionnées. Voir aussi « L’État devrait agir sur l’école publique perméable à l’islamisation. Tous les djihadistes français en proviennent. » et Chez les Baldeck en Savoie, l’école à la maison et le brevet à 9 ans]

Il ne s’agit évi­dem­ment pas de dévoi­ler je ne sais quel com­plot, mais de décryp­ter un engre­nage liber­ti­cide défendu par des hommes et des femmes convain­cus de faire le bien, et évo­luant dans un milieu idéo­lo­gi­que­ment confor­miste où il est inima­gi­nable de voir le monde autre­ment. Mais la morale de l’inten­tion ne suf­fit pas : se met concrè­te­ment en place une infra­struc­ture de contrôle et de sur­veillance géné­ra­li­sée qui per­met­tra, demain, de ficher l’ensemble de la popu­la­tion - elle visera la délin­quance idéo­lo­gique, la seule que le régime diver­si­taire réprime sans conces­sions. Les sus­pects ou les condam­nés pour­ront se faire débran­cher numé­ri­que­ment. La fin de l’ano­ny­mat, dans la société de la déla­tion per­ma­nente, ren­for­cera le pou­voir des dif­fé­rentes milices numé­riques pra­ti­quant le « name and shame » avec les déviants. On connaît la réponse des naïfs : seuls ceux qui ont quelque chose à se repro­cher devraient s’inquié­ter. C’est oublier que le pou­voir trouve tou­jours de nou­velles choses à repro­cher à ceux qu’il admi­nistre, qu’il trouve tou­jours de nou­veaux com­por­te­ments à patho­lo­gi­ser, de nou­velles opi­nions à pros­crire.

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lundi 27 juillet 2026

Canada : des publications sur les réseaux sociaux désormais surveillées par les autorités

Selon le Justice Centre for Constitutional Freedoms (JCCF), organisme canadien de défense des libertés constitutionnelles, la liberté d'expression en ligne au Canada fait l'objet d'une surveillance de plus en plus préoccupante.

Le JCCF estime que cette évolution ne résulte pas du seul projet de loi C-9, mais d'un ensemble de textes législatifs qui, selon lui, renforcent progressivement les pouvoirs de surveillance de l'État dans l'univers numérique, notamment en matière de contrôle des plateformes, d'accès aux données et de régulation des contenus en ligne.

« Nous recevons des témoignages selon lesquels des Canadiens sont contactés à leur domicile par des représentants des autorités au sujet de publications sur les réseaux sociaux remontant parfois à plusieurs mois, voire plusieurs années », a écrit le JCCF dans un message devenu viral sur 𝕩. « Ces signalements surviennent après l'adoption du projet de loi C-9, la Loi sur la lutte contre la haine, qui renforce les dispositions canadiennes relatives aux discours haineux en créant de nouvelles infractions, en alourdissant les peines et en supprimant certaines garanties juridiques qui limitaient auparavant les poursuites pour expression haineuse. »

« Il n'est malheureusement pas surprenant de voir se multiplier les signalements de personnes faisant l'objet d'enquêtes en raison de leurs propos, compte tenu des signaux extrêmement préoccupants envoyés récemment par le législateur fédéral, notamment avec l'adoption du projet de loi C-9 », a déclaré à LifeSiteNews Marty Moore, avocat spécialisé en droit constitutionnel et directeur du contentieux du JCCF. « Le Canada s'est déjà engagé très loin sur la pente glissante de la police de la parole. Si aucune correction n'est apportée, nous risquons de nous retrouver, dans un avenir proche, avec un régime de censure comparable à celui du Royaume-Uni. »

Marty Moore n'a pas souhaité révéler les détails des signalements reçus par le JCCF, mais il estime que les récentes initiatives du gouvernement canadien sont particulièrement préoccupantes.

« Le projet de loi C-9 aura un effet direct sur les décisions des enquêteurs et des procureurs concernant des propos religieux qui auraient auparavant pu être considérés comme une expression de bonne foi fondée sur un texte sacré », a-t-il expliqué. Entré en vigueur après avoir reçu la sanction royale le 18 juin, le projet de loi C-9 supprime en effet la défense dite de « bonne foi », qui protégeait les personnes exprimant ou cherchant à étayer, par un raisonnement, une opinion sur une question religieuse ou une opinion fondée sur un texte religieux. Rappelons que le Bloc Québécois a fortement appuyé ce projet de loi, pensant peut-être qu'il ne viserait que les islamistes radicaux.

Selon Marty Moore, l'effet le plus préoccupant pourrait toutefois être plus diffus. « Le projet de loi C-9, mais aussi d'autres textes ayant une incidence sur la liberté d'expression, notamment les projets de loi C-8 et C-34, risquent d'envoyer aux forces de l'ordre le message que la surveillance des opinions exprimées constitue désormais une priorité gouvernementale, justifiant davantage de moyens consacrés aux enquêtes et aux poursuites. »

Le JCCF souligne par ailleurs que le projet de loi C-34, présenté comme la « Loi sur les médias sociaux sûrs », conférerait d'importants pouvoirs de contrôle de l'expression en ligne à une Commission de la sécurité numérique dont les membres seraient nommés par le gouvernement.

Ceux qui seraient tentés de juger ces inquiétudes excessives peuvent notamment relever que le gouvernement libéral qualifie officiellement le morinommage — c'est-à-dire le fait de désigner une personne transgenre par son ancien prénom — de « violence facilitée par la technologie ». Selon sa définition, il s'agit d'une forme de violence émotionnelle liée au genre, à l'identité de genre, à l'expression de genre ou au genre perçu dans l'environnement numérique. Le gouvernement affirme également que le morinommage — « utiliser l'ancien nom d'une personne sans son consentement alors que son nouveau nom est connu » — constitue « une forme d'agression dégradante et irrespectueuse » parce qu'il « nie activement son identité ».

Plus tôt cette année, Barry Neufeld, ancien administrateur d'un conseil scolaire public de Colombie-Britannique, a été condamné par le Tribunal des droits de la personne de la province à verser 750 000 $ pour vingt-quatre publications — dont la plupart sur les réseaux sociaux — critiquant l'idéologie du genre et jugées constitutives d'un discours haineux. À la suite de cette décision, un autre administrateur d'école chrétienne, Laurie Throness, a annoncé sa démission, expliquant qu'il ne se sentait plus libre d'exprimer ses opinions sans risquer d'être visé par de lourdes sanctions financières.

Le JCCF encourage les Canadiens qui seraient contactés par les autorités au sujet de leurs publications sur les réseaux sociaux à prendre des précautions. « Si des représentants du gouvernement vous interrogent à propos de vos publications en ligne, envisagez d'enregistrer la conversation », conseille l'organisme. « Si vous estimez que vos droits ont été violés ou que vous avez été injustement pris pour cible, nous vous invitons à déposer une demande d'assistance par l'intermédiaire du portail en ligne du Centre de justice. »

jeudi 8 janvier 2026

Interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans, une mesure déjà contournée en Australie

Le 10 décembre dernier, lors de l’entrée en vigueur de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, le premier ministre australien, Anthony Albanese, avait évoqué un « jour de fierté » représentant « l’un des plus grands changements sociaux » dans l’histoire du pays, observé de près par le monde entier. 

Mais l’expérience australienne, certes encore très récente, ne semble pas particulièrement concluante. Ainsi, Eve, une jeune fille de 14 ans vivant à Hobart, en Tasmanie, explique que sa pratique des réseaux sociaux n’a en rien été affectée par la loi. « J’ai reçu dans les jours précédents des messages de Tiktok, Instagram et Snapchat me disant que mes comptes allaient être fermés, explique l’adolescente. Pour Instagram, je n’ai pas réussi à en créer un nouveau mais j’ai pu le faire sans difficulté sur Tiktok et en plus, je n’ai même pas eu à passer de test de vérification d’âge. Et sur Snapchat, j’ai contesté la fermeture de mon compte, en déclarant que j’avais plus de 16 ans, l’appli a scanné mon visage, et j’ai conservé mon compte. »

Harriett, sa sœur âgée de 12 ans, n’a, elle, pas réussi à conserver son compte sur Snapchat, ni à en ouvrir un nouveau. En revanche, à l’image de nombre de ses amis, elle s’est mise à utiliser une autre application, non visée par la loi australienne. « Je suis sur Yope. En gros, c’est un clone de Snapchat », explique la jeune fille. Son cas est loin d’être isolé. Dans les jours suivant la mise en place de l’interdiction, des applications jusqu’ici peu utilisées, comme Yope, Lemon8 (groupe Bytedance, également propriétaire de Tiktok) ou encore Coverstar étaient en tête des téléchargements sur Google Play et l’apple store en Australie. Depuis des semaines déjà, des vidéos sur Tiktok évoquaient ces applications comme de possibles alternatives à celles ciblées par la loi australienne.

En outre, Harriett continue de regarder des vidéos sur Youtube et Tiktok, sans toutefois disposer de compte. Elle ne peut donc ni poster ses propres vidéos, ni laisser de commentaires, mais elle ne le faisait de toute façon pas avant l’entrée en vigueur de l’interdiction. Elle dit « comprendre pourquoi le gouvernement a pris cette décision » mais ne pense pas que « retirer les réseaux sociaux aux adolescents va changer quoi que ce soit ». « On peut toujours consulter ces plateformes sans compte, et tomber plus facilement sur des contenus perturbants. Plutôt que de tout interdire, il aurait fallu rendre ces plateformes plus sûres », estime-t-elle.

De lourdes amendes prévues


Julie Inman Grant, la commissaire australienne chargée de la sécurité en ligne, avait dès le lancement de la réforme anticipé des loupés, évoquant « des cas isolés de créativité et de contournements des adolescents. D’autres manières ingénieuses pour repousser les limites vont continuer à remplir les colonnes des journaux, mais nous ne nous découragerons pas, on va tenir sur la longueur. » Ces déclarations sont-elles autre chose qu’une simple incantation ? Si une large majorité de parents en Australie (70 %) soutient la mesure, à peine 29 % d’entre eux sont prêts à la faire respecter par leurs enfants, selon un sondage Resolve Political Monitor réalisé pour le Sydney Morning Herald.

Quant aux plateformes visées, sur lesquelles porte la responsabilité de faire respecter cette loi, elles s’exposent certes à de lourdes amendes - plus de 30 millions d’euros - mais il ne leur est demandé que de prendre « des mesures raisonnables » pour faire appliquer cette interdiction, sans que ces termes aient été clairement définis. En mettant en place des méthodes de vérification d’âge, notamment à travers le scan du visage sur la base de photos ou de vidéos, qui sont pourtant très loin d’être infaillibles, elles semblent dans les clous. C’est sans doute ce qui explique pourquoi, à l’exception de Reddit, qui a déposé un recours en justice pour contester cette loi, et X, qui a attendu le jour de l’entrée en vigueur de la loi pour annoncer qu’elle la respecterait, les plateformes visées, à part quelques timides protestations, n’ont pas rechigné à s’y soumettre. Elles s’étaient pourtant montrées beaucoup plus offensives lors de la mise en place en 2021 du News Media Bargaining Code, qui les a contraintes à reverser une partie de leurs revenus publicitaires aux éditeurs de presse, Meta allant même jusqu’à supprimer pendant quelques jours tous les contenus d’actualité sur ses réseaux en Australie.


Source: Le Figaro


vendredi 26 décembre 2025

Québec — Quatre mois après l’interdiction des téléphones portables à l'école, l’impact « est majeur »

Les téléphones portables sont interdits dans les écoles primaires et secondaires depuis la rentrée, en août 2025.

Quatre mois après l’entrée en vigueur de l’interdiction des téléphones portables dans les écoles primaires et secondaires du Québec, plusieurs directions scolaires constatent des effets positifs sur la vie sociale, le niveau d’activité physique des jeunes, mais aussi sur la réussite scolaire.

C’est l’avant-dernier jour de classe avant les vacances des fêtes à l’École Monseigneur-A. -M. -Parent, à Longueuil.

La cloche du dîner sonne, les élèves déferlent dans les corridors et la radio étudiante diffuse des chansons de Noël.

Dans ce brouhaha, des élèves s’installent pour jouer aux cartes, d’autres au ping-pong ou encore à des jeux de société.

« Avant, les gens étaient beaucoup sur leur téléphone et jouaient à des jeux, mais comme ils ne peuvent plus le faire, maintenant ils jouent ensemble ou ils se parlent », explique à La Presse Canadienne Constance Boie, une élève de secondaire 5.

Assise près d’elle, Shelby Miclette fait savoir qu’elle est « plutôt introvertie » et que l’interdiction du téléphone à l’école l’a poussée à faire de nouvelles connaissances.

« Je suis plus ouverte aux autres qu’avant. Ça m’a sortie de ma bulle un peu. »

Le constat des deux adolescentes rejoint celui de la directrice de l’école, Mélanie Lacourse, qui soutient avoir observé « rapidement » les bienfaits de la nouvelle réglementation au niveau de la socialisation.  

« Ça favorise vraiment des relations authentiques entre les élèves. Tous les matins, je fais le tour de l’école et, même encore à ce jour, je constate des changements au niveau des interactions sociales », explique la directrice.

« C’est un climat plus convivial et parfois, oui, plus bruyant, parce que justement, ils jasent entre eux, mais c’est formidable de voir ça ! », ajoute la directrice, qui dit avoir remarqué « une diminution de l’isolement ».

Elle est « persuadée » que « jouer au baby-foot, au ping-pong, aller au gymnase ou passer du temps de qualité avec un ami » sont des activités qui ont « un impact sur la concentration et l’attention et forcément sur les apprentissages » des élèves.

« On ne regarde pas les notifications sur notre téléphone avant d’aller en classe », donc « notre tête n’est pas ailleurs », alors « peut-être que notre concentration s’est améliorée », ajoute Shelby Miclette, elle aussi une élève de secondaire 5.

Le téléphone est interdit depuis deux ans pour les élèves de première secondaire de l’école Mgr-A. -M. -Parent, donc l’entrée en vigueur de la mesure du gouvernement a étendu cette interdiction aux secondaires 2, 3, 4 et 5.

Un « impact majeur »

À Saint-Augustin-de-Desmaures, en banlieue de Québec, le directeur général du Séminaire Saint-François, Jean-François Boisvert, s’attendait à « une certaine résistance des élèves les plus vieux » lors de la mise en place du nouveau règlement, mais « en toute honnêteté, ça s’est vraiment bien passé, il n’y a eu aucune rébellion, aucune contestation ».

Avant la nouvelle réglementation, « beaucoup d’élèves avaient le réflexe de sortir leur cellulaire et de consulter leur message ou d’aller sur les réseaux sociaux en passant d’un local à l’autre. Maintenant on les voit qui jouent, qui rient, qui se parlent. On entend le changement dans les corridors, ça parle et ça rit beaucoup plus. Donc, au niveau des habiletés sociales, c’est clair que ça a un impact majeur ».
Une entrave au développement de la personnalité

La psychologue clinicienne et chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, Linda S. Pagani, n’est pas surprise lorsqu’on lui rapporte que des directeurs d’école semblent ne voir que du positif à l’interdiction des téléphones à l’école.

Selon elle, non seulement l’usage excessif du téléphone chez les jeunes nuit à l’apprentissage scolaire, mais il entrave aussi le développement de la personnalité.

« Les cellulaires distraient tellement que ça retarde toutes les tâches que les adolescents doivent faire pour construire leur identité. »

L’adolescence, ajoute la chercheuse, est une « période critique pour le développement de l’identité, une période qui va consolider notre sentiment d’être compétent et d’être en contrôle de notre destin », mais les réseaux sociaux et l’hyperconnectivité nuisent à ce processus.  

« C’est comme si on disait à un bébé : reste dans la poussette, ce n’est pas grave, tu apprendras à marcher plus tard », illustre-t-elle.

Au Séminaire Saint-François, le téléphone est interdit depuis plusieurs années au premier cycle et la règle qui est entrée en vigueur à la rentrée scolaire 2025 a étendu l’interdiction au deuxième cycle.

« Le seul enjeu que ça a créé pour nous, c’est au niveau de la surveillance », explique Jean-François Boisvert, car « avant, nos élèves étaient regroupés dans quelques endroits communs, la tête penchée sur leur téléphone ».

Mais depuis la rentrée, « il y a des élèves un peu partout qui explorent l’école, qui jouent à la cachette ou qui courent, alors il a fallu repenser notre façon de surveiller les corridors ».

M. Boisvert assure du même souffle qu’il préfère de loin « gérer de la vie dans l’école que de gérer un troupeau d’élèves penchés sur leur téléphone ».
Surcharge mentale

La psychologue clinicienne Linda S. Pagani souligne que les longues heures exposées aux plateformes numériques et aux réseaux sociaux font en sorte « qu’on est distrait constamment ».

Cette surcharge cognitive, souligne la chercheuse, augmente le risque de fatigue mentale et compromet les capacités d’apprentissage.

Une étude publiée en février 2022 dans le Journal of Adolescent Health rapporte que le temps d’écran des adolescents québécois était de 7,7  heures par jour en 2022, un résultat comparable au nombre d’heures de sommeil des jeunes, mais plus que le nombre d’heures dans une journée de classe.

« L’hyperconnectivité » est allée trop loin et il faut « débrancher les élèves quelques heures par jour pour « s’assurer qu’ils se développent bien et puissent contribuer à la société », soutient Linda S. Pagani.

Celle qui enseigne la psychoéducation à l’Université de Montréal « ne veut même pas voir » un étudiant assister à ses cours avec un ordinateur.

Ainsi, ses étudiants doivent faire comme leurs parents faisaient à une autre époque, et prendre des notes à la main.  

Il est important, ajoute Mme Pagani, de pratiquer l’écriture manuscrite, car « l’acte d’écriture consolide l’apprentissage ».

Après le téléphone, la tablette ?

Plusieurs écoles secondaires privées, comme le Séminaire Saint-François, imposent l’utilisation de la tablette électronique aux élèves.

Mais de nombreux experts s’interrogent sur la pertinence de ces outils et certaines directions scolaires remettent désormais en question ce choix.


« On a annoncé à nos futurs parents qu’à partir de l’année prochaine, la tablette va laisser place à un ordinateur portable, en grande partie parce qu’on se rendait compte que nos élèves, quand ils graduent pour aller au cégep, ensuite à l’université ou dans le monde du travail, l’outil qu’ils utilisent, c’est un ordinateur portable », explique le directeur du Séminaire Saint-François.

Jean-François Boisvert ajoute que la tablette peut être utilisée comme un outil pédagogique, mais aussi « comme un outil de loisir », ce qui entraîne « des défis de gestion » et de surveillance, autant pour les enseignants que les parents.

Le cellulaire était déjà interdit dans les salles de classe du Québec depuis janvier 2024. L’interdiction du téléphone à l’école, du début jusqu’à la fin des cours, était la première recommandation de la Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes, qui a déposé un rapport provisoire au printemps dernier.  

mardi 28 octobre 2025

Elon Musk lance Grokipedia pour concurrencer Wikipédia qu’il juge trop connotée à gauche

Elon Musk lance Grokipedia pour concurrencer Wikipédia qu’il juge trop connotée à gaucheElon Musk a d’ailleurs promis l'arrivée prochaine d'une version 1.0, «dix fois meilleure» que la 0.1, et qui est déjà «meilleure que Wikipédia». Elon Musk a rendu public, ce lundi 27 octobre, Grokipedia, une nouvelle encyclopédie en ligne gratuite générée par une intelligence artificielle. 

Le but : concurrencer et être une alternative à Wikipédia, dont le multimilliardaire remet en cause la fiabilité.Elon Musk défie Wikipédia. L’homme le plus riche du monde et son entreprise xAI ont mis en ligne, ce lundi 27 octobre, Grokipedia, une encyclopédie numérique se présentant comme le concurrent de Wikipédia, accusée de biais idéologiques par une partie des républicains aux États-Unis. Son but : «La vérité, toute la vérité, rien que la vérité», a affirmé le patron de Tesla et SpaceX, sur 𝕏.

Cette nouvelle encyclopédie numérique, accessible librement en ligne, comptait déjà ce lundi soir plus de 885.000 définitions pour sa première version numérotée 0.1. Elon Musk a d’ailleurs promis l'arrivée prochaine d'une version 1.0, «dix fois meilleure» que la 0.1, et qui est déjà «meilleure que Wikipédia».

Des propos qui vont dans la lignée de sa pensée puisque ce dernier critique depuis plusieurs années la plate-forme encyclopédique de Wikipédia, qu’il accuse d’être «contrôlée par des activistes d’extrême gauche». 

Deux façons de faire différentes, pour des récits parfois contrastés

Créée en 2001, Wikipédia est une encyclopédie collaborative gérée par des bénévoles, largement financée par des dons, et dont les pages peuvent être écrites ou modifiées par les internautes. Le contenu de Grokipedia est, lui, généré par son assistant d'IA générative Grok. Au-delà de cette différence de fonctionnement, de nombreuses discordances et de versions des faits ont pu être observées entre les deux encyclopédies en ligne. Par exemple, concernant le mouvement Black Lives Matter, Grokipedia écrit qu’il a «mobilisé des millions de personnes», avant d’ajouter que «ces manifestations ont entraîné des émeutes, (...) les plus coûteuses de l'histoire des assurances pour les dommages aux biens». Quant à elle, l’encyclopédie en ligne la plus consultée au monde mentionne le fait que «la grande majorité des manifestations de 2020 se sont déroulées dans le calme».


Et lorsque l’encyclopédie d’Elon Musk parle de son concurrent, elle est décrite comme un outil ayant «reçu des critiques persistantes concernant la fiabilité des faits, et les biais idéologiques systémiques, en particulier une orientation à gauche dans la couverture des personnalités et des sujets politiques», rapporte Le Point.En retour, la page consacrée à Grokipédia sur Wikipédia indique que «certains contenus reflètent les opinions personnelles d’Elon Musk, proches du conservatisme, de l’extrême droite, du conspirationnisme et de l’idéologie libertarienne».

Grokipedia séduit une partie de la droite 

Avant le lancement de sa plate-forme, Elon Musk expliquait vouloir «redoubler d'efforts pour éliminer la propagande» qui inonderait, d'après lui, Wikipédia. Une démarche applaudie et saluée par plusieurs personnalités de droite, notamment par l'idéologue ultranationaliste russe Alexandre Douguine, qualifiant l'article de Grokipedia le concernant de «neutre», «objectif» et «juste», alors que celui de Wikipédia est, selon lui, «diffamatoire».Toujours dans cette critique à Wikipédia, Ed Martin, l’ancien procureur fédéral de Washington désigné par Donald Trump, avait dénoncé en avril «la manipulation de l’information» dont Wikipédia se rendait coupable. Selon lui, la plate-forme cherchait à «masquer la propagande». 

Grokipedia n’est pas  une encyclopédie neutre

Elle est générée par Grok (l'IA de 𝕏), entraîné sur des données massives incluant 𝕏, qui penche à droite depuis 2022. Résultat : des formulations plus conservatrices sur des sujets clivants (BLM, climat, Trump, etc.). Ce n’est pas de la « vérité absolue », c’est une autre synthèse, avec ses propres angles morts.

Wikipédia n’est pas non plus neutre

Les bénévoles sont majoritairement urbains, éduqués, progressistes. Cela se voit sur les sujets culturels ou identitaires. Mais son processus (sources citées, discussions publiques, vérifiabilité) reste plus transparent que l’IA boîte noire.


La promesse de Musk est ambitieuse, mais prématurée

Dire que la v0.1 est « meilleure que Wikipédia » est du marketing. Elle a des avantages (rapidité, absence de guerres d’édition), mais aussi des faiblesses flagrantes :  
  • Pas de sources citées (juste du texte généré).  
  • Erreurs factuelles possibles (ex. : un article sur un événement récent peut halluciner).  
  • Pas d’images;
  • pas de version en français et autres langues du monde;
  • La v1.0 promise « dix fois meilleure » arrivera sans doute en 2026, mais il faudra des sources, des références, et un vrai contrôle humain pour être crédible.

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mercredi 23 juillet 2025

L'usage de certains services s'effondre devant la concurrence des nouvelles IA

Quel avenir pour les sites internet, devant le succès de l'Intelligence Artificielle ?

L'usage de certains services s'effondre devant la concurrence des nouvelles IA.


L’intelligence artificielle, notamment les modèles comme ceux développés par chatGPT, Mistral, Deepseek, Gemini ou xAI (ex. Grok), transforme la manière dont les utilisateurs accèdent à l’information et interagissent avec les services numériques. Ces IA offrent des réponses rapides, personnalisées et souvent plus directes à des requêtes complexes, ce qui peut concurrencer les sites internet traditionnels, comme les moteurs de recherche, les forums, ou les sites de contenu informatif.



Des plateformes comme les moteurs de recherche (ex. Google) ou les sites de questions-réponses (ex. Stack Overflow, Quora) voient leur trafic diminuer, car les utilisateurs se tournent vers des IA capables de fournir des réponses immédiates sans nécessiter de navigation. Par exemple, pourquoi consulter un site de tutoriels si une IA peut expliquer un concept ou générer du code directement ?  

Les IA conversationnelles, accessibles via des interfaces simples (comme chatGPT.com, grok.com, x.com, ou des applications mobiles), offrent une alternative souvent plus rapide et intuitive à la recherche traditionnelle sur des sites internet. Cela menace les modèles économiques basés sur le trafic web, comme la publicité ou les abonnements à des contenus.
  
Pour survivre, les sites internet devront intégrer des fonctionnalités basées sur l’IA, comme des agents conversationnels avancés, des recommandations intelligentes, ou du contenu généré dynamiquement.  

Les sites offrant une valeur unique (communautés, contenus spécialisés, ou expériences interactives non reproductibles par l’IA) pourraient conserver leur pertinence.  

Les sites internet traditionnels pourraient évoluer vers des plateformes centrées sur l’interaction sociale, le commerce, ou des expériences immersives (ex. réalité virtuelle), où l’IA joue un rôle complémentaire plutôt que concurrent.

Un site comme Wikipédia pourrait perdre du trafic si les utilisateurs interrogent directement des IA pour des informations factuelles. Cependant, Wikipédia pourrait contre-attaquer en intégrant une IA pour offrir des résumés instantanés ou des réponses conversationnelles basées sur son contenu.

Grâce à L’IA, la recherche sur Google tient tête à ChatGPT

Si L’IA tire les revenus de Google, elle reste un lourd centre de coûts, avec pas moins de 85 milliards de dollars investis en 2025.

Le moteur de recherche Google traite 14 milliards de requêtes par jour, un chiffre encore largement supérieur aux 2,5 milliards revendiqués quotidiennement par l’assistant d’OpenAI.

Google fait de la résistance. Bousculé par la révolution de l’intelligence artificielle et l’essor des assistants conversationnels, le géant de Mountain View affiche une insolente santé. Sa maison mère, Alphabet, a dépassé les attentes des analystes au deuxième trimestre en enregistrant une croissance à deux chiffres de ses profits et de son chiffre d’affaires. Son bénéfice net a atteint 28,2 milliards de dollars (+ 19 %) tandis que ses recettes ont frôlé la barre des 100 milliards (+14%). « Nous constatons une demande importante pour notre portefeuille complet de produits à base d’intelligence artificielle, s’est félicité Sundar Pichai, PDG de Google. Bien sûr, tout cela est possible grâce aux investissements à long terme que nous avons réalisés dans notre approche différenciée de L’IA (…). L’IA a un impact positif sur tous les aspects de l’entreprise. »

Attendu au tournant, Google - qui ouvre le bal des résultats semestriels des Big Tech - s’est même réjoui que ses nouvelles fonctionnalités dopées à L’IA aient favorisé l’utilisation de son moteur de recherche. « Les utilisateurs font davantage de recherches à mesure qu’ils apprennent que L’IA peut répondre à un plus grand nombre de leurs besoins. C’est particulièrement vrai pour les jeunes utilisateurs », a constaté Sundar Pichai.

S’il a d’abord été pris par surprise par l’explosion de ChatGPT fin 2022, Google a réagi en lançant plusieurs fonctionnalités nourries à L’IA dont l’utilisation a vite décollé. Lancé au printemps 2024, AI Overviews - qui affiche un résumé des résultats de la recherche au-dessus de la traditionnelle liste de liens - compte désormais 2 milliards d’utilisateurs mensuels dans 200 pays, contre 1,5 milliard en mai. Cette fonctionnalité aurait même augmenté les volumes totaux de recherche de 10 %… Un an plus tard, Google a été plus loin en déployant son « mode IA », présenté en mai dernier comme la plus grande révolution de l’histoire de son moteur de recherche. Cette fonctionnalité est déjà utilisée par 100 millions de personnes chaque mois aux États-unis et en Inde, les deux seuls pays où elle a été lancée à ce stade. L’expérience devrait bientôt être enrichie de possibilités de recherche approfondie (« deep search ») et de réponses davantage personnalisées.

Son assistant IA Gemini, qui a également été lancé sous la forme d’une appli autonome en concurrence frontale avec celles de ChatGPT, Claude (Anthropic) ou Perplexity, compte désormais 450 millions d’utilisateurs mensuels (contre 350 millions en mars dernier), encore loin des 600 millions de ChatGPT. « Nous continuons à voir une croissance forte et un engagement soutenu avec un nombre de requêtes quotidiennes en hausse de plus de 50 % par rapport au trimestre suivant », a indiqué Sundar Pichai.

De quoi rassurer ceux qui annonçaient le déclin de son moteur de recherche. « Jusqu’à présent, le groupe est parvenu à préserver ses revenus issus de la recherche en ligne, malgré la concurrence de ChatGPT, a commenté Yory Wurmser, analyste chez Emarketer. Il a également réussi à monétiser ses nouvelles fonctionnalités d’IA, un signe positif pour l’avenir ». Car ChatGPT vient désormais marcher sur les plates-bandes de Google en facilitant à ses utilisateurs l’expérience d'achat. Tous deux devraient bientôt ouvrir ces nouvelles fonctionnalités aux annonceurs.

« Nous constatons une demande importante pour notre portefeuille complet de produits à base d’intelligence artificielle »

Sundar Pichai PDG de Google


L’assistant d’OpenAI affiche une progression fulgurante. En début de semaine, il revendiquait 2,5 milliards de requêtes par jour (dont 330 millions venant des États-unis), contre seulement 1 milliard en décembre dernier. Mais il reste encore très loin des 14 milliards de demandes quotidiennes reçues par le moteur de recherche de Google.

Outre le « search », qui reste sa principale vache à lait en raison des revenus publicitaires qu’il génère, Google peut toujours compter sur l'info-nuagique, l’activité qui rassemble les serveurs de stockage des données et les services de traitement de ces données grâce à l’IA. Cette division est parvenue à plus que doubler son résultat sur un an à 2,8 milliards de dollars. « Quasiment toutes les licornes de l’IA générative utilisent Google Cloud », s’est félicité Sundar Pichai. « La demande en services liés à l’IA et à la capacité de calcul » de Google porte la croissance de cette branche, selon l’analyste d’Emarketer qui signale notamment un contrat majeur signé au 2e trimestre avec OpenAI. Mais si la division est bien partie pour atteindre cette année les 50 milliards de dollars de revenus, elle reste un lointain prétendant face aux deux chefs de file, Microsoft Azure et AWS.

Reste que cet appétit pour l’intelligence artificielle a un coût énorme. Engagé dans une course à l’IA avec les autres géants du secteur qui injectent des dizaines de milliards de dollars dans leurs infrastructures, Google a annoncé que ses investissements seraient revus à la hausse de 10 milliards cette année. Ils devraient atteindre 85 milliards, contre 53 milliards dépensés en 2024. « Nous sommes enthousiastes à l’idée des perspectives à venir », a assuré Sundar Pichai, qui fêtera le 10 août ses dix ans à la tête de Google.

Les analystes de Morgan Stanley estiment que les GAFAM devraient investir cette année 325 milliards de dollars et 392 milliards l’an prochain… Des montants pharaoniques qui laissent certains analystes sceptiques, les retours étant encore difficilement quantifiables et le coût environnemental énorme. Ces dépenses sont désormais renchéries par la guerre des talents que se livrent depuis quelques mois Google, Meta, Microsoft et Openai à coups de centaines de millions de dollars d'offres d'emploi (de ponts d'or) pour attirer les meilleurs cerveaux de la Silicon Valley.

Seule ombre au tableau, la menace de démantèlement qui plane sur l’avenir de Google. Le géant américain devrait connaître cet été les remèdes proposés par la justice de son pays dans un dossier historique d’antitrust où il est accusé de pratiques anticoncurrentielles dans la recherche en ligne. Cela « pourrait fondamentalement transformer son activité », rappelle l’analyste. Fin 2024, le département américain de la Justice avait réclamé la cession du navigateur Chrome par Google ainsi que l’interdiction de passer des accords d’exclusivité avec des fabricants de smartphones pour installer son moteur de recherche par défaut.  (Source : Le Figaro)


dimanche 15 juin 2025

La face cachée de Wikipédia - Enquête sur les dérives de l’encyclopédie libre

   Qu’arrive-t-il à la plus célèbre des encyclopédies ? Qui sont ceux qui y contribuent ? Qui sont ceux qui l’accaparent ? Voici comment la neutralité de point de vue a été sacrifiée sur l’autel du militantisme. Voici comment une minorité prend en otage un projet savant et collectif à l’échelle planétaire. Voici l’enquête inédite sur la face cachée de Wikipédia.

   Vous avez une question ? Wikipédia a la réponse. Tout le monde consulte la plateforme et tout le monde peut la nourrir. Or si Wikipédia est globalement un outil fiable, ergonomique et structuré, des voix s’élèvent, toujours plus nombreuses, pour alerter sur ses dérives.

   Depuis quelques années, l’« encyclopédie libre » est devenue une tribune pour des activistes en tous genres. Un terrain de jeu pour les extrémistes de droite et de gauche. Un champ de bataille où les États, les personnalités publiques, les institutions et les grandes entreprises se livrent une lutte de tous les instants. Les biais sont structurels et la direction verrouille toute la structure. Les suspensions et les blocages se multiplient. Et la machine se grippe. Jusqu’à quand ?

Voilà comment l’idéologie provoque la ruine d’une utopie concrète.
    

Les auteurs

Victor Lefebvre est journaliste, passé par Le Figaro et le média en ligne Factuel. Il a contribué au livre-enquête Les derniers jours de Samuel Paty (Plon, 2023).

Michel Sandrin, est contributeur de Wikipédia depuis des années, il intervient régulièrement dans les colonnes du Point, du Figaro et de Marianne pour alerter sur la montée du militantisme sur l'encyclopédie en ligne.

La face cachée de Wikipédia: 
Enquête sur les dérives de l'encyclopédie
de Michel Sandrin et Victor Lefebvre
paru aux éditions du Cerf,
à Paris,
le 3 avril 2025,
212 pages,
ISBN-13 : 978-2204158244


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Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé (vidéo + exemples de parti-pris)

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Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé

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Le cas de Bret Weinstein (PhD en biologie, ancien professeur d’Evergreen college) et de l’article qui lui est consacré sur Wikipédia 

mercredi 9 avril 2025

Enseigner à une génération qui s’ennuie

Texte de Francis O’Shaughnessy publié dans Le Devoir, l’auteur est professeur dans un cégep à Montréal.

J’enseigne à des étudiants qui ont une fixation maladive sur les écrans. Ils sont dépendants aux réseaux sociaux, aux séries et aux jeux vidéo et passent la majeure partie de leurs temps sur leurs machines sophistiquées. Quand j’arrive en classe, je les salue. Tous ont la tête baissée, happée par leur téléphone intelligent. À l’habitude, il y a peu de réactions ; un ou deux bonjours isolés, mais souvent, je fais face à un silence total. Devrais-je enseigner en langage SMS pour capter leur attention ?

Depuis 2020, je m’interroge sur ma motivation à enseigner et si mon rôle a encore un sens. Mes salles de classe sont loin du lieu d’échange et de savoir auquel j’aspirais. Ce siècle, empreint de vacuité, a engendré des générations qui s’ennuient, qui éprouvent un profond vide intérieur et qui trouvent refuge dans une réalité virtuelle illusoire.

Le désintérêt d’une génération pour le travail

Les jeunes de la génération Z sont de plus en plus passifs en classe, ayant du mal à se concentrer et à participer activement. Ils montrent également une nette aversion à s’investir dans leurs lectures, à construire des textes cohérents et à communiquer efficacement. Ils se tournent souvent vers l’intelligence artificielle pour compenser ces lacunes, et leurs créations artistiques manquent d’originalité et de profondeur.

Depuis quelques années, j’observe avec inquiétude le désintérêt des étudiants pour le travail intellectuel et plastique. Depuis la pandémie, mes classes se vident progressivement dès le troisième cours, car la présence en classe n’est pas obligatoire, mais fortement encouragée, surtout en atelier pratique. Sur les 25 personnes qui composent mes groupes, seulement 12 assistent réellement aux cours sur une base régulière. Ainsi, à mon cégep, l’absentéisme et les retards en classe sont un problème majeur qui touche toutes les disciplines.

De plus, nous n’avons pas en application la notion du double seuil, c’est-à-dire l’obtention de 60 % pour l’ensemble de la session et pour l’épreuve certificative. Ainsi, une nouvelle tendance est apparue chez les étudiants : l’absence aux examens finaux. Dans mes classes, la participation aux évaluations de fin de session s’élève à 10 étudiants sur un effectif de 25, les autres ayant choisi de ne pas se présenter en raison de l’obtention préalable de la note de passage de 60 %. Cette tendance nous amène à penser que le dépassement de soi n’est pas une priorité, signe d’un désintérêt pour l’effort, la progression personnelle et la cote R (un indicateur de performance scolaire utilisé au Québec pour l’admission à l’université). Cela soulève aussi des inquiétudes sur leur capacité à relever les défis futurs.

samedi 5 avril 2025

La police britannique procède à 30 arrestations par jour pour des messages « offensants » sur Internet

Les groupes de défense des libertés civiles en Grande-Bretagne affirment que les autorités surveillent trop l'internet et menacent la liberté d'expression en utilisant des lois vagues.


Maxie Allen et Rosalind Levine ont été arrêtés pour harcèlement, communication malveillante et nuisance sur le terrain de l'école.

La police procède à plus de 30 arrestations par jour en raison de messages offensants publiés sur les médias sociaux et d'autres plateformes.

Des milliers de personnes sont détenues et interrogées pour avoir envoyé des messages qui causent des « ennuis », des « désagréments » ou de l'« anxiété » à d'autres personnes via l'internet, le téléphone ou le courrier.

Les données relatives aux gardes à vue obtenues par le Times de Londres montrent que les agents procèdent à environ 12 000 arrestations par an en vertu de l'article 127 de la loi britannique sur les communications de 2003 et de l'article 1 de la loi britannique sur les communications malveillantes de 1988 (Malicious Communications Act 1988).

Augmentation des arrestations au fil du temps

Nombre d'arrestations effectuées par les forces de police en Angleterre et au Pays de Galles pour des personnes envoyant des messages grossièrement offensants qui causent des ennuis, des désagréments ou de l'anxiété en ligne,

Données pour 35 forces de police. Graphique : The Times et The Sunday Times
Source : Demande d'accès à l'information

Ces lois rendent illégal le fait de causer de la détresse en envoyant des messages « grossièrement offensants » ou en partageant des contenus « indécents, obscènes ou menaçants » sur un réseau de communications électroniques.

vendredi 7 février 2025

Sur la Toile, les influenceurs identitaires et les contenus promouvant les idées conservatrices ont le vent en poupe



L’extrême droite a été excommuniée des médias traditionnels à la fin des années 1990. La jeune génération de cette mouvance politique s’est réfugiée sur internet.

Quinze milliards de dollars de fortune, ce n’est pas encore assez pour vous placer au sommet du classement annuel de Forbes, mais c’est suffisant pour figurer au panthéon des seigneurs de la Silicon Valley. Et vous permettre de publier un brûlot contre l’establishment sur le site du journal de référence des magnats de la tech, des chefs d’entreprise et tout ce que les États-Unis comptent de décideurs publics. Ainsi, le 10 janvier dans le Financial Times, Peter Thiel, cofondateur de PayPal, le système de paiement en ligne, et investisseur dans Facebook aux débuts du réseau social, annonce la venue de temps nouveaux avec le retour de Trump à la Maisonblanche. Une ère de vérité et d’« apocalypse ».

Internet est en passe de « gagner la guerre, les institutions de l’ancien régime s’effondrent », écrit Thiel dans sa tribune, traduite en français et commentée par la revue Le Grand Continent. Pour ce proche de Musk, soutien de Trump, la toile aurait réussi à tuer le vieux monde, « les organisations médiatiques, bureaucraties, universités et ONG financées par l’état », qu’il juge dégoulinant de progressisme et qui délimiterait le périmètre de la conversation publique depuis trop d’années.

Car aux États-Unis, comme partout en Occident, la droite est en première position sur la toile. Aucune raison que la France y échappe. Trois livres publiés par des auteurs que l’on peut difficilement soupçonner d’accointances avec les idées conservatrices soutiennent cette sentence : La Fachosphère : comment l’extrême droite remporte la bataille (Flammarion, 2016), des journalistes David Doucet et Antoine Albertini ; Pop fascisme : comment l’extrême droite a gagné la bataille culturelle sur internet (Divergences, 2024) écrit Pierre Plottu et Maxime Macé de Libération, tout récemment Pourquoi l’extrême droite domine la toile (L’aube, 2025) un essai signé Achraf Ben Brahim, consultant dans le secteur du numérique.

Cette domination se traduit moins par le nombre d’abonnés des partis politiques traditionnels sur les réseaux sociaux ou le nombre de vues et de j'aime sur les plateformes de vidéo type YouTube que par l’existence d’un écosystème puissant qui nourrit ou pourrit, le débat public, c’est selon. Citons pêle-mêle : le 18-25 ans de jeuxvideo.com, une sorte de 4chan francophone, ce forum en ligne américain prisé de Musk où la « culture du LOL » est plus souvent utilisée pour promouvoir des théories masculinistes et manifester un rejet de l’immigration que se gargariser devant la dernière sortie médiatique de la démocrate Alexandra Ocasio-Cortez. Ou la revue de presse identitaire Fdesouche (8 millions de pages vues par mois, plus de 500 000 abonnés au total sur Facebook et X), le succès de Jordan Bardella sur Tiktok (2,1 millions d’abonnés) et d’influenceurs identitaires type Damien Rieu, Julien Rochedy ou Papacito, les médias alternatifs comme Frontières et une myriade d’anonymes qui partagent chaque jour des mèmes, pour normaliser, par l’humour, leurs idées et toucher un public large, sans filtre entre l’émetteur et le récepteur. Le médium internet a cette force-là : la désintermédiation.

Ces images détournées franchissent parfois le mur de ce pan du web où l’humour potache et la provocation sont les seules règles qui vaillent. L’exemple de « Nicolas, 30 ans » est criant. Ce montage à visée humoristique, sous forme de schéma, met en scène un jeune trentenaire qui se prend les mains dans la tête, désemparé, en constatant que son salaire va tout droit dans les poches de Bernard et Chantal, 70 ans, et de Karim, un jeune Maghrébin de 25 ans. Selon le schéma, les premiers utiliseraient ensuite cette somme pour des vacances en croisière, quand le second, Karim, transférerait l’argent dans son pays d’origine. Le mème vise à dénoncer le « contrat social » à la française qui profiterait à la génération des baby-boomeurs, aux immigrés et aux descendants d’immigrés, au détriment des jeunes actifs. L’image s’est diffusée partout et le message a été traduit en anglais par quelques trublions du web et remodelé pour coller avec le modèle britannique. Bingo. Le montage fait le tour de l’internet d’outre-Manche et The Spectator, le plus ancien magazine en langue anglaise publié sans interruption a consacré en novembre 2024 un article à ce phénomène dont le berceau est l’« internet d’en bas ».

Donner la parole à cet internet des « sans dents », pour reprendre la formule polémique attribuée par Valérie Trierweiler à François Hollande, qui sont en ligne, des « sans visage » et « sans nom », c’était aussi l’objectif du collectif Anonymous. Cette nébuleuse contestataire de pirates anarchistes masqués, que l’on peut difficilement classer politiquement, se battait pour la libre circulation de l’information sur les réseaux. Enfant du forum 4chan, le mouvement qui n’en est pas vraiment un s’est fait un nom lors des révoltes de 2011 : des pays arabes qui se soulevaient jusqu’à Wall Street occupé. À ce moment-là, pléthore de mouvements citoyens, plutôt orientés à gauche, font la promotion du « web libre » comme ils ont milité pour le développement des radios pirates dès les années 1970. En Espagne, les indignés occupent la Puerta del Sol, la place centrale de Madrid, contre la crise financière, le bipartisme en Espagne et pour le développement d’un internet sans censure.

Assiste-t-on au retour de balancier du web libre ? La gauche est-elle tombée dans le piège de l’utopie numérique, comme l’affirme l’historien américain Fred Turner, ex-enseignant au MIT ou à Harvard ? Elle a, a minima, découvert que les gens n’avaient pas que des revendications estampillées « de gauche » à faire valoir. Au téléphone, Samuel Lafont, responsable de la stratégie numérique et des levées de fonds chez Reconquête, martèle que la force de la droite serait son rapport avec la vérité. « Leréel », comme il l’appelle. « On ne peut pas changer le réel. Quand la gauche communique sur ce qu’elle aimerait que le réel soit, mais que cela ne renvoie à rien de concret, cela ne fonctionne pas », ajoute le communicant.

Si costaud que ça, la droite dure ? « Expérimentée », répond Fabrice Epelboin, spécialiste du numérique et des réseaux sociaux. Dans les années 1990 jusqu’aux années 2010, la gauche chic rayonne de tout son pouvoir d'influence, elle a son rond de serviette sur les plateaux de télévision et à la radio. Stéphane Guillon fait de l’ex-ministre UMP de Nicolas Sarkozy, Nadine Morano, sa tête de Turc, le « Grand Journal » de Canal+ et les « Guignols de l’info » sont des institutions du petit écran, bien que subsistent quelques îlots avec de vrais débats contradictoires : l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couchés » et celle de Frédéric Taddeï « Ce soir ou jamais ».

« L’extrême droite a été excommuniée des médias traditionnels à la fin des années 1990, la jeune génération de cette mouvance politique s’est réfugiée sur internet ». Ainsi serait née une « contreculture » de droite, dixit Epelboin, qui a acquis et développé au fil du temps les codes de cet univers foutraque qu’est internet.

Le boycottage des thèses conservatrices, à l’époque pas si lointaine où les petits génies de la tech en sweat à capuche n’avaient d’yeux que pour les démocrates, a également pu jouer un rôle majeur.

« La créativité naît de la contrainte », tente d’expliquer un internaute tendance libéral conservateur. Pour lui, « la modération était si zélée sur les réseaux sociaux que faire passer un message “de droite” directement au grand public était pratiquement impossible ». Cette contrainte a permis l’émergence de nouveaux moyens d’expressions créatifs pour contourner la censure.

« La gauche, n’ayant pas été soumise à cette pression évolutionniste, son humour ayant droit de cité dans les médias traditionnels, a fourni peu d’efforts », ajoute-t-il. Et en pratiquant l’excommunication, en jouant à la police des archives avec ceux de son camp, n’a pas arrangé son cas. Les membres de la Ligue du LOL, un groupe Facebook privé créé en 2010, cloués au pilori pour des blagues de mauvais goût, s’en souviennent.

Ce n’est pas près de s’arranger, à en croire Valerio Motta, spécialiste de communication numérique, ex-directeur de la communication du Parti socialiste : « La culture du LOL n’est plus à gauche, car la gauche n’est pas assez structurée et sereine pour en faire une force majeure. » Pas assez sereine ou ennuyeuse comme la pluie, en se fixant sans cesse des règles et des lignes rouges à ne pas franchir ? « Les gauchistes sont des petits gardiens barbants, ils marchent sur des œufs en permanence pour faire de l’humour », assure un utilisateur de X qui totalise plusieurs milliers d’abonnés. Sur le réseau social de Musk en tout cas, le vent de légèreté souffle, semble-t-il, de tribord. Connaissezvous « humour de droite » ? Ce compte humoristique régnait en maître sur le Twitter des années Sarkozy avec ses saillies sur les personnalités de premier plan de l’époque, les Jeanfrançois Copé et autres Brice Hortefeux. Aujourd’hui, les publications du compte atteignent péniblement une cinquantaine de likes malgré 300 000 abonnés. Comme si, à droite, le buzz passait aujourd’hui par l’humour tandis qu’à gauche, la viralité se faisait via l’angoisse : de la fin du monde à cause du réchauffement climatique ou de la fin d’un monde en raison d’une menace fasciste rampante. Le livre Résister, une sorte de petit guide pour lutter contre l’« extrême droite aux portes du pouvoir » de Salomé Saqué, la journaliste et intellectuelle organique de la gauche urbaine, aux 400 000 abonnés sur Instagram, figure en bonne place dans le classement des essais les plus vendus.

Au lendemain de la victoire de Donald Trump aux États-Unis, les conservateurs américains ont inondé X du slogan « we are so back » (« nous sommes tellement de retour »). Comprenez : le temps de la marginalisation des idées de droite est révolue. L’ère des grandes révolutions progressistes des années 2010, bâties plus sur des forums de discussion, dans des podcasts et au fil des tweets plus que sur des barricades (Black Lives Matter, #Metoo, etc.), enterrée. Chez nous, force est de constater que la donne a changé. Car a émergé, en France comme aux États-Unis, un système médiatico-politique autrement plus favorable à la droite symbolisé par le rachat du groupe Canal+ et la montée en puissance de Cnews qui fournit un contenu vidéo quotidien au public en quête de joutes verbales contre les « gauchistes » ou le rachat de Twitter par Musk pour le transformer en X, dont les algorithmes favorisent les personnalités et les thèses conservatrices. Une enquête menée par le Wall Street Journal vient de démontrer que le système de recommandation de X favorisait aussi les messages de tous les internautes pro-Trump, au détriment des publications pro-Harris. Au grand dam de la gauche. « Sur X, les personnalités politiques ne sont pas à égalité sur la ligne de départ », déplore Valerio Motta. Fabrice Epelboin nuance. « Le panorama d’un espace numérique acquis à la droite est à nuancer. Beaucoup de néomédias, comme Konbini ou Brut, restent à gauche sans parler de Mediapart, qui a été précurseur. » On peut aussi citer le succès des vidéos de l’écrivain François Bégaudeau sur YouTube, qui totalisent régulièrement plus de 100 000 vues ou celui de l’émission « Backseat »[oui, oui en France...], présentée par Jean Massiet (250 000 abonnés), diffusée chaque jeudi sur les plateformes Twitch et YouTube, devenue le rendez-vous incontournable des têtes d’affiche du Nouveau Front populaire.

Sur la toile, la droite a en partie gagné la bataille en surfant sur une supposée hégémonie de la gauche dans les médias traditionnels. Dans un monde où les cartes sont rebattues, peut-elle gagner la guerre d’internet ?

« L’extrême droite a été excommuniée des médias traditionnels à la fin des années 1990, la jeune génération de cette mouvance politique s’est réfugiée sur internet » Fabrice Epelboin spécialiste du numérique et des réseaux sociaux

Source : Le Figaro

mercredi 5 février 2025

L’inconfort face à l'homosexualité en hausse chez les jeunes du Québec (m à j critique du rapport)

Extraits de la critique du rapport «Montée de l’intolérance dans les écoles» de GRIS-Montréal par François Chapleau, professeur émérite au Département de biologie de l’Université d’Ottawa.

Si l’on fait abstraction des problèmes méthodologiques, les résultats de l’étude font état d’une hausse généralisée du « mal à l’aise » pour toutes les questions, mais de façon plus marquée pour les cas suivants: 

  • Le malaise avec les personnes et couples homosexuels est systématiquement plus élevé chez les garçons.
  • Connaître une personne non hétérosexuelle diminue le malaise envers les personnes et les couples homosexuels.
  • Le fait d’avoir une religion et de la pratiquer augmente le niveau de malaise envers les personnes et couples homosexuels.

Le terme « genre » est utilisé 30 fois dans le rapport de 2025, alors que le mot « sexe » y est absent. Il est important de noter que le mot « genre » est absent du questionnaire. Les élèves ne savaient donc pas que le terme « homme » ou de « femme » représentait pour le GRIS une identité de genre et non pas une appartenance sexuelle. 

Le communiqué de presse indiquait « une augmentation des discours haineux et des violences dans les écoles ». Or, dans la discussion, on reconnait que le niveau de malaise n’est pas un indicateur de transphobie et d’homophobie. Mais, on ajoute que : « un sentiment de malaise ou d’inconfort élevé est vu comme une menace à la sécurité perçue, ce qui peut contribuer à créer des conditions propices à la violence ». Et l’on ajoute à ce dernier commentaire quelques citations « anonymes » particulièrement crues.

Il n’en fallait pas plus pour que plusieurs médias fassent état à la suite de la conférence de presse que l’étude indique une hausse de la transphobie, de l’homophobie, de l’intolérance et de la haine, alors qu’elle n’indique qu’une hausse de l’inconfort par rapport aux orientations sexuelles des personnes et de couples.

Parmi les « hypothèses » suggérées pour expliquer le déclin du sentiment d’aise par rapport à l’homosexualité dans les écoles, on indique :

1.« la conversation sociale polarisée (controverses) et polarisante autour des sujets LGBTQ+ — et particulièrement de l’identité de genre — depuis quelques années. » On ajoute que « si cette conversation sociale porte plus directement sur les personnes trans et non binaires, elle semble générer des impacts négatifs qui vont aussi toucher sur les acquis liés à l’orientation sexuelle. »

2. « La crise actuelle du journalisme met en péril la circulation d’informations vérifiables et dans l’intérêt du public et accentue les processus de désinformation » et on ajoute à ceci l’impact négatif des réseaux sociaux.

3. Finalement, le déclin précipité des attitudes face à la diversité sexuelle des jeunes hommes serait lié avec une montée des discours masculinistes et conservateurs qui, chez ces derniers, prônent un retour aux valeurs traditionnelles.

Remarques :

1. Noter que, dans la discussion, les termes LGBTQ+ et transphobie reviennent dans la phraséologie alors que l’étude n’a rien à voir avec les transgenres/queers et ne s’intéresse qu’à l’orientation sexuelle.

2. Il n’y a aucune donnée dans cette étude et il n’y a aucune question dans les questionnaires qui permettent de pointer le doigt vers une des causes externes suggérées. En fait, la discussion du rapport ne s’appuie en rien sur les résultats de l’étude ni sur des connaissances liées à la réalité des élèves dans les écoles. Décevant !

3. En fait, la discussion évite de parler des données. Par exemple, on ne discute même pas du fait que les religions semblent un facteur explicatif de la hausse du malaise et que celles-ci réprouvent généralement l’homosexualité.  

4. Si les enjeux liés à l’identité de genre créent des impacts négatifs qui touchent « les acquis liés à l’orientation sexuelle », il faudrait qu’un organisme indépendant examine l’impact d’organismes comme GRIS-Montréal qui font la promotion de la pseudoscience du genre dans les écoles ; une idéologie qui ne reconnait pas la binarité du sexe et qui fait fi du fait que les homosexuels revendiquent une sexualité fondée sur la réalité du sexe et non pas sur le ressenti du genre.

5. En comparant les deux derniers rapports sur l’orientation sexuelle, celui de 2017[xiii] et celui qui fait l’objet de cette critique, il est malheureux de constater que le GRIS, en moins de 7 ans, a trahi sa mission première qui lui donnait toute sa crédibilité. Elle se préoccupait alors de démystifier l’homosexualité et de la bisexualité et de favoriser l’acceptation des personnes homosexuelles et bisexuelles à l’école et en société. En quelques années, l’organisme est devenu le porte-étendard grassement subventionné par le gouvernement (et d’autres organismes) d’une idéologie qui fait la promotion de la pseudoscience du genre. Actuellement, le GRIS endoctrine au lieu d’éduquer dans nos écoles. C’est inacceptable. Ce rapport s’aligne davantage avec l’hypothèse que le « nouveau » GRIS fait plus partie du problème que de la solution.




Billet du 18 janvier
Un guide pédagogique du GRIS réalisé
grâce à une subvention du
Ministère de la Justice du Québec


Une étude de l’organisme militant pro-LGBTQ2SAI+ GRIS-Montréal indique, parmi les jeunes, une hausse face à l’homosexualité et aux formes d’orientation sexuelle non traditionnelles.

Dévoilée jeudi, l’étude a été réalisée à partir de 35 000 questionnaires remplis par des élèves du secondaire dans plusieurs régions du Québec.

Selon l’organisme militant, le constat est « sans équivoque » : pour la première fois depuis qu’il a commencé à recueillir ces données il y a 30 ans, l’organisme observe « un recul » des attitudes chez les jeunes face « à la diversité sexuelle ».

« Pendant très longtemps, on avait l’impression que les jeunes avaient toujours une longueur d’avance sur ces enjeux. Là, il y a une régression, et une régression en très peu de temps », réagit le titulaire de la Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres de l’UQAM, Martin Blais.

Que veut-on dire par « inconfort » ?

Dans le cadre du sondage, les élèves ont été appelés à commenter différents scénarios afin de mesurer leur degré d’« ouverture ».

En 2017-2018, 25 % des répondants disaient éprouver un malaise face à l’orientation sexuelle d’un ami homosexuel, comparativement à près de 40 % en 2023-2024. Pour une amie lesbienne, la proportion est passée de 15 % à près de 34 %.

De plus, 24 % des élèves se disent très mal à l’aise devant un couple de pères homosexuels, contre 10 % en 2017-2018. Pour les familles de couples lesbiens, le niveau d’inconfort a triplé, passant de 7 % à 21 %.

Selon le sociologue et sexologue Martin Blais, ces chiffres confirment une réalité observée sur le terrain depuis quelques années. « Plusieurs groupes communautaires [LGBTQ2SAI+] rapportent une augmentation des discours hostiles », note-t-il.



À qui la hausse est-elle attribuable selon ces experts ?

Cette hausse n’est pas le fait d’un groupe particulier. L’augmentation du sentiment de malaise est observée chez les jeunes, peu importe leur âge, leur genre, leur niveau de religiosité ou la région qu’ils habitent, souligne l’organisme militant.

Elle est cependant plus marquée chez les jeunes scolarisés en dehors de la grande région de Montréal et chez les garçons.

De manière générale, les hommes et les jeunes hommes « ont toujours eu plus de résistance à l’égard de la diversité [sic] que les femmes », affirme M. Blais.

Qu’est-ce qui expliquerait ce recul ?

On a reproché beaucoup de choses aux personnes queers et aux personnes trans. De menacer les enfants, de vouloir faire du lobby auprès des enfants. D’accorder des droits aux personnes trans qui enlèveraient potentiellement des droits aux femmes. Ce genre de dialogue social percolerait dans le milieu scolaire. La normalité de ce ressac devant la radicalité croissante du discours et des exigences du lobby LGBTQ2SAI+, qui va bien au-delà de la simple tolérance, ne semble pas effleurer les « chercheurs » du GRIS.

Autre piste : la montée des discours masculinistes et conservateurs, alimentés en ligne par des influenceurs comme Andrew Tate.

Les experts ne semblent pas considérer que les « progressistes » urbains « ouverts sur la diversité » ont moins d'enfants et qu'ils sont remplacés par les enfants de parents plus traditionnels (« plus fermés sur la diversité ») souvent ruraux (y avoir des enfants est moins cher) ou immigrés, enfants qui épousent les valeurs traditionnelles de leurs parents.

Les plateformes de réseaux sociaux auraient peut-être aussi contribué au recul des attitudes face à la diversité en « amplifiant des voix qu’on entendait moins avant », souligne Martin Blais. Faut-il comprendre que ces voix étaient privées de tribune auparavant par les médias de grand chemin ?

Solution : davantage de propagande à l'école

Avec la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), le GRIS-Montréal appelle le gouvernement à augmenter la sensibilisation et la formation dans les écoles.

« C’est clair qu’il y a encore des enjeux d’éducation », affirme Martin Blais. Le sociologue rappelle qu’un moyen efficace de contrer l’intolérance est d’entrer en contact avec des personnes de l’autre groupe.

« C’est un levier extrêmement puissant », souligne-t-il.

« Extrêmement préoccupé par ces données », le cabinet du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, indique qu’il prendra « le temps d’analyser l’étude réalisée par le GRIS-Montréal ».

« Ce qui est certain, c’est que des gestes d’intolérance n’ont aucunement leur place dans nos écoles. Jamais on ne doit accepter ça », plaide-t-il, rappelant qu’il a déposé un plan de lutte contre la violence et l’intimidation en milieu scolaire.

On attend toujours des plans de lutte pour un français de qualité, la culture générale, l'application de la loi 101 aux cégeps, la francisation progressive des universités anglophones, etc.

Absence d'accès à l'étude complète et aux données

Notons que le sondage du GRIS n'est pas accessible au moment d'écrire ces lignes, on ne peut voir l’ensemble des données, une description de la méthodologie, du profil des écoles sondées, des analyses faites, etc. 
 
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