Les conséquences se font sentir partout.
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
mercredi 1 juillet 2026
Les villes allemandes font faillite. Une bonne nouvelle pour l'AfD ?
Les conséquences se font sentir partout.
mercredi 6 mai 2026
Comment YouTube a envahi les écoles américaines
Lorsque Mme Warren s’est connectée au compte Google de son fils, elle a été consternée : son fils Ben avait visionné plus de 13 000 vidéos YouTube pendant les heures de cours entre décembre 2024 et février 2025, selon les données de visionnage qu’elle a fournies au Wall Street Journal.
Son fil d’actualité regorgeait de contenus inappropriés. Des vidéos glorifiant la culture des armes à feu, posant des questions sur les silencieux pour les pistolets Nerf, des « tirs à la tête » où des enfants simulent de manière réaliste leur propre mort, une vidéo contenant des blagues sexuellement explicites sur des voisins couchant ensemble. YouTube lui avait proposé des « mini-vidéos » — une vidéo après l’autre, sélectionnées par un algorithme qui avait déterminé que son fils serait susceptible d'aimer.
« Ça m’a fait pleurer », a déclaré Mme Warren. « Tout à coup, c’est ce genre de contenu violent sur les armes à feu, sans que ce soit de sa faute. » Elle s’est ensuite présentée aux élections du conseil d’établissement et a remporté le scrutin en novembre, désireuse de susciter le changement.
Les écoles publiques américaines sont submergées par YouTube. Selon plus de 45 familles, administrateurs scolaires, cliniciens et éducateurs à travers le pays interrogés par le Wall Street Journal, la dépendance excessive des écoles à l’égard de la plateforme appartenant à Google pour le contenu éducatif a créé une porte d’entrée permettant aux élèves d’être aspirés dans un défilement infini de vidéos sur les appareils fournis par l’école.
vendredi 10 avril 2026
Dans les années 1970, Valéry Giscard d'Estaing a essayé de mettre en place l’expulsion de… 500.000 Algériens.
Dans une récente et passionnante conversation diffusée sur YouTube, le journaliste Transmission reçoit l’historien Pierre Vermeren pour une analyse sans fard des relations franco-algériennes.Pierre Vermeren rappelle dans son dernier essai que dans les années 1970, Valéry Giscard d'Estaing a essayé de mettre en place l’expulsion de… 500.000 Algériens.
— Transmission (@TransmissionYT) April 10, 2026
Avec @Valent1Pierre, ils discutent des raisons de l’échec de cette mesure ambitieuse : pic.twitter.com/YbPWSfsoN8
Les années 1930 : une gauche réaliste face à la crise
Remontons aux années 1930, au cœur de la Grande Dépression. La France comptait alors près de trois millions d’étrangers, principalement des Polonais dans les mines du Nord et de l’Est, et des Italiens dans l’agriculture et l’industrie. Le chômage massif touchait durement les ouvriers français. La réponse politique fut claire et largement partagée, y compris à gauche : priorité nationale à l’emploi et rapatriements organisés.
La loi du 10 août 1932, adoptée sous un gouvernement radical de centre-gauche, instaura une véritable préférence nationale.
Des centaines de milliers de travailleurs étrangers – surtout polonais – furent reconduits chez eux, souvent avec une aide au retour. Ni les socialistes de la SFIO ni même les communistes ne crièrent à la xénophobie.
L’étranger était alors perçu comme un travailleur temporaire, accueilli en fonction des besoins de l’économie française. Protéger la communauté nationale et ses travailleurs n’était pas un tabou moral ; c’était une évidence républicaine.
L’expulsion, lorsqu’elle s’imposait, ne suscitait aucun scrupule collectif. La gauche de l’époque restait ancrée dans un patriotisme social : elle défendait d’abord le peuple français.
Les années 1980 : l’anti-racisme comme nouvel horizon moral
Tout change avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Face à une immigration désormais post-coloniale, installée durablement et accompagnée du regroupement familial, la sensibilité politique se transforme profondément.
L’anti-racisme devient, pour une partie de la gauche, un impératif catégorique, une nouvelle raison d’être. La Marche pour l’égalité de 1983 et la création de SOS Racisme en 1984 marquent ce basculement symbolique : l’immigré, et surtout ses enfants nés en France, est désormais érigé en figure centrale de l’opprimé. Toute mesure restrictive – contrôle des flux, expulsion, même pour motif économique – est suspectée de racisme latent.
Ce n’est plus la protection des ouvriers français qui prime, mais la lutte contre les discriminations réelles ou supposées.
L’expulsion, autrefois outil légitime de régulation, devient moralement impensable. On passe d’une vision nationale du social à un universalisme abstrait où la défense de l’« Autre » l’emporte sur la cohésion du corps national.
Cette évolution idéologique nourrit et renforce, à son tour, les interprétations jurisprudentielles qui compliquent les retours organisés.
Des blocages juridiques réversibles, non des fatalités
Certes, le droit a évolué : intégration du préambule de 1946 dans le bloc de constitutionnalité, ratification de la Convention européenne des droits de l’homme. Mais ces textes, comme toute norme, sont soumis à interprétation.
Rien n’oblige la France à y voir un interdit absolu d’expulsion collective en période de crise. Aucune disposition constitutionnelle n’accorde aux étrangers un droit général et imprescriptible au séjour. Les décisions du Conseil constitutionnel ou de la Cour européenne sont des choix jurisprudentiels, non des vérités éternelles.
Un pouvoir politique déterminé, fort de sa légitimité démocratique, peut parfaitement réviser l'interprétation de la Constitution, dénoncer certains engagements internationaux ou renégocier des accords bilatéraux.
Les blocages actuels ne sont pas une fatalité juridique ; ils sont le produit d’une culture politique et morale qui a choisi, depuis les années 1980, de sacraliser la non-expulsion au nom d’un anti-racisme devenu dogme.
Le droit légitime d’un pays d’accueil
La France, comme toute nation souveraine, possède le droit fondamental de décider qui elle accueille et pour combien de temps. Lorsque l’économie, l’équilibre social ou la cohésion nationale l’exigent, organiser le retour des étrangers – y compris de ceux qui ont été accueillis en toute bonne foi – n’est ni une injustice ni une trahison des valeurs républicaines. C’est l’exercice légitime d’une souveraineté que nos prédécesseurs, y compris à gauche, assumaient sans complexe.
Le dernier livre de Pierre Vermeren
Pierre Vermeren est historien et professeur des universités à
Paris 1 Panthéon-Sorbonne spécialiste des sociétés arabo-berbères de
l’Afrique du Nord contemporaine. Il a notamment publié Histoire de
l’Algérie contemporaine (2022) et dans la collection « Texto» La France
en terre d’islam (2020) et Le Maroc en 100 questions (2024). Son dernier livre est France-Algérie. De 1962 à nos jours (2026).
Histoire d'une relation pathologique,
paru chez Tallandier,
à Paris,
le 19 mars 2026,
304 pages,
ISBN-13 : 979-1021066441 Rappels d’ambassadeurs, arrestations arbitraires, chute des échanges commerciaux, crise des visas… Comment sommes-nous passés en quelques années d’une estime entre dirigeants français et algériens à une tension aussi forte depuis 2024 ? L’historien Pierre Vermeren décrypte sur le temps long cette relation complexe qui traverse sa plus grave crise.
Après plus d’un siècle de colonisation par la France, l’Algérie est devenue indépendante le 5 juillet 1962. Pourtant la guerre et ses conséquences restent non soldées malgré la culpabilité française et une réconciliation mémorielle ratée. Depuis de Gaulle et Boumediene, les rapports diplomatiques sont l’habillage officiel des contacts directs entre les deux présidences et de réseaux d’influences qui poussent leurs pions. Tout semble désormais opposer ces deux nations dont la relation, devenue toxique, permet au régime algérien d’accabler la France d’Emmanuel Macron des maux qui frappent le pays, telle la révolte du Hirak de 2019. L’Algérie rejette à présent la francophonie et s’affiche avec la Chine ou la Russie.
Pierre Vermeren montre comment Paris s’épuise à construire des rapports « normaux» tandis qu’Alger qualifie la France d’«ennemi éternel et traditionnel ». Cette relation pourra-t-elle un jour s’apaiser?
mercredi 8 avril 2026
Étude finlandaise inédite révèle que les troubles psychiatriques persistent et s’aggravent après les transitions médicales chez les adolescents dysphoriques
Publiée dans la revue scientifique Acta Paediatrica, cette recherche dirigée par la professeure Riittakerttu Kaltiala s’appuie sur des données nationales d’une ampleur et d’une qualité remarquables. Elle couvre l’ensemble des jeunes Finlandais de moins de 23 ans orientés vers les deux cliniques spécialisées entre 1996 et 2019, soit une cohorte de 2 083 patients, comparée à plus de 16 000 témoins appariés. Le suivi, fondé sur les registres de santé publique, s’étend jusqu’à l’âge de 25 ans, ce qui confère à l’étude une solidité peu commune dans ce domaine.
L’observation la plus préoccupante concerne toutefois l’évolution après les interventions médicales. Chez les jeunes ayant entrepris une transition hormonale ou chirurgicale, les besoins en soins psychiatriques augmentent fortement au cours du suivi. Loin de traduire une amélioration globale de la santé mentale, ces données suggèrent une persistance, voire une aggravation des troubles. Les auteurs soulignent par ailleurs que ces difficultés étaient, dans la plupart des cas, antérieures à la dysphorie elle-même, et qu’elles semblent encore plus marquées dans les cohortes récentes.
Les chercheurs en tirent une conclusion mesurée mais ferme : les interventions médicales de transition ne s’accompagnent pas d’une diminution des troubles psychiatriques chez ces jeunes. Ils évoquent également la possibilité que, pour une partie d’entre eux, la dysphorie de genre s’inscrive dans un tableau plus large, incluant notamment des troubles du spectre autistique, des états dépressifs ou des troubles anxieux.
Ces résultats s’inscrivent dans une évolution plus large observée dans plusieurs pays européens, où les autorités sanitaires tendent désormais à privilégier une approche prudente, centrée d’abord sur l’accompagnement psychothérapeutique, et à restreindre l’usage des traitements hormonaux chez les mineurs.
Il serait réducteur de nier la souffrance réelle de ces adolescents. Elle est indéniable et appelle une réponse attentive, humaine et compétente. Mais cette étude invite à interroger avec sérieux la pertinence de réponses médicales lourdes et parfois irréversibles dans des situations où les fragilités psychiques sont profondes, complexes et souvent antérieures.
Dans un domaine où les positions peuvent rapidement se polariser, ces données rappellent l’exigence première de la médecine : ne pas nuire. Elles suggèrent qu’une approche globale, prudente et centrée sur la santé mentale dans toute sa complexité mérite d’être privilégiée, plutôt que de recourir précocement à des interventions dont les bénéfices, au vu des données actuelles, demeurent incertains.
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jeudi 22 janvier 2026
Une école davantage faite pour assurer la paix sociale que pour instruire
Si la dégradation de notre système scolaire [français] n’a pas été directement causée par l’immigration de masse, celle-ci en aggrave tous les aspects : communautarisme conquérant, violence débridée, niveau en chute libre. Et puisqu’il est encore interdit d’en faire le constat, il paraît difficile d’envisager ne serait-ce que l’ébauche d’une solution.
Le récent retour du débat sur les “temps scolaires”, à l’occasion de la publication du rapport de la convention citoyenne sur le temps de l’enfant, prouve, s’il était encore besoin d’une preuve en la matière, le refus définitif de nos gouvernants de s’attaquer aux véritables maux de l’école. Quand le niveau des élèves s’effondre, quand la violence se banalise dans les établissements et quand il devient impossible de pourvoir tous les postes d’enseignants, on ergote sur l’organisation des journées et sur la durée des vacances… Naturellement, le nombre d’heures de cours et leur répartition resteront des données accessoires tant que le professeur devra passer la majeure partie de son temps en classe à faire la discipline et tant qu’aucune forme d’exigence ou de sélection ne viendra pousser les élèves à travailler.
Chacun en a bien conscience désormais, notre école est malade et notre système éducatif au bord de l’effondrement. La raison en est d’abord la disparition de l’autorité du professeur et de toute l’échelle des sanctions sous l’effet de l’idéologie post-soixante-huitarde, ainsi qu’une orientation pédagogique délirante, qui fait encore dire à des inspecteurs aujourd’hui que l’enseignant ne doit pas incarner une “posture de savoir” face aux élèves ni leur transmettre ce savoir de manière “descendante”. La plupart des acteurs du système sont encore partie prenante de cette idéologie et ce faisant, ils ont largement contribué à creuser leur propre tombe depuis des années.
Cependant, à côté de ces dérèglements propres au système éducatif, d’autres facteurs extérieurs sont venus dans le même temps peser sur lui et aggraver son délitement depuis les années 1980 ; il s’agit en particulier de l’immigration massive de personnes issues du monde arabo-musulman et de l’Afrique subsaharienne. Certes, excepté quelques hypocrites ou fanatiques, chacun reconnaît désormais le poids de cette immigration dans différents domaines, comme la délinquance, le trafic de drogue, l’insécurité ou le terrorisme. On commence également à prendre conscience du poids de ce phénomène sur notre système social et notre système de santé, même si le sujet est rarement abordé de manière directe.
C’est par le biais de questions comme celle du financement de l’aide médicale de l’État, de la dette des étrangers dans nos hôpitaux, des visas accordés pour soins ou encore de la pénurie d’organes pour les greffes que le rôle joué par l’immigration dans l’effondrement de notre hôpital parvient à se frayer une place dans le débat public.
Mais s’agissant de l’école, le mot n’est pratiquement jamais prononcé et, pourtant, il est notoire que les établissements difficiles, classés en “réseau d’éducation prioritaire” (Rep ou Rep+), sont fréquentés en très grande majorité par des élèves issus de l’immigration. « C’est l’éléphant dans la pièce », écrivait dans un article du Figaro Joachim Le Floch-Imad, l’un des rares à aborder la question, notamment dans son dernier livre, Main basse sur l’éducation nationale (Les Éditions du Cerf), mais également dans une récente note pour l’Observatoire de l’immigration et de la démographie.
Le déni de la société sur ce sujet reste aujourd’hui presque total et n’a d’égal que le déni des acteurs sur le terrain. Ainsi, une étude de l’association Le choix de l’école, sortie le 15 octobre 2025, stipulait que « sept professeurs sur dix travaillant en Rep l’ont fait par choix », et que « deux professeurs sur trois disent vouloir rester dans les cinq prochaines années » à leur poste. Le président de l’association insistait encore sur la « fierté d’enseigner en Rep », procédant chez ces enseignants d’un « fort sentiment d’utilité sociale ». Ce type d’enfumage est classique concernant des zones et des établissements où, en réalité, personne n’a envie d’aller travailler, comme en témoignent on ne peut plus clairement les “barres” de mutation de l’éducation nationale, qui indiquent le nombre de points qu’un professeur doit avoir gagné, par ancienneté ou par sa situation familiale, pour obtenir sa mutation dans un établissement. Évidemment, plus un établissement est demandé, plus il faut de points pour l’obtenir. Dans une matière comme le français, il faut 14 points pour enseigner dans un collège de Seine-Saint-Denis, et il en faut entre 700 et 1000 pour enseigner dans un bon établissement de Paris intra-muros. On trouvera donc toujours pléthore de ces enseignants qui clament leur amour pour les élèves de ces établissements et affirmeront mordicus qu’ils sont heureux d’y travailler ; cependant, presque aucun n’y reste une fois les fameux points acquis, comme en témoigne le jeune âge des équipes travaillant en Rep et Rep+.
mardi 13 janvier 2026
France — Chute de la fécondité en 2025 pire que la pire prévision de l'INED en 2021
C'est l'équivalent :
- de la population d'une ville comme Grenoble ou Angers
- de 7000 classes d'école primaire ou de 300 collèges
- des naissances de 85 maternités en 2015.
L'année 2025 est un tournant : pour la première fois en temps de paix, on compte plus de personnes qui meurent que d'enfants qui naissent en France.
Le solde naturel, c'est-à-dire l'écart entre les naissances et les décès connaît une trajectoire vertigineuse.
Encore largement positif il y a une décennie, il est désormais négatif.
025, c'est aussi l'année où pour la première fois, le taux de fécondité passe sous la barre des 1,6 enfants par femme en France.
À 1,56 enfant par femme, c'est un plus bas historique.
«Les jeunes sont bercés dans l’idée qu’il y a une crise écologique, économique, géopolitique, institutionnelle ; que tout est foutu», révèle la psychologue Marie-Estelle Dupont, dans #HDPros, revenant sur la baisse de naissances enregistrées en 2025 pic.twitter.com/XUFdAiMUwE
— CNEWS (@CNEWS) January 15, 2026
Tout cela dépasse les scénarios les plus pessimistes développés jusqu'à présent.
Il faut chercher dans les annexes des projections INED/INSEE de 2021 pour trouver une hypothèse de "fécondité très basse", qui tablait sur... 1,69 enfant par femme en 2025.
Pourquoi les Français ont moins d'enfants ? Quatre facteurs principaux sont fréquemment évoqués :
- Parce qu'ils en veulent moins (les « valeurs » modernes...)
- Parce que leurs modes de vie ne sont pas favorables (moins de couples, plus de séparations)
- À cause de contraintes matérielles (difficulté de logement, mode de garde car femmes travaillent plus en dehors du foyer)
- À cause d'une incapacité biologique (études plus longues, formation des couples conjugaux plus tardives)
Si les Français ont moins d'enfants, la première raison est tout simplement qu'ils en veulent moins.
En seulement 20 ans, le nombre d'enfants souhaités s'est effondré, et ce, quelle que soit la tranche d'âge (il est cependant toujours supérieur d'environ 30 % au nombre d'enfants nés dans la famille).
L'évolution des modes de vie est à bien des égards défavorable à la natalité.
La part des personnes vivant en couple a très fortement reculé. Pour les jeunes femmes de 25 ans, ce taux a même baissé de 30% en 30 ans.
Si, statistiquement, moins de personnes sont en couples à un moment donné, c'est en partie lié à la hausse des séparations conjugales.
Certaines séparations ont lieu avant qu'il y ait eu un enfant et d'autres ont lieu après la naissance d'un ou plusieurs enfants. On peut supposer que le doublement du taux de familles monoparentales parmi les foyers avec enfants freine la naissance d'autres enfants.
Au-delà des modes de vie différents, les ménages se heurtent à des contraintes matérielles et financières. Les prix du logement, en particulier en milieu urbain, ont explosé en 20 ans, augmentant 4 fois plus vite que le revenu des ménages.
Enfin, même quand les conditions sont satisfaisantes, le désir d'enfant se heurte parfois à une autre barrière, biologique cette fois. Les femmes ont leur premier enfant de plus en plus tard, à des âges où la fertilité est plus faible.
samedi 20 décembre 2025
À Paris, l’inexorable chute du niveau dans les très bons lycées publics
Depuis la réforme d’Affelnet en 2021, l’origine sociale compte autant que les notes, si ce n’est plus, pour intégrer un établissement réputé. Et les résultats ont considérablement baissé. Affelnet (Affectation des élèves par le Net) est la plateforme informatique du ministère de l'Éducation nationale français qui gère l'affectation centralisée des collégiens de 3e dans les lycées publics (seconde générale, technologique, professionnelle ou CAP) en fonction de leurs vœux, résultats scolaires, critères sociaux et localisation géographique, grâce à un algorithme qui classe les élèves pour leur attribuer une place dans un établissement à la rentrée
L’indice de positionnement social utilisé pour organiser la mixité scolaire augmente les candidatures des élèves des collèges défavorisés et pèse sur les résultats des lycées élitaires.
![]() |
| Lycée Charlemagne. En 2025, Charlemagne s’est ainsi tout juste maintenu dans le top 100 du classement du Figaro Étudiant. |
Pourtant, la situation a bien changé depuis 2021 et la réforme d’Affelnet, cette plateforme de répartition des élèves de 3e vers le lycée. Le recteur de l’académie de Paris et chef d’orchestre de la réforme, Christophe Kerrero, l’avait du reste annoncé : le problème, c’était les « lycées de niveau» (comprendre, les établissements élitistes et attractifs). Puisqu’ils engendraient une « anxiété généralisée », le rectorat entendait introduire davantage de mixité sociale et scolaire dans les établissements de la capitale.
Objectif atteint : entre 2019 et 2023, la « ségrégation sociale » a baissé de 49 %, et la « ségrégation scolaire » de 39 % dans les lycées publics parisiens, selon le bilan du comité de suivi de la réforme de mars 2024. Mais cette mixité scolaire, et l’accueil d’élèves au niveau plus hétéroclite, présentés de manière positive par le rectorat, ont conduit à une baisse du niveau des meilleurs lycées publics parisiens. Une crainte exprimée au moment de la réforme par une partie des parents d’élèves et des enseignants des lycées les plus prestigieux.
mardi 9 décembre 2025
Canada — 125 églises incendiées ou vandalisées depuis l'annonce de la découverte de tombes à l'ancien internat de Kamloops
Mise à jour du 9 décembre 2025
À travers le Canada, au moins 123 églises chrétiennes à travers le Canada ont été vandalisées, incendiées ou profanées, et à ce jour, AUCUNE enquête fédérale n'a été ouverte à ce sujet à ce jour.
La vague de violence contre les lieux de culte chrétiens a éclaté après la prétendue découverte de tombes anonymes près d'un pensionnat indien à Kamloops, en Colombie-Britannique. Bien que la Première Nation elle-même ait qualifié ces découvertes d'« anomalies » et n'ait pas confirmé qu'il s'agissait bien de tombes, la tempête médiatique qui a suivi a déclenché une vague de haine anti-chrétienne.
Quelques églises incendiées ces derniers mois:
Église orthodoxe ukrainienne All Saint’s, Bellis, Alberta
Une église orthodoxe ukrainienne vieille de près de 100 ans située à Bellis, en Alberta, a été détruite dans un incendie survenu le 21 septembre 2025. Selon la GRC, cet incendie aurait été allumé délibérément dans le cadre d’une série de crimes violents comprenant des vols de véhicules, des agressions contre des policiers et des incendies criminels. Trois suspects de la Première Nation de Saddle Lake, dont un jeune, ont été arrêtés et inculpés.
Église Thunderchild Word, Première Nation de Thunderchild, Alberta
La GRC enquête sur un incendie survenu le 1er septembre 2025 qui a détruit l'église Thunderchild Word Church de la Première Nation Thunderchild, au nord-ouest de North Battleford, causant plus de 250 000 dollars de dommages, mais sans faire de blessés. Bien que la cause n'ait pas encore été déterminée, les députés locaux et les dirigeants de l'église affirment que cet incendie reflète une augmentation inquiétante des crimes haineux contre les lieux de culte, et la congrégation s'est engagée à reconstruire l'église.
Grace United Church, Lloydminster, Alberta
Le 3 juillet 2025, les pompiers de Lloydminster ont rapidement maîtrisé un incendie mineur à la Grace United Church après avoir reçu un appel à 13 h 18 et être arrivés sur les lieux en moins de trois minutes. Bien que l'incendie ait produit une épaisse fumée et des résidus d'extincteur, aucun blessé n'a été signalé et l'enquête sur les causes se poursuit.
Notre-Dame-des-Neiges, Colville Lake, Territoires du Nord-Ouest
L'église historique en rondins Notre-Dame-des-Neiges de Colville Lake, construite dans les années 1960 par le prêtre et artiste Bern Will Brown, a été détruite dans un incendie le 16 septembre 2025, qui n'a fait aucun blessé.
Église baptiste Cherryfield, Moncton, Nouveau-Brunswick
En août 2025, les pompiers de Moncton ont rapidement maîtrisé un incendie qui s'était déclaré dans le sous-sol de l'église baptiste Cherryfield, vieille d'un siècle, empêchant ainsi la destruction totale de ce bâtiment historique. Bien que l'église ait subi des dommages causés par le feu au sous-sol et par la fumée dans l'ensemble du bâtiment, aucun dommage structurel ni aucune blessure n'ont été signalés, et l'enquête sur les causes de l'incendie se poursuit.
Église luthérienne Our Saviour, London, Ontario
Le 25 avril 2025, les pompiers de London sont intervenus tôt le matin pour éteindre un incendie à l'église luthérienne Our Saviour, située sur Brydges Street, qui a endommagé le toit de l'église et détruit un hangar adjacent. Aucun blessé n'a été signalé, et les enquêteurs cherchent à déterminer la cause de l'incendie extérieur.
Voir aussi
Mise à jour du 30 septembre 2024
dimanche 30 novembre 2025
France — le poids de l’immigration sur l’école
Depuis 2007, le nombre d’élèves nés à l’étranger dont la langue maternelle n’est pas le français a augmenté de 153 %.
• Si elle n’est pas la cause unique des difficultés de l'école française, l’immigration, dans sa forme actuelle, les exacerbe toutes. Le sujet demeure pourtant absent du débat public, quand bien même plus de trois-quarts des Français se disent favorables à une politique migratoire plus ferme. Cette situation constitue une anomalie démocratique à corriger et un défi politique à relever.
• Avec 40 % des enfants de moins de quatre ans en France immigrés ou d’origine immigrée, plus d’un élève de CM1 sur cinq qui parle une autre langue que le français à la maison, l’immigration change le visage du système éducatif français.
• Le nombre d’élèves allophones nouvellement arrivés (EANA) a augmenté de 153 % depuis l’année scolaire 2007-2008. Pour répondre à ces difficultés, le Ministère multiplie les programmes spécifiques, contribuant à segmenter les missions d’une école déjà fragilisée.
• Dans 73 % des pays évalués dans le cadre de la dernière enquête PISA, les élèves issus de l’immigration affichent en mathématiques un score inférieur à celui des élèves « autochtones » (ni immigrés ni enfants d’immigrés), avec un écart moyen de 29 points.
• Le problème ne se limite toutefois pas à ces cas spécifiques. En France, d’après l’enquête PISA 2022, les élèves issus de l’immigration rencontrent plus souvent des difficultés en mathématiques, avec un écart moyen de 47 points entre « autochtones » et enfants d’immigrés, et de 60 points entre autochtones et immigrés, soit l’équivalent d’un an et demi de retard scolaire. Cette différence de niveau, nettement plus frappante que chez nos voisins, contribue à le recul français au classement PISA, avec un score national moyen en mathématiques de 474 points (contre 485 points pour les seuls élèves sans ascendance migratoire directe).
• Selon l’Insee, 23,9 % des enfants d’immigrés ne terminent pas leurs études initiales, contre 12,9 % des Français sans ascendance migratoire. En moyenne, les immigrés ou descendants d’immigrés redoublent davantage, sont surreprésentés dans les filières spécialisées, accèdent moins souvent au lycée général et technologique et ont un moindre niveau de diplôme.
• Il n’existe pas une, mais des immigrations, aux trajectoires contrastées et surprenantes. Les enfants de l’immigration d’Asie du Sud-Est sont ainsi en sur-réussite scolaire par rapport aux Français d’ascendance française. À l’inverse, les descendants d’immigrés du Maghreb, d’Afrique subsaharienne ou de Turquie rencontrent, en moyenne, des difficultés scolaires plus précoces et plus durables.
• Selon l’enquête TALIS 2018, seuls 8 % des enseignants français se disent correctement préparés par leur formation à travailler dans des environnements multiculturels, contre 26 % en moyenne dans l’OCDE.
• Si l’immigration pèse davantage sur l'école française que sur celles de nos voisins, c’est parce que la France accueille des flux migratoires plus extra-européens, moins diplômés et plus précaires que la moyenne de l’OCDE.
• Pour mesurer l’impact de l’immigration sur l'école, il faut la regarder telle qu’elle est, non telle qu’on aimerait qu’elle soit. Le débat consistant à savoir si le problème est migratoire ou socio-économique, en dépit de son intérêt théorique, importe peu en pratique. Par ailleurs, même en tenant compte des niveaux socio-économiques, une différence de 17 points subsiste entre immigrés et « autochtones » en mathématiques dans l’étude PISA.
• Les populations accueillies ne renonçant pas, une fois installées, aux bagages culturels qu’elles apportent, les flux migratoires apparaissent étroitement liés à la dégradation du climat scolaire, à la montée des violences et à la recrudescence des atteintes à la laïcité comme des tensions religieuses et identitaires. Ainsi, selon l’IFOP, 71 % des enfants de deux parents nés hors d’Europe ayant assisté à des violences physiques contre un élève juif parce qu’il était juif déclarent les avoir approuvées, contre 26 % de l’ensemble des élèves.
• Avec plus d’un millier de mineurs fichés pour islamisme, 38 % des élèves musulmans refusant de « condamner totalement » l’assassinat de Dominique Bernard et 81 % des lycéens musulmans jugeant injustifié de montrer en classe des dessins caricaturant les religions, l’immigration alimente, sur fond d’explosion des contestations d’enseignements, un prosélytisme islamiste qui décompose de l’intérieur l’école de la République.
• La pression exercée par l’immigration sur l'école française apparaît difficilement soutenable. Pour sortir de ce « cercle vicieux », il est nécessaire, sans céder à la stigmatisation et sans nier les belles trajectoires qui existent à l’échelle individuelle, de réduire drastiquement les flux migratoires et, parallèlement, de mettre en œuvre des politiques éducatives de rupture.
Source : Marianne
jeudi 13 novembre 2025
Mali — Suspension des cours dans les écoles et universités pour cause de pénurie d'essence (m à j)
Billet du 27 octobre
Le ministre malien de l’Éducation a annoncé la suspension des cours dans les écoles et universités de tout le pays pour une durée de deux semaines.
Trente-huit mois après le départ des troupes françaises du Mali et l'arrivée au pouvoir d'un junte militaire hostile à la France, la situation se détériore.
Cette mesure intervient alors que des militants djihadistes ont imposé un blocus des importations de carburant à destination de Ouagadougou, provoquant une pénurie d’essence.
« Les cours seront suspendus sur l’ensemble du territoire national du lundi 27 octobre 2025 au dimanche 9 novembre 2025. Les cours reprendront le 10 novembre 2025.
Cette décision est motivée par des perturbations dans l’approvisionnement en carburant, qui ont affecté les déplacements du personnel scolaire. Afin d’assurer la continuité de l’enseignement et l’achèvement des programmes d’études, des dispositions sont prises pour ajuster les calendriers scolaires et universitaires », a déclaré Amadou Sy Savané, ministre malien de l’Éducation, à la télévision nationale.
Les militants du groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, soutenu par Al-Qaïda, ont annoncé début septembre l’interdiction des importations de carburant en provenance des pays voisins vers le Mali, mettant à mal l’économie fragile du pays enclavé et laissant des centaines de camions-citernes bloqués à la frontière.
Le Mali, tout comme ses voisins le Burkina Faso et le Niger, lutte contre l’insurrection menée par des groupes armés, dont certains sont alliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des rebelles locaux.
Le départ des troupes françaises du Mali s'est achevé le 15 août 2022 après plus de neuf ans d'intervention, suite à la décision d'Emmanuel Macron du 17 février 2022. Ce retrait a été motivé par la dégradation des relations avec la junte malienne au pouvoir.
Mali 🇲🇱
— Sahel Alerte (@SahelAlerte) October 27, 2025
Cinq ans après l’arrivée d’Assimi Goïta au pouvoir, la situation du Mali est pire que jamais.
Le pays est plongé dans l’insécurité, la misère et l’isolement international.
Les groupes armés se renforcent pendant que l’État perd le contrôle du territoire. pic.twitter.com/A8BDFB8EQY
lundi 10 novembre 2025
Crèches universelles : la promesse et les dérives d’un modèle québécois exporté
L’idée d’un service universel de garde d’enfants séduit de plus en plus les pays riches. Dans un contexte de crise démographique et de pénurie de main-d’œuvre, la promesse de concilier maternité et carrière exerce une forte attraction politique. Aux États-Unis, plusieurs gouverneurs démocrates et le futur maire de New York, Zohran Mamdani, s’en inspirent ouvertement. Le Nouveau-Mexique vient d’étendre la gratuité complète des garderies à toutes les familles, quel que soit leur revenu. L’ambition affichée : soulager les ménages et permettre aux femmes de rester actives sur le marché du travail.
Ce virage s’appuie sur un précédent souvent cité comme modèle : le Québec, pionnier en la matière. En 1997, la province lança un vaste programme de garde subventionnée à cinq dollars par jour, inspiré des travaux du prix Nobel James Heckman et du célèbre Perry Preschool Project mené dans les années 1960 à Ypsilanti, aux États-Unis. Cette expérience pilote, menée auprès d’enfants défavorisés de trois ans, avait montré des effets spectaculaires : meilleure réussite scolaire, baisse de la criminalité et gains sociaux durables. Ces résultats ont servi de référence mondiale, notamment pour les politiques de Tony Blair au Royaume-Uni ou de Barack Obama aux États-Unis.
Mais, comme le rappelle The Economist, le Québec n’a pas reproduit les conditions de ces essais : il les a étendus à toute la population, dès la naissance, sans garantir la même qualité éducative. Les effets ont été rapidement mesurés. Une étude majeure signée Jonathan Gruber (MIT), Michael Baker (Université de Toronto) et Kevin Milligan (UBC) a suivi des cohortes d’enfants québécois sur plusieurs années à partir des données de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes. Le verdict est sévère : hausse nette de l’anxiété, de l’agressivité et de l’hyperactivité, baisse des compétences sociales et motrices. L’impact a été suffisamment marqué pour se traduire plus tard par une augmentation des crimes contre les biens et de la consommation de drogues chez les adolescents québécois.
Les chercheurs soulignent que le programme québécois a certes stimulé la participation féminine au travail – le taux d’emploi des mères a bondi de huit points pour atteindre aujourd’hui environ 87 %, l’un des plus élevés du monde – mais au prix d’un coût humain et social ignoré. En privilégiant la productivité à court terme, l’État a parfois compromis le bien-être des enfants et, paradoxalement, celui des familles.
Le trio a publié sa première étude en 2005, et les résultats étaient accablants. Le passage à la garde d'enfants universelle semblait entraîner une augmentation de l'agressivité, de l'anxiété et de l'hyperactivité chez les enfants québécois, ainsi qu'une baisse des capacités motrices et sociales. Les effets étaient importants : les taux d'anxiété ont doublé ; environ un tiers d'enfants supplémentaires ont été signalés comme hyperactifs. En effet, la différence entre les taux d'hyperactivité était plus importante que celle généralement observée entre les garçons et les filles.
Dix ans plus tard, lorsque les enfants étaient au secondaire, les auteurs ont poursuivi leur suivi. Le meilleur que l’on puisse dire est que le programme n’a eu aucun effet sur les résultats scolaires ni sur les capacités cognitives. En revanche, les enfants ont déclaré un niveau de satisfaction de vie plus faible. De plus, une hausse de la délinquance juvénile au Québec, comparativement au reste du Canada, laisse entendre qu’ils ont été condamnés pour environ un cinquième de crimes supplémentaires liés à la drogue et aux biens.
Interrogé par le New York Times, James Heckman lui-même a pris ses distances : « Ce que le Québec a créé, ce ne sont pas des écoles préscolaires de qualité, mais des entrepôts d’enfants », déclarait-il. Là où les expériences américaines misaient sur un encadrement intensif et une relation de confiance entre éducateurs et enfants, le Québec a choisi la quantité : un système massif, impersonnel, fonctionnant à coût réduit.
Cette dérive illustre la différence entre deux visions :
-
d’un côté, le modèle ciblé et qualitatif, limité aux enfants défavorisés, qui offre de réels gains éducatifs et sociaux ;
-
de l’autre, le modèle universel et extensif, qui prétend égaliser les chances mais finit souvent par niveler par le bas.
Ce constat résonne en France, où les crèches sont aussi fortement subventionnées – jusqu’à 85 % du coût pris en charge. Là encore, la recherche nuance les résultats. Des travaux de Lawrence Berger, Lidia Panico et Anne Solaz (Ined) montrent que les enfants confiés à une crèche dès l’âge d’un an présentent à deux ans davantage de troubles du comportement que ceux gardés par leurs parents ou une assistante maternelle. Autrement dit, plus la socialisation précoce est forcée, plus elle semble fragiliser le développement affectif.
Les premières années sont cruciales : le développement cognitif et émotionnel des bébés dépend avant tout d’un contact étroit et stable avec un adulte de référence. Ce besoin d’interaction intense explique pourquoi les économies d’échelle ne fonctionnent pas dans les garderies d’enfants en bas âge. Une éducatrice peut superviser vingt élèves à l’école, une douzaine à la maternelle, mais à peine deux ou trois nourrissons en crèche. Toute réduction du ratio qualité/présence adulte se traduit immédiatement par une baisse du bien-être des enfants.
Cette exigence de qualité rend le modèle extrêmement coûteux. La Finlande, qui maintient un système de garde très encadré et généreusement financé, dépense bien davantage que la moyenne de l’OCDE. À l’inverse, les pays qui cherchent à « universaliser » la garde sans moyens suffisants – comme le Québec ou désormais certains États américains – en paient le prix à long terme : dégradation du développement des enfants, pression budgétaire, et tensions sociales croissantes.
Enfin, un angle mort majeur du débat reste occulté : celui de la discrimination entre mères. Au Québec, une femme qui choisit de garder elle-même ses jeunes enfants ne reçoit aucune aide publique, contrairement à celle qui les confie au réseau subventionné. Cette iniquité, rarement discutée, traduit un biais idéologique : le modèle valorise le travail salarié féminin, mais pénalise la maternité à domicile. Il impose une norme économique plutôt qu’un véritable choix familial, marginalisant les femmes qui privilégient la présence auprès de leurs enfants durant leurs premières années.
Ainsi, la garde universelle, vantée comme moteur d’égalité et de prospérité, révèle un paradoxe : elle libère certaines femmes, mais en enferme d’autres dans une logique de conformité sociale. Le cas québécois, admiré à l’étranger, montre qu’une politique de la petite enfance ne peut se réduire à des chiffres d’emploi. Elle doit aussi considérer la qualité du lien, la diversité des parcours familiaux et la liberté réelle des parents.
Comme le conclut The Economist, les sociétés modernes se heurtent à un dilemme : soit renvoyer les mères à la maison sans soutien, soit les inciter à confier leurs bébés à des structures surchargées et mal adaptées. Entre ces deux extrêmes, il reste à inventer un modèle qui respecte à la fois le développement des enfants, la liberté des femmes et la justice entre familles.
Voir aussi
Québec — les enfants de quatre ans (4) peuvent être déclarés non binaires à la maternelle
Québec — Cours d'éducation à la sexualité ou comment endommager une génération en une seule prise...
Cognitive and non-cognitive costs of daycare 0–2 for children in advantaged families
Épidémie de détresse chez les enfants en CPE et chez les enfants nantis
La maternelle à 4 ans au Québec, étude : peu d’effets positifs
Une nouvelle étude souligne les conséquences néfastes des garderies « universelles » québécoises
lundi 1 septembre 2025
École publique : pourquoi rien ne bouge en France
Billet d'humeur d'Éric Brunet sur LCI:
🔴 "École publique : pourquoi rien ne bouge !"
— LCI (@LCI) September 1, 2025
▶️ L'humeur d'@ericbrunet dans Brunet sans filtre sur LCI pic.twitter.com/gmGeFfbahz
vendredi 30 mai 2025
Nouveau député à Ottawa dit représenter le Roi au parlement fédéral et non ses électeurs
Notre nouveau député, élu "pour représenter le roi à Ottawa". Dites-moi que j'ai mal entendu!!! pic.twitter.com/NsgKT2D7mS
— labergenicole (@laberge_nicole) May 29, 2025
(La vidéo a été supprimée)
Il s'agit de Natilien Joseph élu dans Longueuil–Saint-Hubert.Le 9 avril, Le Courrier du Sud révélait que M. Joseph suivait sur son compte Instagram officiel de candidat un nombre important de comptes à caractère sexuellement explicite.
Moins d’une journée après une publication Facebook de «L’Actualité en mèmes» à ce propos, de nombreux abonnements avaient disparu (dont les plus suggestifs), avant que la page du compte soit entièrement supprimée. M. Joseph a évoqué la thèse d’un piratage.
Le Journal a joint l'agente de M. Joseph: «On est au courant pour la demande de retrait, mais on va en rester là. Pas de commentaire», de déclarer Nersa Dorismond. Le candidat libéral s’est désisté à la dernière minute d’un débat prévu entre lui et le député sortant Denis Trudel, à la radio FM 103,3 lors de la campagne électorale.
Convoqué par Le Courrier du Sud à une entrevue réunissant aussi les députées sortantes libérales Sherry Romanado et Alexandra Mendès, M. Joseph ne s’est pas pointé. Il avait confirmé sa présence plusieurs jours plus tôt, et l’avait réitéré quelques heures avant.
mardi 27 mai 2025
Québec — taux de chômage des immigrants récents (moins de 10 ans) est plus du double de celui des Québécois d'origine
Selon un rapport de l'Institut du Québec d'octobre 2024:
L'afflux important d'immigrants temporaires a conduit à une expansion rapide de la population active, qui a surpassé le rythme de création d'emplois. Ce sont les immigrants eux-mêmes, tant permanents que temporaires, qui en ont payé le prix. Ainsi, au Québec, le taux de chômage des personnes natives du Canada a très peu augmenté au cours de la dernière année pour atteindre un très faible 4,6 %, tandis que celui des immigrants permanents récents (11 %) et temporaires (12,5 %) s’est considérablement accru.
jeudi 24 avril 2025
Illustration du wokisme : les deux versions de Mulan par Disney
En comparant les scénarios du premier « Mulan » sorti en 1998 et celui du remake sorti 2020, @SamuelFitouss10 montre comment l’influence du wokisme a rendu les rôles de femme dans la fiction insipides et antipathiques.
— Transmission (@TransmissionYT) April 24, 2025
Retrouvez toute la conversation sur notre chaine Youtube ! pic.twitter.com/T8LyZPOzab
mercredi 9 avril 2025
Les erreurs les plus communes en français des jeunes Québécois
Erreurs liées à la graphie des mots
87 %, au moins une erreur
37 %, cinq erreurs ou plusanfent [enfant]
actualitée [actualité]
aujourdhui [aujourd’hui]
Erreurs liées au nombre selon le sens dans la phrase
76 %, au moins une erreur
chaque élèves [chaque élève]
les journal [les journaux]
les dernières découverte [les dernières découvertes]
L’échantillon retenu par le ministère de l’Éducation pour son analyse se veut représentatif du milieu scolaire avec 94 % d’élèves issus du secteur public et 6 % du privé. Ce genre d’erreurs plaide pour un recentrage de l’enseignement du français vers les « régularités », estime Suzanne G. Chartrand qui s'exprime dans les colonnes de La Presse, qui démolit le mythe voulant que la langue de Molière soit faite « d’exceptions ». « C’est faux, faux, faux », dit-elle en insistant sur le fait qu’il s’agit plutôt « d’un paquet de régularités » et sur l’importance de les répéter aux élèves.
Erreurs liées à l’accord avec le sujet constitué d’un pronom
57 %, au moins une erreur
tu pourraient [tu pourrais]
on aurais [on aurait]
ils termines [ils terminent]
Dans le cadre de l’épreuve ministérielle d’écriture de l’an dernier, les élèves devaient rédiger une lettre destinée à leur enseignante pour lui faire des suggestions afin d’intéresser la classe à l’actualité. Ils avaient alors le droit de consulter un dictionnaire, une grammaire et des tableaux de conjugaison. « Mais encore faut-il qu’ils aient bel et bien ces ouvrages », souligne Martin Lépine interrogé par La Presse en rappelant qu’ils sont aujourd’hui absents de nombreuses classes, tout comme le fameux Bescherelle.
Erreurs liées à l’accord en nombre du déterminant
48 %, au moins une erreur
cet arguments sont [ces arguments sont]
tout les jours sont [tous les jours sont]
les jeune lit [le jeune lit]
Ce genre d’erreurs milite en faveur d’une pratique beaucoup plus fréquente de l’écriture en classe, estime Martin Lépine, puisqu’« en s’exerçant à réécrire, les élèves sont capables eux-mêmes de les identifier ». Certaines sont si flagrantes qu’il pourrait s’agir d’erreurs d’inattention, ajoute-t-il.
Erreurs liées à l’accord en nombre de l’adjectif
44 %, au moins une erreur
le premiers sport [le premier sport]
mes expériences scientifique [mes expériences scientifiques]
les petit monstres [les petits monstres]
Les experts consultés relèvent qu’il aurait fallu évaluer les erreurs de syntaxe des élèves, ce qui n’a pas été fait. Ils rejettent par ailleurs l’idée que la qualité du français s’est dégradée chez les jeunes Québécois. « Il y a toujours des esprits chagrins qui parlent d’une époque où tout le monde était un génie, mais il faut rappeler qu’il y a de nombreuses années, la plupart des Québécois signaient leur nom d’une croix », souligne Martin Lépine.
Erreurs liées à l’accord en genre
40 %, au moins une erreur
cher Madame Francine [chère Madame Francine]
l’actualité international [l’actualité internationale]
le domaine préférée [le domaine préféré]
Martin Lépine souligne que le fait de rédiger 300 mots, comme l’ont fait 70 % des élèves dont les copies ont été analysées, représente beaucoup de pression pour un jeune âgé de 11 à 12 ans, surtout dans les quatre heures imparties pour l’épreuve. Certains, dont les parents consultent « l’actualité internationale », par exemple, sont alors avantagés s’ils voient au quotidien comment ce mot est écrit. Un exemple qui démontre encore une fois l’importance de la lecture selon lui.
Erreurs liées à l’accord avec le sujet
40 %, au moins une erreur
l’actualité internationale pourraient les intéresser [l’actualité internationale pourrait les intéresser]
les jeunes reste [les jeunes restent]
la radio ne peux pas [la radio ne peut pas]
S’ils sont d’abord destinés aux enseignants, les résultats de cette analyse serviront également au ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, dans l’élaboration de sa réforme de l’enseignement du français qu’il présentera plus tard ce printemps, lui qui a fait de la valorisation de la langue à l’école l’une des priorités de son mandat. Répertorier les erreurs les plus fréquentes était d’ailleurs un de ses engagements.
Enseigner à une génération qui s’ennuie
Texte de Francis O’Shaughnessy publié dans Le Devoir, l’auteur est professeur dans un cégep à Montréal.
Depuis 2020, je m’interroge sur ma motivation à enseigner et si mon rôle a encore un sens. Mes salles de classe sont loin du lieu d’échange et de savoir auquel j’aspirais. Ce siècle, empreint de vacuité, a engendré des générations qui s’ennuient, qui éprouvent un profond vide intérieur et qui trouvent refuge dans une réalité virtuelle illusoire.
Le désintérêt d’une génération pour le travail
Les jeunes de la génération Z sont de plus en plus passifs en classe, ayant du mal à se concentrer et à participer activement. Ils montrent également une nette aversion à s’investir dans leurs lectures, à construire des textes cohérents et à communiquer efficacement. Ils se tournent souvent vers l’intelligence artificielle pour compenser ces lacunes, et leurs créations artistiques manquent d’originalité et de profondeur.
Depuis quelques années, j’observe avec inquiétude le désintérêt des étudiants pour le travail intellectuel et plastique. Depuis la pandémie, mes classes se vident progressivement dès le troisième cours, car la présence en classe n’est pas obligatoire, mais fortement encouragée, surtout en atelier pratique. Sur les 25 personnes qui composent mes groupes, seulement 12 assistent réellement aux cours sur une base régulière. Ainsi, à mon cégep, l’absentéisme et les retards en classe sont un problème majeur qui touche toutes les disciplines.
De plus, nous n’avons pas en application la notion du double seuil, c’est-à-dire l’obtention de 60 % pour l’ensemble de la session et pour l’épreuve certificative. Ainsi, une nouvelle tendance est apparue chez les étudiants : l’absence aux examens finaux. Dans mes classes, la participation aux évaluations de fin de session s’élève à 10 étudiants sur un effectif de 25, les autres ayant choisi de ne pas se présenter en raison de l’obtention préalable de la note de passage de 60 %. Cette tendance nous amène à penser que le dépassement de soi n’est pas une priorité, signe d’un désintérêt pour l’effort, la progression personnelle et la cote R (un indicateur de performance scolaire utilisé au Québec pour l’admission à l’université). Cela soulève aussi des inquiétudes sur leur capacité à relever les défis futurs.
lundi 7 avril 2025
Navet empoisonné — le nouveau Blanche Neige est un fiasco, Disney suspend le nouveau Raiponce
Selon le Hollywood Reporter, les dirigeants ont mis le film en pause bien qu'ils aient déjà engagé le réalisateur du Maître de scène (au Québec, The Greatest Showman à Paris), Michael Gracey, pour le diriger.
Jusqu'à présent, le projet battait son plein avec un scénario de la coscénariste de Thor : Amour et Tonnerre, Jennifer Kaytin Robinson, en cours de rédaction.
Le film était en phase de préproduction et les dirigeants avaient commencé à chercher des talents avant que les choses ne s'arrêtent brusquement, selon Deadline.
Les deux médias ont rapporté que la décision de Disney était en grande partie due au lancement désastreux du remake de Blanche-Neige en prises de vue réelle, qui est sorti en salles le 21 mars.
Cette nouvelle adaptation de Blanche-Neige en prises de vue réelle a eu des résultats « désastreux » au box-office.
Le studio a dépensé 270 millions de dollars pour réaliser et promouvoir le film avec Rachel Zegler (ci-dessous), qui n'a rapporté que 70 millions de dollars aux États-Unis et 146 millions de dollars dans le monde.
Rappelons qu’en plus d’avoir obtenu des critiques mitigées dans la presse internationale, Blanche-Neige a accumulé les polémiques depuis l’annonce de la distribution du film, il y a quelques années. Le choix de l’actrice Rachel Zegler, d’origine sud-américaine, a notamment soulevé la colère de plusieurs fans et commentateurs conservateurs, tout comme la représentation des sept nains du film, qui ne sont pas tous joués par des personnes atteintes de nanisme. La semaine dernière, le fils du producteur du film, Jonah Platt, a vivement critiqué le «narcissisme» et «l’immaturité» de Rachel Zegler dans un message publié sur Instagram en déclarant que les propos politiques de l’actrice pendant la campagne de promotion avaient «clairement nui au box-office du film».
Parmi les nombreux péchés de la reprise, il y en a sept en particulier : les nains, qui ont été rendus de façon mièvre par ordinateur (CGI), après une querelle sur la question de savoir s'il était politiquement correct de faire jouer les rôles de nains par des acteurs nains. (Face aux critiques, Disney a transformé les nains du film en « créatures magiques » - quoi que cela veuille dire). Il y a aussi la question de Rachel Zegler, l'actrice choisie pour incarner Blanche-Neige, qui a qualifié le film original d'« extrêmement daté » et a déclaré que le prince « harcelait littéralement » la princesse, que la princesse ne serait plus sauvé par le prince mais qu'elle réaliserait son potentiel de chef de file, etc. (Voir vidéo ci-dessous.) Il s'avère que les fans n'aiment pas que l'héroïne d'une nouvelle adaptation méprise le film classique qui l'a inspirée.
🇺🇸DISNEY’S SNOW WHITE BOMBS—$250M FILM EARNS JUST $1.5M ON FRIDAY
— Mario Nawfal (@MarioNawfal) April 6, 2025
Disney’s live-action Snow White continues its catastrophic run, pulling in just $1.5 million on Friday—weeks after release and deep into a $250 million budget hole.
The film has grossed only $72 million… https://t.co/PBWpEGRros pic.twitter.com/BwdzS5wlJD
En redonnant vie à des contes familiers, les reprises peuvent offrir aux studios une voie plus sûre vers le succès commercial. Par le nombre de réactions négatives et de controverses qu'il a suscitées, Blanche-Neige est un film inhabituel. Toutefois, à un autre titre, le film reflète une tendance actuelle, qui consiste pour les studios à remonter toujours plus loin dans le passé pour trouver des sources d'inspiration. Entre 2020 et 2024, l'âge moyen des films sources sur lesquels les nouveaux remakes étaient basés était de 35 ans. C'est environ 13 ans de plus qu'entre 2011 et 2015, selon l'analyse par The Economist des données de The Numbers, un site web consacré au cinéma.
Qu'est-ce qui fait le succès d'une reprise ? C'est une question qui préoccupe de nombreux dirigeants d'Hollywood, ainsi que les cinéphiles. Pour y répondre, The Economist a analysé 200 remakes sortis depuis 1995 ; chacun d'entre eux avait reçu un minimum de 5 000 évaluations sur IMDb, une base de données cinématographique en ligne.
Premièrement, il ne suffit pas d'utiliser des effets spéciaux à la pointe de la technologie ; l'imagerie générée par ordinateur doit être manipulée avec précaution. Sur les 20 pires refontes (d'après les taux d'audience d'IMDb), la moitié sont des films d'horreur, en partie à cause de l'utilisation d'effets spéciaux peu convaincants. Le cinquième remake le plus mauvais, celui de Le Brouillard (Fog à Paris), un classique culte de John Carpenter datant de 1980, a été réalisé en 2005 ; un brouillard surnaturel et vengeur s'abat sur une ville insulaire au large de l'Oregon. Les effets chocs à bon marché remplacent la tension : les spectateurs se sont plaints que le brouillard se déplaçait trop rapidement et que les fantômes dans le brouillard (jamais clairement visibles dans l'original) étaient ridicules, une plainte également formulée par les spectateurs à propos des nains dans le nouveau film Blanche-Neige.
Deuxièmement, les comédies comportent des risques importants. C'est le genre le moins performant pour les réadaptations, avec une note IMDb moyenne inférieure de 1,5 point (sur dix) à celle des originaux. Les remakes de comédies sont également ceux qui rapportent le moins. Aucun d'entre eux ne surpasse de manière significative le film original sur lequel il est basé, d'après les taux d'audience. Il se peut que les spectateurs de comédies et de films d'horreur aient besoin d'un élément de surprise, ce qui est difficile à offrir dans un remake fidèle, car le public sait déjà à quels gags et à quelles émotions il doit s'attendre. Il n'est alors qu'une resucée.
Les meilleurs reprises s'inspirent de ce qui se fait à l'étranger. Depuis 1995, environ un tiers des meilleurs remakes ont été réalisés à partir de sources étrangères, dont six des dix premiers. Il en va de même pour les deux seuls adaptations ayant remporté l'Oscar du meilleur film : Les Infiltrés (2006), basé sur un film de Hong Kong, et CODA (2021), basé sur le célèbre film franco-belge, La Famille Bélier (2014).
Le fait de ne pas connaître les films originaux peut signifier que le public arrive avec des attentes moindres et sans aucun attachement envers l'original. Prenons l'exemple de Bugonia, avec Emma Stone, dont la sortie est prévue en novembre. Il s'agit d'un remake en anglais d'un film sud-coréen ; au lieu d'un directeur général masculin, la nouvelle histoire est centrée sur une femme. Toutefois, il est peu probable que le public, qui ne connaît pas le film original, s'émeuve de ce changement. On ne peut pas en dire autant de la nouvelle Blanche-Neige qui semble vouée à jamais à une fin malheureuse.
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