Affichage des articles dont le libellé est Angleterre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Angleterre. Afficher tous les articles

jeudi 6 août 2026

L'icône diversitaire de Cambridge dans la tourmente pour plagiat et affabulations

Le professeur de sociologie Jason Arday (ci-contre), âgé de 41 ans, a démissionné hier soir de l'université de Cambridge à la suite d'accusations selon lesquelles il aurait plagié des travaux universitaires et menti au sujet de plusieurs de ses réalisations personnelles.

Table des matières
Excuses de la police et démission de Jason Arday

Le chef de la police métropolitaine de Londres (Met), Sir Mark Rowley, a reconnu aujourd'hui que ses services n'auraient jamais dû ouvrir une enquête de quatre mois contre un journaliste qui enquêtait sur le professeur Jason Arday.

Sir Mark Rowley a déclaré ce matin que la police avait « commis une erreur » après que le journaliste de Times Higher Education, Jack Grove, eut été signalé aux forces de l'ordre pour avoir envoyé un courrier électronique au professeur Arday afin de l'interroger sur des accusations de plagiat concernant sa thèse de doctorat.

Peu après, le professeur Arday a publié un communiqué annonçant, « avec une profonde tristesse », qu'il quittait avec effet immédiat ses fonctions à l'université de Cambridge ainsi qu'au Jesus College.

Depuis plusieurs mois, il était au cœur d'une controverse grandissante liée à des accusations selon lesquelles il aurait repris, sans attribution suffisante, des passages de la thèse d'un autre doctorant.

Il faisait également l'objet d'interrogations concernant une série d'affirmations spectaculaires relatives à son parcours personnel. Présenté comme une figure emblématique de la diversité en raison de son accession au titre de plus jeune professeur noir de l'histoire de Cambridge, il avait d'abord bénéficié du soutien de l'université, qui avait dénoncé une « campagne ignoble destinée à saper sa crédibilité ».

Mais après que la presse britannique eut révélé que plusieurs universités contestaient les affirmations du professeur Arday selon lesquelles il y aurait occupé des fonctions universitaires, Cambridge a annoncé hier l'ouverture d'une procédure.

Peu après cette annonce, le professeur Arday a présenté sa démission en déclarant :
« Cette décision ne doit pas être interprétée comme une perte de confiance dans la recherche universitaire ni dans les valeurs qui m'ont conduit à Cambridge. Elle ne doit pas davantage être considérée comme une acceptation des récits qui ont circulé à mon sujet.

C'est simplement la décision d'une personne qui est arrivée aux limites de ce qu'il est raisonnable d'exiger d'un être humain. »
Dans sa lettre de démission, il ne reconnaît aucune erreur, n'assume aucune responsabilité et n'aborde pas le fond des questions qui avaient été soulevées. Il présente sa démission comme étant entièrement due à ce que d'autres lui ont fait subir. L'éternelle victime.

Cette démission est l'aboutissement de plusieurs mois de rumeurs portant aussi bien sur ses travaux universitaires que sur ses réalisations personnelles présumées, notamment ses affirmations selon lesquelles il aurait récolté 5,5 millions de livres sterling pour des œuvres caritatives et exercé diverses fonctions dans plusieurs universités.

Son autobiographie devrait cependant paraître la semaine prochaine

Le plus jeune professeur noir de Cambridge a donc démissionné.

La maison d’édition Simon & Schuster publiera néanmoins son autobiographie la semaine prochaine, moyennant un à-valoir qui s’élèverait à 1,4 million de livres sterling (ce chiffre a été largement relayé dans la presse ; l’éditeur ne l’a pas confirmé). [Plus de détails ici.

jeudi 16 juillet 2026

Le 17 juillet 1761 — la Nouvelle-France a 14 % d'habitants de moins qu'en 1759

Le 17 juillet 1761, dix mois après la capitulation de Montréal, le commandant James Murray envoie à William Pitt, ministre de la Guerre britannique, un relevé de la situation du pays conquis, et il constate que, depuis 1759, il y a au Canada dix mille habitants de moins [1]. Dix mille habitants de moins sur un total qui ne peut pas avoir dépassé de beaucoup soixante-dix mille, c’est là, pour la Nouvelle-France, le prix de la défaite et de l’invasion.

La Place-Royale de Québec est presque entièrement détruite par les Anglais. De l’église Notre-Dame-des-Victoires, il ne reste que les murs calcinés, comme en témoigne une gravure (ci-dessus) de l’officier de marine Richard Short réalisée en 1761.
 
Devant l’ennemi les Canadiens n’ont point accoutumé de se ménager. Au début de la guerre, ils sont seuls à composer les partis qui disputent aux Anglais les marches de l’Ohio. Ce sont eux qui, avec Beaujeu, remportent la belle victoire de la Manongahéla [2] (près de Pittsburgh actuel) ; eux encore qui, avec Villiers, vengent Jumonville et reprennent le fort Duquesne (Pittsburgh actuel) [3]. Ils ont une part beaucoup moindre à la journée de Carillon où la milice n’est représentée que par un détachement de deux cent cinquante hommes [4]. Au siège de Québec, tout le monde prend part à la résistance, même les écoliers, même les séminaristes [5]. À la bataille d’Abraham, les milices forment les deux ailes de l’armée de Montcalm [6]

L’armée de Braddock tombant dans l’embuscade tendue par les Français et de leurs alliés amérindiens à la bataille de la Monongahéla.

Mais c’est surtout dans les deux dernières campagnes que Lévis a recours à la milice, cette milice où toute la population mâle de la colonie, de seize à soixante ans, est enrégimentée [7]. Il verse un certain nombre d’habitants dans ses bataillons de réguliers qui ne peuvent plus se recruter autrement [8]; et quand, en plein hiver, il reprend l’offensive contre l’envahisseur, il emmène tout ce qui est mobilisable dans les districts des Trois-Rivières et de Montréal. De soldats et de miliciens il y a, à Sainte-Foy, à peu de chose près, le même nombre [9]. La dernière victoire française sur la terre canadienne coûte aux milices du Canada cinquante-et-un tués et cent quatre-vingt-dix blessés [10].

Déjà décimé par la guerre et par la maladie, ce malheureux peuple a enfin à subir l’invasion. Les Anglais ont entrepris de décourager la résistance par la dévastation systématique. Dès son entrée dans le fleuve, Wolfe se fait la main sur Gaspé et Montlouis. Parvenu devant Québec il adresse aux habitants, le 27 juin 1759, une proclamation qui se termine sur des menaces terribles. Malheur aux Canadiens s’ils persistent à prendre part « à une dispute qui ne regarde que les deux couronnes [11]. » Le bombardement de Québec commence. Il dure soixante-huit jours. Lorsque Ramezay capitule, la Haute-Ville est à demi détruite, la Basse-Ville l’est tout à fait [12]

Principales batailles de la guerre de Sept Ans (qui commença plus tôt en Amérique du Nord qu’en Europe où elle débuta en 1756)

Le retour offensif de Lévis en 1760 achève la ruine de la petite capitale. Battu à Sainte-Foy, Murray incendie les faubourgs de Saint-Roch et de la Potasse [13]. Les campagnes n’ont pas été épargnées davantage. Exaspéré par l’échec que Montcalm lui inflige à Montmorency, Wolfe livre tout le pays à ses soldats. Ils brûlent toutes les paroisses de l’ile d’Orléans, toutes celles de la côte nord depuis l’Ange-Gardien jusqu’à la baie Saint-Paul, toutes celles de la côte sud depuis L’Islet jusqu’à la Rivière-Ouelle [14]. Le plus souvent l’incendie éclaire le massacre. Les rangers, sorte de coureurs de bois que commande le major Rogers, tiennent à honneur de rapporter des chevelures françaises [15]. Un officier américain se signale par sa fureur sanguinaire : c’est le capitaine Montgomery, un futur lieutenant de Washington. Les Canadiens se vengeront plus tard de l’égorgeur de Saint-Joachim [16].

Murray ne fait pas la guerre plus humainement que Wolfe. Lui aussi, il refuse aux Canadiens le droit de défendre leur patrie [17]. Il prétend réduire Lévis aux débris du détachement de la marine et des sept bataillons de réguliers. Toutes les fois qu’il trouve une maison abandonnée de son propriétaire, c’est-à-dire dont le propriétaire sert à son rang de milicien, il la détruit [18]. Par ses ordres lord Rollo, qui a déjà passé au feu l’île Saint-Jean, renouvelle son exploit à Sorel [19]. Cette guerre sans pitié se prolonge quinze mois sur le sol de la Nouvelle-France. Wolfe paraît à l’entrée du Saint-Laurent le 11 juin 1759, Lévis traite le 8 septembre 1760. Ce que fut le lendemain de cette invasion de barbares on le devine ; la famine et l’hiver achèvent l’œuvre de mort.

Extrait de la colonisation de la Nouvelle France, huitième partie, La guerre de Sept Ans.

Voir aussi  

Histoire — Le 8 juillet 1758 eut lieu la victoire de Fort Carillon

Québec — La communauté anglophone a demandé de modifier le programme d’Histoire pour le rendre plus canadien et divers 

Dix février 1763 — Signature du traité de Paris 

Histoire — Pas de célébration pour le 350e anniversaire de d’Iberville

Préconisé par le rapport Durham, l’Acte d’Union voté en juillet 1840 par le parlement britannique prend effet le 10 février 1841.

 

mercredi 17 juin 2026

Le 18 juin 1429, dans une chaleur accablante, la victoire décisive de Patay


L’armée anglaise, commandée par le fameux Jean Talbot, forte d’environ 5 000 hommes, s’était regroupée à Meung sur Loire. Lorsque Talbot apprit qu’il était poursuivi, il résolut de ne pas refuser le combat.

Après avoir franchi le bas fond formé par le lit desséché de la Retrève, il se porta sur le territoire de la paroisse de Patay, s’appuyant sur le bois de Lignerolles, en empruntant un chemin resserré entre des haies et des buissons. C’est là que Talbot s’arrêta avec 500 archers d’élite.

Effet de cerf

Il était environ 2 heures de l’après-midi, par une chaleur accablante, un cerf effrayé sortit subitement d’un taillis et se dirigea droit sur les archers anglais qui se mirent à pousser des cris de surprise. Ces clameurs firent découvrir l’ennemi à l’avant-garde française qui, entraînée par le bouillant La Hire, arriva à grand galop sur les archers anglais avant qu’ils n’aient eu le temps de prendre leurs positions.

Fastolf qui était avec le corps principal de l’armée anglaise courut vers l’avant-garde pour la ramener dans la bataille ; mais, s’imaginant que tout était perdu, les Anglais se dispersèrent et s’enfuirent.

Pendant ce temps, le gros de l’armée française massacrait ou faisait prisonniers de nombreux ennemis. Talbot lui-même tomba aux mains de Poton de Xaintrailles.

Les fuyards furent poursuivis jusque sous les murs de Janville ; là, les habitants refusèrent d’ouvrir les portes de telle sorte que seuls Fastolf et quelque 700 cavaliers arrivèrent à Étampes vers minuit.

Les soldats français, fatigués après une journée bien chaude, couchèrent sur place. Le lendemain, un dimanche, après avoir dîné à Patay, ils entrèrent triomphalement à Orléans avec leurs prisonniers.

Bilan des pertes

Les historiens militaires anglais indiquent 2 500 morts du côté anglais sur les 5 000 engagés, 3 morts et une centaine de blessés du côté français. Le corps d’élite des archers anglais fut mis hors de combat ; il ne sera pas reconstitué. Outre Talbot, de nombreux officiers furent capturés par les Français. Fastolf, accompagné d’une petite troupe, parvint à s’enfuir, mais fut dès lors disgracié : le duc de Bedford mit la défaite sur son compte et le radia de l’ordre de la Jarretière.

Conséquences

Conséquences immédiates

Les partisans de Charles VII purent l’escorter vers Reims sans avoir à combattre et y firent sacrer leur prince le 17 juillet 1429, asseyant ainsi définitivement sa légitimité au trône de France. Ils dominent définitivement le val de Loire et s’emparent de l’est et du nord de Paris. Paris restera disputé un temps ainsi que Compiègne.

Conséquences stratégiques

À l’échelle des armées de l’époque, cette bataille est pour les Anglais un désastre comparable et symétrique à ceux de Crécy ou Azincourt pour les Français : la perte, pour une génération, de leur principale force de bataille. Ils ne s’en relevèrent jamais et le reste des opérations militaires de la guerre de Cent Ans se résuma essentiellement à une longue série de sièges par lesquels les Français reprirent une à une les places fortes tenues par les Anglais, culminant en 1453, à Castillon et la prise de Bordeaux.

La fin de la suprématie de l’arc long anglais sur les champs de bataille de France fut consommée avec les innovations à la fois sur le plan technique (boulets en fer, amélioration substantielle de la poudre) et sur l’utilisation tactique de l’artillerie par les frères Jean et Gaspard Bureau, qui conféra un avantage décisif à l’armée française dans le siège des places fortes.

mardi 10 mars 2026

Voir un enfant à Londres pourrait être un évènement rare d’ici peu

Des jeunes d’une école primaire de Londres, en février dernier

Voir un enfant à Londres pourrait être un évènement rare d’ici peu. Le coût prohibitif des logements et des garderies incite les jeunes familles à déménager, selon un rapport municipal.

Entre 2013 et 2023, Londres a gagné 506 000 habitants, mais le nombre d’enfants de moins de 10 ans a chuté de 99 100, en raison de la baisse du taux de fécondité et de l’exode des familles. Une centaine d’écoles sur 2500 ont fermé à Londres depuis 2018, surtout au centre-ville. Si la tendance se maintient, Londres pourrait devenir « une ville sans enfants », avertit le rapport.

Cette chute est plus rapide à Londres que partout ailleurs au Royaume-Uni depuis le début des années 2010, constate l’élue au conseil métropolitain Hina Bokhari.
Les coûts de logement et de garde d’enfants sont les plus élevés du pays. Élever une famille à Londres est simplement hors de prix pour beaucoup der personnes.

Hina Bokhari, élue au conseil métropolitain de Londres

L’étude vise à identifier les causes et les conséquences de ce phénomène pour les écoles et les services publics de la ville. Elle recommande de réaffecter les écoles vides plutôt que de les vendre, au cas où la population scolaire rebondirait.

Taux de fécondité très bas

Selon le rapport, le taux de natalité à Londres a atteint un sommet en 2012, mais a depuis chuté de 20 % et est maintenant de 10 % inférieur à la moyenne nationale au centre-ville, malgré une augmentation du nombre de femmes en âge de procréer durant la même période.

Le taux de fécondité y est inférieur à 1,2 naissance par femme, contre 1,41 en moyenne en Angleterre et au pays de Galles. Il est donc bien en dessous du niveau de 2,1 nécessaire pour que la population se maintienne sans immigration.

Selon Bernice Kuang, chercheuse en démographie à l’Université de Southampton citée dans le rapport, les couples reportent leur projet de parentalité parce qu’il faut plus de temps « pour s’établir professionnellement, quitter le domicile parental et acheter une maison ». Les Londoniennes ont leur premier bébé à 32,5 ans en moyenne, soit plus tard que dans le reste de l’Angleterre, selon le rapport.

Les Londoniens qui veulent fonder une famille choisissent de plus en plus de quitter la capitale. Le solde migratoire de Londres pour la cohorte de 25 à 44 ans est négatif depuis 2008.

Coût de la vie exorbitant

La maison moyenne à Londres coûte 11,1 fois le salaire local annuel moyen, comparativement à 7,7 fois en Angleterre. Les loyers à Londres sont 60 % plus élevés que la moyenne nationale. Au centre-ville de Londres, les garderies prenant des enfants de moins de 2 ans coûtent 34 % plus cher que la moyenne nationale et l’État n’en couvre qu’une partie.

La baisse du nombre d’élèves induit un risque financier pour les écoles, puisque leurs revenus dépendent du nombre d’inscriptions. Près des deux tiers des 100 écoles qui ont fermé depuis 2018 se trouvaient au centre-ville, et la majorité était des écoles primaires.

On n’observe pas un tel bouleversement de la démographie scolaire ailleurs en Angleterre.

Extrait du rapport municipal

La région métropolitaine prévoit une diminution de 2,5 % des places pour les enfants de 4 ans entre 2025-2026 et 2029-2030. Au centre-ville, la baisse sera de 6,2 %. Cela se répercutera sur les écoles secondaires. Les écoles ayant moins de revenus pourraient avoir plus de difficulté à recruter des enseignants, prévient le rapport, ce qui affecterait la qualité de l’enseignement.

Selon les projections démographiques de la Greater London Authority, le nombre d’enfants continuera à baisser jusqu’en 2034, année où il commencera à remonter, mais seulement au niveau de 2024. Face à ces fluctuations, réaffecter temporairement les écoles plutôt que les vendre permettrait de « protéger l’avenir du système scolaire de Londres », estime le rapport.


Source : La Presse de Montréal

samedi 20 décembre 2025

Pourquoi l'Angleterre, berceau du multiculturalisme, fait-elle officiellement marche arrière ?

Alors que les Anglais sont de plus en plus hostiles envers l'immigration, le gouvernement de Keir Starmer décide de les apaiser en pondant une réforme digne des partis dits « d'esstrême-droite ».

Pourquoi l'Angleterre, berceau du multiculturalisme, fait-elle officiellement marche arrière ?

Décryptage


mercredi 17 décembre 2025

La femme reconnue comme « la première Britannique noire » par la BBC était en réalité blanche

Reconstitution par Face Lab de la femme de Beachy Head, blonde aux yeux bleus
Des tests ADN montrent que la femme de Beachy Head était originaire du sud de l'Angleterre
 

Une analyse ADN prouve que la femme de Beachy Head était blonde aux yeux clairs.

Une nouvelle étude génétique a révélé qu'une femme reconnue comme « la première Britannique noire » par la BBC était en réalité blanche.

En 2016, la série Black and British: A Forgotten History suggérait que le squelette romain d'une femme trouvé à Beachy Head provenait d'Afrique subsaharienne.

Une plaque a été érigée pour commémorer son héritage, mais elle a ensuite été retirée lorsqu'une étude a suggéré que la femme était plus probablement originaire de Chypre, avec un teint méditerranéen.

Une nouvelle analyse ADN du squelette réalisée par des scientifiques du Musée d'histoire naturelle a maintenant montré que la femme était originaire du sud de l'Angleterre et qu'elle était blanche, avec des cheveux blonds et des yeux clairs.

La plaque dédiée à la femme de Beachy Head. Elle a été retirée en 2022.

Le Dr William Marsh, qui a mené l'étude génétique, a déclaré : « Grâce à des techniques ADN de pointe, nous avons pu déterminer les origines de cette personne. Nous avons montré qu'elle possède un patrimoine génétique très similaire à celui d'autres individus issus de la population locale de la Grande-Bretagne à l'époque romaine. »

L'affirmation selon laquelle le squelette était d'origine africaine a été faite dans la série documentaire du professeur David Olusoga, qui racontait l'histoire de la « relation durable entre la Grande-Bretagne et les personnes dont les origines se trouvent en Afrique ».

Dans le premier épisode, la femme de Beachy Head était présentée comme « d'origine subsaharienne » et le programme montrait une reconstitution de ses traits, avec une peau, des cheveux et des yeux foncés.

Dans l'émission, le professeur Olusoga a fait remarquer qu'« elle est une Britannique noire », tandis que Jo Seaman, archéologue experte, a expliqué que ses origines africaines et l'âge de ses restes faisaient probablement d'elle la « première Britannique noire ».

L'émission de la BBC présentait la femme de Beachy Head comme « originaire d'Afrique subsaharienne » sous cette forme.

Cependant, en 2017, une première étude génétique a suggéré qu'elle venait de la Méditerranée, peut-être de Chypre, plutôt que d'Afrique. À la lumière de ces recherches, la plaque a été retirée en 2022.

Le squelette datant de l'époque romaine aurait été découvert dans les années 1950, bien qu'aucun détail sur les fouilles n'ait jamais été trouvé. Les restes ont été redécouverts dans une boîte parmi les collections de la mairie d'Eastbourne en 2012, avec une étiquette suggérant qu'ils avaient été trouvés à Beachy Head.


Localisation de Beachy Head dans le Sud-Est de l'Angleterre.

Il est désormais confirmé que cette femme descendait de la population britannique locale du sud de l'Angleterre à l'époque romaine. La datation au radiocarbone a montré qu'elle est morte entre 129 et 311 après J.-C., ce qui correspond à l'occupation romaine de la Grande-Bretagne.

L'analyse de ses restes squelettiques suggère qu'elle était âgée d'environ 18 à 25 ans au moment de sa mort et mesurait un peu plus d'1,50 mètre. Une blessure cicatrisée à la jambe suggère qu'elle a subi une blessure grave mais non mortelle à un moment donné de sa vie.

L'analyse alimentaire des valeurs de carbone et d'azote dans ses os a également révélé que son régime alimentaire comprenait probablement beaucoup de fruits de mer.

Le livre pour enfants de l’auteur britannique d’origine nigériane Atinuke affirme que « chaque Britannique est issu d’un migrant », mais que « les tout premiers Britanniques étaient noirs ».

Le Dr Selina Brace, du Musée d'histoire naturelle de Londres, a déclaré : « Nos connaissances et notre compréhension scientifiques évoluent constamment, et en tant que scientifiques, notre travail consiste à continuer à chercher des réponses.

Grâce aux progrès technologiques réalisés au cours de la dernière décennie, depuis que la femme de Beachy Head a été découverte, nous sommes ravis de présenter ces nouvelles données complètes et d'en savoir plus sur cette personne et sa vie. »

Le débat scientifique sur la couleur de peau des premiers Britanniques fait rage, certains chercheurs suggérant que les constructeurs de Stonehenge étaient noirs.

Cependant, certaines études génétiques ont montré que les habitants de la Grande-Bretagne à l'époque où Stonehenge a été achevé, vers 2 500 avant J.-C., étaient des agriculteurs précoces à la peau claire, dont les ancêtres s'étaient répandus depuis l'Anatolie, l'actuelle Turquie.

Une analyse du « Cheddar Man » (le squelette d'un individu qui vivait dans le Somerset il y a 10 000 ans) réalisée par le Musée d'histoire naturelle suggère qu'il avait la peau foncée et les yeux bleus.

Cette étude a été publiée dans le Journal of Archaeological Science.

Liens connexes

La plaque commémorant la première Britannique noire a été retirée parce qu'elle "venait de Chypre"

 

Beethoven sous la loupe de la génétique : santé fragile, ascendance européenne, et fin d’un mythe « mauresque » tenace

Belgique : le Musée des beaux-arts (« Bozar ») célèbre la naissance de Ludwig van Beethoven avec un Beethoven noir... 

Les Carthaginois avaient peu de sang phénicien

Apparition et diffusion des yeux bleus : une longue histoire européenne 

Robert Plomin: « La génétique influe plus sur notre personnalité et notre réussite que l’environnement »

Les deux tiers des Québécois sont les descendants de 2600 colons français

Brève — La morphologie du cerveau prédit l'ascendance génétique 

La nouvelle révolution génétique et ses répercussions

Reine Cléopâtre : Netflix poursuivi par un avocat égyptien pour « noircissement » de l'histoire (m à j)

« L'université commence à abdiquer, on est en train de tout aseptiser, quitte à modifier les choses » (Le patrimoine génétique des momies égyptiennes enfin décrypté (plus proche de l’Europe et du Levant que de l’Égypte actuelle)). 

Postes Canada et la récupération politique de l'esclavage (le timbre Marie Joseph Angélique)

Timbre célébrant un inconnu émis par Postes Canada pour le mois de l’Histoire des Noirs (on n’est même pas sûr qu’il soit jamais venu au Canada)

La nouvelle édition anglaise des romans James Bond purifiée de ses passages racistes contre les noirs mais pas les Asiatiques

Agatha Christie, de nouveau dans le viseur des censeurs (finis les Nubiens, les Gitans, le Juif et les Indigènes en anglais)

mardi 18 novembre 2025

Londres durcit le système d'asile

Le gouvernement britannique a dévoilé lundi ce qu’il présente comme la réforme la plus ambitieuse de son système d’asile « à l’époque moderne ». Sous la pression conjuguée de l’opinion publique, de l’opposition conservatrice et de la montée fulgurante du parti Reform UK, la ministre de l’intérieur Shabana Mahmood (ci-contre) a détaillé un vaste plan destiné à resserrer fortement les conditions d’accueil des migrants arrivant illégalement au Royaume-Uni.

Issue d’une famille originaire du Pakistan, Mahmood a reconnu devant les Communes que l’immigration avait façonné son propre parcours, tout en affirmant ressentir « un devoir moral » d’agir sur un sujet qui fracture profondément le pays.

« Si nous échouons à gérer cette crise, nous pousserons davantage de personnes sur un chemin qui commence par la colère et mène à la haine », a-t-elle averti, défendant une politique qu’elle revendique à la fois « ferme » et « nécessaire ».

Inspirée du modèle danois — l’un des plus restrictifs en Europe — la nouvelle doctrine promet de « rétablir l’ordre et le contrôle » aux frontières britanniques.

Coupes dans l’aide aux demandeurs d’asile

La mesure la plus spectaculaire concerne la suppression de l’octroi automatique d’une aide financière et d’un hébergement pour les personnes demandant l’asile.
Le gouvernement veut mettre fin à l’hébergement coûteux dans des hôtels, devenu l’un des symboles les plus critiqués de la crise migratoire.

Les aides sociales seront retirées à tous ceux qui, selon les autorités, sont en capacité de travailler, ainsi qu’aux demandeurs d’asile condamnés par la justice.

Statut de réfugié fortement limité

Londres souhaite par ailleurs réduire la protection accordée aux réfugiés :
  • le statut deviendra temporaire,
  • il sera réexaminé tous les deux ans et demi,
  • les migrants seront « contraints de rentrer chez eux dès que leur pays d'origine sera considéré comme sûr », 
  • les réfugiés ne pourront demander la résidence permanente qu’après 20 ans, contre cinq jusqu’ici.

Les demandeurs d’asile n’auront plus qu’une seule possibilité d’appel, et, en cas d’échec, seront automatiquement expulsés.

Si Keir Starmer affirme ne pas vouloir quitter la Convention européenne des droits de l’homme, il entend en restreindre l’application au Royaume-Uni afin de limiter les blocages juridiques dans les procédures d’expulsion.

Pression diplomatique sur plusieurs pays africains

Le gouvernement menace également de suspendre la délivrance de visas aux ressortissants de trois pays — Angola, Namibie et République démocratique du Congo — s’ils ne coopèrent pas davantage dans le renvoi de leurs nationaux en situation irrégulière au Royaume-Uni.

Une hausse des arrivées qui alimente les tensions

De juin 2024 à juin 2025, le Royaume-Uni a enregistré 111 084 demandes d’asile, un record et une progression de 14 % en un an.

La question migratoire s’impose désormais comme la première préoccupation des Britanniques, dopant les intentions de vote en faveur du parti Reform UK de Nigel Farage, qui surfe sur le sentiment d’exaspération du pays.

Les arrivées clandestines par la Manche continuent d’augmenter : 39 292 migrants ont déjà débarqué depuis le 1er janvier, dépassant le total annuel de 2024 (36 816).

Une réforme explosive au sein du parti travailliste

Ces annonces ont immédiatement suscité une levée de boucliers parmi les députés travaillistes, notamment l’aile gauche mais aussi les centristes, qui dénoncent une radicalisation de la politique migratoire.

La proposition permettant au ministère de l’intérieur de saisir certains biens de migrants — bijoux, véhicules ou vélos électriques — pour financer leur prise en charge a provoqué une vive polémique.

Les objets à valeur sentimentale, tels que alliances ou bijoux familiaux, resteraient toutefois protégés.

Réactions extérieures

Paris a salué le tournant britannique, estimant que cette réforme répondait « aux attentes » des partenaires européens.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rappelé que les conditions d’accueil jugées trop « permissives » outre-Manche entretenaient l’attractivité de la traversée clandestine.

mercredi 21 mai 2025

Grande-Bretagne : les policiers blancs exclus des ateliers de préparation aux entretiens de promotion

La police métropolitaine britannique (responsable du Grand Londres) a volontairement exclu les hommes blancs des ateliers de préparation aux entretiens de promotion, qui ne sont destinés qu’aux minorités ethniques et aux femmes.

Après celle du West Yorkshire, la police métropolitaine britannique prend des mesures pour renforcer sa politique de discrimination positive. Scotland Yard a décidé de proposer des ateliers sur mesure pour aider ses recrues à obtenir des promotions. Le problème ? Les policiers blancs en sont exclus. Seuls les employés issus de minorités ethniques et les femmes sont autorisés à participer à ces ateliers, révélait le Telegraph le 10 mai dernier.

« Peu importe si vous êtes un bon policier »

Un ancien inspecteur de la police métropolitaine, qui a servi pendant 30 ans, a confirmé que « les hommes blancs sont exclus de ces ateliers simplement en raison de leur sexe biologique et de la couleur de leur peau ». Il a ajouté auprès du journal britannique : « Peu importe à quel point vous êtes un bon policier, vos performances quotidiennes n’ont aucune incidence sur vos chances de promotion. »

Les employés « éligibles » ont ainsi reçu un courriel de la direction pour leur présenter ces ateliers et leur indiquer qu’ils avaient été sélectionnés. « La police métropolitaine a une série de priorités en matière de personnes, qui sous-tendent la stratégie globale de l’organisation, dont l’une est d’améliorer la représentation des Noirs, des minorités ethniques et des femmes à tous les grades des officiers de police », est-il écrit selon le Telegraph.

Vive polémique


Cette mesure a été particulièrement mal accueillie par la profession, qui pointe le fait que « des milliers d’agents blancs sont victimes » de discrimination. « Je considère que toute forme de racisme est odieuse. Traiter quelqu’un différemment simplement en raison de sa couleur de peau ou de son sexe biologique est illégal et immoral », dénonce une source policière, qui estime que la discrimination positive reste « illégale, source de division et crée des victimes ».

Dans son plan d'action sur la race, publié l'année dernière, la police métropolitaine a déclaré : « Notre réseau de mentorat Positive Steps a soutenu 1500 officiers et employés issus de minorités ethniques et a été reconnu comme meilleure pratique par le College of Policing. « Depuis 2021, les ateliers d'action positive pour les officiers noirs ont vu les taux de réussite aux promotions passer de 68 % à 75 %. »

La politique de Scotland Yard n’a rien de surprenant. La police métropolitaine avait déclaré l’année dernière, lors de la présentation de son plan racial, vouloir « un personnel qui reflète l’image de la capitale » afin de « mieux communiquer avec les Londoniens, de gagner leur confiance et de réduire la criminalité ».

Sources : JDD, The Daily Telegraph

mercredi 14 mai 2025

L'Église anglicane se meurt, les jeunes hommes britanniques se tournent vers le catholicisme

Poussez la lourde porte et entrez. Le bruit qu'elle fera en claquant derrière vous semblera fort, presque grossier, dans ce vieux et froid silence. L'église St Torney, en Cornouailles, est en effet très ancienne. Les Normands l'ont construite. Les Tudors l'ont agrandie. Les Victoriens l'ont modifiée. Daphne du Maurier l'a immortalisée dans « L'Auberge de la Jamaïque ». Elle a survécu à la Réforme et à la guerre civile.

Elle n'a pas résisté à l'apathie. Au XXe siècle, les gens ont cessé de venir. Au début de la Covid-19, il n'y avait plus que quatre fidèles. Elle a fermé ses portes au début de la pandémie et n'a jamais rouvert. Son orgue a été démonté, ses livres de cantiques ont été retirés, la Bible a été enlevée de son lutrin et un silence plus pesant s'est abattu sur l'église. Une histoire de 800 ans s'achève.

L'Église d'Angleterre est en difficulté. Ce moment ecclésiastique est étrange. Le pape est mort, l'archevêque de  Cantorbéry est parti. Depuis 1691, ces deux sièges n'ont jamais été vacants. Mais ces sièges seront remplis. Les bancs de l'Église anglicane présentent un vide bien plus angoissant. La fréquentation des églises par les adultes en Angleterre a chuté de plus d'un tiers en 15 ans ; à peine plus de 1 % d'entre eux se rendent au culte chaque semaine, selon les propres chiffres de l'Église d'Angleterre. L'augmentation de la fréquentation des églises par les jeunes est principalement un phénomène catholique (voir ci-dessous). L'Église anglicane, elle, ferme une vingtaine d'églises chaque année en Angleterre.

Les critiques ressentent également un vide spirituel : dans son incapacité à résoudre les querelles internationales concernant sa position sur le mariage homosexuel et dans sa dissimulation d'épouvantables sévices infligés à des enfants. Le 6 janvier, l'ancien archevêque Justin Welby, dont beaucoup estiment qu'il a failli dans sa gestion de ce scandale, a déposé sa crosse sur l'autel du palais de Lambeth. Le processus de sélection d'un remplaçant a commencé.

Que l'on croie ou non en Dieu, cela a de l'importance pour la bureaucratie et pour la Grande-Bretagne. Les Britanniques sont peut-être un peuple sans Dieu - lors du recensement de 2021, moins de la moitié d'entre eux se sont déclarés chrétiens, alors qu'ils étaient près de 60 % en 2011 - mais la Grande-Bretagne elle-même ne l'est pas. L'Église anglicane n'est pas simplement une église, mais une église officielle.

L'Angleterre fait partie des quelque 20 % de pays (de Tuvalu au Danemark) qui ont une religion d'État. Elle est institutionnellement ecclésiastique. L'Église anglicane dispose d'une puissance indirecte (les évêques dirigent les célébrations du jour du Souvenir) et d'une puissance réelle (26 évêques en robe noire et blanche siègent à la Chambre des Lords, où ils peuvent contribuer à l'élaboration des lois). Elle a un pouvoir éducatif (par l'intermédiaire de 4 600 écoles de l'Église anglicane) et un pouvoir cérémoniel sacré (le roi d'Angleterre est couronné par l'archevêque le plus ancien d'Angleterre). Et elle a de l'argent : l'Église anglicane dispose d'une dotation de 10,4 milliards de livres sterling (19,3 milliards de dollars, 12,3 milliards d'euros).

Aujourd'hui, elle est en train de choisir un nouveau dirigeant. Le processus est aussi excentrique qu'on peut l'attendre d'une institution vieille d'un demi-millénaire et qui a eu , en son temps, non seulement des évêques, mais aussi des rois, des reines et des châteaux. L'élection et l'intronisation d'un archevêque durent des mois et impliquent un roi (Charles), un « Aumônier personnel du roi » et des lois qui datent de 1533.

Celles-ci font peu de cas de l'orthographe moderne (elles font référence à l'« Archebishope » et à la « Kynges Majestie ») ou de la morale moderne (une loi stipule que si le premier ministre est juif ou catholique, il ne peut y participer, car cela constituerait un « haut délit »). Ce processus n'impliquera donc pas beaucoup de diversité, équité et inclusion (DEI). Le singulier trône de l'archevêque de Cantorbéry en est un de pierre remontant au XIIIe siècle.

La tâche de la nouvelle recrue sera ardue. L'Angleterre n'est pas toujours tendre avec ses archevêques, comme Thomas Cranmer l'a découvert lorsqu'il a été brûlé sur le bûcher. Même si le nouveau ne sera pas confronté à cette situation, la pile des dossiers en souffrance qui l'attend est bien haute. Il (probablement, mais contrairement au prochain pape, il pourrait s'agir d'une femme) devra faire face à ceux qui s'interrogent sur le pouvoir politique de l'Église anglicane : pour Andrew Copson, directeur de Humanists UK, il est « ridicule » qu'une église dans laquelle si peu de gens pratiquent régulièrement leur culte ait son mot à dire quant aux lois du pays.

L'#Église #anglicane, institution sociale et non religieuse#comédie #satire #moderniste #religion #athée pic.twitter.com/xYh6n4p8BY

Le primat de l'Église anglicane devra faire face à l'affaiblissement du lien entre l'Église et la couronne. L'héritier de l'Angleterre, le prince William, ne va pas à l'église tous les dimanches et, selon un initié du palais, il ne se sent « pas instinctivement à l'aise » dans un « environnement religieux » - des termes délicats pour quelqu'un qui portera le titre de « défenseur de la foi ».

Gérer le présent de l'Église tout en préservant son passé est un élément essentiel du travail du nouvel archevêque. Le christianisme a changé la physionomie de l'Angleterre - une flèche ou une tour est la première chose que l'on voit lorsqu'on approche d'un village anglais - et la langue anglaise elle-même. Malgré la disgrâce de l'Église anglicane, les mots de la Bible King James de 1611 ont infusé l'anglais, mettant dans les bouches des anglophones des mots tels que « fallen from grace » (Galates 5:4) et « words in [our] mouth » (Isaïe 51:16). Il est « très difficile de comprendre l'histoire de l'Angleterre », dit Tom Holland, historien, à moins de comprendre le christianisme, puisqu'il en est « imprégné ». Le système de datation avant et après Jésus-Christ a été popularisé par un ecclésiastique anglais du VIIe siècle, le Vénérable Bède. Le temps tourne autour de son axe ecclésiastique.

Les vestiges les plus évidents de l'Église catholique sont peut-être d'ordre architectural : ses églises. Quelque 16 000 d'entre elles sont encore ouvertes ; 3 500 ont été fermées au cours de la seule décennie écoulée. Selon l'historien Sir Simon Jenkins, il est « impossible d'exagérer » leur importance ; l'Angleterre est inimaginable sans ses clochers enchanteurs.

Si l'importance des églises est évidente, leur rôle moderne ne l'est pas. Dans les années 1950, le poète Philip Larkin est entré dans une église et s'est demandé « Quand les églises tomberont complètement en désuétude/ En quoi les transformerons-nous » ? Une réponse courte : l'immobilier. L'Église anglicane vend de vieilles églises à des prix étonnamment bas. L'une d'entre elles « bénéficie » de l'eau et de l'électricité, sans parler d'une « nef, de transept, d'absides, d'une salle d'orgue et d'une tour » ; une autre bénéficie d'un intérieur « spacieux ». Toutes deux sont proposées à un prix inférieur à 300 000 livres sterling (555 000 dollars canadiens).

Certaines, comme celle de St Torney, sont sauvées par des organisations caritatives telles que le Churches Conservation Trust. D'autres sont transformées en cafés, proposant des scones et un peu de spiritualité - une sorte de Fondation pour le patrimoine national numineuse. D'autres encore sont trop difficiles à convertir en quoi que ce soit, puisqu'elles « bénéficient » également de cimetières et de nombreux cadavres. Beaucoup tombent en ruine. Près de 1 000 d'entre elles figurent sur le registre « en péril » de l'Historic England.

Le nouvel archevêque aura donc fort à faire. L'Église anglicane a déjà été confrontée à des crises par le passé. À l'époque victorienne, la théorie de l'évolution et la nouvelle science de la géologie ont ébranlé les certitudes de la foi. Le critique John Ruskin entendait le « tintement » des burins de géologue dans « chaque verset de la Bible ». Le poète Matthew Arnold se tenait sur la plage de Douvres et entendait le « long grondement mélancolique qui se retire » de la mer de la foi.

Ce qui est différent aujourd'hui, c'est que cette retraite est si peu bruyante. La foi ne rugit pas ; elle s'étiole, sans que la plupart des gens s'en aperçoivent. L'Église anglicane devrait peut-être s'y attendre : il y a, comme le dit la King James, un temps pour tout : un temps pour parler et un temps pour garder le silence. À St Torney, il n'y a pas d'autre bruit que celui des oiseaux. Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir.

En novembre et décembre derniers, l'institut de sondage YouGov - mandaté par la Société biblique, une organisation à but non lucratif qui invite les gens à « voir la Bible d'un œil nouveau » - a interrogé quelque 13 000 adultes en Angleterre et au Pays de Galles sur leurs opinions et habitudes religieuses. Les résultats sont frappants : une augmentation de 56% depuis 2018 de ceux qui déclarent aller à l'église au moins une fois par mois. Les jeunes, en particulier les jeunes hommes, mènent la charge. En 2018, seuls 4 % des 18-24 ans déclaraient aller régulièrement à l'église ; en 2024, ils seront 16 % à le faire.
 
Mais les nouveaux pieux n'affluent pas vers l'Église d'Angleterre. Ils se rendent à la messe catholique. À tel point que, pour la première fois en cinq siècles, les fidèles catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles pourraient bientôt être plus nombreux que les protestants. C'est déjà le cas chez les jeunes. Il y a six ans, un tiers des jeunes pratiquants se trouvaient sur les bancs anglicans. Aujourd'hui, ils ne sont plus qu'un cinquième, et 41 % d'entre eux assistent à la messe catholique (voir graphique ci-dessus).
 
La pandémie a peut-être été une aubaine pour l'Église catholique. Aidan Geboers, un banquier de 29 ans vivant à Lewisham, dans le sud de Londres, explique que l'enfermement l'a poussé à chercher une communauté. Il l'a trouvée dans l'église de Farm Street, un temple jésuite situé à Mayfair. Le culte des jeunes adultes de Farm Street attire régulièrement environ 180 personnes. « Il y a dix ans, les chiffres auraient pu être deux fois moindres », déclare le père Kensy Joseph, l'un des responsables de la pastorale des jeunes adultes.
 
Pour les jeunes de Grande-Bretagne (et d'ailleurs), le catholicisme semble attirer pour deux raisons opposées. D'une part, la pratique de la contemplation et le dévouement au rituel semblent être un puissant antidote au monde en ligne. Mais l'internet est aussi une voie majeure pour l'évangélisation. L'évêque Robert Barron, fondateur américain d'une organisation médiatique catholique, et le père Mike Schmitz, podcasteur et pasteur de campus, ont accumulé des centaines de milliers d'adeptes sur les médias sociaux. L'évêque Barron célèbre un nouveau « christianisme machiste », où les hommes peuvent être des « héros ».
 
Le romancier Graham Greene a décrit sa foi catholique d'une manière qui pourrait refléter l'attrait qu'elle exerce sur les jeunes pratiquants d'aujourd'hui. C'était « quelque chose de beau, de dur et de certain, même si c'est inconfortable, à saisir dans le flux général ».

Source : The Economist
Voir aussi
Dieu et la religion sont de nouveau à l'afficheBaisse des non-religieux dans la génération Z (nés entre 1997 et 2006) France — Le nombre de baptêmes d’adultes a doublé en deux ans L’Église anglicane au Québec se meurt, elle soutient fortement le controversé cours d'éthique et de culture religieuse (et toutes les modes dites progressistes)

Les plus religieux hériteront-ils de la Terre ? (Peut-être bien, s’ils parviennent à instruire et éduquer leurs nombreux enfants, plutôt que des gens opposés à leurs valeurs)

Église d'Angleterre veut réserver 30 % des postes d'ecclésiastiques à des minorités ethniques

Le wokisme : des protestants puritains athées 

L’Imperial College de Londres abandonne sa devise latine « impérialiste », Oxford « décolonialise » ses programmes 

Citation relativiste contradictoire du jour (évêque anglican de Washington à la conférence de Lambeth des prélats anglicans)

Le colistier de Donald Trump, J.D. Vance (converti au catholicisme), prônait en 2021 davantage de poids électoral aux parents avec enfants

États-Unis — « Guerre contre les femmes » ? Plutôt, une guerre contre les enfants   

samedi 15 février 2025

15 février 1839 — Pendaison des patriotes du Bas-Canada par les Britanniques

Extrait du film 15 Février 1839 relatant la pendaison de cinq patriotes cette journée-là dont Marie Thomas Chevalier de Lorimier et Charles Hindelang. Film québécois produit par le cinéaste indépendantiste Pierre Falardeau.

Voir aussi

23 juillet 1840 — Sanction royale de l’Acte d’union du Haut-Canada et du Bas-Canada


Le célèbre écrivain Jules Verne a écrit un roman portant sur la rébellion des Patriotes intitulé Famille-Sans-Nom. Écrit en 1887 le livre illustre la vie d'une famille du Bas-Canada pendant la rébellion des Patriotes. Le roman est paru en édition grand format illustré chez Hetzel en 1889, en deux parties. En parlant de la période de 1837-1838, Jules Verne voulait rappeler à ses compatriotes les problèmes qu'avait la communauté française au Québec à l'époque de la sortie de son livre, en 1888. [Plus de détails]

Illustration ci-contre tirée de cet ouvrage.

mercredi 12 février 2025

Royaume-Uni — employée d'une école anglicane licenciée pour avoir critiqué l'idéologie transgenre gagne son procès

La Cour d’appel du Royaume-Uni a statué que l’expulsion de Kristie Higgs en raison de publications critiquant l’éducation sexuelle et l’idéologie transgenre dans l’école de son fils constituait une « discrimination illégale fondée sur la religion et les convictions ».

Kristie Higgs, au centre, a été rejointe par plusieurs sympathisants lors de l’audience en octobre dernier

Une employée d’une école anglicane a obtenu une victoire importante devant la Cour d’appel à la suite de son licenciement pour avoir exprimé son opinion sur l’enseignement des relations LGBT+. Kristie Higgs, anciennement administratrice pastorale et responsable de l’expérience professionnelle à la Farmor’s School, dans le Gloucestershire, a été licenciée en 2019 après avoir partagé sur Facebook des messages critiquant les projets visant à enseigner les relations LGBT dans les écoles primaires.

La mère de deux enfants a d’abord essuyé un verdict contre elle en juin 2023 de la part du tribunal d’appel de l’emploi.

Dans un jugement remarquable rendu mercredi, les juges de la Cour d’appel ont donné raison à Mme Higgs, estimant que l’instruction précédente de renvoyer l’affaire devant le tribunal du travail était « illégalement discriminatoire ». Exprimant le point de vue de la Cour, le juge Underhill, accompagné du juge Bean et du juge Falk, a expliqué : « Dans la présente affaire, la demanderesse, qui était employée dans une école secondaire, avait posté des messages et avait cité principalement d’autres sources, s’opposant à la politique du gouvernement en matière d’éducation sexuelle dans les écoles primaires en raison de sa promotion de la “fluidité des genres” et de l’assimilation du mariage homosexuel au mariage entre un homme et une femme. »

Le tribunal a reconnu que les opinions de la demanderesse sur le genre et le mariage homosexuel relevaient de la protection de la loi sur l’égalité, déclarant : « Il n’a pas été contesté […] que les convictions de la plaignante selon lesquelles le genre est binaire et que le mariage homosexuel ne peut être assimilé au mariage entre un homme et une femme sont protégées par la loi sur l’égalité ».

Les juges ajoutent : « L’école a cherché à justifier son licenciement sur la base que les publications en question étaient exprimées de manière intempestive et comprenaient des références insultantes aux promoteurs de la fluidité des genres et à “la bande LGBT” qui étaient susceptibles de nuire à la réputation de l’école dans la communauté : les publications avaient été signalées par un parent et pourraient être vues par d’autres personnes. »

Le tribunal a toutefois jugé insuffisant le motif d’atteinte potentielle à la réputation de l’école pour justifier le licenciement : « Toutefois, ni le langage utilisé dans les messages ni le risque d’atteinte à la réputation ne pouvaient justifier le licenciement de la plaignante alors qu’elle n’avait rien dit de tel au travail et qu’elle n’avait manifesté aucune attitude discriminatoire dans sa façon de traiter les élèves ».

À la suite du jugement rendu devant la Cour royale de justice, Mme Higgs a exprimé son espoir : « Je prie pour qu’aujourd’hui soit un jour marquant pour les libertés chrétiennes et la liberté d’expression ».

Elle a poursuivi son plaidoyer en faveur du droit des chrétiens à partager leurs opinions sans encourir de sanctions sur leur lieu de travail : « Les chrétiens ont le droit d’exprimer leurs croyances sur les médias sociaux et dans d’autres contextes non liés au travail sans craindre d’être sanctionnés par leur employeur. »

Mme Higgs s’est retrouvée plongée en pleine tourmente après avoir publié un contenu en ligne critiquant le programme d’éducation relationnelle « No Outsiders In Our School » (Pas d’étrangers dans notre école), destiné aux élèves de l’école primaire, qui comprenait l’apprentissage de la loi anti-discriminatoire (pro-LGBT) par le biais de livres.

Mme Higgs, qui a utilisé son nom de jeune fille pour publier des messages sur une page privée, a partagé deux messages en octobre 2018 avec une centaine d’amis. Une plainte anonyme a conduit l’école à suspendre Mme Higgs et, à la suite d’une audience disciplinaire, elle a été licenciée pour faute grave.

L’école a précédemment réfuté les allégations selon lesquelles Mme Higgs avait été licenciée en raison de ses convictions religieuses, déclarant que le langage utilisé dans ses messages était la raison de son licenciement. Dans un jugement rendu en 2020, un tribunal du travail avait reconnu que la religion de Mme Higgs était une « caractéristique protégée » en vertu de la loi sur l’égalité, mais avait soutenu que le licenciement de l’école était légal.

Cette décision a été annulée par le tribunal d’appel de l’emploi en 2023, et l’affaire a été renvoyée pour réexamen. Toutefois, Richard O’Dair, qui représente Mme Higgs, a fait valoir dans des observations écrites adressées à la Cour d’appel en octobre dernier que le Tribunal d’appel de l’emploi avait fourni des « directives très insatisfaisantes », ce qui risquait de nuire une fois de plus au droit de Mme Higgs à un procès équitable.

Il a déclaré que ses messages étaient « un discours politique contribuant au débat en cours sur une question d’intérêt public » et « une manifestation de ses convictions religieuses ». Il a également noté que Mme Higgs, qui nie être homophobe ou transphobe, avait travaillé avec des élèves qui se disaient LGBT sans qu’aucune allégation de discrimination n’ait été formulée à leur encontre.

Argument de l’avocat de l’école

Me Sean Jones, représentant l’école, a suggéré dans ses observations écrites au tribunal que le renvoi de l’affaire était « la voie appropriée », car des « raisons plus complètes » pour la décision étaient nécessaires.

Il a ajouté : « (Mme Higgs) n’a pas été licenciée pour avoir manifesté (ses convictions), mais parce que la manière dont elle les a manifestées aurait pu raisonnablement amener et a effectivement amené d’autres personnes à penser qu’elle exprimait des opinions homophobes ou transphobes ».

Réaction du Christian Legal Centre

« La décision confirme que la loi sur l’égalité protège les croyances chrétiennes traditionnelles sur les questions sociales, telles que l’opposition aux idées de transgenrisme et de “fluidité de genre” et l’opposition au mariage homosexuel », a déclaré le Christian Legal Centre qui soutenait Mme Higgs.

La Cour a également noté dans sa décision qu’il n’y avait pas eu de plaintes concernant un traitement discriminatoire potentiel des élèves par Mme Higgs.

Le tribunal a annulé la décision du tribunal d’appel du travail qui avait demandé un nouveau procès de l’affaire et a conclu que « nous devrions nous-mêmes conclure que le licenciement du demandeur constituait une discrimination illégale fondée sur la religion et les convictions ».

Andréa Williams, directrice générale du Christian Legal Centre, a déclaré : « C’est une grande victoire pour Kristie, qui a perdu son emploi et son gagne-pain pour n’avoir fait qu’exprimer sa consternation face aux idées absurdes de fluidité de genre enseignées à son enfant dans une école primaire de l’Église d’Angleterre. »

« C’est aussi une victoire pour beaucoup d’autres qui ont précédé Kristie, comme Victoria Wasteney et le regretté Richard Page, qui ont également été licenciés pour leurs croyances chrétiennes dans les années passées, et ont cherché justice en vain », a-t-elle poursuivi. Pourtant, d’un trait de plume, des décennies de décisions injustes qui ont nié la justice aux chrétiens ont maintenant été réinterprétées par la Cour d’appel et expliquées comme de simples exceptions qui confirment la règle.

« Pour tous ceux qui se sont tenus à nos côtés pendant des jours beaucoup plus sombres de notre bataille de 16 ans pour la liberté, il est maintenant temps de se réjouir et de rendre grâce à Dieu », a conclu Williams.

mardi 28 janvier 2025

29 janvier 1717 — Naissance de Jeffery Amherst

Jeffery Amherst, officier britannique. 
 
En 1731, il s’enrôle dans l’armée et, en 1741, devient aide de camp du général John Ligonier (1680-1770). Ligonier est issu d’une famille noble de huguenots de Castres émigrée en Angleterre à la fin du XVIIe siècle. Au cours de la guerre de Succession d’Autriche, il participe à la défaite anglaise lors de la bataille de Fontenoy en 1745. Il est promu au grade de lieutenant-colonel. Après la signature du traité d’Aix-la-Chapelle en 1748, il repasse en Angleterre, et la période de paix qui suit réduit ses chances d’avancement. 

Il planifia l’attaque contre Montréal en 1760. En 1763, il reprend les armes contre Pontiac et les autochtones, qu’il méprise. Dans une correspondance, il évoquera l’idée d’utiliser la variole pour tuer les autochtones.
 
Détails
 
Nommé commandant en chef en Amérique du Nord en remplacement de James Abercrombie, il passe l’hiver suivant à New York à faire des plans pour la campagne de l’été suivant. Il remonte en 1759 le lac Champlain avec une armée de 11 000 hommes, et se rend jusqu’à Crown Point (pointe à la Chevelure) où il construit un fort. Il lance quelques attaques sur l’île aux Noix sur la rivière Richelieu, où s’est réfugié le commandant français Bourlamaque. Cette tactique reste néanmoins sans effets notoires et est abandonnée après la prise de Québec par Wolfe en septembre.

Durant l’hiver suivant, Amherst planifie l’attaque de trois armées contre Montréal : James Murray remontant le Saint-Laurent à partir de Québec, William Haviland venant du lac Champlain et Amherst lui-même attaquant à partir du lac Ontario. Au début de septembre 1760, la jonction des trois armées fonctionne parfaitement et aboutit à la capitulation des Français le 8 septembre. Amherst nomme alors trois gouverneurs militaires pour les trois districts du Canada : James Murray, confirmé dans le poste qu’il occupait déjà à Québec, Ralph Burton à Trois-Rivières et Thomas Gage à Montréal.

Cependant, la guerre n’est pas terminée, et Amherst, à titre de commandant en chef, organise au cours de 1761 et 1762 des expéditions à la Dominique, en Martinique et à Cuba. En 1762, une armée française dirigée par Charles-Henri-Louis d’Arsac de Ternay débarque à Terre-Neuve. Elle ravage la colonie britannique avant d’être repoussée par une armée britannique commandée par William Amherst, frère de Jeffery Armherst qui l’a nommé à ce poste. Depuis New York, Jeffery Amherst supervise cette opération militaire. La bataille de Signal Hill (à Terre-Neuve) et la capitulation du fort de Saint-Jean mettent fin à l’aventure française en Amérique du Nord.
 
Vue perspective de la descente des François à l’île de Terre-Neuve du côté de Saint-Jean en 1762.


Pendant son séjour à Montréal, ce dernier développe une haine incontestable envers les Amérindiens, il les déteste rien de moins. Il constate avec frustration que quelques tribus indiennes des Grands Lacs, dans la région de Détroit, sous le chef Pontiac font la vie difficile aux troupes britanniques.

En 1763, il écrivit à son subalterne, Colonel Bouquet, avec une suggestion qui révolte plus d’un aujourd’hui. Amherst lui ordonna de faire le nécessaire pour transmettre la variole parmi les populations indiennes à l’aide de couverture infectée par le virus.

Au cours des mois suivants, des épidémies de variole causèrent des ravages dans les tribus Delaware, Mingos et Shawnees. Selon le journal de guerre de Bouquet, ce dernier n’aura jamais mis à exécution les ordres du Commandant en chef. Les coïncidences avec l’épidémie parmi les troupes de Pontiac sont toutefois étranges. Lors de son retour en Europe, il s’installa sur des terres qui lui furent offertes à titre de récompense dans la ville de Sevenoaks dans la région du Kent.

Il fut le premier gouverneur sous l’occupation militaire de la Nouvelle-France, de 1760 à 1763. 

Il décéda le 3 août 1797, à Sevenoaks, à sa résidence appelée Montréal.


jeudi 9 janvier 2025

Royaume-Uni : les mauvaises idées des Travaillistes pour l'école

À la mi-décembre, la fille de Tim Jonas a dit au revoir à ses amis et à ses enseignants dans son école privée de Wakefield, dans le Yorkshire. M. Jonas, développeur web, explique que sa famille n'est plus en mesure de payer les frais de scolarité de sa fille de neuf ans, maintenant que le gouvernement travailliste britannique y ajoute 20 % de taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Aucune des 44 écoles primaires publiques de Wakefield n'ayant pu lui garantir une place, elle se rendra à une école située à quelques kilomètres de la ville. M. Jonas se sent « assez positif » à propos de ce déménagement, maintenant qu'il est en cours. Mais il regrette d'avoir dû retirer sa fille d'une école où elle était heureuse et où elle réussissait bien.

Après deux ans d'âpres débats, la TVA sur les frais de scolarité est entrée en vigueur le 1er janvier. Malgré tout le bruit qu'elle a suscité, il y a fort à parier que cette mesure aura moins d'impact que ne l'imaginent les irréductibles des deux camps. Cela devrait pourtant inquiéter les travaillistes, qui insistent sur le fait que rendre l'enseignement privé plus cher était une bonne façon de passer ses premiers mois à la direction du système scolaire.

Un parti qui a jadis donné la priorité à « l'éducation, l'éducation, l'éducation » semble étonnamment à court de bonnes idées. Les frais de scolarité de la plupart des écoles privées augmentent en même temps, mais dans des proportions variables. Les établissements les plus huppés, comme Eton, font payer aux parents la totalité des 20 %. D'autres établissements disent s'efforcer de limiter les augmentations, mais prévoient d'échelonner les augmentations dans le temps. Les règles de récupération de la TVA permettront à certaines écoles de réaliser des économies (lorsque les entreprises commencent à facturer la TVA à leurs clients, elles cessent de payer la taxe sur certaines de leurs propres dépenses). Mais même dans ce cas, la plupart des écoles devront réduire leurs dépenses ou puiser dans leurs économies si elles souhaitent maintenir l'augmentation des frais de scolarité en dessous de 15 %.

L'effet sur les inscriptions ne se fera sentir que dans quelques années. Bien que certains enfants déménagent déjà, les parents essaient d'éviter de les retirer au milieu de l'année scolaire ou lorsqu'ils préparent des examens importants. Le gouvernement estime que les effectifs des écoles privées finiront par diminuer d'environ 6 %, ce qui entraînera la fermeture d'une centaine d'établissements (la Grande-Bretagne en compte environ 2 600, qui accueillent quelque 600 000 élèves, soit 6 % des enfants d'âge scolaire). Elle s'attend à ce que les enfants soient transférés dans des écoles publiques et à ce que certains parents ne choisissent pas d'emblée l'enseignement privé.

Pour l'instant, ces prévisions semblent raisonnables. Dans le privé, les chefs d'établissement se disent plus inquiets de la diminution du nombre de nouveaux élèves que de l'exode des élèves existants. Le Conseil des écoles indépendantes, un groupe industriel, indique que le nombre d'élèves de 11 ans entrant dans les écoles secondaires privées a chuté d'environ 5 % en septembre dernier, d'après une enquête menée auprès de quelque 700 établissements. Il pense que les inquiétudes concernant les frais de scolarité en sont la principale raison.

Les parents dont les enfants fréquentent les écoles les plus huppées sont ceux qui auront le moins de mal à trouver des fonds supplémentaires. Les établissements plus petits et plus modestes sont les plus susceptibles de diminuer. Selon Tony Perry, de l'association Education Not Taxation, qui s'oppose à la réforme, les changements s'annoncent particulièrement difficiles pour les enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux. Les parents de ces enfants mettent parfois leurs finances à rude épreuve pour s'offrir un enseignement privé, après avoir conclu que les écoles publiques locales ne sont pas en mesure d'apporter à leurs enfants l'aide dont ils ont besoin.

La question la plus importante est de savoir si les avantages de la taxe l'emporteront sur ses inconvénients. Les travaillistes ont probablement raison de dire que la taxation des frais de scolarité va rapporter environ 1,5 milliard de livres (1,9 milliard de dollars américains) par an (même si beaucoup d'enfants fuient vers les écoles publiques, les parents vont probablement dépenser une grande partie de ce qu'ils économisent pour acheter des produits soumis à la TVA). Mais même si tout cet argent va à l'éducation, il n'augmentera les budgets des écoles publiques que d'un maigre 2 %.

Les projets encore vagues du parti travailliste pour améliorer les écoles publiques n'incitent pas à l'optimisme. Il a beaucoup parlé de l'embauche de 6 500 enseignants supplémentaires ; l'été dernier, il a déclaré qu'il s'agirait de l'une de ses « premières mesures ». Mais cela ne représente qu'un enseignant pour quatre écoles. Et les ministres n'ont pas encore expliqué comment ni quand ces objectifs seront atteints. Si les écoles anglaises manquent de personnel, ce n'est pas parce que les responsables politiques ont refusé de prévoir un budget pour recruter davantage de personnel, mais parce que trop peu d'enseignants veulent travailler pour le salaire proposé. Pour remédier à cette situation, il faudra probablement augmenter les salaires des enseignants bien plus que ce que le parti travailliste semble disposé à faire.

En ce qui concerne les inspections, le problème n'est pas d'avoir traîné les pieds, mais d'avoir agi de manière trop irréfléchie. En septembre, le gouvernement a ordonné à l'Ofsted, l'inspection des écoles, de cesser d'attribuer des notes globales aux établissements (telles que « Excellent » et « Insuffisant »). Cette décision a ravi les enseignants, qui détestaient l'ancien système ; leur opposition s'est intensifiée depuis le début de l'année 2023, lorsqu'un chef d'établissement dont l'école risquait d'être rétrogradée s'est suicidé. Pourtant, ils risquent d'aimer encore moins les inspections du nouveau style. Des fuites laissent entendre que l'Ofsted pourrait bientôt commencer à attribuer aux écoles des notes dans une dizaine de sous-catégories floues. L'idée semble être de brosser un « tableau plus large » des forces et des faiblesses de chaque établissement. Mais cela ne signifiera que plus de critères pour les enseignants, plus d'informations pour les parents et plus de travail pour un organisme d'inspection qui semble depuis longtemps à court d'argent.

Les dernières annonces du parti travailliste mettent à mal les libertés dont jouissent les écoles ayant le statut d'« académie » (environ 80 % des écoles secondaires et plus de 40 % des écoles primaires). Le précédent gouvernement conservateur avait accordé plus d'autonomie à ces écoles, espérant ainsi faire progresser les résultats. Mais les projets de loi publiés le 17 décembre donneraient aux politiciens plus de contrôle sur leurs programmes et les empêcheraient d'embaucher du personnel sans qualifications pédagogiques (ou qui n'est pas en formation). L'idée d'obliger les académies à respecter des barèmes de rémunération centralisés a suscité une grande confusion : Les travaillistes ont dû préciser que les écoles qui payaient plus que la moyenne n'étaient pas invitées à réduire les salaires des enseignants. La manière dont tout cela profitera aux enfants n'a pas encore été bien expliquée.

« Tout le monde se gratte la tête », déclare Tom Richmond, un analyste politique qui a travaillé au ministère de l'éducation. « Nous voyons beaucoup d'annonces, mais nous n'avons pas encore de plan. Un autre analyste (qui préfère garder l'anonymat de peur de se faire des ennemis au sein de la nouvelle administration) note que les réformes des conservateurs, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, ont été guidées par une « vision » forte de ce à quoi ressemblent les salles de classe performantes. « Je ne sais pas vraiment quelle est l'école de rêve des travaillistes ».

Pour ceux qui craignent que les travaillistes ne mettent à bas les réformes des 15 dernières années, la dérive du ministère de l'éducation est tolérable. Les écoles anglaises ont grimpé dans les classements internationaux. De grands changements épuiseraient les enseignants à un moment où il est déjà difficile de les retenir. La base du parti travailliste compte de nombreux idéologues qui, s'ils en avaient l'occasion, démantèleraient les normes et affaibliraient la discipline. Le gouvernement, et c'est tout à son honneur, semble avoir résisté à leurs pires idées.

Pourtant, les menaces qui pèsent sur la matière grise des jeunes sont de plus en plus nombreuses. Environ un quart des élèves de l'enseignement secondaire sont « constamment » absents, soit deux fois plus qu'avant la pandémie ; la proportion de ceux qui sont absents plus de la moitié du temps est en augmentation. Les services destinés aux enfants nécessitant une éducation spéciale sont en crise ; les coûts croissants menacent de mettre les conseils locaux en faillite. La lutte pour les écoles privées a détourné les décideurs politiques de questions plus importantes.

Source : The Economist

Liens connexes

Chute de l'alphabétisation. Les adultes oublient-ils comment lire ?

Grande-Bretagne — Les enseignants seront formés à la lutte contre la « blanchité » dans les écoles

Angleterre — L'endoctrinement scolaire crée une jeunesse woke - et les conservateurs se taisent

 

 

dimanche 5 janvier 2025

Royaume-Uni — Comment le scandale des gangs de violeurs pédophiles a été étouffé

Les enfants victimes de viols ont été privés de justice et de protection par l'État afin de préserver l'image d'une société multiculturelle heureuse.

La décision de Jess Phillips, ministre de la Protection de l'Enfance, de bloquer une enquête publique sur les gangs de violeurs d'Oldham semble, de l'extérieur, presque inexplicable. Des enfants ont été violés et abusés par des bandes d'hommes, sans que les autorités ne les protègent.

Quelques-uns des violeurs pédophiles en bande musulmans d’Oxford


Un rapport sur les abus commis à Oldham a été publié en 2022, mais son mandat ne couvrait que la période 2011-2014. Les survivants de la ville ont déclaré qu'ils souhaitaient que l'enquête menée par le gouvernement couvre une période plus longue et qu'elle permette de combler les lacunes de l'enquête précédente. Dans sa lettre au conseil municipal, révélée par GB News, Jess Phillips a déclaré qu'elle comprenait la force des sentiments dans la ville, mais qu'elle pensait qu'il était préférable qu'un autre examen soit effectué au niveau local.

Il s'agit d'un scandale qui devrait être totalement élucidé et qui devrait faire l'objet d'une enquête de la part de l'État britannique dans toute sa puissance. Des voix allant d'Elon Musk à Kemi Badenoch [qui dirige le parti conservateur] se sont jointes aux appels à l'ouverture d'une enquête. Pourtant, le gouvernement semble curieusement réticent à enquêter sur les manquements des fonctionnaires.

Cette réticence n'est pas nouvelle. Dans tout le pays, dans les villes, dans nos rues et dans les institutions publiques conçues pour protéger les membres les plus vulnérables de notre société, les autorités ont délibérément fermé les yeux sur d'horribles sévices infligés à des enfants en grande partie blancs par des bandes d'hommes majoritairement d'origine pakistanaise.

Au fil du temps, des détails ont été révélés sur les abus commis à Rotherham, à Telford, à Rochdale et dans des dizaines d'autres endroits. Mais comme les histoires sont publiées au compte-gouttes et que les détails sont si horribles qu'ils en sont presque illisibles, l'ampleur du scandale n'a pas encore été révélée au public.

La souffrance des enfants

Le paragraphe suivant est difficile à lire. Mais vous devriez le lire, si vous le pouvez. Il est tiré de la sentence prononcée en 2013 par le juge Peter Rook à l'encontre de Mohammed Karrar à Oxford.

Mohammed a préparé sa victime « à un viol anal collectif en utilisant une pompe... Vous l'avez soumise à un viol collectif par cinq ou six hommes. À un moment donné, quatre hommes étaient à l'intérieur d'elle. Une balle rouge a été placée dans sa bouche pour la faire taire ».

Son histoire est horrible. Elle est loin d'être unique.