mardi 17 février 2026

Mohamed et ses variantes, le prénom le plus donné en Alberta en 2025

Le prénom Mohamed (et ses variantes) figurait en tête de la liste des prénoms les plus données aux garçons nés en Alberta en 2025.        
        
Il devançait des prénoms tels que Noah, Theodore et Oliver.

Selon les données publiées par le gouvernement de l'Alberta, Mohamed était le prénom le plus populaire pour les garçons en 2025, avec plus de 270 garçons nés sous ce prénom.  On trouvera ci-dessous la liste de ces prénoms.

Forme Occurrences Origine/Utilisation approximative
Mahamat 1 Tchad / Afrique centrale
Mahamed 1 Afrique de l’Est / Afrique de l’Ouest
Mehmed 1 Turquie / Balkans
Mehmet 2 Turquie / Balkans
Mohamad 16 Maghreb / Moyen-Orient
Mohamed 46 Maghreb / Afrique du Nord
Mohammad 38 Moyen-Orient / Asie du Sud
Mohammed 28 Maghreb / Moyen-Orient
Mohmmed 1 Variation anglophone
Mouhamed 1 Maghreb (orthographe francisée)
Mouhammad 1 Maghreb / Afrique de l’Ouest
Mouhammed 1 Maghreb / Afrique de l’Ouest
Muhammad 132 Monde musulman général
Muhammed 6 Turquie / Bosnie / Asie du Sud
Muhmmad 1 Variation anglophone
Muhamad 1 Asie du Sud (Indonésie / Malaisie)
Total 277

Il s'agit de variantes orthographiques ou phonétiques de Mohamed (محمد ou مُحَمَّد avec tous les diacritiques). La racine arabe H-M-D (ح-م-د) est la même pour tous ces prénoms. Les différences s'explique par :
  • Les différentes translittération de l’arabe vers le latin, par exemple « Mohamed » (à la française)  par rapport à « Muhamad » (à l'anglaise).
  • La prononciation locale : certaines langues qui utilisent l'alphabet latin simplifient ou modifient les sons notamment parce qu'elles ne connaissent pas les géminées (chadda en arabe), c'est ainsi qu'on trouve Mehmet en turc et Mahamat en tchadien. Il s'agit ici donc plus de transcription que de translittération. La translittération essaie de faire correspondre à chaque signe dans l'écriture d'origine un même signe dans la langue d'arrivée.
  • La translittération différente des voyelles courtes dans une même langue comme le français. On trouvera donc que la première voyelle de Mohammed/Mouhammed (noté par en arabe par  ou court, un damma) sera parfois transcrite « o » ou « ou » en français. En effet, ce son varie selon les dialectes. Le plus souvent il s'agit d'un [ʊ], mais alors il ne correspond ni à notre [o] dans réseau, ni à notre [u] dans coup, d'où l'hésitation en français.

Les prénoms masculins les plus courants après celui-ci étaient Noah (259), Theodore (204), Oliver (184), Henry (180), Jack et Lucas (à égalité avec 153), Levi (152), Liam (145), James (125), William (123), Benjamin et Bennett (à égalité avec 122).

Muhammad était également le prénom le plus populaire dans la ville de Toronto l'année dernière et en 2024, passant de la quatrième place en 2023.

Pour les filles, les prénoms les plus populaires en Alberta l'année dernière étaient Olivia, Amelia, Emma et Sophia (à égalité), Charlotte, Violet, Isla, Ellie et Nora (à égalité), Eliana, Chloe, Evelyn et Lily (à égalité), et Aurora.

Notons que Noah est un prénom que peuvent choisir certains musulmans. Sur des forums musulmans francophones (et ici) et anglophones, on trouve des discussions où de futurs parents ou des croyants débattent de l’acceptabilité de Noah (ou Noé) comme prénom pour un enfant musulman. Les opinions varient, mais certains thèmes reviennent souvent :
  • Noah est parfois vu comme acceptable parce qu’il renvoie au même personnage religieux que Nouh (Noé) de la Bible.
  • D’autres préfèrent une forme arabe plus traditionnelle (comme Nouh, Nuh ou Nooh).
  • Beaucoup répondent que l’intention religieuse et la signification positive priment sur la forme linguistique.
Il existe d'autres prénoms peu marqués comme musulmans : Rayan(e)/Ryan, Adam(e) et Anis, mais qui se rattachent à des noms musulmans. Les parents essayent ainsi d'intégrer leurs enfants sans trahir leurs origines. Rayan (ريّان) vient de l'adjectif arabe rayyān, signifiant « brillant, épanoui, beau ». Dans la tradition islamique, ar-Rayyān désigne aussi la porte du Paradis réservée à ceux qui jeûnent. Sa phonétique, proche de l'irlandais Ryan, lui confère une double appartenance qui brouille les frontières culturelles. Adam (آدم) est partagé par le judaïsme, le christianisme et l'islam. Enfin, Anis (أنيس) est un prénom d'origine arabe signifiant « le bon compagnon ».  

Pour les filles, Nora
est un autre de ces prénoms qui peuvent être occidental et arabe à la fois, mais avec des étymologies totalement différentes. Pour un musulman, il dérive de l'arabe an-nora (النورة), lui-même issu de nour (نور), signifiant « lumière ». D'abord exclusivement masculin, ce prénom aurait été féminisé pour être donné aux filles. Sofia/Sophia (sage du grec) est adoptée dans les communautés musulmanes comme équivalent phonétique de Safiya (صفية, pure) au point que les deux formes tendent à se confondre (voir ici, ici, ici et ).

Inde : Police démantèle un vaste réseau de faux diplômes utilisés notamment à l'étranger


Le 10 décembre 2025, la police de l’État du Kerala (Inde) a annoncé le démantèlement d’un réseau criminel de grande envergure spécialisé dans la fabrication et la vente de faux diplômes universitaires, dont les documents étaient utilisés par des candidats pour soumettre des demandes d’emploi ou d’admission universitaire tant à l’étranger qu'en Inde.

L’affaire a été déclenchée dans le district de Malappuram, après des signalements de documents suspects utilisés lors de démarches administratives et professionnelles. Les enquêteurs ont rapidement mis au jour une organisation structurée, active à l’échelle de plusieurs États indiens.

Au total, environ 11 personnes ont été arrêtées, dont le principal accusé, Dhaneesh, alias Dany, déjà connu pour des affaires similaires depuis 2013 : après avoir purgé une peine de prison, il aurait reconstruit et étendu son réseau de contrefaçon.

Fabrication et distribution des faux diplômes

Les perquisitions ont révélé que la production des faux diplômes se déroulait dans un centre clandestin de Pollachi (Tamil Nadu), où des imprimantes professionnelles, des logiciels de contrefaçon et des matériaux perfectionnées étaient employés pour reproduire des certificats à entêtes, hologrammes, signatures et sceaux falsifiés.

Une fois imprimés, ces documents étaient envoyés à un bureau central à Bengaluru (Karnataka) avant d’être distribués par un réseau d’agents vers différents États, notamment le Kerala, le Tamil Nadu, le Karnataka, l’Andhra Pradesh, le Maharashtra, Goa, Delhi et le Bengale occidental.

Les autorités ont saisi près de 100 000 faux diplômes émis au nom d’environ 22 universités indiennes ou étrangères, couvrant des domaines sensibles tels que la médecine, les soins infirmiers, l’ingénierie, l’informatique et d’autres filières professionnelles : ces documents étaient conçus pour ressembler au plus près les diplômes authentiques.

De nombreux éléments recueillis par les enquêteurs indiquent que des candidats les achetaient dans le but exprès de renforcer leurs dossiers de candidature à des emplois ou à des programmes d’études à l’étranger — souvent vers des destinations où la vérification de ces documents est moins rigoureuse qu'en Inde.

Selon la police, ces faux diplômes étaient vendus entre 75 000 et 1,5 lakh roupies chacun (environ 800 à 1 600 € ou 1100 à 2200 dollars canadiens) selon le domaine et le niveau de qualification.

Selon les déclarations d’autorités et de responsables politiques étrangers, le réseau aurait potentiellement fourni plus d’un million de documents frauduleux, bien que ce chiffre soit une estimation indicative basée sur l’ampleur de l’opération, et non un décompte exhaustif confirmé.

Faux certificat et faux tampons et sceaux.

Réactions en Australie et implications internationales

L’affaire a eu des répercussions au‑delà des frontières indiennes. En Australie, par exemple, le gouvernement a rétrogradé l’Inde dans une catégorie de « risque plus élevé » dans son système de visas étudiants, en invoquant des préoccupations concernant l’intégrité des documents scolaires et universitaires présentés par certains candidats indiens à des fins d’étude ou de travail.

Un sénateur australien a même affirmé sur les réseaux sociaux que ce scandale met en lumière des failles dans les contrôles de visas et l’évaluation des compétences, accusant certains candidats de postuler avec des diplômes achetés plutôt qu’acquis légitimement.

Suite de l’enquête

Les autorités poursuivent désormais plusieurs axes d’investigation :

  • Vérification des diplômes saisis auprès des universités et institutions concernées pour confirmer leur origine ou dévoiler des complicités internes.
  • Identification des utilisateurs finaux de ces documents, notamment ceux ayant soumis des candidatures à l’étranger ou pour des emplois nationaux.
  • Recherche de possibles complices ou intermédiaires, qu’il s’agisse d’agents de recrutement, de fonctionnaires ou de prestataires de services documentaires.

Sources : ArabTimes, The Hindu, Financial Express, OpIndia

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