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lundi 18 mai 2026

France — Quand les cours d’éducation sexuelle poussent des familles vers le privé hors contrat


L’école hors contrat Saint-joseph-des-lys, au coeur de Versailles, accueille des classes de primaire ainsi qu’un collège (secondaire inférieur).

Le directeur du groupe scolaire catholique hors contrat [non subventionné donc] Saint-Dominique du Pecq (Yvelines) se souvient bien de ce jour, il y a quelques mois, où les parents de Léonie* ont toqué à sa porte. « En rentrant de l’école, notre fille de 7 ans nous a parlé de vulve et de pénis. Il est hors de question qu’elle retourne dans cet établissement. » Voilà, en substance, quelle fut la déposition de ces parents en colère. En cause : le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Depuis le 6 février 2025, ce dernier est obligatoire de la maternelle au lycée, aussi bien dans l’enseignement public que dans les établissements privés sous contrat. Dans le hors-contrat, l’obligation commence pour le collège.

Les parents qui se tournent vers le hors-contrat cherchent un projet éducatif différent. Écoles confessionnelles, Freinet, Montessori, Écoles de la forêt… l’éventail du choix est large. Et la demande importante : selon le sondage Ifop publié le 5 mai, 64 % des Français estiment que cette diversification contribuerait à faire reculer l’échec scolaire. L’année dernière, quand 5 000 classes du public fermaient, 400 ont ouvert leurs portes dans le hors-contrat.

Au-delà du projet éducatif, les parents qui choisissent ces établissements mentionnent aussi le rejet de la méthode globale pour l’apprentissage de la lecture, le besoin d’une «alliance» renforcée avec les professeurs, l’intérêt pour les programmes bilingues ou encore les petits effectifs… Mais, désormais, les contours des trois séances annuelles d’éducation affective et sexuelle du sous-contrat constitueraient aussi un argument en leur faveur.

« Les programmes EVAR [éducation à la vie affective et relationnelle, pour le premier degré] et EVARS [éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, pour le second degré] sont désormais l’un des premiers facteurs qui poussent les parents à inscrire leurs enfants dans nos structures, au même titre que l’effondrement du niveau », soutient le responsable du développement de la Fondation pour l’école Augustin Yvan, qui promeut et soutient les écoles indépendantes.

Au sein de l’académie de Versailles (Yvelines, Hauts-de-seine, Essonne, Val-d’Oise), c’est en tout cas l’un des facteurs avancés par de nombreux parents qui choisissent cette trajectoire. Selon Augustin Yvan, cette académie concentre la part la plus importante d’écoles indépendantes catholiques : sur environ 200 écoles hors contrat recensées par le rectorat de Versailles, près de 80 seraient de sensibilité catholique. À l’en croire ainsi que d’autres interlocuteurs, l’application du programme EVARS se heurte ici à « une vision chrétienne de la personne humaine» ainsi qu’à des débats autour des missions incombant à l’école.

«Tous les directeurs d’établissement hors contrat constatent une forte pression sur les dossiers, confirme François-Xavier Clément, ancien directeur du lycée Saint-Jean-de-Passy (sous contrat), désormais à la tête de Saint-Dominique du Pecq. Les effectifs de l’année prochaine sont déjà remplis.» «L’appétit pour le hors-contrat s’amplifie, acquiesce la directrice de l’école primaire de Saint-Charles-de-Foucauld, Cécile Hénin, et nous n’avons pas encore touché le sommet de la courbe », croit-elle savoir. Selon François-Xavier Clément, plusieurs parents ont demandé à être inscrits « de manière préventive »

pour la rentrée 2025 et 2026, craignant que « leurs enfants âgés de 6, 7 ou 9 ans soient pollués par des mots et des réalités qui devraient être étrangères à des enfants de cet âge ».

Élise* ne rejette pas le principe d’une éducation sexuelle. En revanche, elle s’offusque des mots employés, de la façon dont certaines thématiques sont abordées, s’interroge sur les modalités et les limites de ces cours, et considère que les sujets ne conviennent pas toujours à la maturité des enfants. « EVARS ne prend pas en compte la réalité de chaque enfant, qui peut varier d’une famille à l’autre», dit-elle. Autrement dit, le programme oublierait que certains élèves sont plus préservés que d’autres. « Pour un enfant vivant éloigné de ces réalités, en parler revient à faire effraction dans son psychisme », estime François-Xavier Clément. La présidente de l’école hors contrat Saint-joseph-des-lys, Marine de Rosnay, acquiesce : « Au-delà des cas extrêmes, on observe des enfants avisés très tôt, quand d’autres restent plus longtemps fleur bleue, et cela, alors même qu’ils sont dans la même classe. » Et Élise de poursuivre : « La vraie question est : jusqu’où va-t-on dans le message qu’on veut apporter à nos enfants ? Le programme pourrait se limiter à expliquer que la nudité des enfants ne doit pas interagir avec celle des adultes », suggère cette mère qui a préféré scolariser ses enfants âgés de 4, 6 et 7 ans dans le hors-contrat.

L’apprentissage de l’intimité fait bien partie du programme. Mais l’EVARS a également pour objectif de « promouvoir des relations respectueuses et participer au développement de compétences psychosociales ». Dans une plaquette dédiée, le programme est présenté comme reposant sur trois axes : «se connaître, vivre et grandir avec son corps ; rencontrer les autres et construire avec eux des relations, s’y épanouir ; trouver sa place dans la société, y être libre et responsable ». La Rue de Grenelle assure que «les contenus et les modalités des séances sont progressifs et adaptés à l’âge et à la maturité des élèves » .Et précise : les enfants scolarisés en maternelle et en primaire étudient le corps, les émotions, l’intimité, le consentement, mais aussi apprennent à « promouvoir des relations égalitaires», à comprendre « la fonction et le sens des liens familiaux » et à identifier « les stéréotypes pour lutter contre les discriminations ». Au collège et au lycée, sont abordés les sujets liés aux violences sexuelles, à la santé sexuelle, les relations de manière générale, la question du genre, et enfin la notion de respect et d’intimité à l’heure des réseaux sociaux.

Les parents interrogés par Le Figaro expriment aussi le sentiment d’être dépossédés de leur rôle. À la rentrée 2025, Cécile*, mère de trois enfants, a inscrit son petit dernier en cinquième dans le hors-contrat. Son choix a entre autres été motivé par sa volonté de garder la main sur l’éducation sexuelle de ses enfants : Cécile n’avait pas envie que son fils soit « au courant de tout, tout de suite » et souhaitait « le préserver encore un peu ». «Je veux pouvoir aborder ce sujet librement avec mes enfants, et je veux que le corps et les relations leur soient présentés comme quelque chose de beau. Ce n’est pas à l’école de me dicter comment je dois éduquer mes enfants en ce qui concerne la sexualité », affirme-t-elle. Lorsqu’elle avait estimé cela nécessaire, elle s’était rendue avec ses deux aînées dans une association afin de participer à des ateliers abordant le sujet. Son mari compte faire de même avec leur fils.

« Le rôle de l’école, c’est l’instruction, et non l’éducation sexuelle », approuve Alexandra, qui a (aussi) choisi le hors-contrat pour «l’accent mis sur le beau, l’étude des grands textes et de l’histoire de France ». André*, dont deux des cinq enfants sont scolarisés dans le hors-contrat, est du même avis :

« Il doit y avoir un tandem famille-école. Le problème avec EVARS, c’est que les parents ne sont pas du tout mis dans la boucle. On se sent mis de côté. On ne nous informe pas de la manière dont le cours va se dérouler », explique-t-il, insistant sur le fait qu’il « faut lutter contre les violences sexuelles », mais que l’état devrait « traiter ce sujet avec plus de délicatesse et main dans la main avec les parents ».

« Nous estimons que nous sommes responsables de l’éducation affective et sexuelle de nos enfants, confirme la présidente de la Fédération des parents d’élèves des écoles indépendantes (FPEEI), Mariedes-neiges Guillotel, les parents sont les premiers éducateurs. Nous n’envoyons pas nos enfants à l’école pour autre chose que l’instruction. » Mikaël Tane, secrétaire général de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) des Yvelines, première fédération nationale des parents de l’école publique, aussi parfois présente dans certains établissements privés sous contrat, préfère nuancer : «Si les parents sont bien les premiers éducateurs de l’enfant, le rôle de l’éducation nationale va plus loin que l’instruction », rétorque-t-il.

Pour lui, il faut aborder l’EVARS en gardant en tête les différents apports de la CIIVISE : « Les travaux de la CIIVISE ont montré le besoin criant d’aider l’enfant à repérer ce qui est correct et ce qui ne l’est pas. » Dans le rapport de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, on peut lire que l’enfant victime est « habité par la peur, la honte, la culpabilité et est dans l’incompréhension de ce qu’il vit ». D’où l’importance qu’un tiers puisse aider l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il vit. « La Ciivise le dit : dans une classe, en moyenne, trois enfants sont concernés par l’inceste. D’où l’importance de l’evars », ajoute Mikaël Tane. Sans compter que toutes les trois minutes, en France, un enfant est victime de violences sexuelles.

Les écoles catholiques hors contrat sont toutefois conscientes de la nécessité de saisir ces problématiques à bras-le-corps. À Saint-Joseph-des-Lys, cela est pris très au sérieux. «L’EVARS permet aux parents, aux chefs d’établissement et aux enfants de prendre conscience qu’il faut être attentifs », souligne Marine de Rosnay. «Les écoles hors contrat catholiques ne sont pas hors sol. Ce sont des sujets importants qu’il faut aborder avec les enfants. Mais on aimerait le faire à notre manière et en équipe avec les parents », abonde Cécile Hénin, de Saint-Charles-de-Foucauld.

Comment conjuguer éducation sexuelle et valeurs chrétiennes ? Aucun des établissements catholiques sous contrat [subventionnés] que nous avons contactés n’a donné suite à nos sollicitations. L’un d’eux a justifié son refus par un climat «anxiogène» qui régnerait depuis les affaires Bétharram et Saint-Stanislas à Nantes : les inspections [gouvernementales] dans les établissements catholiques seraient aujourd’hui de plus en plus fréquentes et les inspecteurs, de plus en plus pointilleux. « Les cas de Saint-Stanislas et de Bétharram ont suscité l’effroi et la sidération chez les chefs d’établissement », assure François-Xavier Clément, l’ancien directeur du lycée Saint-Jean-de-Passy. « Il y a un climat de peur : la bonne application de l’EVARS fait écho à ces scandales. C’est pourquoi les établissements catholiques privés [subventionnés] se sentent obligés de fléchir leur ligne vis-à-vis d’EVARS », nous souffle une source qui souhaite rester anonyme.

Résultat : le privé [subventionné] marche sur des œufs. Les chefs d’établissement craignent la rupture du contrat. Et les professeurs censés dispenser ces cours sont «frileux ». « Comment aborder ces sujets sans choquer les élèves, sans commettre d’impair ? Ils veulent bien faire, mais c’est très délicat », explique Xavier Le Saint, ex-directeur des études de Saint-Jean-de-Passy, qui s’occupe désormais de former les professeurs des établissements sous contrat et hors contrat à l’application du programme EVARS, au sein d’Alte Academia. L’objectif : enseigner la vie affective, relationnelle et sexuelle « avec délicatesse et pudeur ».

L’offre est à la carte : « Certains chefs d’établissement veulent appliquer la réglementation EVARS à la lettre, tandis que d’autres souhaitent donner un sens philosophique à ce cours, dans une démarche anthropologique », rapporte Xavier Le Saint. Ainsi, lorsque la notion de respect est abordée pour les établissements sous contrat, le cours évoque « la juste distance, le consentement ». Alors que, pour les écoles hors contrat, Xavier Le Saint traduit la notion de respect par « l’apprentissage de la vertu et de charité au quotidien ».

Toujours est-il que, malgré la publication en août par l’enseignement catholique d’un texte de dix pages sur l’« éducation affective, relationnelle et sexuelle » (EARS) pour proposer des « éléments de discernement », les différents acteurs gravitant autour de l’EVARS ont encore du mal à se positionner. « En ce moment, dans le milieu associatif et scolaire, il y a beaucoup de mouvements et de réadaptations autour de l’EVARS», explique la responsable de l’association Parlez-moi d’amour Delphine Chevreau. Son propre collectif, qui formait, avant l’apparition d’EVARS, des animateurs pour intervenir sur la sexualité dans les écoles privées, « cherche encore sa place ». Autant d’incertitudes face auxquelles de nombreux parents préfèrent se réfugier, surtout pour la maternelle et le primaire, dans le hors-contrat : « Le hors-contrat est le nouveau privé », croient-ils savoir. [À savoir le privé sous contrat est trop tenu par le gouvernement]

* Le prénom a été modifié.

Source : Le Figaro

mercredi 6 mai 2026

Comment YouTube a envahi les écoles américaines

Les parents constatent que leurs enfants sont accros à ce site de diffusion de vidéos sur les appareils fournis par l’école ; dans un cas précis, leur enfant a visionné 13 000 vidéos YouTube en trois mois

L'« alarme maternelle » d'Amy Warren a retenti lorsque son fils, élève de septième année (12-13 ans) à Wichita, dans le Kansas, semblait en savoir beaucoup trop sur Fortnite, un jeu vidéo de combat et de tir auquel il n'a pas le droit de jouer.

Lorsque Mme Warren s’est connectée au compte Google de son fils, elle a été consternée : son fils Ben avait visionné plus de 13 000 vidéos YouTube pendant les heures de cours entre décembre 2024 et février 2025, selon les données de visionnage qu’elle a fournies au Wall Street Journal.

Son fil d’actualité regorgeait de contenus inappropriés. Des vidéos glorifiant la culture des armes à feu, posant des questions sur les silencieux pour les pistolets Nerf, des « tirs à la tête » où des enfants simulent de manière réaliste leur propre mort, une vidéo contenant des blagues sexuellement explicites sur des voisins couchant ensemble. YouTube lui avait proposé des « mini-vidéos » — une vidéo après l’autre, sélectionnées par un algorithme qui avait déterminé que son fils serait susceptible d'aimer.

« Ça m’a fait pleurer », a déclaré Mme Warren. « Tout à coup, c’est ce genre de contenu violent sur les armes à feu, sans que ce soit de sa faute. » Elle s’est ensuite présentée aux élections du conseil d’établissement et a remporté le scrutin en novembre, désireuse de susciter le changement.

Les écoles publiques américaines sont submergées par YouTube. Selon plus de 45 familles, administrateurs scolaires, cliniciens et éducateurs à travers le pays interrogés par le Wall Street Journal, la dépendance excessive des écoles à l’égard de la plateforme appartenant à Google pour le contenu éducatif a créé une porte d’entrée permettant aux élèves d’être aspirés dans un défilement infini de vidéos sur les appareils fournis par l’école.

mardi 7 avril 2026

Boris Cyrulnik : l'école valorise la docilité des filles et dévalorise la hardiesse des garçons

Le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik s'exprime sur la différence entre les garçons et les filles à l'école et la théorie du genre dans un récent entretien avec l'hebdomadaire Le Point :
« Vers 17 mois, les filles disposent de cinquante mots, de règles de grammaire et d'un début de double réarticulation, par exemple être capable de dire « réembarquons », au lieu de « on va encore une fois dans cette barque ». Avec quatre phonèmes, les filles expriment un discours. Les garçons obtiennent cette performance six mois plus tard ! 75 % des garçons commettent de petites transgressions (chiper un biscuit, pincer un bras, etc.), contre 25 % des filles. Alors ces filles, plus dociles, parlant aisément, sont bien mieux entourées. Il est plus aisé d'élever une fille qu'un garçon. D'ailleurs, en consultation de pédopsychiatrie, il n'y a que des petits garçons, dont le développement est bien plus difficile. Certains scientifiques expliquent ce décalage par la biologie. La combinaison de chromosomes XX serait plus stable, parce qu'une altération sur un X pourra être compensée par l'autre X. La combinaison XY serait, elle, en difficulté évolutive. Ajoutons à cela le rôle majeur de la testostérone, l'hormone de la hardiesse et du mouvement, et non de l'agressivité, comme on le croit souvent. À l'école, les garçons ont envie de grimper aux murs, ils bougent, ils souffrent d'être immobilisés. Or notre société ne valorise plus la force et le courage physique, mais l'excellence des résultats scolaires. Elle valorise la docilité des filles. 
Pourquoi n'avoir rien dit dans cette querelle autour de la théorie du genre ? 
Je pense que le "genre" est une idéologie. Cette haine de la différence est celle des pervers, qui ne la supportent pas. Freud disait que le pervers est celui qu'indisposait l'absence de pénis chez sa mère. On y est. 
Pourtant, ces théories font observer que les filles, meilleures à l'école, sont beaucoup moins nombreuses dans les études prestigieuses ? 
C'est vrai, mais il n'est pas dit que cela dure. Aux États-Unis et au Canada, les filles ont envahi les grandes écoles. Et on est obligé d'aider les garçons à y parvenir. Notre système scolaire gagnerait à arrêter la culture du sprint. Prenons modèle sur l'Europe du Nord, qui a supprimé les notations jusqu'à l'âge de 12 ans, réduit drastiquement le nombre d'heures de cours, qui caracole en tête des classements, et dont le taux de suicide chez les enfants et les adolescents a diminué de 40 %. 
Supprimer les notes ? 
Un enfant qui grandit avec papa et maman qui s'aiment, sa petite chambre à lui, des devoirs surveillés, aura forcément de bonnes notes. Les notes ne sont pas un reflet de l'intelligence, mais le miroir de la stabilité affective. »


Boris Cyrulnik revient sur ces aspects dans son dernier ouvrage « Quand un enfant se donne "la mort" ». Pour celui-ci, l'école, est devenue aujourd'hui le nouveau classificateur social, elle est surinvestie par les parents. Cette institution réalise les conditions expérimentales de l'angoisse : immobilité physique et suppression de procédés spontanés de tranquillisation. La désorganisation des rythmes scolaires empêche les apprentissages et augmente le malaise.

Souffrances de la seconde génération d'immigrés

Le problème du XXIe siècle sera celui des déplacements de population. La première génération chassée de son pays, pillée pendant le voyage et souvent mal accueillie souffre beaucoup mais se suicide peu. C'est paradoxalement dans la deuxième génération qu'on note le plus de troubles et de suicides des jeunes. Les enfants, nés dans le pays d'accueil, suffisamment scolarisés souffrent beaucoup de troubles anxieux et d'idéal de soi. La niche affective qui a tutorisé leur développement était appauvrie par le malheur parental.

Favoriser la stabilité affective, adapter les rythmes aux processus d apprentissage des enfants, encourager les structures socialisantes, privilégier une politique d'intégration plutôt que d assimilation : tels sont les moyens de prévention proposés par le célèbre neuropsychiatre et directeur d'enseignement à l'université de Toulon.

Quand un enfant se donne « la mort ».
Attachement et sociétés,
par Boris Cyrulnik
chez Odile Jacob,
160 p.
21,90 euros
ISBN-13: 978-2738126887


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samedi 27 décembre 2025

France — Harcèlement administratif contre les écoles privées (sous contrat et hors contrat)

18 inspecteurs pour 400 élèves !

Les inspections musclées ne touchent plus seulement le hors contrat.

Les écoles sous contrat sont désormais aussi visées : fouilles de casiers, questions à charge…

Plus de 900 inspections en un an et jusqu’à 11 contrôles pour certains établissements !

 

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dimanche 14 décembre 2025

Paris — Hidalgo coupe à nouveau les vivres au collège catholique Stanislas

Les collectivités locales sont obligées par la loi à verser chaque année une dotation financière aux écoles privées sous contrat avec l’État qui se trouvent sur leur territoire. Certaines ne remplissent pas leurs obligations. C’est le cas de Paris aujourd’hui avec le collège catholique Stanislas.

Le 9 décembre, lors d’une réunion préparatoire au prochain Conseil de Paris, Patrick Bloche, premier adjoint d’Anne Hidalgo a déclaré : « Je me dois de supprimer les subventions. » Ainsi annonce-t-il que Paris, au mépris de la loi, refuse de verser le forfait qu’il doit. Et il l’assume au nom de la morale arc-en-ciel. 

Selon lui, le controversé programme EVARS (éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité dès la maternelle : deux associations juridiques viennent de saisir l’ONU pour faire respecter le droit des familles actuellement bafoué) ne serait pas enseigné à Stanislas comme certains voudrait qu'il le soit. 

M. Bloche affecte ne penser qu’à « l’intérêt » des élèves, il feint la crainte : « J’ai peur pour les enfants. » 
 
Ce n’est pas la première fois qu’Anne Hidalgo coupe les vivres à Stanislas. Il s'agit d'un vieux combat idéologique entre les laïcards et l’Église catholique, une dizaine de visites ayant été effectuées par l’Académie de Paris, et Médiapart répandant bruyamment l’idée que Stanislas serait « sexiste et homophobe », deux péchés mortels pour la gauche moderne.

vendredi 19 septembre 2025

Les jeunes Américains font moins l’amour : deux études éclairent les causes


Le constat est clair : la vie sexuelle des jeunes adultes américains recule depuis deux décennies. Une étude montre que la baisse des fréquentations amoureuses (la formation de couple, le mariage) et la diminution de la consommation d’alcool expliquent l’essentiel du phénomène, bien plus que les écrans ou l’anxiété. Récemment, pour une seconde étude, le déclin du mariage expliquerait une bonne partie de la baisse.

Les jeunes adultes américains ont moins de rapports sexuels qu’il y a vingt ans. C’est le constat d’une étude publiée dans le Journal of Marriage and Family, qui s’est penchée sur les comportements intimes des 18-23 ans entre 2007 et 2017.

Alors que l’on avait souvent évoqué l’omniprésence des écrans, la pression économique ou encore l’anxiété des nouvelles générations pour expliquer cette tendance, l’enquête apporte des nuances. Les chercheurs ont suivi plus de 3 200 jeunes dans le cadre d’une vaste étude longitudinale et ont identifié les facteurs qui comptent vraiment.

Le premier est la baisse de la formation de relations amoureuses : moins de couples se créent à cet âge, et cela réduit mécaniquement les occasions de rapports sexuels. Autre facteur clé : la diminution de la consommation d’alcool. Moins de soirées arrosées signifie aussi moins de rencontres ou de désinhibitions favorisant l’activité sexuelle.

Les chercheurs pointent également le recul des revenus chez les jeunes adultes (plus particulièrement les jeunes hommes) ainsi que l’essor des jeux vidéo comme facteurs secondaires mais significatifs. Ensemble, ces éléments expliquent près des trois quarts du déclin observé.


L’étude montre aussi que, à l’échelle individuelle, entrer dans une relation de couple, fréquenter l’université ou consommer de l’alcool augmentent nettement la probabilité d’avoir une vie sexuelle active.

Ces résultats invitent à dépasser les clichés sur les « générations connectées » et à regarder plus largement l’évolution des modes de vie : précarité économique, sociabilités différentes, nouvelles habitudes de loisirs. Une mutation qui, selon les auteurs, redessine profondément la jeunesse américaine.

Selon une autre étude de Lyman Stone  publiée par l'Institute for Family Studies en janvier 2025, on a observé une augmentation de la proportion d'hommes hétérosexuels n'ayant eu aucune partenaire sexuelle féminine au cours de l'année écoulée, mais celle-ci s'explique principalement par une baisse du nombre d'hommes ayant eu une seule partenaire féminine, et dans une moindre mesure par une baisse du nombre d'hommes ayant eu deux partenaires féminines. La prévalence des hommes hétérosexuels ayant un grand nombre de partenaires sexuelles féminines n'a pas changé. Ainsi, ce que nous pouvons réellement observer, ce n'est pas qu'un petit nombre d'hommes ont des relations sexuelles avec de plus en plus de femmes, mais simplement que les hommes et les femmes ne parviennent pas à former des couples : la baisse la plus importante concerne les relations sexuelles entre personnes qui n'ont eu qu'un seul partenaire sexuel au cours de l'année précédente, c'est-à-dire les relations sexuelles approximativement monogames. Cela s'explique par le fait que l'un des principaux facteurs de la baisse de l'activité sexuelle est le déclin du mariage. Les personnes mariées ont plus de relations sexuelles, et pour la plupart des jeunes adultes, le mariage intervient plus tardivement, voire pas du tout. En conséquence, l'activité sexuelle est en baisse.

vendredi 29 août 2025

« On ne respecte pas l'autorité parentale au Québec »

Des organisations opposées au contenu du programme de Culture et citoyenneté québécoise (CCQ) ont distribué et déposé des lettres sur le pare-brise des voitures dans le stationnement de quelques écoles de Montréal, dont les établissements Sophie-Barat et Henri-Bourassa. 

Selon elles, le programme en question fait notamment la promotion de l’hypersexualisation des jeunes et l’idéologie de genre ce qui peut menacer la santé mentale des enfants.

Écoutez Jean-Léon Laffitte, vice-président de l’organisation Ensemble pour Protéger Nos Enfants, en discuter à Lagacé le matin jeudi.


Ces parents demandent au ministère de l'Éducation le retrait de tout contenu relatif à l'identité de genre à l'intérieur comme à l'extérieur du cours de culture et citoyenneté québécoise.

M. Laffitte, qui est également président de l'Association des parents catholiques du Québec, revendique le droit des parents de retirer leurs enfants des cours d’éducation sexuelle.

C'est l'autorité parentale et ça c'est très important. C'est reconnu par toutes les chartes internationales. C'est le parent qui a l'autorité ultime sur l'éducation de l'enfant, ce n'est pas le gouvernement, ce n'est pas les professeurs. Et au Québec, c'est très différent d'ailleurs où il y a des régimes pédagogiques multiples. Ici, il y a un monopole et on impose à tous les parents le même enseignement, que le parent soit d'accord ou pas. On ne respecte pas l'autorité parentale au Québec.


Jean-Léon Laffitte

 

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Critique de la définition du sexe dans un manuel approuvé par le ministère de l'Éducation du Québec

Parents catholiques et leurs inquiétudes par rapport au nouveau cours obligatoire de Culture et citoyenneté (CCQ)

 

Sortie d'un livre sur le cours d'éducation sexuelle du Québec (m-à-j)

Québec — Appel aux parents à retirer leurs enfants des cours de sexualité

jeudi 24 juillet 2025

Parents catholiques et leurs inquiétudes par rapport au nouveau cours obligatoire de Culture et citoyenneté (CCQ)

Sommaire

  • Comprendre la nature du cours CCQ
  • Témoignage de terrain : Le cas d'Élodie
  • Rapport du comité des sages
  • La question légale et la perte de l'autorité parentale
  • Souper bénéfice Théovox
  • Enjeux politiques : Instrumentalisation idéologique ?
  • Conclusion et mot de la fin de Jean-François

Liste des associations pour la mise en place d'enseignement à la maison :

Site web de L'association Ensemble Pour Protéger Nos Enfants (EPPNE)

Suivez Richard Décarie et Union Conservatrice

 

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi 12 juillet 2025

Un cerveau seul est un cerveau atrophié

Dans son nouvel ouvrage, Quand on tombe amoureux, on se relève attaché (Odile Jacob), le neuropsychiatre Boris Cyrulnik nous ouvre les portes du cerveau humain afin de comprendre les désordres affectifs et émotionnels qui empêchent les nouvelles générations de tomber amoureuses et s’attacher durablement.

Présentation de l'éditeur

« L’amour ne frappe pas au hasard. Ce merveilleux moment ne touche que ceux qui y sont disposés.


Toute notre vie, on peut réveiller l’empreinte amoureuse que l’on croyait engourdie.

Ceux qui ont bénéficié d’un attachement sécurisé sont les plus faciles à aimer, mais certains se sentent plus à l’aise avec un attachement apaisé et moins fiévreux que l’amour intense, parfois source d’angoisse.

Ceux qui, dans leur enfance, ont connu un désert affectif ont tendance à croire qu’ils ne sont pas aimables puisqu’ils n’ont jamais été aimés ; quand on les aime, ils pensent qu’ils ne le méritent pas et qu’on va à nouveau les abandonner. Il est alors difficile de tisser un lien d’attachement.

L’amour fait parfois peur et l’attachement parfois emprisonne. Faudra-t-il inventer de nouvelles cours d’amour pour retrouver le plaisir d’aimer ? » B. C.

Un grand livre émouvant et profond.

Boris Cyrulnik y déploie son talent d’écrivain, unique, pour mettre des mots sur ce que nous ressentons.

Quand on tombe amoureux, on se relève attaché
de Boris Cyrulnik 
chez Odile Jacob
publié le 5 mars 2025
à Paris
289 pp.
ISBN-10 : 241500519-3
ISBN-13 : 978-241500519-1

 

mardi 1 juillet 2025

États-Unis - Pour la Cour suprême, parents ont le droit de retirer leurs enfants des cours scolaires susceptibles de violer leurs croyances


La Cour suprême des États-Unis a statué vendredi qu'un groupe de parents du Maryland avait le droit de retirer leurs enfants des cours scolaires susceptibles de porter atteinte à leurs convictions, dans une affaire centrée sur la liberté religieuse. 

Les juges ont décidé à 6 voix contre 3, selon des lignes idéologiques, dans l'affaire Mahmoud c. Taylor, que les parents pouvaient retirer leurs enfants des cours du système scolaire public du Maryland traitant de l'homosexualité et du transgenre s'ils estimaient que ces thèmes étaient en contradiction avec leurs convictions religieuses.

« Un gouvernement entrave la pratique religieuse des parents lorsqu'il leur impose de soumettre leurs enfants à un enseignement qui représente « une menace très réelle de compromettre » les croyances et pratiques religieuses que les parents souhaitent inculquer », a écrit le juge Samuel Alito au nom de la majorité. « Et un gouvernement ne peut subordonner le bénéfice de l'enseignement public gratuit à l'acceptation par les parents d'un tel enseignement. »

L'affaire trouve son origine dans l'intégration, il y a quelques années, par les écoles publiques du comté de Montgomery, de livres mettant en scène des « personnages lesbiens, gays, bisexuels, transgenres et queer » dans leur programme d'enseignement des langues, de la maternelle à la terminale, ont déclaré les avocats du district scolaire à la Cour suprême.

Les avocats ont déclaré que le district scolaire avait pris cette mesure dans le cadre d'une initiative visant à être « sensible à la culture » et à enseigner des leçons qui encouragent « l'équité, le respect et la civilité ».

Les parents du Maryland qui ont intenté le procès ont déclaré dans leur requête à la haute cour que le conseil scolaire avait introduit dans leurs écoles primaires des livres qui faisaient la promotion des « transitions de genre, des marches des fiertés et des relations amoureuses entre personnes du même sexe dans les cours de récréation ».

Les parents ont déclaré que le conseil scolaire avait initialement autorisé les parents à retirer leurs enfants des cours impliquant ces livres, mais qu'il avait ensuite cessé de le faire.

Ils ont également déclaré que la présence de ces livres créait « une pression indirecte pour renoncer à une pratique religieuse », ce qui constituait une charge suffisante pour violer leurs droits à la liberté religieuse.

La juge de gauche Sonia Sotomayor, rédigeant l'opinion dissidente, a déclaré que le fait d'exposer les élèves à l'existence des personnes LGBTQ ne justifiait pas l'intervention de la Cour suprême. Elle a ajouté qu'elle pensait que la décision de la haute cour ouvrirait la voie à un nombre croissant d'élèves souhaitant se retirer d'un plus grand nombre de cours.

« Il en résultera le chaos dans les écoles publiques de ce pays », a écrit Sotomayor. « Exiger des écoles qu'elles fournissent un préavis et la possibilité de se retirer de chaque programme de cours ou heure du conte susceptible d'impliquer les croyances religieuses d'un parent imposera une charge administrative impossible à supporter pour les écoles. »

Les parents qui ont intenté le procès sont issus de divers horizons religieux. Tamer Mahmoud et Enas Barakat sont musulmans, tandis que d'autres appartiennent à différentes confessions chrétiennes.

Au cours des plaidoiries, le juge Clarence Thomas a interrogé un avocat représentant les écoles du comté de Montgomery pour savoir si les livres étaient simplement présents dans la classe ou s'ils étaient activement présentés aux élèves.

L'avocat a indiqué que les enseignants avaient dispensé cinq fois au cours de l'année scolaire des cours aux élèves portant sur les livres en question.

Rosalind Hanson, membre du groupe conservateur Moms for Liberty, a déclaré à Fox News Digital lors d'une récente interview devant la Cour suprême qu'elle-même et les autres parents qui ont contribué à porter l'affaire devant les tribunaux « n'essayaient pas de modifier le programme scolaire » pour les parents qui acceptaient que leurs enfants soient exposés à ces livres.

« La majorité des États du pays ont déclaré que vous pouvez choisir de ne pas participer à ces questions et sujets très sensibles, en particulier en raison de la composante religieuse, mais aussi en raison de l'adéquation à l'âge », a déclaré Mme Hanson.

La secrétaire au ministère de l'Éducation, Linda McMahon, a salué cette décision comme une victoire pour les « droits parentaux » et une défaite pour les « bureaucrates ».

« Les parents ont le droit de savoir ce que leurs enfants apprennent à l'école et d'exercer leur liberté de religion garantie par le premier amendement pour refuser les cours controversés et idéologiques qui vont à l'encontre des valeurs et des croyances de leur famille », a déclaré Mme McMahon.

lundi 30 juin 2025

Programme d’éducation à la sexualité à l’école : « Ça va élargir le fossé qu’il y a entre [...] parents et l’institution scolaire »

Le Conseil d’État rejette le recours de sept associations qui demandaient l’annulation du programme d’éducation sexuelle à l’école : « C’était couru d’avance », réagit estime Anne Coffinier, fondatrice de la Fondation Kairos-Institut de France.

Programme d’éducation à la sexualité à l’école : « Ça va élargir le fossé qu’il y a entre un nombre important de parents et l’institution scolaire », d'ajouter Mme Coffinier.


France — Remous autour du programme d’éducation sexuelle à l’école

Le Conseil d’état a rejeté le recours de sept associations, parmi lesquelles le Syndicat de la famille. Le texte entrera en application à la rentrée.

De nouvelles crispations autour du programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) viennent de s’exprimer. Le 27 juin, le Conseil d’état a rejeté le recours déposé par sept associations conservatrices et 300 parents d’élèves pour demander l’annulation de ce programme, qui doit entrer en vigueur à la rentrée de septembre, de la maternelle au lycée, dans les établissements publics et privés sous contrat.

En février, le texte avait été adopté après de nombreuses tergiversations, sur fond d’opposition entre deux lignes irréconciliables : d’un côté, le camp « progressiste », emmené par les associations de défense des droits LGBT ou bien le planning familial, et soutenu par l’essentiel des syndicats enseignants, et de l’autre, le camp conservateur, incarné par le Syndicat de la famille (exmanif pour tous). Au coeur des débats : la question ultrasensible des prérogatives respectives de l’école et des parents, en matière d’éducation à la sexualité.

«Notre recours a été rejeté dans un grand moment de déni de réalité, y compris scientifique», réagit auprès du Figaro Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la famille, qui portait ce recours aux côtés des associations Juristes pour l’enfance, SOS Éducation, les Mamans Louves, Au coeur de l’humain, Enfance et compagnie, et Famille et Liberté. En mars, le Conseil d’état avait déjà rejeté le recours en référé porté par ces mêmes associations. Celles-ci faisaient valoir la « primauté éducative des parents » et le « principe de neutralité du service public ». La plus haute juridiction administrative avait estimé que ces éléments n’étaient pas de nature à caractériser l’urgence. Le 27 juin, elle a délibéré sur le fond.

Le programme Evars est « conforme à la volonté du Parlement », explique le Conseil d’état. Il relève d’abord que c’est le code de l’éducation qui, depuis la loi du 4 juillet 2001 sur L’IVG et la contraception, prévoit au moins trois séances d’information et d’éducation à la sexualité. « Le législateur a ainsi voulu que le service public de l’éducation forme les élèves au respect de l’égale dignité des êtres humains et à la lutte contre les discriminations et contribue à prévenir les atteintes à l’intégrité physique et psychique des personnes», observe-t-il. Il estime ensuite que le contenu du programme est « adapté à chaque niveau scolaire et reprend l’état de la science ou du droit ». À l’éducation à la «vie affective et relationnelle», prévue en maternelle et en élémentaire, s’ajoute ensuite l’« éducation sexuelle » à partir du collège. Les enseignements prévus pour « chaque niveau scolaire » s’appuient sur « des notions résultant de l’état de la science ou de l’état du droit », indique le Conseil d’état. Celles-ci «doivent être enseignées de manière neutre et objective, en veillant au respect de l’intimité des élèves, et sans les inciter à adopter un comportement donné », poursuit-il.

« Le Conseil d’état n’étaye pas ses assertions et s’en tient à des affirmations subjectives, qui vont parfois même jusqu’au déni des enjeux de fond et des débats idéologiques actuels » Le Syndicat de la famille

Enfin, le Conseil d’état rappelle que les établissements doivent «au minimum informer » les parents des objectifs de ces enseignements, et que l’éventuelle intervention d’associations extérieures doit être préparée avec des personnels de l’éducation nationale - professeurs ou infirmières scolaires et organisée en leur présence.

Une série d’arguments qui sont loin de convaincre les sept associations dépositaires du recours. Selon le Syndicat de la famille, le Conseil d’état « n’étaye pas ses assertions » et s’en tient à « des affirmations subjectives, qui vont parfois même jusqu’au déni des enjeux de fond et des débats idéologiques actuels ». Selon l’association, la haute juridiction se réfère à la seule introduction de présentation du programme et aux grands objectifs, sans aller voir dans le détail du texte qui définit les notions à aborder selon les âges. Elle regrette notamment que le Conseil d’état ne se soit pas attardé sur l’extrait selon lequel seront abordés en CP « les différents types de familles », notamment « hétéroparentale, homoparentale ».

«L’homoparentalité n’a évidemment rien d’anodin ni de neutre puisqu’elle prive sciemment des enfants de père ou de mère et puisqu’elle renvoie aux débats anthropologiques, éthiques et politiques sur la PMA sans père et la gestation pour autrui », explique l’association héritière de la Manif pour tous. Et pour les associations farouchement opposées à ce programme, certains points sont fondamentalement inacceptables.

« Exposer une distinction entre le sexe et le genre à partir de la classe de cinquième (…), c’est ouvrir auprès d’élèves qui approchent de l’adolescence des doutes vertigineux sur leur propre identité », défend le Syndicat de la famille, qui y voit une «atteinte à l’intégrité physique et psychique des personnes ». La mention, à plusieurs reprises dans le texte, de l’« identité de genre » (le fait de se sentir homme, femme, les deux ou ni l’un ni l’autre), peut « porter atteinte au respect de la liberté éducative des parents ». On se souvient qu’en novembre 2024, le député LR Alexandre Portier, alors ministre délégué aux côtés de l’éphémère ministre de l’éducation Anne Genetet, avait jeté un pavé dans la mare en affirmant qu’il «s’engagerait personnellement pour que la théorie du genre ne trouve pas sa place dans nos écoles ».

Après la chute du gouvernement Barnier, c’est l’actuelle ministre de l’éducation, Élisabeth Borne, qui était parvenue à faire adopter ce programme en février. Un texte annoncé par la Rue de Grenelle depuis juin 2023, qui avait fait l’objet de trois versions depuis mars 2024. C’est dire l’inflammabilité du sujet. Après avoir émis des réserves sur certains points, les associations familiales catholiques (AFC) ne se sont pas associées au recours qui vient d’être rejeté. Quant à l’enseignement catholique, il a déjà affirmé qu’il appliquerait ce programme. Son secrétaire général l’avait affirmé en avril, lors de son audition devant la commission d’enquête sur le contrôle des établissements scolaires par l’état, lancée dans la foulée de l’affaire Bétharram.

Source : Le Figaro

mercredi 11 juin 2025

La femme n’est pas une construction sociale

Avez-vous l’impression de marcher sur des œufs quand vous essayez de faire l’état des lieux dans les rapports entre les sexes ? La tempête #metoo (#balancetonporc) a-t-elle changé durablement et positivement la dynamique entre les hommes et les femmes ? Le mouvement trans est-il allé trop loin ? Poser la question est-il même une transgression, une forme de provocation ?

L’auteure et professeure émérite, spécialiste de la littérature du XVIII, Claude Habib n’hésite pas à prendre frontalement les enjeux les plus explosifs de notre époque formidable. Dans son plus récent essai, Le privé n’est pas politique, elle rappelle les risques, grands, de transformer en champ de bataille nos zones de vie privée les plus intimes,

00:00 - Intro

02:03 - Baisse du QI dans plusieurs pays : est-ce le début d’un abrutissement collectif ?

07:48 - Nos valeurs libérales menacées. 

12:07 - La tolérance de l’Occident, une faiblesse ?

14:07 - Mineurs trans : des enfants cobayes ? 

 21:37 - La femme n’est-elle qu’une construction sociale ?

28:59 - Le néo-féminisme est misandre.

40:30 - Relation entre les sexes : « Sans doute est-on allé trop loin dans la prudence jusqu’à la pruderie. »

45:17 - Le courage masculin. 

51:01 - La douceur du foyer. 

1:03:37 - Valoriser le rôle de mère.  

1:10:09 - Le parti pris passionnel de Claude Habib : « Réprimer les désirs, les grands moments passionnels de l’existence, ça rend triste. »

mardi 13 mai 2025

États-Unis : Le libre choix de l'école pourrait désamorcer les guerres culturelles

Une cause devant la Cour suprême des États-Unis concernant les droits des parents religieux souligne un problème plus profond : sans choix, les écoles publiques deviennent un champ de bataille de la guerre culturelle sans issue.


La Cour suprême des États-Unis examine actuellement ce qui pourrait être l'affaire la plus importante en matière de liberté religieuse qu'elle aura à examiner au cours de cette législature. Dans l'affaire Mahmoud c. Taylor, des parents religieux représentant diverses confessions poursuivent le district scolaire public du comté de Montgomery (MCPS), dans le Maryland, pour qu'il leur permette d'exclure leurs enfants des discussions sur les livres de l'école primaire portant sur des thèmes tels que la sexualité et le genre.

Lors des plaidoiries, le juge Ketanji Brown Jackson s'est interrogé sur les arguments des plaignants. « J'ai du mal à comprendre comment l'exercice de la religion d'un parent peut être entravé si l'école enseigne quelque chose que le parent désapprouve », a déclaré Mme Jackson. « Vous avez le choix. Vous n'êtes pas obligé d'envoyer votre enfant dans cette école. Vous pouvez les placer dans une autre situation.

En pratique, de nombreuses familles n'ont pas d'alternative éducative viable dans le Maryland. En l'absence d'un choix d'école solide, les familles qui sont les perdantes des affrontements culturels à somme nulle dans les écoles publiques n'ont que peu de recours.

Malgré les affirmations contraires de M. Jackson, la plupart des familles ne peuvent pas simplement placer leurs enfants dans une « autre situation ». Seuls les élèves à faible revenu peuvent bénéficier du bon d'études du Maryland, d'une valeur inférieure à 3 000 dollars pour l'année scolaire 2024-25. Ce montant ne couvrirait qu'une fraction des 14 500 dollars que coûtent en moyenne les frais de scolarité d'une école primaire privée dans le Maryland.

Les lois régissant les transferts d'écoles publiques dans le Maryland sont parmi les moins généreuses du pays. Le Maryland est l'un des quatre États - avec l'Alaska, le Maine et la Caroline du Nord - qui obtiennent 0 point sur 100 sur la feuille de résultats de la Reason Foundation classant les lois sur l'inscription libre dans les écoles primaires et secondaires. Cela signifie que le droit de transfert vers d'autres écoles publiques (en dehors de la zone de captation habituelle des élèves) disposant de places n'est pas codifié dans la législation de l'État.

Même si les districts scolaires limitrophes du MCPS autorisent le transfert de certains de ces élèves, ils peuvent leur faire payer des frais de scolarité, tout comme les écoles privées. Par exemple, les écoles publiques voisines du comté de Frederick et du comté de Howard ont facturé respectivement 9 000 et 12 700 dollars aux élèves transférés d'autres comtés au cours de l'année scolaire 2024-25.

Les écoles à charte sont ces écoles qui reçoivent des fonds publics mais qui fonctionnent indépendamment du système scolaire public établi. Aucune école à charte ne fonctionne actuellement dans le comté de Montgomery (bien que la première soit prévue pour l'automne 2025). Le conseil scolaire s'y est longtemps opposé, suscitant les critiques du conseil de l'éducation du Maryland.

Lorsque le district a annoncé aux familles qu'elles ne pouvaient plus exclure leurs enfants d'âge élémentaire des cours controversés au début de l'année scolaire 2023-24, certains parents ont choisi de retirer leurs enfants du MCPS, ce qui leur a coûté très cher. Une famille a abandonné sa maison et s'est installée chez ses grands-parents pour pouvoir payer les frais de scolarité dans une école privée. Une autre famille a choisi de scolariser à domicile sa fille atteinte du syndrome de Down, sacrifiant ainsi 25 000 dollars de services spéciaux fournis par MCPS.

Il convient de noter que les plaignants dans l'affaire Mahmoud demandent uniquement à ne pas suivre des cours spécifiques qui violent leurs convictions religieuses. Ils n'exigent pas que le district modifie son programme scolaire. Les politiques d'exclusion sont une pratique courante dans l'enseignement public et, dans de nombreux États, les familles peuvent depuis longtemps retirer leurs enfants des cours d'éducation sexuelle.

Cela dit, les défenseurs de la position du juge Jackson n'ont pas tort : Où cela s'arrête-t-il ? Il existe de nombreux autres domaines dans lesquels les écoles publiques pourraient adopter un programme d'études contraire aux croyances religieuses individuelles. Il se peut qu'à un moment donné, il devienne trop contraignant pour les écoles de laisser les familles se retirer de tout ce à quoi elles s'opposent tout en continuant à être inscrites.

D'où la nécessité du choix de l'école. Lorsque les familles n'ont pas d'alternative, les écoles publiques deviennent un champ de bataille. Il devient impossible de satisfaire pleinement une population diversifiée dont les valeurs et les convictions varient.

La Cour devrait se prononcer en faveur des plaignants et laisser les parents se retirer de l'école. Mais les familles ne devraient pas avoir à attendre une décision de la Haute Cour pour avoir le choix en matière d'éducation.

vendredi 2 mai 2025

L'Italie va exiger l'approbation des parents avant les cours d'éducation sexuelle

Le gouvernement italien veut exiger une approbation écrite des parents avant les cours d'éducation sexuelle. Les écoles devront aussi détailler en début d'année scolaire le matériel didactique utilisé, le déroulement et l'objectif de ces cours. Ils n'étaient jusqu'ici pas obligatoires à l'école.

Via un décret-loi, le gouvernement d'extrême droite de Giorgia Meloni veut "garantir [...] le consentement préalable et éclairé des familles concernant les activités scolaires liées à la sexualité", peut-on lire dans un communiqué diffusé mercredi à l'issue d'un conseil des ministres.

Les écoles devront partager au début de l'année scolaire le matériel didactique utilisé, l'objectif des cours ainsi que la manière dont ils vont se dérouler. Un consentement écrit préalable des parents sera requis "pour la participation aux activités extrascolaires et à celles qui s'inscrivent dans le cadre de l'élargissement de l'offre éducative portant sur des sujets liés à la sexualité", selon le communiqué.

En cas de refus, le corps enseignant devra offrir aux élèves une alternative, dont le lien avec ces thématiques n'est pas encore clair.

Selon cette nouvelle loi, les écoles primaires – qui accueillent des enfants jusqu'à 11 ans – devront aussi limiter les cours d'éducation sexuelle strictement à une approche biologique et reproductive de la sexualité. La coalition de droite au pouvoir souhaite notamment que les questions d'homosexualité, de transidentité et d'identité sexuelle ne soient pas abordées.

Tentative de dissuasion

Les initiatives en vue de rendre les cours d'éducation sexuelle obligatoires à l'école ont eu peu d'écho par le passé en Italie. La Première ministre Giorgia Meloni se décrit comme une "mère chrétienne" et a remporté les élections législatives de 2022 en défendant les valeurs familiales traditionnelles. Le Vatican, quant à lui, exerce toujours une influence considérable sur le pays, rendant le sujet de l'éducation sexuelle largement tabou.

Le débat autour de l'introduction de ces cours à l'école aurait été ouvert avec le meurtre fin 2023 d'une étudiante de 22 ans, violemment poignardée par son ex-petit ami. (Est-ce que en savoir plus sur la biologie ou déconstruire les stéréotypes comme c'est devenu typique dans ces cours aura des effets positifs globaux?) Ce meurtre avait choqué le pays et les réactions auraient contraint le gouvernement italien à accepter de rendre obligatoire l'éducation sexuelle, en l'accompagnant d'une éducation affective.

mercredi 5 février 2025

L’inconfort face à l'homosexualité en hausse chez les jeunes du Québec (m à j critique du rapport)

Extraits de la critique du rapport «Montée de l’intolérance dans les écoles» de GRIS-Montréal par François Chapleau, professeur émérite au Département de biologie de l’Université d’Ottawa.

Si l’on fait abstraction des problèmes méthodologiques, les résultats de l’étude font état d’une hausse généralisée du « mal à l’aise » pour toutes les questions, mais de façon plus marquée pour les cas suivants: 

  • Le malaise avec les personnes et couples homosexuels est systématiquement plus élevé chez les garçons.
  • Connaître une personne non hétérosexuelle diminue le malaise envers les personnes et les couples homosexuels.
  • Le fait d’avoir une religion et de la pratiquer augmente le niveau de malaise envers les personnes et couples homosexuels.

Le terme « genre » est utilisé 30 fois dans le rapport de 2025, alors que le mot « sexe » y est absent. Il est important de noter que le mot « genre » est absent du questionnaire. Les élèves ne savaient donc pas que le terme « homme » ou de « femme » représentait pour le GRIS une identité de genre et non pas une appartenance sexuelle. 

Le communiqué de presse indiquait « une augmentation des discours haineux et des violences dans les écoles ». Or, dans la discussion, on reconnait que le niveau de malaise n’est pas un indicateur de transphobie et d’homophobie. Mais, on ajoute que : « un sentiment de malaise ou d’inconfort élevé est vu comme une menace à la sécurité perçue, ce qui peut contribuer à créer des conditions propices à la violence ». Et l’on ajoute à ce dernier commentaire quelques citations « anonymes » particulièrement crues.

Il n’en fallait pas plus pour que plusieurs médias fassent état à la suite de la conférence de presse que l’étude indique une hausse de la transphobie, de l’homophobie, de l’intolérance et de la haine, alors qu’elle n’indique qu’une hausse de l’inconfort par rapport aux orientations sexuelles des personnes et de couples.

Parmi les « hypothèses » suggérées pour expliquer le déclin du sentiment d’aise par rapport à l’homosexualité dans les écoles, on indique :

1.« la conversation sociale polarisée (controverses) et polarisante autour des sujets LGBTQ+ — et particulièrement de l’identité de genre — depuis quelques années. » On ajoute que « si cette conversation sociale porte plus directement sur les personnes trans et non binaires, elle semble générer des impacts négatifs qui vont aussi toucher sur les acquis liés à l’orientation sexuelle. »

2. « La crise actuelle du journalisme met en péril la circulation d’informations vérifiables et dans l’intérêt du public et accentue les processus de désinformation » et on ajoute à ceci l’impact négatif des réseaux sociaux.

3. Finalement, le déclin précipité des attitudes face à la diversité sexuelle des jeunes hommes serait lié avec une montée des discours masculinistes et conservateurs qui, chez ces derniers, prônent un retour aux valeurs traditionnelles.

Remarques :

1. Noter que, dans la discussion, les termes LGBTQ+ et transphobie reviennent dans la phraséologie alors que l’étude n’a rien à voir avec les transgenres/queers et ne s’intéresse qu’à l’orientation sexuelle.

2. Il n’y a aucune donnée dans cette étude et il n’y a aucune question dans les questionnaires qui permettent de pointer le doigt vers une des causes externes suggérées. En fait, la discussion du rapport ne s’appuie en rien sur les résultats de l’étude ni sur des connaissances liées à la réalité des élèves dans les écoles. Décevant !

3. En fait, la discussion évite de parler des données. Par exemple, on ne discute même pas du fait que les religions semblent un facteur explicatif de la hausse du malaise et que celles-ci réprouvent généralement l’homosexualité.  

4. Si les enjeux liés à l’identité de genre créent des impacts négatifs qui touchent « les acquis liés à l’orientation sexuelle », il faudrait qu’un organisme indépendant examine l’impact d’organismes comme GRIS-Montréal qui font la promotion de la pseudoscience du genre dans les écoles ; une idéologie qui ne reconnait pas la binarité du sexe et qui fait fi du fait que les homosexuels revendiquent une sexualité fondée sur la réalité du sexe et non pas sur le ressenti du genre.

5. En comparant les deux derniers rapports sur l’orientation sexuelle, celui de 2017[xiii] et celui qui fait l’objet de cette critique, il est malheureux de constater que le GRIS, en moins de 7 ans, a trahi sa mission première qui lui donnait toute sa crédibilité. Elle se préoccupait alors de démystifier l’homosexualité et de la bisexualité et de favoriser l’acceptation des personnes homosexuelles et bisexuelles à l’école et en société. En quelques années, l’organisme est devenu le porte-étendard grassement subventionné par le gouvernement (et d’autres organismes) d’une idéologie qui fait la promotion de la pseudoscience du genre. Actuellement, le GRIS endoctrine au lieu d’éduquer dans nos écoles. C’est inacceptable. Ce rapport s’aligne davantage avec l’hypothèse que le « nouveau » GRIS fait plus partie du problème que de la solution.




Billet du 18 janvier
Un guide pédagogique du GRIS réalisé
grâce à une subvention du
Ministère de la Justice du Québec


Une étude de l’organisme militant pro-LGBTQ2SAI+ GRIS-Montréal indique, parmi les jeunes, une hausse face à l’homosexualité et aux formes d’orientation sexuelle non traditionnelles.

Dévoilée jeudi, l’étude a été réalisée à partir de 35 000 questionnaires remplis par des élèves du secondaire dans plusieurs régions du Québec.

Selon l’organisme militant, le constat est « sans équivoque » : pour la première fois depuis qu’il a commencé à recueillir ces données il y a 30 ans, l’organisme observe « un recul » des attitudes chez les jeunes face « à la diversité sexuelle ».

« Pendant très longtemps, on avait l’impression que les jeunes avaient toujours une longueur d’avance sur ces enjeux. Là, il y a une régression, et une régression en très peu de temps », réagit le titulaire de la Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres de l’UQAM, Martin Blais.

Que veut-on dire par « inconfort » ?

Dans le cadre du sondage, les élèves ont été appelés à commenter différents scénarios afin de mesurer leur degré d’« ouverture ».

En 2017-2018, 25 % des répondants disaient éprouver un malaise face à l’orientation sexuelle d’un ami homosexuel, comparativement à près de 40 % en 2023-2024. Pour une amie lesbienne, la proportion est passée de 15 % à près de 34 %.

De plus, 24 % des élèves se disent très mal à l’aise devant un couple de pères homosexuels, contre 10 % en 2017-2018. Pour les familles de couples lesbiens, le niveau d’inconfort a triplé, passant de 7 % à 21 %.

Selon le sociologue et sexologue Martin Blais, ces chiffres confirment une réalité observée sur le terrain depuis quelques années. « Plusieurs groupes communautaires [LGBTQ2SAI+] rapportent une augmentation des discours hostiles », note-t-il.



À qui la hausse est-elle attribuable selon ces experts ?

Cette hausse n’est pas le fait d’un groupe particulier. L’augmentation du sentiment de malaise est observée chez les jeunes, peu importe leur âge, leur genre, leur niveau de religiosité ou la région qu’ils habitent, souligne l’organisme militant.

Elle est cependant plus marquée chez les jeunes scolarisés en dehors de la grande région de Montréal et chez les garçons.

De manière générale, les hommes et les jeunes hommes « ont toujours eu plus de résistance à l’égard de la diversité [sic] que les femmes », affirme M. Blais.

Qu’est-ce qui expliquerait ce recul ?

On a reproché beaucoup de choses aux personnes queers et aux personnes trans. De menacer les enfants, de vouloir faire du lobby auprès des enfants. D’accorder des droits aux personnes trans qui enlèveraient potentiellement des droits aux femmes. Ce genre de dialogue social percolerait dans le milieu scolaire. La normalité de ce ressac devant la radicalité croissante du discours et des exigences du lobby LGBTQ2SAI+, qui va bien au-delà de la simple tolérance, ne semble pas effleurer les « chercheurs » du GRIS.

Autre piste : la montée des discours masculinistes et conservateurs, alimentés en ligne par des influenceurs comme Andrew Tate.

Les experts ne semblent pas considérer que les « progressistes » urbains « ouverts sur la diversité » ont moins d'enfants et qu'ils sont remplacés par les enfants de parents plus traditionnels (« plus fermés sur la diversité ») souvent ruraux (y avoir des enfants est moins cher) ou immigrés, enfants qui épousent les valeurs traditionnelles de leurs parents.

Les plateformes de réseaux sociaux auraient peut-être aussi contribué au recul des attitudes face à la diversité en « amplifiant des voix qu’on entendait moins avant », souligne Martin Blais. Faut-il comprendre que ces voix étaient privées de tribune auparavant par les médias de grand chemin ?

Solution : davantage de propagande à l'école

Avec la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), le GRIS-Montréal appelle le gouvernement à augmenter la sensibilisation et la formation dans les écoles.

« C’est clair qu’il y a encore des enjeux d’éducation », affirme Martin Blais. Le sociologue rappelle qu’un moyen efficace de contrer l’intolérance est d’entrer en contact avec des personnes de l’autre groupe.

« C’est un levier extrêmement puissant », souligne-t-il.

« Extrêmement préoccupé par ces données », le cabinet du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, indique qu’il prendra « le temps d’analyser l’étude réalisée par le GRIS-Montréal ».

« Ce qui est certain, c’est que des gestes d’intolérance n’ont aucunement leur place dans nos écoles. Jamais on ne doit accepter ça », plaide-t-il, rappelant qu’il a déposé un plan de lutte contre la violence et l’intimidation en milieu scolaire.

On attend toujours des plans de lutte pour un français de qualité, la culture générale, l'application de la loi 101 aux cégeps, la francisation progressive des universités anglophones, etc.

Absence d'accès à l'étude complète et aux données

Notons que le sondage du GRIS n'est pas accessible au moment d'écrire ces lignes, on ne peut voir l’ensemble des données, une description de la méthodologie, du profil des écoles sondées, des analyses faites, etc. 
 
Voir aussi
 
 
 
 
 
 
 

vendredi 3 janvier 2025

Remise de signatures à Québec le 9 décembre dernier contre le controversé volet sexualité du programme Culture et citoyenneté québécoises

Remise de signatures à Québec le 9 décembre dernier, au ministre de l'Éducation, contre le programme scolaire controversé Culture et citoyenneté québécoises, exposant des enfants dès l'âge de six ans à des contenus sexuels inappropriés et à des idéologies de genre déroutantes.

Voir aussi

Supprimez ce programme scolaire controversé, Monsieur Legault !

Protégez les droits des parents : Une marche d'un million de personnes

 

vendredi 6 décembre 2024

Démographie et l'islam dans école publique québécoise (Sainte-Maxime à Laval)

« Il y avait des ablutions qui se faisaient dans les toilettes, ils cherchaient des coins isolés dans les corridors pour faire leurs prières. Aussitôt qu’on les arrêtait, la gang nous sautait dessus. […] On se faisait accuser de racisme constamment. »

Pour ce carnet, l'exemple français devrait montrer que l'invocation incantatoire à la « laïcité » de l'État ne changera pas grand-chose sur le fond. Le problème en est un de démographie (il n'y a plus de majorité canadienne-française pour assimiler les masses de jeunes immigrants en ville), de convictions identitaire et religieuse des jeunes immigrés, de vide spirituel présenté par l'école publique et de sourd mépris pour la culture québécoise considérée comme athée, faible et décadente.

Des prières en classe. Des membres du personnel qui se parlent entre eux et s’adressent aux élèves en arabe. Une nouvelle école a été signalée au ministère de l’Éducation pour de possibles accrocs à la loi sur la laïcité : l’école secondaire Saint-Maxime, à Laval. Elle fait actuellement l’objet de « vérifications » du Centre de services scolaire (CSS) de Laval.


L’établissement a aussi été le théâtre de fortes réticences d’élèves aussitôt qu’il est question de sexualité dans les cours ou les activités en milieu scolaire.

mercredi 4 décembre 2024

France — Éducation à la sexualité à l'école : de quoi parle-t-on ?

Charlotte d'Ornellas fait le point sur le programme d'Éducation à la sexualité en France dans l'émission Face à l'info du 02/12/2024 sur CNews.

 

 Éducation à la sexualité : l’Enseignement catholique émet à son tour des réserves

L’Enseignement catholique et l’Association de parents d’élèves de l’enseignement libre (Appel) ont à leur tour exprimé leurs « sérieuses réserves » face au projet de programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. La ministre de l’Éducation nationale refuse toujours toute modification du texte.

Plus de détails.


jeudi 21 novembre 2024

Québec — Appel aux parents à retirer leurs enfants des cours de sexualité

Plusieurs organismes (EPPNE, APCQ, Citizen Go, UVVC) appellent les parents à retirer leurs enfants des cours de sexualité des organismes.

Extraits de leur communiqué :

Nous demandons aux parents du Québec :
  • d’exiger qu’on leur remette le calendrier du cours d’éducation sexuelle ;
  • d’exiger de connaître le contenu exact de ce que le professeur enseignera, pas seulement le résumé gouvernemental du programme ;
  • de retirer leurs enfants des classes lorsqu’ils tomberont, et ce sera malheureusement la majorité des cas, sur des sexologues qui n’ont pas le jugement et le discernement de mettre de côté ce qui est inacceptable dans le programme CCQ concernant la sexualité ;
  • de ne pas hésiter à diffuser leurs témoignages lorsque les enfants reviennent déstabilisés de l’école par l’approche de l’idéologie du genre et d’une sexualisation bien trop précoce ;
  • de visiter les réseaux sociaux de EPPNE, RESI, RPV et diffuser dans leurs réseaux

[…]

Quand il s’agit de nos enfants, on doit rappeler aux parents qui l’ont oublié, aux professeurs, aux directions d’école et au gouvernement qui le savent, mais font tout pour le faire oublier, que l’autorité ultime, c’est nous. Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants et ils ont le pouvoir de déléguer aux professeurs une partie de leur autorité pour donner l’instruction publique sous leur supervision et surveillance. Le Code civil du Québec rappelle : « Le droit de surveiller son entretien et son éducation ».

Comment les parents peuvent-ils exercer leur DROIT DE SURVEILLANCE EN ÉDUCATION si l'on refuse de leur partager le contenu du cours d’éducation sexuelle tel que chaque professeur l’enseignera dans la classe de leur enfant ?

Extrait du Code civil du Québec

TITRE QUATRIÈME DE L’AUTORITÉ PARENTALE

597. L’enfant, à tout âge, doit respect à ses père et mère ou à ses parents.

598. L’enfant reste sous l’autorité de ses père et mère ou de ses parents jusqu’à sa majorité ou son émancipation.

599. Les père et mère ou les parents ont, à l’égard de leur enfant, le droit et le devoir de garde, de surveillance et d’éducation.

[…]

600. Les père et mère ou les parents exercent ensemble l’autorité parentale. Si l’un d’eux décède, est déchu de l’autorité parentale ou n’est pas en mesure de manifester sa volonté,
l’autorité est exercée par l’autre.

601. Le titulaire de l’autorité parentale peut déléguer la garde, la surveillance ou l’éducation de l’enfant.

605. Que la garde de l’enfant ait été confiée à l’un des parents ou à une tierce personne, quelles qu’en soient les raisons, les père et mère ou les parents conservent le droit de surveiller son entretien et son éducation et sont tenus d’y contribuer à proportion de leurs facultés.

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